Lennon la tenait pour l’un de ses meilleurs textes, mais jugeait que les Beatles n’en avaient jamais fait un bon disque. Écriture nocturne, mantra, séances de 1968, version du WWF, Phil Spector, Bowie, la NASA : l’histoire complète d’Across the Universe.
Un disque de jazz anglais de 1956, Fats Domino, la Vierge des églises de Liverpool, une photographie du National Geographic et les mères ouvrières : enquête sur les sources de Lady Madonna, en distinguant le prouvé du supposé.
Joy Hall, violoncelliste britannique, fut la première femme à jouer sur un disque des Beatles avec « Strawberry Fields Forever », sorti en février 1967. Trois mois plus tard, Sheila Bromberg devient la première femme entendue sur un album du groupe grâce à sa harpe dans « She’s Leaving Home » sur Sgt. Pepper’s. Ces deux contributions féminines, longtemps méconnues, ont enrichi la palette sonore des Beatles à une période de transformation musicale.
Lennon a traité une vingtaine de chansons des Beatles de déchets — mais il a aussi déclaré préférer l’album blanc à tous les autres. Inventaire complet, verdict par verdict, source par source.
Écrite vers 1957, enregistrée sans conviction le 5 mars 1963 puis abandonnée, ressortie en janvier 1969 et publiée dans la seule prise jouée sur le toit d’Apple : histoire complète de « One After 909 », avec les dates de séance, le personnel, les mixages et huit correctifs factuels — à commencer par sa place réelle sur « Let It Be ».
Le 18 avril 1975, John Lennon monte sur scène pour la dernière fois de sa vie. Six mois plus tard naît Sean, et le silence commence. Enquête sur l’année où le Beatle le plus bavard du monde a organisé sa propre disparition — et sur les quatre verrous qui se sont fermés en même temps.
Il y a une phrase de Paul McCartney qui résume mieux que toute analyse ce qui s’est joué en janvier 1969 : ils ne se rendaient pas compte, sur le moment, qu’ils étaient en train de se séparer. C’est là toute l’étrangeté de Let It Be — un disque conçu comme un retour aux sources, filmé de bout en bout, et devenu par accident le document le plus complet jamais réalisé sur la désagrégation d’un groupe de rock. Le projet s’appelait Get Back. L’idée tenait en une ligne : quatre musiciens, une pièce, pas d’artifices, pas de superpositions, un retour à la scène filmé pour la télévision.
Un titre venu d’un paquet de cigarettes, une console qui explique le son du disque, un hidden track né d’une erreur d’archivage, une séance finale sans une note jouée : 10 faits documentés sur Abbey Road.
Un soir, dans l’appartement du Dakota, John Lennon confie à George Martin qu’il aimerait réenregistrer l’intégralité du catalogue des Beatles. Le producteur, incrédule, avance le titre qu’il croit inattaquable : « Même Strawberry Fields ? » Réponse de Lennon : « Surtout Strawberry Fields. » L’anecdote circule depuis quarante ans comme une curiosité. Elle est en réalité la clé de voûte du rapport que Lennon entretenait avec sa propre œuvre — et, accessoirement, l’explication la plus économique de tout ce que les Beatles sont devenus depuis sa mort : les remixages, les démixages, Love, Now and Then. Enquête sur une phrase que personne n’a enregistrée, à propos du disque le plus laborieusement fabriqué de l’histoire du groupe.
Huit semaines. Une clairière de dix-huit acres au-dessus du Gange. Quatre-vingt-quatre huttes de pierre en forme d’igloo, une soixantaine d’élèves venus de Suède, du Danemark, d’Allemagne, des États-Unis, et un régime végétarien strict. Entre le 16 février et le 12 avril 1968 — quatre mois avant le premier des trois départs qui précéderont la séparation du groupe —, les quatre musiciens les plus célèbres de la planète disparaissent dans les contreforts de l’Himalaya pour apprendre à méditer.












