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Il y a 55 ans sortait RAM de Paul McCartney !

l y a des disques qui arrivent trop tôt, et Ram fait partie de ceux-là. Quand Paul McCartney le publie en mai 1971, à peine un an après l’implosion officielle des Beatles, le monde n’a pas envie d’entendre un ex-Beatle chanter la campagne écossaise, l’amour conjugal, les enfants, les béliers et les petites joies domestiques. La critique attend de lui une grande déclaration, une revanche, un manifeste. Elle reçoit un album bizarre, libre, brinquebalant, tendre, parfois féroce, où les mélodies les plus lumineuses croisent le nonsense britannique, les orchestrations grandioses, les attaques à peine voilées contre Lennon et une forme de bonheur familial que le rock de l’époque juge presque suspecte.

On sait aujourd’hui à quel point le malentendu fut immense. Derrière sa pochette de gentleman-farmer et ses airs de récréation à deux voix avec Linda, Ram cache l’un des sommets de McCartney : un disque de reconstruction, d’invention et de liberté, enregistré entre New York, Los Angeles et les souvenirs humides du Kintyre. Méprisé en 1971, il est devenu avec le temps une pierre fondatrice de l’indie pop, une matrice pour des générations de musiciens qui y ont reconnu ce que les contemporains n’avaient pas voulu entendre : la beauté étrange d’un artiste refusant de devenir le monument qu’on exigeait de lui.

Thrillington : Paul McCartney derrière le masque, ou l’art de transformer Ram en fantôme de music-hall

On a longtemps rangé Thrillington dans la catégorie commode des curiosités maccartneyiennes : un disque pour collectionneurs, un canular de studio, une plaisanterie orchestrale signée sous le nom improbable de Percy “Thrills” Thrillington. C’est aller un peu vite, car derrière ce masque de gentleman fictif se cache l’un des gestes les plus passionnants de Paul McCartney dans les années 70. En reprenant Ram sans les voix, sans Linda au micro, sans la présence immédiatement identifiable de Paul, Thrillington ne retire pas l’âme du disque : il en révèle la charpente. Enregistré dès 1971 à Abbey Road avec les arrangements de Richard Hewson, puis publié en 1977 sous pseudonyme, l’album transforme les chansons de Ram en fantômes de music-hall, en miniatures lounge, en génériques de films anglais jamais tournés. Ce qui pouvait passer pour une blague devient alors une démonstration éclatante : McCartney n’est pas seulement un mélodiste prodigieux, il est un metteur en scène, un constructeur de mondes, un homme capable de faire vivre ses chansons sous un autre costume. Et derrière Percy Thrillington, c’est peut-être le vrai Paul que l’on entend le mieux.

Percy « Thrills » Thrillington, le fantôme mondain de Paul McCartney

Il y a chez Paul McCartney une façon bien à lui de disparaître sans jamais vraiment quitter la pièce. Quand Lennon transforme le masque en règlement de comptes et Bowie en théâtre permanent, Paul préfère les fausses identités bricolées avec le sérieux d’une plaisanterie anglaise : des noms improbables, des biographies de poche, des doubles qui lui permettent de respirer à l’écart du vacarme Beatles. Percy “Thrills” Thrillington est sans doute le plus délicieux de ces fantômes. Faux dandy, faux chef d’orchestre, faux mondain sorti d’un salon où le champagne aurait tiédi depuis 1938, il signe pourtant en 1977 un vrai disque : la version instrumentale et orchestrale de RAM, enregistrée dès 1971 à Abbey Road sous l’œil de McCartney et les arrangements de Richard Hewson. Longtemps resté dans l’ombre, Thrillington n’est pas une simple curiosité lounge ni un caprice luxueux. C’est un miroir déformant tendu à l’un des albums les plus étranges, les plus mal compris et les plus féconds de Paul. En retirant sa voix, il révèle la charpente. En inventant Percy, il raconte autre chose de lui-même : l’art de fuir son propre nom pour mieux faire entendre ses chansons.

« Smile Away » : Le sourire de Paul McCartney face à l’adversité post-Beatles

« Smile Away », l’un des morceaux phares de l’album Ram, incarne le renouveau artistique de Paul McCartney après la rupture des Beatles. Avec son énergie rock et ses paroles décalées, la chanson reflète l’espoir et la résilience d’un artiste en pleine métamorphose. S’inspirant de figures comme Jerry Lee Lewis, McCartney y mêle influences anciennes et audaces modernes, créant un hymne à la liberté et à la positivité face aux épreuves. L’enregistrement minutieux témoigne de son exigence artistique et de son désir de renouer avec les racines du rock.

Paul Mccartney : pour tout savoir de la réédition de RAM

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