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Chaos and Creation in the Backyard : le jour où Paul McCartney accepta d’être contredit

Le 12 septembre 2005, Paul McCartney publiait Chaos and Creation in the Backyard, l’un des albums les plus singuliers de sa carrière solo. Produit par Nigel Godrich, recommandé par George Martin, le disque naît d’une collaboration parfois tendue : pour une fois, McCartney accepte qu’un producteur conteste ses choix, écarte son groupe et lui demande de jouer presque tous les instruments. Vingt et un ans plus tard, retour sur les séances, les chansons, les musiciens, les chiffres, les Grammy Awards et les secrets d’un disque devenu une référence de son œuvre tardive.

« Faites tinter vos bijoux » : histoire complète de la raillerie lancée par John Lennon à la famille royale le 4 novembre 1963

Le 4 novembre 1963, au Royal Variety Performance, John Lennon demande aux places chères de faire tinter leurs bijoux. Le déroulé exact, la version bien plus crue prévue en répétition, la peur d’Epstein et six erreurs à corriger.

« One After 909 » : la chanson que les Beatles ont ratée en 1963 et réussie sur un toit en 1969 — enquête sur onze ans d’écart

Écrite vers 1957, enregistrée sans conviction le 5 mars 1963 puis abandonnée, ressortie en janvier 1969 et publiée dans la seule prise jouée sur le toit d’Apple : histoire complète de « One After 909 », avec les dates de séance, le personnel, les mixages et huit correctifs factuels — à commencer par sa place réelle sur « Let It Be ».

Les auteurs-compositeurs qui ont fabriqué Lennon-McCartney : enquête sur la bibliothèque secrète des Beatles

On raconte volontiers l’histoire des Beatles comme celle d’une génération spontanée : deux adolescents de Liverpool se rencontrent lors d’une fête paroissiale, décident d’écrire des chansons, et le vingtième siècle musical bascule. C’est une belle histoire. C’est aussi une histoire fausse — ou plutôt, une histoire amputée de sa première moitié. Avant d’être des auteurs, […]

Elvis et les Beatles : anatomie d’une dette, d’une rivalité et d’une trahison

Q : Les Beatles ont-ils rencontré Elvis Presley ?
R : Une seule fois, le 27 août 1965, au domicile d’Elvis à Bel Air (Los Angeles). La rencontre s’est tenue sans presse, sans photographie et sans aucun enregistrement, à la demande du colonel Tom Parker et avec l’accord de Brian Epstein. George Harrison a revu Elvis seul à New York en juin 1972.

Q : Elvis Presley a-t-il critiqué les Beatles auprès de Richard Nixon ?
R : Oui. Le mémorandum rédigé le 21 décembre 1970 par Egil « Bud » Krogh consigne qu’Elvis considérait les Beatles comme une force au service d’un esprit antiaméricain. Le document, déclassifié en 1986, est conservé aux Archives nationales américaines. La démarche n’a eu aucune conséquence pour le groupe, dissous depuis huit mois.

Q : Elvis a-t-il chanté des chansons des Beatles ?
R : Cinq : « Hey Jude » (studio, janvier 1969, publié en 1972 sur Elvis Now), « Yesterday » (scène, Las Vegas, 1969), « Something » (notamment lors d’Aloha from Hawaii en 1973), « Lady Madonna » et « Get Back » (versions informelles). Quatre sont signées McCartney, une Harrison, aucune Lennon.

Q : Lennon a-t-il dit « Avant Elvis, il n’y avait rien » ?
R : Cette formule est classée comme disputée et n’a jamais été rattachée à une source primaire. La déclaration authentifiée, faite au lendemain de la rencontre de 1965 et publiée dès 1968, dit que rien ne l’avait touché avant Elvis et que sans Elvis il n’y aurait pas eu de Beatles.

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My Bonnie Love Me Do Please Please Me From Me To You She Loves You I Want To Hold Your Hand Sweet Georgia Brown Cry For A Shadow Can’t Buy Me Love Ain’t She Sweet A Hard Day’s Night I Feel Fine If I Fell Ticket To Ride Help ! Day Tripper Paperback Writer Eleanor […]

Les Beatles à la BBC : histoire complète d’une alliance qui changea la radio — et le groupe

53 émissions, 275 prestations, 88 chansons : l’histoire complète des Beatles à la BBC, de l’audition de 1962 à Live at the BBC, avec animateurs, censures et archives.

Out the Blue : la chanson d’amour de John Lennon que le temps a fini par révéler

Dans la discographie solo de John Lennon, il y a les chansons que tout le monde connaît, celles qu’on a placées très tôt au rang des monuments, et puis il y a les autres, plus secrètes, moins commentées, qui finissent pourtant par révéler des pans entiers de l’homme et de l’œuvre. Out the Blue, glissée en 1973 sur Mind Games, appartient à cette famille discrète. Lennon lui-même la traitait d’un revers de main, comme une simple chanson d’amour, « nothing special ». C’est peut-être justement là que commence son mystère. Car cette ballade adressée à Yoko Ono surgit au moment exact où le couple vacille, au seuil du fameux Lost Weekend, quand l’amour n’est déjà plus une évidence mais pas encore un souvenir. En moins de quatre minutes, Lennon y fait tenir une vie entière : la douleur ancienne, l’irruption miraculeuse de Yoko, la gratitude, la peur de perdre, et cette certitude presque déraisonnable d’être né pour la rencontrer. Derrière ses airs de morceau mineur, Out the Blue condense tout ce qui fait la grandeur du Lennon solo : la nudité du Plastic Ono Band, la sophistication pop héritée des Beatles, les élans orchestraux de Mind Games et cette façon unique de transformer une crise intime en prière profane. Longtemps sous-estimée, réhabilitée par les rééditions et les lectures critiques, la chanson mérite aujourd’hui qu’on la regarde pour ce qu’elle est : non pas une parenthèse, mais l’une des plus belles déclarations d’amour jamais écrites par John Lennon.

From Me To You : deux minutes pour conquérir l’Angleterre

Comment la simplicité de « From Me To You » a propulsé les Beatles en tête des charts britanniques et ouvert la voie au phénomène mondial. Retour sur leur premier vrai succès.

Deux minutes, trois accords, un “whoo” en falsetto et un harmonica qui sonne comme une sirène : à première vue, From Me To You a tout du petit single Merseybeat de 1963 qu’on pourrait oublier entre deux géants. Sauf que ce 45-tours est le moment précis où les Beatles cessent d’être une rumeur de Liverpool pour devenir un fait national. Écrit à l’arrière d’un autocar, sur une tournée harassante, le titre condense déjà la méthode Lennon-McCartney : parler directement au “tu”, accrocher dès la première seconde, glisser un pont en mineur juste pour faire basculer la lumière. Le 5 mars, à Abbey Road, George Martin capture l’électricité sans la domestiquer et assemble la version la plus efficace possible. Puis viennent les chiffres — et la bataille des chiffres : dans le chaos des charts d’avant 1969, From Me To You aligne (presque) tout le monde, grimpe au sommet et y campe des semaines. En délogeant Gerry & The Pacemakers, le groupe impose un numéro un écrit par lui-même et gagne une autorité d’auteur qui va contaminer toute la pop britannique. Voici comment une chanson minuscule a préparé l’explosion de 1963 — et pourquoi elle n’a jamais vraiment quitté nos têtes.

Un souffle comme carte d’identité : l’harmonica, premier gimmick des Beatles

Harmonica des Beatles : pourquoi Lennon l’a-t-il utilisé comme “gimmick” sur Love Me Do, Please Please Me et From Me to You ? Contexte Merseybeat, influences, rôle de George Martin… Plongez dans l’atelier des débuts.

Pendant longtemps, on a raconté les premiers singles des Beatles comme des cartes postales : trois minutes de soleil, un refrain qui sourit et l’impression que tout est encore léger. Puis Lennon, des années plus tard, vient poser son scalpel : leur premier “gimmick”, dit-il, c’était l’harmonica. Un mot brutal, presque humiliant, qui réduit un souffle à une astuce de foire. Mais si l’on suit le fil, ce détail raconte beaucoup plus qu’une coquetterie. Pourquoi cet instrument surgit-il en pleine lumière sur “Love Me Do”, ouvre “Please Please Me”, flotte sur “From Me to You” ? À Liverpool, dans le Merseybeat, il fallait mordre l’oreille sur un 45-tours, traverser les transistors et se distinguer au milieu de dizaines de groupes. Il y eut aussi l’école des reprises, l’enfance de Lennon, et cette soirée où Delbert McClinton (l’homme de “Hey! Baby”) montre un riff qui se transforme, quelques mois plus tard, en signature. Avec George Martin, les Beatles apprennent déjà l’art des arrangements : répéter ce qui marche, puis le fuir avant la routine. L’harmonica comme logo sonore, puis comme costume qu’on retire. Une petite histoire de “gadget” qui révèle, en creux, leur vraie obsession : ne jamais sonner comme tout le monde.

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