Yellow-Sub.net · Ringo Starr · Benmont Tench · 2014
Benmont Tench et Ringo Starr : Blonde Girl, Blue Dress, le tambourin précisément identifié (2014)
Sur You Should Be So Lucky, la cinquième piste réunit le tambourin de Ringo, la basse de Tom Petty, les guitares de David Rawlings et Gillian Welch, et la batterie de Jeremy Stacey.
Une collaboration discrète dans le premier album solo de Benmont Tench
Le 18 février 2014, Benmont Tench, claviériste des Heartbreakers de Tom Petty, publie You Should Be So Lucky, son premier véritable album sous son propre nom. Le disque est réalisé par Glyn Johns, producteur et ingénieur déjà associé à de grands enregistrements britanniques et américains. L’ensemble fait appel à des musiciens qui connaissent depuis des décennies l’univers du chanteur et du groupe.
Parmi les participants apparaît Ringo Starr. Une simple fiche de personnel le crédite au tambourin, sans toujours préciser sa chanson. Cette omission est importante : un disque dont les pistes disposent de différentes formations peut produire de fausses attributions si l’on distribue indistinctement un invité sur tous les titres.
Le catalogue officiel de Universal Music Italia permet de résoudre la question. Son détail de personnel place Ringo au tambourin sur « Blonde Girl, Blue Dress », cinquième chanson de l’album. La batterie, elle, est tenue par Jeremy Stacey. Ce renseignement transforme une mention vague en une vraie notice de session.
Blonde Girl, Blue Dress : la cinquième piste comme unité documentaire
« Blonde Girl, Blue Dress » figure en cinquième position du programme normal de You Should Be So Lucky. Le relevé de Universal donne une durée d’environ trois minutes pour sa version numérique consultée, tandis que des catalogues plus anciens présentent parfois des durées différentes. Une telle divergence peut provenir d’une erreur de métadonnées ou d’éditions spécifiques : elle ne suffit pas pour créer une seconde séance.
L’œuvre appartient au répertoire personnel de Benmont Tench, principal compositeur des chansons du disque. Les crédits qui détaillent l’enregistrement distinguent soigneusement le rôle de l’organiste et chanteur principal de ceux des accompagnateurs invités.
La batterie de Ringo n’est pas mentionnée pour ce morceau, et ce n’est pas une omission à corriger par supposition : Universal crédite explicitement Jeremy Stacey à la batterie et Ringo à un instrument distinct. Le rôle exact de l’ancien Beatle est donc une ponctuation rythmique de tambourin dans une formation déjà constituée.
Le personnel principal : Tom Petty, Rawlings, Welch et Ringo
Le catalogue officiel identifie Tom Petty à la basse, David Rawlings et Gillian Welch aux guitares acoustiques, Jeremy Stacey à la batterie et Ringo Starr au tambourin. Rawlings et Welch participent également aux voix, selon le personnel attribué à la piste.
Cette distribution a une valeur historique singulière. Tench, Petty et d’autres membres des Heartbreakers ont travaillé avec le même réseau de producteurs et de collaborateurs auquel appartient Ringo depuis la fin des années 1980. Pourtant, sur cette chanson, le Beatle n’est pas convoqué pour tenir le centre de la section rythmique. Il ajoute simplement un élément percussif complémentaire.
Il serait donc inexact de parler d’une double batterie Ringo–Stacey. Le premier est au tambourin, le second aux fûts. De même, la présence de Petty à la basse ne transforme pas cette chanson en morceau inédit de Tom Petty and the Heartbreakers : l’artiste principal demeure Benmont Tench.
Glyn Johns, une mémoire de la production des années 1960 à 2010
La production de You Should Be So Lucky est confiée à Glyn Johns, également crédité à l’enregistrement et au mixage du disque. Son parcours a traversé de nombreuses séances du rock britannique et américain, et il connaît personnellement plusieurs des artistes invités.
Pour le lecteur spécialisé, sa présence rappelle que l’histoire de Ringo après les Beatles n’est pas seulement faite de retrouvailles sur scène. Elle continue à passer par des professionnels du son et des méthodes de studio développées depuis plusieurs décennies.
Mais un producteur célèbre ne garantit pas qu’une chanson a été enregistrée intégralement live. Les pages de crédits confirment les fonctions, pas le nombre de prises ni la simultanéité de tous les instrumentistes. Sans document complémentaire, les modalités techniques de la prestation de Ringo restent ouvertes.
Date d’enregistrement : la publication ne fixe pas la séance
Les synthèses discographiques situent les sessions de l’album au début de janvier 2013 et citent Sunset Sound à Hollywood. Ces informations éclairent le contexte général du projet. Elles ne suffisent toutefois pas à prouver que Ringo a enregistré son tambourin tel jour de cette période. Une partie percussive peut avoir été ajoutée ultérieurement, hors de la session principale.
La seule date rigoureusement établie à partir des catalogues commerciaux est la sortie de l’album en février 2014. Le dossier doit donc distinguer la période de fabrication de l’album, l’éventuelle date de l’overdub et la date de sa publication.
Une consultation du livret, d’un journal de Glyn Johns ou de la feuille de bande de la cinquième chanson pourrait apporter les précisions manquantes. En attendant, la sessionographie doit enregistrer une prestation de tambourin sur un master publié en 2014.
Les autres musiciens ne doivent pas devenir ceux de Blonde Girl, Blue Dress
Le disque accueille Ryan Adams sur la chanson titre, Don Was à la basse de plusieurs chansons, et des arrangements de cordes du Section Quartet sur certaines plages. Les invités cités au générique général ne sont pas interchangeables.
La fiche de « Blonde Girl, Blue Dress » n’a pas à inclure les cordes des chansons « Ecor Rouge » ou « Hannah » si celles-ci ne sont pas créditées ici ; la présence de Ryan Adams sur une autre composition ne permet pas de le faire apparaître sur la chanson de Ringo.
L’inventaire des collaborations gagne ainsi à employer l’enregistrement individuel comme unité de base, puis à rattacher la chanson à son album, à ses éditions et au réseau de musiciens. C’est la seule méthode qui permette de produire un catalogue véritablement vérifiable.
La place de Tom Petty et des Heartbreakers
L’association de Benmont Tench et de Tom Petty possède une longue histoire commune, du groupe Mudcrutch aux Heartbreakers. Le fait que Petty joue de la basse sur « Blonde Girl, Blue Dress » montre que l’album personnel du claviériste reste relié à cet univers.
Ringo connaît également ce réseau : il a joué sur des enregistrements de Tom Petty et a participé à des sessions dirigées par des producteurs de la même famille musicale. Cette proximité explique le contexte de la rencontre, mais elle ne constitue pas un crédit en soi.
Le plus révélateur est le caractère limité de l’intervention : un artiste dont la batterie a façonné l’histoire des Beatles peut choisir d’ajouter simplement une percussion sur l’album d’un ami, sans occuper une place sonore dominante.
Une méthodologie à appliquer aux autres albums des années 2010
Pendant longtemps, les biographies de Ringo ont eu tendance à signaler son nom dans des listes d’invités sans distinguer batterie, chant, composition et petits instruments. Ce défaut apparaît sur des projets très différents, de Ray Wylie Hubbard à la session de Nils Lofgren ou à la bande originale des Muppets.
Le cas de Tench offre une correction exemplaire, parce qu’une source éditoriale de premier rang, Universal Music, fournit directement la ligne « Tambourine: Ringo Starr » à la piste cinq. Aucun raisonnement musical à l’oreille n’est nécessaire, et aucune identité supposée de batteur ne vient masquer le crédit.
Une autre vérification permet de conserver la fonction de Jeremy Stacey. La présence de celui-ci parmi les musiciens réguliers de l’album ne doit pas non plus conduire à lui attribuer tous les arrangements percussifs : son rôle de batterie est explicite pour cette piste.
Fiche définitive à ce stade
Artiste principal : Benmont Tench. Album : You Should Be So Lucky, Blue Note, février 2014. Titre : « Blonde Girl, Blue Dress », piste 5. Ringo Starr : tambourin. Jeremy Stacey : batterie. Tom Petty : basse. David Rawlings et Gillian Welch : guitares acoustiques et voix. Producteur : Glyn Johns.
Année du master : publié en 2014, album enregistré auparavant ; jour exact de la partie de Ringo non établi. Statut : crédit par piste confirmé directement dans le catalogue d’Universal Music. Erreur à éviter : décrire Ringo comme le batteur de cette chanson ou lui attribuer les autres plages du disque.
Cette notice documente une prestation relativement modeste sur le plan instrumental, mais remarquable pour une histoire des collaborations : elle montre que la précision d’un seul tambourin correctement attribué peut valoir davantage qu’une liste de participations dépourvue de vérification.
Photo d’ambiance Yellow-Sub.net ; non présentée comme un cliché de cette session.












