Le 7 septembre 2018, Paul McCartney publiait Egypt Station. Genèse, chansons, Greg Kurstin, succès au Billboard, tournée et histoire d’un grand album tardif de l’ex-Beatle.
En 2018, Paul McCartney a soixante-seize ans, une discographie longue comme plusieurs vies et, sur le papier, plus grand-chose à prouver. C’est pourtant à ce moment précis qu’il choisit de repartir en voyage avec Egypt Station, son dix-septième album solo, publié cinq ans après New. Conçu par étapes entre Los Angeles, le Sussex, Abbey Road et São Paulo, le disque avance comme un train qui s’arrêterait dans des gares aux paysages très différents : ballades acoustiques, rock garage, pop contemporaine, longues suites en plusieurs mouvements et échappées orchestrales s’y croisent sans jamais tout à fait se heurter. Aux commandes, Greg Kurstin agit moins comme un directeur autoritaire que comme un miroir attentif, laissant McCartney puiser dans soixante ans de savoir-faire tout en l’entraînant vers des sonorités plus actuelles. Autour de l’album, la campagne de teasing, le retour à Liverpool, le Carpool Karaoke avec James Corden et le concert surprise au Philharmonic Dining Rooms prolongent cette idée de voyage à travers les lieux et la mémoire. Numéro un aux États-Unis dès sa sortie, Egypt Station n’est ni un disque-testament ni une simple démonstration de longévité : c’est l’œuvre d’un musicien qui, à l’âge où d’autres regardent les trains passer, préfère encore monter dedans.
Il y a des anniversaires qui ressemblent à de simples prétextes, et d’autres qui finissent par éclairer une œuvre mieux que toutes les rééditions du monde. Tug of War, publié par Paul McCartney le 26 avril 1982, appartient clairement à cette seconde famille. Quarante-quatre ans plus tard, le disque n’a rien perdu de son étrange gravité : il demeure ce moment suspendu où l’ancien Beatle, sorti de Wings, encore sonné par l’assassinat de John Lennon, retrouve George Martin pour remettre de l’ordre dans le chaos et donner une forme pop à ce qui, dans sa vie, menace de se défaire. On a souvent résumé l’album à Ebony and Ivory, son énorme succès avec Stevie Wonder, ou à Here Today, la lettre bouleversante adressée à Lennon. Ce serait oublier le reste : la majesté de Wanderlust, l’élan de Take It Away, la tendresse de Somebody Who Cares, la finesse de production d’un disque qui tire dans toutes les directions sans jamais rompre. À l’heure où McCartney appartient désormais au temps long de la musique populaire, Tug of War se réécoute moins comme un retour nostalgique que comme l’un de ses grands albums de résistance intime : celui d’un homme qui continue, parce que la chanson reste encore sa meilleure manière de tenir debout.
À travers 32 trésors méconnus, l’article éclaire la face B du catalogue de Paul McCartney, du home-studio lo-fi de 1970 aux pistes d’Egypt Station. Faces B cultes (Daytime Nighttime Suffering), instrumentaux bricolés (Momma Miss America), ballades (Love In Song, Somebody Who Cares), soul-gospel (Souvenir), embardées punk-new wave (Spin It On) et protest-song (Big Boys Bickering) composent un panorama mêlant raretés d’Archive Collection, inédits bootlegués (Return To Pepperland) et collaborations avec Costello, Godrich ou Youth. Chaque vignette révèle l’art mélodique et l’ingéniosité d’atelier d’un McCartney multi-instrumentiste, passant de la slide pastorale aux cuivres jazz et des îles Vierges à Abbey Road.
À travers « Who Cares », Paul McCartney livre un message fort contre le harcèlement en s’adressant aux jeunes, inspiré par la relation intime entre Taylor Swift et ses fans. Avec une instrumentation dynamique et une production soignée aux côtés de Greg Kurstin, le morceau incarne l’empathie et la résilience face aux critiques et aux brimades. L’artiste, fidèle à ses racines tout en se réinventant, propose ainsi un véritable manifeste de soutien et d’unité dans un monde numérique impitoyable.
Cinq ans après « NEW », Paul McCartney signe un retour triomphal avec « Egypt Station », un album-concept ambitieux mêlant introspection, audace pop et engagement. Numéro 1 aux USA, il illustre la vitalité créative de McCartney à 76 ans, porté par une production moderne et un fil narratif inspiré d’un tableau de l’artiste.
« Somebody Who Cares », extrait de Tug of War, est une œuvre profonde de Paul McCartney, née de l’inspiration spontanée d’un dimanche à Montserrat. Influencée par la perte de John Lennon, la chanson mêle émotions personnelles et universelles, et se distingue par sa création fluide et intime. Enregistrée avec des musiciens de renom, elle illustre l’alchimie de la collaboration et la capacité de McCartney à transformer ses émotions en art intemporel, touchant plusieurs générations.
Sortie en 1982 sur Tug of War, Somebody Who Cares est une chanson intimiste et réconfortante de Paul McCartney. Écrite aux studios AIR Montserrat dans une atmosphère paisible, elle transmet un message d’encouragement à ceux qui se sentent seuls ou incompris. Sa production sobre, portée par une guitare acoustique, une flûte de pan et les harmonies de Linda McCartney et Eric Stewart, renforce son pouvoir émotionnel. Bien que non sortie en single, elle reste l’un des joyaux cachés de l’album, illustrant la capacité de McCartney à toucher profondément son auditoire.
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