APPLE RECORDS · 45 TOURS · NOVEMBRE 1970
No Matter What de Badfinger : APPLE 31 et le succès de Pete Ham
En 1970, Badfinger confirme son indépendance artistique avec No Matter What, un titre composé par Pete Ham. Publiée sous la référence britannique APPLE 31, la chanson accompagne l’album No Dice et annonce l’un des grands modèles du power pop. L’étude du single révèle aussi une différence discographique essentielle : la face B britannique « Better Days » n’est pas celle de l’édition américaine.
Après Come and Get It, un tube écrit par le groupe
Le premier grand succès de Badfinger est associé à « Come and Get It », chanson de Paul McCartney enregistrée pour le film The Magic Christian. Cette exposition présente un risque : celui de faire passer le groupe pour un simple interprète des compositions des Beatles. Pete Ham et ses partenaires cherchent donc à faire entendre leurs propres chansons.
« No Matter What » répond précisément à cette nécessité. Son riff de guitare, son refrain très direct et ses harmonies vocales donnent au disque une personnalité immédiatement reconnaissable. La chanson est écrite par Ham, qui démontre ici sa capacité à composer un single capable de rivaliser avec les meilleures productions pop de son temps.
Le morceau figure sur No Dice, album sorti en 1970. Pour les amateurs du label, le single et le LP doivent être classés séparément : l’un possède deux faces et une référence APPLE, l’autre un programme de douze titres et un numéro SAPCOR.
Un son de power pop avant la popularisation du terme
« No Matter What » utilise des guitares électriques franches, une section rythmique très présente et des voix en harmonie. Cette combinaison de mélodie et d’énergie est souvent rapprochée de ce qu’on appellera le power pop. Elle ne résume pourtant pas la carrière du groupe, qui enregistre aussi des ballades, du rock plus dur et des titres plus longs.
L’écriture de Ham fonctionne par une économie de moyens : une idée mélodique forte, un refrain immédiatement identifiable et un équilibre entre les instruments. Le studio soutient la composition sans la transformer en pièce orchestrale.
La production de la face A est associée à Mal Evans. Sur la face B, le crédit de production diffère. Cette séparation est importante, car la présence des mêmes musiciens sur un 45 tours ne signifie pas que les deux chansons aient été réalisées au cours de la même séance ou sous la direction d’un seul producteur.
APPLE 31 : la configuration britannique du 6 novembre 1970
Le single paraît au Royaume-Uni le 6 novembre 1970 sous le numéro APPLE 31. La face A est « No Matter What » et la face B « Better Days », une composition associée à Tom Evans et Joey Molland. Les deux morceaux appartiennent à l’environnement discographique de No Dice.
Le disque atteint la cinquième place du classement britannique. Ce résultat confirme la capacité de Badfinger à obtenir un grand succès avec une chanson écrite par un de ses membres, sans que McCartney en soit le compositeur.
Pour les collectionneurs, l’exemplaire britannique doit être décrit avec le programme des deux faces, la référence APPLE 31, les mentions de production et les caractéristiques de l’étiquette. Le nom du groupe et le titre ne suffisent pas à identifier correctement un pressage si sa face B est différente.
Apple 1822 : la différence de face B aux États-Unis
Aux États-Unis, « No Matter What » paraît sous la référence Apple 1822. L’une des différences les plus importantes concerne le couplage : la face B américaine est généralement « Carry On Till Tomorrow », au lieu de « Better Days ». Ce titre provient d’une période précédente de l’histoire de Badfinger.
Cette divergence constitue un exemple parfait de l’intérêt d’une discographie internationale. Une fiche qui se contenterait d’indiquer « Apple 31 / Apple 1822 » sans distinguer les faces B produirait une description inexacte des objets.
Le disque américain est commercialisé avant la sortie britannique et peut se présenter avec des détails typographiques propres aux différentes usines Capitol. Une différence de lettrage sur une étiquette ne doit pas être assimilée à un nouveau mixage sans vérification.
Better Days : une autre écriture du groupe en face B britannique
« Better Days », composée par Tom Evans et Joey Molland, complète le single britannique. L’écriture est moins immédiatement liée à la personnalité de Pete Ham, ce qui fait de la face B un témoignage intéressant de la diversité du groupe.
Le titre apparaît également sur No Dice. Il serait toutefois imprudent de supposer qu’une édition étrangère de « No Matter What » reprend toujours cette chanson en face B : les catalogues américains, britanniques et européens ont parfois des couplages différents.
Le crédit de production de « Better Days » est associé à Geoff Emerick, tandis que « No Matter What » relève de Mal Evans. Les responsables de studio doivent être attribués par morceau pour éviter de déformer la chronologie de l’album.
Comment décrire correctement les deux éditions d’époque
La notice britannique doit indiquer APPLE 31 — No Matter What / Better Days — 1970. La notice américaine doit préciser Apple 1822 — No Matter What / Carry On Till Tomorrow. Les variations de date, de pochettes, d’étiquette et de matrices viennent ensuite compléter la description.
Une réédition qui reprend « No Matter What » sur une compilation ne correspond pas à un pressage original du single. De même, la présence du titre sur No Dice ne permet pas d’utiliser la matrice de l’album pour identifier le 45 tours.
Pour approfondir, consulter l’album No Dice, « Come and Get It » et les pressages américains Capitol. La comparaison montre comment Apple commercialise un même succès en adaptant son objet discographique aux territoires.
Questions fréquentes
Quel est le numéro britannique de No Matter What ?
APPLE 31, publié le 6 novembre 1970.
Qui écrit la chanson ?
Pete Ham, membre de Badfinger.
Quelle est la face B britannique ?
« Better Days », de Tom Evans et Joey Molland.
La face B américaine est-elle identique ?
Non. L’édition Apple 1822 utilise généralement « Carry On Till Tomorrow ».
Sur quel album figure No Matter What ?
No Dice, publié par Apple en 1970.












