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Le « Lost Week-end » de John Lennon : histoire d’un exil de dix-huit mois

Séparé de Yoko, John Lennon vécut 18 mois d’exil avec May Pang : Los Angeles, sessions Spector, Troubadour, trois albums et la réconciliation. L’histoire complète.

#9 Dream (Walls and Bridges, 1974) : onirisme, numérologie et sophistication d’un chef-d’œuvre méconnu

Il existe dans la discographie solo de John Lennon des chansons qui semblent flotter hors du temps, comme si elles avaient été enregistrées dans cet instant incertain où l’on ne sait plus très bien si l’on rêve encore. « #9 Dream » appartient à cette catégorie rare. Née d’une mélodie entendue pendant son sommeil puis captée au réveil, la chanson arrive en 1974 au cœur du Lost Weekend, cette période chaotique où Lennon vit loin de Yoko Ono, partage son quotidien avec May Pang et traverse pourtant l’une des phases les plus fécondes de sa carrière. Sur Walls and Bridges, il transforme ce matériau fragile en une miniature d’une sophistication exceptionnelle : piano électrique de Nicky Hopkins, guitare de Jesse Ed Davis, saxophone de Bobby Keys, cordes somptueuses de Ken Ascher et voix traitée comme un souvenir qui s’éloigne. Au centre du morceau, la formule « böwakawa poussé, poussé » ne signifie rien, mais résume tout : le langage du rêve, affranchi de la logique et porté par la seule musique des syllabes. Et puis il y a ce chiffre neuf qui poursuit Lennon depuis l’enfance, de sa date de naissance à « Revolution 9 », jusqu’à cette chanson qui atteindra précisément la neuvième place des charts américains. Plus qu’une curiosité numérologique, « #9 Dream » reste surtout l’un de ses plus beaux morceaux : une chanson douce, mystérieuse et mélancolique, qui continue de revenir longtemps après la fin du rêve.

Out the Blue : la chanson d’amour de John Lennon que le temps a fini par révéler

Dans la discographie solo de John Lennon, il y a les chansons que tout le monde connaît, celles qu’on a placées très tôt au rang des monuments, et puis il y a les autres, plus secrètes, moins commentées, qui finissent pourtant par révéler des pans entiers de l’homme et de l’œuvre. Out the Blue, glissée en 1973 sur Mind Games, appartient à cette famille discrète. Lennon lui-même la traitait d’un revers de main, comme une simple chanson d’amour, « nothing special ». C’est peut-être justement là que commence son mystère. Car cette ballade adressée à Yoko Ono surgit au moment exact où le couple vacille, au seuil du fameux Lost Weekend, quand l’amour n’est déjà plus une évidence mais pas encore un souvenir. En moins de quatre minutes, Lennon y fait tenir une vie entière : la douleur ancienne, l’irruption miraculeuse de Yoko, la gratitude, la peur de perdre, et cette certitude presque déraisonnable d’être né pour la rencontrer. Derrière ses airs de morceau mineur, Out the Blue condense tout ce qui fait la grandeur du Lennon solo : la nudité du Plastic Ono Band, la sophistication pop héritée des Beatles, les élans orchestraux de Mind Games et cette façon unique de transformer une crise intime en prière profane. Longtemps sous-estimée, réhabilitée par les rééditions et les lectures critiques, la chanson mérite aujourd’hui qu’on la regarde pour ce qu’elle est : non pas une parenthèse, mais l’une des plus belles déclarations d’amour jamais écrites par John Lennon.

Lost Weekend : Lennon, May Pang et Walls and Bridges, le disque qui tient debout dans la nuit

Lost Weekend John Lennon : plongée dans 1973-1975, May Pang, Hollywood Vampires et l’album Walls and Bridges. Pourquoi Lennon “tient” le chaos, comment naissent Whatever Gets You Thru the Night et #9 Dream. À lire.

On a baptisé ça le Lost Weekend comme on colle une étiquette vintage sur une période qui sent plutôt le matin sale et les néons fatigués. Derrière le surnom, il y a un Lennon séparé de Yoko, en cavale intérieure, entouré de camarades de nuit et d’excès qui se déguisent en fraternité. Los Angeles comme spirale, New York comme tentative de reprise en main : l’époque a des allures de chute libre, mais elle produit un paradoxe splendide. Au milieu du vacarme, Lennon enregistre Walls and Bridges, un album étonnamment “tenu”, riche, chaleureux, presque élégant dans son architecture. Pas un journal de cris façon primal scream, plutôt une musique faite avec les débris : des murs partout, et l’obsession de trouver des ponts. Deux singles comme deux hémisphères — Whatever Gets You Thru the Night, funk de survie avec Elton John, et #9 Dream, brume dorée où le rêve sert de refuge — racontent un homme éclaté qui refuse pourtant de se laisser disperser. Ici, on suit la légende sans folklore gratuit : le Lost Weekend comme crise, comme quête, comme laboratoire, et comme preuve que Lennon savait encore transformer le désordre en forme.

« Ah! böwakawa poussé, poussé » : le rêve en langue inconnue de #9 Dream

#9 Dream cache un refrain fantôme : « Ah! böwakawa poussé, poussé ». Rêve, charabia, censure radio, May Pang… on décortique l’énigme et la magie de Walls and Bridges. Plongez dans les coulisses et écoutez autrement.

Il y a des refrains qui s’accrochent comme une odeur sur un manteau : on croit les avoir oubliés, et ils reviennent au détour d’une écoute, plus vifs que la mélodie elle-même. Dans #9 Dream, perle brumeuse de Walls and Bridges, John Lennon glisse une formule qui sonne comme une langue venue d’ailleurs — « Ah! böwakawa poussé, poussé » — et, depuis 1974, le monde tente d’y coller un dictionnaire. Sauf qu’il n’y en a pas. Ici, on rembobine le décor du Lost Weekend, les nuits américaines, la discipline de studio new-yorkaise, la présence discrète de May Pang, et cette mécanique de rêve où la voix devient instrument. On raconte aussi le malentendu radiophonique, la pirouette du “poussé” et l’art lennonien de brouiller les pistes avec un sourire. Au bout du compte, la seule traduction possible n’est pas un mot : c’est une sensation. Entrez, le rideau est tiré. Pourquoi ces syllabes paraissent-elles “étrangères” ? Que dit ce charabia sur la pop, sur le désir de sens, sur la magie des sons qui ne signifient rien mais touchent juste ? De Revolution 9 aux langues inventées de Sun King, on suit le fil qui mène Lennon à son neuvième songe — et l’on comprend pourquoi cette énigme, loin d’être un gadget, est le cœur battant de la chanson.

Lennon se Rebat : Walls And Bridges, l’Album qui Frappe Fort !

À la fin de 1974, John Lennon sort Walls And Bridges, un album majeur après les échecs de Some Time In New York City et Mind Games. En pleine tourmente personnelle durant le « Lost Weekend », séparé d’Ono et lié à May Pang, Lennon impose une discipline rigoureuse en studio. Entouré de musiciens talentueux et avec la participation d’Elton John, il enregistre des titres oscillant entre détresse, humour et renouveau. L’album, marqué par des tubes comme « Whatever Gets You Thru The Night », reflète un Lennon à la fois vulnérable et résilient.

Le chiffre 9 de John Lennon : hasard, talisman ou message caché ?

Le numéro 9 colle à John Lennon comme un motif discret mais tenace. Né un 9 octobre 1940, passé par le 9 Newcastle Road, il voit ce chiffre réapparaître dans l’œuvre des Beatles et en solo : One After 909, Revolution 9, puis #9 Dream. Les fans, habitués aux chasses aux indices à la Paul is dead, traquent chaque récurrence. Lennon, lui, parle d’un talisman né de coïncidences et d’humour : la voix qui répète number nine viendrait d’une bande test EMI, découpée et bouclée pour son collage du White Album. Plus tard, la naissance de Sean le 9 octobre 1975 renforce le mythe. Au final, le 9 dit moins un code secret qu’une manière de donner du sens au hasard. Un chiffre se retient, saute aux yeux, et la répétition finit par fabriquer une légende qui hante encore l’imaginaire Lennon.

« Shaved Fish » a 50 ans : l’autoportrait post-Beatles de Lennon

Best-of conçu par Lennon : de « Give Peace a Chance » à « #9 Dream ». Montages de singles, pochette iconique. UK n°8, US n°12 : 50 ans d’un autoportrait post-Beatles.

Paru en octobre 1975, « Shaved Fish » assemble onze 45-tours (1969-1974) dans des edits fidèles aux singles, voulus par Lennon pour sauver des masters égarés. De « Give Peace a Chance » à « #9 Dream », le disque juxtapose slogans, confession et pop universelle, avec un final cousu entre « Happy Xmas » et un refrain live. Pochette-grille iconique (Roy Kohara/Michael Bryan), UK n°8, US n°12 : un instantané qui referme la période militante avant le retrait new-yorkais.

John Lennon : les 20 plus grandes chansons de sa carrière solo

Découvrez les 20 meilleurs titres solo de John Lennon, entre engagement, émotion brute et chefs-d'œuvre pop intemporels. Une plongée essentielle dans son héritage.

L’œuvre solo de John Lennon révèle un artiste à la fois viscéral, engagé et mélodique. De « Give Peace A Chance » à « Imagine », en passant par « Jealous Guy » ou « (Just Like) Starting Over », cette sélection de 20 titres explore ses influences, sa quête de vérité et son génie pop. Chaque chanson témoigne d’une recherche de sincérité, d’une production exigeante et d’une voix qui traverse les décennies.

Walls and Bridges : Lennon entre chaos, discipline et génie pop

Enregistré durant sa séparation d’avec Yoko Ono, Walls and Bridges marque un moment charnière dans la carrière de John Lennon. Ce disque, né du « Lost Weekend », allie rigueur en studio, songwriting inspiré et richesse sonore avec cuivres et claviers en dialogue. Porté par deux hits majeurs, dont un n°1 avec Elton John, l’album incarne une période d’instabilité transformée en force musicale.

Enregistré durant sa séparation d’avec Yoko Ono, Walls and Bridges marque un moment charnière dans la carrière de John Lennon. Ce disque, né du « Lost Weekend », allie rigueur en studio, songwriting inspiré et richesse sonore avec cuivres et claviers en dialogue. Porté par deux hits majeurs, dont un n°1 avec Elton John, l’album incarne une période d’instabilité transformée en force musicale.

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