La Chronologie – Biographie Beatles : année 1970
- Le 3 janvier, trois membres du groupe se retrouvent à Abbey Road pour enregistrer une chanson de George Harrison. Le quatrième n’est pas prévenu. C’est la dernière séance d’enregistrement des Beatles.
- Le 10 avril, la presse britannique titre sur le départ de Paul McCartney. La source est un questionnaire glissé dans les exemplaires de presse de son album solo.
- Le 8 mai, Let It Be : un album assemblé à partir de bandes vieilles de seize mois, confié à un producteur américain que l’un des auteurs n’a pas choisi et dont il conteste le travail par écrit.
- Quatre albums solo publiés dans l’année par les quatre membres du groupe, dont un triple.
- Deux films sortis en mai, que ni l’un ni l’autre des quatre n’est allé voir en avant-première.
- Le 31 décembre, une assignation est déposée devant la Haute Cour de justice de Londres pour obtenir la dissolution de l’association commerciale qui lie les quatre.
- Zéro concert, zéro enregistrement commun après le 4 janvier, et un seul single britannique dans l’année.
Le 1er janvier 1970 : un groupe dissous que personne ne sait dissous
Au premier jour de l’année, la situation est la suivante. L’un des quatre membres du groupe a annoncé son départ en réunion interne quelques mois plus tôt, et a accepté de garder le silence. Trois sont liés à un gestionnaire que le quatrième refuse. Un album entier, enregistré au début de l’année précédente, dort en attente de montage. Et le public ignore tout de cela.
Aux yeux du monde, les Beatles viennent de publier un album à succès et se portent bien.
1970 est l’année où cette fiction s’effondre. Elle produit une dernière séance à trois, un dernier disque assemblé sans ses auteurs, une annonce à la presse qui ne devait pas en être une, quatre albums solo, et une procédure judiciaire déposée le dernier jour de décembre. Cet article la raconte dans ses limites strictes, mois par mois, avec les chiffres vérifiables, les incertitudes signalées comme telles et les légendes remises à leur place.
Janvier : la dernière séance
3 janvier : trois Beatles au studio deux
Le 3 janvier, trois hommes entrent au studio deux d’Abbey Road : George Harrison, Paul McCartney et Ringo Starr, avec George Martin à la production. John Lennon est au Danemark et n’a pas été appelé.
Ils enregistrent une chanson de Harrison écrite l’année précédente, dont une version incomplète figurait dans le film à monter et dont il fallait une prise exploitable pour la bande sonore.
La chanson dure une minute trente-quatre. Elle sera allongée artificiellement par montage lors du remontage de mars.
Avant la première prise, Harrison lance à l’assistance une plaisanterie sur l’absence du quatrième et sur le fait que le groupe se réduit désormais à trois. La formule est enregistrée sur la bande et sera conservée sur le disque publié en mai.
Rien, dans le déroulement de la journée, ne signale une fin. Les témoins décrivent une séance ordinaire, courte, sans tension particulière. C’est probablement ce qu’il y a de plus troublant dans cette date : la dernière séance des Beatles ressemble à n’importe quelle autre.
Correctif : c’est la dernière séance d’enregistrement des Beatles, et elle réunit trois membres sur quatre. John Lennon, qui avait annoncé son départ en interne quelques mois plus tôt, n’y participe pas.
4 janvier : le dernier jour
Le 4 janvier, les trois mêmes reviennent pour retoucher une ballade destinée au futur single : nouvelles voix d’accompagnement, percussions, et un second solo de guitare enregistré par Harrison.
C’est la dernière journée où des membres des Beatles travaillent ensemble sur un enregistrement du groupe.
Aucun communiqué. Aucune photographie. Rien n’indique, ce jour-là, que quoi que ce soit se termine.
26 janvier : une journée, un disque
Le 26 janvier, John Lennon écrit une chanson le matin, l’enregistre l’après-midi avec un producteur américain rencontré la veille, et la fait presser dans la foulée. Elle paraît dix jours plus tard.
Le contraste avec le fonctionnement du groupe est délibéré et il est explicitement revendiqué : après des années passées à fabriquer des disques pendant des mois, Lennon fait de la rapidité un principe artistique.
Ce producteur, connu pour ses orchestrations massives et ses procédés de saturation sonore, entrera deux mois plus tard dans l’histoire des Beatles par une autre porte.
L’état de la maison
Il faut décrire ce que sont, en janvier 1970, les affaires du groupe, parce que tout le reste de l’année en découle.
La société créée trois ans plus tôt a été assainie : les activités déficitaires ont été fermées, les effectifs réduits, le contrat avec la maison de disques américaine renégocié à des conditions nettement plus favorables. Sur le plan comptable, l’arrivée d’un gestionnaire a produit les résultats attendus.
Mais cette remise en ordre a un prix : elle a été conduite par un homme mandaté par trois membres sur quatre. Chaque décision de gestion prise depuis mai 1969 est donc contestée par principe par le quatrième, quelle que soit sa pertinence.
À cela s’ajoute une particularité du contrat d’association de 1967 : les revenus solo tombent dans le pot commun. Un membre du groupe qui publie un disque personnel enrichit donc une caisse administrée par un mandataire qu’il récuse.
Au 1er janvier 1970, quatre hommes qui ne travaillent plus ensemble partagent encore un compte bancaire. C’est la description exacte du problème de l’année.
Février : trois chantiers séparés
Une compilation américaine
Fin février, la filiale américaine publie un album de compilation rassemblant des singles et des faces B non disponibles sur les albums américains. Le groupe n’a pas été consulté.
C’est le dernier avatar d’une pratique éditoriale qui avait cessé en 1967 : aux États-Unis, on continue de fabriquer des albums avec ce qui reste.
Le disque de Ringo Starr
Ringo Starr achève un album de standards de variété américaine des années trente et quarante, enregistré avec des orchestrateurs différents pour chaque titre. Le projet, conçu comme un hommage aux chansons que sa famille écoutait à Liverpool, est le premier disque solo de l’année à paraître.
Le remontage confié
Le troisième chantier est le plus lourd de conséquences. Les bandes enregistrées treize mois plus tôt, deux fois montées et deux fois refusées, doivent être publiées : un film en a été tiré, il sort au printemps, il faut un disque.
Le gestionnaire du groupe confie le travail au producteur américain qui vient de travailler avec Lennon. Harrison et Starr approuvent. Lennon approuve. McCartney n’est pas consulté.
Mars : un single, un album, une orchestration
6 mars : le dernier single britannique
Le 6 mars paraît le single Apple R 5833. La face A est une ballade au piano enregistrée en janvier 1969 et retouchée le 4 janvier 1970 ; la face B est une pièce comique de plus de quatre minutes, enregistrée à une tout autre époque et restée inédite.
Le single atteint la deuxième place au Royaume-Uni.
C’est le dernier single des Beatles publié dans l’année, et le seul.
23 mars au 2 avril : le remontage
Du 23 mars au 2 avril, le producteur américain travaille sur les bandes. Sa méthode est l’inverse exact de celle qui avait présidé à leur enregistrement.
Le projet initial de janvier 1969 était documentaire : capter un groupe qui joue, sans retouche, sans surimposition, avec les erreurs. Le remontage de mars 1970 ajoute des chœurs, des cordes, des cuivres, de la réverbération, et supprime ou déplace des passages.
Il faut être juste : le matériau de départ était inégal, plusieurs prises étaient inutilisables en l’état, et deux tentatives de montage sobre avaient été rejetées par le groupe lui-même. Le producteur n’a pas trahi un chef-d’œuvre existant ; il a fabriqué un disque avec ce dont personne d’autre n’avait su quoi faire.
Il reste que le résultat contredit frontalement l’intention d’origine, et qu’il n’a pas été soumis à l’un des deux principaux auteurs.
27 mars : le premier disque solo de l’année
Le 27 mars paraît l’album de standards de Ringo Starr. Il atteint la septième place britannique.
Correctif : c’est le premier album solo publié par un membre des Beatles en 1970, trois semaines avant celui qui restera dans les mémoires. L’ordre est régulièrement inversé.
1er avril : la séance d’orchestre
Le 1er avril, au studio un d’Abbey Road, le producteur américain convoque une formation considérable : une trentaine d’instrumentistes à cordes et à vent, une harpe, et un chœur de quatorze chanteuses.
L’objectif est d’habiller trois titres, dont une ballade de McCartney enregistrée en janvier 1969 dans une version dépouillée.
Ringo Starr est présent et rejoue une partie de batterie. Aucun des trois autres n’assiste à la séance. McCartney n’a pas été informé de son existence.
Avril : l’annonce
La collision des calendriers
Au début du printemps, deux disques sont prêts : l’album issu des bandes de janvier 1969, et le premier album solo de McCartney, enregistré chez lui sur un magnétophone quatre pistes, seul, en jouant tous les instruments.
Les dates de sortie entrent en collision. Le gestionnaire et les trois autres membres du groupe demandent à McCartney de décaler la sienne. Starr est envoyé en émissaire à son domicile londonien pour porter le message. L’entrevue tourne mal ; il est mis à la porte.
La date sera finalement décalée — mais celle de l’album du groupe, pas celle de l’album solo.
Cet épisode, souvent raconté comme une anecdote de mauvaise humeur, est en réalité le point de bascule de l’année : c’est la première fois que McCartney l’emporte contre les trois autres, et il le fait en refusant l’arbitrage commun.
9 et 10 avril : le questionnaire
Les exemplaires de presse de l’album solo de McCartney contiennent un feuillet inhabituel : une auto-interview, où l’auteur répond par écrit à une série de questions préparées par l’attaché de presse de la société du groupe.
Les questions portent sur les conditions d’enregistrement, sur les instruments, sur les intentions. Deux d’entre elles portent sur les Beatles.
À la question de savoir s’il envisage de réenregistrer avec le groupe, la réponse est négative. À celle de savoir si la rupture avec Lennon est temporaire ou définitive, la réponse laisse les deux hypothèses ouvertes. À celle de savoir s’il est heureux, la réponse est affirmative.
Un journaliste du Daily Mirror reçoit le feuillet le 9 avril. Le quotidien titre le 10 sur le départ de McCartney. La dépêche fait le tour du monde en vingt-quatre heures.
Correctif : il n’y a pas eu de communiqué annonçant la séparation des Beatles. Il y a eu un questionnaire promotionnel joint à un disque solo, dont la presse a extrait ce qu’elle voulait. McCartney a d’ailleurs protesté contre cette lecture, et Lennon a fait remarquer publiquement, avec amertume, qu’il avait lui-même quitté le groupe des mois plus tôt sans que personne n’en fasse un titre — parce qu’on lui avait demandé de se taire.
Ce que la formule recouvre
Il vaut la peine d’être précis sur ce que McCartney annonce et sur ce qu’il n’annonce pas.
Il annonce qu’il ne travaille plus avec le groupe et qu’il n’a pas de projet de le faire. Il n’annonce pas une dissolution — il n’en a pas le pouvoir, l’association commerciale liant les quatre étant régie par un contrat. Et il ne parle pas au nom des autres.
La distinction n’est pas juridique par pédanterie : elle explique toute la fin de l’année. Un groupe dont chacun des membres a cessé de travailler avec les autres reste, en droit, une société dont les revenus tombent dans un pot commun géré par un tiers.
17 avril : McCartney
Le 17 avril paraît l’album solo. Il a été enregistré à domicile puis complété en studio, McCartney y jouant tous les instruments, sa femme assurant quelques voix d’accompagnement. La production est volontairement rudimentaire, plusieurs pièces sont des esquisses instrumentales.
Il atteint la deuxième place britannique et la première place américaine.
Sa réception critique est sévère — on lui reproche l’inachèvement et l’amateurisme — et le contexte de sa sortie n’y est pas étranger. Le disque est jugé en même temps que son auteur.
La lettre du 14 avril
Le 14 avril, McCartney adresse au gestionnaire du groupe une lettre concernant l’orchestration ajoutée à sa ballade sans son accord. Il y demande la suppression des harpes, la réduction des chœurs et des cordes, et l’engagement qu’aucune modification de ce type ne sera plus effectuée sans son autorisation.
La lettre restera sans effet sur le disque, qui paraît trois semaines plus tard dans la version contestée. Elle figurera en revanche parmi les pièces produites en fin d’année devant la juridiction saisie.
Mai : le disque et le film
8 mai : Let It Be
Le 8 mai paraît l’album, dans une première édition britannique qui n’est pas un disque ordinaire : un coffret rigide référencé PXS 1, contenant le disque et un livre relié de cent soixante pages, composé de photographies de tournage et de transcriptions de dialogues.
Le prix est élevé — près de trois livres, soit le double d’un album courant. Une édition simple, référencée PCS 7096, suivra.
L’album prend la première place au Royaume-Uni.
La production contestée
Le crédit de pochette porte le nom du producteur américain. George Martin, qui avait supervisé les séances d’origine, demandera par la suite à ce que le crédit reflète la réalité de la chaîne — produit par lui, sur-produit par l’autre. Il n’obtiendra pas satisfaction.
Le débat sur ce disque dure depuis un demi-siècle et il tourne souvent à vide. Deux constats permettent de le poser correctement.
Le premier est que le matériau enregistré en janvier 1969 était réellement problématique : inégal, non terminé, souvent joué approximativement, et déjà refusé deux fois par le groupe sous des formes plus sobres.
Le second est que le traitement appliqué en mars 1970 contredit l’intention de départ et a été imposé à l’un des auteurs. Ces deux choses sont vraies simultanément.
13 et 20 mai : le film
Le film tiré du tournage de janvier 1969 est présenté à New York le 13 mai et à Londres le 20.
Aucun des quatre membres du groupe n’assiste à l’une ou l’autre projection.
Ce que le film montre
Le montage retenu dure environ quatre-vingts minutes. Il alterne les séances du studio de cinéma, celles du sous-sol de Savile Row, et la prestation sur le toit qui occupe le dernier quart.
Il faut noter ce qu’il ne montre pas : le départ de Harrison en janvier 1969 n’y figure pas, les disputes les plus dures ont été coupées, et l’ensemble est nettement moins sombre que sa réputation ne le laisse croire. Ce que le public de 1970 y projette, c’est le contexte du printemps — un groupe qui vient de se séparer publiquement.
Le film est reçu, en mai 1970, comme le document d’une fin. Il n’avait pas été tourné pour cela.
Ce que le film a produit malgré lui
Trois effets durables sont pourtant à mettre à son compte.
Le premier est documentaire : c’est le seul long métrage montrant les Beatles au travail, sans commentaire, sans interview, sans mise en scène. Aucune formation comparable n’a laissé un tel document.
Le deuxième est musical : la dernière séquence, consacrée à la prestation sur le toit, restitue un groupe de scène que le public n’avait pas entendu depuis des années, et elle constitue la seule captation professionnelle de cet événement.
Le troisième est involontaire : en montrant des moments de flottement, d’ennui et de désaccord, le film a durablement installé l’idée d’un groupe en pleine décomposition. Le montage était pourtant nettement plus clément que le matériau brut, et les séquences les plus dures avaient été écartées.
Il faut donc lire ce film avec prudence : ce qu’il montre est vrai, mais ce qu’on y a vu en mai 1970 tenait autant à l’actualité du printemps qu’aux images.
Ce que le public de 1970 ne sait pas
Un aspect singulier de cette année mérite d’être isolé : l’écart entre ce qui se passe et ce qui est connu.
Le public de 1970 ignore que le départ d’un membre du groupe a été annoncé en interne à l’automne précédent, et tenu secret pour des raisons contractuelles. Il ignore que la dernière séance d’enregistrement s’est tenue le 3 janvier à trois. Il ignore que l’album de mai a été assemblé sans l’accord de l’un de ses principaux auteurs, et qu’une lettre de protestation a été adressée en avril. Il ignore enfin la nature exacte du litige — un contrat d’association sans clause de sortie — et croit assister à une brouille de personnes.
Ce qu’il voit, au printemps 1970, est un titre de journal opposant deux hommes, suivi d’un album, d’un film et d’une série de disques solo.
Cette asymétrie a produit une lecture durable et fausse : celle d’un groupe brisé par un conflit d’ego entre deux de ses membres, à la date du 10 avril 1970. La chronologie réelle, telle qu’elle est établie aujourd’hui par les archives, raconte autre chose — une désagrégation étalée sur plusieurs années, dont l’annonce d’avril n’est ni le début ni la cause.
Rétablir cet écart est probablement l’apport principal d’une chronique de 1970.
La réception de l’album
Elle est, en mai 1970, presque entièrement parasitée par le contexte.
Le disque paraît quatre semaines après les titres de presse annonçant le départ de McCartney. Il est donc lu comme un testament, ce qu’il n’est pas : les enregistrements datent de seize mois et le groupe fonctionnait encore, tant bien que mal, quand ils ont été réalisés.
Les critiques les plus sévères portent sur la production, sur l’inégalité du matériau, et sur le prix de la première édition. Plusieurs journalistes relèvent que le coffret avec livre coûte le double d’un album ordinaire, ce qui passe mal au moment où le groupe se déchire publiquement.
Les ventes, elles, sont immédiates et considérables : première place au Royaume-Uni comme aux États-Unis.
Trois lectures de la fin
L’année 1970 impose de poser la question que tout le monde pose, et elle mérite mieux qu’une réponse unique. Trois explications circulent depuis, et elles ne sont pas exclusives l’une de l’autre.
La lecture juridique
C’est la plus documentée et la moins racontée. Les Beatles sont liés depuis 1967 par un contrat d’association qui met en commun tous leurs revenus, sans clause de sortie, et depuis 1969 par un mandat de gestion signé par trois d’entre eux seulement.
Cette configuration rend le désaccord structurellement insoluble : chaque membre subit les décisions financières prises par les autres, y compris sur sa production personnelle. La procédure du 31 décembre est la conséquence mécanique de ce montage.
Selon cette lecture, les Beatles se sont défaits d’abord par leur droit des sociétés.
La lecture organisationnelle
C’est celle qui remonte à l’arrêt des tournées et à la disparition, en 1967, de la personne qui arbitrait.
Depuis, aucune instance ne tranche. Les décisions se prennent par accumulation d’initiatives individuelles, sans hiérarchie ni refus possible. Le film raté de décembre 1967, le magasin déficitaire de 1968, le projet inabouti de janvier 1969 et le remontage imposé de mars 1970 relèvent tous du même vide.
Selon cette lecture, les Beatles se sont défaits d’abord par absence de direction.
La lecture artistique
C’est la plus intuitive et la moins suffisante à elle seule. Quatre musiciens de vingt-sept à trente ans, dont trois écrivent, ne pouvaient plus tenir dans un format conçu à vingt ans pour deux auteurs.
Les chiffres de 1970 la soutiennent : cinq albums solo en neuf mois, dont un triple. Le stock accumulé excédait manifestement ce qu’un disque annuel à quatorze plages pouvait absorber.
Selon cette lecture, les Beatles se sont défaits parce qu’ils étaient devenus quatre carrières.
Ce qu’il faut en retenir
Les trois explications décrivent le même phénomène à trois échelles différentes, et il serait absurde d’en choisir une contre les autres.
Ce que 1970 apporte de précis, c’est le calendrier : la fin artistique est actée au 4 janvier, la fin publique au 10 avril, et la fin juridique n’est même pas engagée avant le 31 décembre. Trois dates, trois natures d’événement, huit mois d’écart entre la première et la dernière.
C’est cette dissociation qui explique la confusion persistante autour de la question « quand les Beatles se sont-ils séparés ? ». Il n’y a pas une réponse, il y en a trois.
Juin à août : quatre trajectoires
John Lennon
À partir d’avril, Lennon et Yoko Ono s’installent plusieurs mois en Californie pour suivre une thérapie fondée sur la reviviscence des souffrances de l’enfance, auprès de son concepteur.
Ils avaient découvert la méthode par l’envoi d’un ouvrage à leur domicile londonien, et le praticien s’était déplacé en Angleterre avant qu’ils ne le rejoignent aux États-Unis. Le traitement, prévu pour durer davantage, sera interrompu au bout de quatre mois pour des raisons de visa.
L’effet sur les chansons écrites à l’automne est direct et documenté : textes à la première personne, refus de la métaphore, sujets biographiques nommés, arrangements réduits à l’essentiel. Lennon lui-même établira le lien sans détour.
George Harrison
Harrison entre en studio à Londres à partir de la fin mai avec une accumulation de chansons considérable, écrites au fil des années sans avoir jamais trouvé leur place.
Le chantier est vaste : deux studios londoniens, un nombre inhabituel de musiciens invités, un producteur venu des États-Unis, des séances qui s’étalent sur cinq mois. Le contraste avec sa situation antérieure est complet — il n’a plus à défendre chaque titre, il choisit, il écarte, il en garde encore en réserve.
Ringo Starr
Starr se rend à Nashville en juin et y enregistre en trois jours, avec des musiciens de studio locaux, un album de chansons country écrites pour lui par des auteurs de la place.
La rapidité de l’opération contraste avec tout ce à quoi il était habitué : trois journées de travail contre les cinq mois du dernier chantier collectif auquel il avait participé.
Il partage également son temps entre le cinéma, où il enchaîne les rôles, et la batterie de session, notamment sur les disques de deux de ses anciens partenaires. C’est le seul des quatre à jouer en 1970 sur les enregistrements des autres.
Paul McCartney
McCartney partage son temps entre l’Écosse et Londres, écrit, et entame la préparation d’un disque enregistré cette fois avec des musiciens.
Il traverse par ailleurs une période personnelle difficile, dont il parlera plus tard sans détour, et consulte des avocats sur la seule question qui l’occupe : comment sortir d’une association dont il ne veut plus, quand aucune clause du contrat ne le prévoit.
C’est de ces consultations de l’été que sortira l’acte de procédure de décembre.
Septembre à décembre : quatre disques
25 septembre
Le 25 septembre paraît l’album country de Ringo Starr, enregistré en trois jours à Nashville avec des musiciens de studio locaux et une douzaine de chansons écrites pour lui par des auteurs de la place.
Le disque est honnête, bien joué, et sans ambition démesurée. Il rencontre un accueil critique correct et un succès commercial limité. Sa principale qualité est la lucidité : Starr y fait exactement ce qu’il sait faire, avec des gens dont c’est le métier.
27 novembre
Le 27 novembre paraît l’album de George Harrison : un coffret de trois disques, dont le troisième est constitué d’improvisations instrumentales enregistrées en studio par les musiciens présents.
Le format est sans précédent pour un premier album de chansons. Il s’explique par une arithmétique simple : une décennie passée à obtenir une ou deux places par disque avait produit un stock que rien n’avait absorbé. Plusieurs titres avaient été proposés au groupe et écartés.
La production est massive — doublages multiples, réverbération abondante, effectifs pléthoriques — et confiée pour partie au producteur américain déjà intervenu au printemps sur les bandes du groupe. Les invités sont nombreux, dont plusieurs musiciens de premier plan.
Le disque atteint la première place des deux côtés de l’Atlantique et se vend massivement. C’est, en 1970, le plus grand succès commercial obtenu par un ancien membre du groupe, et il modifie durablement la perception de son auteur : celui qu’on tenait pour le troisième homme livre le disque le plus ambitieux de l’année.
11 décembre
Le 11 décembre paraît l’album de John Lennon, enregistré à Londres avec une formation réduite à trois musiciens — lui-même, Ringo Starr à la batterie et un bassiste ami de longue date, avec quelques interventions au piano.
Le disque est l’exact contraire du précédent : dépouillé, court, sans arrangement, avec des textes qui nomment leurs sujets sans détour, y compris quand ces sujets sont ses parents, sa propre célébrité ou son ancien groupe. Le titre de clôture est une énumération de croyances rejetées, qui s’achève par un constat sur la fin du rêve collectif des années soixante.
Sa réception est immédiatement reconnue comme importante par la critique, même si les ventes restent inférieures à celles de Harrison. Le disque est aujourd’hui tenu pour l’un des plus influents de la décennie qui s’ouvre, précisément parce qu’il installe une pratique — l’autobiographie sans médiation — que le format de la chanson populaire n’avait pas encore admise à ce degré.
8 décembre : l’entretien
Le 8 décembre, Lennon accorde à un magazine américain un entretien de plusieurs heures dans lequel il revient sur toute l’histoire du groupe, sur son gestionnaire, sur ses anciens partenaires, sur ce qu’il considère comme des années perdues.
L’entretien est d’une violence rare. Il sera publié au début de l’année suivante et pèsera durablement sur la manière dont l’histoire des Beatles est racontée — au point qu’il faut aujourd’hui le lire pour ce qu’il est : le témoignage d’un homme en pleine rupture, quelques semaines après une thérapie fondée sur l’expression de la colère.
19 décembre : le dernier envoi du club
En décembre, les adhérents du club officiel reçoivent, en guise de disque annuel, un album compilant les sept messages enregistrés des années précédentes. Aucun message neuf n’a été produit.
C’est le dernier envoi du club.
31 décembre : la Haute Cour
Le 31 décembre, une assignation est déposée devant la Haute Cour de justice de Londres. Le demandeur est Paul McCartney ; les défendeurs sont les trois autres membres du groupe et la société qu’ils détiennent en commun.
L’objet n’est pas la « dissolution des Beatles » au sens sentimental. Il s’agit de mettre fin au contrat d’association commerciale qui lie les quatre depuis 1967, en vertu duquel l’ensemble de leurs revenus, y compris ceux de leurs disques solo, tombe dans un pot commun administré par un gestionnaire que McCartney n’a jamais mandaté.
C’est la seule voie disponible. Aucune clause de sortie unilatérale n’existait au contrat.
L’année se termine donc, le dernier jour de décembre, par un acte de procédure.
Le bilan chiffré de l’année
Publications britanniques des Beatles en 1970
| Date | Référence | Format | Titre | |
|---|---|---|---|---|
| 6 mars | Apple R 5833 | Single | «(coffret avec livre) | Let It Be |
Aucun EP. Aucun concert. Aucun enregistrement collectif après le 4 janvier.
Les albums solo publiés dans l’année
| Date | Auteur | Nature |
|---|---|---|
| 27 mars | Ringo Starr | Standards de variété américaine, orchestrés |
| 17 avril | Paul McCartney | Enregistré seul, tous instruments compris |
| 25 septembre | Ringo Starr | Country, enregistré à Nashville |
| 27 novembre | George Harrison | Triple album |
| 11 décembre | John Lennon | Formation réduite à trois musiciens |
Les chiffres qui résument l’année
| Fait | Chiffre |
|---|---|
| Dernière séance d’enregistrement des Beatles | 3 janvier, trois membres sur quatre |
| Durée de la chanson enregistrée ce jour-là | 1 min 34 s avant montage |
| Écart entre l’enregistrement des bandes et la sortie de l’album | environ seize mois |
| Musiciens convoqués pour la séance d’orchestre du 1er avril | une cinquantaine, chœur compris |
| Membres du groupe présents à cette séance | 1 |
| Pages du livre accompagnant la première édition britannique | 160 |
| Albums solo publiés par les quatre dans l’année | 5 |
| Membres présents aux avant-premières du film | 0 |
| Date du dépôt de l’assignation | 31 décembre |
Let It Be : anatomie d’un disque posthume
Un objet fabriqué sans ses auteurs
Ce disque occupe une position unique dans la discographie : c’est le seul dont l’assemblage final n’a été supervisé par aucun des quatre.
Les bandes ont été enregistrées en janvier 1969 dans une intention documentaire. Elles ont été montées une première fois, refusées ; montées une seconde fois, refusées de nouveau. Elles ont ensuite été confiées, plus d’un an plus tard, à un producteur extérieur, sur décision d’un gestionnaire, sans consultation de l’un des deux principaux auteurs.
Le disque qui en résulte est donc doublement daté : il porte les enregistrements d’une époque et le traitement d’une autre.
Le problème de la cohérence
L’incohérence la plus frappante n’est pas l’orchestration : c’est le mélange des registres.
Le disque alterne des captations brutes, avec bavardages et faux départs conservés — vestiges du projet initial — et des titres habillés de cordes et de chœurs. Les deux esthétiques se contredisent d’une plage à l’autre.
Cette hétérogénéité n’a pas été choisie. Elle résulte de l’application d’une méthode à un matériau qui en supposait une autre.
Ce que le disque contient malgré tout
Il serait injuste d’en rester là. L’album comporte plusieurs des chansons les plus solides du répertoire tardif du groupe : deux ballades de McCartney devenues des standards, une composition de Harrison d’une grande économie, un blues électrique tendu, et quatre titres captés sur le toit, où l’on entend un groupe de scène que le public n’avait plus entendu depuis des années.
Ces quatre titres constituent, à eux seuls, un document irremplaçable : la dernière trace enregistrée des Beatles jouant ensemble devant un public.
La question de la production
Le procès fait au producteur américain est excessif dans un sens et fondé dans l’autre.
Excessif, parce qu’on lui reproche d’avoir gâché un disque qui n’existait pas : personne n’avait su tirer un album de ces bandes, et deux tentatives sobres avaient été écartées par le groupe lui-même.
Fondé, parce qu’il a appliqué à des enregistrements conçus comme un document une esthétique de studio maximaliste, et parce que la principale de ces interventions a été effectuée sans en informer l’auteur de la chanson concernée, qui a protesté par écrit dans les jours suivants.
Les deux propositions tiennent ensemble. C’est ce qui rend ce disque intéressant plutôt que simplement raté.
Le coffret, le livre, et ce qu’ils valent aujourd’hui
L’objet publié le 8 mai mérite une description à part, parce qu’il constitue l’une des éditions les plus singulières de la discographie britannique.
La première édition n’est pas vendue en pochette mais en boîte cartonnée rigide, à ouverture par le côté, contenant le disque dans une pochette intérieure et un volume relié d’environ cent soixante pages.
Le livre est composé de photographies prises pendant le tournage de janvier 1969 et de transcriptions de dialogues captés par les caméras : bribes de conversation, plaisanteries, discussions techniques. Il constitue, à sa manière, la première publication d’archives du groupe.
Le prix, proche du double d’un album ordinaire, a été critiqué à la sortie et a limité la diffusion de cette version. Une édition simple en pochette classique lui a rapidement succédé, ce qui explique la rareté relative du coffret aujourd’hui et sa cote sur le marché de la collection.
Deux points d’attention pour les collectionneurs. D’une part, la référence de la boîte diffère de celle de l’édition simple, et les étiquettes des premiers pressages présentent des variantes de mention. D’autre part, la présence du livre en bon état — sans pliures ni pages détachées — est ce qui détermine l’essentiel de la valeur d’un exemplaire, davantage que l’état du disque lui-même.
Ce qui aurait pu être publié
Il faut enfin rappeler qu’il existait, en 1970, au moins deux autres versions possibles de cet album.
Le montage livré au printemps 1969 était fidèle au projet documentaire : prises brutes, bavardages, fausses notes, aucune surimposition. Un second montage, remis quelques mois plus tard, suivait le même principe avec un choix de titres légèrement différent.
Les deux ont été écoutés et écartés par le groupe. Ce refus est important : il interdit de présenter la version publiée en mai 1970 comme une trahison d’un disque qui aurait existé et qu’on aurait défiguré. Le disque sobre existait bel et bien, et ce sont ses auteurs qui n’en ont pas voulu.
Ce qui est reprochable, en revanche, tient à la méthode : entre le refus des versions sobres et la publication de la version orchestrée, aucun des deux principaux auteurs n’a été associé à la décision, et l’un d’eux l’a formellement contestée.
L’écriture en 1970 : quatre voix qui se séparent
Ce que révèlent quatre disques solo en neuf mois
L’année offre une expérience rare : quatre musiciens qui ont écrit ensemble pendant une décennie publient, en quelques mois, des disques faits sans les autres. La comparaison est instructive.
Lennon : le retrait de tout ornement
Lennon écrit en 1970 des chansons sans métaphore, sans jeu de mots, sans personnage. Les titres nomment leurs sujets. Les arrangements sont réduits à trois instruments. Les voix sont presque nues.
C’est l’aboutissement d’un mouvement engagé plusieurs années plus tôt, accéléré par une thérapie dont le principe est précisément l’expression directe.
McCartney : l’esquisse assumée
McCartney publie au contraire un disque volontairement inachevé : instrumentaux courts, prises domestiques, morceaux esquissés. Le procédé sera compris plus tard ; en avril 1970, il est reçu comme de la paresse.
Une chose est frappante : le disque le plus dépouillé de sa carrière est l’œuvre du membre du groupe le plus attaché à la finition.
Harrison : l’accumulation
Harrison publie trois disques en un, avec un nombre considérable de musiciens invités et une production aux dimensions imposantes.
Le contraste avec sa position antérieure au sein du groupe est saisissant. Ce n’est pas seulement un rattrapage de stock : c’est l’affirmation d’une manière — écriture large, spiritualité assumée, son massif.
Starr : l’interprète
Starr, qui n’écrit presque pas, publie deux disques d’interprétation : des standards orchestrés, puis des chansons country composées pour lui.
Sa position est parfaitement cohérente avec ce qu’il a toujours été dans le groupe, et elle a le mérite de la lucidité.
Ce que la séparation révèle
Le principal enseignement de ces quatre disques est négatif : aucun ne ressemble à ce que le groupe faisait, et aucun ne contient ce que les autres apportaient.
L’écriture collective, qui n’existait plus dans les faits depuis longtemps, se révèle en 1970 pour ce qu’elle était réellement : un système de correction mutuelle, où chacun freinait les excès des autres. Retirée cette contrainte, les tendances propres de chacun s’expriment sans limite — pour le meilleur et pour le reste.
L’envers du décor : ce qui se joue devant les tribunaux
La nature exacte du conflit
Le conflit de 1970 n’est pas une brouille d’artistes. C’est un litige contractuel dont les termes méritent d’être exposés clairement, parce qu’ils sont presque toujours escamotés.
Les quatre membres du groupe sont liés depuis 1967 par un contrat d’association commerciale. Ce contrat prévoit que l’ensemble de leurs revenus professionnels, quelle qu’en soit la source, est versé sur un compte commun et réparti à parts égales. Il ne comporte aucune clause de retrait unilatéral.
Autrement dit : un membre du groupe qui publie un disque solo verse ses gains dans une caisse gérée par un tiers dont il conteste le mandat, au bénéfice de trois personnes avec lesquelles il ne travaille plus.
Pourquoi la voie judiciaire
Trois solutions étaient théoriquement disponibles : un accord amiable de dissolution, le rachat des parts, ou la saisine d’un juge.
Les deux premières ont été explorées et ont échoué, notamment parce qu’elles supposaient l’accord du gestionnaire, dont le mandat aurait pris fin avec la société.
Reste la troisième. C’est celle qui est engagée le 31 décembre.
Ce que la procédure demande
L’assignation demande la dissolution de l’association et la nomination d’un administrateur judiciaire chargé de gérer les revenus dans l’intervalle — mesure qui a pour effet de retirer la gestion au mandataire contesté.
C’est le cœur du litige. Le reste — les griefs personnels, les déclarations à la presse, les rancunes — s’y ajoute mais n’en constitue pas l’objet.
L’année en un mot
Ce qui frappe, à relire 1970 dans l’ordre, c’est que la fin des Beatles ne s’est pas produite lors d’une dispute, d’un concert manqué ou d’un désaccord artistique. Elle s’est produite dans des bureaux, entre des avocats, autour d’un contrat mal rédigé trois ans plus tôt.
Ce que 1970 fait au son
Les Beatles : rien de neuf
Le disque des Beatles publié en 1970 ne contient aucun enregistrement postérieur au 4 janvier, et l’essentiel date de janvier 1969, sur huit pistes.
Le seul apport technique de l’année à ce disque est la couche de production ajoutée en mars : orchestre, chœur, réverbération abondante, compression, et une esthétique d’accumulation sonore importée de la pop américaine du début des années soixante.
Les disques solo : quatre solutions techniques
Les quatre albums solo de l’année offrent, eux, un panorama complet des pratiques du moment.
L’un a été enregistré à domicile sur un magnétophone quatre pistes, sans console, avec des micros de fortune et un son volontairement mat.
Un autre a mobilisé des dizaines de musiciens dans un grand studio londonien, avec une production dense et une réverbération considérable.
Un troisième a été bouclé en trois jours à Nashville, dans les conditions de l’industrie country : musiciens de studio, prises collectives, efficacité maximale.
Le quatrième a été enregistré à trois, en place, avec un minimum d’ajouts et une voix traitée à l’écho court.
Aucune de ces quatre approches n’a de rapport avec les autres. C’est probablement la démonstration la plus claire de ce que 1970 signifie : quatre musiciens qui n’ont plus le même métier.
La stéréo, définitivement
Toute la production de 1970 est mixée en stéréo seule. La question du mono, qui structurait l’écoute analytique de la discographie antérieure, ne se pose plus.
Correctifs factuels
1. Paul McCartney a dissous les Beatles le 10 avril 1970. Faux à double titre. Il n’en avait pas le pouvoir — la dissolution de l’association commerciale relevait d’un accord entre les quatre ou d’une décision de justice — et le groupe avait cessé d’exister en fait depuis plusieurs mois, un autre membre ayant annoncé son départ en interne à l’automne précédent.
2. McCartney a publié un communiqué annonçant la séparation. Non. Il s’agissait d’une auto-interview promotionnelle jointe aux exemplaires de presse de son album solo, dont un quotidien britannique a extrait un titre. Il a protesté contre cette lecture.
3. La dernière séance d’enregistrement des Beatles réunit les quatre membres. Faux. La séance du 3 janvier 1970 réunit Harrison, McCartney et Starr, avec George Martin. Lennon n’y participe pas et n’a pas été appelé.
4. Let It Be est le dernier album enregistré par les Beatles. Non. C’est le dernier publié. Les bandes datent de janvier 1969, à l’exception de retouches effectuées les 3 et 4 janvier 1970. L’album enregistré en dernier est celui de l’été 1969.
5. Le groupe a choisi le producteur de Let It Be. Pas unanimement. La décision a été prise par le gestionnaire avec l’accord de trois membres. McCartney n’a pas été consulté et a contesté par écrit, le 14 avril 1970, l’orchestration ajoutée à l’une de ses chansons.
6. George Martin est crédité comme producteur de Let It Be. Non. Le crédit porte le nom du producteur américain. Martin a demandé sans succès une mention reflétant la chaîne réelle de fabrication.
7. Le premier album solo d’un Beatle en 1970 est McCartney. Faux. L’album de standards de Ringo Starr paraît le 27 mars, trois semaines avant.
8. « The Long and Winding Road » est sorti en single au Royaume-Uni. Non. Le titre a été publié en single aux États-Unis en mai 1970, pas au Royaume-Uni. Le seul single britannique du groupe cette année-là est celui du 6 mars.
9. Les Beatles ont assisté à la première de leur film. Aucun des quatre. Ni à New York le 13 mai, ni à Londres le 20.
10. Le film montre la rupture du groupe. À nuancer. Le départ de Harrison en janvier 1969 n’y figure pas, et les échanges les plus durs ont été coupés au montage. Le film est nettement moins sombre que sa réputation ; c’est le contexte de sa sortie qui l’a rendu tel.
11. L’album de George Harrison publié en novembre est un double album. Non. C’est un coffret de trois disques, dont le troisième est composé d’improvisations instrumentales.
12. La procédure du 31 décembre 1970 visait à « dissoudre les Beatles ». Formulation trompeuse. Elle visait la dissolution du contrat d’association commerciale conclu en 1967, qui plaçait tous les revenus des quatre — y compris ceux de leurs disques solo — dans un pot commun administré par un gestionnaire contesté.
Janvier 1970
- 3 Janvier 1970 : John Lennon est en vacances au Danemark. Paul, Ringo et George travaillent sur les bandes de « Let it Be » au studio 2 de EMI.
- 4 Janvier 1970 : Les Beatles sont en studio et travaillent sur « Let it Be », et « The Long and Winding Road ».
- 5 Janvier 1970 : Travail de mixage à l’Olympic Sound Studios, où Glyn Johns travaille sur l’album « Let it Be ». La chanson « Teddy Boy » de Paul est écartée du film et de l’album.
- 5 Janvier 1970 : John, toujours en vacances au Danemark annonce qu’il va enregistrer une chanson traditionnelle locale et qu’il reversera les bénéfices de la vente du single à une association de défense de la Paix sur la Terre.
- 8 Janvier 1970 : George Harrison et Glyn Johns travaillent sur le mixage de « Get Back.
- 12 Janvier 1970 : Publication en Angleterre du single des Badfinger « Come and Get It« , écrit et composé par Paul McCartney.
- 14 Janvier 1970 : George achète Friar Park une propriété située à Henley-on-Thames. Elle contient un manoir conçu par Sir Frankie Crisp, un juriste excentrique du 19eme siècle.
- 15 Janvier 1970 : Vernissage à la London Arts Gallery de 14 lithographies de John Lennon, sous le titre « Bag One.
- 16 Janvier 1970 : Scotland Yard procède à la saisie de 8 des 14 lithographies de l’exposition « Bag One » de John Lennon, ces dernières étant jugées pornographiques.
- 19 Janvier 1970 : Réalisation de 300 reproductions des lithographies érotiques dessinées par John Lennon, vendues au prix de 550 livres unitaire.
- 20 Janvier 1970 : John et Yoko se coupent les cheveux pour les vendre aux enchères au profit de Michael X, activiste noir inculpé de meurtre aux Etats unis.
- 22 Janvier 1970 : Vernissage à la London Gallery de Detroit de l’exposition de John Lennon « Bag One ».
- 27 Janvier 1970 : John et Yoko sont en studio pour enregistrer « Instant Karma ».
- 27 Janvier 1970 : Ringo est à Los Angeles pour la première de « The Magic Christian.
- 29 Janvier 1970 : Première du film « The Magic Christian » de Ringo à Los Angeles.
- 29 Janvier 1970 : La justice américaine condamne Allen Klein pour fraude fiscale.
- 30 Janvier 1970 : Publication du 45 T de Billy Preston « All that I’ve got I’m Gonna Give it to you, produit par George Harrison.
- 30 Janvier 1970 : Rolling Stone magazine publie un article intitulé « La séparation des Beatles ? c’est possible… selon John Lennon ».
- 31 Janvier 1970 : Ringo et Maureen s’envolent pour Las Vegas afin d’assister à un concert d’Elvis presley.
Février 1970
- 1er Février 1970 : Paul commence à travailler sur son premier album solo McCartney.
- 2 Février 1970 : Le magazine « LooK » désigne « A Day in the life » comme meilleure chanson des années 60.
- 6 Février 1970 : Publication du Single du John Lennon/Plastic Ono Band « Instant Karma (We All Shine On)/Who Has Seen the Wind? ». Il restera classé 6 semaines dans les charts et atteindra la place de 5ème.
- 6 Février 1970 : Publication du 45 T. de Jackie Lomax « How the Web Was Woven / Thumbing a Ride », produit par George Harrison et Paul McCartney.
- 6 Février 1970 : Enregistrement de l’émission de radio » Scene And Heard » diffusée sur BBC Radio I à laquelle les Beatles participent.
- 7 Février 1970 : John et Yoko participent au tournage de l’émission « The Simon Dee Show », et défendent la cause de Michael X.
- 8 Février 1970 : Diffusion de l’émission « The Simon Dee Show » où John et Yoko participent et défendent la cause de Michael X.
- 9 Février 1970 : Séance d’enregistrement de Ringo pour l’album « Sentimental Journey ». Il travaille sur « Have I Told You Lately That I love You ».
- 11 Février 1970 : John Lennon et le Plastic Ono Band enregistrent « Instant Karma » pour l’émission « Top of the Pops », diffusée sur BBC-TV.
- 11 Février 1970 : John paye la sanction financière de 1344 livres imposée à 96 personnes ayant manifesté contre le pouvoir en place en Afrique du Sud.
- 11 Février 1970 : Publication de l’album « The Magic Christian », bande originale du film dans lequel à participé Ringo, et sur lequel figure la chanson « Come and Get it » de Paul McCartney.
- 11 Février 1970 : Enregistrement de l’émission de télévision « Top Of The Pops » diffusée par BBC I à laquelle les Beatles assistent.
- 12 Février 1970 : BBC-TV diffuse la prestation de John Lennon et du Plastic Ono Band chantant « Instant Karma » pour l’émission « Top of the Pops ».
- 12 Février 1970 : Ringo, depuis les studios d’Abbey road, travaille sur le titre « Let the rest of the World go By » figurant sur « Sentimental Journey ».
- 12 Février 1970 : Paul, arrivant aux limites de son magnétophone 4 pistes, rentre aux studios Morgan, sous le pseudo de Billy Martin, pour enregistrer les chansons « Hot as a Sun », et « Kreen Akrone ».
- 12 Février 1970 : Diffusion par la chaîne de télévision BBC I de l’émission « Top Of The Pops » à laquelle assistent les Beatles.
- 13 Février 1970 : Publication du 45 T de Doris Troy « Aint that Cute » produit par George Harrison.
- 15 Février 1970 : Diffusion de l’émission » Scene And Heard » par la radio » BBC Radio I » à laquelle les Beatles participent.
- 18 Février 1970 : Ringo, sous la direction de George Martin, enregistrent la chanson « It Don’t Come Easy ». Les musiciens l’entourant sont George Harrison , Klaus Voorman , et Stephen Stills.
- 19 Février 1970 : Le Plastic Ono Band apparait dans l’émission « Top of the Pops » et chante « Instant Karma! ».
- 20 Février 1970 : Publication aux Etats unis du single du Plastic Ono band « Instant Karma (We All Shine On)/Who Has Seen the Wind » qui restera 13 semaines dans les charts, et atteindra la 3ème place.
- 21 Février 1970 : Paul McCartney, sous le pseudonyme de Billy Martin, continue aux Morgan Studios le mixage en 8 pistes de son album « McCartney ».
- 22 Février 1970 : Paul McCartney, sous le pseudonyme de Billy Martin, continue aux Morgan Studios le mixage en 8 pistes de son album « McCartney ». Paul enregistre « Every Night » et « maybe I’m Amazed.
- 22 Février 1970 : Charlie Jenkins réalise des prises de vue pour le clip vidéo de « Maybe I’m Amazed ».
- 25 Février 1970 : John Lennon annule sa participation au festival musical de Toronto, après avoiur été informé que les entrées au festival seraient payantes.
- 25 Février 1970 : Paul enregistre « Man We Was Lonely » et termine le mixage de toutes les pistes de son album « McCartney.
- 25 Février 1970 : Ringo continue son travail sur son album « Sentimental Journey » aux studios « De Lane Lee », dans le quartier Soho, et travaille sur la chanson « You Always hurt the one you love.
- 26 Février 1970 : Publication aux Etats unis du disque « The Beatles Again », en son mono.
Mars 1970
- 5 Mars 1970 : Le film promotionnel « Let it Be » est diffusée dans l’émission anglaise « Top of the Pops ».
- 5 Mars 1970 : Ringo Starr est aux Studio Morgan de Londres et travaille sur son album solo « Sentimental Journey. Il enregistre « Whispering Grass » et « Bye-Bye Blackbird.
- 5 Mars 1970 : Publication en Suède du single des Beatles « Let It Be/You Know My Name (Look Up the Number) » qui restera trois semaines dans les charts et obtiendra la 6ème place.
- 5 Mars 1970 : Yoko est admise en observation à la London Clinic. John va rester en permanence à ses côtés.
- 6 Mars 1970 : Publication en Angleterre du single des Beatles « Let It Be/You Know My Name (Look Up the Number) », qui restera 6 semaines dans les charts et obtiendra la 2ème place.
- 6 Mars 1970 : Ringo Starr termine les sessions d’enregistrement de « Sentimental Journey ». L’album est prêt à être pressé.
- 6 Mars 1970 : Publication en France du single « Let It Be / You Know My Name » (APPLE 2 C 006 04353 M).
- 8 Mars 1970 : Ringo Starr travaille sur « It Don’t Come Easy » assisté de George Harrison.
- 11 Mars 1970 : Publication aux Etats Unis du single des Beatles « Let It Be/You Know My Name (Look Up the Number) » qui restera classé 14 semaines au Billboard, et atteindra la première place.
- 11 Mars 1970 : Enregistrement de l’émission de radio » The Beatles Today » diffusée sur BBC Radio I à laquelle les Beatles participent.
- 12 Mars 1970 : Publication en France par Apple, du 45 tours 2C 006 04353 des Beatles comprenant les titres : Let it Be, You Know my Name
- 12 Mars 1970 : George et Pattie déménagent et sinstallent à Friar Park.
- 14 Mars 1970 : L’exposition de lithographies érotiques de John « bag One » ouvre à la Denis René Hans Mayer Gallery de Dusseldorf, et à la Lee Nordless Gallery de New York.
- 16 Mars 1970 : Publication en France par Apple, du 33 tours 2C 062 04345 des Beatles, dont le contenu est identique à l’album américain « Beatles Again » (Apple Capitol SW385).
- 17 Mars 1970 : Publication en Suède de l’album des Beatles « Hey Jude.
- 19 Mars 1970 : Diffusion du film promotionnel de « Let it be » en Grande Bretagne, lors de l’émission « Top of the Pops ».
- 22 Mars 1970 : Dans une interview donnée à « L’express », John avoue que les Beatles ont fumé de la Marijuana le jour où ils ont reçu leur décoration de MBE.
- 23 Mars 1970 : Paul McCartney est au studio 3 d’EMI Londres, où il réalise les masters de son premier album solo « McCartney ».
- 23 Mars 1970 : Publication aux Etats Unis de l’album éponyme de Leon Russell sur lequel George Harrison joue de la guitare et Ringo de la batterie.
- 23 Mars 1970 : Dans le studio 4 d’EMI Londres, Phil Spector commence le mixage des bandes de « let it be », et travaille ce jour là sur « I’ve Got a Feeling », « Dig a Pony », « One After 909« , « I Me Mine », et « Across the Universe.
- 24 Mars 1970 : Publication aux Etats unis du single du Radha Krishna Temple « Govinda/Govinda Jai Jai » produit par George Harrison.
- 25 Mars 1970 : Phil Spector travaille sur les bandes du projet « Get back », et mixe les titres « For You Blue » et « Two of Us. Il travaille aussi sur « Teddy Boy », qui sera finalement laissée de côté car utilisée sur l’album solo de Paul, « McCartney ».
- 25 Mars 1970 : Enregistrement de l’émission de radio » Scene And Heard » diffusée sur BBC Radio I à laquelle les Beatles participent.
- 27 Mars 1970 : Publication de l’album de Ringo Starr »Sentimental Journey ».
- 27 Mars 1970 : Phil Spector continue son travail de mixage sur les bandes de « Get Back », et travaille sur « Dig it.
- 28 Mars 1970 : Cinq lithographies de l’exposition « Bag One » de John Lennon sont confisquées par la Police à la Merrill Chase Galler d’oak Brook.
- 29 Mars 1970 : John Lennon annonce que Yoko Ono était enceinte mais a malheureusement fait une fausse couche.
- 29 Mars 1970 : John adresse au téléphone un message de sympathie à un groupe de pacifistes rassemblés à Londres.
- 29 Mars 1970 : Diffusion de l’émission » Scene And Heard » par la radio » BBC Radio I » à laquelle les Beatles participent.
- 29 Mars 1970 : Diffusion par la chaîne de télévision LWT de l’émission « Frost On Sunday » à laquelle assistent les Beatles.
- 30 Mars 1970 : Diffusion de l’émission » The Beatles Today » par la radio » BBC Radio I » à laquelle les Beatles participent.
- 31 Mars 1970 : Diffusion de l’émission » Open House » par la radio » BBC Radio 2 » à laquelle les Beatles participent.
Avril 1970
- 1er Avril 1970 : Phil Spector travaille sur les arrangements de « The Long and Winding Road » et « Across the Universe.
- 1er Avril 1970 : John est à Los Angeles, où il poursuit la thérapie du « Cri Primal ».
- 2 Avril 1970 : Phil Spector termine son travail sur l’album « Let it Be ».
- 7 Avril 1970 : Publication en Suède de l’album des Beatles « Hey Jude.
- 10 Avril 1970 : Publication en Grande Bretagne de la BOF de « The Magic Christian ».
- 10 Avril 1970 : Paul McCartney annonce qu’il quitte les Beatles.
- 11 Avril 1970 : Le single « Let It Be » des Beatles atteint la première place des Charts aux Etats unis.
- 14 Avril 1970 : Paul McCartney achète les droits du dessin animé ‘Rupert the Bear’.
- 17 Avril 1970 : Publication de l’album de Paul McCartney « McCartney ».
- 18 Avril 1970 : Le single « Let it Be » des Beatles est premier des Charts américains pour la deuxième semaine.
- 20 Avril 1970 : Publication aux Etats unis de l’album « McCartney » de Paul McCartney.
- 24 Avril 1970 : Publication aux Etats Unis de l’album de Ringo Starr « Sentimental Journey ».
- 26 Avril 1970 : Diffusion par la chaîne de télévision BBC I de l’émission « Fact Or Fantasy » à laquelle assistent les Beatles.
- 27 Avril 1970 : 8 des lithographies de John Lennon saisies par la Police ne sont pas considérées comme pornographiques.
- 28 Avril 1970 : George est en voyage daffaires à New York.
Mai 1970
- 1er Mai 1970 : George Harrison est au studio B de Columbia à New York, et aide son ami Bob Dylan à enregistrer les chansons suivantes : « Song to Woody », « Mama You’ve Been on My Mind », « Don’t Think Twice It’s Alright », « Yesterday« , « Just Like Tom Thumb’s Blues », « Da Doo Ron Ron », « One Too Many Mornings », « Working on a Guru », « If Not For You », « Ghost Riders In The Sky », « Cupid, All I Have To Do Is Dream », « Gates Of Eden », « I Threw It All Away », « I Don’t Believe You », « Matchbox », « True Love Your Love », « When’s My Swamp Gonna Catch Fire », « I’m a-Goin’ Fishin' », « Honey Just Allow Me One More Chance », « Rainy Day Women 12 & 35 », « Sign On The Window », « Time Passes Slowly » et « Went To See The Gypsy.
- 8 Mai 1970 : Publication en Grande Bretagne de l’album « Let it Be ».
- 11 Mai 1970 : Publication aux Etats unis du single « The Long and Winding Road/For You Blue ».
- 11 Mai 1970 : Publication en France par Apple, du 33 tours 2C 062 04433 des Beatles, dont le contenu est identique à l’album anglais « Let it Be » (PCS 7096).
- 13 Mai 1970 : Première du film « Let It Be ».
- 13 Mai 1970 : Publication en suède de l’album des Beatles « Let It Be ».
- 18 Mai 1970 : Publication aux Etats Unis de l’album des Beatles « Let It Be ».
- 23 Mai 1970 : L’album de Paul McCartney « McCartney » atteint la première place des charts américains.
- 26 Mai 1970 : Début des sessions d’enregistrement de « All Things Must Pass ».
Juin 1970
- 1er Juin 1970 : A San Fransisco, John et Yoko assistent à la projection de « Let It Be ».
- 6 Juin 1970 : L album « Let It Be » est numéro 1 en Angleterre.
- 13 Juin 1970 : Lalbum « Let It Be » numéro 1 aux Etats-Unis.
- 13 Juin 1970 : Le single des Beatles « The Long And Winding Road » atteint la première place des Charts aux Etats Unis.
- 18 Juin 1970 : George enregistre Roll It Over avec Eric Clapton.
- 20 Juin 1970 : Le single des Beatles « The Long And Winding Road » est premier des charts américains pour la 2ème semaine.
- 30 Juin 1970 : Ringo démarre à Nashville la production de son album « Beaucoups of Blues « .
Juillet 1970
- 3 Juillet 1970 : Publication de l’album « Sweet Inspiration » de Cilla Black, produit par George Martin, et distribué par Parlophone Records, sous la référence PCS7103.
- 7 Juillet 1970 : Décès de Louise, la maman de George Harrison.
- 17 Juillet 1970 : Publication en Suède du single des Beatles « The Long and Winding Road/For You Blue ».
- 26 Juillet 1970 : Session d’enregistrement de la chanson « God » de John Lennon.
- 31 Juillet 1970 : Cynthia , ex-femme de John Lennon, épouse en seconde noce Roberto Bassanini.
Septembre 1970
- 17 Septembre 1970 : George assiste aux répétitions du festival dart indien au Royal Albert Hall.
- 20 Septembre 1970 : George assiste au festival dart indien au Royal Albert Hall.
- 22 Septembre 1970 : John et Yoko participent à l’émission « The Dick Cavett Show », aux côtés du Docteur Arthur Janov.
- 25 Septembre 1970 : Publication en Grande Bretagne de l’album de Ringo Starr « Beaucoups Of Blues ».
- 26 Septembre 1970 : Début des sessions d’enregistrement de l’album « John Lennon / Plastic Ono Band ».
- 28 Septembre 1970 : Ringo publie son album « Beaucoups of Blues ».
Octobre 1970
- 5 Octobre 1970 : Publication du single de Ringo Starr « Beaucoups of Blues/Coochy-Coochy » (Apple).
- 11 Octobre 1970 : Publication du single de John Lennon « Imagine/It’s So Hard ».
- 28 Octobre 1970 : George et Pattie sont à New York dans le cadre de la préparation de la sortie de lalbum All things Must Pass.
Novembre 1970
- 6 Novembre 1970 : Ré-édition en Grande Bretagne de l’album « Let it Be » des Beatles en édition standard (le livre n’est plus présent).
- 11 Novembre 1970 : Naissance de Lee Parkin Starkey fille de Ringo et Maureen.
- 23 Novembre 1970 : Publication du single de George Harrison « My Sweet Lord/Isn’t It A Pity (version one) ».
- 27 Novembre 1970 : Publication aux Etats Unis de l’album de George Harrison « ALL THINGS MUST PASS ».
- 30 Novembre 1970 : Publication en grande Bretagne de l’album de George Harrison « All things must pass ».
Décembre 1970
- 8 Décembre 1970 : John Lennon donne une interview à « Rolling Stones » dans laquelle il détruit le mythe Beatles.
- 11 Décembre 1970 : Publication de l’album « Plastic Ono Band » aux Etats unis.
- 11 Décembre 1970 : Publication de l’album de Yoko Ono « Yoko Ono/Plastic Ono Band ».
- 18 Décembre 1970 : Publication aux Etats Unis d’un album intitulé « The Beatles Christmas Album » contenant les 7 disques de Noël des Beatles.
- 18 Décembre 1970 : Publication en Angleterre du disque « From Them to Us » reprenant les meilleurs moments des disques de Noel des Beatles.
- 26 Décembre 1970 : Le single « My Sweet lord » de George Harrison atteint la première place des charts Anglais.
- 27 Décembre 1970 : George Harrison est N°1 aux States, pendant 4 semaines, avec le single « My Sweet Lord », faisant de lui le 1er Beatle à être N°1 aux States.
- 28 Décembre 1970 : Publication du single de John Lennon « Mother/Why ».
Questions fréquentes
Quelle a été la dernière séance d’enregistrement des Beatles ?
Celle du 3 janvier 1970 au studio deux d’Abbey Road, réunissant George Harrison, Paul McCartney et Ringo Starr avec George Martin, pour enregistrer une chanson de Harrison. John Lennon n’y participait pas.
Paul McCartney a-t-il dissous les Beatles le 10 avril 1970 ?
Non. Il a annoncé qu’il ne travaillait plus avec le groupe, dans un questionnaire promotionnel joint à son album solo. Il n’avait pas le pouvoir de dissoudre l’association commerciale, et un autre membre avait déjà annoncé son départ en interne à l’automne précédent.
Y a-t-il eu un communiqué de séparation ?
Non. Le texte à l’origine des titres de presse était une auto-interview promotionnelle insérée dans les exemplaires de presse de l’album McCartney. Un quotidien britannique en a extrait un titre le 10 avril 1970.
Let It Be est-il le dernier album enregistré par les Beatles ?
Non, c’est le dernier publié. Les bandes datent de janvier 1969, avec des retouches les 3 et 4 janvier 1970. L’album enregistré en dernier est celui de l’été 1969.
Qui a produit Let It Be ?
Le crédit de pochette porte le nom d’un producteur américain, chargé du remontage des bandes en mars 1970 par le gestionnaire du groupe. George Martin, qui avait supervisé les séances d’origine, n’a pas obtenu de mention reflétant cette chaîne.
Pourquoi Paul McCartney a-t-il contesté la production de l’album ?
Parce qu’une orchestration avec cordes, harpe et chœur a été ajoutée à l’une de ses ballades le 1er avril 1970 sans qu’il en soit informé. Il a adressé le 14 avril une lettre demandant la suppression de ces ajouts ; elle est restée sans effet.
Combien d’albums solo les Beatles ont-ils publiés en 1970 ?
Cinq : deux de Ringo Starr, un de Paul McCartney, un de George Harrison et un de John Lennon.
Quel a été le plus gros succès solo de l’année ?
Le triple album de George Harrison, publié le 27 novembre 1970, premier des deux côtés de l’Atlantique.
Les Beatles ont-ils assisté à la première de leur film ?
Aucun des quatre, ni à New York le 13 mai, ni à Londres le 20 mai 1970.
Que s’est-il passé le 31 décembre 1970 ?
Paul McCartney a déposé devant la Haute Cour de justice de Londres une assignation contre les trois autres membres du groupe et leur société commune, afin d’obtenir la dissolution du contrat d’association conclu en 1967 et la nomination d’un administrateur judiciaire.
Pourquoi cette procédure était-elle nécessaire ?
Parce que le contrat de 1967 plaçait tous les revenus professionnels des quatre, y compris ceux de leurs disques solo, dans un pot commun administré par un gestionnaire, et qu’il ne comportait aucune clause de retrait unilatéral.
Combien de disques des Beatles sont sortis au Royaume-Uni en 1970 ?
Deux : un single le 6 mars et un album le 8 mai. Aucun EP, aucun concert, aucun enregistrement collectif après le 4 janvier.
Glossaire
Assignation — Acte de procédure par lequel un demandeur saisit une juridiction et convoque les défendeurs. Celle du 31 décembre 1970 visait la dissolution d’un contrat d’association.
Administrateur judiciaire — Personne désignée par un tribunal pour gérer les biens ou les revenus d’une entité pendant la durée d’un litige.
Association commerciale (partnership) — Structure juridique liant plusieurs personnes dans une activité commune, avec mise en commun des revenus. Celle liant les quatre membres du groupe datait de 1967.
Auto-interview — Texte promotionnel où l’artiste répond par écrit à des questions préparées. Celui d’avril 1970 est à l’origine des titres de presse sur le départ de McCartney.
Coffret (boxed set) — Édition en boîte rigide, généralement accompagnée d’un livret ou d’un livre. La première édition britannique de l’album de mai 1970 en est une.
Mur du son — Esthétique de production fondée sur l’accumulation d’instruments doublés et une réverbération abondante, importée par le producteur du remontage de mars 1970.
Sur-production — Ajout d’éléments d’arrangement à un enregistrement achevé, parfois contre l’intention initiale. Terme employé par George Martin à propos de l’album de mai 1970.
Surimposition (overdub) — Enregistrement d’une partie supplémentaire par-dessus une bande existante. Le projet de janvier 1969 visait à s’en passer ; le remontage de 1970 en a largement usé.
Bibliographie
- Mark Lewisohn, The Complete Beatles Recording Sessions — pour les séances des 3 et 4 janvier et le remontage de mars.
- Mark Lewisohn, The Complete Beatles Chronicle — datation des événements de l’année.
- Peter Doggett, You Never Give Me Your Money — référence sur le conflit contractuel et la procédure de décembre.
- Ian MacDonald, Revolution in the Head — analyse des titres publiés en 1970.
- Barry Miles, Paul McCartney: Many Years From Now — témoignage de première main sur le printemps 1970.
- Keith Badman, The Beatles Diary Volume 2: After the Break-Up — chronologie de l’après-1969.
- The Beatles Anthology — témoignages rétrospectifs des quatre membres, à croiser avec les sources contemporaines.
- Kenneth Womack, The Beatles Encyclopedia — vérification factuelle et notices de référence.
- Bruce Spizer, ouvrages consacrés aux éditions américaines — pour la compilation de février.
NAVIGATION
Naviguez d'année en année grâce à notre v éritable machine à remonter le temps. A partir de 1998, vous découvrirez en plus des liens vers notre rubrique "Actualités".
Avant 1950
1950 / 1960













