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« Glass Onion » est une chanson des Beatles écrite principalement par John Lennon, bien que créditée à Lennon-McCartney. Elle figure comme la troisième piste de l’album The Beatles (plus connu sous le nom de The White Album), sorti en 1968. « Glass Onion » est une chanson rock psychédélique marquée par son utilisation de références autoréférentielles aux chansons précédentes des Beatles, ses paroles énigmatiques, et son arrangement musical dynamique. La chanson joue avec la perception des auditeurs et leur interprétation des paroles, offrant une critique subtile des tentatives de suranalyse de la musique des Beatles par les fans et les critiques.
« Glass Onion » a été conçue par John Lennon comme une réponse ironique aux fans et critiques qui avaient tenté de décoder les significations cachées des paroles de ses chansons. Frustré par les surinterprétations et les théories parfois farfelues entourant les chansons des Beatles, Lennon a écrit « Glass Onion » comme une manière de se moquer gentiment de cette obsession. En introduisant délibérément des références à plusieurs chansons précédentes des Beatles, Lennon a créé un morceau qui invite à la réflexion tout en mettant en lumière l’absurdité de chercher des significations cachées partout.
Les paroles de « Glass Onion » font référence à plusieurs chansons célèbres des Beatles, y compris « Strawberry Fields Forever, » « I Am the Walrus, » « Lady Madonna, » « The Fool on the Hill, » et « Fixing a Hole. » Des lignes comme « I told you ’bout Strawberry Fields » et « The walrus was Paul » jouent sur des thèmes familiers tout en introduisant de nouvelles ambiguïtés, défiant l’auditeur de démêler le vrai du faux. La mention « The walrus was Paul » est particulièrement notable pour son retournement ironique par rapport à la chanson « I Am the Walrus, » laissant les fans perplexes et encouragés à continuer à interpréter et à analyser chaque mot.
« Glass Onion » a été enregistrée par les Beatles lors de plusieurs sessions entre le 11 et le 13 septembre 1968 aux studios EMI d’Abbey Road à Londres, sous la direction de George Martin. L’enregistrement de la chanson est marqué par une production claire mais expérimentale, incorporant des techniques de studio innovantes et un mélange de styles musicaux.
John Lennon prend la voix principale sur « Glass Onion, » et sa performance est souvent saluée pour son caractère énergique et sarcastique. Sa voix, pleine de mordant et de mystère, correspond parfaitement au ton de la chanson, capturant l’émotion de la provocation et de la réflexion exprimée dans les paroles. Paul McCartney et George Harrison fournissent des harmonies vocales de soutien, ajoutant une dimension supplémentaire à l’arrangement vocal et renforçant l’atmosphère collective et intrigante de la chanson.
Musicalement, « Glass Onion » est construite autour d’une progression d’accords rock simple mais percutante, avec un rythme entraînant en 4/4 qui donne à la chanson une sensation de dynamisme et de mouvement constant. La basse mélodique de McCartney, la guitare rythmique de Harrison, et la batterie de Starr créent une base rythmique solide et entraînante, tandis que l’utilisation de percussions, de cordes et d’instruments à vent ajoute une touche de complexité et de texture à l’arrangement.
Un aspect notable de l’enregistrement de « Glass Onion » est l’utilisation de techniques de manipulation de bande et d’effets sonores pour créer une atmosphère mystérieuse et psychédélique. À la fin de la chanson, une section de cordes arrangée par George Martin entre en jeu, ajoutant une dimension orchestrale qui contraste avec le rock brut du début de la chanson, avant de se fondre dans un effet sonore de cristaux brisés, renforçant l’idée de la chanson comme un « oignon de verre » — fragile et multifacette.
George Martin a opté pour une production nette mais imaginative pour « Glass Onion, » mettant en valeur les voix et l’instrumentation tout en capturant l’esprit provocateur et ludique de Lennon. L’utilisation subtile de la réverbération et des techniques de manipulation de bande ajoute une dimension d’espace et de profondeur à l’enregistrement, renforçant l’émotion de mystère et de provocation.
« Glass Onion » a été incluse comme la troisième piste de l’album The Beatles (The White Album), sorti le 22 novembre 1968 au Royaume-Uni et le 25 novembre 1968 aux États-Unis. L’album a été acclamé pour sa diversité stylistique et son approche éclectique, avec « Glass Onion » saluée pour son caractère ironique et sa capacité à jouer avec les attentes des auditeurs. Bien que la chanson ne soit pas sortie en single, elle est rapidement devenue un favori des fans pour son approche métatextuelle et son énergie dynamique.
Les critiques de l’époque ont salué « Glass Onion » pour son caractère accessible et son interprétation harmonique riche, reconnaissant la capacité des Beatles à capturer des émotions positives et à créer des compositions qui transcendent les frontières de la musique pop. La chanson a été reconnue comme un excellent exemple de l’évolution de Lennon en tant que songwriter, montrant sa capacité à capturer des émotions dynamiques et à créer un sentiment de réflexion et de jeu.
« Glass Onion » explore des thèmes de perception, de réalité subjective, et de réflexivité, exprimant un sentiment de jeu et de provocation face aux tentatives d’analyse et de décodage de la musique. Les paroles, bien que énigmatiques, sont efficaces pour transmettre un sentiment de mystère et de réflexion, capturant l’essence de l’expérience humaine et de l’exploration mentale. Ce thème est renforcé par la mélodie entraînante et l’utilisation d’instrumentation variée, qui ajoutent une dimension de fête et de complexité à l’ensemble.
Musicalement, la chanson est notable pour son utilisation de motifs mélodiques simples, de progressions harmoniques majeures, et d’une instrumentation riche, créant un son riche et engageant qui est à la fois vibrant et sophistiqué. L’influence de la musique pop, du rock, et de l’avant-garde est évidente dans la structure harmonique de la chanson, mais Lennon et les autres membres des Beatles y ajoutent leur propre sensibilité moderne, créant un morceau unique qui se démarque dans leur catalogue.
Aujourd’hui, « Glass Onion » est largement reconnue comme l’une des chansons les plus ironiques et réflexives des Beatles, exemplifiant leur capacité à créer des morceaux qui sont à la fois dynamiques et émotionnellement engageants. Elle est célébrée pour son arrangement harmonique riche, son ambiance mystérieuse, et son utilisation innovante d’instrumentation et de production, qui capturent parfaitement l’esprit des Beatles à une époque de transition vers des compositions plus sophistiquées et expérientielles.
La chanson continue d’être revisitée par les fans et les musiciens comme un exemple de l’innovation musicale de John Lennon et de sa capacité à capturer des émotions positives dans un format pop sophistiqué. Elle est également reconnue pour son rôle dans l’évolution musicale du groupe, montrant leur volonté d’explorer de nouveaux sons et de nouvelles idées tout en restant fidèles à leur style unique.
En conclusion, « Glass Onion » est bien plus qu’une simple chanson pop; elle est une démonstration de la croissance des Beatles en tant qu’artistes, capables de capturer l’esprit de la réflexion et de la provocation tout en explorant des thèmes plus profonds et plus universels. La chanson reste une pièce importante de leur héritage musical, capable de captiver et d’inspirer des générations d’auditeurs avec son émotion sincère, son style harmonique riche, et sa capacité à capturer l’essence de l’ironie et de la réflexion culturelle.
Sommaire
I told you about strawberry fields
You know the place where nothing is real
Well here’s another place you can go
Where everything flows
Looking through the bent backed tulips
To see how the other half live
Looking through a Glass Onion
I told you about the walrus and me – man
You know that we’re as close as can be – man
Well here’s another clue for you all
The walrus was Paul
Standing on the cast iron shore – yeah
Lady Madonna trying to make ends meet – yeah
Looking through a Glass Onion
Oh yeah, oh yeah, oh yeah
Looking through a glass onion
I told you about The Fool On The Hill
I tell you man he living there still
Well here’s another place you can be
Listen to me
Fixing a hole in the ocean
Trying to make a dove-tail joint – yeah
Looking through a Glass Onion
Je t’ai parlé des champs de fraises
Tu sais, l’endroit où rien n’est réel
Et bien voici un autre endroit où tu peux aller
Où tout s’écoule
En regardant à travers les tulipes courbées
Pour voir comment l’autre moitié vit
Regarder à travers un oignon de verre
Je t’ai parlé du morse et de moi – mec
Tu sais que nous sommes aussi proches qu’on peut l’être – man
Et bien voici un autre indice pour vous tous
Le morse était Paul
Debout sur le rivage de fonte – yeah
Lady Madonna essayant de joindre les deux bouts – yeah
En regardant à travers un oignon de verre
La vie de l’homme, c’est la vie de l’homme.
En regardant à travers un oignon de verre
Je vous ai parlé de l’imbécile sur la colline
Je t’ai dit qu’il y vivait encore
Je n’ai pas besoin d’être un homme, je suis un homme.
Ecoute-moi
Réparer un trou dans l’océan
Essayant de faire un joint à queue d’aronde – ouais
Regarder à travers un oignon de verre
À une époque marquée par d’importants mouvements socioculturels, les Beatles étaient souvent considérés comme des prophètes. Chaque chanson était scrutée, analysée à la recherche de symboles et d’allusions cachées : Qui était l' »Eggman » dans « I’m the Walrus »? Le « thé » mentionné dans « Lovely Rita » faisait-il référence à la marijuana ? « Henry the Horse » était-il un terme d’argot pour héroïne?
Les Beatles étaient largement responsables de ces interprétations audacieuses, notamment parce qu’ils avaient souvent recours à la poésie et au non-sens. John, en particulier, s’était amusé à rendre ses paroles de plus en plus énigmatiques. Mais, en 1968, il avait adopté un style d’écriture plus simple et direct, particulièrement dans les morceaux inspirés de son voyage en Inde. Lorsqu’un étudiant de son ancienne école lui demanda pourquoi il composait, John répondit qu’il le faisait pour lui-même. « Tout ce que les gens en déduisent par la suite est légitime, mais ne correspond pas nécessairement à ma vision. Et c’est vrai pour toutes les créations : art, poèmes, chansons… Il faudrait détruire le mystère et toutes les bêtises qui entourent l’art. »
« Glass Onion » était une réponse humoristique à tous ceux qui cherchaient un sens caché dans ses textes. Pour écrire cette chanson, il a repris les mots et les images de certaines des chansons les plus mystérieuses des Beatles. Puis, en plaisantant, il mentionna que le Morse dans « I Am The Walrus » était en réalité Paul.
John ajouta aussi quelques nouvelles images provocantes : des tulipes inversées, un oignon en verre, une plage en fonte, et un assemblage en queue d’aronde. Les tulipes inversées, selon Derek Taylor, faisaient référence à un arrangement floral d’un restaurant chic de Londres des années 60. Quant à « The cast Iron shore », il s’agissait d’une plage de Liverpool. Un assemblage en queue d’aronde est une technique de menuiserie, et « Glass Onion » était le nom que John envisageait pour un groupe signé chez Apple en 1968, avant qu’ils ne choisissent « Bad Finger », inspiré du titre original « Badfinger Boogie » de « With A Little Help From My Friend ».
Paul McCartney : piano,
John Lennon : voix principale, guitare rythmique acoustique, tambourin
George Harrison : guitare principale
Ringo Starr : batterie
Henry Datyner : violon
Eric Bowie : violon
Norman Lederman : violon
Ronald Thomas : violon
John Underwood : violon alto
Keith Cummings : violon alto
Eldon Fox : violoncelle
Reginald Kilbey : violoncelle
11 Septembre 1968 : enregistrement de 34 prises.
12 Septembre 1968 : ajout doverdubs à la prise 33.
13 Septembre 1968 : ajout doverdubs à la prise 33.
16 Septembre 1968 : ajout doverdubs à la prise 33.
10 Octobre 1968 : ajout doverdubs à la prise 33.
Version finale : Prise 33
John Lennon : 100 %
Arif Mardin