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« Revolution » est une chanson des Beatles qui incarne leur réponse directe et audacieuse aux bouleversements sociaux et politiques de la fin des années 1960. Écrite principalement par John Lennon, la chanson a été enregistrée dans deux versions distinctes, l’une en tant que face B du single « Hey Jude » en août 1968, et l’autre, plus lente et plus introspective, sur l’album « The Beatles » (plus connu sous le nom de « The White Album »). « Revolution » marque une divergence musicale et idéologique pour les Beatles, reflétant à la fois les tensions internes au sein du groupe et la volonté de s’engager plus directement avec les questions contemporaines.
L’inspiration de « Revolution » vient des bouleversements sociaux et politiques mondiaux de 1968, une période marquée par des protestations contre la guerre du Vietnam, des mouvements pour les droits civiques, des manifestations étudiantes et des révoltes ouvrières à travers le monde. John Lennon, profondément affecté par les événements de l’époque, a décidé d’écrire une chanson qui exprime son point de vue sur les appels croissants à la révolution et au changement radical.
Lennon, connu pour son franc-parler et son engagement en faveur de la paix, a voulu aborder les appels à la violence et à la confrontation physique qui émanaient de certaines factions radicales. Dans « Revolution, » Lennon adopte une position nuancée, se disant ouvert au changement mais opposé à toute forme de violence. Les paroles, telles que « But when you talk about destruction / Don’t you know that you can count me out, » reflètent son scepticisme face à l’idée de changement par la force, préférant une approche plus pacifique pour résoudre les problèmes sociaux et politiques.
Les Beatles ont enregistré deux versions principales de « Revolution, » chacune reflétant une approche différente du même thème. La première version, intitulée « Revolution 1, » a été enregistrée en mai 1968 et est une interprétation plus lente et plus bluesy, avec un arrangement de cuivres et une approche plus détendue. Cette version, qui apparaît sur « The White Album, » reflète une réflexion plus contemplative de Lennon sur les mouvements révolutionnaires, mettant l’accent sur une approche pacifique et sur la nécessité de bien réfléchir aux conséquences de la violence.
Cependant, Lennon souhaitait également une version plus énergique et plus directe pour sortir en single. En juillet 1968, les Beatles ont enregistré une version plus rapide et plus agressive de la chanson, simplement intitulée « Revolution, » qui est devenue la face B de « Hey Jude. » Cette version se distingue par son tempo plus rapide, ses guitares saturées, et l’introduction marquée par un cri perçant de Lennon, « Alright! » Cette version reflète une approche plus rock ‘n’ roll, marquée par une énergie brute et une urgence qui capturent l’esprit de l’époque.
La production de cette version de « Revolution » est marquée par l’utilisation innovante de la distorsion et de l’overdrive sur les guitares, ce qui était relativement nouveau pour l’époque. Le son saturé des guitares a été obtenu en poussant les amplificateurs à leurs limites et en utilisant la distorsion des consoles de mixage de studio. Lennon, Harrison et McCartney jouent tous de la guitare sur cette version, créant une texture sonore dense et puissante qui donne à la chanson son caractère distinctif et abrasif.
« Revolution, » dans sa version rock, est construite autour d’un riff de guitare agressif et énergique qui sert de fondement à toute la chanson. La structure est simple et directe, avec des couplets et des refrains alternés qui mettent en évidence les paroles de Lennon. La combinaison du riff de guitare rugueux, du rythme de batterie entraînant de Ringo Starr, et des harmonies vocales de McCartney et Harrison crée un son à la fois puissant et entraînant.
Les paroles de la chanson sont un mélange de commentaires politiques et sociaux, avec Lennon exprimant ses opinions sur la nécessité de changement tout en rejetant les appels à la violence. La répétition de « You say you want a revolution » dans les couplets crée un motif rythmique hypnotique, tandis que les paroles du refrain, « Don’t you know it’s gonna be alright, » introduisent un sentiment d’espoir et de réconciliation.
Le contraste entre la version plus lente et introspective de « Revolution 1 » et la version rapide et agressive de « Revolution » met en lumière la dualité des sentiments de Lennon envers le climat politique de l’époque. Là où « Revolution 1 » propose une réflexion plus nuancée et réservée, « Revolution » est une explosion de frustration et de détermination, capturant l’esprit de protestation du moment tout en appelant à la prudence et à la réflexion.
À sa sortie, « Revolution » a suscité des réactions mixtes mais passionnées de la part du public et des critiques. La version rock de la chanson a été perçue comme une déclaration audacieuse des Beatles sur les mouvements révolutionnaires de l’époque. Alors que certains ont applaudi le groupe pour avoir pris position contre la violence, d’autres ont critiqué ce qu’ils percevaient comme une approche trop modérée et ambiguë. Lennon lui-même a été critiqué par certains militants de gauche pour ne pas avoir soutenu plus fermement les actions directes et la révolution violente.
Malgré ces controverses, « Revolution » a été un succès commercial, atteignant le Top 20 aux États-Unis et au Royaume-Uni. La chanson est rapidement devenue un hymne pour ceux qui cherchaient à s’exprimer contre la violence tout en restant engagés pour le changement social. Elle a également marqué une évolution musicale pour les Beatles, qui s’engageaient de plus en plus dans des compositions plus lourdes et plus rock, contrastant avec leurs œuvres plus légères et plus mélodiques du passé.
La version plus lente, « Revolution 1, » a été perçue comme une approche plus réfléchie et a permis aux fans de voir une autre facette de la même idée. L’enregistrement plus tranquille, avec ses cuivres et ses chants plus doux, a donné aux auditeurs l’occasion de considérer le message de la chanson sous un angle différent, moins immédiat mais tout aussi profond.
« Revolution » reste l’une des chansons les plus percutantes et controversées des Beatles, un hymne de contestation qui continue de résonner avec les auditeurs aujourd’hui. La chanson a influencé de nombreux artistes et groupes qui ont cherché à exprimer leurs propres opinions politiques et sociales à travers la musique. Son utilisation innovante de la distorsion de guitare et de la saturation du son a également été un précurseur du hard rock et du punk rock, inspirant des générations futures de musiciens à explorer des sons plus lourds et plus abrasifs.
En termes de carrière des Beatles, « Revolution » a marqué un tournant vers des thèmes plus engagés et plus personnels, ouvrant la voie à des compositions encore plus audacieuses et expérimentales sur des albums ultérieurs comme « The White Album » et « Abbey Road. » La chanson a été incluse dans plusieurs compilations des Beatles, telles que « 1967–1970 » (The Blue Album) et « Past Masters, Volume Two, » et reste un incontournable des playlists et des rétrospectives du groupe.
« Revolution » est bien plus qu’une simple chanson de protestation; c’est un reflet complexe et nuancé de l’époque dans laquelle elle a été créée, exprimant à la fois le désir de changement et la nécessité de prudence et de réflexion. Avec ses deux versions distinctes, l’une rock et agressive, l’autre plus lente et introspective, « Revolution » capture la dualité des sentiments de Lennon et des Beatles envers le climat politique tumultueux des années 1960.
Pour les fans de musique et d’histoire sociale, « Revolution » reste une pièce maîtresse du répertoire des Beatles, une déclaration audacieuse de leur engagement envers le changement social et leur capacité à capturer l’esprit d’une époque. À travers « Revolution, » les Beatles ont non seulement laissé une marque indélébile sur la musique rock, mais ont également contribué à façonner le discours autour de la politique et de la protestation dans la culture populaire.
Sommaire
You say you want a Revolution
Well you know
We all want to change the world
You tell me that it’s evolution
Well you know
We all want to change the world
But when you talk about destruction
Don’t you know you can count me out
Don’t you know it’s gonna be alright
Alright Alright
You say you got a real solution
Well you know
We’d all love to see the plan
You ask me for a contribution
Well you know
We’re doing what we can
But
when you want money for people with minds that hate
All I can tell you is brother you have to Wait
Don’t you know it’s gonna be alright
Alright Alright
You say you’ll change the constitution
Well you know
We all want to change your head
You tell me it’s the institution
Well you know
You better free your mind instead
But if you go carrying pictures of Chairman Mao
You ain’t going to make it with anyone anyhow
Don’t you know know it’s gonna be alright
Alright
Alright
Tu dis que tu veux une révolution
Eh bien, vous savez
Nous voulons tous changer le monde
Tu me dis que c’est l’évolution
Et bien tu sais
Nous voulons tous changer le monde
Mais quand tu parles de destruction
Tu ne sais pas que tu peux compter sur moi
Tu ne sais pas que tout va bien se passer
D’accord, d’accord
Tu dis que tu as une vraie solution
Et bien tu sais
Nous aimerions tous voir le plan
Tu me demandes une contribution
Vous savez bien
Nous faisons ce que nous pouvons
Mais
quand tu veux de l’argent pour des gens qui ont l’esprit haineux
Tout ce que je peux te dire, c’est que tu dois attendre
Tu ne sais pas que ça va aller
D’accord D’accord
Tu dis que tu vas changer la constitution
Et bien tu sais
Nous voulons tous changer ta tête
Tu me dis que c’est l’institution
Tu sais bien
Tu ferais mieux de libérer ton esprit à la place
Mais si tu te promènes avec des photos du président Mao
Tu n’arriveras à rien avec personne de toute façon
Tu ne sais pas que ça va aller
D’accord
D’accord
En 1968, la jeunesse occidentale est en pleine ébullition. Depuis l’« été de l’amour » de 1967, la contestation, en particulier contre laguerre du Viêt Nam, a pris une grande ampleur. Une série d’événements politiques et sociaux secouent le monde occidental. Aux États-Unis, Benjamin Spock est condamné pour haute trahison à deux ans de prison, en raison de sa lutte contre la conscription. Le
4 avril,Martin Luther King, figure emblématique de la non-violence, est assassiné. L’université Columbia est occupée par le Students for a Democratic Society et des étudiants noirs, puis finit par être évacuée par la force. En Allemagne, les tensions universitaires risquent de remettre en cause l’équilibre des blocs de l’Est et de l’Ouest. C’est également l’époque du Printemps de Prague.
John Lennon commence l’écriture de Revolution dès la fin de l’hiver 1968, alors qu’il se trouve encore à Rishikesh, en Inde, pour ses leçons de méditation3. Il s’est contenté de suivre les événements de chez lui, à la télévision et dans la presse. Revolution est ainsi la toute première chanson ouvertement politique des Beatles.
En effet, Brian Epstein, le manager du groupe, les avait toujours empêchés de trop s’étendre sur le sujet lorsqu’ils étaient en interview, interdiction qui s’étendait à fortiori à leurs chansons. Son décès le 27 août 1967 a certainement précipité les choses, puisque comme l’explique John Lennon en 1970 : « Je voulais dire ce que je pensais de la révolution. J’estimais
que l’heure était venue pour nous d’en parler, de même que j’avais estimé que l’heure était venue pour nous de répondre enfin aux questions sur la guerre du Viêt Nam. »
De loin le plus politisé des Beatles, Lennon était sommé de donner son avis, de « choisir son camp », par les différentes factions communistes et révolutionnaires, puisque lorsqu’il s’exprimait, c’était en général pour diffuser des idées de gauche. Il écrit donc Revolution pour répondre à ces groupes, en s’adressant directement à eux dans la chanson.
À la question de savoir si la chanson a été inspirée par celle qui venait de devenir sa compagne au printemps 1968, Yoko Ono, posée à Lennon en 1980 lors de son interview par le magazine Playboy, celui-ci répond : « Elle a inspiré toutes ces créations en moi. Ce n’est pas qu’elle a inspiré les chansons, c’est qu’elle m’a inspiré. Le discours de Revolution est le mien. » En Angleterre,
la révolte s’organise dans les milieux étudiants, s’articulant autour de la prestigieuse London School of Economics. L’université de Birmingham est ainsi occupée en janvier ; le mois suivant, c’est au tour de celle Leicester. Le 17 mars, 25 000 personnes manifestent à Grosvenor Square contre l’ambassade des États-Unis, manifestation où Mick Jagger, leader des Rolling
Stones, fait une apparition. Le mouvement de mai 1968 en France naît également au même moment, du côté de Nanterre.
Paul McCartney : choeurs, basse
John Lennon : voix principale, guitare rythmique, guitare principale
George Harrison : choeurs, guitare principale
Nicky Hopkins : piano électrique
Ringo Starr : batterie
10 Juillet 1968 : enregistrement de 15 prises.
11 Juillet 1968 : ajout doverdubs à la prise 15. Création de la prise 16.
12 Juillet 1968 : ajout doverdubs à la prise 16.
Version finale : prise 16.
John Lennon : 100 %
Mother Earth, Head Shop, Thompson Twins, Mike+The Mechanics, Tuli Kupferberg, Billy Bragg, Santo & Johnny