Le 12 septembre 2005, Paul McCartney publiait Chaos and Creation in the Backyard, l’un des albums les plus singuliers de sa carrière solo. Produit par Nigel Godrich, recommandé par George Martin, le disque naît d’une collaboration parfois tendue : pour une fois, McCartney accepte qu’un producteur conteste ses choix, écarte son groupe et lui demande de jouer presque tous les instruments. Vingt et un ans plus tard, retour sur les séances, les chansons, les musiciens, les chiffres, les Grammy Awards et les secrets d’un disque devenu une référence de son œuvre tardive.
On répète depuis cinquante ans que le premier album des Wings a été bâclé en trois jours. Les relevés de séance disent autre chose : du 24 juillet au 16 octobre 1971, orchestration comprise. Enquête complète sur la méthode empruntée à Dylan, le pseudonyme « Sam Browne », la naissance de Stella qui a donné son nom au groupe, « Dear Friend » adressée à Lennon — et sept idées reçues corrigées, à commencer par les classements, systématiquement inversés.
Enregistré le 6 novembre 1970 à New York, assemblé au montage à partir de fragments inachevés, publié en single aux seuls États-Unis le 2 août 1971 : « Uncle Albert/Admiral Halsey » devient numéro un du Billboard le 4 septembre 1971. Enquête complète sur la séance, les musiciens recrutés dans une cave du Bronx, l’oncle de Liverpool, l’amiral américain, l’orage prélevé sur une bande de film, le procès d’édition, le massacre critique de 1971 et la réhabilitation.
Base enregistrée en janvier 2012 à AIR Studios, ajouts et mixage quinze mois plus tard à Los Angeles, tous les instruments joués par un seul homme, une cosignature avec Paul Epworth — et une diffusion réservée à la seule édition japonaise de « NEW » pendant douze mois. Enquête complète sur « Struggle » : la séance, l’instrumentarium, l’économie du bonus territorial, la lignée des disques d’homme-orchestre et ce que ce titre révèle de la méthode McCartney.
Sonorisation impossible, musique de studio injouable, calendrier inhumain, danger physique : les quatre causes qui ont rendu l’arrêt des tournées des Beatles inévitable en 1966.
On a beaucoup raconté la Britpop comme une seconde invasion britannique menée par des groupes qui auraient simplement remis les Beatles au goût du jour. L’image est pratique, surtout lorsqu’on pense à Oasis, aux déclarations de Noel Gallagher, à la fascination de Liam pour John Lennon ou aux clins d’œil disséminés dans les chansons. Mais elle devient vite trompeuse dès qu’on écoute vraiment les disques. Car la Britpop n’a jamais été un bloc : Blur regarde aussi vers les Kinks, XTC et le punk, Suede vers Bowie et Roxy Music, Pulp vers le glam, le Velvet Underground et la chronique sociale, tandis que les Boo Radleys, Supergrass, Cast, Kula Shaker ou The Verve prélèvent chacun une pièce différente du puzzle. L’influence des Beatles se joue donc moins dans la copie d’un son que dans une grammaire : la primauté de la mélodie, l’ambition du studio, la capacité à faire évoluer un groupe, l’art du single, l’identité collective et cette idée décisive qu’une formation venue d’une ville industrielle anglaise peut prétendre au centre du monde. Oasis en a récupéré le mythe, Blur la métamorphose, Pulp la permission sociale, les Boo Radleys l’expérimentation. Et c’est peut-être là que la Britpop devient la plus fidèle aux Beatles : non lorsqu’elle les imite, mais lorsqu’elle comprend qu’un grand groupe ne doit jamais cesser de bouger.
Il y a des disques qui appartiennent à l’histoire parce qu’ils ont tout changé dans le fracas, et d’autres parce qu’ils ont déplacé le centre de gravité presque sans faire de bruit. Rubber Soul est de ceux-là. Enregistré dans l’urgence de l’automne 1965, entre les tournées, la fatigue, la Beatlemania devenue prison dorée et l’obligation industrielle de livrer un album pour Noël, il marque pourtant l’instant précis où les Beatles cessent d’être seulement le plus grand groupe pop du monde pour devenir autre chose : des architectes de studio, des écrivains de chansons intérieures, des explorateurs d’un territoire que Revolver et Sgt. Pepper feront ensuite exploser en pleine lumière. La réédition 2026 de Rubber Soul, annoncée pour le 2 octobre, n’est donc pas un simple coffret patrimonial de plus destiné à faire briller les étagères des collectionneurs. Avec son nouveau mixage stéréo signé Giles Martin et Sam Okell, ses versions mono et Capitol, ses prises alternatives, ses maquettes et la promesse d’inédits capables de réveiller les plus vieux fantasmes beatlesiens, elle rouvre l’un des moments les plus fragiles et les plus décisifs de leur histoire : celui où quatre garçons de Liverpool, encore reliés à la scène mais déjà aspirés par Abbey Road, ont inventé sans le proclamer une nouvelle manière d’être un groupe.
Confident d’Epstein, témoin du mariage Lennon-Ono, cité dans The Ballad of John and Yoko : portrait complet de Peter Brown, l’homme de l’ombre des Beatles.
300 000 personnes accueillaient les Beatles à Adélaïde — la plus grande foule de leur carrière. Récit d’une journée devenue légende.












