Cynthia Lennon, née Cynthia Powell le 10 septembre 1939, partagea la vie de John Lennon avant et pendant les premières années de la Beatlemania, mais mena ensuite près de quarante-sept années d’existence loin de leur mariage.
Enquête experte sur l’enregistrement de Double Fantasy : les maquettes des Bermudes, Jack Douglas, Tony Levin, Earl Slick, la méthode de studio de John Lennon et les séances de Yoko Ono.
Audition ratée, faux noms, album vendu qu’en URSS, nomination Grammy face à Kid A, procès contre Sony : 20 faits vérifiés sur Paul McCartney, sources à l’appui.
Il existe une phrase qui revient dans presque tous les articles consacrés à Yoko Ono, et qui est fausse : « la veuve de John Lennon a aussi fait des disques ». L’ordre des termes est inversé. Quand Yoko Ono entre pour la première fois dans un studio d’enregistrement professionnel, en février 1968, elle a […]
55 600 spectateurs, 34 minutes, 304 000 dollars de recette : le 15 août 1965, les Beatles inventent le concert de stade. Mais presque personne n’a entendu ce concert — et la bande-son que le monde connaît a été refaite en studio, en secret, le 5 janvier 1966.
Secretly Canadian réédite le 18 septembre 2026 It’s Alright (I See Rainbows) de Yoko Ono : premier vinyle depuis 1982, deux bonus, et l’histoire du disque.
Comment les vacances aux Bermudes de John Lennon ont fait renaître sa créativité et l’envie de retourner en studio !
Il y a chez John Lennon une manière bien à lui de salir les statues avant même que les autres aient eu le temps d’allumer les cierges. En 1980, au moment de raconter la naissance des chansons de Double Fantasy, il ne parle ni de muse, ni de grâce, ni de grand retour prophétique. Il explique simplement qu’il a été « constipé pendant cinq ans » avant de connaître « trois semaines de diarrhée ». Une formule obscène, drôle, presque enfantine, mais qui dit peut-être mieux que n’importe quel commentaire savant ce qui se joue dans ce disque longtemps mal compris. Car Double Fantasy n’est pas seulement l’album du retour de Lennon, ni l’album du couple avec Yoko Ono, ni même ce testament involontaire que l’assassinat du 8 décembre 1980 a figé dans une lumière funèbre. C’est un disque de déblocage, de vie accumulée, de chansons retenues trop longtemps puis expulsées dans l’urgence. Un album imparfait, domestique, parfois trop poli, mais traversé par une audace que l’on a souvent refusé d’entendre : celle d’un ancien Beatle qui ne cherche plus à être dangereux, mais simplement humain.
Il y a des noms que l’histoire du rock imprime en petits caractères, au dos des pochettes, comme si leur présence relevait du détail technique. Jack Douglas était de ceux-là. Producteur d’Aerosmith, compagnon de route de Cheap Trick, des New York Dolls ou de Patti Smith, il fut surtout, pour les lecteurs de Yellow-Sub.net, l’homme qui accompagna John Lennon et Yoko Ono dans cette zone étrange où un disque de retour allait devenir, par la violence d’une nuit de décembre 1980, un album d’adieu. Sa mort, annoncée le 12 mai 2026, referme une porte de studio que l’on croyait encore entrouverte : celle où Lennon retrouvait le goût d’écrire, où Yoko imposait sa place au centre du dialogue, où Double Fantasy cessait d’être un simple comeback pour devenir la chronique fragile d’un couple, d’un âge adulte et d’un futur brutalement interrompu. Jack Douglas n’a jamais cherché à prendre la lumière. Il savait mieux que beaucoup qu’un producteur sert parfois les chansons en restant au bord du cadre. Mais c’est précisément là, près de la console, dans l’écoute, les arbitrages et les silences, qu’il aura recueilli l’un des derniers élans de Lennon vivant.
Il y a des chansons que l’on croit connaître parce qu’elles ont trop souvent servi de bande-son au deuil collectif. Woman fait partie de celles-là. Sortie après l’assassinat de John Lennon, accrochée pour toujours à l’hiver 1980 et aux images du Dakota, elle a fini par ressembler à une lettre posthume, un dernier message adressé à Yoko Ono, aux femmes, au monde entier. C’est oublier qu’avant de devenir une relique, Woman était d’abord une chanson de retour. Sur Double Fantasy, ce “Heart Play” imaginé avec Yoko et produit par Jack Douglas, Lennon ne revient pas en prophète ni en ancien Beatle venu réclamer sa couronne. Il revient en homme de quarante ans, après cinq années de retrait, avec le désir presque fragile de reprendre la musique là où la vie l’avait déplacée : dans le couple, la paternité, la reconnaissance, les excuses et l’idée qu’il n’est jamais trop tard pour essayer d’être meilleur. Née dans le sillage de son séjour aux Bermudes, pensée par Lennon comme une version adulte de Girl et dédiée à “l’autre moitié du ciel”, Woman est bien plus qu’une ballade parfaite. C’est l’aveu apaisé d’un homme qui avait longtemps confondu l’amour avec la peur de perdre, et qui trouvait enfin la force de dire merci.












