Le 12 septembre 2005, Paul McCartney publiait Chaos and Creation in the Backyard, l’un des albums les plus singuliers de sa carrière solo. Produit par Nigel Godrich, recommandé par George Martin, le disque naît d’une collaboration parfois tendue : pour une fois, McCartney accepte qu’un producteur conteste ses choix, écarte son groupe et lui demande de jouer presque tous les instruments. Vingt et un ans plus tard, retour sur les séances, les chansons, les musiciens, les chiffres, les Grammy Awards et les secrets d’un disque devenu une référence de son œuvre tardive.
On connaît Paul McCartney en plein soleil, hymnes calibrés pour les stades et refrains qui s’accrochent à la mémoire comme une évidence. Mais il existe, dans l’ombre de sa discographie, une autre pièce : celle des chansons laissées au bord, trop intimes pour la grande vitrine. Comfort of Love en est la clé. Née au tout début des sessions de Chaos and Creation in the Backyard, en septembre 2003, sous l’œil exigeant de Nigel Godrich et dans le bois verni de RAK Studios, elle n’a pourtant pas rejoint le tracklisting de l’album (sorti en septembre 2005). À la place, elle s’est cachée en face B du single Fine Line : un murmure, une respiration, un aveu sans maquillage. McCartney y glisse une vérité simple et dévastatrice — la maison, la voiture, les cases cochées ne remplacent pas ce besoin élémentaire : le confort de l’amour. Pourquoi ce morceau a-t-il été relégué ? Que dit-il du McCartney des années 2000, de son envie de se faire contredire, de jouer (presque) seul et de réapprendre à douter ? On ouvre la porte entrouverte, on entre sur la pointe des pieds, et l’on découvre une chanson qui ressemble à un secret partagé entre fans.












