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Soixante-quatre prises pour un cri : le journal de production de « John Lennon/Plastic Ono Band », séance par séance

Treize séances au Studio Three d’Abbey Road, du 26 septembre au 29 octobre 1970. Le journal de production de l’album le plus nu de John Lennon dit ce que la légende ne dit pas : soixante et une prises de « Mother » le premier jour, un producteur crédité qui arrive entre la prise 37 et la prise 38, des cris doublés, un couplet oublié rattrapé au montage.

Les comptes de Tittenhurst : la liste secrète des chansons que John Lennon fit établir contre Paul McCartney

Il existe, quelque part dans la mémoire d’un homme de quatre-vingt-six ans installé au pied de la Sierra Nevada espagnole puis en Californie, le souvenir d’une feuille de papier. Sur cette feuille, dictée par John Lennon dans une maison géorgienne du Berkshire, figuraient les titres de toutes les chansons des Beatles. En face de chaque […]

Le retrait de John Lennon en 1975 : anatomie d’une disparition volontaire, du Waldorf au Dakota

Le 18 avril 1975, John Lennon monte sur scène pour la dernière fois de sa vie. Six mois plus tard naît Sean, et le silence commence. Enquête sur l’année où le Beatle le plus bavard du monde a organisé sa propre disparition — et sur les quatre verrous qui se sont fermés en même temps.

20 juillet 1959 : le jour où John Lennon a pointé au chantier — histoire du seul emploi à plein temps de sa vie

Du 20 juillet au 28 août 1959, John Lennon fut manœuvre de chantier pour s’offrir sa première guitare électrique. Récit complet d’après Mark Lewisohn.

4 chansons pour découvrir John Lennon

Choisir quatre chansons pour entrer dans l’œuvre de John Lennon, c’est forcément accepter de laisser quelques monuments sur le bord de la route. On pourrait commencer par Imagine, évidemment, poser Give Peace a Chance comme drapeau blanc, ajouter Jealous Guy pour le remords et Come Together pour rappeler que Lennon savait encore faire ramper le rock avec une élégance venimeuse. Mais ce serait presque trop simple, trop propre, trop commémoratif. Lennon ne se résume pas à une paire de lunettes rondes, à un piano blanc ou à une affiche pacifiste punaisée dans une chambre d’étudiant. Il est plus instable que cela, plus contradictoire, plus passionnant aussi. Pour le comprendre, il faut suivre les fissures : Help!, confession déguisée en tube de Beatlemania ; Strawberry Fields Forever, retour halluciné vers l’enfance ; Working Class Hero, pamphlet nu contre la machine sociale ; Watching the Wheels, dernier manifeste d’un homme qui tente enfin de descendre du manège. Quatre chansons, donc, non comme un palmarès, mais comme une chronologie intime. Quatre portes ouvertes sur un Lennon moins saint que blessé, moins prophète que lucide, moins légende figée qu’homme en lutte permanente avec ses propres reflets.

John Lennon chantait-il mieux sans les Beatles ? La voix libérée de Plastic Ono Band

John Lennon chantait-il mieux sans les Beatles ? Retour sur Plastic Ono Band, Yoko Ono, Phil Spector et la voix nue d’un Lennon libéré du mythe.

Il faut toujours se méfier des grandes phrases de John Lennon, surtout lorsqu’elles semblent lâchées comme des vérités définitives au milieu des ruines encore chaudes des Beatles. En 1970, au moment de défendre John Lennon/Plastic Ono Band, Lennon affirme qu’il chante probablement mieux parce qu’il n’a plus Paul McCartney et George Harrison face à lui, ces frères, rivaux et juges intimes qui l’avaient porté autant qu’ils l’avaient parfois inhibé. La formule est brutale, injuste peut-être, mais elle ouvre une question passionnante : que devient une voix lorsqu’elle quitte la plus belle cage du monde ? Sur Plastic Ono Band, Lennon ne chante pas forcément mieux qu’au temps de Twist and Shout, Help!, Strawberry Fields Forever ou Come Together. Il chante autrement. Sans les harmonies protectrices, sans la magie collective, sans la politesse du mythe Beatles. Avec Yoko Ono, Phil Spector, Ringo Starr et Klaus Voormann autour de lui, il trouve un espace où sa gorge peut crier, murmurer, accuser, pleurer, sans demander l’autorisation de sa propre légende. Ce disque n’est pas seulement son grand album solo : c’est le moment où John Lennon cesse de devenir Beatles pour redevenir une voix seule, abîmée, arrogante, enfantine et magnifique.

Out the Blue : la chanson d’amour de John Lennon que le temps a fini par révéler

Dans la discographie solo de John Lennon, il y a les chansons que tout le monde connaît, celles qu’on a placées très tôt au rang des monuments, et puis il y a les autres, plus secrètes, moins commentées, qui finissent pourtant par révéler des pans entiers de l’homme et de l’œuvre. Out the Blue, glissée en 1973 sur Mind Games, appartient à cette famille discrète. Lennon lui-même la traitait d’un revers de main, comme une simple chanson d’amour, « nothing special ». C’est peut-être justement là que commence son mystère. Car cette ballade adressée à Yoko Ono surgit au moment exact où le couple vacille, au seuil du fameux Lost Weekend, quand l’amour n’est déjà plus une évidence mais pas encore un souvenir. En moins de quatre minutes, Lennon y fait tenir une vie entière : la douleur ancienne, l’irruption miraculeuse de Yoko, la gratitude, la peur de perdre, et cette certitude presque déraisonnable d’être né pour la rencontrer. Derrière ses airs de morceau mineur, Out the Blue condense tout ce qui fait la grandeur du Lennon solo : la nudité du Plastic Ono Band, la sophistication pop héritée des Beatles, les élans orchestraux de Mind Games et cette façon unique de transformer une crise intime en prière profane. Longtemps sous-estimée, réhabilitée par les rééditions et les lectures critiques, la chanson mérite aujourd’hui qu’on la regarde pour ce qu’elle est : non pas une parenthèse, mais l’une des plus belles déclarations d’amour jamais écrites par John Lennon.

Paul McCartney rouvre le dossier Lennon : qui était vraiment le “working class hero” des Beatles ?

Il suffit parfois d’un mot, lancé presque en passant, pour faire vaciller des décennies de récit officiel. Le 16 avril 2026, à Los Angeles, lors d’une séance d’écoute consacrée à The Boys of Dungeon Lane, Paul McCartney n’a pas seulement présenté un disque tourné vers son enfance à Liverpool : il a aussi rouvert une vieille question enfouie sous la légende Beatles. En évoquant John Lennon et son célèbre imaginaire de “working class hero”, McCartney a rappelé avec une ironie tendre que son ancien partenaire avait aussi des proches plutôt “posh”, autrement dit plus installés, plus respectables, plus éloignés de la pure mythologie ouvrière qu’on associe volontiers à son nom. Derrière la petite phrase, il y a bien plus qu’une anecdote : une relecture passionnante des origines sociales des Beatles, de la géographie intime de Liverpool et de la façon dont John, Paul, George et Ringo ont transformé leurs enfances en personnages. Car Lennon n’a pas forcément menti : il a surtout fait de sa vérité intérieure une bannière artistique. Et McCartney, aujourd’hui, en cartographe patient de la mémoire, vient rappeler que chez les Beatles, la classe sociale fut moins une étiquette qu’un champ de tensions, de nuances et de récits concurrents.

Plastic Ono Band : l’album où Lennon s’est mis à nu

En 1970, John Lennon publie Plastic Ono Band, un album radical et bouleversant où il se libère de ses blessures personnelles et du mythe Beatles. Avec une production dépouillée, des textes crus et une sincérité rare, il signe un manifeste intime considéré par Lennon lui-même comme égal aux meilleurs titres des Beatles.

John Lennon : cinq chansons pour comprendre Plastic Ono Band

En 1970, John Lennon signe avec Plastic Ono Band un chef-d’œuvre intime et radical. Cinq chansons emblématiques — Working Class Hero, Love, God, Hold On, Mother — révèlent une mise à nu émotionnelle rare, entre cri primal, tendresse nue et rupture spirituelle. Porté par une esthétique minimaliste, l’album marque une renaissance artistique et une quête de vérité, où Lennon se libère des idoles et du mythe Beatles.

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