APPLE RECORDS · COLLECTION · BADFINGER · 1970

No Matter What : comprendre les variantes du 45 tours Badfinger APPLE 31

Le single APPLE 31 existe avec des centres et des étiquettes de présentation différente. Il faut distinguer ces variantes attestées des vinyles multicolores photographiés, dont le statut original ne peut être conclu de la seule image.

APPLE 31 : un disque précis, pas une famille indistincte

« No Matter What » de Badfinger, composé par Pete Ham, paraît au Royaume-Uni le 6 novembre 1970 avec « Better Days » sur l’autre face et le numéro de catalogue APPLE 31. Ce 45 tours appartient à la période où Apple Records soutient la transition des Iveys vers Badfinger et tente d’installer le groupe au-delà de « Come and Get It », la chanson offerte par Paul McCartney. Sur le plan discographique, un tirage britannique APPLE 31 est une publication identifiable, distincte des variantes américaines et allemandes.

Aux États-Unis, le single utilise la référence Apple 1822 et la configuration « No Matter What » / « Carry On Till Tomorrow ». En Allemagne, on rencontre notamment le numéro 1C 006-92 064, avec « Better Days ». Cette différence de face B est fondamentale : elle oblige à comparer le territoire, les titres, les inscriptions d’étiquette et les matrices plutôt qu’un simple visuel de la pomme.

Le centre du disque : plein ou détachable

Parmi les exemplaires britanniques répertoriés figurent des centres pleins et des centres dits « push-out », avec une partie centrale pouvant être retirée. Ce sont des caractéristiques de fabrication visibles sans matériel particulier, mais elles ne permettent pas, à elles seules, de nommer une usine ou de fixer une date. Un centre détachable cassé par un propriétaire doit être distingué d’un exemplaire produit dès l’origine avec une large ouverture.

Pour décrire un disque, il est plus rigoureux de noter « centre plein », « centre détachable intact » ou « centre détaché », puis d’ajouter les détails de la bague et des anneaux de pressage. Le centre est une composante du support ; il ne doit jamais être utilisé comme argument unique pour prétendre qu’un disque contient une version musicale inédite.

Variantes typographiques des étiquettes APPLE 31

Les inventaires spécialisés montrent de subtiles différences entre des exemplaires pourtant numérotés APPLE 31 : position de la chaîne APPLE 31A, écart entre la référence et le reste de l’étiquette, taille du symbole de droit phonographique, alignement de certaines lignes et disposition du crédit d’édition. La pomme verte et la moitié blanche restent la signature graphique générale ; les textes, eux, peuvent varier d’un tirage à l’autre.

Une description de niveau collectionneur peut relever la forme du symbole ℗, la présence de l’indication « Apple 31A » ou « Apple 31B », l’alignement des titres et le nom du producteur reproduit sur chacune des faces. Il ne faut pas transformer chaque déplacement de caractères en « premier pressage » : seules les données de production et la comparaison de plusieurs exemplaires documentés peuvent étayer une telle hiérarchie.

Pourquoi les photographies ne suffisent pas

L’étiquette d’un 45 tours est imprimée séparément du vinyle. Une variation de papier, d’encre ou de centrage peut exister sans modification du disque sonore. Les photographies de collection amplifient parfois une nuance verte ou déforment légèrement les distances à cause de la lumière, du cadrage et de l’optique utilisée. Pour comparer deux exemplaires, il faut des images prises à plat, de face, à la même échelle et dans un éclairage comparable.

La comparaison doit porter sur les deux faces. Le recto peut correspondre à une famille typographique tandis que le verso appartient à un autre état d’impression. Ce décalage n’est pas nécessairement une erreur ni un montage moderne. Il constitue une observation à consigner, pas une interprétation à imposer.

Les vinyles multicolores attribués à APPLE 31

Certains inventaires iconographiques présentent, à côté du disque noir, des exemplaires APPLE 31 dont la matière apparaît rouge, verte, jaune ou marbrée de plusieurs couleurs. Cette présence dans une collection photographique ne démontre pas que tous les objets ont été vendus officiellement en 1970, ni qu’ils proviennent du même circuit industriel. La question de l’authenticité est différente de celle de la simple existence matérielle.

Un disque coloré requiert donc un examen renforcé : comparaison des matrices avec des pressages connus, vérification des caractéristiques de l’étiquette et des anneaux de presse, identification d’une provenance remontant à la fabrication et recherche d’une documentation commerciale ou industrielle. Une copie neuve issue d’un repiquage plus tardif ou d’une production non autorisée peut porter un graphisme séduisant sans être un tirage Apple d’époque.

Le collectionneur gagne à conserver une rubrique distincte « exemplaires multicolores signalés », sans les traiter comme une série commerciale certifiée. Cette prudence évite de présenter comme établis des chiffres de tirage ou des prix élevés qu’aucune donnée fiable ne justifie.

Le cas américain : pourquoi Apple 1822 nécessite une fiche séparée

Le marché américain utilise d’autres numéros et plusieurs sites industriels de pressage. Un Apple 1822 ne doit pas être décrit comme la version américaine d’APPLE 31 sans mentionner l’autre face : « Carry On Till Tomorrow » remplace « Better Days ». La présence de mentions de fabrication ou de petites différences dans les anneaux de pressage relève ensuite d’une étude propre aux copies américaines.

La même méthode s’applique aux éditions allemandes, avec leurs références de type 1C. Il est possible de construire une concordance internationale pour une chanson tout en conservant des notices distinctes pour chaque objet : face B, numéro, pochette, étiquette, usine si elle est identifiée et matrice.

Comment rédiger une notice APPLE 31 incontestable

Une fiche complète indiquera l’artiste Badfinger, le titre de chacune des faces, le pays, la référence APPLE 31, l’année 1970 et la nature du centre. Elle relèvera ensuite les crédits de composition, les mentions phonographiques, l’état de l’étiquette, les inscriptions gravées et la pochette. Les variantes typographiques seront décrites avec des critères mesurables ; les exemplaires colorés resteront dans une rubrique spécifique tant que leur fabrication n’est pas attestée.

L’objectif n’est pas de multiplier artificiellement les « versions » d’un tube bien connu. Il est de rendre possible la comparaison de deux disques dont l’apparence est proche, et de séparer les faits observables des hypothèses de collection. Cette distinction fait toute la différence entre une liste de vente et une discographie historique.

Questions fréquentes

APPLE 31 a-t-il la même face B aux États-Unis ? Non. Le britannique associe « No Matter What » à « Better Days », tandis que l’américain Apple 1822 utilise « Carry On Till Tomorrow ».

Un centre plein est-il plus ancien qu’un centre détachable ? Pas nécessairement. Le type de centre constitue un indice de fabrication, pas une datation certaine.

Un vinyle multicolore prouve-t-il l’existence d’un tirage commercial original ? Non. Il faut confronter matrices, étiquettes et provenance avant de conclure.

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No Matter What : le verso révèle l’édition nationale

Pour Badfinger, No Matter What offre un exemple utile des limites d’une identification centrée sur la seule face A. Le single britannique APPLE 31 et certaines éditions européennes ont Better Days au verso, alors que le disque américain Apple 1822 associe la chanson à Carry on Till Tomorrow. Une liste de collection qui ne relève que No Matter What efface donc une différence réelle de programme.

L’examen matériel doit ensuite préciser le numéro du fabricant, la typographie et les inscriptions en fin de sillon. Une étiquette Apple ou une pochette ressemblante ne suffit pas à prouver l’identité des deux faces. L’intérêt de la pièce réside dans la concordance entre support, contenu et territoire, pas uniquement dans son classement commercial.

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