En mai 1968, à New York, Paul McCartney lâche une phrase qui ressemble à un manifeste : Apple sera ce « communisme occidental » où, pour une fois, les patrons ne courent pas après l’argent. Derrière le slogan, il y a un vertige : quelques mois après la mort de Brian Epstein, les Beatles se retrouvent seuls aux commandes et décident de transformer leur gloire en rampe de lancement pour les autres. Au 3 Savile Row, la pomme verte devient un passeport : Mary Hopkin passe de l’anonymat au triomphe mondial, Badfinger hérite d’un tube signé McCartney, George Harrison ouvre les portes à Billy Preston, Ravi Shankar ou au Radha Krishna Temple, tandis que Lennon pousse l’expérience jusqu’aux frontières de l’avant-garde avec Zapple. Mais l’utopie a son revers : dépenses folles, employés opportunistes, rêves trop grands pour une comptabilité. L’arrivée d’Allen Klein, la séparation du groupe, puis l’extinction progressive du label achèvent le tableau. Entre coups de génie, destins brisés et mythologie pop, Apple Records raconte la dernière grande aventure collective des Fab Four. Plongez dans cette histoire où une simple étiquette sur un vinyle suffit encore à faire briller les yeux.
En 1968, au faîte de leur gloire, les Beatles décident de bousculer l’industrie du disque en fondant leur propre label : Apple Records. Plus qu’une simple maison de disques, Apple se veut une aventure artistique collective, un laboratoire utopique où les créateurs auraient carte blanche. « C’est du communisme occidental […] pour la première fois, les patrons ne sont pas là pour faire de l’argent », proclame Paul McCartney en mai 1968 lors du lancement à New York. Avec Apple Records, les Beatles entendent partager leur succès et offrir à de jeunes talents l’opportunité de briller à leur tour. L’histoire d’Apple Records est à la fois celle d’un rêve généreux, d’innovations musicales audacieuses et d’une aventure humaine riche en succès flamboyants comme en déboires mémorables.
Sommaire
Aux origines d’un label pas comme les autres
Le projet Apple naît dans un contexte particulier : en août 1967, les Beatles perdent leur manager Brian Epstein, et avec lui le guide financier qui gérait leurs affaires. Désireux de prendre leur destin en main, les quatre musiciens imaginent une entreprise globale, Apple Corps, englobant musique, édition, cinéma, électronique et même une boutique. Au sein de ce conglomérat, Apple Records sera la division dédiée au disque – et la seule à s’avérer rentable au final. Dès le départ, l’ambition affichée est révolutionnaire pour l’époque : Apple doit être « un endroit magnifique où l’on peut acheter de belles choses… une sorte de communisme occidental », selon les mots de McCartney . John Lennon renchérit, expliquant qu’avec Apple, un artiste n’aurait plus à supplier une maison de disques pour enregistrer ses idées les plus folles. Libérés de la pression du profit immédiat, les Beatles veulent ainsi soutenir des projets créatifs et « partager [leurs] rêves » avec la nouvelle génération.
Cette philosophie idéaliste se concrétise dès 1968. Les bureaux d’Apple Records s’installent à Londres au 3 Savile Row, une adresse appelée à devenir légendaire (c’est sur le toit de cet immeuble que les Beatles donneront leur ultime concert en janvier 1969, offrant à Apple une page d’histoire du rock). L’équipe Apple, menée par le sémillant attaché de presse Derek Taylor et le nouveau directeur Ron Kass, se met en quête de talents. En publicité dans la presse musicale, on voit un homme-orchestre déguisé – Alistair Taylor, un proche des Beatles – proclamant : « This man has talent… » pour attirer les candidatures. Et des candidats, Apple va en attirer des centaines : inconnus farfelus, poètes beatniks, rockeurs en herbe, tous rêvent de convaincre les Beatles producteurs de miser sur eux.
Les premiers pas : quatre 45 tours pour une révolution
Le célèbre logo Apple orne le 45 tours de « Hey Jude » des Beatles, l’un des tout premiers disques Apple Records publiés en août 1968. Ce simple visuel – une pomme Granny Smith verte coupée en deux sur l’autre face – allait devenir l’empreinte iconique du label.
Le 26 août 1968, Apple Records entre concrètement en scène en publiant ses quatre premiers 45 tours simultanément . Ce lancement en fanfare, assemblé dans un coffret promotionnel intitulé Our First Four, montre d’emblée l’éclectisme cher au label. On y trouve bien sûr les Beatles eux-mêmes, avec le single Hey Jude/Revolution qui bat tous les records et se classe numéro un des ventes à travers le monde. Mais à côté du géant Beatles, Apple mise aussi sur une jeune chanteuse galloise de 18 ans, Mary Hopkin, dont la douce voix folk porte la ballade nostalgique Those Were the Days. Cette chanson, adaptée d’un air traditionnel russe des années 1920 et produite par McCartney, connaît un succès fulgurant : numéro un au Royaume-Uni pendant six semaines en 1968 et deuxième aux États-Unis (juste derrière Hey Jude des Beatles). En quelques semaines, la mélodie mélancolique de Mary Hopkin fait le tour du globe et prouve qu’Apple peut créer des stars hors du giron des Beatles.
Les deux autres disques du quatuor inaugural illustrent l’audace tous azimuts d’Apple. Le guitariste Jackie Lomax, ancien des groupes britanniques, propose Sour Milk Sea, un titre offert et produit par George Harrison lui-même. Enfin, le 4e 45 tours est une curiosité : Thingumybob, un instrumental jovial interprété par la fanfare du Black Dyke Mills Band et composé par McCartney pour une série télévisée, avec en face B une reprise cuivrée de Yellow Submarine . Le ton est donné : Apple Records n’hésite pas à sortir des sentiers battus, mêlant pop avant-gardiste et traditions musicales britanniques. Même le tout premier numéro de catalogue Apple (APPLE 1) est atypique : il s’agit d’un pressage ultra-limité d’un enregistrement de Frank Sinatra chantant spécialement The Lady Is a Champ pour l’anniversaire de Maureen, la femme de Ringo Starr . Ce disque privé, tiré à un seul exemplaire, relève de l’anecdote mais symbolise la liberté totale que s’accordent les Beatles avec leur label flambant neuf.
Les premiers pas d’Apple sont marqués par un enthousiasme bouillonnant. La presse salue l’initiative : fin 1968, Apple est même désignée « le label débutant le plus couronné de succès de l’année » tant l’impact commercial de Hey Jude et Those Were the Days est massif. Mais derrière l’euphorie pointent déjà les défis de cette utopie appliquée à la réalité du business…
Un catalogue éclectique et audacieux
Fidèle à l’esprit d’ouverture des Beatles, Apple Records va réunir en quelques années un catalogue éclectique sans équivalent à l’époque. Aux côtés des productions du quatuor de Liverpool, une constellation d’artistes très variés signe chez Apple, explorant des genres musicaux allant du folk à la soul, du rock au jazz, et de la musique indienne à l’avant-garde expérimentale.
Dès 1968, Apple déniche le jeune James Taylor, auteur-compositeur américain inconnu de 20 ans. Peter Asher, ancien du duo Peter & Gordon devenu responsable artistique du label, est émerveillé par la voix douce et la sensibilité de Taylor. Le premier album du chanteur, James Taylor, enregistré à Londres avec l’appui discret de Paul McCartney (qui prête sa basse sur Carolina In My Mind) et de George Harrison, sort sur Apple en décembre 1968. S’il passe relativement inaperçu à sa sortie, Taylor y compose Something in the Way She Moves, une chanson dont une ligne de texte inspirera directement George Harrison pour le fameux Something des Beatles . Apple vient ainsi de lancer la carrière d’un futur géant de la musique folk-rock, qui triomphera quelques années plus tard aux États-Unis – même si ce sera sous d’autres couleurs (James Taylor signera chez Warner et connaîtra la gloire en 1970).
Parallèlement, le label mise sur la jeune Mary Hopkin qui, après son single triomphal, enregistre chez Apple deux albums empreints de délicatesse (Post Card en 1969, produit par McCartney, puis Earth Song, Ocean Song en 1971). La chanteuse à la voix cristalline incarne l’un des plus grands succès d’Apple Records, enchaînant les tubes comme Goodbye (écrit par McCartney) et Knock, Knock Who’s There?. En studio, Mary Hopkin côtoie ses prestigieux mentors : Donovan lui écrit plusieurs chansons, qu’elle enregistre en leur présence. Émerveillée, elle racontera avoir chanté « assise comme une petite souris sur un tabouret, entourée de Donovan et Paul jouant de la guitare de chaque côté . Ces moments privilégiés reflètent l’ambiance presque familiale qui règne chez Apple, où jeunes talents et Beatles travaillent main dans la main.
Apple Records s’enrichit également d’artistes venus de la scène rock. L’un des plus notables est le groupe gallois Badfinger. Recommandés par Mal Evans, l’assistant fidèle des Beatles, les quatre musiciens (initialement appelés The Iveys) sont les premiers rockeurs signés sur Apple fin 1968 . Avec l’appui de Paul McCartney – qui leur offre un titre imparable, Come and Get It – Badfinger décroche en 1969 un hit international et gagne la réputation flatteuse de « nouveaux Beatles ». Bien sûr, le parallèle est lourd à porter, et aucun artiste ne pouvait vraiment éclipser ses illustres parrains, mais Badfinger s’impose comme le groupe phare du label après les Beatles eux-mêmes. Entre 1970 et 1972, le quatuor enchaîne les succès pop-rock (No Matter What, Day After Day, Baby Blue) et publie chez Apple une série d’albums salués, dont Straight Up produit en partie par George Harrison et considéré comme un petit classique du genre. Badfinger apporte à Apple une crédibilité rock durable, tout en laissant à la postérité une ballade d’anthologie : Without You, composée par deux de ses membres, que Harry Nilsson (puis Mariah Carey bien plus tard) transformeront en tube planétaire.
L’originalité du catalogue Apple tient aussi à l’impulsion de George Harrison, dont les goûts musicaux éclectiques imprègnent le label. Grand amateur de soul, Harrison convainc le prodigieux claviériste américain Billy Preston – rencontré pendant les sessions de Let It Be – de rejoindre Apple. L’album That’s The Way God Planned It (1969), produit par George, dévoile le mélange détonant de funk, de gospel et de rock de Preston . Le charismatique organiste, parfois surnommé “le cinquième Beatle” depuis qu’il a joué sur Get Back, apporte une touche soul authentique à Apple Records. Harrison, fasciné par les musiques du monde, ouvre aussi le label à l’Orient : il parraine la publication de chants spirituels indiens enregistrés par le Radha Krishna Temple de Londres – le single Hare Krishna Mantra connaît même un joli succès dans les charts britanniques en 1969 – et il produit des albums du maître du sitar Ravi Shankar (dont la performance live du Concert for Bangladesh en 1971).
John Lennon de son côté profite d’Apple pour promouvoir l’avant-garde et les causes pacifistes qui lui tiennent à cœur. Avec Yoko Ono, il publie via Apple des disques expérimentaux déroutants (les albums Unfinished Music, collages sonores qui dérangent EMI au point qu’un sous-label spécifique, Zapple Records, est créé pour les accueillir. Apple accueille également en 1970 l’album Electronic Sound de George Harrison, expérimentation électronique abstraite parue elle aussi sur le sous-label Zapple. Si ces œuvres avant-gardistes restent confidentielles, elles illustrent la liberté de ton absolue qu’Apple accorde à ses artistes, même les plus déconcertants. Plus accessible, Lennon offre au label des hymnes engagés : enregistré dans une chambre d’hôtel, le single Give Peace a Chance (Plastic Ono Band) sort sur Apple en 1969 et devient l’hymne du mouvement pacifiste mondial. L’année suivante, John chante Power to the People sous l’étiquette Apple, confirmant que le label sert de mégaphone aux idéaux de la fin des sixties.
Le roster Apple ne s’arrête pas là et brasse large : la chanteuse soul Doris Troy, connue pour son hit Just One Look, vient enregistrer un album éponyme en 1970 épaulée par Eric Clapton et les Beatles; la plasticienne avant-gardiste Yoko Ono publie plusieurs disques de rock d’avant-garde criant et féministe; le Modern Jazz Quartet, formation prestigieuse de jazz américain, surprend en sortant deux albums chez Apple (Under the Jasmin Tree et Space, 1968-69) à l’initiative de Lennon; la légende du blues-rock Delaney & Bonnie voit son album Accept No Substitute distribué en Europe sous le logo Apple; même un vénérable ensemble de musique classique britannique y figure avec le jeune compositeur John Tavener, dont Apple édite en 1970 l’œuvre contemporaine The Whale. Et que dire de la signature insolite du Modern Jazz Quartet ou du Black Dyke Band déjà évoqué ? Apple Records se moque bien des chapelles : toutes les musiques sont les bienvenues, pourvu qu’il y ait un lien de cœur avec les Beatles ou une étincelle de talent à promouvoir. Cette diversité, célébrée par Apple comme une richesse, fait du label un véritable microcosme de la culture musicale de son époque – un refuge pour les projets audacieux refusés ailleurs.
Les Beatles mentors et producteurs
Si Apple Records attire tant de talents, c’est que les Beatles ne se contentent pas d’en être les fondateurs symboliques – ils s’impliquent activement dans la production et l’accompagnement de leurs protégés. Paul McCartney est sans doute le plus engagé dans ce rôle de mentor. En véritable directeur artistique, c’est lui qui découvre Mary Hopkin en voyant sa prestation à la télévision, puis la prend sous son aile : il choisit pour elle les chansons de son premier album, lui écrit Goodbye, et l’accompagne en studio, jouant de divers instruments et supervisant les arrangements. De même, c’est Paul qui repère Badfinger et comprend le potentiel de leurs harmonies pop. Non seulement il leur cède Come and Get It (qu’il enregistre lui-même en démo pour leur indiquer exactement comment la chanter !), mais il veille aussi à la promotion du groupe, allant jusqu’à réaliser leur clip vidéo. McCartney se plaît chez Apple à endosser le rôle du producteur-exécutif visionnaire, mettant son flair au service de nouvelles voix.
George Harrison, de son côté, se découvre chez Apple une vocation de producteur bienveillant. Il passe de longues heures en studio pour peaufiner l’album de Jackie Lomax Is This What You Want? (1969), jouant de la guitare, invitant ses amis (Paul, Ringo, Eric Clapton) à participer, et offrant au chanteur son titre Sour Milk Sea. Malgré l’échec commercial de l’album, Lomax garde un souvenir enchanté de cette période : « George était un ange gardien pour moi, il me consacrait du temps, m’invitait chez lui… Avoir mon nom associé à celui des Beatles – quel meilleur départ pour un artiste en herbe ! » confiera-t-il plus tard. Harrison récidive en devenant le mentor de Billy Preston : il produit son album avec passion, l’invite à se produire au Concert for Bangladesh, et contribue ainsi à lancer la carrière solo de ce musicien hors pair. George prête également main forte à Doris Troy (co-écrivant des chansons de son album) et à son ami Ringo Starr pour lequel il compose en 1971 le tube It Don’t Come Easy sorti sur Apple. Sous l’égide de Harrison, Apple Records prend des airs de famille élargie, où les Beatles offrent en retour un peu de la magie qu’ils ont en eux.
Même John Lennon – pourtant moins porté sur la casquette de producteur – s’investit pour certains artistes Apple. Fasciné par le chanteur de rue provocateur David Peel, qui écume les parcs new-yorkais en chantant The Pope Smokes Dope, John décide en 1971 de produire son album homonyme et de le faire paraître sur Apple. Il apporte ainsi au label une dose de contestation radicale (le disque sera interdit d’antenne dans plusieurs pays tant son titre heurte les conventions). Lennon, avec Yoko Ono, parraine aussi le groupe underground new-yorkais Elephant’s Memory, qu’il utilise comme backing band pour son propre album Some Time in New York City et qui publie un album rock sur Apple en 1972. Quant à Ringo Starr, plus effacé côté production, il joue malgré tout un rôle inattendu dans l’enrichissement du catalogue : c’est lui qui, au détour d’un voyage en Amérique, déniche un obscur 45 tours cajun d’un groupe de Louisiane, The Sundown Playboys, et le ramène dans ses valises. Séduit par le morceau folklorique Saturday Nite Special chanté en français cadien, Ringo convainc Apple de le distribuer en 1972 – il deviendra ainsi l’un des derniers singles originaux du label, preuve que jusqu’au bout l’éclectisme aura régné.
Succès fulgurants et destins brisés
Au-delà des chiffres de ventes, l’épopée Apple Records est d’abord une somme de destins humains tissés autour du rêve Beatles. Pour certains, Apple fut le tremplin vers la célébrité internationale; pour d’autres, une parenthèse enchantée suivie de lendemains plus difficiles. L’histoire du label est jalonnée de succès fulgurants mais aussi de drames et de désillusions, qui en font toute la dimension romanesque.
Le conte de fées Mary Hopkin est sans doute l’une des plus belles réussites d’Apple. En l’espace de quelques mois, la jeune institutrice galloise inconnue est propulsée star planétaire, chantant à l’Olympia de Paris et sur les plateaux de télévision du monde entier. Pourtant, après quelques années de lumière, Mary Hopkin choisit de se retirer presque complètement de la scène. Épuisée par le vedettariat, mariée au producteur Tony Visconti, elle met sa carrière entre parenthèses pour se consacrer à sa famille au début des années 1970. Apple lui aura offert un rêve éveillé – elle reste à jamais associée à Those Were the Days, chanson emblématique de toute une époque – mais ce rêve aura été intense au point de la consumer. Son cas illustre la bienveillance d’Apple (qui ne cherchera pas à la retenir à tout prix dans son giron) et la manière dont la liberté artistique prônée par le label permet aussi à ses artistes de choisir leur chemin de vie.
À l’opposé, le parcours de Badfinger montre le versant sombre de l’aventure. Bénéficiant d’un soutien sans faille des Beatles et d’un succès réel au début des années 1970, le groupe voit son destin basculer lorsque Apple Records commence à battre de l’aile. En 1973, Badfinger publie Ass, son quatrième album Apple – ce sera aussi le dernier album non-Beatles jamais sorti sur le label, marquant la fin d’une ère. Peu après, le groupe quitte Apple pour Warner Bros, mais des problèmes de gestion financière et un manager peu scrupuleux plongent les musiciens dans le désarroi. Les royalties tardent à venir, les albums sont bloqués pour litiges… En 1975, le chanteur et compositeur Pete Ham, accablé par les dettes et la désillusion, met tragiquement fin à ses jours. Son complice Tom Evans le suivra dans le même geste en 1983, hanté par les fantômes du succès passé . Le destin de Badfinger, « enfants chéris » d’Apple devenus victimes d’un système qui les a dépassés, apporte une note tragique à l’histoire du label. Il rappelle que, malgré la magie apparente, l’industrie musicale reste cruelle – et que même l’aura des Beatles ne suffit pas toujours à protéger les artistes des réalités mercantiles.
D’autres trajectoires racontent chacune une facette de l’héritage Apple. James Taylor, après son passage éclair chez Apple, surmontera des problèmes personnels (drogue, dépression) pour devenir dans les années 1970 l’un des auteurs-compositeurs les plus célébrés au monde, remportant plusieurs Grammy Awards – preuve que les intuitions artistiques d’Apple étaient souvent justes. Doris Troy, grâce à Apple, aura vécu une session inoubliable entourée de rockstars britanniques, avant de retourner à une relative obscurité mais en continuant à chanter avec ferveur dans les églises jusqu’à sa mort. Jackie Lomax, malgré l’échec commercial de ses disques, gardera toute sa vie gratitude et amitié avec les Beatles, poursuivant une carrière discrète. Et que dire de Billy Preston : intégré un temps à la famille Apple, il connaîtra son heure de gloire en solo en 1973 avec l’instrumental funk Outa-Space (sous un autre label), tout en restant dans l’orbite des ex-Beatles (on le revoit aux côtés de George lors de la tournée 1974 et à nouveau au concert hommage Concert for George en 2002). La galaxie Apple s’est ainsi dispersée, mais les liens noués pendant ces années-là ont souvent résisté à l’épreuve du temps – signe qu’au-delà des contrats, il y avait une véritable aventure humaine partagée.
L’envers du rêve : chaos et fin de partie
Si l’histoire d’Apple Records fascine, c’est aussi parce qu’elle raconte comment un rêve utopique a dû affronter la réalité prosaïque des affaires. Car derrière la créativité tous azimuts d’Apple, la gestion quotidienne du label et d’Apple Corps s’avère rapidement chaotique. Les Beatles, génies musicaux mais hommes d’affaires novices, ont du mal à imposer une discipline à leur « entreprise en commun ». Profitant de leur laxisme, certains employés d’Apple mènent la dolce vita aux frais de la princesse : notes de frais faramineuses, fêtes improvisées, cadeaux dispendieux à des inconnus dont on ne reverra jamais la couleur… « On avait chaque cinglé de la Terre qui débarquait pour réclamer de l’argent » se souviendra George Harrison, un brin amer. La générosité sans filtre des Beatles fait des heureux – mais creuse aussi un gouffre financier. En quelques mois, Apple Corps engloutit des sommes colossales dans des projets parfois farfelus (comme la célèbre Apple Boutique, magasin de vêtements psychédéliques qui fermera après avoir donné tout son stock aux clients lors de sa clôture en 1968).
Dès 1969, il devient clair que, pour éviter la faillite, Apple doit être rationalisée. Trois des Beatles (John, George et Ringo) font alors appel à un redoutable homme d’affaires américain, Allen Klein, connu pour avoir géré les Rolling Stones. Klein est engagé en tant que directeur d’Apple Corps et manager des Beatles, avec pour mission de redresser la barre. Il ne tarde pas à imposer des mesures draconiennes : licenciements massifs dans les bureaux de Savile Row, fin des dépenses somptuaires et des largesses inconsidérées. Klein met également un frein aux signatures tous azimuts sur le label, n’autorisant plus que les projets susceptibles d’être rentables. Sous sa houlette, la division Zapple est rapidement fermée après seulement deux disques publiés , et plusieurs albums en préparation sont annulés (par exemple, Apple renonce à sortir le disque d’un trio américain, Mortimer, que McCartney avait pourtant produit). Cette reprise en main financière sauve Apple Records à court terme, mais elle coïncide avec la fin de l’âge d’or : l’atmosphère libertaire s’estompe et le rêve Apple perd de sa candeur.
Par ailleurs, les Beatles eux-mêmes, minés par des tensions internes, se séparent officiellement en 1970. Apple Records, qui était en quelque sorte le prolongement de leur aventure collective, en subit le contrecoup. Dans les années qui suivent, le label sert principalement à sortir les albums solo de John, Paul, George et Ringo, chacun poursuivant sa route de son côté. Ainsi, de 1970 à 1975, Apple publie tour à tour des œuvres marquantes mais individuelles : All Things Must Pass de George Harrison (1970), Imagine de John Lennon (1971), McCartney et Ram de Paul McCartney (1970-71), ou encore It Don’t Come Easy de Ringo (en single). Ces disques portent le logo Apple, mais l’esprit communautaire n’y est plus – chaque ex-Beatle gère sa carrière de manière autonome. Apple Records devient peu à peu une simple étiquette apposée par EMI sur les disques des ex-Beatles pour honorer le contrat en cours.
En 1973, Apple cesse quasiment toute activité de développement artistique : plus aucun nouveau talent n’est signé, hormis le duo américain Lon & Derrek Van Eaton (découvert par George) dont l’album Brother sort trop tard pour relancer la machine. Le chant du cygne d’Apple en tant que label créatif est le single cajun des Sundown Playboys en 1972 et l’album Ass de Badfinger en 1974 . Après cela, Apple Records se met en sommeil. En 1975, le contrat liant les Beatles à EMI expire, et avec lui s’éteint la flamme Apple : le label est officiellement dissous en tant qu’entité active en 1976 . L’utopie rêvée en 1968 s’achève, minée par les dissensions et le pragmatisme économique.
Il restera pourtant une empreinte indélébile de cette période faste : Apple Corps, la société-mère, subsiste pour gérer les intérêts communs des Beatles. Au fil des années, Apple Corps se fera surtout connaître du grand public pour une bataille judiciaire homérique contre la société informatique Apple Inc. à propos de l’usage du nom « Apple » – un litige qui ne trouvera son épilogue qu’en 2007. Ce clin d’œil de l’Histoire (la pomme musicale contre la pomme informatique) montre que l’héritage d’Apple Records dépassera largement le cadre de la musique.
Une influence durable dans l’histoire de la musique
Si brève qu’ait été son existence active (une petite décennie tout au plus), Apple Records a laissé une empreinte durable dans la culture musicale. D’abord par les œuvres nées sous son égide : de Hey Jude à Imagine, en passant par Those Were the Days ou No Matter What, le label a été le vecteur de chansons inoubliables qui font désormais partie du patrimoine collectif. Le fait que tant de disques Apple soient devenus cultes témoigne de l’intuition artistique des Beatles. Apple a permis la création et la diffusion de titres aussi variés que Without You (composé dans les studios Apple par Pete Ham, avant de devenir le standard que l’on sait) ou Hare Krishna Mantra (qui a introduit la musique dévotionnelle indienne dans la pop occidentale). En peu de temps, la marque Apple a été associée à une qualité musicale et à une audace qui ont marqué les esprits.
Ensuite, l’influence d’Apple Records se mesure à l’aune de ce qu’il a inspiré. Voir des artistes prendre ainsi le contrôle de la production et de la promotion de la musique a été une idée seminale. Dans le sillage d’Apple, de nombreux musiciens majeurs ont fondé leurs propres labels dans les années 1970 pour retrouver une liberté créative : on peut penser à Led Zeppelin avec Swan Song, aux Rolling Stones avec Rolling Stones Records, ou plus tard à Prince avec Paisley Park. Bien sûr, Apple n’a pas inventé l’artiste-entrepreneur, mais les Beatles ont donné à cette figure une visibilité inédite et une aura romantique. L’exemple d’Apple a montré qu’un label pouvait être dirigé par des artistes pour des artistes, et non par des comptables en costard. Cette idée d’indépendance, on la retrouvera amplifiée à l’ère punk et post-punk (avec les labels autoproduits, la culture D.I.Y.) – autant de mouvements qui doivent quelque chose, de près ou de loin, à la philosophie d’Apple.
Enfin, Apple Records demeure cher au cœur des mélomanes parce qu’il est indissociable de la mythologie Beatles. C’est le dernier grand projet commun des « Fab Four », le prolongement de leur utopie collective après le Summer of Love. À travers Apple, les Beatles ont incarné jusqu’au bout l’esprit de leur époque, mélange de contestation anti-establishment et de rêve communautaire. Aujourd’hui encore, le simple logo de la pomme verte sur un vinyle fait briller les yeux des collectionneurs, comme le symbole d’une époque où tout semblait possible. Apple Corps a d’ailleurs ressuscité le label ponctuellement à partir des années 1990 pour rééditer les trésors de son catalogue sur CD, puis sur les plateformes numériques, entretenant la flamme. Des compilations comme Come and Get It: The Best of Apple Records (2010) ont remis en lumière cette riche discographie, permettant à de nouvelles générations de découvrir Mary Hopkin, Badfinger ou Billy Preston bien après la fin du label.
En définitive, l’aventure d’Apple Records dépasse largement le cadre d’une entreprise commerciale. C’est une odyssée artistique et humaine unique en son genre : celle d’un groupe légendaire mettant sa notoriété au service d’une vision généreuse de la musique, quitte à bousculer les règles établies. Certes, le rêve n’a pas entièrement résisté aux dures lois de la réalité, mais il a donné naissance à des carrières, à des chansons et à des légendes qui, elles, perdurent. Plus de cinquante ans après sa création, Apple Records reste synonyme d’innovation, de liberté créative et d’audace dans l’industrie musicale Son histoire passionnante, faite de succès et d’échecs, de coups de génie et de coups d’essai, continue d’inspirer artistes et entrepreneurs. Comme une douce mélodie d’autrefois, le nom d’Apple Records résonne encore, rappelant à chacun qu’avec du talent, de la passion et une pincée d’utopie, on peut changer la donne – ne serait-ce que le temps d’une chanson.
Les artistes signés chez Apple Records
- Badfinger (initialement connu sous le nom de The Iveys) – Signé chez Apple après que Mal Evans, le manager des Beatles, lui ait apporté plusieurs démos, après avoir obtenu l’approbation de Paul McCartney, George Harrison et John Lennon. Ils ont enregistré plusieurs tubes classés dans le top 10 au Royaume-Uni et aux États-Unis, dont le titre « Come and Get It » de McCartney, et cinq albums pour Apple.
- Black Dyke Mills Band (sous le nom de John Foster & Sons Ltd. Black Dyke Mills Band) – Un groupe de cuivres du nord de l’Angleterre que Paul McCartney a employé pour le single unique « Thingummybob »/« Yellow Submarine ». Il a été enregistré par McCartney près de Bradford, où le groupe était basé.
- Brute Force (nom de scène de Stephen Friedland) – Harrison a tenté de faire sortir sa chanson « King of Fuh » en single Apple. EMI a refusé de la distribuer, en raison de son double sens intentionnellement vulgaire (« Fuh king »), mais Apple a fabriqué en interne un petit nombre d’exemplaires qui ont été mis à la disposition du public. La chanson elle-même figure sur la compilation Come and Get It: The Best of Apple Records de 2010.
- Elastic Oz Band – Un single unique, « God Save Us », a été écrit et produit par Lennon et Yoko Ono afin de récolter des fonds pour une bataille juridique impliquant le magazine Oz. La face A du single a été chantée par Bill Elliot, qui a ensuite rejoint le label Dark Horse Records de Harrison, signant Splinter.
- Elephant’s Memory – Recruté comme groupe de soutien pour Lennon et Ono, il a également sorti des morceaux séparément, notamment des contributions à la bande originale du film Midnight Cowboy de 1969 (non commercialisé par Apple).
- Chris Hodge – Découvert par Ringo Starr ; ils partageaient un intérêt commun pour les OVNI. Hodge n’a sorti que deux singles sur Apple, le deuxième n’étant pas commercialisé au Royaume-Uni.
- Mary Hopkin – Découverte après une apparition dans une émission de télé-crochet britannique et suggérée par le mannequin Twiggy. Ses premiers enregistrements ont été produits par McCartney, notamment la chanson originale « Goodbye » de Lennon et McCartney et son tube « Those Were the Days ». Elle a également sorti une chanson pour le Concours Eurovision de la Chanson sur Apple (« Knock, Knock Who’s There ? ») et deux albums studio.
- Hot Chocolate (sous le nom de Hot Chocolate Band) – A sorti un single, une version reggae de « Give Peace A Chance », qu’ils ont enregistrée et fait écouter à Lennon, qui l’a appréciée. Leurs sorties post-Apple sous le nom de Hot Chocolate ont connu un plus grand succès commercial.
- Jackie Lomax – Chanteur liverpuldien connu des Beatles grâce à ses relations avec Brian Epstein ; il a enregistré l’album « Is This What You Want ? », produit par Harrison, sorti en 1969, qui comprend également des contributions musicales de Starr et McCartney. Le premier single de Lomax, « Sour Milk Sea », met en vedette ces trois Beatles et a été écrit par Harrison.
- Modern Jazz Quartet – Associé à Ono, il était célèbre avant son implication chez Apple. Ils ont sorti deux albums pour le label, Under the Jasmin Tree et Space.
- Yoko Ono – A enregistré de nombreux morceaux avec Lennon et a sorti elle-même plusieurs singles et albums ; Lennon dirigeait généralement le groupe et y jouait également.
- David Peel and the Lower East Side – Un chanteur folk engagé recruté par Lennon pour le label.
- Billy Preston – Engagé pour travailler avec les Beatles en janvier 1969 sur leurs sessions « Get Back »/« Let It Be », il a signé en tant qu’artiste solo. Harrison a produit ses enregistrements, dont le tube de 1969 « That’s The Way God Planned It ». L’enregistrement de « My Sweet Lord » de Harrison par Preston est sorti sur Apple avant sa version. Preston a sorti deux albums chez Apple : « That’s the Way God Planned It » en 1969 avec George Harrison, Eric Clapton et Keith Richards, et son successeur, « Encouraging Words », en 1970 avec George Harrison, Eric Clapton, Ringo Starr et Delaney Bramlett.
- Radha Krishna Temple (Londres), branche britannique du mouvement Hare Krishna. Harrison a intégré les fidèles du Temple au label en 1969 et a produit deux singles à succès en 1969-1970, dont « Hare Krishna Mantra », ainsi que leur album studio éponyme, sorti en 1971.
- Ravi Shankar – Musicien classique indien. Harrison a intégré Shankar au label en 1971 et a produit ses albums Apple, dont la bande originale de Raga et « In Concert 1972 », un double album live avec Ali Akbar Khan.
- Ronnie Spector – Mariée à Phil Spector, qui a travaillé séparément avec les Beatles et en solo à partir de 1970. Harrison a écrit, coproduit et joué sur son seul single chez Apple, « Try Some, Buy Some », enregistré avec son mari, pour relancer sa carrière discographique.
- The Sundown Playboys – Un groupe cajun francophone de Louisiane. Un single préexistant a été apporté au label par Starr.
- John Tavener – Compositeur classique. Son frère, entrepreneur, a travaillé sur la maison de Starr, et le batteur s’est intéressé à Tavener.
- James Taylor – Enregistré avec McCartney, qui apparaît sur l’album Apple qui a lancé sa carrière.
- Trash (initialement White Trash) – Apporté à Apple par Tony Meehan, ancien membre des Shadows. Leur deuxième single, une reprise de « Golden Slumbers », a été classé chez Apple au Royaume-Uni.
- Doris Troy – Une artiste soul américaine depuis le début des années 1960, qui a travaillé avec Harrison et PReston, tandis que ce dernier était signé chez Apple. Troy a enregistré un album Apple et a sorti deux singles dérivés en 1970, dont le premier, « Ain’t That Cute », a été co-écrit avec Harrison. Starr a également collaboré à l’album et est crédité comme co-auteur avec Harrison et Troy sur certains morceaux.
Lon et Derrek Van Eaton – Signés sur le label en septembre 1971 par Harrison, qui a produit leur premier single, « Sweet Music ». Starr a également contribué à l’enregistrement et à d’autres morceaux de l’album Apple Brother des Van Eaton, sorti en 1972.
- McGough et McGear (ce dernier étant le frère de McCartney), dont l’album éponyme devait sortir sur Apple Records ; il est finalement sorti sur Parlophone, où tous deux étaient membres de The Scaffold. Grapefruit, dont le single « Dear Delilah » est sorti sur RCA Records avec les droits d’édition d’Apple.
- Focal Point, un groupe de Liverpool qui devait être managé par Brian Epstein avant sa mort, signé chez Apple après avoir courtisé McCartney à Hyde Park. John Lennon les a signés chez Apple ; ils ont été le premier groupe à signer. Leur single « Sycamore Sid » est sorti sur Deram Records avec les droits d’édition d’Apple sur le label.
- Fire (un groupe avec Dave Lambert, futur membre des Strawbs, à la guitare) un sorti deux singles en 1968 : « Father’s Name Was Dad », produit par Tony Clarke, et « Round the Gum Tree », sur Decca avec les droits d’édition d’Apple.
- L’album « Accept No Substitute » de Delaney et Bonnie devait initialement sortir sur Apple Records en 1969 ; il a été commercialisé pour la première fois sur Elektra Records la même année. En Angleterre, des copies du LP ont été pressées avant qu’Apple ne réalise que le groupe était déjà sous contrat avec Elektra. Aucune pochette d’album n’a jamais été imprimée ; Le disque est désormais un objet de collection Apple de grande valeur.
- Mortimer était un trio folk, connu pour son enregistrement de « Two of Us » des Beatles. Sa sortie en single Apple était prévue en 1969 (avant la sortie de la version des Beatles) sous le titre « On Our Way Home », mais la sortie fut annulée.
- Raven se vit proposer un contrat d’enregistrement avec Apple après qu’Harrison eut reçu une cassette de Marty Angelo, leur manager. Harrison ne put être leur producteur, mais envoya Peter Asher, directeur artistique d’Apple, à New York pour discuter de la possibilité pour Asher de le remplacer. Ceci est relaté dans le livre « The Longest Cocktail Party » et dans l’autobiographie d’Angelo, « Once Life Matters : A New Beginning ». Le groupe déclina l’offre d’Asher et signa chez Columbia Records en 1969.
- Slow Dog (plus tard connu sous le nom de Wheels) était un groupe de rock basé à Cambridge, dirigé par le chanteur et guitariste écossais Dave Kelly. Début 1969, ils remportent le concours national de talents sponsorisé par Apple Records, organisé par Asher avant son départ pour les États-Unis. Le gagnant se voit proposer un contrat d’enregistrement avec Apple Records, mais suite au départ d’Asher, le groupe n’enregistre que des démos. Cependant, sur recommandation de Mal Evans, Warner Bros. Records à Londres a signé un contrat d’enregistrement avec Slow Dog, changeant effectivement leur nom en Wheels.
La discographie Apple
Les singles
| Numéro catalogue | Artiste | Titre | Date de publication | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| GB | US | Australie | NZ | GB | US | Aus. | NZ | ||
| R 5722 [48] | 2276 | A-8493 [37] | [39] | The Beatles | « Hey Jude » / « Revolution » | 30.08.68 | 26.08.68 | 19.09.68 | – |
| APPLE 1 | – | – | – | Frank Sinatra | « The Lady Is a Champ – But Beautiful » | – | – | – | – |
| APPLE 2 [49] | 1801 | APPLE-8526 | APPLE 2 | Mary Hopkin | « Those Were the Days » / « Turn! Turn! Turn! » | 30.08.68 | 26.08.68 | .68 | .68 |
| APPLE 3 | 1802 | APPLE-8537 [37] | – | Jackie Lomax | « Sour Milk Sea » / « The Eagle Laughs at You » | 30.08.68 | 26.08.68 | .68 | – |
| APPLE 4 | 1800 | – | – | John Foster & Sons Ltd. / Black Dyke Mills Band | « Thingumybob » / « Yellow Submarine » | 30.08.68 | 26.08.68 | – | – |
| APPLE 5 | 1803 | APPLE-8631 | APPLE 5 | The Iveys | « Maybe Tomorrow » / « And Her Daddy’s a Millionaire » | 15.11.68 | 27.01.69 | .69 | .69 |
| – | – | – | – | The Beatles | « Back in the USSR » / « Don’t Pass Me By » | – | – | – | – |
| APPLE 6 | 1804 | APPLE-8739 | APPLE 6 | Trash [2] | « Road to Nowhere » / « Illusions » | 24.01.69 | 03.03.69 | 05.69 | .69 |
| – | – | A-8693 | NZP.3318 | The Beatles | « Ob-La-Di, Ob-La-Da » / « While My Guitar Gently Weeps » | – | – | 20.02.69 | .69 |
| – | – | – | – | The Beatles | « Ob-La-Di, Ob-La-Da » / « I Will » | – | – | – | – |
| APPLE 7 | – | – | – | Mary Hopkin | « Lontano Dagli Occhi » / « The Game » | 07.03.69 | – | – | – |
| APPLE 8 | – | – | – | Brute Force | « King of Fuh » / « Nobody Knows » | 16.05.69 | – | – | – |
| APPLE 9 | – | – | – | Mary Hopkin | « Prince En Avignon » / « The Game » | 07.03.69 | – | – | – |
| – | 1805 | – | – | James Taylor | « Carolina in My Mind » / « Taking It In » | – | 17.03.69 | – | – |
| – | – | – | – | James Taylor | « Knocking ‘Round the Zoo » / « Something’s Wrong » | – | – | – | – |
| APPLE 10 | 1806 | APPLE-8726 | APPLE 10 | Mary Hopkin | « Goodbye » / « Sparrow » | 28.03.69 | 07.04.69 | .69 | .69 |
| R 5777 | 2490 | A-8763 | NZP.3325 | The Beatles with Billy Preston | « Get Back » / « Don’t Let Me Down » | 11.04.69 | 05.05.69 | 08.05.69 | .69 |
| APPLE 11 | – | APPLE-8788 | APPLE.11 | Jackie Lomax | « New Day » / « Fall Inside Your Eyes » | 09.05.69 | – | .69 | .69 |
| R 5786 | 2531 | A-8793 | NZP.3329 | The Beatles | « The Ballad of John and Yoko » / « Old Brown Shoe » | 30.05.69 | 04.06.69 | 19.06.69 | .69 |
| – | 1807 | – | – | Jackie Lomax | « New Day » / « Thumbin’ a Ride » | – | 02.06.69 | – | – |
| APPLE 12 | 1808 | APPLE-8841 | APPLE.12 | Billy Preston | « That’s the Way God Planned It » / « What About You » | 27.06.69 | 14.07.69 | .69 | .69 |
| APPLE 13 / R 5795 | 1809 | A-8833 | NZP.3333 | Plastic Ono Band | « Give Peace a Chance » / « Remember Love » | 04.07.69 | 07.07.69 | .69 | .69 |
| APPLE 14 | – | – | – | The Iveys | « Dear Angie » / « No Escaping Your Love » | – | – | – | – |
| CT 1 | – | – | – | Various Artists | « Wall’s Ice Cream EP » | 18.07.69 | – | – | – |
| APPLE 15 | 1810 | APPLE-8895 | APPLE.15 | Radha Krishna Temple (London) | « Hare Krishna Mantra » / « Prayer to the Spiritual Masters » | 29.08.69 | 21.08.69 | .69 | .69 |
| APPLE 16 | – | – | – | Mary Hopkin | « Que Sera, Sera » / « Fields of St. Etienne » | 19.09.69 | 15.06.70 | – | – |
| APPLE 17 | 1811 | APPLE-8960 | APPLE.17 | Trash | « Golden Slumbers-Carry That Weight » / « Trash Can » | 26.09.69 | 15.10.69 | .11.69 | – |
| APPLE 18 | 1812 | APPLE-8953 | – | Hot Chocolate Band | « Give Peace a Chance » / « Living Without Tomorrow » | 10.10.69 | 27.10.69 | .69 | – |
| APPLE 19 | 1814 | APPLE-8975 | – | Billy Preston | « Everything’s Alright » / « I Want to Thank You » | 17.10.69 | 10.11.69 | .69 | – |
| APPLES 1001 | 1813 | APPLE-8967 | APPLES.1001 | Plastic Ono Band | « Cold Turkey » / « Don’t Worry Kyoko » | 24.10.69 | 20.10.69 | .69 | .69 |
| R 5814 | 2654 | A-8943 | NZP.3245 | The Beatles | « Something » / « Come Together » | 31.10.69 | 06.10.69 | 16.10.69 | .69 |
| APPLE 20 | 1815 | APPLE-9016 | APPLE.20 | Badfinger | « Come and Get It » / « Rock of All Ages » | 05.12.69 | 02.02.70 | .69 | – |
| APPLES 1002 | – | – | – | Plastic Ono Band | « You Know My Name (Look Up The Number) » / « What’s the New Mary Jane » | – | – | – | – |
| – | – | – | – | The Beatles | « You’re Going to Lose That Girl » / « Tell Me What You See » | – | – | – | – |
| APPLE 21 | 1817 | APPLE-9065 | APPLE.21 | Billy Preston | « All That I’ve Got » / « As I Get Older » | 30.01.70 | 16.02.70 | .70 | .70 |
| APPLE 22 | 1816 | APPLE-9053 | APPLE.22 | Mary Hopkin | « Temma Harbour » / « Lontano Dagli Occhi » | 16.01.70 | 09.02.70 | .70 | .70 |
| APPLE 23 | – | APPLE-9043 | APPLE.23 | Jackie Lomax | « How the Web Was Woven » / « Thumbin’ a Ride » | 06.02.70 | – | .70 | .70 |
| APPLE 24 | 1820 | APPLE-9066 | APPLE.24 | Doris Troy | « Ain’t That Cute » / « Vaya Con Dios » | 13.02.70 | 16.03.70 | .70 | .70 |
| APPLES 1003 | 1818 | APPLE-9084 | APPLES.1003 | Lennon/Ono/Plastic Ono Band | « Instant Karma! » / « Who Has Seen the Wind? » | 06.02.70 | 20.02.70 | .03.70 | .70 |
| R 5833 | 2764 | A-9083 | NZP.3257 | The Beatles | « Let It Be » / « You Know My Name (Look Up The Number) » | 06.03.70 | 11.03.70 | 12.03.70 | .70 |
| APPLE 25 | 1821 | APPLE-9092 | APPLE.25 | Radha Krishna Temple (London) | « Govinda » / « Govinda Jai Jai » | 06.03.70 | 24.03.70 | 04.70 | .70 |
| – | 1819 | – | – | Jackie Lomax | « How the Web Was Woven » / « (I) Fall Inside Your Eyes » | – | 23.03.70 | – | – |
| APPLE 26 | – | APPLE-9105 | APPLE.26 | Mary Hopkin | « Knock, Knock Who’s There? » / « I’m Going to Fall in Love Again » | 23.03.70 | – | .04.70 | .70 |
| – | 2832 | A-9163 | NZP.3371 | The Beatles | « The Long and Winding Road » / « For You Blue » | – | 11.05.70 | 11.06.70 | .70 |
| – | – | – | – | The Beatles | « Oh! Darling » / « Here Comes the Sun » | – | – | – | – |
| APPLE 27 | 1823 | APPLE-9190 | APPLE.27 | Mary Hopkin | « Que Sera, Sera » / « Fields of St. Etienne » | – | 15.06.70 | .70 | .70 |
| APPLE 28 | 1824 | – | APPLE.28 | Doris Troy | « Jacob’s Ladder » / « Get Back » | 28.08.70 | 21.09.70 | – | – |
| APPLE 29 | – | – | – | Billy Preston | « My Sweet Lord » / « Long As I Got My Baby » | – | – | – | – |
| – | 2969 | APPLE-9309 | NZP.3388 | Ringo Starr | « Beaucoups of Blues » / « Coochy-Coochy » | – | 05.10.70 | .70 | .70 |
| – | 1822 | – | – | Badfinger | « No Matter What » / « Carry on Till Tomorrow » | – | 19.10.70 | – | – |
| APPLE 30 | 1825 | APPLE-9297 | APPLE.30 | Mary Hopkin | « Think About Your Children » / « Heritage » | 16.10.70 | 02.11.70 | .70 | .70 |
| APPLE 31 | – | APPLE-9316 | APPLE.31 | Badfinger | « No Matter What » / « Better Days » | 06.11.70 | – | .70 | .70 |
| APPLE 32 | – | APPLE-9318 | APPLE.32 | James Taylor | « Carolina in My Mind » / « Something’s Wrong » | 06.11.70 | – | .71 | .71 |
| – | 2995 | A-9342 | NZP.3391 | George Harrison | « My Sweet Lord » / « Isn’t It a Pity » | – | 23.11.70 | .71 | .71 |
| – | 1826 | – | – | Billy Preston | « My Sweet Lord » / « Little Girl » | – | 14.12.70 | – | – |
| – | 1827 | A-9401 | NZP.3395 | John Lennon/Plastic Ono Band | « Mother » / « Why » | – | 28.12.70 | .71 | .71 |
| R 5884 | – | – | – | George Harrison | « My Sweet Lord » / « What Is Life » | 15.01.71 | – | – | – |
| – | 1828 | A-9424 | NZP.3397 | George Harrison | « What Is Life » / « Apple Scruffs » | – | 15.02.71 | .71 | .71 |
| R 5889[19] | 1829 | A-9445 | NZP.3398 | Paul McCartney | « Another Day » / « Oh Woman, Oh Why » | 19.02.71 | 22.02.71 | .71 | .71 |
| R 5892 [45] | – | A-9488 | NZP.3400 | John Lennon/Plastic Ono Band | « Power to the People » / « Open Your Box » | 12.03.71 | – | .71 | .71 |
| – | 1830 | – | – | John Lennon/Plastic Ono Band | « Power to the People » / « Touch Me » | – | 22.03.71 | – | – |
| R 5898 | 1831 | A-9474 | NZP.3402 | Ringo Starr | « It Don’t Come Easy » / « Early 1970 » | 09.04.71 | 16.04.71 | .71 | .71 |
| APPLE 33 | 1832 | APPLE-9478 | APPLE.33 | Ronnie Spector | « Try Some, Buy Some » / « Tandoori Chicken » | 16.04.71 | 19.04.71 | .71 | .71 |
| APPLE 34 | – | APPLE-9565 | APPLE.34 | Mary Hopkin | « Let My Name Be Sorrow » / « Kew Gardens » | 18.06.71 | – | .71 | .71 |
| APPLE 35 | 1833 [12] | – | – | Badfinger | « Name of the Game » / « Suitcase » | – | – | – | – |
| – | 1834 | – | – | Jackie Lomax | « Sour Milk Sea » / « I Fall Inside Your Eyes » | – | 21.06.71 | – | – |
| – | – | A-9592 | NZP.3406 | Paul & Linda McCartney | « Eat at Home » / « Smile Away »[38] | – | – | .71 | .71 |
| APPLE 36 | 1835 | APPLE-9599 | APPLE.36 | Bill Elliot and the Elastic Oz Band | « God Save Us » / « Do the Oz » | 16.07.71 | 07.07.71 | .71 | .71 |
| R 5912 [50] | 1836 | A-9615 | NZP.3408 | George Harrison | « Bangla Desh » / « Deep Blue » | 30.07.71 | 28.07.71 | .71 | .71 |
| – | 1837 | A-9669 | NZP.3410 | Paul & Linda McCartney | « Uncle Albert/Admiral Halsey » / « Too Many People » | – | 02.08.71 | .71 | .71 |
| R 5914 [50] [19] | – | – | – | Paul & Linda McCartney | « The Back Seat of My Car » / « Heart of the Country » | 13.08.71 | – | – | – |
| APPLE 37 | 1838 | – | – | Ravi Shankar | « Joi Bangla » / « Oh Bhaugowan » / « Raga Mishri » | 27.08.71 | 31.08.71 | – | – |
| APPLE 38 | 1839 | APPLE-9725 | APPLE.38 | Yoko Ono | « Mrs. Lennon » / « Midsummer New York » | 29.10.71 | 29.09.71 | .71 | .71 |
| – | 1840 | – | NZP.3412 | John Lennon | « Imagine » / « It’s So Hard » | – | 11.10.71 | – | .71 |
| – | 1841 | – | – | Badfinger | « Day After Day » / « Money » | – | 15.11.71 | – | – |
| APPLE 39 | – | APPLE-9742 | APPLE.39 | Mary Hopkin | « Water, Paper And Clay » / « Jefferson » | 26.11.71 | – | .71 | – |
| – | 1843 | – | – | Mary Hopkin | « Water, Paper and Clay » / « Streets of London » | – | 26.11.71 | – | – |
| R 5932 | – | – | – | Wings | « Love Is Strange » / « I Am Your Singer » | – | – | – | – |
| APPLE 40 | – | APPLE-9782 | APPLE.40 | Badfinger | « Day After Day » / « Sweet Tuesday Morning » | 14.01.72 | – | .72 | .72 |
| APPLE 41 | – | – | – | Yoko Ono | « Mind Train » / « Listen, the Snow Is Falling » | 21.01.72 | – | – | – |
| – | 1846 | – | – | John Lennon/Plastic Ono Band | « The Luck of the Irish » / « Attica State » | – | – | – | – |
| – | – | – | – | The Beatles | « All Together Now » / « Hey Bulldog » | – | – | – | – |
| R 5936[19] | 1847 | A-9866 | NZP.3423 | Wings | « Give Ireland Back to the Irish » / « Give Ireland Back to the Irish (version) » | 25.02.72 | 28.02.72 | .72 | .72 |
| R 5944 | 1849 | A-9879 | NZP.3425 | Ringo Starr | « Back Off Boogaloo » / « Blindman » | 18.03.72 | 20.03.72 | .04.72 | .72 |
| APPLE 42 [13] | 1844 | APPLE-9888 | APPLE.42 | Badfinger | « Baby Blue » / « Flying » | – | 20.03.72 | .05.72 | .72 |
| – | 1845 | – | – | Lon & Derrek Van Eaton | « Sweet Music » / « Song of Songs » | – | 20.03.72 | – | – |
| – | 6498/6499 | – | – | David Peel And The Lower East Side | « F Is Not A Dirty Word » / « The Ballad Of New York City / John Lennon-Yoko Ono » | – | 20.4.72 | – | – |
| R 5949[19] | 1851 | A-9924 | NZP.3427 | Wings | « Mary Had a Little Lamb » / « Little Woman Love » | 12.05.72 | 29.05.72 | .06.72 | .72 |
| R 5953 [13] | 1848 | – | NZP.3441 | John Lennon/Plastic Ono Band | « Woman Is the Nigger of the World » / « Sisters, O Sisters » | – | 24.04.72 | – | .72 |
| APPLE 43 | 1850 | APPLE-9948 | APPLE.43 | Chris Hodge | « We’re on Our Way » / « Supersoul » | 09.06.72 | 29.05.72 | .72 | .72 |
| – | 6545/6546 | – | – | David Peel And The Lower East Side | « The Hippie From New York City » / « The Ballad Of New York City / John Lennon-Yoko Ono » | – | 16.6.72 | – | – |
| APPLE 44[42] | 1852 | APPLE-10077 | APPLE.44 | The Sundown Playboys | « Saturday Nite Special » / « Valse De Soleil Coucher » | 17.11.72 | 31.10.72 | .73 | .73 |
| – | 1853 | – | – | Yoko Ono | « Now or Never » / « Move on Fast » | – | 13.11.72 | – | – |
| R 5970 | 1842 | A-10047 | NZP.3446 | John & Yoko/Plastic Ono Band | « Happy Xmas (War Is Over) » / « Listen, the Snow Is Falling » | 24.11.72 | 01.12.71 | .72 | .72 |
| – | 1854 | APPLE-10095 | – | Elephant’s Memory | « Liberation Special » / « Madness » | – | 30.11.72 | .12.72 | – |
| – | 1855 | – | – | Mary Hopkin | « Knock Knock, Who’s There? » / « International » | – | 13.11.72 | – | – |
| APPLE 45 | – | – | – | Elephant’s Memory | « Power Boogie » / « Liberation Special » | 01.12.72 | – | – | – |
| R 5973[19] | 1857 | A-10099 | NZP.3449 | Wings | « Hi, Hi, Hi » / « C Moon » | 01.12.72 | 04.12.72 | .01.73 | .73 |
| – | 1858 | – | – | Chris Hodge | « Goodbye, Sweet Lorraine » / « Contact Love » | – | 31.01.73 | – | – |
| APPLE 46 | – | – | – | Lon & Derrek Van Eaton | « Warm Woman » / « More Than Words » | 09.03.73 | – | – | – |
| R 5985 [19] | 1861 | A-10200 | NZP.3453 | Paul McCartney & Wings [41] | « My Love » / « The Mess » | 23.03.73 | 09.04.73 | .73 | .73 |
| APPLE 47 | 1859 | – | – | Yoko Ono | « Death of Samantha » / « Yang Yang » | 04.05.73 | 26.02.73 | – | – |
| R 5987[19] | 1863 | A-10270 | NZP.3456 | Wings | « Live and Let Die » / « I Lie Around » | 01.06.73 | 18.06.73 | .73 | .73 |
| R 5988 | 1862 | A-10230 | NZP.3455 | George Harrison | « Give Me Love (Give Me Peace on Earth) » / « Miss O’Dell » | 25.05.73 | 07.05.73 | .73 | .73 |
| R 5992 | 1865 | A-10360 | NZP.3461 | Ringo Starr | « Photograph » / « Down and Out » | 19.10.73 | 24.09.73 | .73 | .73 |
| – | 1866 | – | – | George Harrison | « Don’t Let Me Wait Too Long » / « Sue Me, Sue You Blues » | – | – | – | – |
| – | 1867 | – | – | Yoko Ono | « Woman Power » / « Men Men Men » | – | 24.09.73 | – | – |
| R 5993[19] | 1869 | A-10359 | NZP.3462 | Paul McCartney & Wings | « Helen Wheels » / « Country Dreamer » | 26.10.73 | 12.11.73 | .73 | – |
| APPLE 48 | – | – | – | Yoko Ono | « Run, Run, Run » / « Men Men Men » | 09.11.73 | – | – | – |
| R 5994 | 1868 | A-10365 | NZP.3463 | John Lennon | « Mind Games » / « Meat City » | 16.11.73 | 29.10.73 | .74 | – |
| R 5995[20] | 1870 | A-10430 | NZP.3465 | Ringo Starr | « You’re Sixteen » / « Devil Woman » | 08.02.74 | 03.12.73 | .74 | .74 |
| – | – | A-10424 | NZP.3466 | Paul McCartney & Wings | « Mrs. Vandebilt » / « Bluebird » | – | – | .74 | .74 |
| – | 1871 | – | – | Paul McCartney & Wings | « Jet » / « Mamunia » [15] | – | 28.01.74 | – | – |
| R 5996[19] | 1871 | – | NZP.3466 | Paul McCartney & Wings | « Jet » / « Let Me Roll It » | 15.02.74 | 18.02.74 | – | .74 |
| – | 1872 | A-10484 | NZP.3471 | Ringo Starr | « Oh My My » / « Step Lightly » | – | 18.02.74 | .74 | .74 |
| APPLE 49 | 1864 | APPLE-10438 | APPLE.49 | Badfinger | « Apple of My Eye » / « Blind Owl » | 08.03.74 | 10.12.73 | .74 | .74 |
| – | 1873 | – | NZP.3479 | Paul McCartney & Wings | « Band on the Run » / « Nineteen Hundred and Eighty-Five » | – | 08.04.74 | – | .74 |
| R 5997[19] | – | – | – | Paul McCartney & Wings | « Band on the Run » / « Zoo Gang » | 28.06.74 | – | – | – |
| R 5998 | 1874 | A-10630 | NZP.3441 | John Lennon | « Whatever Gets You thru the Night » / « Beef Jerky » | 04.10.74 | 23.09.74 | .74 | .74 |
| R 5999[19] | 1875 | A-10626 | NZP.3487 | Paul McCartney & Wings | « Junior’s Farm » / « Sally G » | 25.10.74 | 04.11.74 | .74 | .74 |
| R 6000 | 1876 | A-10671 | NZP3588 | Ringo Starr | « Only You (And You Alone) » / « Call Me » | 15.11.74 | 11.11.74 | .74 | .74 |
| – | 1877 | – | NZP.3493 | George Harrison | « Dark Horse » / « I Don’t Care Anymore » | – | 18.11.74 | – | .74 |
| R 6001 | – | A-10696 | – | George Harrison | « Dark Horse » / « Hari’s On Tour (Express) » | 28.02.75 | – | .75 | – |
| R 6002 | – | A-10629 | NZP.3494 | George Harrison | « Ding Dong, Ding Dong » / « I Don’t Care Anymore » | 06.12.74 | – | .74 | .74 |
| R 6003 | 1878 | A-10694 | NZP.3495 | John Lennon | « #9 Dream » / « What You Got » | 31.01.75 | 16.12.74 | .75 | .75 |
| – | 1879 | – | – | George Harrison | « Ding Dong, Ding Dong » / « Hari’s On Tour (Express) » | – | 23.12.74 | – | – |
| – | 1880 | – | – | Ringo Starr | « No No Song » / « Snookeroo » | – | 27.01.75 | – | – |
| R 6004 | – | A-10711 | – | Ringo Starr | « Snookeroo » / « Oo-Wee » | 21.02.75 | – | .75 | – |
| R 6005 | 1881 | A-10779 | NZP.3503 | John Lennon | « Stand by Me » / « Move Over Ms. L » | 18.04.75 | 10.03.75 | .75 | .75 |
| – | – | – | – | John Lennon | « Be-Bop-A-Lula » / « Move Over Ms. L » | – | – | – | – |
| – | – | – | NZP.3510 | Ringo Starr | « No No Song » / « Call Me » | – | – | – | .75 |
| – | 1882 | – | – | Ringo Starr | « (It’s All Down To) Goodnight Vienna » / « Oo-Wee » | – | 02.06.75 | – | – |
| – | 1883 | – | – | John Lennon | « Slippin’ and Slidin' » / « Ain’t That a Shame » | – | – | – | – |
| R 6007 | 1884 | A-10920 | NZP.3520 | George Harrison | « You » / « World of Stone » | 12.09.75 | 15.09.75 | 29.09.75 | .75 |
| R 6009 | – | – | – | John Lennon | « Imagine » / « Working Class Hero » | 24.10.75 | – | – | – |
| R 6011 | – | – | – | Ringo Starr | « Oh My My » / « No No Song » | 09.01.76 | – | – | – |
| R 6012 | 1885 | A-11017 | NZP.3528 | George Harrison | « This Guitar (Can’t Keep from Crying) » / « Māya Love » | 06.02.76 | 08.12.75 | .76 | .76 |
| G45 2[17] | – | – | – | John Lennon | « Give Peace a Chance » / « Cold Turkey » | 12.03.84 | – | – | – |
| G45 13[17] | – | – | – | Ringo Starr | « It Don’t Come Easy » / « Back Off Boogaloo » | 12.03.84 | – | – | – |
| APP 1 | – | – | – | Various Artists | « Apple EP » | 21.10.91 | – | – | – |
| R 6406 | 8583492 | – | – | The Beatles | « Baby It’s You » / « I’ll Follow the Sun » / « Devil in Her Heart » / « Boys » | 06.03.95 | 01.12.94 | – | – |
| R 6422 | 8584972 | – | – | The Beatles | « Free as a Bird » / « Christmas Time (Is Here Again) » | 04.12.95 | 12.12.95 | – | – |
| R 6425 | 8585442 | – | – | The Beatles | « Real Love » / « Baby’s in Black » | 04.03.96 | 05.03.96 | – | – |
| – | – | – | – | The Beatles | « Now and Then » / « Love Me Do » | 02.11.23 | 02.11.23 | – | – |
Les albums
| Catalogue No. | Artist | Title | Release Date | ||
|---|---|---|---|---|---|
| UK | US | UK | US | ||
| SAPCOR 1 [36] | ST 3350 | George Harrison | Wonderwall Music | 01.11.68 | 02.12.68 |
| PCS (PMC) 7067/68 | SWBO 101 | The Beatles | The Beatles | 22.11.68 | 25.11.68 |
| SAPCOR 2 | T 5001 [33] | John Lennon & Yoko Ono | Unfinished Music No.1: Two Virgins | 29.11.68 | 17.01.69 |
| SAPCOR 3 | SKAO 3352 | James Taylor | James Taylor | 06.12.68 | 17.02.69 |
| SAPCOR 4 | ST 3353 | Modern Jazz Quartet | Under the Jasmin Tree | 06.12.68 | 17.02.69 |
| PCS (PMC) 7070 | SW 153 | The Beatles | Yellow Submarine | 17.01.69 | 13.01.69 |
| SAPCOR 5 | ST 3351 | Mary Hopkin | Postcard | 21.02.69 | 03.03.69 |
| SAPCOR 6 | ST 3354 | Jackie Lomax | Is This What You Want? | 14.03.69 | 17.05.69 |
| SAPCOR 7 | – | Delaney & Bonnie | The Original Delaney & Bonnie | – | – |
| SAPCOR 8 | ST 3355 | The Iveys | Maybe Tomorrow | – | – |
| SAPCOR 9 | ST 3359 | Billy Preston | That’s the Way God Planned It | 22.08.69 | 10.09.69 |
| PCS 7088 | SO 383 | The Beatles | Abbey Road | 26.09.69 | 01.10.69 |
| SAPCOR 10 | STAO 3360 | Modern Jazz Quartet | Space | 24.10.69 | 10.11.69 |
| SAPCOR 11 | SMAX 3361 | John Lennon & Yoko Ono | Wedding Album | 07.11.69 | 20.10.69 |
| CORE 2001 | SW 3362 | Plastic Ono Band | Live Peace in Toronto 1969 | 12.12.69 | 12.12.69 |
| SAPCOR 12 | ST 3364 | Badfinger | Magic Christian Music | 09.01.70 | 16.02.70 |
| CPCS 106 [43] | SW 385 / SO 385 | The Beatles | Hey Jude | – | 26.02.70 |
| PCS 7101 | SW 3365 | Ringo Starr | Sentimental Journey | 27.03.70 | 24.04.70 |
| PCS 7102 | SMAS 3363 | Paul McCartney | McCartney | 17.04.70 | 20.04.70 |
| PXS 1 | AR 34001 | The Beatles | Let It Be | 08.05.70 | 18.05.70 |
| SAPCOR 13 | ST 3371 | Doris Troy | Doris Troy | 11.09.70 | 11.09.70 |
| SAPCOR 14 | ST 3370 | Billy Preston | Encouraging Words | 11.09.70 | 11.09.70 |
| PAS 10002 | SMAS 3368 | Ringo Starr | Beaucoups of Blues | 25.09.70 | 28.09.70 |
| SAPCOR 15 | SMAS 3369 | London Sinfonietta / John Tavener | The Whale | 25.09.70 | 15.10.70 |
| PCS 7096 | – | The Beatles | Let It Be [23] | 06.11.70 | – |
| SAPCOR 16[26] | SKAO 3367 | Badfinger | No Dice | 27.11.70 | 09.11.70 |
| STCH 639 | STCH 639 | George Harrison | All Things Must Pass | 30.11.70 | 27.11.70 |
| PCS 7124 | SW 3372 | John Lennon/Plastic Ono Band | John Lennon/Plastic Ono Band | 11.12.70 | 11.12.70 |
| SAPCOR 17 | SW 3373 | Yoko Ono/Plastic Ono Band | Yoko Ono/Plastic Ono Band | 11.12.70 | 11.12.70 |
| LYN 2154 | – | The Beatles | From Then To You | 18.12.70 | – |
| – | SBC 100 | The Beatles | The Beatles Christmas album | – | 14.02.71 |
| PAS 10003 | SMAS 3375 | Paul & Linda McCartney | Ram | 28.05.71 | 17.05.71 |
| SAPCOR 18 | SKAO 3376 | Radha Krishna Temple (London) | The Radha Krsna Temple | 28.05.71 | 21.05.71 |
| SAPCOR 19 [27] | SW 3387 | Badfinger | Straight Up | 04.02.72 | 13.12.71 |
| SAPCOR 20 | – | London Sinfonietta / John Tavener | Celtic Requiem | 14.05.71 | – |
| – | SW 3377 | Stelvio Cipriani | Come Together | – | 20.09.71 |
| SAPCOR 21 | SMAS 3381 | Mary Hopkin | Earth Song/Ocean Song | 01.10.71 | 03.11.71 |
| PAS 10004 | SW 3379 | John Lennon | Imagine | 08.10.71 | 09.09.71 |
| SAPTU 101/2 | SVBB 3380 | Yoko Ono | Fly | 03.12.71 | 20.09.71 |
| – | SWAO 3384 | Original Soundtrack Recording | Raga | – | 07.12.71 |
| PCS 7142 | SW 3386 | Wings | Wild Life[35] | 07.12.71 | 07.12.71 |
| STCX 3385 | STCX 3385 | George Harrison And Friends | The Concert for Bangladesh | 10.01.72 | 20.12.71 |
| – | SWAO 3388 | Original Soundtrack Recording | El Topo | – | 27.12.71 |
| 5C 244-93536 | – | Mary Hopkin | The Best of Mary Hopkin | 31.03.72 | – |
| – | SW 3391 | David Peel & The Lower East Side | The Pope Smokes Dope | – | 17.04.72 |
| PCSP 716 | SVBB 3392 | John & Yoko/Plastic Ono Band | Some Time in New York City | 15.09.72 | 16.06.72 |
| SAPCOR 22 | SMAS 3389 | Elephant’s Memory | Elephant’s Memory | 10.11.72 | 18.09.72 |
| SAPCOR 23 | SW 3395 | Mary Hopkin | Those Were The Days | 24.11.72 | 25.09.72 |
| APCOR 24 | SW 3400 | Various Artists | Phil Spector’s Christmas Album | 08.12.72 | 01.12.72 |
| SAPCOR 25 | SMAS 3390 | Lon & Derrek Van Eaton | Brother | 09.02.73 | 22.09.72 |
| SAPDO 1001 | SVBB 3399 | Yoko Ono | Approximately Infinite Universe | 16.02.73 | 08.01.73 |
| SAPDO 1002 | SVBB 3396 | Ravi Shankar & Ali Akbar Khan | In Concert 1972 | 13.04.73 | 13.04.73 |
| PCSP 717 | SKBO 3403 | The Beatles | 1962–1966 | 19.04.73 | 02.04.73 |
| PCSP 718 | SKBO 3404 | The Beatles | 1967–1970 | 19.04.73 | 02.04.73 |
| PCTC 251 | SMAL 3409 | Paul McCartney & Wings | Red Rose Speedway | 04.05.73 | 03.04.73 |
| PAS 10006 | SMAS 3410 | George Harrison | Living in the Material World | 22.06.73 | 30.05.73 |
| PCS 7165 | SW 3414 | John Lennon | Mind Games | 16.11.73 | 02.11.73 |
| SAPCOR 26 | SW 3412 | Yoko Ono | Feeling the Space | 23.11.73 | 02.11.73 |
| PCTC 252 | SWAL 3413 | Ringo Starr | Ringo | 23.11.73 | 02.11.73 |
| PAS 10007 | SO 3415 | Paul McCartney & Wings | Band on the Run | 07.12.73 | 05.12.73 |
| SAPCOR 27[30] | SW 3411 | Badfinger | Ass | 08.03.74 | 26.11.73 |
| PCTC 253 | SW 3416 | John Lennon | Walls and Bridges | 04.10.74 | 26.11.74 |
| PCS 7168 | SW 3417 | Ringo Starr | Goodnight Vienna | 15.11.74 | 18.11.74 |
| PAS 10008 | SMAS 3418 | George Harrison | Dark Horse | 20.12.74 | 09.12.74 |
| PCS 7169 | SK 3419 | John Lennon | Rock ‘n’ Roll | 21.02.75 | 17.02.75 |
| PAS 10009 | SW 3420 | George Harrison | Extra Texture (Read All About It) | 03.10.75 | 22.09.75 |
| PCS 7173 | SW 3421 | John Lennon | Shaved Fish | 24.10.75 | 24.10.75 |
| PCS 7170 | SW 3422 | Ringo Starr | Blast from Your Past | 12.12.75 | 20.11.75 |
| PCSP 726 | 7243 8 31796 | The Beatles | Live at the BBC | 30.11.94 | 30.11.94 |
| SAPCOR 28 | 7243 8 30129 | Badfinger | The Best of Badfinger | 31.05.95 | 95 |
| PCSP 727 | 7243 8 34445 | The Beatles | Anthology 1 | 21.11.95 | 21.11.95 |
| PCSP 728 | 7243 8 34448 | The Beatles | Anthology 2 | 18.03.96 | 18.03.96 |
| PCSP 729 | 7243 8 34451 | The Beatles | Anthology 3 | 28.10.96 | 28.10.96 |
| 7243 5 21481 | 7243 8 34451 | The Beatles | Yellow Submarine Songtrack | 13.09.99 | 14.09.99 |
| 7243 5 26974 | 7243 5 26974 | Badfinger | The Very Best Of Badfinger | 23.10.00 | 13.09.00 |
| 7243 5 29970 | 7243 5 29970 | The Beatles | 1 | 13.11.00 | 13.11.00 |
| 7243 5 95713 | 7243 5 95713 | The Beatles | Let It Be… Naked | 17.11.03 | 18.11.03 |
| 7243 8 75400 | 0946 8 66878 2 | The Beatles | The Capitol Albums, Volume 1 | 15.11.04 | 16.11.04 |
| 7243 3 60335 | 0946 3 57497 2 | The Beatles | The Capitol Albums, Volume 2 | 03.04.06 | 11.04.06 |
| 0946 3 79808 2 8 | 0946 3 79808 2 8 | The Beatles | Love | 20.11.06 | 21.11.06 |
| 50999 9 65019 2 4 | 50999 9 65019 2 4 | George Harrison | Let It Roll: Songs by George Harrison | 16.06.09 | 16.06.09 |













