Yellow-Sub.net · Ringo Starr · Ben Harper · 2011
Ringo Starr et Ben Harper : deux morceaux coécrits et enregistrés en 2011
Sur Give Till It’s Gone, Ringo est à la fois batteur et coauteur de deux chansons consécutives, dont une longue pièce instrumentale.
Deux pistes qui prolongent une rencontre de musiciens
Lorsque Ben Harper publie Give Till It’s Gone en mai 2011, la présence de Ringo Starr n’est pas une simple caution de prestige inscrite parmi les invités. Le batteur intervient effectivement sur deux compositions consécutives, « Spilling Faith » et « Get There From Here ». Mieux : Richard Starkey — son nom civil, employé dans les crédits de composition — figure parmi les cinq coauteurs de chacune. Le fait est confirmé par le propre catalogue de Ben Harper, qui attribue les deux œuvres à Harper, Starkey, Jason Mozersky, Jesse Ingalls et Jordan Richardson. Cette double attribution, instrumentale et éditoriale, mérite d’être conservée plutôt que réduite à la formule « Ringo joue sur un album de Ben Harper ».
Le disque occupe une position particulière dans la carrière de Harper. Son nom apparaît seul sur la couverture, tandis que les musiciens de Relentless7 participent à la création d’une musique plus électrique, parfois rugueuse, que ses pages acoustiques les plus connues. Ringo arrive dans un collectif déjà constitué : ce n’est ni un groupe monté spécialement pour lui ni une rencontre organisée pour rejouer un standard des Beatles. Les deux pièces résultent d’un travail où la pulsation devient aussi importante que la ligne vocale.
2011 : publication, formats et repères sûrs
Le site officiel de Harper documente la sortie américaine du CD le 17 mai 2011, sous la référence Virgin Records America 5099909506725. Il mentionne également une édition japonaise, TOCP71083, datée du 18 mai, et un vinyle américain publié le 21 juin 2011. Il serait faux de traiter ces trois supports comme trois sessions de Ringo : ce sont des éditions commerciales d’un même programme. La date exacte de chacune des prises de batterie n’est pas fournie par les données publiques utilisées ici ; la session doit donc être classée « avant mai 2011 », et non artificiellement datée du jour de sortie.
Sur le CD américain, « Spilling Faith » se place en sixième position (durée indiquée : 3 min 30 s) et « Get There From Here » en septième (environ 5 min 54 s). Leur voisinage n’est pas seulement pratique pour l’indexeur : il s’agit de deux facettes consécutives d’une même intervention, la première chantée, la seconde instrumentale.
Spilling Faith : une chanson signée à cinq
« Spilling Faith » est une véritable chanson de Ben Harper, avec texte, mélodie et construction autour d’une voix principale. La page des compositions originales du site officiel attribue son écriture à Harper/Starkey/Ingalls/Mozersky/Richardson. Richard Starkey apparaît donc comme coauteur d’un titre publié sous le nom d’un autre artiste ; ce crédit ne doit pas être confondu avec celui d’un musicien de session qui aurait simplement enregistré une piste de batterie.
Sur le plan musical, le morceau met en relation le chant de Harper, les guitares et une assise rythmique d’un caractère collectif affirmé. L’écoute permet de commenter la dynamique d’ensemble, mais elle ne suffit pas à mesurer la part respective de chaque coauteur dans la naissance de la mélodie ou des paroles. Aucun document examiné n’autorise à dire, par exemple, que Ringo aurait apporté telle phrase du refrain. Le crédit d’édition prouve une participation à l’œuvre ; il ne raconte pas à lui seul le détail de la séance d’écriture.
Une critique contemporaine publiée par AllMusic mentionne explicitement Ringo comme batteur et coauteur sur ce titre. Cette convergence entre le catalogue de l’artiste, les crédits éditoriaux et la critique musicale justifie son inscription sans réserve dans le dossier.
Get There From Here : le prolongement instrumental
Le titre suivant, « Get There From Here », change radicalement de point de vue. Le site officiel le présente comme une composition instrumentale, avec les cinq mêmes noms au crédit d’écriture. L’absence de chant n’implique pas l’absence de structure : la durée, plus longue, laisse à l’ensemble le temps de développer des changements de tension et de texture. AllMusic évoque un passage particulièrement libre, où Ben Harper, les musiciens de Relentless7 et Ringo peuvent davantage se répondre.
Cette pièce apporte une information précieuse sur la place de Ringo dans ses collaborations tardives. Il n’est pas systématiquement appelé pour appuyer un refrain célèbre ou pour rappeler son passé de Beatle. Le voici associé à une formation contemporaine qui privilégie une interaction de groupe. La chronique d’AllMusic insiste sur le caractère volontairement heurté et dense du passage ; cette observation est une analyse critique, non un fait de session à transformer en crédit.
L’écriture : ce que signifie Starkey sur un disque de Ben Harper
Dans une base encyclopédique, les fonctions « interprète » et « auteur » doivent rester séparées. Pour chacun des deux titres, la fiche conservera « Ringo Starr : batterie » dans la rubrique personnel et « Richard Starkey : coauteur » dans la rubrique composition. Le site officiel de Harper cite en outre Startling Music, Ltd. parmi les éditeurs des deux œuvres, aux côtés des références éditoriales de Harper. Ce détail recoupe leur statut d’œuvres partagées et renforce la traçabilité des crédits.
En revanche, aucune documentation consultée ne prouve que Ringo ait composé seul les parties rythmiques, supervisé la production de l’album ou joué sur les onze pistes. Le disque est présenté comme produit par Ben Harper ; attribuer cette production à Ringo reviendrait à confondre la célébrité d’un invité avec une fonction effectivement documentée.
Enregistrement, ingénierie et prudence sur les dates
Le livret reproduit sur le site officiel associe l’enregistrement et le mixage de la majeure partie de l’album à Danny Kalb, aux studios Groove Masters de Santa Monica. Il précise des exceptions pour d’autres chansons. Cette information situe le cadre technique général, mais elle ne doit pas être transformée en date de séance précise pour Ringo. Dans la documentation actuellement retenue, ni le jour de la prise ni l’ordre des overdubs n’est suffisamment attesté.
Les pages officielles de « Spilling Faith » et de « Get There From Here » détaillent par ailleurs des prestations ultérieures de Harper. Ces versions de concert, notamment celles de 2012, ne sont pas des performances live de Ringo par simple continuité avec l’album. La notice de Ringo doit rester liée aux masters de studio sur lesquels il figure, sauf preuve spécifique d’une autre apparition.
Fiche discographique à retenir
Artiste principal : Ben Harper. Album : Give Till It’s Gone (Virgin, 2011). Chansons : « Spilling Faith » (piste 6) et « Get There From Here » (piste 7). Rôle de Ringo Starr : batterie et coécriture sous le nom Richard Starkey. Coauteurs : Ben Harper, Richard Starkey, Jesse Ingalls, Jason Mozersky, Jordan Richardson. Statut : deux enregistrements publiés, un même projet discographique. Précision chronologique : publication en mai 2011, jour de session à vérifier.
Pourquoi cette collaboration compte dans l’histoire de Ringo
Ces deux morceaux constituent un excellent contrepoint aux collaborations de l’ancien Beatle avec John Lennon, George Harrison ou Paul McCartney. Ils prouvent la continuité de son activité de musicien invité dans un milieu moins directement associé aux années 1960. Ils montrent aussi que la collaboration n’est pas nécessairement une transaction à sens unique : ici, Ringo joue et partage officiellement la signature de l’œuvre. C’est précisément ce type de preuve, discrète mais contrôlable, qui donne de la profondeur à la sessionographie de Yellow-Sub.net.
Photographie d’ambiance issue de la photothèque Yellow-Sub.net ; elle ne documente pas cette séance précise.












