La chronologie - biographie des Beatles, Paul McCartney, John Lennon, Ringo Starr et George Harrison

La Chronologie – Biographie Beatles : année 1968

  • Trente-quatre titres neufs publiés en une seule année, dont trente sur un seul double album — le volume le plus élevé de toute leur carrière.
  • Sept semaines dans un ashram himalayen au printemps, d’où sortent une trentaine de chansons et une rupture.
  • Une maison de disques fondée, un magasin fermé après huit mois, et une société qui perd de l’argent à une vitesse que personne ne mesure.
  • Le 22 août, Ringo Starr quitte le groupe. Il revient deux semaines plus tard ; deux titres de l’album sont enregistrés sans lui.
  • Le passage à huit pistes, obtenu en août dans un studio indépendant, puis à Abbey Road en réquisitionnant sans autorisation un magnétophone entreposé depuis des mois.
  • Le 30 août, un single de sept minutes onze : le plus long jamais parvenu à la première place britannique.
  • Le 22 novembre, un double album sans pochette, sans titre imprimé, sans image, portant un numéro de série.
  • Zéro concert, deux singles, un album, aucun EP : l’année où les Beatles produisent le plus et existent le moins comme groupe.

Le 1er janvier 1968 : quatre hommes qui ne travaillent plus ensemble

L’année s’ouvre sur une dispersion. Aucun des quatre n’est en studio, aucun projet collectif n’est engagé, et le dernier événement public du groupe — la diffusion de leur téléfilm six jours plus tôt — s’est soldé par le premier échec critique de leur carrière.

George Harrison prépare un départ pour l’Inde, où il doit enregistrer une bande sonore. Les bureaux d’une société créée l’année précédente s’apprêtent à ouvrir à Londres, sans que personne ne sache exactement ce qu’on y fera. Et depuis la mort de leur manager, quatre mois plus tôt, aucune instance ne dirige quoi que ce soit.

1968 sera pourtant l’année la plus productive de leur histoire en volume de musique publiée. Elle sera aussi celle où le mot « groupe » cesse de décrire ce qu’ils sont. Cet article la raconte dans ses limites strictes, mois par mois, avec les chiffres vérifiables, les incertitudes signalées comme telles et les légendes remises à leur place.


Janvier : Bombay et Wigmore Street

Harrison à Bombay

Au début du mois, George Harrison se rend à Bombay pour enregistrer, dans les studios locaux d’EMI, la musique d’un long métrage britannique. Il y dirige des instrumentistes indiens, note les parties à l’oreille faute de savoir écrire la musique, et alterne séquences indiennes et séquences occidentales.

Le disque qui en résultera sera le premier album publié par un membre des Beatles sous son seul nom. Sur le plan de la chronique de 1968, l’important est ailleurs : Harrison consacre les premières semaines de l’année à un projet dont les trois autres sont absents, et il en profite pour organiser le séjour de méditation qui occupera le printemps.

22 janvier : l’ouverture des bureaux

Le 22 janvier, la société créée l’année précédente ouvre ses bureaux dans le centre de Londres. L’ambition affichée est vaste : disques, films, édition, électronique, mode, distribution de subventions à des artistes inconnus.

Le principe fondateur est explicitement anti-gestionnaire. McCartney le formulera publiquement quelques mois plus tard : il s’agit d’offrir à des créateurs les moyens de travailler sans avoir à supplier un homme en costume. L’intention est généreuse. L’exécution ne le sera pas moins, ce qui est exactement le problème.

Une annonce publiée dans la presse musicale invite quiconque possède une bande à l’envoyer. Des milliers de colis arrivent. Personne n’est chargé de les écouter.


Février : deux séances, puis l’Inde

3 au 11 février : la dernière série de séances avant le départ

Début février, le groupe se retrouve à Abbey Road pour la première fois depuis l’automne. Quatre titres sont travaillés en quelques jours : une chanson de McCartney au piano, dans un registre de boogie-woogie assumé ; une pièce lente de Lennon, chantée sur un accompagnement statique ; une composition de Harrison inspirée d’un texte taoïste ; et un titre enregistré presque par accident.

Ce dernier est né d’une contrainte de tournage. Le 11 février, une équipe devait filmer le groupe en train de mimer le futur single ; plutôt que de faire semblant, les quatre décident d’enregistrer réellement quelque chose de neuf pendant que les caméras tournent. Le résultat, bouclé en une journée, est l’un des enregistrements les plus nerveux de leur discographie.

C’est aussi, sans que personne ne le prévoie, la dernière séance du groupe à quatre avant plusieurs mois — et l’une des dernières où l’atmosphère est unanimement décrite comme légère.

15 et 19 février : le départ pour Rishikesh

Le 15 février, Lennon et Harrison partent pour l’Inde avec leurs épouses. McCartney et Starr suivent le 19.

Destination : un centre de méditation installé sur les hauteurs du Gange, dans les contreforts himalayens, dirigé par le professeur rencontré au mois d’août précédent. Le programme prévoit un cours de formation destiné à qualifier des enseignants.

Ils ne sont pas seuls : le même stage réunit une soixantaine de participants, dont plusieurs personnalités occidentales — une actrice américaine, un chanteur folk écossais, un musicien de la scène californienne. L’installation est spartiate mais confortable : bungalows individuels, repas végétariens, méditation plusieurs heures par jour, conférences.


Mars : l’ashram

La vie quotidienne

Le régime est réglé : lever tôt, méditation prolongée, repas collectifs, causeries en fin de journée. Les quatre s’y adaptent très inégalement.

Ringo Starr repart au bout d’une dizaine de jours, à la fois pour des raisons familiales et parce que la nourriture épicée lui est interdite pour raisons médicales — il avait emporté une valise de conserves. Sa formule, restée célèbre, compare le séjour à une colonie de vacances.

Paul McCartney reste environ cinq semaines et repart fin mars, satisfait mais impatient de reprendre le travail.

Lennon et Harrison restent le plus longtemps, jusqu’à la mi-avril, et sont de loin les plus engagés dans la pratique.

Trente chansons

Le fait décisif du séjour n’est pas la méditation : c’est l’écriture.

Privés d’instruments électriques, de studio, de télévision et d’obligations, les trois auteurs du groupe écrivent en quelques semaines une quantité de chansons sans équivalent dans leur carrière. Les estimations varient entre trente et quarante titres, dont une large majorité de ce qui composera l’album de novembre, plus plusieurs pièces qui paraîtront ailleurs.

Le mode de composition explique une caractéristique majeure du disque à venir : ces chansons ont été écrites à la guitare acoustique, seul ou en petit comité, sur les toits des bungalows. Beaucoup n’ont jamais été conçues comme des morceaux de groupe. Elles seront enregistrées comme telles, ce qui produira les tensions de l’été.

15 mars : le single

Le 15 mars paraît au Royaume-Uni le single R 5675, enregistré début février. Il prend la première place pour deux semaines.

Sa face B est une composition de Harrison — la première fois qu’il obtient une face de single. Le fait est significatif dans un contexte où la répartition des places devient un sujet.


Avril : la rupture

12 avril : le départ

Le 12 avril, Lennon et Harrison quittent brusquement l’ashram, dans des conditions tendues, à la suite d’accusations portées par un membre de l’entourage à l’encontre du fondateur du centre.

L’épisode est raconté depuis plus d’un demi-siècle dans des versions très différentes, et il faut ici être scrupuleux.

Ce qu’on peut établir : une accusation de comportement inapproprié envers une participante a été rapportée à Lennon et Harrison par un tiers présent sur place. Elle n’a jamais été démontrée, ni portée devant une quelconque instance, et la principale intéressée présumée l’a par la suite démentie. Harrison a plus tard exprimé publiquement le regret d’y avoir cru. McCartney a également estimé que l’accusation était infondée. Lennon, qui en avait tiré une chanson vengeresse écrite sur le trajet du retour, a lui-même nuancé son jugement des années après. Ce qui reste certain, c’est le départ précipité, sa date, et le fait que la chanson en question figure sur l’album de novembre sous un titre modifié pour éviter une action en justice.

L’épisode marque la fin de l’engagement collectif du groupe dans cette voie, mais pas celle de l’intérêt de Harrison pour la spiritualité indienne, qui ne se démentira jamais.


Mai : Apple, New York, et un changement de vie

14 et 15 mai : New York

Le 14 mai, Lennon et McCartney arrivent à New York pour annoncer publiquement le lancement de la société. Ils tiennent une conférence de presse et apparaissent le lendemain soir dans une émission de fin de soirée à forte audience.

Leur prestation est brouillonne. Ils expliquent vouloir financer les artistes sans les contraintes des maisons de disques traditionnelles, formulent l’ambition en termes vaguement utopistes, et lancent un appel public à envoyer des projets. L’invitation sera prise au mot par des milliers de personnes.

19 mai : Kenwood

Le 19 mai, au domicile de Lennon dans le Surrey, celui-ci et Yoko Ono passent la nuit à enregistrer une série d’expérimentations sonores sur les magnétophones de la maison. Le disque qui en résulte paraîtra en novembre.

Cette nuit-là marque le début public de leur relation. Les conséquences sur le travail du groupe seront immédiates et considérables, non pas en raison de la relation elle-même, mais parce qu’elle s’accompagne d’une présence permanente en studio d’une personne extérieure au groupe — rupture absolue avec un usage vieux de six ans.

30 mai : la première séance

Le 30 mai, les séances de l’album commencent au studio deux d’Abbey Road, par une version lente et étirée d’une chanson politique écrite en Inde. La séance dure jusqu’au petit matin. Yoko Ono est présente, et le restera.

Les séances se poursuivront jusqu’au 14 octobre : quatre mois et demi, plus de cent journées de studio, dans un climat que tous les témoins décrivent comme progressivement délétère.


Juin et juillet : la fabrique d’un double album

Une méthode qui n’en est plus une

Le mode de travail de l’été 1968 rompt avec tout ce qui précède.

Les chansons rapportées d’Inde sont, dans leur majorité, des pièces individuelles. Leur auteur arrive en studio avec une idée complète et attend des trois autres qu’ils l’exécutent. La discussion collective, l’arrangement à quatre, l’apport spontané — tout ce qui définissait la méthode du groupe — s’efface.

S’y ajoute une pratique nouvelle : travailler dans plusieurs studios simultanément. George Martin le racontera sans détour — il lui arrivait de devoir se partager entre trois salles où trois Beatles enregistraient séparément, les autres circulant entre elles.

Le résultat est un disque d’une variété stylistique inouïe et d’une cohésion instrumentale très inégale. Les deux caractéristiques ont la même cause.

Le climat des séances

Il faut être précis sur ce point, parce qu’il est souvent caricaturé.

Les séances de l’été 1968 ne sont pas une succession de disputes. Les témoignages décrivent plutôt une dégradation lente : des journées entières consacrées à un titre dont son auteur seul comprend l’intérêt ; des membres du groupe qui arrivent tard ou pas du tout ; des remarques désobligeantes formulées devant le personnel technique ; et surtout l’installation d’une hiérarchie implicite où chaque chanson appartient à quelqu’un.

S’y ajoute un facteur nouveau et durablement commenté : la présence permanente de Yoko Ono en studio, y compris pendant les prises, assise à côté de Lennon. Ce point mérite d’être traité sans hypocrisie. La présence d’une personne extérieure rompait un usage strictement observé depuis 1962, et elle a été vécue par les trois autres comme une intrusion. Il serait cependant faux d’en faire la cause de la désagrégation du groupe : celle-ci est engagée depuis l’arrêt des tournées, elle s’est accélérée à la mort du manager, et elle tient d’abord à un mode de composition devenu individuel.

Il faut aussi rappeler que ces mêmes séances produisent, dans le même bâtiment et les mêmes semaines, plusieurs des enregistrements les plus accomplis de la discographie. Le mythe d’un été entièrement gâché ne résiste pas à l’écoute.

Quatre trajectoires dans la même année

Comme l’année précédente, les situations individuelles divergent nettement, et elles expliquent la forme du disque.

Paul McCartney est le seul à défendre encore l’idée du groupe comme unité de travail. C’est lui qui pousse à enregistrer, qui produit des artistes du nouveau label, qui plaide pour un retour à la scène. Son activisme est réel et utile ; il est aussi vécu par les autres comme une prise de commandement non mandatée, et c’est la source de la plupart des frictions de l’été.

John Lennon vit une année de rupture personnelle complète : nouvelle relation, séparation, arrestation, publication d’un disque expérimental hors du groupe, performances publiques avec sa compagne. Sa contribution musicale à l’album est considérable et d’une qualité inégale assumée, allant du collage sonore de huit minutes à une confession nue à la guitare.

George Harrison sort de l’année en position renforcée : un album solo, quatre titres et une face de single, un invité de prestige convié à ses conditions, et une autorité musicale que les deux autres ne peuvent plus ignorer.

Ringo Starr est celui qui exprime le plus clairement le malaise, et le seul à en tirer une conséquence pratique en partant. Son retour, deux semaines plus tard, est fêté par les trois autres avec une chaleur qui contraste avec le climat général.

15 juin : Coventry

Le 15 juin, Lennon et Yoko Ono réalisent leur première apparition publique commune, dans le cadre d’une exposition de sculpture en plein air : ils plantent deux glands dans des pots de terre, orientés vers l’est et l’ouest, avec un banc portant une inscription.

Le geste est ridiculisé par une grande partie de la presse britannique. Il inaugure une série d’actions publiques qui occuperont l’essentiel de la couverture médiatique consacrée à Lennon dans les mois suivants.

16 juillet : le départ de l’ingénieur

Le 16 juillet, l’ingénieur du son qui accompagnait le groupe depuis 1966 quitte les séances. Son témoignage, publié bien plus tard, invoque l’atmosphère du studio : agressivité verbale, humiliations réciproques, absence d’égards à l’endroit du personnel technique.

Le fait mérite d’être noté sobrement : un professionnel expérimenté, qui avait accepté trois ans de conditions de travail extravagantes par attachement au projet, préfère abandonner le disque le plus attendu de l’année.

17 juillet : le film d’animation

Le 17 juillet, le long métrage d’animation destiné à solder une obligation contractuelle est présenté à Londres. Le groupe s’y était très peu impliqué : chansons anciennes ou écartées, voix confiées à des comédiens, aucune participation à la conception.

L’accueil est excellent. La critique salue l’invention graphique, l’humour, la liberté du dessin. Les quatre, qui avaient négligé le projet, assistent à la première et reconnaissent publiquement s’être trompés sur sa valeur.

30 juillet : la boutique ferme

Le 30 juillet, le magasin de vêtements ouvert huit mois plus tôt ferme définitivement. La décision est prise de donner le stock plutôt que de le solder : les portes sont ouvertes et chacun repart avec ce qu’il peut porter. Les quatre s’étaient servis la veille au soir.

Les pertes se chiffrent en dizaines de milliers de livres. L’opération, présentée comme un geste généreux, est surtout l’aveu d’une incapacité de gestion.

31 juillet : huit pistes, ailleurs

Fin juillet, le groupe enregistre une chanson écrite par McCartney pour le fils de Lennon. Après deux journées à Abbey Road, ils déménagent dans un studio indépendant de Soho pour une raison unique : il dispose d’un magnétophone à huit pistes, seul appareil de ce type dans un studio commercial londonien.

Le transfert des bandes échoue ; le titre est réenregistré intégralement sur place. Le mixage est également réalisé là, faute d’équipement compatible ailleurs.

Ce déplacement est plus important qu’il n’y paraît. Les Beatles, artistes maison d’EMI depuis 1962, vont enregistrer ailleurs parce que leur propre studio n’est pas à jour.


Août : une maison de disques, et un batteur qui s’en va

22 août : Ringo Starr quitte le groupe

Le 22 août, au cours d’une séance consacrée à un pastiche de rock californien, Ringo Starr annonce qu’il part. Il estime mal jouer, se sent exclu, constate que les trois autres s’entendent sans lui.

Il quitte le studio, écrit une lettre, et part en Méditerranée sur un bateau prêté par un acteur de ses amis. C’est là, en interrogeant le cuisinier du bord sur les plats du jour, qu’il écrira une chanson devenue depuis un standard pour enfants.

Les trois autres continuent. Deux titres de l’album sont enregistrés sans batteur titulaire : c’est McCartney qui tient les fûts.

Correctif : ce départ n’est ni une rumeur ni un incident mineur, et ce n’est pas non plus une rupture définitive. Il dure environ deux semaines, du 22 août au début septembre. Il a en revanche été soigneusement caché au public à l’époque : aucun communiqué n’a été publié, et l’affaire n’a été connue que bien plus tard.

28 août : sans batteur, en huit pistes

Le 28 août, les trois membres restants retournent au studio indépendant de Soho pour enregistrer une chanson écrite en Inde. La méthode adoptée est révélatrice : plutôt que de jouer ensemble, ils enregistrent piste par piste, effaçant chaque tentative jusqu’à obtenir la bonne, jusqu’à composer un morceau entier par superpositions successives.

C’est l’image la plus exacte de l’été 1968 : un disque des Beatles enregistré par trois personnes qui ne jouent pas en même temps.

30 août : le premier disque du nouveau label

Le 30 août paraît le premier single publié sous le label du groupe : sept minutes et onze secondes, dont près de quatre de conclusion chorale répétée.

La durée était jugée rédhibitoire pour la radio. Elle ne l’a pas été : le titre prend la première place au Royaume-Uni, l’occupe neuf semaines aux États-Unis, et devient l’un des plus gros succès commerciaux de la décennie.

Un désaccord interne mérite d’être rapporté : Lennon considérait que sa propre chanson, rapide et politique, devait figurer en face A. Il n’a pas obtenu gain de cause. C’est l’un des premiers arbitrages où le partage historique entre les deux auteurs cesse de fonctionner à l’amiable.

Le label lance simultanément trois autres disques, dont une chanson traditionnelle interprétée par une jeune chanteuse galloise, produite par McCartney, qui deviendra un succès mondial. Le lancement commercial de la maison de disques est donc, lui, une réussite indiscutable.


Septembre : retour, invité, et un magnétophone réquisitionné

Début septembre : le retour du batteur

Ringo Starr revient au début du mois. Le 4 septembre, il participe au tournage des films promotionnels du single ; le 5, il retrouve le studio, où Harrison a fait décorer sa batterie de fleurs et où une banderole de bienvenue a été accrochée.

Aucun des quatre ne commente publiquement l’épisode.

Le magnétophone du couloir

C’est également en septembre que le groupe découvre qu’un magnétophone à huit pistes dort depuis des mois dans un local d’Abbey Road, en attente des essais et modifications qu’EMI imposait à tout équipement neuf avant sa mise en service.

Harrison en informe l’ingénieur de séance. La machine est déplacée dans la cabine du studio deux, sans autorisation de la direction technique, et immédiatement utilisée.

Correctif utile : les premiers enregistrements du groupe sur huit pistes ne datent donc pas d’Abbey Road mais d’un studio indépendant, fin juillet et fin août. Le huit-pistes n’entre en service à Abbey Road qu’en septembre 1968, et par effraction administrative.

6 septembre : un invité

Le 6 septembre, Harrison amène en séance Eric Clapton pour jouer le solo d’une de ses compositions. Le procédé est sans précédent : jamais un musicien extérieur n’avait tenu une partie soliste sur un disque des Beatles.

Le motif avoué est moins musical que diplomatique. Harrison espère que la présence d’un tiers connu obligera les autres à se tenir. Le témoignage convergent est que cela a fonctionné : la séance est décrite comme la plus courtoise depuis des semaines.

Le guitariste n’est crédité nulle part sur le disque.

Un producteur de remplacement

En septembre, George Martin s’absente plusieurs semaines. C’est son jeune assistant, Chris Thomas, qui assure la production d’un nombre significatif de séances, à vingt et un ans, sans que le groupe s’en émeuve.

Correctif : George Martin n’a pas produit l’intégralité de l’album, contrairement à ce qu’indique la mention de pochette. Plusieurs titres ont été enregistrés sous la responsabilité de son assistant.


Octobre : bouclage

14 octobre : la dernière séance

Le 14 octobre, les séances s’achèvent. Le décompte final donne trente titres, pour une durée totale dépassant largement les capacités d’un disque simple.

George Martin plaide pour une sélection : un album unique, resserré, composé des quatorze meilleurs titres. Le groupe refuse, unanimement. Le double album est maintenu.

Le débat n’a jamais été tranché depuis. Il faut noter que les deux positions sont défendables et que les intéressés eux-mêmes ont continué à s’opposer sur ce point pendant des décennies.

16 et 17 octobre : vingt-quatre heures

Les 16 et 17 octobre se tient la seule séance de vingt-quatre heures consécutives de l’histoire du groupe : mixages finaux, choix de l’ordre des titres, raccords entre les plages, montage des quatre faces.

L’ordonnancement d’un double album de trente titres sans fil conducteur est un exercice redoutable. Le résultat, arbitré cette nuit-là, est l’un des rares moments de l’année où les quatre travaillent réellement ensemble sur une décision commune.

18 octobre : une arrestation

Le 18 octobre, Lennon et Yoko Ono sont arrêtés dans un appartement londonien pour détention de cannabis. Lennon plaide coupable pour protéger sa compagne, dont le statut de résidente étrangère la rendait expulsable. La condamnation qui en résulte lui causera par la suite des difficultés durables.

Le mois est également marqué, pour le couple, par un drame personnel qu’il choisira de rendre public. Il n’appartient pas à une chronique musicale d’en dire davantage.


Novembre : un disque blanc

22 novembre : The Beatles

Le 22 novembre paraît le double album, référencé PMC 7067/8 en mono et PCS 7067/8 en stéréo, premier disque du groupe publié sous son propre label.

Trente titres, quatre faces, plus de quatre-vingt-dix minutes.

Correctif : le disque ne s’appelle pas L’Album blanc. Il s’intitule The Beatles. Le surnom, forgé par le public et la presse, s’est imposé au point d’éclipser le titre réel, qui figure pourtant en relief sur la pochette.

La pochette

La conception graphique est confiée à Richard Hamilton, l’un des fondateurs du pop art britannique.

Sa proposition est d’une radicalité assumée : une pochette entièrement blanche, sans image, sans texte imprimé, portant le seul nom du groupe estampé en relief discret, en bas à droite, dans une graphie légèrement inclinée. Chaque exemplaire de la première édition porte en outre un numéro de série imprimé, comme une estampe.

L’idée du numéro n’est pas décorative : elle vise à faire d’un objet industriel produit à des millions d’exemplaires une pièce nominalement unique. Les numéros les plus bas sont aujourd’hui parmi les objets de collection les plus recherchés de la discographie.

L’intérieur contredit le dépouillement extérieur : un poster dépliant composé d’un collage de photographies personnelles et d’un texte manuscrit des paroles, plus quatre portraits en couleur des membres du groupe.

Le contraste avec la pochette surchargée de l’année précédente est évidemment délibéré. Hamilton et le groupe ont conçu l’objet comme une réplique exacte.

La réception

Elle est nettement plus partagée que celle des disques précédents. La presse salue l’ampleur et la variété, mais s’interroge sur l’absence d’unité, sur la longueur, sur la présence de titres jugés anecdotiques.

Deux reproches reviennent dans les comptes rendus de décembre 1968.

Le premier porte sur le format : plusieurs critiques estiment qu’un disque simple aurait été supérieur, reprenant sans le savoir l’argument défendu en interne par le producteur. Le second porte sur le retour à une facture instrumentale plus simple, perçu par certains comme un recul après deux années d’invention sonore.

À l’inverse, quelques recensions saluent immédiatement ce que le temps confirmera : la variété n’est pas un défaut d’unité mais une proposition, et l’abandon des effets rend audible une écriture que la production précédente recouvrait.

Le disque a en outre la particularité, rare, d’avoir été jugé sévèrement par plusieurs de ses auteurs. Les appréciations que les quatre en ont données au fil du temps sont contradictoires entre elles et parfois avec elles-mêmes, ce qui devrait inciter à la prudence quiconque cherche à trancher.

Les ventes, elles, sont immédiates et massives : première place dans tous les grands marchés, plusieurs millions d’exemplaires en quelques mois malgré le prix élevé d’un double disque.

29 novembre : un autre disque

Le 29 novembre paraît l’enregistrement expérimental réalisé en mai par Lennon et Yoko Ono, sous une pochette photographique montrant le couple nu, de face et de dos.

Le disque n’est pas un disque des Beatles et ne porte pas leur nom. Il est néanmoins distribué sous emballage de papier brun, refusé par plusieurs chaînes de magasins et saisi dans certains États américains. La maison de disques du groupe a refusé de le distribuer, ce qui a nécessité un accord avec un tiers.

L’affaire est révélatrice de l’état des rapports : un membre du groupe publie sous une structure appartenant aux quatre un disque que la maison mère refuse de toucher.


Décembre : dispersion

11 décembre : un cirque

Le 11 décembre, Lennon participe au tournage d’une émission spéciale organisée par les Rolling Stones, dans un décor de cirque avec public costumé. Il y joue avec une formation réunie pour l’occasion — un guitariste, un bassiste et un batteur venus de trois groupes différents.

C’est la première fois qu’un Beatle se produit publiquement en dehors du groupe. L’émission ne sera pas diffusée à l’époque.

18 décembre : dans un sac

Le 18 décembre, Lennon et Yoko Ono participent à un événement artistique au Royal Albert Hall en apparaissant enfermés dans un grand sac de toile, immobiles, pendant une durée prolongée.

Le procédé, qu’ils théoriseront ensuite, consiste à soustraire l’apparence physique de l’artiste au jugement du public. Il est reçu par la presse britannique avec une hostilité railleuse.

20 décembre : le disque de Noël

Le 20 décembre, les adhérents du club officiel reçoivent le sixième disque souple annuel. Détail éloquent : contrairement aux années précédentes, les quatre n’ont rien enregistré ensemble. Chacun a fourni sa contribution séparément, les fragments ayant été assemblés au montage par un animateur de radio.

Le disque de Noël de 1968 est ainsi, dans sa forme même, la description exacte de l’état du groupe.

L’état des lieux au 31 décembre

À la fin de l’année, les Beatles n’ont pas donné un seul concert depuis deux ans et quatre mois. Ils viennent de publier leur album le plus vendu et le plus contesté. Leur société perd de l’argent sans que personne ne sache combien. Leur batteur a démissionné puis est revenu. Leur ingénieur du son est parti. Leur producteur s’est absenté au milieu du chantier.

Et une série de séances est programmée pour les premiers jours de janvier, avec caméras et public : le projet d’un retour à la scène, formulé par McCartney comme un remède.


L’album de novembre : ce que sa fabrication révèle

Trente chansons, trois auteurs, aucun centre

Le disque contient du rock lourd, du blues, du pastiche de surf californien, une berceuse, une valse de music-hall, une chanson pour enfants, du folk acoustique, une pièce country, un collage sonore de huit minutes, une satire, un chant d’amour à une mère morte, et une reprise de style rockabilly.

Cette amplitude est presque toujours interprétée comme un programme esthétique. Elle est d’abord une conséquence de conditions de production : trente chansons écrites individuellement, sans direction éditoriale, par des auteurs qui ne se consultaient plus.

La question du double

Le débat sur l’opportunité du format double est le plus ancien et le plus stérile de la littérature consacrée aux Beatles.

L’argument pour la sélection est simple : un disque simple resserré aurait produit un chef-d’œuvre incontestable. L’argument contre l’est tout autant : la dispersion, l’accumulation et l’inégalité font partie de ce que ce disque dit de son époque et de ses auteurs, et un montage plus flatteur aurait effacé son sujet.

Le fait vérifiable est que le groupe a refusé unanimement la sélection proposée par son producteur, et que c’est l’une des rares décisions collectives de l’automne 1968.

L’ordre des quatre faces

Un aspect rarement examiné mérite qu’on s’y arrête, parce qu’il constitue le seul geste réellement collectif de l’automne : l’ordonnancement.

Trente titres sans lien narratif, écrits par trois auteurs, dans une douzaine de styles incompatibles, doivent être répartis sur quatre faces d’une vingtaine de minutes chacune. Chaque face doit tenir seule, puisque l’auditeur de 1968 retourne le disque et change de galette.

Les solutions retenues pendant la séance de vingt-quatre heures relèvent du montage plus que de la programmation : une chanson douce placée juste après un morceau saturé, un pastiche country suivi d’une berceuse, un collage sonore de huit minutes glissé entre deux pièces courtes, et surtout des raccords sans silence entre certaines plages, hérités de la méthode de l’année précédente.

L’ordre obtenu neutralise en partie l’hétérogénéité en la transformant en principe. C’est un travail d’éditeur, et il est probablement ce qui empêche le disque de se désagréger complètement à l’écoute.

Le disque et son époque

1968 est, en Europe et aux États-Unis, une année de convulsions politiques : émeutes urbaines, mouvements étudiants, assassinats, guerre. Un groupe qui publie trente chansons en novembre de cette année-là est nécessairement lu à cette lumière.

Or le disque refuse l’engagement autant qu’il le convoque. La chanson politique la plus explicite de l’année est une mise en garde contre la violence, et elle vaut à son auteur des attaques nourries de la part de la presse militante, qui y voit une dérobade. Plusieurs autres titres traitent de l’actualité par la parodie ou l’ironie plutôt que par la prise de position.

Cette ambivalence est délibérée, et elle a été formulée par les intéressés. Elle explique pourquoi ce disque a été reçu à la fois comme le portrait de son époque et comme un refus de la commenter — deux lectures qui coexistent encore.

Ce que le disque documente

Il faut lire ce disque comme un document autant que comme une œuvre.

Il enregistre l’état exact d’un groupe où chacun compose seul, où l’un est remplacé à la batterie sur deux titres, où un invité extérieur joue un solo, où le producteur s’absente, où l’ingénieur démissionne, et où quatre hommes travaillent parfois dans trois salles différentes du même bâtiment.

Que cet état de fait produise l’un des disques les plus influents jamais publiés est le paradoxe central de 1968.


L’écriture en 1968 : le retour au premier degré

La fin des effets

Le changement d’écriture le plus net de l’année est un retrait. Après deux années d’expérimentation sonore, les chansons rapportées d’Inde sont d’une simplicité de facture presque provocante : guitare acoustique, structure couplet-refrain, texte direct.

Le contraste avec l’album de l’année précédente est frappant, et il est délibéré. Le groupe qui avait passé sept cents heures à fabriquer un disque en enregistre un autre où plusieurs titres sont captés en quelques prises.

Le portrait et le pamphlet

Deux registres nouveaux apparaissent.

Le premier est le portrait quasi documentaire : des chansons décrivent des personnes réelles rencontrées à l’ashram, des membres de l’entourage, des figures de l’actualité. Certaines nomment leur sujet.

Le second est la chanson politique explicite. Lennon écrit sur la violence révolutionnaire, dans un texte qui refuse la surenchère et qui lui vaudra des attaques nourries de la part de la gauche radicale britannique et américaine. Il en existe trois versions distinctes publiées dans l’année : une lente, une rapide, et un collage sonore.

L’intime sans médiation

Le troisième déplacement est le plus durable : Lennon écrit pour la première fois sur sa mère, morte quand il avait dix-sept ans, dans une chanson enregistrée seul à la guitare et à la voix, en dernière séance de l’album.

Cette entrée de l’autobiographie sans détour dans la chanson populaire est probablement l’apport le plus important de 1968 à l’histoire du genre.

Harrison à parité

George Harrison place quatre compositions sur l’album, plus une face de single. C’est le double de ce qu’il avait obtenu jusque-là.

Le fait s’explique moins par une négociation que par l’arithmétique : sur trente titres, il y a de la place. Mais l’écart de qualité avec le duo s’est encore resserré, et l’une de ses compositions de l’année est unanimement tenue pour l’un des sommets du disque.


L’envers du décor : une société sans comptable

Le principe fondateur

La société lancée en 1968 repose sur une intention explicite : redistribuer aux artistes ce que le système retenait pour lui-même. Financer sans exiger de garanties, éditer sans imposer de format, produire sans contrat léonin.

Cette intention est sincère et, sur le plan artistique, elle produit des résultats immédiats : la maison de disques lance dès l’été des artistes qui rencontrent un succès considérable, et son catalogue des premières années est d’une qualité remarquable.

L’absence de contrôle

Le problème n’est pas l’intention, c’est l’absence de tout mécanisme de contrôle des dépenses.

Le magasin de Baker Street a fermé après huit mois avec des pertes considérables. Les bureaux emploient un nombre de personnes que nul ne peut chiffrer avec certitude. Les frais de représentation sont ouverts. Les projets de division électronique, cinéma, édition et distribution sont lancés simultanément sans étude préalable.

Aucun des quatre n’a de formation en gestion, et aucun n’a la moindre envie d’en acquérir une. Depuis août 1967, personne n’occupe le poste de celui qui dit non.

Le contexte fiscal

Il faut ajouter, pour être équitable, que le montage a été conçu dans un contexte fiscal où les revenus non réinvestis étaient absorbés à des taux confiscatoires. Dépenser était rationnel ; dépenser sans compter ne l’était pas.

Ce que cela produit à la fin de l’année

Au 31 décembre 1968, la structure est déficitaire, sans direction générale, et les quatre associés ne sont plus d’accord sur grand-chose.

C’est de cette situation, et non d’une brouille personnelle, que découlera l’essentiel des conflits ultérieurs. Il vaut la peine de le noter dès 1968 : le désaccord fondateur est de nature organisationnelle avant d’être humain.


Ce que 1968 fait au son du groupe

Le passage à huit pistes

L’événement technique de l’année est le doublement du nombre de pistes disponibles, intervenu en cours de chantier.

L’essentiel de l’album a été enregistré sur quatre pistes, comme les précédents. Trois titres seulement bénéficient pleinement des huit pistes, et l’appareil n’est entré en service à Abbey Road qu’en septembre — après avoir été utilisé dans un studio indépendant en juillet et en août.

Le gain est considérable : moins de reports, donc moins de générations de bande, donc un son plus net et plus ouvert. C’est l’une des raisons pour lesquelles ce disque sonne différemment de tout ce qui précède.

La captation redevient directe

Après deux ans de construction par couches, plusieurs titres de 1968 sont enregistrés comme des prises de groupe, avec un minimum de surimpositions. Le disque comporte des morceaux saturés, bruts, volontairement mal dégrossis, aux côtés de pièces d’une délicatesse extrême.

Cette hétérogénéité de traitement est assumée. Elle produit un album qui ne cherche aucune unité sonore — position exactement inverse de celle de l’année précédente.

La guitare retrouve la distorsion

L’un des titres de l’album est régulièrement cité comme un jalon dans l’histoire des musiques amplifiées lourdes : tempo lent, guitare saturée, batterie martelée, cri final. Il a été enregistré en réponse à une déclaration de presse d’un autre groupe britannique se vantant d’avoir produit le disque le plus bruyant jamais gravé.

Le mono s’achève

Une remarque importante pour les collectionneurs : l’album de novembre 1968 est le dernier des Beatles à faire l’objet d’un mixage mono distinct destiné à la commercialisation au Royaume-Uni.

Les différences entre les deux versions sont nombreuses et parfois structurelles — durées, effets, équilibres, fins de morceaux. Pour cette année encore, la version mono constitue un document à part entière et non une simple réduction de la stéréo.


Correctifs factuels

1. L’album de novembre s’appelle L’Album blanc. Non. Il s’intitule The Beatles. Le surnom, forgé par le public et la presse en raison de la pochette, a supplanté le titre réel, pourtant estampé en relief sur la couverture.

2. La pochette est vide. Faux. Elle a été conçue par Richard Hamilton : blanc intégral, nom du groupe en relief, numéro de série imprimé sur chaque exemplaire de la première édition, poster dépliant et quatre portraits en couleur à l’intérieur. C’est un objet graphique élaboré, pas une absence de pochette.

3. Ringo Starr n’a jamais quitté les Beatles. Faux. Il a démissionné le 22 août 1968 et est revenu au début du mois de septembre. Deux titres de l’album ont été enregistrés sans lui, McCartney tenant la batterie. L’épisode a été dissimulé au public à l’époque.

4. Le premier enregistrement des Beatles sur huit pistes a eu lieu à Abbey Road. Faux. Il a eu lieu dans un studio indépendant de Soho, fin juillet 1968, puis fin août. Le huit-pistes n’est entré en service à Abbey Road qu’en septembre, après qu’un magnétophone entreposé eut été déplacé sans autorisation de la direction technique.

5. George Martin a produit l’intégralité de l’album. Inexact. Il s’est absenté plusieurs semaines en septembre ; plusieurs séances ont été assurées par son assistant Chris Thomas, alors âgé de vingt et un ans.

6. Eric Clapton est crédité sur l’album. Non. Il joue le solo d’une composition de Harrison enregistrée le 6 septembre 1968, mais n’apparaît nulle part dans les crédits du disque.

7. Les Beatles ont quitté l’Inde ensemble en abandonnant la méditation. Faux. Les quatre départs sont échelonnés sur près de deux mois : une dizaine de jours pour Starr, environ cinq semaines pour McCartney, jusqu’à la mi-avril pour Lennon et Harrison.

8. Le motif de la rupture avec le fondateur du centre est établi. Non. L’accusation rapportée sur place n’a jamais été démontrée, la personne présumée concernée l’a démentie, et Harrison comme McCartney ont ensuite estimé qu’elle était infondée. La chanson qu’elle a inspirée a d’ailleurs été renommée pour éviter une action en justice.

9. « Revolution » existe en une seule version. Non. Trois enregistrements distincts sont publiés dans l’année : une version lente sur l’album, une version rapide en face B du single d’août, et un collage sonore de huit minutes.

10. La société du groupe a été créée en 1968. Non. Elle existe depuis 1967, initialement pour des raisons fiscales. 1968 est l’année de son lancement public, de l’ouverture de ses bureaux et de la création de sa maison de disques.

11. Le magasin de vêtements a été un caprice sans conséquence. À nuancer. Il a fermé le 30 juillet 1968 après huit mois, avec des pertes se chiffrant en dizaines de milliers de livres, et son échec est le premier indicateur public de l’absence de contrôle de gestion.

12. La stéréo est la version de référence de l’album de 1968. Pas encore. C’est le dernier album des Beatles à bénéficier d’un mixage mono distinct destiné au commerce britannique, comportant de nombreuses différences avec la stéréo. Le mono reste ici un document à part entière.

 

Janvier 1968

  • 1er Janvier 1968 : Pete Shotton abandonne sa place de manager de la boutique Apple, et devient le secrétaire privé de John.
  • 5 Janvier 1968 : Diffusion sur la BBC2 de « Magical Mystery Tour » en couleur.
  • 5 Janvier 1968 : George Harrison est au studio 2 de EMI Londres, où il enregistre « Wonderwall Music ».
  • 5 Janvier 1968 : John rencontre son père à Kenwood. Suite à cette rencontre John confie le jour même au Daily Miror  » A partir de ce jour, j’espère que nous serons régulièrement en contact ».
  • 6 Janvier 1968 : L’album des Beatles « Magical Mystery Tour » atteint la première place des charts américains.
  • 6 Janvier 1968 : Le single des Beatles « Hello Goodbye » conserve la première place des charts américains pour la deuxième semaine.
  • 7 Janvier 1968 : George Harrison quitte l’Angleterre pour visiter l’Inde. là bas, il en profite pour enregistrer la musique indienne enregistrée sur son disque « Wonderwall Music ».
  • 9 Janvier 1968 : George Harrison est aux Studios de EMI à Bombay, où il travaille sur « Wonderwall Music ».
  • 11 Janvier 1968 : L’émission « Top of the Pops » diffuse la version censurée du clip « Hello Goodbye » des Beatles.
  • 12 Janvier 1968 : EMI Recording Studio, Phirozeshah Mehta Rd, Fort, Bombay, Inde.  Afin de poursuivre la production de la bande sonore de Wonderwall music, George s’envole pour l’Inde le 7 janvier pour une série de sessions de cinq jours au studio EMI’ de Bombay. (Le 5 janvier, avant de partir, George a produit une autre session dans le studio deux d’Abbey Road’ , de 19h00 à 3h00, et il y a terminé l’enregistrement de la bande sonore le 30 janvier). Les sessions à Bombay, avec des musiciens locaux, ont commencé le 9 janvier et se sont terminées le 13, le travail de’ commençant chaque jour vers 10h00 et se terminant vers 19h00.

    Le 12 janvier, Wonderwall est pratiquement terminé et, souhaitant ne pas perdre de temps en studio et ne pas sous- utiliser les musiciens, George produit un certain nombre de ragas (morceaux de musique traditionnelle hindoue) en vue de leur utilisation éventuelle sur les disques des Beatles. L’un d’entre eux, qui deviendra The Inner Light‘ , possède une mélodie exquise et est effectivement publié par les Beatles après que les overdubs aient été enregistrés à Abbey Road les 6 et 8 février.

    Seule la piste instrumentale de « The Inner Light » a été enregistrée à ce moment-là, en cinq prises. La composition précise des musiciens n’est pas connue, mais il s’agirait d’une sélection des personnes suivantes, toutes employées par George ici à Bombay : Ashish Khan (sarod), Mahapurush Misra (tabla et pakavaj), Sharad Jadev et Hanuman Jadev (shanhais), Shambu-Das, Indril Bhattacharya et Shankar Ghosh (sitars). Chandra Shakher (sur-bahar), Shiv Kumar Sharmar (santorr), S R Kenkare et Hari Prasad Chaurasia (flûtes), Vinayak Vohra (taar shehnai) et Rijram Desad (dholak, harmonium et tabla- tarang).

    Note : George n’a pas joué lui-même sur aucun des enregistrements de Wonderwall, même si l’album fini Wonderwall Music lui a été attribué. Il s’agit du premier LP publié sur le label Apple’ des Beatles, sorti en Grande-Bretagne le vendredi 1er novembre 1968. Le film lui-même a été dévoilé au Festival de Cannes, en France, le vendredi 17 mai, en présence de George, mais aussi de Ringo

  • 12 Janvier 1968 : La société de production filmographique des Beatles, « Beatles Film Productions, Ltd. » devient Apple Films, Ltd..
  • 13 Janvier 1968 : Le single des Beatles « Hello Goodbye » est premier des charts américains pour la troisième semaine.
  • 18 Janvier 1968 : George Harrison rentre en Angleterre après un séjour en Inde.
  • 19 Janvier 1968 : Le groupe Grapefruit publie son disque « Dear Delilah » produit par John et Paul.
  • 22 Janvier 1968 : Les Beatles installent leurs bureaux au 95 Wigmore St. à Londres.
  • 25 Janvier 1968 : Bien que Yellow Submarine ait été, soit et sera toujours considéré comme un film d’animation, les Beatles ont été cajolés pour faire une apparition personnelle devant la caméra à la toute fin de ce qui était, après tout, censé être leur propre film. On pourrait avancer un certain nombre de raisons à cela : peut-être s’agissait-il simplement d’un moyen de convaincre le public que les Beatles avaient été étroitement associés à la production – même si ce n’était pas le cas.  Le tournage de leur apparition en camée, soigneusement scénarisée, a eu lieu cet après-midi à Twickenham, après les essais et les répétitions obligatoires devant la caméra. La première mondiale de Yellow Submarine, à laquelle les Beatles ont assisté, a eu lieu au cinéma London Pavilion, dans le centre de Londres, le mercredi 17 juillet 1968. Le film a été présenté aux États-Unis, à New York, le mercredi 13 novembre.
    Note : Yellow Submarine a été assemblé en grande partie dans les studios de TVC (TV Cartoons), une société dirigée par le réalisateur du long métrage’ , George Dunning, et située dans Dean Street, dans le quartier de Soho, au centre de Londres. Lorsque les Beatles se sont rendus à TVC au début du mois de novembre 1967 (la date exacte n’est pas documentée), ils ont été filmés en train de fouiller dans les celluloïdes, pour être inclus dans un court- métrage promotionnel de sept minutes intitulé A Mad Odyssey, réalisé pour le compte de United Artists par une société américaine, Tarot Associates. Le film comprend également des images décalées des Beatles à Twickenham ce jour-là (25 janvier 1968). A Mod Odyssey a été diffusé à la télévision américaine par NBC le samedi 12 octobre 1968, immédiatement après la projection de Help ! dans la tranche 21h00-23h00 (EST).
    D’autres images des Beatles à la TVC, quoique très brèves, ont été incluses dans une bande- annonce du long métrage distribuée dans les cinémas : on y voit les Beatles assis sur un canapé, censés regarder et apprécier le film projeté sur un écran situé derrière la caméra. 
  • 27 Janvier 1968 : Kenny Everett s’est rendu chez John dans le Surrey ce jour-là pour enregistrer une interview pour sa série du dimanche matin sur BBC Radio 1, The Kenny Everett Show. Elle a été diffusée huit jours plus tard, le 4 février, entre 10h00 et 12h00. 
  • 30 Janvier 1968 : Le premier numéro de la série d’émissions de télévision de Cilla Black, intitulée « Cilla » est diffusé. Le générique, « Step inside love » est une chanson composée par Paul et interprétée par Cilla.
  • 30 Janvier 1968 : George complète le travail sur lalbum ’Wonderwall’ aux studios EMI à Londres.

Février 1968

  • 1er Février 1968 : Répétitions de jour hors caméra pour Ringo au studio de la BBC. des locaux spécialement désignés à North Acton, dans l’ouest de Londres, avec Cilla Black, son apparition en tant qu’invité dans son émission télévisée, qui sera diffusée en direct le mardi soir suivant.
  • 1er Février 1968 : La télévision italienne diffuse un documentaire durant lequel on voit les Beatles et Donovan en Inde.
  • 2 Février 1968 : Pendant que Ringo s’adonne à des répétitions de jour pour Cilla, George Martin travaille à Abbey Road, de midi à 13 heures, pour faire une copie de la piste vocale de « Only A Northern Song« , probablement pour aider sa contribution à la bande sonore de Yellow Submarine, qui est sur le point d’être terminée.
  • 3 Février 1968 :Le voyage des Beatles’ en Inde pour étudier avec le Maharishi Mahesh Yogi, souvent reporté, est imminent. John et George s’envolent le 15 février, Paul et Ringo quatre jours plus tard. Comme ils ne devaient pas revenir avant la fin avril,’ ils ont décidé d’enregistrer un nouveau single qui sortirait in absentia à la mi-mars. Cette série de sessions concentrées, qui se terminent le 11 février, est plus productive que prévu et donne naissance à quatre nouvelles chansons, toutes mixées et prêtes à être publiées. Le premier de ces morceaux est « Lady Madonna » de Paul  » . Trois prises de piano et de batterie ont été enregistrées entre 14h30 et 18h00, puis de 19h00 à 12h00, les Beatles ont ajouté une basse, des guitares fuzz, une batterie et des voix principales et secondaires.
  • 4 Février 1968 :La proposition de John pour le nouveau single est le philosophique  » Across The Universe « , commencé ce jour-là et terminé le 8. Six prises ont été enregistrées (il n’y avait pas de troisième prise, elles ont donc été numérotées de une à sept) entre 14h30 et 17h30, puis – John s’estimant le plus satisfait de la septième prise – les Beatles ont entamé une session de 20h00 à 02h00 du matin pour faire du doublage sur cette prise. Mais après que John ait enregistré sa contribution vocale, avec la machine tournant au ralenti pour la reproduire en accéléré, Paul et lui se sont rendu compte que la chanson manquait d’harmonies de fausset. Trouver deux chanteuses un dimanche soir sans arrangement préalable aurait normalement été impossible, mais pour les Beatles, il suffisait de sortir de la façade des studios EMI et d’inviter à l’intérieur deux des nombreux fans qui se rassemblaient là lorsque les Beatles enregistraient. C’est ce que fait Paul, en choisissant Lizzie Bravo, une Brésilienne de 16 ans qui vit temporairement près d’Abbey Road, et Gayleen Pease, une Londonienne de 17 ans, qui sont naturellement ravies d’être les seules fans jamais invitées à participer à un enregistrement des Beatles. Une fois que les filles ont enregistré leurs harmonies « nothing’s gonna change our world », elles quittent le studio pour que les Beatles puissent enregistrer d’autres overdubs. Ceux- ci comprenaient trois effets inhabituels : le premier était « Hums Wild », une prise de 15 secondes de bourdonnement, enregistrée et overdubée trois fois de plus pour remplir la bande à quatre pistes, la deuxième était un morceau de guitare, la troisième un son de harpe, le boîtier de la bande indiquant que ces deux dernières devaient  » être jouées à l’envers »  » . Au moins deux d’entre elles,` Hums Wild’ et la guitare jouée à l’envers, ont été temporairement insérées dans ‘Across The Universe’ suffisamment longtemps pour que John puisse en faire une copie 71⁄2 ips à emporter chez lui. 
  • 4 Février 1968 : Diffusion de l’émission  » The Kenny Everett Show  » par la radio  » BBC Radio I  » à laquelle les Beatles participent.
  • 5 Février 1968 : Après les répétitions à North Acton le jeudi et le vendredi précédents, les préparatifs de Cilia, avec Ringo Starr comme invité, se sont déplacés au Television Theatre de la BBC’ sur Shepherd’ s Bush Green dans l’ouest de Londres – pour des répétitions caméra de 13h30 à 17h30 et de 18h30 à 22h00.
  • 6 Février 1968 : En moins de six ans, Ringo a parcouru un long chemin depuis qu’il a joué avec Rory Storm et les Hurricanes à Butlin’ s, Skegness. Au cours des 50 minutes de cette apparition télévisée, en tant qu’invité de Cilla Black dans la deuxième édition de sa nouvelle série en direct Cilia, il a fait preuve d’un talent multiforme en tant qu’amuseur complet du show-business. (Cilia aussi, soignée par Brian Epstein – il a arrangé cette série peu avant sa mort – avait clairement parcouru un long chemin depuis le Cavern Club et le St John’ s Hall, Tuebrook).  Après les réentendus de 10h30 à 13h00 et de 14h00 à 18h30, Ringo est apparu plusieurs fois dans le spectacle en direct, diffusé par BBC1 de 20h00 à 20h50 depuis le Television Theatre. On le voit au tout début, lorsque la caméra passe en revue les invités de la semaine (Spike Milligan et le ventriloque Peter Brough – avec sa marionnette » Educating » Archie Andrews – sont parmi les autres) et il participe ensuite à deux sketches, d’abord en tant que ventriloque, avec Cilla – vêtue d’un jupon et de nattes, et appelée Ariadne – sa marionnette, se réunissant pour une version de « Nellie Dean » ; puis il a fait un duo avec Cilla sur « Do You Like Me ?Ringo faisant des claquettes vers la fin du morceau. (‘Nellie Dean’ , écrite en 1905 par H W Armstrong, était un standard de l’entre-deux-guerres ; ‘Do You Like Me ?’ , écrite par Herbert Darnley, était tirée de la revue The Bing Girls Are There de 1917, chantée alors par Violet Loraine et Joseph Coyne). La chanson fétiche de Cilla était « Step Inside Love », écrite spécialement pour elle, dans ce but, par Paul McCartney. Bien qu’elle n’ait apparemment jamais été diffusée en Grande- Bretagne, la BBC a produit une sorte de film promotionnel pour « Step Inside Love »‘ . Paul était face à la caméra pendant la majeure partie de ce clip de deux minutes, qui a été tourné dans un studio d’enregistrement pendant que Cilla répétait en s’accompagnant à la guitare acoustique. La date de tournage n’est pas connue ; il pourrait s’agir du 21 novembre 1967 (au cours de cette soirée, les Beatles ont également été filmés pour Top Of The Pops), lorsque Cilia a enregistré la chanson pour la première fois, aux Chappell Studios dans le centre de Londres. (La version figurant sur le single est cependant une reprise, enregistrée chez EMI le 28 février 1968 alors que Paul était en Inde). Pendant que Ringo était occupé avec Cilia à la BBC, les trois autres Beatles ont passé pratiquement 12 heures à EMI, bien qu’une pause nette dans la session – ils ont travaillé de 14h30 à 20h puis de 21h à 2h du matin – indique qu’ils ont pris le temps de regarder son apparition en direct à la télévision, probablement chez Paul’ , non loin de là. The Inner Light  » est pratiquement terminé au cours de la première session, George ajoutant des voix à une copie de la piste arrière de Bombay, puis mixant l’enregistrement en mono. La session de 21 heures a vu l’achèvement de’ Lady Madonna‘ , avec l’ajout d’une deuxième voix principale par Paul, d’un deuxième morceau de piano, de claquements de mains, de chœurs par Paul, John et George, d’une imitation vocale des cuivres pour la section du milieu et, enfin, dans une décision tardive, d’une véritable section de saxophone four -man, recrutée à la hâte chez EMI par le fixateur de session Laurie Gold. Harry Klein et Bill Jackman ont contribué au saxophone baryton, Ronnie Scott (le propriétaire de la boîte de nuit londonienne) et Bill Povey au ténor. Maintenant terminé,’ Lady Madonna‘ a été mixé en mono avant la fin de la session.
  • 8 Février 1968 : À l’exception d’un bref overdub vocal de John et Paul sur The Inner Light’ et du mixage mono final de cette chanson’ , cette session de 14h30 à 21h a été consacrée à l’achèvement de ‘Across the Univers’. La session de 14h30 à 21h00 est consacrée à l’achèvement de « Across The Universe », les Beatles essayant une variété de sons et d’instruments. Malgré tous leurs efforts, John n’est pas satisfait de son travail, qui n’a manifestement pas réussi à capturer l’atmosphère que lui seul, en tant qu’auteur, pouvait reconnaître – et c’est ce qu’il a fait lors d’une session de mixage mono entre 22h00 et 12h15, il n’a pas pu s’opposer à la décision du groupe de choisir’ Lady Madonna’ comme face A du single prévu et ‘The Inner Light’ comme face B, reléguant ‘Across The Universe’, inutilisé, sur l’étagère de la bibliothèque.
    Spike Milligan, qui assiste à la session en tant qu’invité de George Martin, demande la permission d’inclure « Across The Universe » sur un album de charité au profit du World Wildlife Fund, un projet qu’il a conçu en décembre 1967. Les Beatles ont accepté. ‘Mais le disque – No One’ s Gonna Change Our World, le titre étant basé sur les paroles de ‘Across The Universe’ – n’est pas sorti avant décembre 1969, et à cette fin, la chanson a été agrémentée d’effets sonores d’animaux sauvages lors d’une session de mixage stéréo chez EMI le 2 octobre 1969. Cet enregistrement de février 1968 a été publié sans ces effets – mais avec de nombreux autres ajouts – sur l’album Let It Be, après que Phil Spector ait effectué de nombreux travaux supplémentaires (voir 23 mars 1970 et 1er avril 1970). 
  • 11 Février 1968 : Les Beatles sont certainement très productifs à cette époque. Ils avaient enregistré trois chansons si rapidement, en quatre séances seulement, qu’une séance de 14 h 30 à 12 h 00 au studio deux prévue pour le samedi 10 février fut annulée. Or, le 11, ils sont venus chez EMI pour tourner un clip promotionnel pour’ Lady Madonna’ , les montrant au travail dans le studio. Mais pourquoi ce tournage ? Au lieu de simuler une session de’ Lady Madonna’ , ils ont commencé, terminé et mixé une toute nouvelle chanson, ‘Hey Bulldog’ de John, soumise pour Y ellow Submarine à la place de ‘You Know My Name (Look Up The Number)‘ qui n’est pas encore terminée. (Bien qu’elle figure sur l’album de la bande originale du film à l’adresse’ , la séquence  » Hey Bulldog  » n’a été incluse que dans les copies britanniques du film. Les spectateurs américains ne l’ont pas vue).
    Pendant que les caméras tournaient, les Beatles ont enregistré dix prises de la piste rythmique de « Hey Bulldog‘  » et l’ont complétée par des overdubs. Puis, à la fin de cette session de 16h00 à 2h00 du matin, après la fin du tournage, ils ont assisté au mixage en mono.
    Pour le compte de la toute nouvelle entreprise Apple Films, le tournage a été supervisé par Tony Bramwell, également réalisateur en l’absence de toute personne reconnue à ce poste. Non pas un mais deux clips couleur 35 mm ont été montés ultérieurement à partir des séquences de la session, fondamentalement similaires mais avec des différences nettes entre les plans.
    NEMS Enterprises a distribué les clips aux chaînes de télévision britanniques et américaines. L’un d’entre eux a été projeté à quatre reprises au Royaume-Uni, à chaque fois en noir et blanc et sur BBC1 : dans Top Of The Pops les jeudis 14 mars et 4 avril (les deux éditions de 19h30 à 20h), dans All Systems Freeman le vendredi 15 mars (18h40 à 19h05) et dans l’édition de la première partie de Top Of The Pops ’68 le jour de Noël (13h25 à 14h10). La première transmission télévisée américaine de’ Lady Madonna’ , en couleur, a eu lieu sur ABC’ ‘s The Hollywood Palace le samedi 30 mars (21h30-22h30, EST). 
  • 14 Février 1968 : Mal Evans quitte l’Angleterre un jour avant les Beatles, en vue de se rendre en Inde et préparer les lieux d’accueil des Beatles là-bas.
  • 15 Février 1968 : John et George quittent l’Angleterre pour Rishikesh pour un séjour de méditation de 11 semaines.
  • 15 Février 1968 : Studio Three, EMI Studios, Londres. Une session de 16h30 à 18h qui a produit le master mono des singles de’ Lady Madonna’ . (Son premier mixage stéréo a été préparé le 2 décembre 1969). Le single est sorti en Grande-Bretagne le vendredi 15 mars.
  • 16 Février 1968 : George, Patti, John et Cynthia arrivent à Delhi, en Inde.
  • 19 Février 1968 : Paul, Jane, Ringo et Maureen embarquent pour l’Inde à l’aéroport de Londres.
  • 24 Février 1968 : Le « London Evening Standard » publie une interview de Paul dans laquelle il déclare « Plutôt que d’essayer d’amasser le plus d’argent possible, nous mettons en place un nouveau système d’aide chez Apple. Une manière de communisme à l’occidentale. nous avons tout l’argent dont nous avons besoin. J’ai une maison, des voitures, et tout ce que l’argent peut acheter… ».
  • 25 Février 1968 : George Harrison célèbre son anniversaire en Inde en compagnie des autres Beatles et du Maharishi.

Mars 1968

  • 8 Mars 1968 : Publication du 45T de Cilla Black, « Step inside love », composé par Paul McCartney.
  • 8 Mars 1968 : Publication du 45T de Paul Jones « And the Sun Will Shine » sur lequel Paul joue de la batterie.
  • 9 Mars 1968 : Les Beatles reçoivent 4 Grammy Awards pour l’album « Sgt Pepper’s ».
  • 13 Mars 1968 : Publication en Suède du single des Beatles « Lady Madonna/The Inner Light » qui restera 8 semaines dans les charts et atteindra la 1ère position.
  • 14 Mars 1968 : Diffusion en noir et blanc du film promotionnel de « Lady Madonna » au cours de l’émission « Top of the Pops » de BBC1.
  • 15 Mars 1968 : Publication en Grande Bretagne du single des Beatles « Lady Madonna/The Inner Light », qui restera 6 semaines dans les charts et atteindra la première place.
  • 15 Mars 1968 : La BBC1 diffuse le clip de « Lady Madonna » en Noir et Blanc, durant l’émission « All Systems Freeman ».
  • 15 Mars 1968 : Publication en France du single des Beatles « Lady Madonna / The inner light » (ODEON-EMI FO 111).
  • 18 Mars 1968 : George et Pattie Harrison sont libérés sur caution après leur arrestation pour détention de drogue le 12 Mars.
  • 18 Mars 1968 : Publication aux Etats Unis du single « Lady Madonna/The Inner Light », qui restera 11 semaines au Billboard et atteindra la 4ème place.
  • 18 Mars 1968 : Dépôt légal en France par Odeon-EMI, du 45 tours FO 111 des Beatles contenant les titres : Lady Madonna, The inner Light.
  • 23 Mars 1968 : Ringo Starr assiste à la projection privée du film « Le Tour du Monde en 80 jours d’Elizabeth taylor et Richard Burton, et assiste à la soirée qui suit au Dorchester Hotel.
  • 26 Mars 1968 : Paul, Jane et Neil Aspinall retournent en Angleterre après leur séjour à Rishikesh.
  • 30 Mars 1968 : Première diffusion en couleur à la télévision américaine du clip de « Lady Madonna », lors de l’émission « The Hollywood Palace ».
  • 30 Mars 1968 : Le single « Lady Madonna » atteint la première place des charts singles anglais.
  • 31 Mars 1968 : George et Patti, après avoir été arrêté le 12 Mars, libérés le 18 pour détention de drogue, sont jugés et condamnés à 250 livres.

Avril 1968

  • 4 Avril 1968 : L’émission de la BBC « Top of the Pops » diffuse le clip « Lady Madonna » en noir et blanc.
  • 6 Avril 1968 : Publication de l’album « Sher-oo! » de Cilla Black, produit par George Martin, et distribué par Parlophone Records, sous la référence PMC/PCS7041 (Mono/Stereo).
  • 11 Avril 1968 : Publication en Suède de l’album « Magical Mystery Tour ».
  • 12 Avril 1968 : John, Cynthia, George, et Patti reviennent précipitament à Londres de Rishikesh.
  • 20 Avril 1968 : La société Apple lance une annonce dans divers journaux pour demander aux artistes de leur envoyer leurs oeuvres.

Mai 1968

  • 1er Mai 1968 : Les Beatles, de par l’intermédiaire d’Apple crée le label Zapple, destiné à promouvoir l’art et la musique Underground.
  • 4 Mai 1968 : Mary Hopkin remporte une victoire sur ITV dans un show intitulé « Opportunity Knocks ».
  • 5 Mai 1968 : Mary Hopkin, artiste produite par Apple, est l’invitée de l’émission « Opportunity Knocks ».
  • 9 Mai 1968 : John et Ringo discutent de l’opportunité, de par le biais de la Société Apple, d’ouvrir une école pour les enfants.
  • 11 Mai 1968 : John et Paul s’envolent pour les Etats Unis afin de promouvoir leur société de production « Apple », mais aussi mettre fin à la rumeur prétendant qu’ils sont proches du Maharishi Mahesh Yogi.
  • 12 Mai 1968 : Paul et John sont aux Etats Unis et donnent une interview dans le cadre de la promotion de Apple.
  • 13 Mai 1968 : Paul et John sont aux Etats Unis et donnent une interview dans le cadre de la promotion de Apple.
  • 14 Mai 1968 : Le samedi 11 mai, John et Paul s’envolent ensemble vers les États-Unis pour la première fois depuis la dernière tournée de concerts des Beatles en août 1966. Cette fois, leur objectif est tout autre. Restant à New York et portant leurs chapeaux d’hommes d’affaires, ils vont dévoiler officiellement l’entreprise Apple Corps du groupe par le biais d’une série d’interviews avec la presse « sérieuse »  » (toute la journée du lundi 13 à l’hôtel St Regis), d’une conférence de presse (13 h 30 à l’hôtel Americana le mardi 14) et d’une apparition dans l’émission The Tonight Show de NBC-TV’ (plus tard ce même jour). Ils ont également eu une réunion d’affaires avec Apple à bord d’une jonque chinoise «  » naviguant autour de la Statue de la Liberté (l’après-midi du dimanche 12). Tous ces événements se sont déroulés comme prévu ; de plus, une fois à New York, John et Paul ont accepté d’enregistrer une longue interview du journaliste Mitchell Krause pour la diffuser sur la chaîne de télévision éducative locale WNDT – canal 13 à New York City. L’interview a été enregistrée dans l’après-midi du mardi (probablement dans les locaux de la station, à l’adresse’ , sur la 46e rue Est ; sinon, dans un autre studio de WNDT, à l’angle de la 55e rue Ouest et de la 9e avenue) et a été diffusée dans l’émission Newsfront le soir suivant, le mercredi 15 mai, de 22 heures à 23 heures, heure locale (EST). En raison de la demande des téléspectateurs, elle a également été répétée la semaine suivante, probablement le vendredi 24 mai. L’apparition de John et Paul au Tonight Show a été enregistrée dans le studio 6B du Rockefeller Center le mardi en début de soirée pour être projetée quelques heures plus tard. À New York, elle a été diffusée de minuit à 1 heure du matin, et les deux Beatles l’ont visionnée à leur résidence pour ces quelques jours à New York : l’appartement de l’avocat Nat Weiss, principal partenaire commercial de Brian Epstein aux États-Unis, au 181 East 73rd Street.  En l’absence de Johnny Carson, le présentateur habituel du Tonight Show, cette édition était animée par le joueur de baseball de la ligue majeure Joe Garagiola, qui ne savait pas trop quelles questions poser aux deux Beatles pour ce qui était, après tout, la première apparition de l’un ou l’autre dans une émission de télévision américaine. ‘Et la situation n’a pas été facilitée par la présence sur le canapé du Tonight de Tallulah Bankhead, une actrice de 66 ans à la voix grave, qui ne semblait pas très disposée à se laisser distancer par les jeunes hommes à ses côtés (‘ ). (Elle était la première invitée de l’émission, avant que John et Paul n’entrent en scène.) Dans l’ensemble, ce fut une apparition quelque peu décevante, que John et Paul auraient observée dans un silence de pierre quelques heures plus tard, de retour dans le confort de l’appartement de Nat Weiss’ . Au cours de ces quelques jours – la date n’est pas connue mais il s’agit probablement de ce même mardi – John et Paul ont filmé une autre interview télévisée, cette fois avec Larry Kane, le disc-jockey de Miami qui avait été l’un des plus fervents et des plus sympathiques supporters des Beatles’ depuis leur arrivée aux États-Unis en février 1964. Aucune information sur la transmission n’est connue pour cette interview, et il est possible qu’elle ne soit toujours pas diffusée.  John et Paul reprennent l’avion pour Londres dans la nuit du mercredi 15 mai, pour arriver tôt le matin du jeudi 16.
  • 15 Mai 1968 : John et Paul, après la campagne de promotion d’Apple aux Etats unis quittent le pays pour retourner en Angleterre.
  • 16 Mai 1968 : Arrivée de Paul et John à Londres après la campagne de promotion d’Apple aux Etats unis.
  • 16 Mai 1968 : Première du film « Wonderwall Music », lors du Festival de Cannes.
  • 17 Mai 1968 : Ringo, son épouse Maureen, et George et son épouse Patti sont à Cannes pour la première du film « Wonderwall ».
  • 17 Mai 1968 : Publication de l’album « McGough » de Mike McGear & Roger McGough, produit par Paul McCartney.
  • 18 Mai 1968 : John Lennon invite Yoko Ono à passer quelques jours à Kenwood, pendant l’absence de Cynthia.
  • 19 Mai 1968 :La date probable (bien qu’elle se soit longtemps avérée impossible à corroborer) de l’union de John Lennon et Yoko Ono,’ . Après s’être rencontrés le 9 novembre 1966 et avoir entretenu par la suite des contacts occasionnels, c’est maintenant qu’ils deviennent un couple. Ou, pour résumer l’histoire bien connue, c’est la nuit où John a invité Yoko dans sa maison du Surrey (sa femme Cynthia étant en vacances à l’étranger), où ils ont fait des collages sonores ensemble et ont consommé leur nouvel amour à l’aube. Moins de six mois plus tard, John et Cynthia ont divorcé, moins de neuf mois plus tard, Yoko a divorcé de son mari (le cinéaste Tony Cox) et moins de dix mois plus tard, le 20 mars 1969, John et Yoko se sont mariés.
    La nuit mérite une entrée dans ce livre uniquement en raison de ces enregistrements, qui ont été publiés sous forme d’un album intitulé Unfinished Music No 1 : Two Virgins le vendredi 29 novembre, crédité à John Lennon et Yoko Ono. Il s’agissait d’un déluge ininterrompu d’effets sonores d’avant- garde, hors de portée de presque tout le monde, et il était logé, comme le monde entier le sait sûrement, dans une pochette où figuraient, au recto, la vue de face de John et Yoko nus, et au verso, la vue nue du derrière de John et Yoko. Interdit, impitoyablement critiqué et attaqué, il a atteint la 124e place au Billboard et n’a pas réussi à figurer au hit-parade en Grande-Bretagne, bien que les positions au hit-parade ne soient pas pertinentes.
    Two Virgins n’était que le début d’un grand nombre d’œuvres privées de John et Yoko, tant audio que visuelles, dont la plupart ne peuvent être rattachées à une date précise (pour les besoins de ce livre) et qui, de toute façon, n’ont pas toutes été mises à la disposition du grand public, toujours réticent. Parmi les projets réalisés en 1968 (dont certains ne seront publiés qu’en 1969) figurent les films Smile, Two Virgins et Rape, ainsi que les enregistrements de l’album Unfinished Music No 2 : Life With The Lions.
  • 20 Mai 1968 : Les Beatles se rendent dan la maison de George à Esher et travaillent sur les démos des futures chansons du Double Blanc.
  • 21 Mai 1968 : Andy Williams donne un concert au Royal Albert Hall de Londres. Paul y assiste.
  • 22 Mai 1968 : George, John et Yoko se rendent au cocktail de presse pour le lancement de la seconde boutique de vêtements Apple.
  • 23 Mai 1968 : Preuve que la musique pop/rock est désormais prise au sérieux alors qu’elle était auparavant considérée comme triviale, des documentaires commencent à apparaître à cette époque pour tenter de percer le vernis et examiner ce phénomène encore jeune. Le producteur et réalisateur britannique Tony Palmer est le premier à entreprendre un tel projet avec son film de la BBC A ll My Loving, diffusé pour la première fois sur BBC1 en noir et blanc dans le cadre de la série artistique Omnibus le dimanche 3 novembre 1968 (22h40-23h35) et repris en couleur par BBC2 le dimanche 18 mai 1969 (21h30-22h25). Neuf ans plus tard, Palmer est encore plus ambitieux : il réalise pour London Weekend Television une série de 17 films de 50 minutes sur l’histoire de la musique populaire, dont le titre est également tiré d’une chanson des Beatles, A ll Y ou Need Is Love. Paul et Ringo ont apporté des contributions personnelles et individuelles à A ll My Loving sous la forme d’interviews exclusives filmées à l’intérieur d’une salle de contrôle non identifiée à Abbey Road ce jour-là. Ont également été interviewés, à des moments et dans des lieux différents, George Martin, le nouvel attaché de presse d’Apple, Derek Taylor, et Louise, la mère de George Harrison’ , tandis que de petites bribes de matériel d’archives ont été intégrées à la production finale, notamment des images d’actualité des Beatles à Rishikesh, une interview du Maharishi, des scènes de Beatlemania vers 1964, John et Paul au Tonight Show le 14 mai, et quelques extraits muets du tournage promotionnel de` Lady Madonna’ le 11 février.
  • 23 Mai 1968 : Ouverture d’une 2eme boutique Apple sise 161 Kings Road à Chelsea.
  • 23 Mai 1968 : Enregistrement de l’émission de télévision « All My Loving » diffusée par BBC I à laquelle les Beatles assistent.
  • 26 Mai 1968 : Cynthia Lennon rentre à Kenwood, et découvre que Yoko Ono s’est installée dans la villa.
  • 26 Mai 1968 : Paul réalise un film promo pour Elevator, nouveau 45 T du groupe Grapefruit.
  • 26 Mai 1968 : Les Beatles sont chez George à Esher pour enregistrer les demos des chansons qui constitueront leur prochaine album ’The Beatles’ (ou ’le double blanc).
  • 30 Mai 1968 : Les Beatles sont au studio 2 d’Abbey Road. Les semaines de détente en Inde ont donné lieu à une récolte abondante de nouvelles compositions. Vers la troisième semaine de mai, les Beatles se réunissent à « Kinfauns’ « , le bungalow de George à Esher, dans le Surrey, et enregistrent 23 démos à l’aide de l’Ampex à quatre pistes de George’ . La plupart d’entre eux, mais pas tous, ont fini sur le prochain LP des Beatles’ , le double ensemble communément appelé le` White Album’ mais en réalité intitulé, simplement, The Beatles. Voici, dans l’ordre probable d’enregistrement, ces 23 démos, le compositeur principal et toute autre information pertinente notée entre parenthèses : `Cry Baby Cry’ (John) / `Child Of Nature’ (John ; jamais enregistré professionnellement par les Beatles, il a mis un nouveau texte sur cette mélodie en 1971 et l’a sorti alors sous le nom de `Jealous Guy’ ) `Bungalow Bill’ (John) / `I’ m So Tired’ (John) / Yer Blues’ (John), Everybody’s got something to hide except me and my monkey (John) / `What’ s The New Mary Jane’ (John ; enregistré chez EMI du 14 août 1968 au 26 novembre 1969 mais inédit) / ` Revolution’ / Circles’ (George ; jamais enregistré professionnellement par les Beatles, il a sorti cette chanson pour la première fois en 1982) / Sour Milk Sea’ (George ; jamais enregistré professionnellement par les Beatles, il a fait don de cette chanson à Jackie Lomax en été 1968 ) /  Not Guilty’ (George ; enregistré par les Beatles chez EMI du 7 au 12 août 1968 mais non publié par eux. Il a publié une version solo en 1979) / Piggies‘ (George) /  Julia’ (John) /  Blackbird’ (Paul) /  Rocky Raccoon’ (Paul) / Back In The USSR (Paul) / `Honey Pie’ (Paul) / `Mother Nature’ ‘s Son’ (Paul) / ‘Ob-La-Di, Ob-La-Da’ (Paul) / Junk’ (Paul ; jamais enregistré professionnellement par lesBeatles, il a publié cette chanson pour la première fois en 1970 sur son premier album solo) Dear Prudence’ (John) Sexy Sadie (John)
    Le 14 mai, les sessions des Beatles à l’EMI ont été réservées du lundi au vendredi pour une période de dix semaines, du 20 mai au 26 juillet, de 14h30 à 12h00 chaque jour. Cependant, ce n’est qu’en juillet que le groupe a commencé à respecter cet horaire, et la première séance a effectivement eu lieu avec dix jours de retard, ce jour-là (30 mai).
    La première chanson enregistrée pour les Beatles était « Revolution », bien qu’elle apparaisse sur le LP sous le titre « Revolution 1 » car, à cette époque, une version remaniée avait été publiée sous le titre « Revolution’  » (sur la face B de « Hey Jude »‘ ). L’album comprend également un collage d’effets sonores intitulé « Revolution 9 » qui est né directement de cette session initiale, de 14h30 à 2h40 du matin, lorsque les enregistrements des pistes rythmiques, jusqu’à la 18ème prise, ont été effectués. Cette 18e prise, d’une durée remarquable de 10 minutes et 17 secondes, a fait l’objet d’overdubs tout aussi remarquables le lendemain.
  • 31 Mai 1968 : Les Beatles sont au studio 3 d’Abbey Road. Cette session de 14h30 à 12h a vu l’overdubbing de la basse de Paul et de deux voix séparées de John Lennon sur la prise 18 de ‘Revolution 1′, un mixage de réduction de celle-ci en prise 19, plus d’overdubbing (des chœurs de Paul et George), et un mixage mono grossier du travail jusqu’à présent. À la fin de la session, les six dernières minutes de cet enregistrement de 10 minutes 17 secondes étaient le son d’un pur chaos – le son d’une « Révolution’ « , si vous voulez – avec des brouillages instrumentaux discordants, des larsens, John criant à plusieurs reprises « alright » et ensuite, simplement, criant à plusieurs reprises, simplement, des cris répétés, beaucoup de gémissements au micro de la part de John et de Yoko Ono, Yoko qui parle et dit des phrases farfelues telles que « vous devenez nu » « , et des effets sonores divers, faits maison. (Cette séance était la première de Yoko avec les Beatles et elle a assisté à pratiquement toutes les séances à partir de ce moment- là, restant aux côtés de John’ malgré les commentaires parfois subtils – et parfois flagrants – défavorables des autres).  Ainsi,  » Revolution  » était certainement une œuvre fascinante, mais pas une œuvre pour les singles, comme le considérait John à ce moment-là. Les six dernières minutes ne tarderont pas à être extraites pour former la base de « Revolution 9′ « . 

Juin 1968

  • 4 Juin 1968 : Une session d’overdubs inhabituels et d’expérimentations pour ‘Revolution 1’ , 14h30-1h00. John réenregistre sa voix principale – se portant énigmatiquement volontaire pour être compté à la fois « in » et « out » » s’il devait être question de destruction comme forme de révolution – et, tentant de modifier sa voix d’une manière ou d’une autre, il s’allonge à plat ventre sur le sol du studio trois pendant ce temps. Paul et George ajoutent un backing vocal persistant qui ressemble à « Mama Dada Mama Dada Mama Dada ». »
    Vers la fin de l’enregistrement de dix minutes, Ringo a ajouté quelques clics percussifs, John une partie de guitare à pédale, Paul une partie d’orgue et le groupe a ensuite passé du temps à créer deux boucles de bande, dont aucune n’a été utilisée. Un mixage mono brut de la prise 20 (qui était une réduction de la 19) et une copie supplémentaire de celle-ci ont été réalisés à la fin de la session pour être emportés par John et une autre personne (non nommée sur les documents du studio).
  • 5 Juin 1968 : Un jour particulièrement remarquable, car il marque le début de l’enregistrement de la première composition solo de Ringo, « Don’ t Pass Me By ». Étrangement, elle a commencé la session de 14h30 à 13h30 sous le nom de « Ringo’s Tune (Untitled) » et est ensuite devenue, tout aussi étrangement, « Ringo’s Tune (Untitled) » temporairement,  » This Is Some Friendly’ . C’est étrange parce que, dès 1963, la presse a rapporté et révélé dans u n e interview à la radio de la BBC que Ringo était à mi-chemin de l’écriture de sa propre chanson, et même alors, il l’appelait « Don’ t Pass Me By’ . Un morceau de base de piano (Paul) et de batterie (Ringo) a été enregistré en trois prises. Un autre morceau de piano et, curieusement, une cloche de traîneau de Noël ont ensuite été superposés, remplissant la bande à quatre pistes. Deux mixages de réduction ont suivi, la cinquième prise étant la « meilleure » « , sur laquelle d’autres overdubs de basse ont été appliqués ; puis cette prise est devenue la sixième via une autre réduction.
  • 6 Juin 1968 : Interview de John Lennon et Victor Spinetti, dans le cadre de l’adaptation théâtrale de « En flagrant délire ».
  • 6 Juin 1968 :Ringo et Paul continuent de travailler sur « Don’t Pass Me By », à partir de 14h45. Au cours de cette journée, ils reviennent d’abord à la prise cinq, effaçant les deux pistes de basse en faveur de deux voix principales de Ringo ; celle-ci est ensuite réduite à la prise sept, sur laquelle Paul overdubbed une nouvelle partie de basse. Il ne reste plus qu’une seule piste libre, qui sera conservée jusqu’au 12 juillet. Entre-temps, un mixage mono approximatif a été préparé et trois copies ont été faites pour être emportées.
    À un certain moment de la session, les Beatles ont reçu la visite en studio de Kenny Everett, qui leur a accordé une interview de groupe pour la diffuser dans la dernière édition (pour l’instant) de sa série hebdomadaire The Kenny Everett Show sur BBC Radio 1, le dimanche 9 juin (10h00-12h00). Encore plus bizarre que ses précédentes rencontres avec eux sur une base individuelle, cette « interview » a été totalement chaotique de la première à la dernière seconde. À l’instar d’Everett lui-même, les Beatles étaient anarchiquement indisciplinés, ne prononçant presque rien d’intéressant et se lançant avec plaisir dans de brèves parodies perverses de « Cotton Fields » des Beach Boys, de « River Deep, Mountain High » de Nilsson’ (John) et de « Goodnight Sweetheart » de Ray Noble’ (Ringo). Paul et John ensemble, puis Paul et Ringo ensemble, ont également enregistré des jingles pour l’émission d’Everett.
    On n’entendait pas George’ dans l’émission de Radio 1, mais il était évident, ainsi qu’une grande partie de l’enregistrement, lorsque l' »interview » a été pressée sous forme de disque de sept pouces par Apple et distribuée, pour une raison particulière, comme article promotionnel en Italie (Una Setsazionale lntervista Dei Beatles). Le disque était plus écoutable que l’émission d’Everett’ sur Radio 1, car celle-ci avait souffert de son habituelle surcharge d’écho et d’effets.
    Pendant que Ringo et Paul reprenaient ‘Don’t Pass Me By’ dans le studio 2, John s’est rendu ailleurs dans les studios EMI pour être interviewé, avec Victor Spinetti, pour un insert dans l’édition du samedi 22 juin de l’émission artistique Release sur BBC2 (diffusée de 22h05 à 22h45). Le tournage, en couleur, a eu lieu à partir de 17h00, John et Victor discutant avec Peter Lewis de la prochaine production du National Theatre de In His Own Write (qui a débuté le 18 juin), que Victor mettait en scène. Dans le contexte du programme, l’interview, après montage, a été divisée en quatre parties (d’une durée de 7 minutes 41 secondes, 4 minutes 14 secondes, 1 minute 35 secondes et 18 secondes), entre des extraits de la production tournés dans un studio de la BBC.
  • 6 Juin 1968 : Enregistrement de l’émission de radio  » The Kenny Everett Show  » diffusée sur BBC Radio I à laquelle les Beatles participent.

  • 7 Juin 1968 : George et Ringo s’envolent pour Hollywood.
  • 8 Juin 1968 : Session de travail sur « Revolution 9 » et « Blackbird.
  • 8 Juin 1968 : George Harrison participe au tournage du film « Raga » de Ravi Shankar.
  • 10 Juin 1968 : John Lennon travaille sur la chanson « revolution 9 ».
  • 11 Juin 1968 : John Lennon est au studio 3 d’Abbey Road et travaille sur « Revolution 9 ».
  • 11 Juin 1968 : Paul McCartney est au studio 2 d’Abbey Road et travaille sur « Blackbird.
  • 11 Juin 1968 : George Harrison est en Californie où il participe au tournage du film de Ravi Shankar.
  • 13 Juin 1968 : Enregistrement filmé de Paul avec la chanson « Blackbird  » en vue de la promo de Apple Records.
  • 15 Juin 1968 : John et Yoko plantent chacun un arbre à la cathédrale de Coventry, symbolisant leur rencontre.
  • 16 Juin 1968 :Une apparition de Paul dans un programme télévisé destiné à une diffusion exclusive aux États- Unis, enregistré en Angleterre avec un public anglais par l’animateur anglais David Frost et avec des invités entièrement britanniques (Frankie Howerd, Paul, Mary Hopkin).
    Un studio indépendant a été utilisé : les locaux de Stonebridge Park, juste au nord de Londres, d’InterTel (VTR Services), la société d’équipement qui avait déjà été impliquée dans les productions de films de promotion des Beatles. (Voir aussi 10-1I décembre I968 et 14 juin 1969).
    Initialement prévue pour être enregistrée le 2 juin, l’émission était, en fait, une vitrine de Frost pour les talents britanniques, et cette édition a été transmise, en couleur, le dimanche 23 février 1969 (18h00-19h00, EST) sous le titre David Frost Presents. Frankie Howerd, le comédien/acteur de stand-up (qui a bien failli être dans Help !) étant présenté à un large public américain pour probablement la première fois. Paul a été brièvement et de façon semi-humoristique interviewé par Howerd (les questions ont été écrites pour lui par Frost), discutant des Beatles’ , de sa jeune image (Paul’ ) et des différents projets Apple, ce qui a permis à Paul de présenter la jeune protégée du label’ , Mary Hopkin, qui a chanté deux chansons en s’accompagnant à la guitare acoustique.
  • 18 Juin 1968 : Première de « The John Lennon Play In his Own Write » adaptation scénique du livre de John « En flagrant délire ».
  • 20 Juin 1968 :L’absence de Paul – il s’est envolé pour Los Angeles une heure avant le début de cette session de 19h à 3h30 – n’a pas affecté le travail en cours : rassembler les ingrédients de la version master de « Revolution 9 ».
    Il s’agit d’une session mouvementée, John réquisitionnant les trois studios EMI pour faire tourner et enregistrer ses myriades de boucles de bande assemblées. Comme pour la session « Tomorrow Never Knows » deux ans plus tôt, il y avait des gens partout dans les locaux pour enrouler des boucles sur des magnétophones avec des crayons. Mais au lieu d’avoir Geoff Emerick assis à la console, les faisant entrer et sortir en fondu dans un mixage en direct, c’était John lui-même, avec Yoko à ses côtés.
    Le plus célèbre de tous les effets sonores de « Revolution 9 » a fait son apparition lors de cette session : la voix sans visage qui prononce « numéro neuf, numéro neuf, numéro neuf ». Cette voix provenait d’une cassette d’examen de la Royal Academy of Music conservée dans les archives d’EMI ; John l’a transformée en une boucle sans fin et l’a introduite dans le multipiste quand il en avait envie. Il a également ajouté une piste de mellotron et, avec George et Yoko, un certain nombre d’éléments parlés.
    L’enregistrement principal qui en a résulté était l’aboutissement d’une centaine d’effets, de boucles de bande, d’overdubs et autres, et toutes ces années plus tard, une écoute attentive peut encore révéler des sons jusqu’alors inconnus.
  • 21 Juin 1968 : « Révolution 1 » – qui porte désormais ce titre – a été achevée en 2h30. Session de 21h00 avec un overdub de cuivres, un mixage de réduction et l’ajout d’une partie de guitare solo. Les cuivres étaient Derek Watkins et Freddy Clayton (trompettes), Don Lang (de 6.5 Special tame), Rex Morris, J Power et Bill Povey (trombones). Revolution 1 et Revolution 9 ont été mixées en stéréo entre 22h00 et 3h30, bien que toutes deux aient été améliorées le 25 juin. John s’est amusé à mixer « Revolution 9 », en faisant passer différentes images par les canaux séparés et en faisant passer les mots « numéro neuf » sur la stéréo en quelques fractions de seconde.
  • 22 Juin 1968 : La société Apple s’offre pour un demi-million de livres sterling un immeuble situé au 3, Saville Row.
  • 22 Juin 1968 : Diffusion par la chaîne de télévision BBC2 de l’émission « Release » à laquelle assistent les Beatles.
  • 24 Juin 1968 : George Harrison produit une de ses compositions , »Sour Milk Sea  » pour Jackie Lomax.
  • 25 Juin 1968 : Une session de 14h00 à 20h00 qui a vu le mixage final mono et stéréo de « Revolution 1 » et le montage du master stéréo de « Revolution 9″, réduisant sa longueur de presque une minute. Une fois de plus, Paul manque cette session, rentrant des Etats-Unis alors qu’elle est en cours. Et George, bien qu’il soit dans les studios EMI, la manque également – pour le deuxième jour consécutif, il travaille dans le studio trois avec Jackie Lomax, produisant et jouant de la guitare sur  » Sour Milk Sea  
  • 27 Juin 1968 : Les Beatles sont au studio 2 de Abbey Road. Sept prises rythmiques (cette fois numérotées) de « Everybody’s Got Something To Hide Except Me And My Monkey », décrites, pour l’instant, comme « Untitled » sur la feuille d’enregistrement et le boîtier de la cassette. Un mixage de réduction de la prise sept en prise huit a conclu cette session 17h00-3h45.  
  • 28 Juin 1968 : Session de travail sur la chanson « Good Night » qui clôturera le Double Blanc.
  • 30 Juin 1968 : Enregistrement de l’émission de télévision « Look North » diffusée par BBCI à laquelle les Beatles assistent.

Juillet 1968

  • 1er Juillet 1968 : Avec Yoko Ono, John Lennon inaugure sa première exposition « You Are Here  » à la Robert Fraser Gallery.
  • 1er Juillet 1968 : Studios d’Abbey Road . L’overdubbing de la basse suivi de deux mixages de réduction et l’enregistrement de la voix principale de John’ sur` Everybody’ s Got Something To Hide Except Me And My Monkey’ ont occupé cette session de dix heuresr , de 17h00 à 3h00 du matin. 
  • 1er Juillet 1968 : Les Beatles sont au Studio 2 d’EMI Londres et travaillent sur « Everybody’s Got Something to Hide Except Me and My Monkey ».
  • 1er Juillet 1968 : Vernissage de l’exposition de John Lennon « You Are Here », à la Robert Fraser Gallery de Londres.
  • 1er Juillet 1968 : Diffusion par la chaîne de télévision BBCI de l’émission « Look North » à laquelle assistent les Beatles.
  • 2 Juillet 1968 : Un nouvel overdub du chant principal et des chœurs de Ringo sur` Good Night’ , permettant à la chanson d’atteindre la 15ème prise. George Martin a emporté deux copies de la 15e à la fin de cette Session de 18h00 à 12h15 afin qu’il puisse arranger l’enregistrement pour un orchestre et une chorale.
  • 2 Juillet 1968 : Paul McCartney déjeune avec Sir Joseph Lockwood, le grand patron d’EMI, pour discuter d’Apple.
  • 3 Juillet 1968 : Sessions d’enregistrements de « Ob-La-Di, Ob-La-Da .
  • 4 Juillet 1968 : Les Beatles sont au studio 2 d’Abbey Road. Une surimpression de la voix principale de Paul et des harmonies de soutien dans le registre aigu de John et George sur la quatrième prise de « Ob-La-Di, Ob-La-Da » a débuté cette session de 19h00 à 2h15 du matin. La prise quatre a ensuite été réduite en une nouvelle prise cinq sur laquelle Paul a ajouté une autre voix principale. 
  • 5 Juillet 1968 : Les Beatles sont au studio 2 d’Abbey Road. Une session de 17h00 à 1h30 qui a produit de nombreux over- dubs sur ‘Ob-La-Di, Ob-La-Da’. Trois saxos et un jeu de congas ont été ajoutés entre 6h00 et 10h30 (James Gray, Rex Morris et Cyril Reuben aux saxos, Jimmy Scott aux congas) ; puis de 10h30 à 11h45, quelqu’un (dont le nom n’a pas été noté) a ajouté un piccolo. Ce dernier instrument est rapidement considéré comme superflu, car Paul le remplace par une autre piste de basse enregistrée entre 13h45 et 1h du matin. Un mixage mono approximatif, enlevé par Paul, occupe les 30 dernières minutes.  
  • 7 Juillet 1968 : Pattie Harrison inaugure son magasin d’antiquités, Juniper.
  • 8 Juillet 1968 : Présentation à la presse de « Yellow submarine  » à Bowater House à Londres.
  • 8 Juillet 1968 : Déçu par le travail final de « Ob-la-di, Ob-la-da » Paul McCartney décide de reprendre le travail de zéro. En entreprenant de refaire `Ob-La-Di, Ob-La-Da’, les Beatles rejetaient pour la première fois un enregistrement pour lequel ils avaient recruté des musiciens extérieurs. Cette nouvelle version occupe la totalité de cette séance de 17h à 3h du matin, le groupe enregistrant 12 prises de la piste rythmique, y compris l’intro au piano caractéristique de John. La prise 12 a ensuite été réduite à 13, sur lesquelles ont été superposées les voix principales et secondaires ainsi que les percussions. Un mixage mono approximatif a ensuite été réalisé pour que Paul puisse l’emporter. 
  • 8 Juillet 1968 : Début du travail sur la chanson « Revolution » que John aimerait voir figurer en face A du prochain 45 Tours des Beatles.
  • 8 Juillet 1968 : David Peele contacte Paul pour savoir si Apple serait interressé dans le financement d’un spectacle pour enfants donné sur la plage de Brighton. Paul accepte.
  • 9 Juillet 1968 :Paul ne devait pas non plus être complètement satisfait de la reprise de « Ob-La-Di, Ob-La-Da » de la v e i l l e sur’ , car entre 16 et 21 heures, il s’est attelé à une deuxième reprise. Cependant, il n’a fait que deux prises avant de se rendre compte qu’il n’y avait pas lieu d’améliorer le premier remaniement. La première partie d’u n e deuxième session, de 20h00 à 3h30, a été consacrée à l’overdubbing d’un nouvel ensemble de voix principales et de chœurs, de claquements de mains et de percussions vocales sur la prise 13 et sur une réduction de celle-ci, la prise 22. Le reste du temps est consacré aux répétitions de` Revolution’. Paul et George n’avaient pas voulu de` Revolution I’ comme prochain single des Beatles, craignant qu’il ne soit pas assez optimiste. John s’est donc attelé à une reprise plus rapide et plus forte
  • 9 Juillet 1968 : Ringo Starr joue de la batterie sur la chanson « Hundred Years or More » de Solomon King.
  • 10 Juillet 1968 : Il y a peu d’enregistrements des Beatles plus excitants et plus hard-rock que la version de la face B de Revolution’ , dont la majeure partie a été enregistrée lors de cette session de 19h00 à 18h30. Une piste rythmique foudroyante a été réalisée en dix prises, les voix ont été doublées sur la prise I.3 (une réduction de la prise dix), puis la 13 a été réduite en prises I4 et 15. « John a emporté chez lui des mixages mono approximatifs de ces dernières et est revenu le lendemain en déclarant que la prise 15 était la meilleure » , prête pour d’autres superpositions.
  • 11 Juillet 1968 : Une session de mixage et d’overdub de réduction, 4.00 pm-3.45 am, à la fin de laquelle `Revolution’ comprenait aussi un piano électrique et une basse tandis que ‘Ob-La-Di, Ob-La-Da’ avait trois saxophones et une basse. La piste de piano de` Revolution’ était jouée par le joueur de session rock supremo Nicky Hopkins, payé 6 £ 10s (6,50 £) pour son excellente contribution, tandis que deux des trois saxophonistes jouant sur ` O h – L a – D i , Ob-La- Da’ sont susceptibles d’avoir été Rex Morris et Ronnie Scott. (L’identité du troisième n’est pas connue.) Un mixage mono approximatif de cette dernière chanson a été réalisé avant la fin de la session.
  • 12 Juillet 1968 : Mais pour un morceau de montage enregistré le 22 juillet, `Don’ t Pass Me By’ a été complété aujourd’hui par l’overdubbing d’un violon de 15h00 à 18h40, suivi d’overdubs de basse et de piano et de quatre mixages mono, dont le dernier a été copié pour que Ringo puisse l’emporter. Le violoniste était Jack Fallon, un musicien et agent qui avait engagé les Beatles pour leur première prestation live organisée par des professionnels dans le sud de l’Angleterre, à Stroud, le 3 mars 1962, et qui les avait ensuite engagés pour une nouvelle visite ainsi que pour d’autres danses à Swindon, Lydney et Salisbury.
    Deux nouveaux mixages mono de « Oh- La-Di, Ob-La-Da’ « , le meilleur étant copié pour John et Paul, ont conclu cette partie particulière de la session à 23h00.
    Même en tenant compte des habitudes nocturnes des Beatles’ , il était rare qu’ils commencent à enregistrer à minuit, mais c’est ce qui s’est passé lors de la dernière session d’overdub pour .’ `Revolution’ . Travaillant jusqu’à 4 heures du matin, John ajoutait une autre guitare solo et Paul une autre basse, puis l’enregistrement était mixé en mono, avec à nouveau des copies des bandes du meilleur mixage pour que John et Paul puissent les emporter.
  • 15 Juillet 1968 : Ringo Starr fonde la « Startling Music LTD « .
  • 15 Juillet 1968 :En écoutant pendant le week-end leurs copies de bandes de « Oh-La- Di, Ob-La-Da »‘ et « Revolution »‘ , John et Paul ont évidemment pensé que les deux enregistrements pouvaient être encore améliorés. Ainsi, entre 15h30 et 20h00 ce jour-là, « Revolution » a reçu deux nouveaux mixages mono et Paul a ajouté une nouvelle voix principale sur « Oh-La-Di, Ob-La- Da » avant de faire un nouveau mixage mono. De 21 heures à 3 heures du matin, les Beatles ont répété « Cry Baby Cry« , U remplissant quatre bandes de 30 minutes de prises non numérotées et inutilisables. 
  • 15 Juillet 1968 : Apple Corps Ltd s’installe au 3 Savile Row à Londres.
  • 16 Juillet 1968 :Travail concentré sur  » Cry Baby Cry » : de 16h00 à 21h00, les Beatles ont enregistré dix prises, une réduction a transformé ces dix prises en une douzième, puis de 22h00 à 2h00 du matin, ils ont ajouté un harmonium (joué par George Martin) et un piano (John).
    Le fidèle ingénieur d’équilibre Geoff Emerick a cessé de travailler avec les Beatles pendant cette session, incapable de supporter l’atmosphère et la tension qui s’aggravaient rapidement au sein du groupe. Les observateurs font souvent référence à ces sessions des Beatles lorsqu’ils retracent la séparation du groupe et beaucoup d’entre elles se sont certainement déroulées dans une atmosphère tendue, avec des colères et des jurons courants – essentiellement la façon dont les choses allaient continuer jusqu’à la séparation.
  • 17 Juillet 1968 : Première mondiale du dessin animé « Yellow Submarine » au London Pavillon.
  • 18 Juillet 1968 : Les Beatles, aux studios d’Abbey Road.Le travail a repris ce jour-là avec « Cry Baby Cry’ « , qui s’est achevé lors d’une session de 14h30 à 21h30 par des overdubs d’une nouvelle voix principale de John, des chœurs, une nouvelle piste d’harmonium, un tambourin et des effets sonores. De 20 h 30 à 3 h 30 du matin, les Beatles ont enregistré trois répétitions prolongées de la chanson « Helter Skelter » de Paul . L’enregistrement sur The Beatles était une reprise commencée le jour de l’enregistrement.
  • 19 Juillet 1968 : Le titre original de « Sexy Sadie »‘ de John était « Maharishi », et les paroles n’auraient laissé aucun doute sur la désillusion de John envers son Yogi. Mais John a remplacé « Maharishi » par « ` Sexy Sadie » (également quatre syllabes) pour éviter toute contrariété. `Il s’agissait certainement de « Sexy Sadie »‘ dès la première session d’enregistrement d’EMI. En fait, il s’agissait déjà de « Sexy Sadie » lorsque les Beatles avaient routé une démo à Esher à la fin du mois de mai (voir le 30 mai). L’enregistrement de la chanson a commencé lors de cette session de 19h30 à 4h du matin, avec beaucoup de jams et 21 prises de répétition, certaines pouvant atteindre huit minutes. Des enregistrements plus structurés, sous la forme d’un re- make, ont commencé le 24 juillet.
  • 20 Juillet 1968 : Jane Asher apparaît à l’émission de télévision de Simon Dee, Dee Time, de la BBC. Elle annonce que ses fiançailles avec Paul sont rompues et que ce n’est pas de son fait. Paul aurait été surpris au lit par cette dernière avec une fille appelée Francie Schwartz.
  • 22 Juillet 1968 : Fin des sessions de travail sur « Don’t pass me By ». Travail sur « Goodnight », pour laquelle Ringo enregistre sa propre piste de chant peu avant minuit. L’achèvement des deux chansons de Ringo sur l’album : sa propre` Don’ t Pass Me By’ et la `Good Night’ de John. La plus grande studio était nécessaire pour accueillir les 26 musiciens.   Il a été joué un arrangement orchestral et vocal luxuriant pour ce dernier, écrit et également dirigé par George Martin pour un montant de 36 £. L’orchestre (la documentation sur les noms des musiciens est perdue) était composé des instruments suivants : 12 violons, trois altos, trois violoncelles, une harpe, trois flûtes, une clarinette, un cor, un vibraphone et une contrebasse. Un céleste et un piano ont également été mis à la disposition de George Martin.
    Toutes les prises précédentes de` Good Night’ ont été oubliées et la chanson a été réenregistrée, du début à la fin, au cours de cette période.
    Session de 19h00 à 1h40 du matin. L’orchestre a été enregistré en premier, en 12 prises. Puis, de 22 h 30 à 23 h 50, huit des Mike Sammes Singers ont enregistré un overdub choral : Ingrid Thomas, Pat Whitmore, Val Stockwell, Irene King, Ross Gilmour, Mike Redway, Ken Barrie et Fred Lucas. De 13 h 50 à 1 h 40, Ringo a enregistré sa voix principale, avec le soutien en direct de la troupe Sammes.
    `Don’t Pass Me By’ avait été achevé au début de la session avec une intro au piano tintant. Quatre morceaux de montage de ce type ont été enregistrés, le meilleur étant le quatrième.
  • 23 Juillet 1968 : Everybody’s Got Something To Hide Except Me And My Monkey’ a été achevé pendant cette session de 19h00 à 2h30, 22 jours après que la dixième prise ait été notée » best » et que l’enregistrement ait été terminé, avec une nouvelle voix principale de John Lennon, puis l’ajout de chœurs et de claquements de mains sur un nouveau mixage de réduction. Cette chanson et « Good Night » ont ensuite été mixées en mono, et John et Ringo ont emporté des copies des meilleurs mixages.
  • 24 Juillet 1968 : Les Beatles sont au studio  2 d’Abbey Road. Malgré l’enregistrement de 23 prises supplémentaires de « Sexy Sadie’  » (à partir de la 25e) au cours de cette séance de 19 h à 2 h 30, et l’étiquetage de la prise 47 comme » best » , une deuxième reprise commence le 13 août. Les Beatles ont terminé la séance en enregistrant des effets sonores, sans titre et non identifiés sur les documents d’enregistrement, puis ont emporté l’unique bande. 
  • 25 Juillet 1968 : George a patiemment refoulé ses nouveaux morceaux depuis le début des sessions des Beatles, le 30 mai. Près de deux mois plus tard, il dévoile` While My Guitar Gently Weeps‘ , la première des quatre compositions qu’il s’arrachera pour le double-album terminé.
    Il s’agissait en fait plus d’une séance de répétition que d’une tentative de capturer la prise parfaite, et George a emporté deux bobines d’extraits pour les écouter chez lui. Mais il a laissé derrière lui la session de 19h00 à 15h15′ , la seule et unique prise numérotée, un solo de chant et de guitare acoustique d’une simplicité exquise –  
  • 26 Juillet 1968 : Session d’enregistrement de « Hey Jude.
  • 29 Juillet 1968 : ‘Il n’y avait pas eu de session le vendredi 26 juillet, car John se trouvait chez Paul’ pour l’aider à mettre la touche finale à  » Hey Jude » . La chanson n’était pas destinée aux Beatles, elle devait être publiée en tant que single, le premier du groupe’ depuis mars.
    Les Beatles ont montré à maintes reprises qu’ils ne se contenteraient pas de flâner autour des obstacles musicaux, mais qu’ils les défonceraient. L’une des « règles » était que les singles de musique pop ne devaient pas durer plus de trois minutes. En 1963, c’était plutôt deux minutes. Richard Harris, avec « MacArthur Park’ « , est le premier à briser le moule, et les Beatles ne tardent pas à l’aggraver avec « MacArthur Park ». Hey Jude’ , le single d’une durée de 7 minutes 11 secondes. (Si les singles de 12 pouces avaient existé à l’époque, Hey Jude’ aurait probablement été un single normal de trois minutes, la version complète de 7 minutes 11 secondes ayant été réservée exclusivement pour le 12 pouces).
    Sans George Martin dans la salle de contrôle, encadré pour cette session de 20h30 à 4h00 du matin par le nouvel ingénieur du son attitré des Beatles, Ken Scott, les Beatles ont répété/enregistré six prises de chant et de piano (Paul), de guitare acoustique (John), de guitare électrique (George) et de batterie (Ringo). 
  • 30 Juillet 1968 : Fermeture de la boutique Apple de Londres.
  • 31 Juillet 1968 : Suite à l’annonce de la fermeture de la boutique Apple, les fans se réunissent devant les portent du magasin, pour essayer d’obtenir des vêtements gratuits.
  • 31 Juillet 1968 : En travaillant avec les artistes d’Apple, Paul et George avaient découvert le Trident, un nouveau studio du centre de Londres. Les Beatles y sont venus pour la première fois, attirés par son équipement huit pistes.

Août 1968

  • 1er Août 1968 : Les Beatles sont au studio « Trident » de Londres .Une session de 17h00 à 3h00 du matin au Trident. De 17 h à 20 h, Paul a enregistré la basse et la voix principale sur` Hey Jude’ tandis que les autres Beatles ont fait des chœurs. Puis, de 20 heures à 23 heures, un orchestre de 36 musiciens a enregistré l’arrangement écrit par George Martin, pour lequel il a demandé et obtenu un cachet de 25 £, ce qui constitue un précédent. Il y avait dix violons, trois altos, trois violoncelles, deux flûtes, un contrebasson, un basson, deux clarinettes, une clarinette basse, quatre trompettes, quatre trombones, deux cors, un timbaliste et deux basses à cordes. Les noms des musiciens’ ne sont plus dans les archives mais on sait que Bobby Kok était l’un des trois violoncellistes et que Bill Jackman – saxophoniste ténor sur` Lady Madonna’ – jouait de la flûte. On demande également aux musiciens de frapper des mains et de faire des chœurs (« nah, nah nah nah nah nah nah nah, nah nah nah nah, Hey Jude » ) pour la montée en puissance du refrain. ‘La plupart sont heureux de s’exécuter, mais il y a un dissident qui serait parti en disant : «  » Je ne vais pas taper des mains et chanter la foutue chanson de Paul McCartney ! ».
  • 2 Août 1968 : L’achèvement de « Hey Jude »‘ avec plus d’overdubbing et de perfectionnement de 14h00 à 11h30, et le mixage stéréo à partir de là jusqu’à la fin de la session à 1h30. 
  • 2 Août 1968 : George et Pattie partent en vacances à Los Angeles.
  • 6 Août 1968 : Travaillant, de manière inhabituelle, à partir du meilleur mixage stéréo disponible plutôt que de la bande originale de la session huit pistes,` Hey Jude a été mixé en mono lors de cette session de 17h30 à 19h30 au Trident. Il a ensuite été remixé de manière plus conventionnelle chez EMI les 7 et 8 août.
    En quittant les Trident Studios (si tant est qu’il s’y trouvait), John s’est rendu à un défilé de mode organisé dans une discothèque de Mayfair, le Revolution, où – avec Pattie Harrison et la rédactrice de mode Suzy Menkes – il a été interviewé par le journaliste radio free lance de la BBC Matthew Robinson. La bande a ensuite été renvoyée en urgence à la BBC pour être incluse à la fin de l’édition de ce jour de Late Night Extra, diffusée par Radio 1 et 2 de 22h00 à 12h00.
  • 7 Août 1968 : Les Beatles sont retournés à Abbey Road ce jour-là pour deux sessions distinctes. De 15h00 à 19h45 (bien que cela n’ait pas pu durer aussi longtemps), une copie bande à bande du mixage mono de Trident « Hey Jude »‘ a été réalisée. Puis, de 20h45 à 5h30 du matin, ils ont commencé à enregistrer le film de George ‘` Not Guilty. Cela allait devenir une sorte de marathon, car les répétitions/enregistrements dépassaient les 100 prises pour la première fois pour une chanson des Beatles, et pourtant elle ne serait pas publiée. Toutes ne sont pas complètes, cependant : sur les 46 prises de la piste rythmique enregistrées lors de cette première session, seules cinq ont été travaillées jusqu’à la fin de la chanson.
  • 8 Août 1968 : Hey Jude’ a été remixé en mono au début de cette séance de 18 h 40 à 6 h 30, et George Martin a emporté des copies de ce disque et du master mono de Revolution à la fin de la séance. En tant que faces A et B respectivement, les deux ont été publiés en Grande-Bretagne comme le prochain single des Beatles’ le vendredi 30 août, le premier à entendre leur label Apple record. Il s’est vendu à plus de huit millions d’exemplaires dans le monde.
    La suite de` Non coupable’ a occupé la plus grande partie de cette session de 12 heures, se poursuivant jusqu’à  la 101e. La prise 99 a été marquée » meilleur » .
  • 9 Août 1968 : Not Guilty » a fait l’objet d’un mixage de réduction au début de sa carrière. Session de 19h30 à 2h du matin, développement de la prise 99  en prise 102 sur laquelle a commencé l’overdubbing : une deuxième piste de batterie, une deuxième guitare solo et une deuxième piste de basse. D’autres travaux seront effectués le 12 août.  Après que les autres Beatles soient rentrés chez eux, Paul est resté pour enregistrer, seul, sa nouvelle ballade acoustique « Mother Nature’ ‘s Son ». . Bien qu’elle ait reçu plus tard un doublage de cuivres, la chanson ne devait pas comporter d’autres Beatles, comme la chanson  » Blackbird  » déjà enregistrée et une autre chanson du double album à venir (voir 20 août). Cette nuit-là, Paul a enregistré 25 prises, la 24e étant marquée » meilleure » prête pour un autre doublage. 
  • 12 Août 1968 : La voix principale de George a été la dernière surimpression de la prise 102 de` Not Guilty’ , enregistrée, de manière inhabituelle, dans la salle de contrôle du studio plutôt que dans le studio lui-même. (De façon encore plus inhabituelle, cela a incité John à décider que la prochaine session d’enregistrement des Beatles’ se tiendrait dans la minuscule annexe de la salle de contrôle du studio deux). Not Guilty’ a été mixé en mono après l’overdubbing de George’ , et Mal Evans a emporté la bande à la fin de cette session de 19h00 à 16h15 pour faire couper des disques d’acétate. ‘Et c’est tout : la chanson n’a plus jamais été mixée, a été écartée des Beatles et n’a pas refait surface avant le réenregistrement de George’ en 1978 pour son album éponyme de 1979. La version des Beatles reste inédite.
  • 13 Août 1968 : Travaillant de 19 heures à 5 heures du matin dans l’annexe exiguë de la salle de contrôle du studio deux, les Beatles enregistrent deux chansons de John Lennon. La session a  commencé par la deuxième reprise de` Sexy Sadie’ , la meilleure piste rythmique étant la prise 107 (les numéros de prise commençaient à 100), qui a ensuite fait l’objet de quatre mixages de réduction, jusqu’à la prise 111.  La deuxième chanson était` Yer Blues . La piste rythmique a été enregistrée en 14 prises avant que la prise six ne soit réduite en prise 15 et qu’une partie de la prise 14 ne soit réduite en prise 17. Puis, pour la première fois dans une session des Beatles, la bande à quatre pistes elle- même a été éditée (l’édition était autrement toujours effectuée au stade de la bande à deux pistes en quart de pouce), en plaçant le début de la prise 17 à la fin de la prise 16. Sur le disque fini, le montage est très clair : il se produit à 3 minutes 17 secondes et se poursuit jusqu’au fade-out. 
  • 14 Août 1968 :`Yer Blues’ a été complété au début de ce 19.00 pm-Session de 4h30 du matin (sauf pour un court montage enregistré le 20 août) avec l’overdub d’une seconde voix principale par John. L’enregistrement a ensuite été mixé en mono.
    L’influence de Yoko’ sur les idées musicales de John’ est désormais évidente. En dehors de leur album de collage audio Two Virgins, déjà enregistré et bientôt publié, il y avait `Revolution 9′, typique du travail que John faisait depuis longtemps chez lui mais qu’il voulait maintenant, avec les encouragements de Yoko, faire connaître au public pour la première fois. Lors de cette session, toujours avec Yoko, John entreprend l’enregistrement de la bizarre  » What’ s The New Mary Jane’ « , qu’il dira plus tard avoir écrite avec Alexis Mardas mais dont les droits d’auteur appartiennent à Lennon- McCartney. Cette « chanson » farfelue a failli figurer sur le disque des Beatles, mais elle en a été retirée à la dernière minute et est restée inédite – même si John a ensuite fait une deuxième tentative pour la sortir (voir 11 septembre 1969 et 26 novembre 1969).
    John et George sont les seuls Beatles à jouer sur` What’ s The New Mary Jane’ et John le seul chanteur. Mais Yoko et Mal Evans ont également participé aux quatre prises enregistrées lors de cette session, dont la « meilleure » [sic], la quatrième, a été mixée en mono, la bande étant emportée par John avec le meilleur mixage de `Yer Blues’ .
  • 15 Août 1968 : Une session de 19h00 à 3h00 du matin qui a vu l’enregistrement de la nouvelle chanson de Paul’ « Rocky Raccoon. George reste dans la salle de contrôle pendant que les trois autres Beatles enregistrent le morceau de base en neuf prises. Celle-ci est ensuite réduite à la dixième prise sur laquelle John a ajouté de l’harmonica, George Martin un solo de piano honky-tonk et John, Paul et aussi George
  • 16 Août 1968 :George est revenu à  » While My Guitar Gently Weeps » avec cette session, se lançant dans une version électrique très différente de la douce prise acoustique enregistrée le 25 juillet.
    Quatorze prises de la piste rythmique ont été enregistréespendant cette période.
    Session de 19h00 à 5h00 du matin, la dernière étant ensuite réduite à la prise 15 pour libérer de l’espace pour les overdubs.
  • 17 Août 1968 :George ayant soudainement décidé de se rendre en Grèce – il a quitté la Grande-Bretagne le 17 août et est revenu le 21 – la séance du lundi’ est annulée. Mais deux sessions ont lieu ce jour-là, malgré son absence. John et Ringo participent à la première, de 17 h à 17 h 30, dans le studio 3, pour terminer  » Yer Blues  » avec le décompte  » deux, trois…  » de Ringo’ , monté sur le mixage mono précédent » best » pour obtenir le master final. Puis ils regardent Ken Scott (George Martin est absent) préparer le master mono de’ Revolution 9′ en faisant une copie du meilleur mixage stéréo.
    Seul Paul participe à la deuxième session, qui se déroule dans le studio deux de 20 heures à 4 heures du matin. La première tâche consiste à compléter  » Mother Nature’s Son  » en ajoutant un timbre, une deuxième piste de guitare acoustique, une batterie (placée dans le couloir pour modifier le timbre) et ensuite – grâce à l’arrangement de George Martin, pour lequel, par dérogation spéciale, il reçoit à nouveau une rémunération de 25 £ – deux trompettes et deux trombones. (Les noms de leurs instrumentistes ne figurent plus dans le dossier).
    Pour rappeler que tout n’allait pas pour le mieux dans les rangs des Beatles, l’ingénieur du son Ken Scott s’est souvenu que l’atmosphère créative et bon enfant de la session d’overdub des cuivres de « Mother Nature’s Son » a été brisée lorsque John et Ringo sont entrés, mais que la tension soudaine s’est évaporée dès leur départ.
    John et Ringo n’étaient donc pas présents’ pour assister à deux autres enregistrements réalisés par Paul cette même nuit. Le premier était une démo d’une chanson intitulée’ Etcetera‘ , dont la seule cassette a été emportée et n’a jamais été entendue depuis. Le second était descendu de la salle de contrôle, des chœurs. John et Paul emportent des copies d’un mixage mono brut réalisé à la fin de la session, tandis que George et Ringo emportent des copies du mixage « Yer Blues » de la nuit précédente. 
  • 20 Août 1968 : Les Beatles sont aux studios 2 et 3 d’Abbey Road, et travaillent sur « Yer Blues » et « Mother Nature’s Son ».
  • 21 Août 1968 : Sexy Sadie  » a été complété pendant cette longue session de 19h30 à 19h15 par deux mixages de réduction et divers ajouts : une autre voix principale par John, un orgue, une basse, deux séries de chœurs et un tambourin. Il n’est pas clair si George a participé à tout cela puisqu’il est rentré de Grèce un peu plus tôt dans la journée. L’enregistrement a été mixé en mono à la fin de la session.
  • 21 Août 1968 : George et Pattie reviennent de leurs vacances de Grèce.
  • 22 Août 1968 :Les tensions au sein des Beatles atteignent leur paroxysme au début de cette session et Ringo quitte le groupe. Tous ceux qui étaient au courant de sa décision ont été tenus au secret, de sorte que la presse n’a pas été informée.
    Mais si Ringo quitte le pays pour réfléchir à son avenir, le travail continue en son absence. En cette première nuit sans leur batteur, les trois Beatles restants commencent l’enregistrement de « Back In The USSR » de Paul, enregistrant cinq prises d’une piste rythmique de base : batterie (Paul), guitare solo (George) et basse (John).
    Note : pour des raisons inconnues, une copie du master mono de ‘Baby, You’ ‘re A Rich Man’ a été faite à la fin de cette émission de 19h00. session de 4h45 et a été emmené par George Martin.
  • 22 Août 1968 : Cynthia Lennon demande le divorce.
  • 23 Août 1968 :Ironiquement, l’absence de Ringo’ a incité les autres Beatles à enregistrer rapidement et efficacement « Back In The USSR’ « , lors de cette session qui s’est déroulée de 19 heures à 3 heures du matin. Une fois qu’ils eurent fait un premier overdub et un second overdub sur un mixage de réduction, le multipiste terminé comprenait deux pistes de batterie supplémentaires (probablement par John et George), deux parties de basse supplémentaires (probablement par Paul et George), deux parties de guitare solo supplémentaires (probablement par John et Paul), un piano, un chant principal (Paul), des chœurs de style Beach Boys (John et George) et des claquements de mains. La touche finale a été ajoutée lorsque l’enregistrement a été mixé en mono le soir même : le son des avions qui décollent et atterrissent, qui apparaît au début de la chanson, ici et là au fur et à mesure que le numéro avance, puis revient au premier plan à la fin. Ces sons proviennent de la collection d’effets d’Abbey Road, « Volume 17 : Jet And Piston Engine Aeroplane’ .
    De plus, quatre jeux de copies de mixage ont été réalisés pour ‘Back In The USSR’, ‘Rocky Raccoon’, ‘Wild Honey Pie‘,  ‘Mother Nature’ ‘s Son’ et’ Sexy Sadie’ , tous emportés par Mal Evans. 
  • 24 Août 1968 : Pour une grande partie du public britannique, John et Yoko ont affiché leurs vraies couleurs lors de cette apparition télévisée remarquable, une interview avec David Frost dans le cadre de la quatrième édition de sa dernière série, Frost On Saturday, diffusée en direct des studios de  Wembley par la nouvelle chaîne ITV de la capitale’ , London Weekend Television (LWT), entre 18h45 et 19h30 (les autres invités de cette édition étaient la chanteuse Blossom Deane et le satiriste Stan Freberg).
    Le mot » Beatles » est à peine entré dans la conversation : John et Yoko étaient là pour expliquer à Frost et à son public leur point de vue sur les « vibrations » et sur l’art, dans ses formes manifestes, en démontrant leurs convictions par des pièces participatives typiques de leurs récentes expositions. Qu’il se fasse l’avocat du diable ou non, Frost s’est montré généralement prudent, ce qui a amené John et Yoko à animer et à réchauffer la discussion de quelques crans. L’interview qui en a résulté était si novatrice qu’elle a mérité d’être reprise dans une série spéciale, The Best Of Frost, diffusée par LWT (mais seulement dans certaines régions) le dimanche IS mai 1969 (23h20-12h05).
    Remarque : les franchises ITV de la région de Londres ont subi dernièrement une transformation radicale. La programmation en semaine était désormais entre les mains d’une nouvelle société. Thames, l’ancien opérateur historique Rediffusion se retirant de la production télévisée, tandis que la responsabilité des week-ends passait d’ATV (qui restait cependant en activité, fournissant des programmes quotidiens pour la région des Midlands) à la nouvelle société London Weekend Television. Une autre victime du changement de franchise a été ABC Television, autrefois responsable de Thank Y our Lucky Stars, Big Night Out, Blackpool Night Out et d’autres séries, qui a été intégrée à Thames. Au départ, Thames et LWT utilisaient les studios de leurs prédécesseurs : Thames – à l’antenne depuis le 30 juillet 1965 – émettait depuis la Television House de Rediffusion’ dans le centre de Londres, ainsi que depuis le complexe Teddington d’ABC ; LWT émettait depuis Wembley, à partir du 2 août.
  • 26 Août 1968 : Publication aux Etats Unis du single des Beatles « Hey Jude/Revolution » (Apple).
  • 26 Août 1968 : Publication du single de Jackie Lomax « Sour Milk Sea/The Eagle Laughs At You » (Apple). Ce single est produit par George Harrison qui a aussi écrit le titre « Sour Milk Sea ».
  • 26 Août 1968 : L’absence de Ringo a été l’occasion de régler les derniers détails. Ce jour-là, lors d’une session au studio 2 d’EMI de 16h00 à 17h00, Ken Scott réalise un master mono amélioré de « Revolution 9 » en le copiant directement à partir de la stéréo. Le 27 (de 16h30 à 17h00), Scott prépare des copies sur bande de ‘Ob-La-Di, Oh-La-Da’ , ‘Blackbird’ et’ Not Guilty’ (tous en mono) et ‘Revolution 9’ (en stéréo).
  • 28 Août 1968 :Retour au Trident, Ringo toujours absent. L’enregistrement de « Dear Prudence » de John’ commence lors de cette session de 17h00 à 19h00, les Beatles utilisant de manière créative l’installation à huit pistes, assemblant la chanson instrument par instrument sur une piste de base de guitares (George et John) et de batterie (Paul) en une seule prise. Il est intéressant de noter la générosité fiscale – quoique peut-être de nature à faire grincer des dents – accordée aux Beatles par EMI. Lorsqu’ils ont enregistré à Abbey Road, le coût du studio n’était qu’une procédure comptable interne ; cette session au Trident a coûté à EMI 431 £ en argent réel, représentant les frais de location du studio, les heures supplémentaires de l’ingénieur et les bandes vierges.
  • 28 Août 1968 : Publication en Suède du single des Beatles « Hey Jude / Revolution »(Parlophone).
  • 29 Août 1968 : Une session de 19h00 à 6h00 du matin, qui a vu l’overdubbing sur « Dear Prudence » de la basse (Paul), une voix principale à double piste manuelle (John) plus des chœurs, des handclaps et des tam-bourines (Paul, George, Mal Evans, Jackie Lomax et John McCartney – le cousin de Paul en visite), du piano (Paul) et du bugle (Paul).
  • 30 Août 1968 : Publication en Grande Bretagne du single des Beatles « Hey Jude/Revolution » (Apple).
  • 30 Août 1968 :Les Beatles sont retournés au Trident, pour mixer’ Dear Prudence’ en mono et en stéréo lors d’une session de 17h00 à 23h00. (Les deux seront toutefois remixés chez EMI pour le LP fini)
  • 30 Août 1968 : Publication en France du single des Beatles « Hey Jude / Revolution » (ODEON-EMI FO 127).
  • 30 Août 1968 : Dépôt légal en France par Odeon-EMI, du 45 tours FO 127 des Beatles contenant les titres : Hey Jude, Revolution.

Septembre 1968

  • 3 Septembre 1968 : Sa batterie recouverte de fleurs, arrangées là par Ma Evans, Ringo rejoint les Beatles avec cette session – bien que, ironiquement, il n’y ait rien à faire pour lui. Et bien qu’il soit de retour, George Martin est absent – désormais en vacances, il ne travaillera plus avec le groupe avant le mardi 1er octobre (‘ ). L’ingénieur du son Ken Scott dirigeait la salle de contrôle ce soir-là.
    L’enregistrement au Trident a aiguisé l’appétit des Beatles. Après la découverte du 8 pistes  ils voulaient désormais que tous leurs enregistrements se fassent sur huit pistes. Ainsi, lorsqu’ils ont appris que les studios EMI disposaient d’un enregistreur 8 pistes 3M, mais qu’il se trouvait toujours dans le bureau de l’expert technique Francis Thompson, ils ont décidé de le « libérer » à l’adresse » – une action qui, bien que les Beatles eux-mêmes soient considérés comme irréprochables, a failli entraîner le licenciement de l’ingénieur technique Dave Harries, qui faisait le sale boulot pour eux. 
    Travaillant seul lors de cette séance de 19h00 à 3h30, George Harrison a utilisé pour la première fois les nouvelles installations agrandies avec un solo de guitare à l’envers pour la cinquième piste de la bande, la première tâche de la séance ayant été de copier la bande à quatre pistes existante sur une autre pour l’utiliser sur huit pistes.
    La dernière tâche de George’ avant de partir à 3h30 du matin était de revoir une copie bande à bande de la piste de base de’ Revolution’ (à partir de la prise 16), faite pour que les Beatles puissent ajouter une nouvelle piste vocale – et ainsi échapper à l’interdiction de mimer imposée par le syndicat des musiciens – lors de l’enregistrement de vidéos promotionnelles quelques heures plus tard à Twickenham.
  • 4 Septembre 1968 :Ayant besoin de tourner des clips promotionnels pour les deux faces du nouveau single  » Hey Jude’ / « Revolution « , les Beatles sont venus à Twickenham, arrivant à 13h30 et travaillant tout l’après- midi et la soirée sur la scène 1, sur un plateau construit au cours des trois jours précédents.
    Michael Lindsay-Hogg était le réalisateur, ayant d é j à travaillé avec les Beatles sur les clips’ Paperback Writer et Rain‘ (voir 19-20 mai 1966). C’était la première fois que le groupe faisait appel à un réalisateur reconnu pour un tournage de promotion depuis février 1967.
    Deux clips finis ont été réalisés pour chacune des deux chansons, les quatre étant filmés en couleur. Hey Jude’ a été réalisé en premier, avec Paul assis à un piano droit, John et George assis sur un podium adjacent jouant des guitares, et Ringo assis à la batterie en haut et derrière eux. Les Beatles étaient également accompagnés d’un orchestre de 36 musiciens en smoking blanc et, pour le refrain, de 300 figurants, allant de l’adolescent au retraité, recrutés après que 20 étudiants aient distribué des tracts dans la région et que Mal Evans ait invité des fans rassemblés devant les studios EMI lors d’une récente session d’enregistrement.
    Au moins trois prises de’ Hey Jude’ ont été enregistrées, le clip le plus régulièrement vu étant un montage de deux d’entre elles, la première moitié de la prise un, la dernière moitié de la prise trois. Les différences de caméra et d’action entre elles sont mineures, mais nettes. Dans les trois prises, Paul chante en direct sur sa propre voix préenregistrée pendant le corps de la chanson, puis chante entièrement en direct dans le long refrain. (Malgré la présence de l’orchestre et des amplis de guitare des Beatles’ , seule la voix était en direct, ce qui a permis de faire croire au Musicians’ Union qu’aucun mimétisme n’avait été perpétré).
    Les deux clips pour Revolution’ étaient en grande partie identiques l’un à l’autre mais présentaient quelques différences d’éclairage. Il s’agissait de versions très excitantes, les Beatles – dans une configuration plus typique de trois guitares et d’une batterie – ajoutant une nouvelle piste vocale à l’intro du morceau préenregistré par EMI, mêlant le style de chant rapide de la version face B aux paroles de la version lente.
    La première mondiale de` Hey Jude’ sous forme visuelle a eu lieu (en monochrome) lors de la sixième édition de la série Frost On Sunday de la London Weekend Television le 8 septembre (21h00-22h00). Pour donner l’illusion que les Beatles apparaissaient exclusivement dans son émission, en direct dans le studio de la LWT, David Frost est venu à Twickenham cet après- midi et a été enregistré sur le plateau de` Hey Jude’ présentant les Beatles. Ils ont d’abord joué une version du thème musical de Frost (composé par George Martin et intitulé ‘By George ! It’ ‘s The David Frost Theme’ ), puis Frost a parlé à la caméra, comme lui seul sait le faire, en disant » Magnifique ! Une interprétation parfaite ! Mesdames et Messieurs, vous voyez là le plus grand orchestre de salon de thé du monde. J’ai le plaisir de vous présenter maintenant, pour leur première apparition en direct depuis Dieu sait combien de temps devant un public, les Beatles. » (Il n’y avait, bien sûr, pas de public.) À ce moment-là, les Beatles se sont lancés dans une parodie choquante de « It’s Now Or Never » d’Elvis Presley, mais les téléspectateurs de Frost On Sunday n’ont pas vu cela : ils ont plutôt vu un montage sans faille vers` Hey Jude.
    Toutes les autres projections britanniques de « H e y Jude » ont eu lieu (également en monochrome) sur BBC1, dans Top Of The Pops les jeudis 12 et 26 septembre (tous deux de 19h30 à 20h), et dans la deuxième partie de Top Of The Pops’ 68 le lendemain de Noël, le jeudi 26 décembre (de 18h35 à 19h15). La seule et unique transmission télévisée britannique d’un clip promotionnel de « Revolution » a eu lieu dans Top Of The Pops le jeudi 19 septembre (19h30-20h00).
    Aux États-Unis,` Hey Jude’ et` Revolution’ ont été projetés, en couleur, lors d’éditions successives de la série The Smothers Brothers Comedy Hour de CBS. La première a été diffusée le dimanche 6 octobre (de 21h00 à 22h00, EST), la seconde le 13 octobre (de 21h00 à 21h55, EST).
    La décision de tourner ces clips relativement simples n’a été prise qu’après que le monteur Roy Benson (avec qui les Beatles avaient travaillé sur les clips` Hello, Goodbye’ et Magical Mystery Tour) ait eu l’idée d’un storyboard imaginatif de 38 scènes pour une promotion de « Hey Jude. Au départ, les Beatles étaient désireux de participer à la production de Benson’ , mais ils ont changé d’avis en apprenant que le tournage prendrait jusqu’à trois jours. Par conséquent, ce n’est que le 29 août au soir qu’ils ont décidé de faire un enregistrement vidéo à Twickenham.
    Une autre idée à cette époque, qui n’a pas abouti, était qu’Apple Corps achète 90 secondes d’espace publicitaire aux heures de pointe sur la chaîne ITV, vers 21h20 (juste après le bulletin d’information principal de ITN) le dimanche 17 novembre, pour annoncer la sortie des Beatles. Le spot aurait comporté des bribes de musique et une apparition personnelle (pré-filmée) de Paul ou Ringo, et le scénario a été presque finalisé avant d’être abandonné. Bien que la publicité télévisée pour les albums soit une pratique courante de nos jours, cela aurait été un précédent pour les Beatles s’ils avaient poursuivi leur projet.
  • 4 Septembre 1968 : Enregistrement de l’émission de télévision « Frost On Sunday » diffusée par LWT à laquelle les Beatles assistent.
  • 5 Septembre 1968 : Session de mixage sur la chanson de George Harrison « While my Guitar gently Weeps ».
  • 6 Septembre 1968 : En l’accompagnant au piano, Paul a brièvement participé à un film réalisé ce jour-là sur Mary Hopkin, tourné au siège d’Apple à Savile Row par une équipe de tournage de Thames Television. En tout, le tournage de Mary’ ici et dans d’autres lieux (sans Paul) a eu lieu de 11h00 à 16h30.
    Monté en 3 minutes 45 secondes, le film a été inclus comme élément central d’un reportage de six minutes sur Mary dans l’édition du mardi suivant’ (10 septembre, 17h10-17h50) de la nouvelle série pour enfants Magpie de Thames’ , diffusée sur toutes les stations ITV. Pete Brady, l’un des trois animateurs du programme, présentait l’émission. (Mary est également apparue en direct dans l’émission, immédiatement après l’insert filmé, diffusé depuis le studio trois de Teddington).
    Le cas le plus célèbre d’un musicien extérieur jouant sur un enregistrement studio des Beatles est celui d’Eric Clapton sur « While My Guitar Gently Weeps »‘ . Le superbe solo de Clapton, joué sur sa guitare Les Paul, n’était que l’un des nombreux overdubs enregistrés ce soir-là chez EMI, de 19h00 à 2h00 du matin, qui a amené « While My Guitar Gently Weeps » à une con- clusion. Paul joue une guitare basse fuzz, George ajoute quelques notes d’orgue aiguës, Ringo ajoute des percussions et George – avec Paul qui ajoute des harmonies – enregistre sa voix principale. Une fois encore, Ken Scott dirige la salle de contrôle.
  • 8 Septembre 1968 : L’Institut des Arts contemporains organise une projection des films avant-gardistes de John et Yoko.
  • 8 Septembre 1968 : Diffusion par la chaîne de télévision LWT de l’émission « Frost On Sunday » à laquelle assistent les Beatles.
  • 9 Septembre 1968 :Chris Thomas, engagé par AIR en tant qu’assistant de Martin, était assis aux côtés de George Martin pendant de nombreuses sessions d’été des Beatles. Le jeune homme de 21 ans faisait des courses, mais observait et étudiait aussi Martin au travail, espérant lui-même devenir un jour un producteur célèbre. (Et il a réussi.) Mais Thomas n’était pas du tout préparé à la vue d’une note de son mentor lorsqu’il est revenu de sa pause ce lundi matin :  » Chris : j’espère que tu as passé de bonnes vacances ; je pars pour les miennes maintenant. Mets-toi à la disposition des Beatles. Neil et Mal savent que tu viens là’ . »À partir de cette session, Chris Thomas devient donc le producteur des Beatles, et le restera jusqu’à ce que George Martin reprenne ses fonctions le 1er octobre – bien que, comme Thomas l’a reconnu depuis, non seulement les Beatles aient mis du temps à l’accepter, mais, dans un sens, ils n’avaient guère besoin d’un producteur à ce moment-là, étant pleinement conscients de tous les aspects de l’enregistrement. Néanmoins, c’est en tant que « producteur »  » que Chris Thomas a été décrit sur les feuilles d’enregistrement et les boîtes à bandes correspondantes.
    Si la main directrice et tempérante de George Martin a jamais manqué lors d’une session des Beatles, c’est cette nuit-là, de 19 heures à 2 h 30 du matin, que le groupe s’est attelé à une reprise de’ Helter Skelter . Le désir de Paul de créer une cacophonie de musique rock a été satisfait par 21 prises assez extraordinaires : John jouait de la basse et d’un saxophone décidément peu doué, Mal Evans jouait d’une trompette tout aussi amateur, il y avait deux guitares principales, une batterie lourde, un piano, de la distorsion et du larsen intégrés, des chœurs de John et George, divers marmonnements et enfin une voix principale rauque de Paul, enregistrée pendant que George courait dans le studio avec un cendrier enflammé au-dessus de sa tête, à la Arthur Brown.
  • 10 Septembre 1968 :Une session de 19h00 à 3h00 du matin qui a vu les derniers overdubs appliqués à ‘Helter Skelter’.
  • 10 Septembre 1968 : Paul McCartney et Mary Hopkin participent au programme pour enfant « MagPie ».
  • 10 Septembre 1968 : Diffusion par la chaîne de télévision Thames de l’émission « Magpie » à laquelle assistent les Beatles.
  • 11 Septembre 1968 : Les Beatles sont au studio 2 d’Abbey Road et travaillent sur « Glass Onion » qui nécessitera 34 prises.
  • 12 Septembre 1968 :L’overdubbing de la voix principale de John’ et d’un tambourin sur ‘Glass Onion’ a occupé cette session de 20h30 à 1h30.
  • 12 Septembre 1968 : Le video clip de « Hey Jude » est diffusé pour la première fois lors de l’émission « Top of The Pops » de la BBC1.
  • 13 Septembre 1968 :Une session de 20h00 à 1h45 du matin qui a vu l’overdubbing d’une piste de batterie supplémentaire et d’un piano sur `Glass Onion’ .
  • 14 Septembre 1968 : Le single des Beatles « Hey Jude/Revolution » atteint la première place des charts Anglais.
  • 16 Septembre 1968 :George n’a pas participé à cette session de 19h00 à 3h00 du matin pour la nouvelle ballade de Paul’ , « I Will. Les trois autres Beatles enregistrent 67 prises de la chanson, Paul chantant et jouant de la guitare acoustique, Ringo jouant du maraca et des cymbales et John tapant une chaleur avec du bois sur du métal. Paul a également glissé plusieurs numéros d’improvisation entre les prises, dont l’un a été inclus dans The Beatles : une chansonnette sans titre du genre « Can you take me back where I came from, can you take me back ? » Elle durait 2 minutes 21 secondes, et une section de 28 secondes a été coupée plus tard pour être incluse dans le master, entre` Cry Baby Cry’ et` Revolution 9′. (On a également utilisé pour introduire « Revolution 9 » un morceau de conversation dans la salle de contrôle du studio où Alistair Taylor, chef de bureau chez Apple, s’excusait auprès de George Martin et lui demandait pardon de ne pas lui avoir apporté une bouteille de claret. La date d’enregistrement de cet élément n’a jamais été documentée).
    Comme pour  » I Will », le quatre-pistes de la prise 67 a été copié dans un huit-pistes de la prise 68 pour faciliter l’overdubbing une autre fois.
    Avec le huit pistes en marche, « Glass Onion » a reçu deux overdubs d’un enregistreur avant la fin de cette session, déposé au point où les paroles mentionnent` The Fool On The Hill‘ comme une parodie de cet original.
    Note : entre 14h30 et 17h30 ce jour-là, dans le studio deux, la première des deux bandes « title line » a été compilée. Les bandes originales mono de tous les enregistrements des Beatles’ , de 1962 à aujourd’hui, ont été empruntées à la bibliothèque de bandes et, lorsque le titre de chaque chanson apparaissait, cette petite section était copiée sur une autre bande. La documentation du studio ne révèle pas pourquoi ce curieux projet a été entrepris. Il se peut, par exemple, qu’il ait été réalisé pour des raisons de droits d’auteur. ‘Il est toutefois intéressant de noter qu’il a reçu le même numéro de travail »  » , à des fins comptables, que le double album en préparation, de sorte qu’il est possible de spéculer sur le fait qu’un barrage soigneusement édité des Beatles chantant leurs propres titres  de chansons aurait pu être inclus dans le  » White Album ».Dans un ordre apparemment aléatoire, 20 titres de chansons ont été copiés.
  • 17 Septembre 1968 : I Will  » a été achevé au cours de cette session de 19h00 à 5h00 avec l’ajout par Paul’ d’une voix de soutien, d’une imitation de basse baryton dum-dum- dum et d’une deuxième piste de guitare acoustique. `Un mixage mono de « Helter Skelter »‘ a également été réalisé (il durait 3 minutes 36 secondes alors que le mixage stéréo du 12 octobre durerait 4 minutes 29 secondes) et une copie de quatre à huit pistes de « Cry Baby Cry »‘ – faite, probablement, pour faciliter plus d’overdubs bien qu’aucun n’ait jamais eu lieu.
  • 18 Septembre 1968 :À un moment donné pendant les heures de bureau d’Apple aujourd’hui, George a accordé une interview au journaliste du NME, Alan Smith – qui, en 1962, avait été l’un des premiers écrivains basés à Londres à rencontrer les Beatles (et dont la femme travaillait chez Apple). En plus d’être publiée dans le NME, l’interview a été diffusée dans la série Scene A and Heard de BBC Radio 1 le samedi 28 septembre, entre 18h32 et 19h30, coupée à 5 minutes 26 secondes. L’intégralité de l’émission a ensuite été reprise par Radio 1 le lundi 30 septembre (de 19h45 à 20h44) et a également été diffusée à trois reprises sous forme de montage par le BBC World Service (de 23h15 à 23h45 le 28 septembre, de 5h15 à 5h45 et de 13h30 à 14h00 le 29 septembre, toutes heures GMT).
    Bien que la feuille d’enregistrement ait commencé à 17 heures et se soit terminée à 5 heures du matin, il y avait néanmoins une pause nette au milieu, car les quatre Beatles, Yoko Ono, Pattie Harrison et Chris Thomas, et probablement d’autres personnes aussi, ont quitté le studio pour se rendre au coin de la rue, chez Paul’ , afin de regarder le film classique de rock and roll The Girl Can’t Help It sur BBC2, de 21 h 05 à 22 h 40.
    Plus tôt, le premier arrivé, Paul avait concocté une nouvelle chanson ici même dans le studio deux, développant un rift accrocheur en un numéro de rock à part entière appelé` Birthday . Puis les autres sont arrivés et, à 20 h 30,’ avait enregistré 20 prises sur quatre pistes, complétant ainsi la piste d’accompagnement. De retour au studio vers 23 heures, revigorés par l’observation d’Eddie Cochran, Little Richard, Gene Vincent, Fats Domino et d’autres héros, ils terminent « Birthday » par une copie de quatre à huit pistes et une foule d’overdubs : tambourin, piano, claquements de mains (avec l’aide de Mal Evans), chœurs (avec l’aide de Yoko et Pattie) et la voix principale de Paul avec des contributions occasionnelles de John. L’enregistrement terminé a été mixé en mono entre 4 h 30 et 5 h du matin.
  • 19 Septembre 1968 :Enregistrement des pistes de base pour` Piggies’ , une chanson de commentaire social splendidement acerbe écrite par George. La session s’est déroulée dans deux studios car, alors que les Beatles enregistraient la piste rythmique dans le studio 2, Chris Thomas s’est promené dans le studio 1 et a repéré un clavecin qui avait été installé pour une session classique le lendemain matin. Son idée de déplacer l’instrument dans le studio 2 a été rejetée par Ken Scott.
    Les Beatles ont déplacé leur session dans le studio 1.
    George a suggéré que Thomas joue la partie de clavecin (enfant, il avait étudié à temps partiel à la Royal Academy of Music), ce qu’il a fait, et pour lequel il a reçu plus tard une rémunération de 9 £, et à la fin de ce concert de 19h15 à 5.30 am session 11 prises de ‘Piggies’ ont été enregistrées, la dernière étant marquée » best basic ».
    Alors qu’il travaille activement sur’ Piggies’ , George fait écouter à Chris Thomas une autre chanson qu’il vient d’écrire,  » Something « . La réponse enthousiaste de Thomas incite George à envisager de l’offrir en exclusivité à Jackie Lomax, mais c’est Joe Cocker qui l’utilisera en premier, l’aidant à l’enregistrer au début du printemps 1969. Les Beatles ont enregistré leur version plus tard pour Abbey Road, mais la sortie de Cocker’ , très retardée, est sortie deux mois après celle des Beatles. Les autres morceaux de 1969 qui ont fait surface pendant l’enregistrement des Beatles sont les morceaux de Paul  » Let It Be’ et’ The Long and Winding road
  • 19 Septembre 1968 : Le film promo de la chanson « Revolution » des Beatles est diffusé lors de l’émission « Top of The Pops » de la BBC1.
  • 20 Septembre 1968 :Piggies’ a été complété lors de cette session de 19h00 à 23h00 par l’overdubbing (sur une copie huit pistes de la prise 11, appelée prise 12) de la voix principale de George et une boucle de cochons grognant et s’ébrouant, créée par John en ayant recours à la bande d’effets sonores d’Abbey Road` Volume 35 : Animals And Bees’, augmentée de véritables grognements de porcs.
  • 23 Septembre 1968 : Enregistrement de la chanson de John` Happiness Is A Warm Gun In Your Hand’ , titre bientôt raccourci en `Happiness Is A Warm Gun . John a révélé plus tard que la chanson avait été composée à partir de trois parties distinctes, mais cela a été fait avant qu’elle n’arrive au studio. Les 45 premières prises de la piste rythmique ont été enregistrées lors de cette session de 19h à 3h du matin : basse, batterie, guitare solo de John, sa voix guide et la guitare solo fuzzée de George’ .
  • 24 Septembre 1968 : L’enregistrement des prises 46-70 de la piste rythmique pour  » Happiness Is A Warm Gun’  » a occupé toute la session de 19h00 à 02h00. La première moitié de la prise 53 et la seconde de la prise 65 ont été préférées, de sorte que la bande à huit pistes a été coupée et collée ensemble pour former une « meilleure » prise composite.
  • 25 Septembre 1968 : L’enregistrement de « Happiness Is A Warm Gun » a été achevé entre 19h30 et 5h00 du matin avec l’ajout de la voix principale de John, de splendides » bang hang, shoot shoot » chœurs de John, Paul et George, de parties d’orgue et de piano, d’un tuba (pratiquement supprimé dans les mixages), d’un battement de caisse claire, d’une basse et d’un tam-bourin. L’enregistrement a été mixé en mono entre 5h00 et 6h15 du matin.
  • 26 Septembre 1968 :Mixage monophonique de’ Happiness Is A Warm Gun’ ,’ What’s The New Mary Jane’ , ‘Glass Onion’ et ‘I Will’, réalisé pour pouvoir couper des acétates. Un jeu de ces disques a été offert à George Martin à son retour de vacances.
    John a manifestement trouvé le mixage mono de’ Glass Onion’ insuffisant et a passé le reste de cette session de 19h00 à 1h30 à compiler une étrange bande à quatre pistes d’effets sonores : une sonnerie de téléphone, une note d’orgue, le commentateur de football de la BBC Kenneth Wolstenholme criant « It’s a goal ! »
  • 28 Septembre 1968 : Le single des Beatles « Hey Jude / Revolution » atteint la première place des charts américains.
  • 30 Septembre 1968 : Publication de la biographie officielle des Beatles écrite par Hunter Davies.

Octobre 1968

  • 1er Octobre 1968 : Les Beatles retournent aux Trident Studios sans autre raison que le changement de décor d’une semaine, maintenant qu’EMI dispose également de huit pistes. Cette première session, de 16 heures à 3 h 30 du matin, comprend les enregistrements de « Honey Pie » de Paul, commençant et complétant la piste de base du piano (Paul), de la basse (George), de la batterie (Ringo) et de la guitare électrique (John). Deux bobines de bande ont été remplies, mais la meilleure »  » a été appelée « take one », et un mixage mono approximatif en a été retiré par George Martin – maintenant de retour de ses vacances – afin qu’il puisse arranger une partition de cuivres et de bois.
  • 1er Octobre 1968 : John Lennon réalise la photo qui sera utilisée pour la pochette de « Two Virgins ».
  • 2 Octobre 1968 :Une session de 4.00 pm-3.30 am de la voix principale de Paul et des overdubs de la guitare principale sur ‘Honey Pie’.
  • 3 Octobre 1968 :La première session pour ‘Savoy Truffle‘, une nouvelle chanson écrite par George et inspirée par le penchant d’Eric Clapton’ pour les chocolats – en particulier pour la sélection de boîtes Good News de Mackintosh . Travaillant entre 16 heures et 2 h 30 du matin, George, Paul et Ringo enregistrent une piste de base en une seule prise avec la batterie, la basse et la guitare solo.
  • 4 Octobre 1968 :Le morceau de Paul’ ,’ Martha My Dear‘, a été commencé et presque terminé lors de cette session de 16h00 à 16h30. À l’exception d’un overdub de cordes et de cuivres, il est probable que’ s l’enregistrement principal ne comprenait que Paul, sans aucun autre Beatles. Le piano, la batterie et un guide vocal ont d’abord été enregistrés comme piste de base pour les 14 musiciens recrutés qui devaient suivre dans leur overdub de 21h00 à 12h00 : Bernard Miller, Dennis McConnell, Lou Sofier et Les Maddox (violons), Leo Birnbaum et Henry Myerscough (altos), Reginald Kilbey et Frederick Alexander (violoncelles), Leon Calvert, Stanley Reynolds et Ronnie Hughes (trompettes), Tony Tunstall (cor), Ted Barker (trombone) et Alf Reece (tuba). Leon Calvert a également contribué à une partie de bugle.
    Auparavant, entre 18 et 21 heures, sept musiciens avaient fait des enregistrements sur « Honey Pie » : Dennis Walton, Ronald Chamberlain, Jim Chester, Rex Morris et Harry Klein (saxophones) et Raymond Newman et David Smith (clarinettes). Entre minuit et 4h30 du matin, Paul a enregistré sa voix principale et ses claquements de mains sur « Martha My Dear » et a ensuite ajouté la ligne vocale pittoresque « now she’s hit the big time ! »  » à « Honey Pie’ « .  Note : comme George Martin avait préparé une partition et réservé des musiciens pour ce premier enregistrement de « Martha My Dear’ « , Paul a dû lui donner une démo enregistrée en privé sur laquelle il a conçu son arrangement.
  • 5 Octobre 1968 :L’overdubbing de la voix principale de George sur  » Savoy Truffle  » et de la basse et des guitares électriques – toutes deux jouées par Paul – sur  » Martha My Dear’ « . rCette dernière chanson, ainsi que  » Honey Pie  » et  » Dear Prudence « , ont ensuite été mixées en mono, tandis que  » Honey Pie  » et  » Martha My Dear’  » ont été mixées en stéréo à la fin de la session 18h00-1h00.
     
  • 5 Octobre 1968 : Le single « Hey Jude » est premier des charts américains pour la deuxième semaine.
  • 6 Octobre 1968 : Le film promo de « Hey Jude » est diffusé sur la chaîne CDB lors de l’émission « The Smothers Brothers Comedy Hour ».
  • 7 Octobre 1968 :  La majeure partie de cette session remarquablement longue – du lundi 14h30 au mardi 7h00 – est consacrée à l’enregistrement de la piste de base d’une autre nouvelle chanson de George,  » Long Long Long  » (à ce stade précoce, elle s’appelle  » Its Been A Long Long Long Time « ).
  • 8 Octobre 1968 : Bien qu’elle ait duré 16 heures – du mardi 16 heures au mercredi 8 heures – il était rare qu’une session des Beatles de 1968 soit aussi productive, car deux nouvelles chansons de John Lennon, « I’m So Tired’  » et « The Continuing Story Of Bungalow Bill‘ « , ont été commencées et complétées pendant cette période, et la chanson « Long Long Long’  » de George’ a également fait l’objet d’overdubs.
    Long Long Long’ a commencé la session, George ajoutant une deuxième piste de guitare acoustique et une voix principale à double piste manuelle et Paul ajoutant une piste de basse. Puis’ I’ m So Tired’ a été enregistré en 14 prises et overdubs.
    La piste de base de « The Continuing Story Of Bungalow Bill’  » a été enregistrée en seulement trois prises et, bien qu’elle ait ensuite été encombrée d’overdubs, elle montre les Beatles bien loin de l’époque de Sgt Pepper, avec un enregistrement bâclé, bâclé, préservant les imperfections dans un effort pour capturer la bonne atmosphère. Bungalow Bill’ est une véritable foire d’empoigne, tout le monde dans le studio criant les refrains, applaudissant, sifflant et soutenant la voix principale de John’ . Yoko a chanté une ligne en solo – « not when he looked so fierce » – la première et la seule voix féminine principale sur un enregistrement des Beatles, et Maureen Starkey, la femme de Ringo’ , faisait également partie de la chorale assemblée. Chris Thomas a ajouté un mellotron à la chanson et a gagné 9 £ de plus.
  • 9 Octobre 1968 : Cette session de 19h00 à 5h30 a commencé par le mixage stéréo et mono de  » The Continuing Story Of Bungalow Bill « , puis s’est poursuivie avec’ Long Long Long « , Paul ajoutant une voix de soutien sporadique et Chris Thomas ajoutant un piano en overdub, ce qui a complété l’enregistrement. Une copie mono des 27 minutes de’ Helter Skelter’ du 18 juillet a également été réalisée, emportée par Paul pour sa collection personnelle et privée.
    Pendant que Chris Thomas apportait sa contribution au piano, Paul fit signe à Ken Townsend de le rejoindre dans le studio 1, où l’ingénieur technique fit un peu d’équilibrage et de manipulation de bande pendant que Paul enregistrait rapidement la piste de base de son court et risqué’ Why Don’ t We Do It In The Road’. À l’exception d’une partie de batterie rajoutée par Ringo la nuit suivante, il s’agit d’un autre enregistrement solo de McCartney, enregistré sur un appareil à quatre pistes. Cinq prises de la voix principale et de la guitare acoustique ont été enregistrées, et il a ensuite ajouté une surimpression de piano sur la dernière de ces prises.
  • 10 Octobre 1968 : L’enregistrement du double album touchant à sa fin, trois chansons ont été terminées lors de cette session de 19h00 à 19h15 :  » Piggies « ,  » Glass Onion  » et  » Why Don’ t We Do It In The Road « ‘ . Les deux premiers ont été complétés par des overdubs de cordes de 19h00 à 22h30, joués par les mêmes huit musiciens : Henry Datyner, Eric Bowie, Norman Lederman et Ronald Thomas (violons), Eldon Fox et Reginald Kilbey (violoncelles), John Underwood et Keith Cummings (altos). Glass Onion  » a ensuite été mixé en mono et en stéréo et’ Rocky Raccoon’ et  » Long Long Long’  » en stéréo uniquement.  Pendant que ces activités se déroulent dans le studio deux, Paul invite une fois de plus Ken Townsend à s’occuper de la salle de contrôle ailleurs, dans le studio trois cette fois, alors qu’il met la touche finale à son rocke de 1min40s « WhyDon’ tWeDoItInTheRoad’ .Plus de voix,des handclaps, de la basse et aussi de la batterie (le seul rôle de Ringo’ ) sont ajoutés à la cinquième prise ; celle-ci est ensuite réduite à six sur lesquelles Paul ajoute une piste de guitare électrique.
  • 10 Octobre 1968 : George Harrison fonde une nouvelle société d’édition musicale « Singsong limited ».
  • 11 Octobre 1968 : Publication du single « I’m the Urban Spaceman » par le Bonzo Dog Doo-Dah Band, produit par un Appolo C. Vermouth qui n’est autre que Paul McCartney.
  • 11 Octobre 1968 :Savoy Truffle’ avait encore besoin de quelques finitions. L’une d’entre elles était un overdub de saxophone, réalisé par Chris Thomas, enregistré entre 15h00 et 18h00 et simultanément déformé vers le haut.
    Les six saxophonistes étaient Ronnie Ross et Bernard George (baryton), Art Ellefson, Danny Moss, Harry Klein et Derek Collins (ténor).
    La session s’est ensuite poursuivie pendant 12 heures supplémentaires, jusqu’à 6 heures du matin, avec le mixage mono et stéréo de` Piggies’ ,` Don’ t Pass Me By’ et `Good Night’
  • 12 Octobre 1968 : Jane Asher, fiancée de Paul, déclare au London Evening Stadard qu’elle entretient une relation très « amicale » avec Paul.
  • 12 Octobre 1968 : Mixage du samedi soir, de 19h00 à 5h45, avec des mixages mono et stéréo de’ Everybody’s Got Something To Hide Except Me And My Monkey’ ,’ Mother Nature’ s Son’ et ‘Ob-La-Di, Oh- La-Da’ , stéréo uniquement de ‘Helter Skelter’ et mono uniquement de ‘Long Long Long’. 
  • 12 Octobre 1968 : Hey Jude est premier des charts américains pour la troisième semaine.
  • 13 Octobre 1968 : Une date limite de livraison leur étant imposée, il s’agissait de la première session dominicale des Beatles’ depuis l’enregistrement de’ Hey Bulldog’ le 11 février, et John y a commencé et terminé la 32e et dernière chanson de l’album’ , sa touchante ballade’ Julia . Il l’a enregistrée seul – le seul enregistrement solo de Lennon dans le canon des Beatles’ – en chantant deux fois sur son accompagnement à la guitare acoustique.  Un peu de mixage a complété cette session de 19h00 à 6h00 du matin : ‘Julia’ ,’ Dear Prudence’ et ‘Blackbird’ ont été mixés en mono et stéréo, ‘Wild Honey Pie’ et’ Back In The USSR’ en stéréo uniquement.
  • 13 Octobre 1968 : Le film promo de « Revolution » est diffusé sur CBS-TV.
  • 14 Octobre 1968 : Ringo s’est envolé pour la Sardaigne pour deux semaines de vacances ce lundi matin, laissant le mixage final et le jugement sur l’ordre de passage du double album aux trois Beatles restants et à l’équipe de production.  Il s’agit de la dernière session d’enregistrement des Beatles,’ Savoy Truffle’ étant complété par des overdubs d’un orgue et d’un piano électrique (tous deux joués par Chris Thomas), une deuxième partie de guitare électrique, un tambourin et des bongos. Le reste de cette session de 19h00 à 7h30 est consacré au mixage :  » I Will « ,  » Birthday « ,  » Yer Blues « ,  » Sexy Sadie  » et  » What’s The New Mary Jane « ‘ passent en stéréo,  » Savoy Truffle « ‘ et  » While My Guitar Gently Weeps « ‘ en mono et stéréo,’ Long Long Long’ uniquement en mono.
  • 15 Octobre 1968 : Une session de 18h00 à 20h00 pour mixer’ Happiness Is A Warm Gun’ en stéréo et’ I’ m So Tired’ et’ Cry Baby Cry’ en mono et stéréo. 
  • 16 Octobre 1968 : Paul, John et George Martin travaillent 24 heures d’affilées pour déterminer l’ordre des plages de l’Album Blanc.
  • 16 Octobre 1968 : George Harrison s’envole pour Los Angeles pour travailler avec Jackie Lomax, sur un album qui sortira sur le label Apple des Beatles.
  • 18 Octobre 1968 : John et Yoko sont arrêtés en possession de Cannabis.
  • 19 Octobre 1968 : John et Yoko passent en jugement devant le tribunal de Marylebone, pour détention de 219 graines de résine de Canabis. Ils sont libérés sous caution et leur jugement est reporté au 28 Novembre de la même année.
  • 19 Octobre 1968 : Hey Jude est premier des charts américains pour la 4eme semaine.
  • 25 Octobre 1968 : John et Yoko annoncent que Yoko est enceinte et que le bébé est attendu pour février 1969.
  • 26 Octobre 1968 : Hey Jude est premier des charts américains pour la cinquième semaine.
  • 28 Octobre 1968 : La demande officielle de divorce de Cynthia Lennon est déposée.
  • 29 Octobre 1968 : Entre 10h00 et 13h00, dans le studio 3 d’EMI, Geoff Emerick prépare les autres mixages stéréo pour l’album de la bande originale de Yellow Submarine : `Hey Bulldog’ , `All Together Now’ , `All You Need Is Love’ et ‘Only A Northern Song. Ce dernier titre était un mixage « mock stereo », travaillé à partir du master mono plutôt que du quatre pistes original.
    Quelque sept mois après le film qu’il était censé accompagner (bien que le film ne soit sorti aux États-Unis qu’à la mi-novembre), l’album de la bande originale de Yellow Submarine est sorti en Grande-Bretagne le vendredi 17 janvier 1969, une face comprenant la musique des Beatles’ – et seulement quatre « nouvelles chansons » , en plus – l’autre contenant la bande originale orchestrée du film par George Martin’ , enregistrée les 22 et 23 octobre 1968 chez EMI. (Il l’avait initialement enregistrée pour le film lui-même aux Olympic Sound Studios). La principale raison de ce retard est le désir des Beatles de voir le` White Album sortir en premier, avec un intervalle clair d’au moins trois semaines.
    Les Beatles ont été légèrement critiqués sur le LP Yellow Submarine pour avoir donné moins que leur excellent rapport qualité-prix habituel. Ils ont manifestement pris ces critiques à cœur, car il reste dans les archives d’EMI une bande maîtresse pour un EP mono de sept pouces, à la vitesse d’un 331⁄2 tours, compilé et bandé le 13 mars 1969, avec la composition suivante : Face A) ‘Only A Northern Song’ ;’ Hey Bulldog’ ; ‘Across The Universe’ . Face B) ‘All Together Now’ ;’ It’ s All Too Much . (Notez l’inclusion en bonus de ‘Across The Universe’, terminé et mixé depuis longtemps mais, en mars 1969, toujours en attente de publication sur l’album de charité du World Wildlife Fund). Mais malgré ces efforts, l’EP n’a jamais été publié. Malgré ces efforts, l’EP n’est jamais sorti. Jamais vraiment e n p h a s e avec le projet Yellow Submarine, les Beatles ont peut-être estimé qu’il valait mieux le reléguer entièrement dans le passé.
  • 31 Octobre 1968 : Linda Eastman s’installe à Londres pour vivre avec Paul. Sa fille Heather est avec elle et Linda l’inscrit dans une école privée locale.

Novembre 1968

  • 1er Novembre 1968 : Publication en Grande Bretagne de l’album de George Harrison « Wonderwall Music ».
  • 1er Novembre 1968 : John et Yoko enregistrent une interview en présence d’un sociologue allemand, d’une durée de 40 minutes et diffusée en Hollande le 15 Janvier 1969.
  • 1er Novembre 1968 : George Harrison enregistre la piste instrumentale de la chanson « No Time or Space » (Electronic Sounds).
  • 2 Novembre 1968 : Hey Jude est premier des charts américains.
  • 3 Novembre 1968 : Diffusion par la chaîne de télévision BBC I de l’émission « All My Loving » à laquelle assistent les Beatles.
  • 5 Novembre 1968 : Paul et Linda se rendent en voiture à la ferme de Paul en Ecosse pour y prendre un long congé.
  • 8 Novembre 1968 : Le tribunal de Londres prononce le divorce en faveur de Cynthia, puisque John a admis l’adultère avec Yoko.
  • 8 Novembre 1968 : La presse annonce que le contrat de cinq ans que George Harrison a signé avec Northern Songs Limited est expiré depuis le mois de Mars, et qu’il n’a pas été renouvelé.
  • 9 Novembre 1968 : Hey Jude est premier des charts américains pour la 7ème semaine.
  • 11 Novembre 1968 : Publication de l’album de John et Yoko Two Virgins.
  • 13 Novembre 1968 : Première du film « Yellow Submarine » à New York City.
  • 15 Novembre 1968 : Le voyage de George à Los Angeles le 16 octobre est le début d’un séjour de près de sept semaines, la majeure partie de ce temps étant consacrée à la production de numéros pour Is This What You Want ? le premier album de l’artiste Jackie Lomax d’Apple Records. George est également apparu une fois à la télévision américaine, lors d’un caméo inopiné dans The Smothers Brothers Comedy Hour, enregistré le vendredi devant le public de la salle de concert de l’hôtel et diffusé en primetime deux nuits plus tard. Cette édition particulière a été diffusée le dimanche 17 novembre (de 21h00 à 22h00, heure de l’Est) et avait pour invités Dion et Donovan, le bon ami de George’ . Au cours de cette même visite en Californie, George est présenté à l’expert en musique électronique Bernie Krause, et Krause, à son tour, présente à George le synthétiseur Moog, récemment inventé mais encore largement inconnu. (Voir aussi le 5 août 1969.) Krause est responsable de certains effets sur l’album de Lomax’ et se réunit également avec George à un moment donné en novembre pour enregistrer un long morceau instrumental (25 minutes) – intitulé  » No Time Or Space  » – qui constitue la deuxième face entière d’un album, Electronic Sounds, publié par George le 9 mai 1969. (George a acheté un synthétiseur et l’a ramené chez lui en Angleterre, l’autre face de son LP – l’instrumental de 19 minutes `Under The Mersey Wall’ – ayant été enregistré à Esher quelque temps en février 1969, la date précise n’étant pas documentée).
  • 15 Novembre 1968 : Le « LA Times » publie une chronique du film « Yellow Submarine » dans lequel le film est décrit comme le plus stupide des années 60.
  • 16 Novembre 1968 : Hey Jude est premier des charts américains pour la huitième semaine.
  • 20 Novembre 1968 : Pour promouvoir la sortie de The Beatles, Paul a accordé ce jour-là une interview au nouveau directeur des programmes de Radio. Luxembourg, l’ancien DJ de la radio australienne Tony Macarthur. Cette interview a été enregistrée chez Paul à St John’ s Wood et diffusée le lendemain soir (21 novembre, 19h30-21h30) dans le cadre d’une émission spéciale de deux heures consacrée exclusivement au « White Album », diffusée littéralement la veille de sa sortie. L’émission comprenait également des commentaires enregistrés séparément par Judith Simons, correspondante du Daily Express pour la musique pop. Vers cette date (20 novembre), John et Yoko ont accordé une interview télévisée franche, révélatrice et longue (40 minutes) au respecté sociologue/écrivain néerlandais Bram de Swaan. Tournée dans la salle d’attente d’un dentiste à Knightsbridge, dans le centre de Londres, la première moitié de l’interview ne montrait Yoko que parce que John était dans une autre pièce pour recevoir un traitement. Acquis par la chaîne VARA-tv, le film a été diffusé dans le cadre de la série pour jeunes Rood Wit Blauw b’ la chaîne Nederland 2 le mercredi 15 janvier 1969 (21h25- 22h05).
  • 21 Novembre 1968 : Yoko fait une fausse couche au Queen Charlotte’s Hospital de Londres.
  • 21 Novembre 1968 : Publication en France par Apple, du 33 tours SMO 2051/52 des Beatles, dont le contenu est identique au double album anglais « The Beatles » (PCS 7067-68)
  • 22 Novembre 1968 : Publication de l’album « The Beatles ».
  • 22 Novembre 1968 : Publication du single de Donovan « Atlantis » sur lequel Paul McCartney joue du tambourin, et chante.
  • 24 Novembre 1968 : Le groupe Grapefruit quitte Apple. Le manager de ce groupe dit « J’aime beaucoup les Beatles en tant qu’amis, mais pas en tant que patron… il y a beaucoup de flottement chez Apple ».
  • 25 Novembre 1968 : Publication aux Etats Unis de l’album des Beatles « The Beatles ».
  • 27 Novembre 1968 : Publication en Suède de l’album « The Beatles ».
  • 28 Novembre 1968 : Dans une affaire de drogue, John plaide coupable pour possession illégale de cannabis devant la cour magistrale de Marylebone.
  • 29 Novembre 1968 : Publication en Grande Bretagne de l’album de John et Yoko « Unfinished Music No. 1: Two Virgins » (Apple).
  • 30 Novembre 1968 : Le NME annonce que le 45T « Hey Jude » serait en train de dépasser les 6 millions d’exemplaires vendus dans le monde.
  • 30 Novembre 1968 : L’album « The Beatles » est premier des charts anglais.

Décembre 1968

  • 1er Décembre 1968 : Début du tournage du film expérimental de John et Yoko « Rape ».
  • 2 Décembre 1968 : Sortie américaine de l’album de George Harrison « Wonderwall », qui se classera 16 semaines dans les charts.
  • 4 Décembre 1968 : George informe par une note de service à l’attention des employés de Apple qu’il a invité un groupe de Hell’s Angels californien, à résider au 3 Savile Row.
  • 6 Décembre 1968 : Publication en Angleterre de l’album éponyme de James Taylor sur lequel Paul joue de la basse sur la chanson « Carolina on my Mind ».
  • 7 Décembre 1968 : Le journal « Disc and Music » révèle que Paul est sorti avec la photographe New-Yorkaise Linda Eastman.
  • 11 Décembre 1968 : Paul, Linda et Heather s’envolent pour Praira de Luz au Portugal pour rejoindre Hunter Davies.
  • 11 Décembre 1968 : Inspirés, peut-être, par le Magical Mystery Tour des Beatles, les Rolling Stones ont conçu et financé, pour un montant d’environ 1,5 million d’euros, ce projet  leur propre émission télévisée spéciale en couleur, répétée et partiellement enregistrée le 10 décembre dans les studios de Stonebridge Park d’InterTel (VTR Services) et enregistrée jusqu’au bout le lendemain, mercredi 11 décembre. Le titre était The Rolling Stones’ Rock And Roll Circus et il reste publiquement inédit. . Ce n’est qu’en 1997 que ce divertissement sera diffusé et commercialisé.
    Comme le titre l’indique, le spectacle mêle la musique à l’atmosphère et à l’amusement d’un cirque, avec des acrobates se balançant au-dessus de la tête des musiciens, des nains, un cracheur de feu, un tigre dressé et un tourneur d’assiettes, tous empruntés au cirque de Sir Robert Fossett’ , et avec de nombreux participants musicaux portant des costumes de cirque (Mick Jagger, par exemple, portait une tenue de maître de piste). Le réalisateur était Michael Lindsay-Hogg, bien connu de l’histoire des Beatles, et le caméraman Tony Richmond. Un mois plus tard, les deux hommes allaient refaire équipe pour le projet Beatles’ Get Back (voir le 2 janvier 1969).
    John est l’un des nombreux musiciens invités à participer au spectacle, les autres étant Eric Clapton (Cream est invité à participer mais vient de se séparer), Jethro Tull, Marianne Faithfull, The Who et Mitch Mitchell (du Jimi Hendrix Experience), tandis que les Rolling Stones sont en tête d’affiche, jouant un set qui ne commence qu’à 2 heures du matin le jeudi, alors que le public invité, également vêtu de costumes fantaisistes, est en grande partie parti. Jouant sous un chapiteau et rejoint à la basse par Keith Richard (comme il se faisait encore appeler à ce moment-là), à la guitare par Eric Clapton et à la batterie par Mitch Mitchell, John a d’abord chanté (tout en jouant la rythmique) une version live scintillante de « Yer Blues’ « , qui venait de sortir sur le label The Beatles. Puis il s’est écarté pour laisser Yoko prendre le relais, elle et la main – rejointes par les « perpétuels ». violoniste » Ivry Gitlis – effectuant un jam électrique qui a été appelé plus tard « Her Blues ». D’autres séquences hors-scène et ad-lib impliquant John et Mick Jagger ont été enregistrées par Michael.
    Lindsay-Hogg au cours de ces deux jours, ainsi qu’une séquence dans laquelle chacun s’alignait dans son costume de cirque, John habillé en jongleur, Yoko en sorcière.
    En plus d’être filmé, l’ensemble du tournage du film The Rolling Stones’ Rock And Roll Circus a été enregistré sur un appareil mobile à quatre pistes, avec Glyn Johns et Jimmy Miller comme ingénieurs, les Stones prévoyant de sortir un album de la bande originale dont les recettes seraient versées à une œuvre de charité. Comme le film lui-même, ce projet n’a jamais abouti.
    Après l’enregistrement du Rock And Roll Circus, John, accompagné de Yoko, s’est rendu au centre de Londres pour participer à l’émission Night Ride de BBC Radio 1/2, transmise en direct de Broadcasting House de 0h05 à 2h du matin. Yoko et lui ont discuté de leur nouvel album Two Virgins avec l’animateur de la première heure John Peel ( ils auraient donc été à l’antenne entre 12 h 05 et 1 h 00 du matin) et, comme c’était au crépuscule, lorsque peu de gens étaient à l’écoute, la BBC a osé diffuser un extrait de 3 minutes 20 secondes de l’album, qui a dû être l’un des plus grands extraits jamais diffusés.
  • 11 Décembre 1968 : John et Yoko participent à l’émission de radio « Night Ride » où ils parlent de leur futur album, « Two Virgins ».
  • 12 Décembre 1968 : Paul McCartney donnent une conférence de presse depuis l’aéroport de Faro.
  • 17 Décembre 1968 : Première du film « Candy » à New York, dans lequel joue Ringo Starr.
  • 18 Décembre 1968 : Publication du 45 T. « I’m The Urban Spaceman » de Bonzo Dog Doo-Dah Band, produit par Paul et sur lequel il joue sous le pseudonyme d’Appolo C. Vermouth.
  • 18 Décembre 1968 : John et Yoko apparaissent sur la scène du Royal Albert Hall, emballés dans un immense sac Blanc, dans le cadre d’une fête de Noel.
  • 20 Décembre 1968 : Sortie du disque souple « The Beatles 1968 Christmas Record » qui est envoyé aux membres du fan club.
  • 23 Décembre 1968 : Première fête de Noel chez Apple au 3 Savile Row qui voit ses locaux envahis de Hell’s Angel, invités par George.
  • 23 Décembre 1968 : John et Yoko font une apparition à la fête de Noël de Apple, déguisés en père et mère Noël, et distribuent des jouets aux enfants.
  • 25 Décembre 1968 : Première diffusion en noir et Blanc à la BBC1, du film promotionnel de la chanson « Lady Madonna ».
  • 28 Décembre 1968 : The Beatles atteint la première place des charts américains.

Questions fréquentes

Combien de disques les Beatles ont-ils publiés au Royaume-Uni en 1968 ?
Trois références : deux singles et un double album. Aucun EP, aucun concert.

Comment s’appelle réellement l’album blanc ?
The Beatles. Le surnom vient de la pochette entièrement blanche conçue par Richard Hamilton. Le titre véritable figure en relief sur la couverture.

Combien de temps les Beatles sont-ils restés en Inde ?
Les séjours sont échelonnés : une dizaine de jours pour Ringo Starr, environ cinq semaines pour Paul McCartney, et jusqu’au 12 avril pour John Lennon et George Harrison, arrivés le 15 février.

Combien de chansons ont été écrites à Rishikesh ?
Entre trente et quarante selon les décomptes, dont la large majorité de celles qui composent le double album de novembre.

Ringo Starr a-t-il vraiment quitté le groupe en 1968 ?
Oui. Il a démissionné le 22 août pendant une séance et est revenu au début du mois de septembre. Deux titres de l’album ont été enregistrés sans lui, McCartney tenant la batterie.

Qui joue le solo de guitare sur « While My Guitar Gently Weeps » ?
Eric Clapton, invité par George Harrison le 6 septembre 1968. Il n’est crédité nulle part sur le disque.

Pourquoi « Hey Jude » a-t-il été enregistré hors d’Abbey Road ?
Parce que le studio indépendant de Soho où le groupe s’est rendu fin juillet 1968 disposait d’un magnétophone à huit pistes, alors inexistant en service à Abbey Road. Le mixage a également dû y être réalisé.

Quand les Beatles sont-ils passés à huit pistes ?
En juillet et août 1968 dans un studio indépendant, puis en septembre à Abbey Road — où un appareil entreposé depuis des mois a été mis en service sans autorisation de la direction technique.

George Martin a-t-il produit tout l’album ?
Non. Il s’est absenté plusieurs semaines en septembre, période durant laquelle son assistant Chris Thomas a assuré la production de plusieurs séances.

Pourquoi l’album est-il double ?
Parce que le groupe a refusé unanimement la sélection proposée par George Martin, qui plaidait pour un disque simple resserré. Trente titres avaient été enregistrés entre le 30 mai et le 14 octobre.

Que s’est-il passé avec le magasin de Baker Street ?
Ouvert en décembre 1967, il a fermé le 30 juillet 1968 après huit mois d’exploitation déficitaire. Le stock a été distribué gratuitement plutôt que soldé.

Quel format faut-il privilégier pour écouter l’album de 1968 ?
Le mono reste un document à part entière pour cette année : c’est le dernier album des Beatles à faire l’objet d’un mixage mono distinct destiné au commerce britannique, et les différences avec la stéréo sont nombreuses.


Glossaire

Ashram — Centre de retraite spirituelle. Celui fréquenté par le groupe au printemps 1968 était situé sur les hauteurs du Gange, dans les contreforts himalayens.

Collage sonore — Composition assemblée à partir de fragments enregistrés, de boucles et de bruits, sans structure de chanson. L’album de 1968 en comporte un de huit minutes.

Face A / face B — Sur un single, le titre poussé par la maison de disques et le titre de complément. Le choix de la face A du single d’août 1968 a fait l’objet d’un désaccord interne.

Huit-pistes — Magnétophone à huit signaux indépendants. Adopté par le groupe à l’été 1968, d’abord dans un studio indépendant, puis à Abbey Road en septembre.

Mono / stéréo — L’album de 1968 est le dernier des Beatles à bénéficier d’un mixage mono distinct commercialisé au Royaume-Uni, comportant de nombreuses différences avec la stéréo.

Numéro de série — Numéro imprimé individuellement sur chaque exemplaire de la première édition de la pochette blanche, destiné à singulariser un objet produit en série.

Pop art — Courant artistique auquel appartient Richard Hamilton, concepteur de la pochette de novembre 1968.

Relief (estampage) — Procédé d’impression en creux et en bosse, sans encre, utilisé pour faire figurer le nom du groupe sur la pochette blanche.

Report (reduction mixdown) — Mélange de plusieurs pistes sur une seule pour libérer de la place. Le passage à huit pistes en réduit fortement la nécessité.

Studio indépendant — Établissement d’enregistrement n’appartenant pas à une maison de disques. Ceux de Londres devancent EMI sur l’équipement à la fin des années soixante.


Bibliographie

  • Mark Lewisohn, The Complete Beatles Recording Sessions — détail séance par séance des quatre mois et demi de studio.
  • Mark Lewisohn, The Complete Beatles Chronicle — datation des événements et déplacements de 1968.
  • Ian MacDonald, Revolution in the Head — analyse chanson par chanson, particulièrement précieuse pour ce disque.
  • Walter Everett, The Beatles as Musicians: Revolver through the Anthology — analyse harmonique et formelle.
  • Barry Miles, Paul McCartney: Many Years From Now — témoignage de première main sur Rishikesh et sur la société.
  • Geoff Emerick, Here, There and Everywhere — témoignage de l’ingénieur sur le climat des séances, à croiser avec prudence.
  • Ken Scott, Abbey Road to Ziggy Stardust — témoignage technique sur les séances de 1968 et le passage à huit pistes.
  • Peter Doggett, You Never Give Me Your Money — sur la structure financière et ses dérives.
  • The Beatles Anthology — témoignages des quatre membres sur l’année.
  • Kenneth Womack, The Beatles Encyclopedia — vérification factuelle et notices de référence.

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