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Paul McCartney album par album : la discographie solo complète, de « McCartney » (1970) à « The Boys of Dungeon Lane » (2026)

L’œuvre solo de Paul McCartney, de 1970 à aujourd’hui, est un laboratoire d’inventions et d’émotions : analyse d’un musicien inépuisable, de ses chansons cultes à ses choix artistiques, entre mémoire et modernité.

Vingt-six albums studio en cinquante-six ans, plus cinq œuvres classiques, quatre disques électroniques et deux publications sous pseudonyme : la discographie solo complète de Paul McCartney, dans l’ordre, avec les classements, les correctifs et les dossiers associés.

« Wild Life » : enquête sur le disque le plus mal aimé de Paul McCartney — et sur la légende des trois jours

« Wild Life » (Wings, 1971) : histoire complète et fin de la légende des trois jours

On répète depuis cinquante ans que le premier album des Wings a été bâclé en trois jours. Les relevés de séance disent autre chose : du 24 juillet au 16 octobre 1971, orchestration comprise. Enquête complète sur la méthode empruntée à Dylan, le pseudonyme « Sam Browne », la naissance de Stella qui a donné son nom au groupe, « Dear Friend » adressée à Lennon — et sept idées reçues corrigées, à commencer par les classements, systématiquement inversés.

20 chansons pour découvrir les Wings

20 chansons pour découvrir les Wings : le guide expert

De « Some People Never Know » à « Getting Closer » : vingt titres pour comprendre les Wings, le groupe de Paul McCartney, ses sept formations et ses dix années (1971-1981).

Il y a 55 ans, Paul McCartney annonçait un groupe qui n’avait pas encore de nom

Wings a 55 ans : le jour où McCartney annonça un groupe

Le 3 août 1971, McCartney présentait un groupe encore sans nom. Wings, de Wild Life au Kingdome : formation, ruptures, chronologie et correctifs factuels.

1970-1980 : la décennie des ex-Beatles

1970-1980 : la décennie des ex-Beatles — panorama complet

Panorama professionnel des carrières solo de John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et Ringo Starr entre 1970 et 1980 : albums, tournées, chiffres, sources et citations.

Il y a 55 ans sortait RAM de Paul McCartney !

Ram Paul McCartney : l’album maudit devenu chef-d’œuvre

l y a des disques qui arrivent trop tôt, et Ram fait partie de ceux-là. Quand Paul McCartney le publie en mai 1971, à peine un an après l’implosion officielle des Beatles, le monde n’a pas envie d’entendre un ex-Beatle chanter la campagne écossaise, l’amour conjugal, les enfants, les béliers et les petites joies domestiques. La critique attend de lui une grande déclaration, une revanche, un manifeste. Elle reçoit un album bizarre, libre, brinquebalant, tendre, parfois féroce, où les mélodies les plus lumineuses croisent le nonsense britannique, les orchestrations grandioses, les attaques à peine voilées contre Lennon et une forme de bonheur familial que le rock de l’époque juge presque suspecte.

On sait aujourd’hui à quel point le malentendu fut immense. Derrière sa pochette de gentleman-farmer et ses airs de récréation à deux voix avec Linda, Ram cache l’un des sommets de McCartney : un disque de reconstruction, d’invention et de liberté, enregistré entre New York, Los Angeles et les souvenirs humides du Kintyre. Méprisé en 1971, il est devenu avec le temps une pierre fondatrice de l’indie pop, une matrice pour des générations de musiciens qui y ont reconnu ce que les contemporains n’avaient pas voulu entendre : la beauté étrange d’un artiste refusant de devenir le monument qu’on exigeait de lui.

Red Rose Speedway a 53 ans aujourd’hui : anatomie d’un chef-d’œuvre blessé

Red Rose Speedway : le chef-d’œuvre blessé de Wings a 53 ans

Il y a des disques dont l’anniversaire ressemble moins à une célébration qu’à une autopsie amoureuse. Red Rose Speedway, publié le 30 avril 1973 aux États-Unis, appartient à cette famille-là : un album qu’on a longtemps rangé trop vite du côté des œuvres mineures de Paul McCartney, alors qu’il raconte en creux l’un des moments les plus passionnants, les plus fragiles et les plus contradictoires de l’histoire de Wings. Car derrière le LP simple que le public a découvert en 1973 se cache un autre disque, plus vaste, plus rugueux, plus collectif : un double album fantôme, documenté par les acétates de Denny Seiwell et ressuscité en partie par l’Archive Collection de 2018. C’est là que Red Rose Speedway devient vraiment fascinant. Non pas parce qu’il serait un chef-d’œuvre dissimulé, intact et incompris, mais parce qu’il porte partout les traces de ce qu’il aurait pu être : un vrai disque de groupe, traversé par les tensions entre McCartney le bâtisseur mélodique et ses musiciens qui voulaient mordre davantage. À 53 ans, il faut donc le réécouter autrement : en entendant le solo de Henry McCullough sur My Love, l’étrangeté de Loup, la grâce de Little Lamb Dragonfly, mais aussi tous les morceaux absents qui dessinent, autour de l’album publié, la silhouette d’une œuvre blessée.

Give Ireland Back to the Irish : le jour où Paul McCartney a cessé de se taire

Give Ireland Back to the Irish : Paul McCartney face au Bloody Sunday

Il y a chez Paul McCartney des dizaines de chansons qui semblent avoir été déposées sur le monde avec une grâce si naturelle qu’on en oublierait presque le travail d’orfèvre qu’elles dissimulent. Et puis il y a Give Ireland Back to the Irish, morceau raide, frontal, sans la souplesse mélodique ni les raffinements d’écriture qui ont bâti sa légende, mais traversé par une nécessité qu’aucun poli ne pouvait adoucir. Au lendemain du Bloody Sunday, McCartney découvre dans les journaux les images venues de Derry et comprend qu’il lui est impossible de se réfugier dans la prudence. Lui qu’on a si souvent réduit au rôle du mélodiste lumineux, de l’homme des chansons d’amour et des merveilles pop, livre alors un single d’urgence, enregistré à chaud avec les Wings, comme un réflexe moral autant qu’un geste artistique. Censuré par la BBC, discuté, raillé parfois, porté ailleurs comme un hymne, le morceau reste l’une des anomalies les plus fascinantes de son catalogue. Parce qu’il ne montre pas un McCartney transformé en tribun, mais un homme sorti de sa zone de confort par la violence de l’histoire. Une chanson imparfaite, tendue, discutable sans doute, mais profondément vivante — et indispensable pour comprendre ce que Paul pouvait aussi devenir quand le silence cessait d’être une option.

Wings : l’autre grand roman de Paul McCartney, jusqu’à la rupture

Pourquoi les Wings se sont séparés ? Découvrez l’ascension, les tensions et la fin du groupe de Paul McCartney, de Wild Life à Tug of War, dans une relecture vivante d’un chapitre majeur et trop souvent sous-estimé de l’après-Beatles.

On a trop souvent raconté les Wings comme une simple note de bas de page dans l’histoire de Paul McCartney, un appendice un peu bancal entre la fin des Beatles et la grande carrière solo du musicien. C’est pourtant tout l’inverse. Pendant dix ans, les Wings ont été bien davantage qu’un groupe de transition : un lieu de reconstruction, un laboratoire pop en perpétuel mouvement, une machine à tubes et une formidable aventure collective, avec ses fulgurances, ses tâtonnements et ses lignes de fracture. De Wild Life à Band on the Run, de l’apothéose scénique de Wings Over America au lent effritement des dernières années, McCartney y a rejoué sa survie artistique autant que sa liberté. Car derrière les mélodies immenses, les tournées triomphales et les chansons entrées dans le patrimoine, l’histoire des Wings est aussi celle d’un malentendu critique, d’un groupe sans cesse redéfini, et d’un équilibre devenu impossible à tenir. Revenir sur leur séparation, c’est donc raconter bien plus qu’une fin : c’est redonner sa juste place à l’un des chapitres les plus passionnants, les plus humains et les plus sous-estimés de l’après-Beatles.

Hi Hi Hi : McCartney interdit, Wings en marche, et la revanche au bout du refrain

Hi Hi Hi : de la chute des Beatles à la renaissance de Wings. Rock charnel, interdiction BBC, malentendus sur les paroles et revanche sur scène (jusqu’à Wings Over America). Plongez dans l’histoire du single culte et écoutez-le autrement.

Fin 1970, Paul McCartney se retrouve nu dans la tempête : les Beatles se disloquent, les camps se figent, et lui hérite du rôle ingrat — celui qu’on désigne, celui qui “annonce”, celui qui attaque en justice. Sauf qu’il n’a rien d’un stratège glacé : il est en miettes, trop jeune pour porter un deuil aussi vaste. Alors il disparaît en Écosse, se planque dans le silence, s’accroche à Linda et à une idée simple : créer pour ne pas couler. De cette survie naissent McCartney puis RAM, artisanaux, libres, presque insolents dans leur refus de la grandeur attendue. Mais la solitude ne suffit pas : Paul veut redevenir un homme de groupe, retrouver la sueur du live, partager le poids. Wings naît ainsi, fragile, moqué, puis jeté sur les routes comme un pari. Et au milieu de cette reconstruction surgit “Hi Hi Hi”, boogie charnel, slogan nerveux, morceau de fin de set fait pour mettre le feu — au point de se faire bannir par la BBC. Interdiction ? Tant mieux : le public écoute, le label “censuré” devient une arme scénique, et la chanson trouve sa forme définitive dans la déflagration live.

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