Le 12 septembre 2005, Paul McCartney publiait Chaos and Creation in the Backyard, l’un des albums les plus singuliers de sa carrière solo. Produit par Nigel Godrich, recommandé par George Martin, le disque naît d’une collaboration parfois tendue : pour une fois, McCartney accepte qu’un producteur conteste ses choix, écarte son groupe et lui demande de jouer presque tous les instruments. Vingt et un ans plus tard, retour sur les séances, les chansons, les musiciens, les chiffres, les Grammy Awards et les secrets d’un disque devenu une référence de son œuvre tardive.
Le 11 septembre 2001, Paul McCartney est bloqué dans un avion sur le tarmac de JFK et voit les tours fumer. Trente-neuf jours plus tard, il clôt le Concert for New York City au Madison Square Garden en créant Freedom. Témoignages datés, organisation du concert, enregistrement, classements, Super Bowl, retrait de la chanson : le dossier complet, vingt-cinq ans après.
Le 7 septembre 2018, Paul McCartney publiait Egypt Station. Genèse, chansons, Greg Kurstin, succès au Billboard, tournée et histoire d’un grand album tardif de l’ex-Beatle.
De Denny Seiwell à Abe Laboriel Jr., une vingtaine de musiciens ont accompagné Paul McCartney sur scène depuis les Beatles. Cinq batteurs de Wings, la reconstruction de 1989 avec Hamish Stuart et Robbie McIntosh, les trente-sept ans de Paul « Wix » Wickens, le groupe le plus durable de sa vie depuis 2002 et les Hot City Horns depuis 2018. Enquête complète, correctifs factuels, chronologie et guide d’écoute — et la question que pose la rumeur d’un départ d’Abe Laboriel Jr. vers Pearl Jam : McCartney reconstruira-t-il un groupe une fois de plus, à quatre-vingt-quatre ans ?
Le 1ᵉʳ janvier 1962, les Beatles enregistrent quinze titres en une heure dans les studios Decca de West Hampstead. Le label les refuse au profit de Brian Poole and the Tremeloes. C’est l’une des décisions les plus commentées de l’histoire du disque. Deux bobines de report sont remises à Brian Epstein.
Pire classement de sa carrière, seize titres, deux semaines d’enregistrement : pourquoi Driving Rain de Paul McCartney mérite d’être réécouté en 2026.
Aujourd’hui, Rusty Anderson a 67 ans, et c’est le genre de détail que les stades n’annoncent jamais. Pourtant, depuis 2001, c’est lui qui tient la lumière à côté du soleil, juste à droite de Paul McCartney, dans ce poste où la moindre note ratée froisse une mémoire collective. Anderson n’est pas un clone de George Harrison : il est un musicien de métier, polyvalent, nerveux juste ce qu’il faut, capable de faire sonner “Helter Skelter” comme un incendie contrôlé et de poser, sur “Maybe I’m Amazed”, la phrase qui soulève le refrain sans l’écraser. Avant la grande machine McCartney, il y a eu la vraie vie des groupes et du studio, Ednaswap et l’ironie de “Torn”, ce hit mondial dont la gloire a longtemps porté un autre visage. Peut-être que ça l’a vacciné : ici, pas de théâtre, pas de démonstration, juste l’art de servir une chanson sans la momifier. À l’heure où la nostalgie peut tourner au musée, son jeu rappelle une vérité simple : ces classiques ne demandent pas qu’on les récite, ils demandent qu’on les fasse respirer. Portrait d’un artisan essentiel, discret, mais impossible à remplacer.
Sorti en novembre 2001, Driving Rain a souvent l’étiquette facile : « album de transition ». Mais c’est surtout un disque pris en flagrant délit d’humanité. Trois ans après la mort de Linda, Paul McCartney n’essaie pas de fabriquer un monument ; il enregistre comme on reprend la route sous la pluie, pare-brise brouillé, phares courts, instinct en bandoulière. Avec David Kahne, il privilégie la prise, l’air, le groupe dans une pièce : Abe Laboriel Jr. qui cogne droit, Rusty Anderson qui donne du grain, et un Paul qui accepte d’être moins « brillant » que vrai. On y entend le deuil sans grands effets, la joie maladroite d’un nouveau départ, et cette époque qui bascule – jusqu’à Freedom, greffée dans l’onde de choc du 11 septembre. Même la pochette, capturée à la montre Casio, dit la même chose : l’instant plutôt que la pose. Réévaluer Driving Rain, c’est regarder McCartney sans l’ombre écrasante du mythe Beatles : un musicien qui se remet en marche, parfois inégal, souvent touchant, et terriblement vivant.
En 2002, Paul McCartney retrouve la scène avec la tournée Driving USA, marquée par l’émotion du deuil et le contexte post-11 septembre. L’album live Back In The US, sorti en novembre, capture cette ferveur à travers un mélange de classiques des Beatles, de morceaux de Wings et de titres récents. Porté par une formation solide, cet enregistrement témoigne de la puissance scénique de McCartney et de sa capacité à fédérer plusieurs générations autour de son immense héritage musical.
Le 27 juin 2007, Paul McCartney donne un concert intime et gratuit chez Amoeba Music à Los Angeles, devant un public restreint incluant Ringo Starr et Jeff Lynne. La setlist mélange nouveautés de Memory Almost Full et classiques des Beatles et Wings. L’enregistrement, d’abord diffusé en partie, est publié intégralement en 2019 sous le titre Amoeba Gig, capturant l’énergie brute et la proximité unique de cette soirée.












