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It Don’t Come Easy : comment George Harrison a écrit en secret le 45 tours qui a lancé la carrière solo de Ringo Starr

Treize mois de studio, quatre studios, deux versions jetées, une chanson coécrite et produite par George Harrison sans être crédité — et le 45 tours qui, en 1971, a battu ceux des trois autres ex-Beatles.

L’album qu’il fallait aussi regarder : enquête sur le film d’« Imagine », tourné en même temps que le disque

Le 9 septembre 1971 paraissait « Imagine ». Ce que l’histoire a oublié : l’album a été tourné en même temps qu’il était enregistré. Enquête sur le long métrage réalisé et monté par John Lennon et Yoko Ono — tournage jour par jour, équipe, segments, mutilations vidéo et restauration.

Sean Ono Lennon et Charlotte Kemp Muhl, parents d’Aurelius : double portrait et vingt et un ans de vie commune

Fin août 2026, Sean Ono Lennon et Charlotte Kemp Muhl ont eu un fils, Aurelius, premier petit-enfant de John Lennon. Au-delà de la dépêche : portrait complet du fils de John et Yoko, portrait de la musicienne, productrice et ingénieure du son qu’est Charlotte Kemp Muhl, et récit de vingt et un ans de vie commune — de la rencontre à Coachella en 2005 au label Chimera Music, du GOASTT à UNI and the Urchins. Avec douze correctifs factuels, une chronologie, un guide d’écoute, une FAQ et un glossaire.

Les comptes de Tittenhurst : la liste secrète des chansons que John Lennon fit établir contre Paul McCartney

Il existe, quelque part dans la mémoire d’un homme de quatre-vingt-six ans installé au pied de la Sierra Nevada espagnole puis en Californie, le souvenir d’une feuille de papier. Sur cette feuille, dictée par John Lennon dans une maison géorgienne du Berkshire, figuraient les titres de toutes les chansons des Beatles. En face de chaque […]

L’œuvre discographique de Yoko Ono : cinquante-huit ans de disques, de « Two Virgins » à « Grapefruit » (1968-2026)

Il existe une phrase qui revient dans presque tous les articles consacrés à Yoko Ono, et qui est fausse : « la veuve de John Lennon a aussi fait des disques ». L’ordre des termes est inversé. Quand Yoko Ono entre pour la première fois dans un studio d’enregistrement professionnel, en février 1968, elle a […]

Power To The People : quand John Lennon transforme la pop en tract révolutionnaire

On a parfois reproché à Power To The People son refrain trop simple, son slogan trop frontal, sa manière presque naïve de vouloir faire entrer la révolution dans un 45-tours. Mais c’est justement là que se joue tout l’intérêt de cette chanson de John Lennon, enregistrée au début de 1971 dans le sillage d’une rencontre avec Tariq Ali et Robin Blackburn, figures de la gauche radicale britannique. Après avoir mis ses blessures à nu sur John Lennon/Plastic Ono Band, l’ancien Beatle cherche alors une autre cible à sa colère : non plus seulement l’enfance, la famille, Dieu ou les fantômes des Beatles, mais l’ordre social lui-même. Avec Phil Spector aux commandes, des chœurs massifs, des cuivres, des pas militaires et ce refrain conçu pour être repris dans la rue, Lennon signe moins une chanson d’analyse qu’un tract sonore, volontairement brut, pensé pour circuler vite et frapper large. Bien sûr, tout y est contradictoire : le millionnaire qui chante le pouvoir au peuple depuis son domaine de Tittenhurst, le pacifiste devenu révolutionnaire, l’artiste lucide qui reconnaîtra plus tard avoir voulu plaire aux militants. Mais c’est précisément dans ces tensions que Power To The People demeure fascinante : une chanson imparfaite, datée peut-être, mais toujours capable de faire entendre le moment où Lennon décida que la pop pouvait marcher au pas de la rue.

Apple Records, l’utopie musicale des Beatles

En mai 1968, à New York, Paul McCartney lâche une phrase qui ressemble à un manifeste : Apple sera ce « communisme occidental » où, pour une fois, les patrons ne courent pas après l’argent. Derrière le slogan, il y a un vertige : quelques mois après la mort de Brian Epstein, les Beatles se retrouvent seuls aux commandes et décident de transformer leur gloire en rampe de lancement pour les autres. Au 3 Savile Row, la pomme verte devient un passeport : Mary Hopkin passe de l’anonymat au triomphe mondial, Badfinger hérite d’un tube signé McCartney, George Harrison ouvre les portes à Billy Preston, Ravi Shankar ou au Radha Krishna Temple, tandis que Lennon pousse l’expérience jusqu’aux frontières de l’avant-garde avec Zapple. Mais l’utopie a son revers : dépenses folles, employés opportunistes, rêves trop grands pour une comptabilité. L’arrivée d’Allen Klein, la séparation du groupe, puis l’extinction progressive du label achèvent le tableau. Entre coups de génie, destins brisés et mythologie pop, Apple Records raconte la dernière grande aventure collective des Fab Four. Plongez dans cette histoire où une simple étiquette sur un vinyle suffit encore à faire briller les yeux.

Des tracts en 45 tours : Paul Simon flingue Lennon et McCartney

Paul Simon critique Lennon et McCartney : pourquoi traite-t-il leurs singles engagés de « pancartes » ? Bloody Sunday, Power to the People, Give Ireland Back… retour sur une dispute qui questionne la pop militante. Lire l’analyse.

À l’été 1972, Paul Simon lâche une phrase qui claque comme une porte : face aux ex-Beatles, la protest-song n’est pas un terrain de jeu, et certaines prises de position ressemblent à des pancartes. Dans son viseur, deux singles qui veulent frapper vite et fort : « Power to the People » de John Lennon, refrain-marteau taillé pour la foule, et « Give Ireland Back to the Irish » de Paul McCartney, réaction brûlante à Bloody Sunday. Simon parle de “mauvais disque”, de “camelote”, de condescendance — non par goût du scandale, mais parce qu’il soupçonne la pop de transformer l’urgence en marchandise et la colère en slogan vendable. Alors, qui a raison : l’artisan des nuances ou le mégaphone des refrains ? En remontant le fil du contexte, de la censure à la réception, on découvre une querelle bien plus riche qu’un simple match d’ego : une discussion sur ce qu’une chanson engagée doit être pour rester une chanson, sur ce que la simplicité gagne en puissance et perd en vérité. Et sur cette idée inconfortable : parfois, le tract sonore est maladroit… mais il peut quand même laisser une trace.

Power to the People ou l’art du slogan : Paul Simon contre Lennon, procès des chansons à message

Power to the People : en 1971, Paul Simon accuse Lennon de transformer la pop en slogan. Pourquoi préfère-t-il la version des Chi-Lites ? Récit d’une querelle sur la chanson engagée, entre mégaphone, nuance et vrai craft d’écriture.

1971, la pop veut refaire le monde à coups de refrains : le Vietnam hurle encore, les rues s’embrasent, et chaque star se découvre une vocation de porte-voix. John Lennon, fraîchement débarqué à New York, appuie sur le mégaphone avec « Power to the People », hymne immédiat, conçu pour être scandé plus que raconté. Mais Paul Simon, artisan maniaque du détail, entend autre chose : la simplicité qui tourne au simplisme, le slogan qui écrase la nuance, la chanson réduite à une banderole. Ce qui rend la scène savoureuse, c’est le déplacement du duel. Simon ne compare pas Lennon à Dylan ou aux Beatles, il le met en concurrence… avec The Chi-Lites, et préfère leur « (For God’s Sake) Give More Power to the People », plus incarné, plus dramaturgique, comme si la colère devait d’abord s’écrire avant de se crier. Entre l’hymne et le récit, entre la posture et la chair, cette querelle raconte une question toujours brûlante : une cause juste suffit-elle à faire une bonne chanson ? En filigrane, c’est toute la guerre des « chansons à message » qui se rejoue : peut-on mobiliser sans bâcler, toucher une foule sans oublier l’individu, écrire politique sans écrire creux ?

Quand Lennon descend dans l’arène : « Power to the People », le poing et le doute

Power to the People : en 1971, John Lennon transforme un cri de manif en hit rock, entre Yoko Ono, Phil Spector, féminisme et activisme. Contexte, coulisses et héritage d’un 45-tours explosif.

u printemps 1971, John Lennon ne publie pas seulement un nouveau single : il s’avance, casque sur la tête, et choisit le langage le plus dangereux qui soit pour une pop star — le slogan. Quatre mots, « Power to the People », comme une banderole qu’on lit de loin, et déjà tout le paradoxe lennonien : l’enfant de Liverpool qui n’a jamais cessé d’entendre la classe dans les accents, devenu millionnaire, décidé à parler au nom du collectif sans cesser de douter de sa légitimité. Enregistré à Ascot Sound, dans le confort paradoxal de Tittenhurst, le morceau sonne pourtant comme une marche : compression, chœurs, rugosité, Phil Spector en architecte d’un « nous » sonore. Derrière l’efficacité mémétique, une trajectoire se dessine, de l’hésitation de « Revolution » au besoin de crier plus fort après la rupture des Beatles. Entre conversations avec la gauche radicale (Tariq Ali), influence catalytique de Yoko Ono, couplet qui ramène la révolution « à la maison » et face B qui fait grincer les gardiens de la morale, ce 45-tours raconte plus qu’un refrain : il raconte un Lennon en mouvement, lucide sur ses poses, mais encore capable de croire à la puissance d’un chœur. Pourquoi ce cri tient-il toujours debout ?

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