La chronologie - biographie des Beatles, Paul McCartney, John Lennon, Ringo Starr et George Harrison

La Chronologie – Biographie Beatles : année 1966

  • Trois mois sans rien faire pour commencer l’année : la plus longue interruption depuis 1962, provoquée par l’annulation d’un troisième film.
  • Le 6 avril, un ingénieur d’Abbey Road invente en une matinée un procédé de doublage automatique de la voix. .
  • Le 1er mai, une dernière apparition sur une scène britannique, pour une poignée de minutes, devant dix mille personnes.
  • Une tournée internationale catastrophique : contestation nationaliste au Japon, incident diplomatique aux Philippines, départ sous les coups à l’aéroport de Manille.
  • Le 29 juillet, un magazine américain reprend en couverture une phrase publiée cinq mois plus tôt à Londres sans provoquer la moindre réaction. Le pays s’embrase.
  • Le 5 août, Revolver : quatorze titres qu’il est impossible de reproduire sur scène.
  • Le 29 août, à San Francisco, devant vingt-cinq mille personnes, le dernier concert payant. Aucune annonce n’est faite.
  • De septembre à novembre, les quatre membres travaillent séparément pour la première fois. Puis ils reviennent en studio le 24 novembre, sans date de sortie, sans tournée à préparer, sans limite de temps.

Le 1er janvier 1966 : le silence

Pour la première fois depuis quatre ans, l’année s’ouvre sans concert, sans spectacle de fin d’année, sans engagement.

Le troisième film que le groupe devait tourner au début de l’année a été abandonné quelques semaines plus tôt : le scénario ne convainquait personne. Le calendrier se retrouve vide. Ni Brian Epstein ni EMI n’ont prévu de rechange.

Ce vide de trois mois est l’événement fondateur de 1966. Il donne aux quatre membres du groupe ce qu’ils n’avaient jamais eu : du temps sans destination. Ce qu’ils en font — lectures, expositions, drogues, voyages, écoute d’autres musiques — détermine tout ce qui sera enregistré à partir d’avril.

L’année qui commence est celle où les Beatles cessent d’être un groupe de scène pour devenir un groupe de studio, où ils se fâchent avec une partie de l’Amérique, et où ils publient l’un des disques les plus influents du siècle. Cet article la raconte dans les limites strictes de 1966, mois par mois, avec les chiffres vérifiables, les incertitudes signalées comme telles et les légendes remises à leur place.


Janvier : trois mois de rien

Un calendrier vide, pour la première fois

Pendant l’hiver, il ne se passe officiellement rien. Pas de séance, pas de tournée, pas de sortie britannique avant le mois de mars.

Le contraste avec les années précédentes est vertigineux. En 1963, le groupe donnait un concert presque tous les soirs ; en 1964, il traversait trois continents ; en 1965, il tournait deux mois pour le cinéma. En janvier 1966, chacun rentre chez soi.

21 janvier : le mariage de George Harrison

Le 21 janvier, George Harrison épouse Pattie Boyd à la mairie d’Esher, dans le Surrey. Paul McCartney est témoin. Les deux autres membres du groupe ne sont pas présents ; la cérémonie a été organisée dans la discrétion, et la conférence de presse qui suit se tient le même jour.

C’est le troisième mariage d’un membre du groupe en trois ans. La doctrine de dissimulation qui prévalait au début a définitivement cédé.

Ce que chacun fait de son temps

Les trajectoires divergent dès cet hiver, et il vaut la peine de les distinguer, parce qu’elles expliquent la matière de l’album d’août.

John Lennon reste dans sa maison du Surrey, où il lit énormément, dessine, enregistre des bandes chez lui et s’ennuie avec application. Il décrira lui-même cette période comme une dérive confortable et vaine.

Paul McCartney fait exactement l’inverse : il vit à Londres, dans le quartier de Marylebone, fréquente les galeries, les librairies d’avant-garde, les concerts de musique contemporaine. Il assiste à une conférence d’un compositeur électroacoustique italien, achète ses premiers tableaux, s’équipe de magnétophones domestiques et commence à fabriquer des boucles de bande chez lui.

George Harrison, marié depuis peu, approfondit ce qu’il avait entrevu l’année précédente : il prend contact avec des musiciens indiens installés à Londres et commence un travail sérieux sur le sitar.

Ringo Starr reste en famille.

Cette dispersion n’est pas une crise. Elle produit au contraire, pour la première fois, quatre apports distincts et identifiables au même disque.


Février et mars : les entretiens de Maureen Cleave

4 mars : « Comment vit un Beatle ? »

En février, la journaliste Maureen Cleave, du London Evening Standard, réalise avec chacun des quatre membres du groupe un entretien approfondi pour une série de portraits intitulée « How does a Beatle live? ». Elle les connaît depuis 1963 et bénéficie d’un accès sans intermédiaire.

Le portrait de John Lennon paraît le 4 mars. Il le décrit chez lui, entouré de biens dont il ne se sert pas, lisant sur la religion et l’histoire, et déclarant qu’il lui reste quelque chose à faire dont il ignore la nature.

C’est un texte de grande qualité journalistique, et il est aujourd’hui presque entièrement lu à travers un seul de ses paragraphes.

La phrase que personne ne remarque

Interrogé sur la religion, Lennon avance que le christianisme est appelé à disparaître, que le groupe est désormais plus populaire que Jésus, et que les disciples ont dénaturé le message de leur maître.

En Grande-Bretagne, la publication ne provoque aucune réaction. Aucun courrier de protestation notable, aucune reprise dans la presse concurrente, aucune polémique. Le propos est lu pour ce qu’il est dans le contexte du portrait : une remarque désabusée sur l’état de la pratique religieuse dans une société sécularisée.

Le point de méthode le plus important de l’année 1966 : la phrase n’a pas fait scandale au moment où elle a été prononcée ni au moment où elle a été publiée. Le scandale naît cinq mois plus tard, sur un autre continent, d’une reprise partielle et décontextualisée. Confondre la déclaration et son scandale, c’est confondre mars et juillet.

4 mars : un EP

Le 4 mars paraît également l’EP GEP 8948, qui rassemble quatre titres de l’album de l’été précédent, dont la ballade au quatuor à cordes — enfin disponible sur un support la mettant en avant au Royaume-Uni.

25 mars : la séance photo de Robert Whitaker

Le 25 mars, le photographe Robert Whitaker réalise avec le groupe une séance conceptuelle : blouses blanches de boucher, morceaux de viande crue, poupées démembrées. Le projet, tel que le photographe l’a expliqué, s’inscrivait dans une réflexion sur l’idolâtrie et la fabrication des icônes.

Les images sont saisissantes et parfaitement délibérées. Elles ne posaient aucun problème tant qu’elles restaient dans le domaine de la photographie d’auteur. Elles en poseront un considérable trois mois plus tard, quand l’une d’elles servira de pochette à un album américain.


Avril : le studio devient un laboratoire

6 avril : première séance, et une invention

Le 6 avril, les Beatles reviennent au studio trois d’Abbey Road après trois mois d’absence. Les séances de l’album se poursuivront jusqu’au 21 juin : environ trois cents heures de studio, contre une dizaine d’heures pour leur premier album.

Deux choses de première importance se produisent ce jour-là.

D’abord, un ingénieur d’EMI, Ken Townsend, met au point un procédé de doublage automatique de la voix : deux magnétophones synchronisés, dont l’un est légèrement décalé, produisent en une seule exécution l’épaisseur que le groupe obtenait jusque-là en chantant deux fois. Le procédé sera appelé artificial double tracking.

L’invention répond à un besoin exprimé — Lennon détestait chanter deux fois — et elle transforme la pratique vocale du groupe. Elle sera adoptée par l’industrie entière en moins de deux ans.

Correctif : les Beatles n’ont pas inventé l’ADT. Il a été conçu par un ingénieur salarié d’EMI, en une matinée, pour répondre à une demande du groupe. La distinction n’est pas cosmétique : elle illustre le mode de fonctionnement réel du studio, où l’exigence vient des musiciens et la solution du personnel technique.

Une chanson en boucle

Ensuite, le titre enregistré ce 6 avril est le plus radical que le groupe ait jamais tenté. Une seule note tenue à la basse et au bourdon, une batterie traitée pour sonner comme un instrument étranger à l’orchestre habituel, un texte adapté d’un manuel de méditation, et surtout des boucles de bande fabriquées à domicile par McCartney sur des magnétophones dont il avait désactivé la tête d’effacement, produisant une saturation en accumulation.

Cinq boucles sont montées et mélangées en direct sur la piste, chaque magnétophone du bâtiment étant réquisitionné et tenu par un membre du personnel avec un crayon pour maintenir la tension de la bande. L’opération est irréversible : l’équilibre obtenu ce jour-là ne peut pas être reproduit.

La voix, enfin, est passée à travers une cabine à haut-parleur tournant, normalement utilisée pour l’orgue d’église électronique. Le résultat, tournoyant et lointain, deviendra l’un des timbres identifiants de la période.

Précision utile : les sons souvent décrits comme des « cris de mouette » sur ce titre ne sont pas des enregistrements d’oiseaux. Ce sont des boucles de guitare accélérées.

Un nouvel ingénieur

Ce printemps voit aussi un changement de personnel décisif. L’ingénieur de prise de son qui accompagnait le groupe depuis ses débuts a été promu producteur ; il est remplacé par un jeune homme de dix-neuf ans, Geoff Emerick, qui prend la console sur les séances de 1966.

Le changement est un changement de mandat plus que de talent. Le prédécesseur obtenait sa modernité à l’intérieur des règles de la maison ; le nouveau venu les enfreint méthodiquement : micros placés à quelques centimètres des peaux de batterie et de l’ouverture des cuivres, ce que le règlement interdisait, compression poussée, traitements non prévus.

11 avril : un titre entièrement indien

Le 11 avril est enregistrée une composition de George Harrison exécutée au sitar et au tabla, avec le concours de musiciens indiens installés à Londres. Aucun instrument du rock n’y tient le premier rôle.

C’est la première fois qu’un titre des Beatles adopte non pas une couleur indienne mais une forme indienne : bourdon, exposition mélodique, accélération rythmique progressive. La différence avec l’usage décoratif du sitar l’année précédente est de nature, pas de degré.

13 et 14 avril : la basse traverse le règlement

Les 13 et 14 avril sont enregistrés les deux titres du single de juin. À cette occasion, l’ingénieur applique deux procédés interdits par la maison.

Le premier consiste à brancher la basse directement dans la console, sans passer par un amplificateur — ce qui donne un signal net et puissant. Le second consiste à utiliser un haut-parleur comme microphone, sa membrane réagissant aux fréquences graves comme un capteur de grande surface.

La bataille du grave, engagée depuis des années contre les règles de gravure d’EMI, se règle donc en deux journées d’avril 1966. La basse des disques suivants n’aura plus rien à voir avec celle des précédents.

28 avril : un octuor à cordes

Le 28 avril est enregistrée une chanson de McCartney sans aucun instrument du groupe : quatre violons, deux altos, deux violoncelles, un arrangement de George Martin inspiré de la musique de film, et une voix. Le texte est un portrait de solitude urbaine qui se termine par un enterrement sans assistance.

Rien, dans la production antérieure du groupe, ne préparait à cela.


Mai : la scène recule

1er mai : Wembley

Le 1er mai, les Beatles jouent à l’Empire Pool de Wembley lors du concert annuel des lauréats du sondage du New Musical Express. Ils interprètent quatre titres, sans que la caméra de la télévision ne soit autorisée à les filmer — un différend contractuel ayant opposé le manager aux producteurs de l’émission.

Ce sera leur dernière apparition sur une scène britannique devant un public.

19 et 20 mai : les films promotionnels

Les 19 et 20 mai, le groupe tourne dans les jardins de Chiswick House, à l’ouest de Londres, une série de courts films destinés à accompagner la sortie du single. Il ne s’agit plus de captations de plateau télévisé : ce sont des objets autonomes, réalisés en extérieur, montés pour être envoyés aux chaînes du monde entier.

Le motif est pratique. Le groupe ne veut plus se déplacer pour chaque émission ; il envoie une bande à sa place. Ce raisonnement de gestion produit, sans intention artistique déclarée, l’un des premiers exemples aboutis du clip promotionnel moderne.

26 mai : Dylan à Londres

Le 26 mai, Bob Dylan donne un concert au Royal Albert Hall, dans le cadre de la tournée britannique où sa conversion à l’instrumentation électrique lui vaut des huées quotidiennes. Lennon et Harrison assistent au concert ; des séquences filmées à l’hôtel montrent une conversation laborieuse entre Lennon et Dylan, tous deux dans un état qui ne facilite pas l’échange.

L’épisode intéresse moins pour lui-même que pour ce qu’il indique : les deux pôles de la musique populaire anglophone se surveillent de près, et chacun est en train de faire subir à son public une rupture de format.


Juin : un single, un album fini, une pochette retirée

10 juin : « Paperback Writer »

Le 10 juin paraît le single R 5452. Il prend la première place au Royaume-Uni.

Les deux faces sont des ruptures. La face A raconte, en une lettre d’un auteur à un éditeur, une histoire qui ne parle ni d’amour ni de l’auditeur — première face A du groupe dont le sujet est extérieur au sentiment amoureux. La face B, quant à elle, se termine sur une voix passée à l’envers, découverte selon Lennon en montant une bande à l’envers chez lui, un soir.

16 juin : Top of the Pops

Le 16 juin, le groupe apparaît en direct dans Top of the Pops. C’est la seule fois qu’il se produira en direct dans l’émission.

20 juin : la pochette retirée

Le 20 juin, Capitol publie aux États-Unis un album de compilation assemblé à partir de titres puisés dans les disques britanniques. Sa pochette reprend l’une des photographies de la séance de mars : blouses de boucher, viande, poupées démembrées.

La réaction des distributeurs américains est immédiate et unanime. Le disque est rappelé sous quarante-huit heures, à des centaines de milliers d’exemplaires, et une nouvelle pochette est imprimée puis collée par-dessus l’ancienne sur une partie du stock — d’où l’existence, aujourd’hui, d’un marché de collection consacré aux exemplaires décollés.

Correctif : cette affaire est strictement américaine. La photographie n’a jamais servi de pochette au Royaume-Uni. Elle avait en revanche été utilisée dans la presse britannique et sur du matériel promotionnel, sans provoquer de réaction particulière.

21 juin : fin des séances

Le 21 juin, la dernière séance de l’album est bouclée. Trois jours plus tard, le groupe s’envole pour l’Allemagne.

24 au 26 juin : l’Allemagne

Le 24 juin à Munich, le 25 à Essen, le 26 à Hambourg : trois villes, six représentations. Le retour à Hambourg, où le groupe s’était formé professionnellement, est traité par la presse allemande comme un événement sentimental. Les intéressés le vivent surtout comme une étape de plus.

30 juin au 2 juillet : le Budokan

Du 30 juin au 2 juillet, cinq représentations à Tokyo, dans une salle construite pour les arts martiaux.

La contestation est immédiate, mais elle n’est pas celle qu’on imagine. Elle ne porte ni sur la musique ni sur la morale : des organisations nationalistes japonaises jugent qu’un lieu consacré aux disciplines traditionnelles est profané par un spectacle de musique occidentale. Des menaces sont proférées ; le dispositif policier atteint plusieurs milliers d’hommes.

Le groupe est consigné à son hôtel pendant tout le séjour. Confinés, ils peignent ensemble un tableau collectif sur une toile posée au sol dans la suite, autour d’une lampe — l’un des rares objets créés à quatre mains par les quatre Beatles.

Les concerts, filmés par la télévision japonaise, offrent un document précieux : la salle est calme, la sonorisation correcte, et l’on entend enfin ce que le groupe joue réellement en 1966. Le résultat n’est pas flatteur. Faute de répétitions, les harmonies sont approximatives.


Juillet : Manille, et l’incendie américain

4 juillet : les deux concerts

Le 4 juillet, deux représentations à Manille, dans un stade de football, devant un total considérable — les estimations les plus courantes avoisinent les quatre-vingt mille spectateurs sur la journée.

L’affaire du déjeuner

Le matin même, une invitation à un déjeuner au palais présidentiel, adressée à la première dame, n’est pas honorée. Les récits divergent sur le mécanisme exact : invitation transmise tardivement, refus de principe de Brian Epstein d’accepter des engagements protocolaires non contractuels, malentendu sur la nature obligatoire de la convocation.

Ce qui est établi, c’est le résultat. La télévision philippine diffuse en boucle des images d’enfants attendant en vain dans une salle de réception. La presse titre sur l’affront. Le lendemain, la protection policière disparaît, le personnel de l’hôtel cesse de servir le groupe, les ascenseurs sont coupés.

5 juillet : le départ

Le 5 juillet, le trajet vers l’aéroport se fait sans escorte. Sur place, les tapis roulants sont arrêtés, l’équipe doit porter elle-même le matériel, et le groupe est bousculé, poussé et frappé par une foule hostile en traversant le terminal. L’entourage subit le plus gros des coups. L’avion est retenu au sol jusqu’à ce que le manager redescende régler une taxe de sortie réclamée sur les recettes des concerts.

L’épisode est le point de bascule psychologique de l’année. Harrison déclarera peu après que la seule chose qu’il souhaitait, en montant dans cet avion, était de ne plus jamais avoir à recommencer.

6 au 8 juillet : Delhi

Sur le trajet du retour, le groupe fait escale en Inde. Harrison en profite pour acquérir un sitar de facture professionnelle et prendre ses premiers contacts sérieux. La presse indienne, qui ne les attendait pas, s’organise en quelques heures.

8 juillet : un EP

Le 8 juillet paraît l’EP GEP 8952, qui reprend quatre titres de l’album de décembre précédent, sous une photographie de Robert Whitaker. Il n’atteint que la quatrième place du classement des EP : le format est désormais perçu comme redondant, et le public ne suit plus.

29 juillet : l’étincelle

Le 29 juillet, un magazine américain destiné aux adolescents publie des extraits des entretiens de Maureen Cleave, fournis par l’attaché de presse du groupe qui souhaitait faire valoir la dimension intellectuelle de Lennon et McCartney auprès du public américain.

La phrase sur le christianisme est placée en couverture, isolée de son contexte, sous une forme interrogative qui la durcit encore. Le numéro se vend à environ un million d’exemplaires.

En quelques jours, la réaction devient massive dans les États du sud : appels au boycott lancés par des animateurs de radio, bûchers de disques organisés publiquement, interdictions de diffusion — une trentaine de stations en une semaine. Des organisations suprémacistes s’emparent de l’affaire. Des menaces de mort circulent. Le groupe doit partir en tournée deux semaines plus tard.


Août : l’album, l’incendie, la fin de la scène

5 août : Revolver

Le 5 août paraissent l’album Revolver, référencé PMC 7009 en mono et PCS 7009 en stéréo, et le single R 5493, second double face A de la discographie.

Quatorze titres. Trois de George Harrison — un record. Aucune reprise. Une chanson chantée par Ringo Starr qui deviendra une comptine universelle. Un octuor à cordes. Un titre entièrement indien. Une section de cuivres empruntée à la soul américaine. Un solo de guitare enregistré à l’envers. Une conclusion construite sur des boucles de bande.

L’album prend la première place et l’occupe sept semaines.

La pochette de Klaus Voormann

La couverture est due à Klaus Voormann, ami du groupe depuis Hambourg, devenu graphiste et musicien. Elle associe un dessin au trait des quatre visages et un collage de photographies découpées, dans une gamme de noir et blanc.

Le choix est significatif. Après une pochette photographique déformée l’année précédente, le groupe abandonne cette fois complètement le portrait de studio. On ne vend plus quatre visages : on vend un objet graphique.

Ce que change Revolver

Une formule permet de résumer la différence avec le disque précédent : l’album de 1965 était celui des décisions, celui de 1966 est celui des conséquences.

Tout ce que le groupe avait décidé à l’automne 1965 — s’accorder du temps, traiter le studio comme un instrument, refuser la contrainte de la reproductibilité scénique — est ici appliqué sans retenue. Le résultat est un disque dont pratiquement aucune plage n’est jouable par quatre musiciens sur une scène de 1966.

C’est la raison technique de ce qui va suivre. Le groupe part en tournée douze jours après la sortie d’un album dont il ne peut jouer aucun titre.

11 août : Chicago

Le 11 août, à l’hôtel Astor Tower de Chicago, John Lennon tient une conférence de presse consacrée à l’affaire de la phrase. Il explique le contexte de l’entretien, souligne qu’il constatait un état de fait sans s’en réjouir, et déclare que s’il avait comparé le groupe à la télévision plutôt qu’à une figure religieuse, personne n’aurait rien trouvé à redire.

Il exprime des regrets d’avoir ouvert la bouche. Il ne se rétracte pas sur le fond.

L’exercice suffit à désamorcer une partie de la mobilisation : certains bûchers annoncés sont annulés, plusieurs stations lèvent leur interdiction. La question reviendra pourtant à chaque conférence de presse de la tournée, jusqu’à l’exaspération visible des quatre.

12 au 28 août : la tournée

Dix-neuf représentations dans quatorze villes, du 12 au 29 août — dix-sept aux États-Unis, deux au Canada. Chicago, Detroit, Cleveland, Washington, Philadelphie, Toronto, Boston, Memphis, Cincinnati, Saint-Louis, New York, Seattle, Los Angeles, San Francisco.

Le climat est différent de celui des années précédentes. Les billets se vendent moins bien : le concert new-yorkais rassemble une dizaine de milliers de personnes de moins que l’année précédente. À Memphis, une détonation retentit pendant le concert — un pétard, mais les quatre musiciens se regardent, chacun cherchant qui vient d’être touché. À Cleveland, la foule envahit le terrain et le spectacle est interrompu. À Cincinnati, la scène installée en plein air sous un orage se révèle électriquement dangereuse et le concert est reporté au lendemain matin.

Le répertoire, enfin, dit tout. Onze titres, dont aucun de l’album qui vient de sortir. La seule nouveauté de l’année jouée sur scène est la face A du single de juin.

29 août : Candlestick Park

Le 29 août, à San Francisco, le groupe joue devant environ vingt-cinq mille personnes dans un stade qui peut en contenir bien davantage. Le froid est mordant, le vent violent.

Les quatre savent que c’est le dernier. Avant l’un des derniers titres, ils installent un appareil photographique sur un amplificateur, tournent le dos au public et se photographient — geste sans équivalent dans leur carrière scénique. McCartney a par ailleurs demandé à l’attaché de presse d’enregistrer le concert sur une cassette.

Onze chansons. La dernière est une reprise de rock and roll que le groupe joue depuis ses années de bals.

Précision : aucune annonce publique n’est faite, ni ce soir-là ni dans les semaines qui suivent. La décision est interne, connue des quatre et de leur entourage immédiat. Le public, lui, l’apprendra progressivement, par déduction, faute de nouvelle tournée annoncée.


Septembre et octobre : quatre trajectoires séparées

Pour la première fois depuis 1960, les quatre membres du groupe passent deux mois sans se voir ni travailler ensemble. Ce que chacun fait de cet automne mérite d’être suivi séparément.

Lennon en Espagne

Dès le début septembre, John Lennon part tourner un film de guerre satirique sous la direction du réalisateur de leurs deux longs métrages précédents. Le tournage se déroule en Allemagne puis en Espagne, dans la région d’Almería, jusqu’au début du mois de novembre.

Il y joue un rôle secondaire, sans musique, entouré d’acteurs professionnels — situation entièrement nouvelle pour lui. Deux conséquences durables en découlent.

La première est vestimentaire : le costume du personnage impose des lunettes rondes à monture métallique, modèle réglementaire de l’armée britannique. Lennon les conserve. Elles deviendront l’attribut le plus reconnaissable de son visage.

La seconde est musicale : dans l’ennui des journées d’attente sur le tournage, il écrit une chanson d’enfance et de mémoire, revenant sur un lieu de Liverpool. Il en enregistre des ébauches à la guitare acoustique sur place.

Harrison en Inde

Vers la mi-septembre, George Harrison part pour l’Inde avec sa femme. Il y reste environ six semaines, à Bombay principalement, où il étudie le sitar sous la direction de Ravi Shankar.

Il ne s’agit plus de curiosité. L’apprentissage est méthodique, quotidien, physiquement éprouvant — position assise, callosités, exercices élémentaires répétés pendant des heures par un homme qui est alors l’un des guitaristes les plus célèbres du monde. Il en rapporte aussi un intérêt pour la philosophie indienne qui structurera le reste de sa vie.

McCartney à Londres

Paul McCartney reste à Londres, poursuit sa fréquentation des milieux d’avant-garde, et accepte à l’automne une commande qui n’a rien à voir avec le groupe : écrire la musique d’un long métrage britannique.

Il compose les thèmes ; George Martin réalise les orchestrations et dirige l’enregistrement. C’est la première production discographique portant le nom d’un seul Beatle, séparément du groupe.

Il travaille également, dans les mêmes semaines, sur une idée de personnage et de costume qui donnera plus tard son cadre à un autre projet.

Starr en famille

Ringo Starr, lui, reste chez lui. Il rejoindra brièvement Lennon en Espagne. Son témoignage sur cette période est le plus lucide des quatre : il constate que le groupe n’existe plus comme organisation quotidienne, et il attend.


Novembre : les retrouvailles

9 novembre : une galerie de Londres

Le 9 novembre, John Lennon se rend à un avant-vernissage à l’Indica Gallery, à Londres, où expose une artiste japonaise établie à New York. Il y découvre des œuvres conceptuelles — une échelle, une loupe, un mot minuscule au plafond ; une pomme posée sur un socle ; un panneau demandant de planter un clou.

C’est ce soir-là qu’il rencontre Yoko Ono.

Note de datation : la date du 9 novembre est la plus généralement retenue, mais certaines sources donnent le 7 ou le 8. Il s’agissait d’une visite privée précédant l’ouverture au public.

24 novembre : le retour au studio

Le 24 novembre, les Beatles se retrouvent au studio deux d’Abbey Road. Ils n’ont pas de tournée à préparer, pas de film à accompagner, pas de date de sortie fixée, et pour la première fois de leur carrière, EMI ne leur impose aucun calendrier contraignant.

Le premier titre travaillé est la chanson écrite en Espagne. Il y sera consacré, sur plusieurs semaines, un nombre d’heures sans précédent — davantage que pour l’intégralité de leur premier album.

Ce qu’inaugure cette séance

Trois principes s’installent en novembre et décembre 1966, qui gouverneront tout le travail ultérieur.

Le premier est qu’une chanson peut être reconstruite entièrement plusieurs fois. Le titre commencé le 24 novembre existe successivement sous forme de démonstration acoustique, de version de groupe, puis de version orchestrée avec cuivres et violoncelles, dans une tonalité et à un tempo différents.

Le deuxième est qu’un montage peut réconcilier des états incompatibles : deux versions de tempos et de hauteurs distinctes peuvent être raccordées en modifiant la vitesse de défilement des bandes jusqu’à ce qu’elles coïncident approximativement.

Le troisième est que le temps de studio n’est plus une ressource comptée. Le groupe est devenu, en termes commerciaux, indispensable à sa maison de disques ; il en tire le seul privilège qui l’intéresse encore.


Décembre : une compilation, un disque de Noël, une chanson

9 décembre : A Collection of Beatles Oldies

Le 9 décembre paraît un album de compilation, référencé PMC 7016 et PCS 7016, rassemblant seize titres déjà publiés plus une reprise inédite au Royaume-Uni.

Il faut appeler ce disque par son nom : c’est un produit de circonstance. Le groupe n’ayant pas d’album neuf à proposer pour la période des fêtes, EMI comble le vide contractuel avec le catalogue existant. Les Beatles n’y sont pour rien, et n’en parleront jamais.

Son intérêt documentaire est réel malgré tout : il constitue la première tentative de constitution d’une anthologie de l’œuvre par la maison de disques elle-même.

16 décembre : le disque de Noël

Le 16 décembre, les adhérents du club officiel reçoivent le quatrième disque souple annuel. Le ton a encore changé : il ne s’agit plus de remerciements et de plaisanteries, mais d’une petite pièce absurde, avec chansons parodiques, personnages et fausse structure dramatique. La production autonome du groupe déborde désormais jusque dans ses cadeaux d’usage.

29 décembre : une seconde chanson d’enfance

Le 29 décembre commence l’enregistrement d’une seconde chanson consacrée à un lieu de l’enfance liverpuldienne, écrite par McCartney en réponse à celle de Lennon. Les deux titres formeront un couple.

L’année se referme donc en studio, sur un travail dont personne n’a fixé le terme.

Les rumeurs de séparation

Il faut enfin noter ce qui remplit la presse musicale à la fin de 1966 : la rumeur que les Beatles ont cessé d’exister. Elle est alimentée par des faits objectifs — aucun concert depuis quatre mois, aucun album neuf depuis août, quatre membres visiblement occupés ailleurs, un film tourné par l’un d’eux, un séjour indien pour un autre, une musique de film pour un troisième.

Les démentis sont tièdes et peu convaincants. Personne, à l’extérieur, ne sait ce qui se passe rue d’Abbey Road en décembre 1966.


Le bilan chiffré de l’année

Publications britanniques de 1966

Date Référence Format Titre
4 mars GEP 8948 EP Yesterday
10 juin Parlophone R 5452 Single «(double face A) «(compilation) A Collection of Beatles Oldies

Aucun album de titres neufs n’aura été publié entre le 5 août et la fin de l’année.

Les concerts de 1966

Période Lieu Représentations
1er mai Empire Pool de Wembley (dernière scène britannique) 1 passage de quatre titres
24–26 juin Munich, Essen, Hambourg 6
30 juin – 2 juillet Tokyo, Nippon Budokan 5
4 juillet Manille 2
12–29 août Amérique du Nord, 14 villes 19

Soit environ trente-trois représentations dans l’année — contre plusieurs centaines trois ans plus tôt.

Les chiffres qui résument l’année

Fait Chiffre
Interruption sans activité, en début d’année environ trois mois
Heures de studio pour l’album d’août de l’ordre de 300
Titres de l’album joués sur scène pendant la tournée américaine 0
Semaines de Revolver à la première place 7
Assistance au dernier concert, 29 août environ 25 000
Stations américaines ayant banni le groupe début août une trentaine
Semaines de studio en fin d’année sans date de sortie fixée 5

1966, l’année de la rupture : quatre basculements

La scène cesse d’être possible

Le point n’est pas seulement que les concerts étaient devenus désagréables. Il est qu’ils étaient devenus impossibles au sens technique : un disque construit sur des boucles de bande, un octuor à cordes, une section de cuivres et un solo enregistré à l’envers n’a aucune traduction scénique avec quatre musiciens et la sonorisation de 1966.

Le groupe s’est mis dans une position où il devait choisir entre continuer à jouer ce qu’il n’enregistrait plus, ou cesser de jouer. Il a choisi en août.

La parole devient un risque

Une phrase prononcée en février, publiée en mars sans conséquence, décontextualisée en juillet et devenue en août une affaire d’État : 1966 apprend au groupe que sa parole publique circule désormais hors de son contrôle, dans des contextes culturels qui ne sont pas les siens.

L’effet est immédiat sur la pratique des conférences de presse, qui deviennent défensives. Il est durable sur le rapport de Lennon aux médias, qu’il apprendra ensuite à utiliser plutôt qu’à subir.

L’unité se défait, puis se recompose autrement

L’automne 1966 est le premier moment où les quatre membres du groupe existent publiquement comme quatre individus distincts : un acteur en Espagne, un élève en Inde, un compositeur de musique de film à Londres, un homme chez lui.

Ils reviennent en novembre. Mais ce qui revient n’est plus tout à fait la même chose : ce n’est plus un groupe de scène qui enregistre entre deux tournées, c’est un atelier commun où quatre trajectoires convergent périodiquement.

Le studio cesse d’être un lieu et devient un moyen

Le fait le plus lourd de conséquences est peut-être le plus discret : à partir de la fin novembre 1966, les Beatles travaillent sans date de sortie. La contrainte qui structurait la production depuis 1962 — un album pour les fêtes, un pour l’été, un single tous les trois mois — a disparu.

Ce qui suivra en découle directement.


L’écriture en 1966 : la sortie du « je »

Trois sujets nouveaux d’un coup

Le changement d’écriture de 1966 est plus radical que celui de l’année précédente, et il est mesurable simplement : les sujets des chansons.

Sur l’album d’août figurent, entre autres, un pamphlet contre l’imposition sur le revenu, un portrait de femme solitaire mourant sans témoin, une réflexion sur l’ennui et le sommeil, une adaptation d’un manuel de méditation tibétaine, une déclaration d’amour à une substance, et une comptine maritime pour enfants.

Aucun de ces registres n’existait dans la production du groupe deux ans plus tôt. Le pronom d’adresse — « toi », « moi » — qui avait porté toute la production de 1963 et 1964 a presque entièrement disparu.

La troisième personne

Le déplacement décisif est le passage à la troisième personne. Une chanson peut désormais raconter quelqu’un d’autre.

Cela paraît évident aujourd’hui parce que la pop l’a intégré. En 1966, dans le format du single de trois minutes destiné à la radio, c’est une prise de risque commerciale réelle : le public ne peut plus s’identifier au narrateur, il doit regarder un personnage.

Le fait que la chanson la plus austère du disque — celle de l’octuor à cordes — soit sortie en single et ait pris la première place tranche la question : le public a suivi.

La satire entre dans le répertoire

L’autre nouveauté est le ton. Le titre d’ouverture de l’album est une satire fiscale écrite par Harrison, nommant explicitement les responsables politiques du moment. Le groupe qui, trois ans plus tôt, avait été soigneusement tenu à l’écart de toute prise de position s’autorise désormais l’attaque directe.

Cette libération de la parole publique se manifeste également hors du disque : au cours de la tournée américaine, les quatre membres du groupe expriment en conférence de presse leur opposition à la guerre du Viêt Nam. C’est la première position politique explicite de leur carrière, et elle contribue à l’hostilité rencontrée cet été-là.

Harrison à égalité

Trois compositions de George Harrison figurent sur l’album d’août — le maximum jamais atteint. L’une ouvre le disque.

Le déséquilibre avec le duo reste net en volume, mais l’écart de qualité s’est resserré, et Harrison dispose désormais d’un territoire propre que ni Lennon ni McCartney ne peuvent lui disputer. La question de la répartition des places sur les albums, jusque-là réglée par l’usage, va devenir un sujet.


L’envers du décor : la fin d’un modèle

Un manager sans fonction

L’arrêt des tournées, décidé en août, pose un problème dont personne ne parle publiquement en 1966 : il supprime l’essentiel du métier de Brian Epstein.

Le manager avait bâti son rôle sur la négociation des dates, l’organisation des déplacements, la protection du groupe en public et la gestion de son image. Un groupe qui n’apparaît plus nulle part n’a besoin d’aucune de ces compétences.

Les témoignages de l’entourage sur les derniers mois de 1966 convergent : Epstein traverse une période difficile, dans laquelle se mêlent l’épuisement des dernières tournées, l’humiliation de Manille, la fin d’une fonction et des problèmes personnels qu’il ne peut rendre publics. Il conserve la confiance des quatre, mais son utilité quotidienne s’est évaporée.

Le désastre philippin coûte cher

L’épisode de Manille n’est pas seulement traumatisant : il est financièrement calamiteux. Les recettes des deux concerts ont été largement absorbées par la taxe réclamée au dernier moment, et l’organisation locale n’a pas honoré ses engagements.

Plus largement, 1966 est l’année où le modèle économique de la tournée cesse d’être avantageux. Les cachets restent élevés, mais les frais explosent — sécurité, assurances, charters, personnel — tandis que la billetterie faiblit dans plusieurs villes américaines.

Ce qui remplace la scène

La question posée à l’automne 1966 est simple : de quoi vit un groupe qui ne joue plus ?

La réponse, expérimentée sans être théorisée, tient en trois mots : le disque, l’édition, le film. Les ventes d’albums sont désormais assez massives pour financer un temps de studio illimité ; le catalogue de chansons produit des revenus indépendants de toute activité scénique ; et les films promotionnels tournés en mai démontrent qu’on peut occuper les écrans du monde entier sans se déplacer.

Ce modèle — le groupe comme producteur de contenus plutôt que comme troupe itinérante — est inventé par les Beatles en 1966, par nécessité, et il gouverne encore une partie de l’industrie.

Le contrôle passe aux musiciens

Enfin, un rapport de force s’inverse discrètement. Tant que la production dépendait d’un calendrier de tournées, c’est le management qui arbitrait. À partir du moment où l’essentiel de l’activité se déroule en studio, sans échéance, ce sont les quatre musiciens qui décident du rythme, du contenu et du moment.

Aucune réunion n’a acté ce transfert. Il est simplement le résultat mécanique de l’arrêt des concerts.


Ce que 1966 fait au son du groupe

Toujours quatre pistes, mais autrement

Aucun magnétophone à huit pistes n’entre au studio en 1966. Tout est réalisé sur quatre pistes, avec la même console à lampes que les années précédentes.

Ce qui change n’est pas le matériel mais la méthode : le report d’une machine à l’autre devient une technique de composition et non un pis-aller, la vitesse de défilement est modifiée systématiquement, et les procédés interdits par le règlement sont appliqués avec l’accord tacite du producteur.

Les procédés apparus dans l’année

Six d’entre eux méritent d’être listés, parce qu’ils apparaissent tous entre avril et juin 1966 et qu’aucun n’existait auparavant dans la pratique du groupe.

Le doublage automatique de la voix, mis au point le 6 avril. La prise directe de la basse dans la console. L’usage d’un haut-parleur comme microphone de grave. La voix passée dans une cabine à haut-parleur tournant. Les boucles de bande fabriquées à domicile et mixées en direct. Et l’enregistrement de parties de guitare à l’envers, obtenu en retournant physiquement la bande.

Chacun résout un problème posé par une chanson. Aucun n’est une recherche gratuite.

La batterie change de nature

L’arrivée d’un ingénieur prêt à violer les distances de microphone réglementaires transforme le son de la batterie. Les fûts sont désormais captés de près, étouffés à l’intérieur, compressés fortement. L’instrument cesse d’être un fond rythmique pour devenir un élément de premier plan, présent physiquement.

Le mono reste la référence

Comme les années précédentes, le mono est le seul mixage réellement supervisé. Sur les disques de 1966, l’écart entre mono et stéréo devient d’ailleurs beaucoup plus important qu’auparavant : certains effets ne se comportent pas de la même manière dans les deux formats, et plusieurs plages présentent des différences audibles de durée, d’effets et d’équilibre.

Pour une écoute analytique de cette année-là, le mono n’est pas une préférence de collectionneur : c’est le document.


Correctifs factuels

1. La phrase de John Lennon sur le christianisme a provoqué un scandale en mars 1966. Faux. Publiée le 4 mars dans un quotidien londonien, elle n’a suscité aucune réaction notable au Royaume-Uni. Le scandale naît le 29 juillet, aux États-Unis, d’une reprise partielle placée en couverture d’un magazine pour adolescents.

2. Lennon s’est rétracté à Chicago le 11 août. À nuancer. Il a exprimé des regrets sur la formulation et sur le fait d’avoir abordé le sujet, en réaffirmant qu’il constatait un état de fait sans l’approuver. Ce n’est pas une rétractation sur le fond.

3. Les Beatles ont inventé le doublage automatique de la voix. Faux. Le procédé a été mis au point le 6 avril 1966 par Ken Townsend, ingénieur salarié d’EMI, en réponse à une demande du groupe.

4. Les sons d’oiseaux de « Tomorrow Never Knows » sont des enregistrements de mouettes. Faux. Ce sont des boucles de bande de guitare accélérées.

5. La pochette dite « du boucher » est une pochette des Beatles retirée du commerce. À préciser. Elle n’a jamais servi de couverture d’album au Royaume-Uni. L’affaire est strictement américaine et concerne un album de compilation assemblé par Capitol en juin 1966.

6. La contestation japonaise visait la moralité ou la musique du groupe. Faux. Elle était de nature nationaliste et portait sur l’usage d’une salle dédiée aux arts martiaux traditionnels pour un spectacle de musique occidentale.

7. Les Beatles ont refusé l’invitation du palais présidentiel philippin. Trop simple. Les récits divergent sur la transmission et la nature de l’invitation. Ce qui est établi, c’est l’absence du groupe au déjeuner, son exploitation par la télévision locale et la mise au ban qui a suivi.

8. L’album américain Revolver est le même disque que le britannique. Faux. La version publiée par Capitol comporte onze titres au lieu de quatorze : trois compositions de Lennon en ont été retirées et publiées en juin sur un album de compilation américain.

9. Le concert du 29 août 1966 a été annoncé comme le dernier. Non. La décision était interne. Aucune annonce publique n’a été faite, ni ce soir-là ni dans les semaines qui ont suivi.

10. A Collection of Beatles Oldies est un album des Beatles. À nuancer. C’est une compilation de circonstance assemblée par la maison de disques pour combler l’absence de nouveauté à Noël. Le groupe n’a pas participé à sa conception.

11. La rencontre de John Lennon et Yoko Ono est datée avec certitude. Non. Le 9 novembre est la date la plus généralement retenue, mais certaines sources donnent le 7 ou le 8. Il s’agissait d’un avant-vernissage privé.

12. Les lunettes rondes de Lennon sont un choix esthétique personnel de 1966. Indirectement. Elles proviennent du costume d’un personnage de film tourné à l’automne — un modèle réglementaire de l’armée britannique. Il les a ensuite conservées.


Janvier 1966

  • 1er Janvier 1966 : L’album « Rubber Soul » entre dans le hit des cent meilleures ventes de disques du magazine « Billboard.
  • 3 Janvier 1966 : Première diffusion du clip vidéo des Beatles « We Can Work It Out » et  » Day Tripper » aux Etats Unis, lors de l’émission « Hullabaloo.
  • 5 Janvier 1966 : Les Beatles sont aux studios « CTS Studios » de Londres, pour le mixage du concert du 15 Août 1965 du Shea Stadium pour les besoins d’un documentaire.
  • 8 Janvier 1966 : Le single « We Can Work It Out », est premier au classement Billboard.
  • 8 Janvier 1966 : John, George et Ringo assistent à une fête chez Mick Jagger.
  • 8 Janvier 1966 : L’album « Rubber Soul » des Beatles est premier des charts américains. Il y restera 6 semaines, et 56 semaines classé.
  • 13 Janvier 1966 : George et Patti passent la soirée avec Mick Jagger et Chrissie Shrimpton à la discothèque « Dolly’s Nightclub ».
  • 15 Janvier 1966 : We Can Work It Out est premier des charts américains pour la deuxième semaine.
  • 21 Janvier 1966 : George Harrison épouse Patricia (Patti) Boyd à la Mairie de Esher.
  • 22 Janvier 1966 : George et Patti donnent une conférence de presse et partent en Lune de Miel à La Barbade.
  • 27 Janvier 1966 : Publication en Suède du single « Michelle/Girl » (Parlophone).
  • 27 Janvier 1966 : Dépôt légal en France par EMI-Odeon, du super 45 tours MEO102 des Beatles contenant les titres : Michelle, Run for your Life, Drive my car, Girl.
  • 29 Janvier 1966 : Le single des Beatles « We Can Work It Out » est premier pour la troisième semaine dans les charts américains.
  • 31 Janvier 1966 : Publication du disque-reprise de Peter Sellers « A Hard day’s night/Help! » aux Etats unis.

Février 1966

  • 3 Février 1966 : Paul assiste à un concert de Stevie Wonder au Scotch St James.
  • 4 Février 1966 : Dépôt légal en France par Odeon-EMI, du 45 tours pour Juke-Boxes FOS 101 des Beatles contenant les titres : Michelle, Run For Your Life.
  • 7 Février 1966 : Publication du single « Nowhere Man/What Goes On ».
  • 10 Février 1966 : Woman par Peter & Gordon (composé par Paul sous le pseudonyme de Bernard Webb) entre à la 83ème place du hit-parade du magazine Billboard.
  • 21 Février 1966 : Publication aux Etats Unis du single des Beatles « Nowhere Man/What Goes On », qui restera dans les charts 9 semaines et atteindra la 3ème position.
  • 21 Février 1966 : Dépôt légal en France par EMI-Odeon, du super 45 tours MEO105 des Beatles contenant les titres : Yesterday, The Night Before, Act naturally, It’s only Love.
  • 24 Février 1966 : Dépôt légal en France par Odeon-EMI, du 45 tours pour Juke-Boxes FOS 102 des Beatles contenant les titres : You’ve gone to hide your love away, Yesterday.
  • 26 Février 1966 : Woman par Peter & Gordon (composé par Paul sous le pseudonyme de Bernard Webb) entre à la 47ème place des hit-parades anglais.
  • 28 Février 1966 : Le Cavern club, croulant sous les dettes, ferme ses portes.

Mars 1966

  • 1er Mars 1966 : Diffusion par la chaîne de télévision BBC I de l’émission « The Beatles At Shea Stadium » à laquelle assistent les Beatles.
  • 4 Mars 1966 : Publication aux Etats Unis du EP « Yesterday », qui comporte les titres suivants : »Yesterday », « Act Naturally », « You Like Me Too Much« , et « It’sOnly Love.
  • 4 Mars 1966 : Le « Evening Standard » publie pour la première fois un article de Maureen Cleave, dans lequel John parle de sa conception du Rock et de la religion.
  • 4 Mars 1966 : Dépôt légal en France par EMI-Odeon, du super 45 tours MEO106 des Beatles contenant les titres : No Reply, I’m a loser, Rock’n roll music, Eight days a week.
  • 4 Mars 1966 : Dépôt légal en France par Odeon-EMI, du 33 tours LSO 102 des Beatles qui est la ré-édition de l’album OSX 232.
  • 6 Mars 1966 : Une pétition de plus de 5000 signatures est envoyée au Premier Ministre britannique Harold Wilson pour demander la ré-ouverture du Cavern Club.
  • 10 Mars 1966 : Dépôt légal en France par Odeon-EMI, du 33 tours LSO 101 des Beatles qui est la ré-édition de l’album OSX 226.
  • 17 Mars 1966 : Dépôt légal en France par Odeon-EMI, du 45 tours pour Juke-Boxes FOS 103 des Beatles contenant les titres : We can Work it Out, Day tripper.
  • 17 Mars 1966 : Dépôt légal en France par Odeon-EMI, du 45 tours pour Juke-Boxes FOS 104 des Beatles contenant les titres : Girl, Drive my Car
  • 18 Mars 1966 : NEMS est obligé de confirmer que « Woman », la chanson interprétée par Peter & Gordon a bien été écrite par Paul McCartney sous le nom d’emprunt de Bernard Webb. Paul confie qu’il a choisi un pseudonyme pour voir si la chanson arriverait d’elle même à se classer dans les charts.
  • 21 Mars 1966 : Dépôt légal en France par EMI-Odeon, du super 45 tours MEO107 des Beatles contenant les titres : We can work it out, You won’t see me, Day tripper, Norwegian wood.
  • 24 Mars 1966 : Les Beatles assistent à la première du film « Alfie » à Londres.
  • 25 Mars 1966 : Sous la direction du photographe Robert Whitaker, les Beatles se prêtent à la session photos pour la réalisation de la couverture du disque américain « Yesterday and Today », avec les célèbres clichés « Butchers Cover ».
  • 25 Mars 1966 : Les Beatles donnent une interview à Tom Lodge pour Radio Caroline, interview publiée plus tard sur un disque intitulé « Sound of the Stars ».
  • 26 Mars 1966 : Drake’s Drum, le cheval de course offert par Paul à son père remporte la course d’Aintree à Liverpool, alors qu’il était donné perdant.
  • 28 Mars 1966 : George et Ringo assistent au concert de Roy Orbison au cinéma Grenada.
  • 31 Mars 1966 : 6 singles des Beatles occuppent les 6 premières place des charts singles australiens #1 « I Saw Her Standing There »; #2 « Love Me Do »; #3 « Roll over Beethoven »; #4 « All My Loving« ; #5 « She Loves You »; #6 « I Want to Hold Your Hand.

Avril 1966

  • 1er Avril 1966 : Paul et John visitent la galerie-librairie Indica. John y achète un exemplaire de « The Psychedelic Exprerience » de Timothy Leary et la nouvelle version du « Livre des Morts Tibetain ».
  • 6 Avril 1966 : Studio Three, EMI Studios, Londres La première session de ce qui allait devenir l’important album Revolver. C’était un ensemble d’enregistrements destinés à bouleverser le monde du rock et à changer à jamais le cours de la musique populaire. Et la chanson de clôture` Tomorrow Never Knows a été la première à être enregistrée. Quel début ! Il ne faut que trois prises – dont une de panne – pour enregistrer « Tomorrow Never Knows » (qui porte à ce moment-là le titre provisoire` Mark I), même si, par essence, l’enregistrement est aussi le résultat d’innombrables overdubs. Les Beatles ont passé cette séance de 20 heures à 1 h 15 du matin à enregistrer en trois prises l’étonnante piste rythmique de la chanson..
    La chanson « Tomorrow Never Knows » témoigne d’une progression musicale inégalée et de la volonté des Beatles d’observer les frontières avant de les transgresser.
    Il serait toutefois erroné de penser que les Beatles sont les seuls responsables de cet enregistrement remarquable, ou du caractère progressif qui caractérisera une grande partie de leur production future. George Martin était, comme toujours, un ingrédient essentiel du processus, toujours innovant lui-même, un chercheur infatigable de nouveaux sons et un traducteur volontaire des exigences souvent vagues des Beatles. Il est maintenant rejoint par l’ingénieur du son Geoff Emerick, promu pour remplacer Norman Smith. Bien qu’il’ ait été occasionnellement second ingénieur/opérateur de bande sur les sessions des Beatles depuis 1963, Emerick n’a que 20 ans et est aussi désireux et avide d’expérimenter de nouvelles techniques d’enregistrement que les Beatles. Le triumvirat Beatles-Martin- Emerick s’est immédiatement mis au diapason, produisant au cours des trois années suivantes certains des enregistrements les plus étonnants de la musique rock.
    Revolver annonce également la première utilisation de l’Artificial Double Tracking, inventé par l’ingénieur technique d’Abbey Road Ken Townsend directement à la demande des Beatles et désormais utilisé dans les studios du monde entier. L’ADT a épargné aux Beatles la corvée d’avoir à doubler manuellement leurs voix ou leurs instruments, un effet qu’ils recherchaient si souvent. Mais le site` Tomorrow Never Knows ne comportait pas seulement l’ADT – il présentait également des boucles de bande et des voix passées dans un haut-parleur Leslie.
    Les sons les plus frappants sur` Tomorrow Never Knows’ sont peut-être les boucles de bande – un effet obtenu par satu- ration de bande, en retirant la tête d’effacement d’une machine et en enregistrant encore et encore sur le même morceau de bande. Tous les Beatles possédaient des magnétophones Brennen et s’y adonnaient pendant leur temps libre – ce qui leur permettait de disposer de beaucoup moins de tournées et d’autres engagements qu’auparavant. Le bruit ressemblant à celui d’une mouette sur` Tomorrow Never Knows est en fait une guitare distordue, tandis que d’autres sons à peine reconnaissables comprennent une guitare accélérée et un verre à vin, tous joués simultanément dans la console de mixage à partir de magnétophones réquisitionnés dans tous les studios EMI.
    Tomorrow Never Knows » présentait également une voix de John Lennon qui ne ressemblait à aucune autre auparavant, car elle était alimentée par le circuit électronique d’un haut-parleur Leslie tournant (ainsi nommé d’après son inventeur, Donald J Leslie) à l’intérieur d’un orgue Hammond – une innovation technique conçue par l’équipe des Beatles, Martin et Emerick sur la base de la vision du compositeur Lennon’ de 4000 moines chantant en arrière-plan de sa chanson tandis qu’il chantait comme s’il était perché sur le plus haut sommet.
    Et tout cela moins de trois ans après « She Loves You’ « .
  • 7 Avril 1966 : Les Beatles sont au studio 3 d’Abbey Road. Alors que l’après-midi, de 14 h 30 à 19 h 15, est consacrée à la superposition de nombreux effets mentionnés ci-dessus sur la troisième prise de  » Tomorrow Never Knows « ‘ , la session du soir, de 20 h 15 à 13 h 30, voit les Beatles commencer à travailler sur le superbe  » Got To Get You Into My Life  » de Paul’ , inspiré de Tamla Motown, et enregistrer cinq prises. La chanson va subir de nombreux changements avant de se retrouver sur Revolver, les enregistrements se déroulant sporadiquement jusqu’au 17 juin. 
  • 8 Avril 1966 : Les Beatles sont au Studio 2 d’Abbey road. Travaillant de 14 h 30 à 21 h, les Beatles enregistrent trois autres prises de « Got To Get You Into My Life », perfectionnant la piste rythmique. La huitième est considérée comme la « meilleure » » , et sera plus tard doublée avec des voix, des guitares et les passages de cuivres caractéristiques de la chanson. 
  • 11 Avril 1966 : Les Beatles sont au Studio 2 d’Abbey Road.
    Après l’overdubbing des guitares sur  » Got To Get You Into My Life « , la première session de la journée, de 14h30 à 19h, voit George commencer l’enregistrement de  » Love You To « , sa première composition à saveur indienne. (Elle est d’abord sans titre, puis prend le titre provisoire de  » Granny Smith’ « , d’après la pomme qui ne devient  » Love You To  » que peu avant la date de sortie de l’album’ ).
    L’enregistrement est devenu progressivement plus complexe avec chacune des six prises, les trois premières étant enregistrées pendant l’après-midi, les trois suivantes de 20h00 à 00h45. La sixième est marquée « best »  » et comprend la guitare acoustique et la voix guide de George’ , la basse de Paul’ et des overdubs de sitar et de tabla. Bhagwat est crédité sur la pochette de Revolver en tant que joueur de tabla, mais il n’y a pas de crédit pour le joueur de sitar. Il se peut qu’il s’agisse de George lui-même, bien que des documents de session récemment découverts suggèrent que, comme Bhagwat, quelqu’un du Asian Music Circle au nord de Londres, fondé par un ami de George, Ayana Deva Angadi, a été recruté pour le rôle.
    Un mixage mono approximatif de l’enregistrement a été fait entre minuit. 45 et 1h00 du matin pour que George puisse l’emporter.
  • 13 Avril 1966 : Studio Three, EMI Studios, Londres. Deux sessions distinctes ce jour- là. De 14h30 à 18h30, la « Granny Smith’  » de George (« Love You To’ « ) a été complétée par la réduction de la prise six en prise sept et les ajouts ultérieurs d’une nouvelle voix principale de Harrison, du tambourin de Ringo’ et d’une voix d’harmonie occasionnelle de Paul (omise pendant le mixage).  Considéré comme complet, trois mixages mono et divers montages ont été réalisés avant la conclusion de 18h30. Indépendamment de l’album Revolver, qui sortira en août, les. Beatles sortent un nouveau single le vendredi 10 juin, avec deux chansons issues de ces sessions en cours. L’enregistrement de la face A, « Paperback Writer » de Paul  » , a commencé à 20 heures ce soir-là et s’est terminé, pour l’instant, à 2 h 30 du matin. Pendant ce temps, deux prises de la piste rythmique ont été faites, seule la seconde étant complète. Marquée « best »  » , elle a servi de plate-forme sur laquelle les overdubs du 14 avril ont été enregistrés.
  • 14 Avril 1966 : L’enregistrement de « Paperback Writer » a été achevé entre 14h30 et 19h30, avec de nombreux ajouts sur la deuxième prise de la nuit précédente, y compris la voix principale de Paul’ et la voix d’accompagnement du roman  » Frère Jacques » de John et George  » , évoquant des souvenirs de cours de français d’écoliers. L’enregistrement final a été mixé en mono entre 19h30 et 20h00. À 20 h 30, après une pause de 30 minutes, l’enregistrement de` Rain’ , qui sera la face B de’ Paperback Writer’ lors de sa sortie en juin, commence. Comme beaucoup d’enregistrements de l’ère Revolver, « Rain » est rempli de toutes les dernières avancées technologiques : limiteurs, compresseurs, boîtes à jangle, haut-parleurs Leslie, ADT, bandes jouées à l’envers, machines tournant délibérément plus vite ou plus lentement que d’habitude, et voix à vitesse variable. À la fin de la session, à 1 h 30 du matin, les Beatles ont effectué cinq passages pour compléter une piste rythmique et vocale. La chanson sera complétée lors de la session suivante.
  • 16 Avril 1966 : Les Beatles sont au studio 2 d’Abbey Road . Onze heures ininterrompues, de 14h30 à 1h30 du matin, à terminer ‘Rain’, à ajouter du tambourin, de la basse et plus de voix, puis à faire des réductions de bande à bande pour ajouter encore plus d’overdub. Quatre mixages mono, le troisième marqué « meilleur », ont été produits à la fin de la session. (`Rain’ a été mixé pour la première fois en stéréo le 2 décembre 1969).  
  • 17 Avril 1966 : Les Beatles sont au studio 2 d’Abbey Road. Lors d’une session de 14h30 à 22h30, les Beatles enregistrent en sept prises la piste de base de la nouvelle composition de John` Doctor Robert‘ , écrite à propos d’un certain médecin new- yorkais qui aurait administré des drogues hallucinogènes à des amis dans son cabinet de Manhattan.  
  • 18 Avril 1966 : La Cavern, mise en faillite est vendue par un liquidateur judiciaire .
  • 18 Avril 1966 : Publication de l’album « Cilla Sings A Rainbow » de Cilla Black, produit par George Martin, et distribué par Parlophone Records, sous la référence PMC/PCS 7004 (Mono/Stereo).
  • 18 Avril 1966 : John et George assistent au concert des Lovin’ Spoonful au Marquee.
  • 19 Avril 1966 : Les Beatles sont au studio 2 d’Abbey Road. Docteur Robert  » a été complété par des overdubs vocaux sur la prise sept et, à la fin de la session de 14h30 à 12h00, par des mixages bruts en mono.  
  • 20 Avril 1966 : Les Beatles sont au Studio 2 d’Abbey Road. Deux nouvelles chansons ont été entamées lors de cette session de 14h30 à 2h30 du matin, mais toutes deux seront refaites pour la sortie du disque. La part du lion’ s des 12 heures a été consacrée à « And Your Bird Can Sing » de John’ , enregistrant deux prises et ensuite, considérant qu’elle était complète, produisant des mixages mono de la meilleure »  » , prise deux. Cependant, une nouvelle prise a été enregistrée le 26 avril.
    Quatre prises de répétition de la piste rythmique de « Taxman » de George ont été enregistrées vers la fin de la session, mais l’enregistrement a recommencé le lendemain.
  • 21 Avril 1966 : Les Beatles sont au studio 2 d’Abbey Road. Le merveilleux sardonique « Taxman » de George’ a été pratiquement achevé lors d’une séance de 14h30 à 12h30, au cours de laquelle les Beatles ont enregistré 11 prises de la piste rythmique, puis se sont attelés à l’overdubbing sur la dernière d’entre elles. À la fin, il ne manquait à la chanson que le décompte parlé de la version finale’ , le refrain « Mister Wilson, Mister Heath » qui a fait connaître les deux hommes politiques les plus importants de Grande-Bretagne’ dans le monde entier, une cloche de vache et le solo de guitare caractéristique de l’outro. (Ce solo était en fait une copie du morceau du milieu, monté à  la fin de la chanson lors de la phase finale de mixage mono et stéréo le mardi 21 juin).  
  • 22 Avril 1966 : Les Beatles sont au studio 2 d’Abbey Road. Une session de 14 h 30 à 23 h 30 à Abbey Road qui a permis d’effectuer d’autres overdubs sur  » Taxman « , une cloche de vache et les parties  » Mister Wilson, Mister Heath «  » , ainsi qu’une sitar et un overdub vocal sur  » Tomorrow Never Knows « , toujours intitulé  » Mark I  » à cette époque 
  • 25 Avril 1966 : Deux mixages bruts en mono de ‘Got To Get You Into My Life’, sans écho ni présence des Beatles’ , ont été réalisés ce jour-là chez EMI, de 10h00 à 11h00, dans le but de couper des acétates.
  • 26 Avril 1966 : Les Beatles sont au Studio 2 de EMI. Réservés de 14h30 à 17h30 et de 19h à 22h, les Beatles se sont investis à fond dans la reprise du jour de « And Your Bird Can Sing » de John, travaillant sans interruption de 14h30 à 2h45 le lendemain matin. 45 le lendemain matin. Ils ont enregistré 11 autres prises de la chanson’ et ont fait des overdubs sur ce qu’ils considéraient être la « meilleure » de ces prises, la prise dix. (Un mélange intéressant de vamping de la guitare principale et de notes de guitare basse de Paul’ terminait la chanson, et la meilleure version de cette section se trouvait dans la prise six, de sorte que les mixages futurs combinaient les deux éléments).  
  • 27 Avril 1966 : Les Beatles sont au studio 3 de EMI. Le fait que les Beatles commencent non seulement à assister aux sessions de mixage, mais aussi à faire sentir leur présence, ressort clairement de la documentation du studio de ce jour. Un mixage de « Taxman », un de « And Your Bird Can Sing » et neuf de « Tomorrow Never Knows » ont été réalisés entre 18h00 et 23h30, mais aucun n’a été utilisé pour l’album final.
    Entre 23 h 30 et 3 h du matin, les Beatles ont commencé à travailler sur une nouvelle chanson, la rêveuse « I’m Only Sleeping » de John’ , en enregistrant 11 prises d’une piste de base essentiellement acoustique. Des overdubs sont ajoutés le 29 avril et les 5 et 6 mai.
  • 28 Avril 1966 : Les Beatles sont au studio 3 d’EMI. Elle aussi était inspirée et belle. Elle aussi (à l’exception des chœurs) ne mettait en scène que Paul et des musiciens de session extérieurs, aucun autre Beatles. Il a également été arrangé par George Martin (pour lequel il a reçu une rémunération de 15 £). Mais les comparaisons s’arrêtent là. Eleanor Rigby » n’était certainement pas une simple reprise de « Yesterday ».
    Au cours de cette longue session, de 17 heures à 2 heures du matin, la base de la chanson – sa section de cordes – a été enregistrée. Paul et John se sont assis  dans la salle de contrôle du studio deux, menant leurs   conversations avec George Martin via le système de talkback, George étant au sol du studio et dirigeant les musiciens. Ils étaient huit cette fois-ci – un double quatuor à cordes. Tony Gilbert était le premier violon, dirigeant Sidney Sax, John Sharpe et Jurgen Hess, les altos étaient joués par Stephen Shingles et John Underwood et les violoncellistes étaient Derek Simpson et Norman Jones.
    Les huit instruments ont été enregistrés sur les quatre pistes de la bande, à raison de deux par piste, de sorte que le dernier travail de la journée a consisté à transférer la « meilleure » et dernière prise, la 14, sur la 15, libérant ainsi de l’espace pour un overdub de la voix principale de Paul et des harmonies vocales occasionnelles de John et George.
  • 28 Avril 1966 : Dépôt légal en France par EMI-Odeon, du super 45 tours MEO108 des Beatles contenant les titres : Ticket to ride; Baby’s in black, I don’t want to spoil the Party, Yes it is.
  • 28 Avril 1966 : Dépôt légal en France par Odeon-EMI, du 33 tours LSO 103 des Beatles qui est la ré-édition de l’album OSX 225
  • 29 Avril 1966 : Les Beatles sont au studio 3 d’EMI. L’overdubbing vocal sur « Eleanor Rigby’  » a été la tâche principale de cette session de 17h00 à 1h00, après quoi l’enregistrement a été considéré comme complet et mixé en mono (un autre overdub le 6 juin a rendu ce mixage superflu, cependant, et un nouveau a été fait le 22 juin pour l’inclure sur le LP). Après ce travail, John a ajouté sa voix principale sur la chanson « I’m Only Sleeping » déjà enregistrée, la première de trois sessions d’overdub pour cette chanson.

Mai 1966

  • 1er Mai 1966 :  Empire Pool, Wembley.  Une quatrième et dernière apparition au New Musical Express Annual Poll-Winners’ All-Star Concert, cette fois la version 1965-66, jouée devant un public de 10 000 personnes. en ce dimanche après-midi. Il s’agit également du dernier concert des Beatles en Grande- Bretagne, une courte série de concerts au cours desquels ils ontdonné »IFeelFine »‘ , » Nowhere Man « ,  » Day Tripper « ‘ ,  » If I Needed Someone  » et  » I’m Down  » . Comme en 1964/1965, les concerts ont été filmés par la télévision ABC, mais les caméras ont été éteintes pour les Beatles’ et les Rolling Stones’ en raison de désaccords contractuels entre ABC et les managers respectifs. Les caméras ont enregistré Ces images ont été incluses dans le deuxième des deux programmes de 70 minutes d’ABC, intitulé Poll Winners Concert, diffusé par certaines sociétés d’ITV le dimanche 15 mai, de 15 h 50 à 17 h 00. En raison de l’omission des Beatles et, dans une moindre mesure, des Rolling Stones, un certain nombre de régions d’ITV – dont Londres – n’ont pas diffusé ces programmes.
  • 2 Mai 1966 : Théâtre Playhouse, Londres . Enregistrements de discours pour la radio de la BBC. Le premier point à l’ordre du jour était une interview de groupe avec Brian Matthew pour inclusion dans l’édition de célébration du 400ème de Saturday Club, diffusée de 10h00 à 12h00 le 4 juin par le BBC Light Programme. Enregistré au Playhouse Theatre à partir de 17 heures, le groupe a discuté de l’album en préparation, de la tournée de concerts en Amérique du Nord qui débutera en août, et a esquivé les questions relatives à son profil public moins important. Un extrait de 32 secondes ouvrait le programme, une section beaucoup plus longue (3 minutes 34 secondes) apparaissait entre 10h30 et 11h00, puis deux autres extraits apparaissaient de 11h31 à 11h59 dans la section diffusée simultanément par le Playhouse Theatre.59 heures, dans la section diffusée simultanément par le BBC World Service : un morceau de 1 minute 24 secondes et un adieu de 35 secondes dans lequel le groupe a joué l’air du thème de l’émission` Saturday Jump’ , suivi de la version sur disque de Tony Osborne and his Jazz Group’ (Dans l’édition du jour de Noël 1965, les Beatles avaient également « chanté’ ce thème – voir le 29 novembre 1965).
    Une fois l’activité de groupe terminée, Paul et Ringo sont restés pour être à nouveau interviewés par Matthew, maisindividuellement cette fois 6 et pour le programme Pop Profile, produit par le service de transcription de la BBC uniquement pour la vente à l’étranger – la même série pour laquelle George et John avaient été interviewés le 30 novembre 1965. L’interview de Ringo a commencé à 17 h 02, celle de Paul à 17 h 30 (à l’origine, ils avaient été programmés pour faire ces interviews aux studios EMI dans l’après-midi du 29 avril). Les deux interviews duraient environ 15 minutes, mais ont ensuite été réduites à huit minutes, ce qui – avec la signature musicale de Pop Profile – a permis de créer des programmes de neuf minutes qui ont été postés dans le monde entier aux stations abonnées dans le courant du mois sous forme de disques de sept pouces.
  • 5 Mai 1966 : Les Beatles sont au studio 3 d’Abbey Road. Typiquement, lorsque les Beatles ont décidé d’orner la onzième prise de « I’m Only Sleeping » avec le son de guitares à l’envers, ils ont choisi de le faire de la manière la plus difficile, en élaborant une séquence agréable de notes, puis en les jouant dans l’ordre inverse, de sorte que, bien que le son ait toujours l’attrait auditif d’une bande à l’ envers, le résultat était une course mélodique, sonnant vers l’avant. George Harrison a passé cette session de 21h30 à 3h00 du matin à faire cet exercice, et pas une mais deux fois, les deux solos étant superposés l’un sur l’autre. 
  • 5 Mai 1966 : Dépôt légal en France par EMI-Odeon, du super 45 tours MEO112 des Beatles contenant les titres : I want to hold your hand, It won’t be long, I wanna be your man, Till there was you.
  • 6 Mai 1966 : Les Beatles sont au studio 2 d’Abbey Road. Cette session de 14h30 à 1h du matin a été occupée par d’autres ajouts de voix sur « I’m Only Sleeping », puis par un mixage de réduction de la prise 11 à la prise 13 (créant de l’espace pour d’autres sons). De là jusqu’à 2h15 du matin, l’enregistrement a été mixé en mono. 
  • 6 Mai 1966 : Les Beatles travaillent sur la chanson « I’m Only Sleeping » depuis le studio 2 d’Abbey Road.
  • 9 Mai 1966 : Les Beatles sont au studio 2 d’Abbey road . Dix prises de piano et de batterie d’une autre ballade de Paul McCartney superbement réalisée, « For No One« , ont constitué la base de cette session de 19h00 à 23h00. Paul a ensuite ajouté une piste de clavicorde (l’instrument a été loué, pour un coût de cinq guinées, à la compagnie AIR de George Martin) et Ringo a ajouté des cymbales et un maraca sur la dixième prise. John et George n’ont joué aucun rôle dans l’enregistrement de « For No One ». Paul a ajouté sa voix principale en tant qu’overdub le 16 mai et le beau solo de cor français de la chanson a été enregistré trois jours plus tard.
  • 12 Mai 1966 : En faisant de Help ! un album des Beatles de sept chansons et en réduisant Rubber Soul à 12 chansons (dont deux réfugiées du LP britannique Help !), Capitol Records avait, en 1966, presque assez de matériel pour compiler un nouvel album de chansons inédites aux États-Unis jusqu’alors. Il y en avait huit de disponibles, trois de plus seraient idéaux, donc une demande a été faite pour que trois des nouveaux enregistrements de Revolver soient envoyés à l’étranger pour une sortie quelques mois plus tôt que prévu. La réponse a été positive et  les mixages mono et les montages réalisés entre 13h45 et 15h30 ce jour-là, de ‘Doctor Robert’, ‘I’ m Only Sleeping’ et ‘And Your Bird Can Sing’ , ont été faits dans ce but. (Les
    mixages stéréo ont été préparés le 20 mai’). « Yesterday …And Today » a été publié par Capitol le lundi 20 juin, mais ces trois chansons ont ensuite été mixées à nouveau pour le LP britannique Revolver, ce qui a entraîné de légères différences entre les deux ensembles. 
  • 12 Mai 1966 : Dépôt légal en France par EMI-Odeon, du super 45 tours MEO113 des Beatles contenant les titres : Help ! / Mr Moonlight, I’m down, I’ll follow The Sun.
  • 14 Mai 1966 : Le magazine Melody maker révèle des les Beatles ont vendu plus d’un million de disques au Danemark.
  • 15 Mai 1966 : Diffusion par la chaîne de télévision ABC de l’émission « Poli Winners Concert » à laquelle assistent les Beatles.
  • 16 Mai 1966 : Les Beatles sont au studio 2 d’Abbey Road. Une longue journée (14h30-1h30) d’overdubs, de mixage et, dans le but d’assembler une bande maîtresse, de copier certains des meilleurs mixages à ce jour. Taxman  » a reçu son dernier ingrédient (l’intro  » One, two, three, four »  » ) et a ensuite été mixé en mono, et Paul a enregistré sa voix principale sur  » For No One « . .
  • 18 Mai 1966 : Les Beatles sont au studio 2 d’Abbey Road. Douze heures bien remplies, de 14h30 à 2h30 du matin, ont permis d’achever l’enregistrement de « Got To Get You Into My Life », commencé le 7 avril (à l’exception d’un dernier overdub mineur le 17 juin). C’est au cours de cette session que l’enregistrement a reçu son son de cuivres distinctif, doublé sur la huitième prise par Eddie Thornton (trompette Super-olds) et Peter Coe (sax ténor), tous deux membres des Blue Flames de Georgie Fame, et trois indépendants, lan Hamer et Les Condon (trompettes) et Alan Branscombe (sax ténor). Chaque homme a reçu 18 £ pour sa contribution et, comme les détails de la session ont été publiés dans la presse musicale hebdomadaire, une bonne quantité de travail supplémentaire de la part d’autres artistes.
    La bande quatre pistes est maintenant pleine, mais les voix enregistrées précédemment sont jugées inadaptées et sont retirées lors d’une réduction de bande à bande qui crée la prise neuf. Paul y a ajouté une nouvelle voix principale, soutenue par John et George, et des guitares ont également été superposées. Deux mixages mono ont été réalisés à la fin de la session.
  • 19 Mai 1966 : Session de tournage du video-clip « Paperback Writer » et « Rain ».
  • 19 Mai 1966 : Les Beatles travaillent sur la chanson « For No One » au studio 3 d’Abbey Road.
  • 20 Mai 1966 : Fin de tournage des clips des chansons « Paperback Writer » et « Rain ».
  • 20 Mai 1966 : John Lennon, Cynthia assistent à une fête en compagnie de Mick Jagger.
  • 20 Mai 1966 : Publication aux Etats Unis du 45 T. « Papperback Writer / Rain ».
  • 21 Mai 1966 : John, Mick Jagger et Cynthia se rendent au marché aux puces de Portobello Road.
  • 23 Mai 1966 : Publication aux Etats Unis du single des Beatles « Paperback Writer/Rain ».
  • 26 Mai 1966 : Les Beatles sont au studio 3 d’Abbey road. Écrite principalement par Paul pour plaire aux enfants de tous âges,  » Yellow Submarine »‘ compte parmi les enregistrements les plus célèbres des Beatles, publiés non seulement sur Revolver mais aussi e n tant que single numéro un simultané. L’enregistrement de la piste de base, plus le chant principal de Ringo et les chœurs de John, Paul et George’ , a été effectué au cours de cette séance de 19h00 à 1h00 du matin, qui a permis d’enregistrer la chanson de la première à la cinquième prise. Se remettant ailleurs d’une intoxication alimentaire, George Martin ne participe pas à la session, qui est supervisée en son absence par l’ingénieur Geoff Emerick (bien que George ait envoyé sa fiancée Judy Lockhart-Smith pour répondre aux besoins du studio des Beatles).
  • 27 Mai 1966 : John Lennon et George Harrison assistent au concert de Bob Dylan au Royal Albert Hall de Londres.  Le passage de l’ère « innocente »  » de la musique pop au rock savant contrôlé par les artistes a été bien illustré par une longue séquence filmée ce jour-là impliquant Bob Dylan et John Lennon.
    Dylan est en Grande-Bretagne pour une tournée de concerts mémorable, celle où il a fait fi de son image et de son public folklorique en jouant un concert électrique soutenu par The Band. En fait, c’est ce soir-là que la tournée arrive au Royal Albert Hall de Londres, John et George acclamant Dylan au milieu d’un public hargneux.  Plus tôt ce jour-là, Dylan et Lennon ont été  filmés à l’arrière d’une limousine avec chauffeur, se rendant dans le centre de Londres – au May Fair Hotel de Stratton Street – depuis la maison de John’ à Weybridge, dans le Surrey. Sans script et sans direction apparente autre que celle de se faire entendre, la pièce était longue, incohérente et incompréhensible, aggravée par le fait que Dylan (et peut- être John aussi, mais pas autant) était manifestement bien sous l’influence de la drogue. Après avoir marmonné beaucoup de charabia défoncé, Dylan a soudainement annoncé qu’il se sentait mal et qu’il avait besoin de vomir. La voiture avait atteint Park Lane à ce moment-là et, vraisemblablement, il a pu s’acquitter de cette tâche dans l’intimité de sa suite d’hôtel.
    La séquence devait faire partie de Eat The Document, une chronique de la dernière tournée européenne de Dylan, dont il avait confié la réalisation à D A Pennehaker. La chaîne de télévision américaine ABC a avancé de l’argent à Dylan mais il a gardé le contrôle artistique, supervisant le montage du film de retour aux États-Unis avec l’aide de Robbie Robertson du groupe The Band. Mais une mauvaise expérience en entraînant une autre, ABC rejette le premier montage, puis Dylan a son fameux accident de moto, à la suite duquel Eat The Document tombe en poussière. En dehors d’une projection d’une semaine dans un petit cinéma de New York en 1969, et d’une seule diffusion sur WNDT-TV, la chaîne éducative de New York, il reste inédit à ce jour. Dans le film « fini », la longue séquence Lennon/Dylan aurait été réduite à seulement deux ou trois minutes.
    Pour son usage strictement privé, D.A. Pennehaker a transformé certaines de ces séquences européennes en un film intitulé « You know Something Is Happening » (Vous savez que quelque chose se passe), qui comprend environ six minutes de séquences en voiture, mais qui n’a jamais été diffusé publiquement.
  • 28 Mai 1966 : Les Beatles rendent visite à Bob Dylan qui séjourne au May Fair Hotel de Londres.
  • 30 Mai 1966 : Publication aux Etats Unis du 45 T. « Papperback Writer / Rain ».

Juin 1966

  • 1er Juin 1966 : Les Beatles rajoutent des effets sonores sur la chanson « Yellow Submarine ».
    ‘Les sessions d’enregistrement ne sont jamais aussi inhabituelles que celle-ci : les overdubs des effets sonores de « Yellow Submarine »‘ . Travaillant de 14 h 30 à 2 h 30 du matin, les Beatles et une foule d’assistants se sont amusés comme des petits fous à faire toutes sortes de bruits qui, sur la bande multipiste, ont été entendus pendant toute la durée de la chanson (alors que, pour la sortie du disque, les effets n’étaient audibles qu’à certains endroits).
    John soufflait des bulles dans un seau et criait des choses comme « Full speed ahead Mister Captain » depuis l’intérieur de la chambre d’écho adjacente au studio deux, et Brian Jones, Marianne Faithfull, Pattie, la femme de George’ , George Martin, les assistants des Beatles Neil Aspinall et Mal Evans, les autres Beatles, et les membres du personnel d’Abbey Road John Skinner et Terry Condon, se sont tous joints à la fête, en faisant des bruits et en prêtant leur voix aux refrains de plus en plus rauques de la chanson . Une fois l’enregistrement terminé, Mal Evans a fait le tour du studio en portant une énorme grosse caisse sur la poitrine, avec tous les autres en ligne derrière lui, à la manière d’une conga, en chantant « We all live in a yellow submarine » « .
    Ironiquement, l’un des overdubs les plus remarquables – celui qui a pris le plus de temps à planifier et à enregistrer – n’a jamais figuré sur le disque fini. Il s’agissait d’un passage parlé par Ringo pour le début de la chanson, fondu dans l’acoustique intro à la guitare et d’une durée de 31 secondes. Il se composait d’au moins quatre enregistrements distincts, dominés par la voix parlante de Ringo, mais avec George, Paul et John parlant tous de la même façon, mélangés en un seul mélange, le thème de la leçon étant la marche de Land’ s End à John 0 ‘ Groats (de la pointe sud-ouest de l’Angleterre à la pointe nord-est de l’Ecosse) – » And we will march to free the day to see them gathered there, from Land 0 ‘ Groats to John 0 ‘ Green, from Stepney to Utrecht, to see a yellow submarine. » Sous la voix de Ringo’ , alors qu’il répétait ces mots, on entendait le son des pieds qui marchent (obtenu en mettant du charbon dans une boîte en carton et en la faisant glisser d’un côté à l’autre). Il s’agissait d’une surimpression fascinante, fruit d’un effort considérable, mais les Beatles ont choisi de l’écarter.
  • 1er Juin 1966 : George assiste au concert de Ravi Shankar au Royal Albert Hall.
  • 2 Juin 1966 : En obtenant un nombre sans précédent de trois compositions sur un album de 14 chansons des Beatles, George avait des problèmes avec ses titres. Ce qui allait finalement devenir  » Love You To « , titre qui n’est pas mentionné dans les paroles, avait pour nom de travail  » Granny Smith « , d’après la marque de pomme. Maintenant, pour la chanson’ I Want To Tell You‘ , le problème se pose à nouveau. George Martin a demandé le titre à George Harrison, qui a répondu « Je ne sais pas’  » (c’est pour cette raison qu’elle a été appelée ainsi pendant u n bref moment) et Geoff Emerick a été chargé de doubler la nouvelle chanson’ Laxton’s Superb’ , une autre variété de pomme britannique. Ce n’est que plus tard qu’elle est devenue’ I Want To Tell You’ .
    Hormis la production d’un mixage mono approximatif de « Yellow Submarine », toute cette session de 19h00 à 3h30 a été consacrée à l’enregistrement de « Laxton’s Superb’ « , à l’enregistrement de la piste rythmique en cinq prises, à l’overdubbing sur la troisième de ces prises et à la réalisation d’un mixage de réduction, appelé prise quatre, afin de faciliter un nouvel overdubbing la nuit suivante.
  • 2 Juin 1966 : Le magazine américain « Disc » publie en exclusivité la couverture du prochain LP des Beatles « Yesterday and Today », dite « The Butchers Cover ».
  • 3 Juin 1966 :Le dernier overdub sur ce qui allait s’intituler  » I Want To Tell You  » était la guitare basse de Paul (l’enregistrement de la basse séparément, sur une piste libre du quatre pistes, permettait une meilleure manipulation de son son lors du mixage). Quatre mixages mono de cette chanson et cinq de « Yellow Submarine » concluent ce projet. Session de 19h00 à 14h30.
  • 3 Juin 1966 : Publication en Suède du single des Beatles « Paperback Writer/Rain ».
  • 4 Juin 1966 : Diffusion de l’émission  » Saturday Club  » par la radio  » BBC Light  » à laquelle les Beatles participent.
  • 5 Juin 1966 : Première diffusion des films promotionnels « Paperback Writer » et « Rain » sur NBC TV.
  • 6 Juin 1966 : Copie de bandes et mixage mono de  » And Your Bird Can Sing « ,  » For No One’ « ,  » I’m Only Sleeping  » et’ Tomorrow Never Knows « , effectués de 19h00 à 12h00, et un dernier overdub vocal par Paul sur  » Eleanor Rigby « , de minuit à 1h30.
  • 8 Juin 1966 : L’un des enregistrements les plus rapides de Revolver est celui de Paul,’ Good Day Sunshine, dans la mesure où la version publiée est la première prise, bien qu’elle comporte de nombreux overdubs et ne peut en aucun cas être comparée aux enregistrements en une seule prise de 1963 et 1964. En fait, le groupe a enregistré trois prises de la piste rythmique au cours de cette séancede14 h 30à2h30dumatin,maisilest revenu à la première pour ajouter la voix principale de Paul’ et les chœurs de John et George. D’autres overdubs seront également enregistrés le 9 juin. Ce jour-là, le travail avait commencé lorsque Geoff Emerick a édité ensemble deux des mono mixes du lundi de And Your Bird in Sing’ , clone de 13h00 à 14h00. 
  • 9 Juin 1966 : Une session de 14 h 30 à 20 h a permis de terminer ‘Good Day Sunshine’ avec des ajouts tels que le solo de piano honky-tonk de George Martin’ . Six mixages mono ont conclu la soirée, deux heures avant l’heure de fin prévue à 22 heures.
  • 9 Juin 1966 : L’émission britannique « Top Of The Pops » diffuse le film promo des Beatles « Rain ».
  • 9 Juin 1966 : Dépôt légal en France par EMI-Odeon, du super 45 tours MEO116 des Beatles contenant les titres : Another Girl, I need you, The Night Before, Your gonna lose that girl.
  • 9 Juin 1966 : Dépôt légal en France par Odeon-EMI, du 33 tours LSO 104 des Beatles qui est la ré-édition de l’album OSX 230.
  • 10 Juin 1966 : Publication du 45 T. « Paperback Writer / Rain » en Angleterre.
  • 13 Juin 1966 : Publication en Suède de l’album des Beatles « The Beatles Second Album ».
  • 13 Juin 1966 : Publication en Suède de l’album des Beatles « Beatles VI ».
  • 14 Juin 1966 : Paul s’était déjà montré capable d’écrire de belles ballades, et elles sont rarement meilleures que cette magnifique chanson, « Here, There And Everywhere », dont l’enregistrement s’est étalé sur trois jours. Quatre prises de pistes rythmiques ont été enregistrées lors de cette première session, de 19h à 2h du matin, dont seule la dernière était complète, et les premiers overdubs vocaux ont ensuite été appliqués.
  • 15 Juin 1966 : Publication aux Etats Unis de l’album « Yesterday and Today ».
  • 16 Juin 1966 : Retrait des magasins américains du disque des Beatles « Yesterday and Today », à cause de la pochette si connue « The Butchers cover » .
  • 16 Juin 1966 : Avant d’embarquer pour leur « World Tour » les Beatles sont vaccinés contre le choléra.
  • 16 Juin 1966 : Le producteur de Top Of The Pops, Johnnie Stewart, était un homme patient. Pendant les deux ans et demi d’existence de l’émission, au cours desquels elle avait facilement atteint le statut de premier plan parmi les émissions pop télévisées de Grande- Bretagne’ , et malgré toutes leurs visites dans les studios de Thank Your Lucky Stars et Ready, Steady, Go ! sans parler du Ed Sullivan Show aux Etats-Unis, les Beatles n’avaient jamais fait d’apparition en direct. Il est vrai qu’à l’origine, les caméras de TOTP avaient enregistré des performances exclusives du groupe dans les studios de la BBC, mais ces derniers temps, à chaque nouveau single, l’émission avait l’impression de se faire avoir par un clip produit indépendamment. Ainsi, le lundi 13 juin, Stewart écrit à Brian Epstein, le suppliant de persuader les Beatles de faire une apparition personnelle dans l’édition du jeudi suivant. Pour des raisons inconnues, quand Epstein leur a fait la proposition pLors de la session « Here, There And Everywhere » du mardi, les Beatles ont dit oui.
    Ironiquement, ce n’était pas seulement la première apparition personnelle du groupe dans l’émission, ni la première devant un public de télévision depuis dix mois, c’était aussi (à l’exception de la transmission mondiale unique de « All You Need Is Lov e » le 25 juin 1967) leur dernière apparition musicale en direct à la télévision, et certainement leur dernière dans une émission pop reconnue. Johnnie Stewart n’aurait jamais pu jouer une meilleure main gagnante.
    Les Beatles arrivent au centre de télévision de la BBC à White City, dans l’ouest de Londres, à temps pour une répétition devant les caméras à 14 h 30, des photos publicitaires et des interviews de presse. D’autres répétitions devant la caméra ont  lieude 16h15 à 17h30,puis de1 18h à 19 h 30.
    Les Beatles sont apparus en dernier acte, mimant à la fois « Rain’  » et « Paperback Writer » (dans cet ordre). L’animateur Pete Murray n’a pas pu dissimuler son plaisir. La performance ‘Paperback Writer’ a été répétée dans l’édition du jeudi 30 juin (BBC1, 7.30- S.00 pm) et à nouveau dans Top Of The Pops ’66) – Part I (BBC1, lundi2 6 décembre, 6.15-7.00 pm), tandis qu’un extrait de I thin 22 secs a été utilisé dans le programme Line-Up Review de BBC2 la nuit après cette transmission initiale de Top Of The Pops, vendredi 17 juin 1966, projeté de 11 h 05 à 13 h 37.
    Mais une telle chance, comme la foudre, frappe rarement deux fois. Pour le prochain single des Beatles’ , le double A ‘Yellow Submarine’/’Eleanor Rigby’, non seulement le groupe n’apparaîtra pas personnellement, mais il ne produira pas non plus de clips promotionnels’ . Top Of The Pops a été contraint de mettre ses propres images sur les enregistrements.
    Dans le premier cas, il s’agissait de filmer 11 membres du British Sub Aqua Club en pleine action dans une piscine de Londres, tandis que dans le second, il s’agissait de filmer une séquence de photos d’un décorateur de la BBC (qui s’avérait être un ancien acteur), habillé en prêtre et posant avec des accessoires dans un cimetière de Manchester.
    Immédiatement après la télédiffusion, les Beatles se rendent à St John’s Wood pour une session d’enregistrement chez EMI. Le début de l’enregistrement était prévu à 19 heures, mais ils n’auraient pas pu arrivée bien avant 8 h 30, travail jusqu’à 3 h 30 Il perfectionne  » H e r e , There And Everywhere » avec neuf autres prises et une nouvelle série d’overdubs sur la meilleure piste rythmique «  » , la prise 13. Une quatorzième prise a été créée par réduction, sur laquelle Paul a superposé sa voix principale, ralentie sur la bande pour paraître plus rapide à la lecture.
  • 16 Juin 1966 : Diffusion par la chaîne de télévision BBC I de l’émission « Top Of The Pops » à laquelle assistent les Beatles.
  • 17 Juin 1966 : Une session de 19h00 à 1h30 (au cours de laquelle « Here, There And Everywhere’  » a reçu un overdub vocal supplémentaire de Paul McCartney, en soutien de sa propre voix, et un passage de guitare supplémentaire a été ajouté à « Got To Get You Into My Life ». La soirée s’est terminée avec cinq nouveaux mixages mono de ce dernier enregistrement et un du premier.
  • 17 Juin 1966 : Paul McCartney achète une ferme dans la région de Kintyre en Ecosse.
  • 17 Juin 1966 : Fin des sessions de travail sur la chanson « Got To Get You Into My Life » .
  • 20 Juin 1966 : Un nouveau mixage mono de « Got To Get You Into My Life » doublant le son des cuivres des versions précédentes, préparé entre 18h00 et 20h30.
  • 20 Juin 1966 : Ré-édition du disque « Yesterday and Today » avec une couverture plus sobre,succédant à la « Butcher’s cover ».
  • 21 Juin 1966 : Une journée exceptionnellement mouvementée, avec l’enregistrement de la 14e et dernière chanson de l’album’ et le mixage mono et stéréo à profusion. Le nouveau numéro, « She Said She Said » de John, a été enregistré du début à la fin en quatre prises entre 19h00 et 3h45 du matin. Sans titre au début de la session mais titré à la fin, le texte racontait la conversion inhabituelle de John’ avec l’acteur Peter Fonda, qui était en train de faire un trip au LSD, à Los Angeles pendant la dernière tournée nord- américaine des Beatles’ (voir le 28 août 1965). Trois mixages mono ont été réalisés à la fin de la session. Plus tôt (10h00-13h00, 14h30-18h30), des mixages et montages stéréo ont été réalisés pour’ Love You To’ , ‘I Want To Tell You’ ,’ Here, There And Everywhere’, ‘For No One’ et ‘Taxman’ , et en mono pour ‘Here, There And Everywhere’ ,’ For No One’ ,’ Doctor Robert’ et’ Taxman’ .
  • 22 Juin 1966 :Le mixage final en mono et stéréo pour Revolver, l’heure tardive de la session, 19h00-1h30, indiquant l’implication directe des Beatles. Eleanor Rigby « ,  » She Said She Said  » et  » Good Day Sunshine « ‘ sont mixés en mono,’ Eleanor Rigby « ,  » She Said She Said « ,  » Good Day Sunshine « ‘ ,’ Yellow Submarine « ,  » Tomorrow Never Knows  » et  » Got To Get You Into My Life « ‘ en stéréo. L’album est sorti en Grande-Bretagne le vendredi 5 août.Revolver n’est que l’un des nombreux titres d’albums potentiels avec lesquels les Beatles ont joué avant de communiquer à EMI leur décision finale depuis le Japon le 2 juillet. Le titre aurait pu être Abracadabra, mais il avait déjà été utilisé par quelqu’un d’autre. Magic Circles et Beatles On Safar i étaient parmi les autres alternatives.
  • 23 Juin 1966 : Les Beatles s4envolent de Londres pour Munich en vue de leur tournée mondiale.
  • 23 Juin 1966 : Dépôt légal en France par Odeon-EMI, du 45 tours pour Juke-Boxes FOS 107 des Beatles contenant les titres : Paperback Writer, Rain.
  • 23 Juin 1966 : Inauguration à Londres d’une nouvelle boite de nuit, le Sibylla’s dans laquelle George Harrison possède 10% des parts.
  • 24 Juin 1966 : Les Beatles ont atterri à Munich le 23 juin et, le lendemain, ils y ont donné deux concerts, à 17h15 et à 21h00, entamant ainsi une brève tournée internationale de concerts (la partie ouest- allemande de cette tournée a été baptisée « Bravo Blitztournee », sponsorisée par le magazine de divertissement B rav o du pays’ ). Le répertoire de la tournée comprend’ Rock And Roll Music‘ ,’ She’ s A Woman’, ‘If I Needed Someone’ ,’ Day Tripper’, ‘Baby’s In Black’ ,’ I Feel Fine’ ,’ Yesterday’ , ‘I Wanna Be Your Man’ , ‘Nowhere Man’, ‘Paperback Writer’ et ‘I’m Down. Le deuxième des deux concerts a été filmé par une équipe de cinq cameramen de la Zweites Deutsches Fernsehen (ZDF), la chaîne nationale de radiodiffusion ouest-allemande, et diffusé sous le titre Die Beatles sur la chaîne 2 le mardi 5 juillet (de 20h00 à 20h45). L’émission, d’une durée de 45 minutes, commence par des images des premières parties – Cliff Bennett and the Rebel Rousers, the Rattles, puis Peter and Gordon – avant de projeter sept des onze chansons des Beatles (sans « If I Needed Someone », « Day Tripper », « I Wanna Be Your Man » et « Paperback Writer »). Le manque total de répétitions des Beatles avant la tournée a été prouvé avant « I’m Down », John, Paul et George devant se concerter sur scène au sujet des paroles du premier couplet. Malgré cela, Paul a quand même réussi à la gâcher, et a également gâché les deux couplets suivants. George a même introduit Yesterday’ (interprété cette fois par les quatre Beatles, avec des guitares électriques et des tambours) en tant que titre de Beatles For Sale. 
  • 25 Juin 1966 : Grugahalle, Norbertstrasse, Essen, Nordrhein-Westfalen, Allemagne de l’Ouest;  Les Beatles ont voyagé de Munich à Essen dans un train spécial qui, un an auparavant, avait été utilisé par la reine Elisabeth II lors de sa visite royale en Allemagne de l’Ouest. Les quatre Beatles, plus un entourage de cinq personnes, avaient chacun leur propre suite de chambres à bord.Ils ont donné deux spectacles à la Grugahalle, puis sont retournés immédiatement à la gare pour poursuivre leur voyage en train à travers le pays. Prochain arrêt : Hambourg.
  • 26 Juin 1966 : Le 26 juin, un peu après 6 heures du matin, le train des Beatles entre dans la gare centrale de Hambourg. C’est la première fois qu’un membre du groupe met les pieds dans la ville depuis le 1er janvier 1963, date à laquelle ils ont terminé leur séjour de Noël de quinze jours au Star-Club.
    De nombreux visages du passé étaient présents à la gare et dans les coulisses avant leurs deux spectacles à la Ernst Merck Halle, d’Astrid Kirchherr à Bert Kaempfert en passant par Bettina Derlien, la plantureuse barmaid blonde du Star-Club.
    Après les deux concerts, qui se sont déroulés devant 5 600 spectateurs chacun, 44 jeunes de Hambourg ont été arrêtés pour avoir participé à des émeutes à l’intérieur et à l’extérieur de la salle de concert. Puis John et Paul ont réussi à faire une promenade nostalgique de minuit sur la Reeperbahn, rendant visite à de vieux repaires et amis.
    Les Beatles retournent à l’aéroport de Londres le 27 juin et s’envolent à nouveau quelques heures plus tard pour le Japon. Cependant, en raison d’une alerte au typhon, leur avion a été contraint de faire une escale imprévue de neuf heures à Anchorage, en Alaska. Les Beatles occupent discrètement un étage entier d’un hôtel local mais, au bout de 30 minutes, la nouvelle de leur présence se répand. Peu après, une station de radio locale gare une caravane devant l’hôtel et diffuse des informations en direct jusqu’au départ des Beatles, qui arrivent à l’aéroport de Haneda, à Tokyo, à 3 h 40 du matin le 30 juin.
  • 27 Juin 1966 : Les Beatles s’envolent pour Tokyo.
  • 27 Juin 1966 : Dépôt légal en France par EMI-Odeon, du super 45 tours MEO119 des Beatles contenant les titres : Paperback Writer, The Word, Rain, Nowhere man
  • 30 Juin 1966 : Les Beatles donne un concert au Nippon Budokan Hall de Tokyo.
  • 30 Juin 1966 : George Harrison est nommé directeur de la compagnie qui dirige la boite de nuit le Sibylla’s, la Kevin Macdonald Associated Ltd.

Juillet 1966

  • 1er Juillet 1966 : Les Beatles donnent deux concerts au Nippon Budokan Hall de Tokyo.
  • 2 Juillet 1966 : Les Beatles donnent leur dernier concert au Nippon Budokan Hall de Tokyo.
  • 3 Juillet 1966 : Les Beatles s’envolent de Tokyo pour Manille, aux Philippines, avec une courte escale à Hong Kong.
  • 3 Juillet 1966 : Dans un article qu’elle écrit, Maureen Cleave rapporte que l’un des Beatles a confié « Show business is an extension of the Jewish religion. ». John Lennon confie que cette phrase est de lui.
  • 4 Juillet 1966 : Les Beatles refusent, aux Philippines, une invitation du président Marcos ; ils devront fuir le pays, la vie de chacun sera très sérieusement menacée, Mal Evans sera d’ailleurs blessé.
  • 4 Juillet 1966 : Les Beatles donnent 2 concerts au Rizal Memorial Football Stadium de Manille, devant 80 000 personnes.
  • 6 Juillet 1966 : Après leur tournée en Asie, les Beatles sont de retour en Angleterre.
  • 6 Juillet 1966 : Publication en Angleterre du EP « Nowhere man / Drive my Car/ Michelle /You Won’t see me ».
  • 8 Juillet 1966 : Enregistrement de l’émission de radio  » Today  » diffusée sur BBC Home à laquelle les Beatles participent.
  • 9 Juillet 1966 : Paperback Writer numéro 1 aux Etats-Unis pour la deuxième semaine.
  • 21 Juillet 1966 : Dépôt légal en France par Odeon-EMI, du 45 tours pour Juke-Boxes FOS 108 des Beatles contenant les titres : Nowhere Man, The Word
  • 23 Juillet 1966 : La Cavern ouvre de nouveau ses portes à Liverpool sous la houlette d’un nouveau propriétaire, que les Beatles félicitent par l’envoi d’un télégramme.
  • 29 Juillet 1966 : Le Magazine américain « Date book » publie l’interview de Maureen Cleave avec John au cours de laquelle il déclare « Nous sommes plus célèbres que Jésus maintenant ». Les chrétiens fondamentalistes sont outrés.
  • 29 Juillet 1966 : Les Beatles refusent de cautionner l’Apartheid et annulent la tournée en Afrique du sud.
  • 30 Juillet 1966 : L’album « Yesterday and Today » atteint la première place du hit-parade de magazine « Billboard », dans la catégorie « meilleure vente de disques ». Il restera à cette place 5 semaines.
  • 31 Juillet 1966 : A Birmingham dans l’Alabama, des intégristes brûlent les disques des Beatles suite à la déclaration de John sur Jésus. La scène est diffusée aux actualités télévisées de la BBC.

Août 1966

  • 1er Août 1966 : Comme Paul avait déjà accepté de participer en solo à une émission de télévision de David Frost (A Degree Of Frost, voir le 15 avril 1964), il accepte maintenant de participer avec lui, et sans les autres Beatles, à une émission de radio du BBC Light Programme, David Frost At The Phonograph, une série dans laquelle Frost interviewait « une personnalité » et commentait des sujets de tous les jours entre la lecture de disques nouveaux et anciens. L’ensemble du programme, y compris l’apparition personnelle « en direct » de Paul, a été enregistré à partir de 20 h 30 ce soir dans un studio en sous-sol de Broadcasting House ; il a été diffusé de 12 h à 13 h 30 le samedi 6 août.
  • 5 Août 1966 : Publication aux Etats Unis du single des Beatles « Eleanor Rigby/Yellow Submarine » (Capitol).
  • 5 Août 1966 : Publication en Grande Bretagne de l’album des Beatles « Revolver », qui contient les titres Taxman », « Eleanor Rigby », « I’m Only Sleeping », « Love You To », « Here, There and Everywhere », YellowSubmarine », « She Said She Said », « Good Day Sunshine », « And Your Bird Can Sing », « For No One », « Dr. Robert », « I Want to Tell You », « Got to Get You Into My Life », « Tomorrow Never Knows ».
  • 5 Août 1966 : Publication en Grande Bretagne du single des Beatles Yellow Submarine/Eleanor Rigby »(Parlophone).
  • 5 Août 1966 : Publication en Suède de l’album des Beatles « Revolver ».
  • 6 Août 1966 : Le documentaire de Granada Television The Music Of Lennon & McCartney (voir 1-2 novembre 1965) avait été une célébration de l’écriture de chansons par le duo, un certain nombre de leurs compositions étant interprétées par une série d’artistes dans le studio de télévision. Neuf mois plus tard, John et Paul participent à une production similaire pour la radio de la BBC, un programme d’une heure intitulé The Lennon And McCartney Songbook, la seule différence entre ce programme et l’émission de télévision étant que les deux Beatles jettent leur regard critique sur 15 versions enregistrées et déjà publiées de leurs œuvres, par des artistes tels que Peggy Lee, Ella Fitzgerald, les Mamas and the Papas et, remarquablement, le Band of the Irish Guards (qui avait publié « She Loves You »).
    Alors qu’il était prévu que l’enregistrement ait lieu dans la maison de John’ à Weybridge, dans le Surrey, le lieu a été changé à l’avance pour celui de Paul’ à St John’s Wood, au nord de Londres, où le producteur de la BBC Derek Chinnery et l’interviewer Keith Fordyce se sont rendus. L’enregistrement a eu lieu de 16 heures à 18 heures, interrompu seulement par l’arrivée du thé et les gémissements de Martha, le chien de berger que Paul venait d’acquérir. La production a été diffusée par le Light Programme entre 16 h 30 et 17 h 30 le lundi 29 août, jour férié » , alors que les Beatles étaient en Amérique sur le point de donner leur dernier concert.
    L’émission est également pressée sur disque et distribuée aux stations de radio étrangères abonnées par le service de transcription de la BBC. Ici, sans la musique, elle ne dure que 13 minutes et est renommée Songwriters Extraordinary  Lennon And McCartney.
  • 6 Août 1966 : Enregistrement de l’émission de radio  » The Lennon And McCartney Songbook BBC Light  » diffusée sur I (J/P) à laquelle les Beatles participent.
  • 6 Août 1966 : Diffusion de l’émission  » David Frost At The Phonograph  » par la radio  » BBC Light  » à laquelle Paul McCartney.
  • 8 Août 1966 : Publication aux Etats Unis de l’album « Revolver » (Capitol). Il contient les titres « Taxman », « Eleanor Rigby », « Love You To », « Here There and Everywhere », »Yellow Submarine », « She said She Said », « Good Day Sunshine », « For No One », « I Want to Tell You », « Got to Get You Into My Life », »Tomorrow Never Knows ».
  • 8 Août 1966 : Les disques des Beatles sont interdits en Afrique du Sud, et cela suite à la déclaration de John Lennon sur Jésus.
  • 8 Août 1966 : Publication en Suède du single des Beatles « Yellow Submarine/Eleanor Rigby » (Parlophone).
  • 11 Août 1966 : Conférence de presse aux Etats Unis, durant laquelle John présente ses excuses suite à sa citation sur Jésus Christ.
  • 12 Août 1966 : Les Beatles donnent 2 concerts à l’International Amphitheatre de Chicago.
    Le début de la dernière tournée de concerts des Beatles’ . Ne prenant pas la peine de répéter de nouvelles chansons, malgré la sortie d’un nouvel album, ils interprètent le même répertoire que celui utilisé en Allemagne de l’Ouest, au Japon et aux Philippines, à une exception près : l’interprétation occasionnelle de  » Long Tall Sally . Les premières parties de la tournée sont, par ordre d’apparition, les Remains, Bobby Hebb, les Cyrkle et les Ronettes. Cette première date donne lieu à deux représentations, à 15 h et à 19 h 30, devant un public de 13 000 personnes (un peu moins que la capacité maximale).
    Les Beatles s’envolent pour les États-Unis depuis l’aéroport de Londres le 11 août, atterrissent à Boston et changent d’avion en quelques minutes pour Chicago, où ils arrivent à 16 h 55. Ce soir-là, ils tiennent leur conférence de presse habituelle dans une ville, cette fois-ci soulagée de sa monotonie habituelle par la résolution de la querelle « We’ re more popular than Jesus », dans laquelle John, soutenu par les trois autres Beatles, tente d’apaiser le public américain au sujet de sa célèbre déclaration. Naturellement, les conférences de presse des Beatles sont généralement filmées et enregistrées par les stations de radio et de télévision locales, mais celle-ci suscite un intérêt supplémentaire dans le monde entier et des extraits sont diffusés dans les journaux télévisés du monde entier. Aux États-Unis, les trois réseaux de télévision, NBC, CBS et ABC, ont tous diffusé des programmes spéciaux ce soir-là. En Grande-Bretagne, Independent Television News a utilisé ces images et d’autres séquences américaines pour compiler un programme Reporting ’66 entièrement consacré à la tournée de concerts actuelle des Beatles’ , diffusé le jeudi 25 août (dans la région de Londres de 18h07 à 18h35).
  • 13 Août 1966 : Les Beatles donnent un concert à l’Olympia Stadium de Detroit. Deux spectacles, à 14 heures et à 19 heures, devant un total de 28 000 fans dans cette arène couverte, bien qu’aucun des deux concerts ne soit complet. Les Beatles sont arrivés à Detroit à 11 h 00 ; ils sont partis pour Cleveland en bus Greyhound immédiatement après le deuxième spectacle, où ils sont arrivés à 2 h 30. 
  • 13 Août 1966 : L’album « Revolver » des Beatles est premier des charts anglais.
  • 14 Août 1966 : Les Beatles donnent un concert au Cleveland Stadium de Cleveland, Ohio. Ce concert à Cleveland, à 19h30, comme celui du Public Auditorium le 15 septembre 1964, a été interrompu pendant 30 minutes lorsque, pendant la quatrième chanson, « Day Tripper », 2500 des 20 000 fans ont envahi le terrain de baseball des Cleveland Indians, sur lequel jouaient les Beatles. L’entourage reste dans la ville jusqu’au lundi après-midi, puis s’envole pour Washington DC. 
  • 14 Août 1966 : Suite à la déclaration de John Lennon sur Jésus, une radio du Texas appelle les fans à détruire tous les disques du groupe.
  • 15 Août 1966 : Les Beatles donnent un concert au DC Stadium, Washington, D.C. Un spectacle, à 20 heures, vu par 32 164 fans, après quoi les Beatles et leur entourage se sont rendus directement à Philadelphie en bus. 
  • 16 Août 1966 : Les Beatles donnent un concert au John F. Kennedy Stadium, Philadelphia, Pennsylvania. Le seul spectacle des Beatles ici, à 20 heures, vu par 21 000 personnes dans ce stade en plein air de 60 000 places, a été gâché par des éclairs presque constants. Mais la pluie, qui aurait pu être fatale, n’a cessé de tomber jusqu’à dix minutes après la fin du concert, alors que le bus Greyhound transportant l’entourage était en route pour l’aéroport et un vol pour le Canada. 
  • 17 Août 1966 : Les Beatles donnent un concert au Maple Leaf Gardens, Toronto, Canada. Deux spectacles dans cette arène de 18 000 places, à 16 heures et à 20 heures. Le premier a été vu par 15.000 personnes, le second par 17.000. Les Beatles ont repris l’avion pour les États-Unis le jeudi après-midi. 
  • 18 Août 1966 : Les Beatles donnent un concert au Suffolk Downs Racetrack, East Boston, Massachusetts. Vingt-cinq mille personnes ont assisté à ce seul spectacle, qui s’est déroulé à 20 heures dans l’un des lieux de concert des Beatles les plus improbables qui soient : le centre vert d’un hippodrome Le groupe a quitté Boston à 11 h 30 le lendemain matin, s’envolant vers le sud pour Memphis. 
  • 19 Août 1966 : Les Beatles donnent deux concerts au Mid-South Coliseum, Memphis, Tennessee. Deux spectacles dans cette salle de 13 300 places, à 16 heures et à 20 h 30, 10 000 personnes assistant à la représentation de l’après- midi et 12 500 à celle du soir. (C’est au cours de cette dernière que s’est déroulé le tristement célèbre épisode des pétards – voir Int r oduction). Les Beatles  ont réussi à s’échapper du Colisée pour retourner à l’aéroport métropolitain dans le bus Greyhound, tandis que leur limousine était envoyée comme leurre. Ils se sont envolés directement d’ici vers l’Ohio, où ils sont arrivés à 1 h 15. 
  • 20 Août 1966 : Suite à de violentes intempéries, les Beatles sont obligés d’annuler leur concert du Crosley Field de Cincinnati.  Ce spectacle en plein air de 13 h 30, qui aurait été la 13e représentation des Beatles’ en neuf jours consécutifs, a été annulé en raison de fortes pluies et reprogrammé pour dimanche midi. 
  • 20 Août 1966 : Le single « Yellow Submarine/Eleanor Rigby » est premier des charts anglais.
  • 21 Août 1966 : Les Beatles donnent un concert au Crosley Field de Cincinnati, Ohio.
    Le réarrangement du spectacle de Cincinnati signifie que les Beatles doivent donner deux concerts ce jour-là dans des villes distantes de 341 miles, un horaire qui rappelle celui de 1962 1963. Le spectacle en plein air de St Louis, à 20 h 30, vu par 23 000 clients, a lieu sous une pluie battante, les Beatles jouant sous une bâche.
    Le groupe s’est envolé pour New York immédiatement après, arrivant à 3 h 50 du matin et passant la majeure partie des deux jours à l’hôtel Warwick, donnant deux conférences de presse le  lundi
  • 23 Août 1966 : Les Beatles donnent un concert au Shea Stadium de New York City.
    Bien que 2000 fans aient fait la queue le 31 mai, avant même l’ouverture de la billetterie pour cette unique représentation à 19h30, le concert n’a pas fait salle comble, 11 000 des 55 600 sièges restant vides. Cela n’explique qu’en partie le manque d’excitation dans le stade par rapport à l’atmosphère grisante du spectacle record de 1965. Malgré tout, le concert a rapporté 292 000 $ (104 600 £1) – dont les Beatles ont reçu 65 %, soit 189 000 $ (67 700 £), ce qui est supérieur aux recettes de 1965.
    Immédiatement après le spectacle, les Beatles s’envolent pour Los Angeles, où ils arrivent tôt le matin du 24 août, pour un repos de 24 heures à Beverly Hills. Le 25, à 10 heures du matin, ils s’envolent vers le nord, à destination de Seattle.
  • 25 Août 1966 : Les Beatles donnent deux concerts au Coliseum de Seattle, Washington. Deux spectacles dans cette arène de 15 000 places, à 15 heures et à 20 heures. Seuls 8000 billets ont été vendus pour le spectacle de l’après-midi, tandis que le spectacle du soir a été entièrement souscrit. Les Beatles sont retournés à Los Angeles sur un vol de 13 heures. 
  • 28 Août 1966 : Les Beatles donnent un concert au Dodger Stadium, Los Angeles, Californie. Après trois jours de repos supplémentaires à Beverly Hills, les Beatles remontent sur scène avec ce seul spectacle, vu par 45 000 fans largement incontrôlables. Le groupe s’envole pour San Francisco à 16 heures le 29, où il arrive à 17 h 45. 
  • 29 Août 1966 : Les Beatles donnent un concert au Candlestick Park de San Francisco, Californie. Une foule de 25 000 personnes assiste au dernier concert des Beatles, qui débute à 20 heures. Conscient de l’importance de l’événement, John monte sur scène avec un appareil photo et prend des photos des autres Beatles entre les chansons, ainsi que de lui-même à bout de bras. Paul fait de même et demande à l’attaché de presse de NEMS Enterprises, Tony Barrow, de faire un enregistrement sur cassette audio du spectacle. (Sans être retournée, cependant, la cassette de Barrow, d’une durée de 30 minutes par côté, ne pouvait pas contenir la totalité des 33 minutes du groupe, et elle s’est épuisée avant la dernière chanson, « Long Tall Sally »). Après le spectacle, à 23 heures, les Beatles reprennent l’avion le long de la côte californienne pour Los Angeles, où ils arrivent à 0 h 50. Ils ont quitté les États-Unis le mardi et sont revenus à l’aéroport de Londres dans la matinée du mercredi 31 août
  • 29 Août 1966 : Diffusion de l’émission  » The Lennon And McCartney Songbook BBC Light  » par la radio BBC 1 à laquelle les Beatles participent.

Septembre 1966

  • 5 Septembre 1966 : John s’envole pour Hanovre pour participer au tournage du film « How I won the War.
  • 6 Septembre 1966 : John se fait couper les cheveux pour les besoins de son rôle dans « How I won the War ».
  • 10 Septembre 1966 : L’album Revolver atteint la première place du hit parade des cent meilleures ventes de disques du magazine Billboard. il y restera 6 semaines.
  • 12 Septembre 1966 : Dépôt légal en France par Odeon-EMI, du 45 tours pour Juke-Boxes FOS 110 des Beatles contenant les titres : Eleanor Rigby, Yellow Submarine.
  • 14 Septembre 1966 : George et Patti s’envolent pour Bombay, où George désire apprendre le sitar avec Ravi Shankar.
  • 15 Septembre 1966 : John Lennon et Neil Aspinall quittent l’Allemagne après le tournage des premières scènes du film « How I Won The War ».
  • 15 Septembre 1966 : John Lennon et Neil Aspinall rejoignent Paul McCartney et Brian Epstein à Paris pour un week-end de détente.
  • 15 Septembre 1966 : Dépôt légal en France par Odeon-EMI, du 33 tours SLSO/LSO 105 des Beatles, qui correspond à la version anglaise de Revolver.
  • 18 Septembre 1966 : John Lennon et Neil Aspinall se rendent aux environs de Carboneras pour le tournage de « How I Won The War ». C’est en ce lieu que John trouvera l’inspiration pour écrire « Strawberry Fields Forever ».
  • 19 Septembre 1966 : La presse découvre que George et Patti sont en Inde. George est obligé de donner une conférence de presse dans laquelle il explique qu’il est venu dans ce pays pour étudier et trouver un peu de calme.
  • 20 Septembre 1966 : Enregistrement de l’émission de radio  » The Lively Arts  » diffusée sur BBC Home à laquelle les Beatles participent.

Octobre 1966

  • 4 Octobre 1966 : Ringo et son épouse Maureen s’envolent pour Almeria en Espagne, où ils rendent visite à John, en plein tournage du film « How I won the War ».
  • 21 Octobre 1966 : George donne une interview au correspondant de la BBC à Bombay Donald Milner.
  • 22 Octobre 1966 : George et Patti mettent fin à leur séjour à Bombay et retournent à Londres.
  • 26 Octobre 1966 : Ravi Shankar arrive à Londres, accueilli par George Harrison.
  • 27 Octobre 1966 : L’éditeur Penguin Books publie « The Penguin John Lennon », livre qui réunit les deux ouvrages de John Lennon.
  • 31 Octobre 1966 : Donovan vient passer une semaine dans la maison de George Harrison à Esher.
  • 31 Octobre 1966 : Lorsque Brian Epstein fit savoir à EMI qu’il n’y aurait pas de nouvel album des Beatles disponible pour le marché de Noël, et probablement même pas de single, la maison de disques en profita pour sortir la première compilation britannique » greatest hits » . (Il n’a pas été publié aux États-Unis.’ ) Le titre était A Collection Of Beatles Oldies, la quatrième de couverture ajoutant la phrase « But Goldies' ». » Le LP a été publié en mono et en stéréo, mais comme certaines chansons n’avaient jamais été. mixées en stéréo – principalement les singles, qui sont sortis en mono jusqu’en 1969 – une série de sessions de mixage a été mise en place. Ce jour-là, la première de ces séances a eu lieu : George Martin a mixé  » Paperback Writer  » entre 2 h 30 et 16h30 dans le studio 1 d’EMI. Le lundi 7 novembre (également au studio 1, de 14h30 à 17h30), un nouveau mixage stéréo de « I Want To Hold Your Hand » a été réalisé ; le mardi 8 novembre (salle 53, de 16h00 à 17h30), Geoff Emerick a produit un mixage stéréo fictif de « She Loves You’  » (il était impossible de produire une vraie version stéréo car les bandes originales de la session à deux pistes avaient été détruites depuis longtemps). la meilleure source existante était la bande maîtresse de et le jeudi 10 novembre (salle 65, de 14h00 à 16h30), de nouveaux mixages stéréo de` Day Tripper’ et ‘We Can Work It Out’ ont été réalisés par l’ingénieur de la balance Peter Bown. Suite à une erreur administrative, la face B de 1963 ‘This Boy‘ a également été mixée en stéréo, mais elle n’était pas nécessaire pour le LP.
    Les 16 chansons de A Collection Of Beatles Oldies sont sorties le vendredi 9 décembre, le seul nouveau morceau pour les auditeurs britanniques étant « Bad Boy« , publié pour la première fois aux Etats-Unis le 14 juin 1965. Mais son inclusion dans cette collection, par ailleurs riche en hits, a permis de rendre disponibles des deux côtés de l’Atlantique tous les enregistrements des Beatles, de 1962 à aujourd’hui, à l’exception des deux chansons en allemand, ce qui a permis de conclure la première phase importante de la vie du groupe en studio.
  • 31 Octobre 1966 : Dépôt légal en France par EMI-Odeon, du super 45 tours MEO126 des Beatles contenant les titres : Yellow Submarine, For No One, Eleanor Rigby, Good Day Sunshine.

Novembre 1966

  • 1er Novembre 1966 : John Lennon commence à enregistrer les premières démos de la chanson « Strawberry Fields Forever ».
  • 6 Novembre 1966 : Paul embarque son Aston Martin à bord d’un avion cargo à Lydd et s’envole pour la France, où il passe une semaine à visiter les châteaux de la Loire et retrouve Mal Evans à Bordeaux.
  • 7 Novembre 1966 : John Lennon rentre d’Espagne après le tournage de « How I Won The War ».
  • 9 Novembre 1966 : John rencontre pour la première fois Yoko Ono à la Galerie Indica sur Mason’s Yard à Londres.
  • 12 Novembre 1966 : Paul et Mal Evans quittent Bordeaux pour partir en Espagne, à Almeria, afin d’y retrouver John, mais ce dernier à déjà quitté la ville après la fin du tournage du film de Lester « How I Won the War ».
  • 12 Novembre 1966 : Paul et Mal Evans prennent un avion à Séville, et s’envolent pour Nairobi.
  • 13 Novembre 1966 : Les Four Tops se produisent au Saville Theatre. Le décor, d’après ce qu’on raconte, aurait été dessiné par Paul.
  • 18 Novembre 1966 : Publication aux Etats Unis du single des Escorts « From Head to Toe/Night Time » (Columbia). Ce dernier est produit par Paul McCartney, qui joue aussi du tambourin sur le titre disponible sur la face A.
  • 19 Novembre 1966 : Paul, Jane Asher et Mal Evans quittent le Kenya et regagnent Londres.
  • 20 Novembre 1966 : Brian Epstein donne une fête pour les Four Tops dans sa maison de Chapel Street. John et George y sont présents.
  • 24 Novembre 1966 :C’est ainsi que les Beatles entrent dans une nouvelle phase de leur carrière. Ils n’étaient plus les « Fab Four » bien rangés et souriants, chantant des chansons pop pour garçons et filles sur scène. Ils sont désormais les Beatles habillés de manière décontractée, parfois moustachus, mais toujours souriants, qui réalisent la plus grande moisson d’enregistrements rock de tous les temps sur un simple coup de tête, et non pour se produire sur scène. John, Paul, George et Ringo n’avaient pratiquement pas passé un jour ensemble depuis début septembre. Ils ont décidé de se réunir et de commencer à enregistrer un nouvel album. Strawberry Fields Forever » est la première chanson à être enregistrée, bien qu’elle ait été enregistrée pour un single en février 1967 et qu’elle ne soit jamais apparue sur un LP des Beatles, à l’exception des compilations réalisées en dehors du contact direct du groupe. Strawberry Fields Forever » résume en une seule chanson une grande partie de ce que les Beatles ont appris au cours des quatre années passées dans les studios d’enregistrement, et plus particulièrement en 1966, avec sa chanson « à l’envers » des cassettes, des vari-speeds et des instruments de musique peu communs. Et cela ne pouvait naître que d’un esprit (celui de John Lennon) sous l’influence de produits chimiques hors- la-loi. Strawberry Field est un foyer de l’Armée du Salut à Liverpool, à quelques encablures de l’endroit où John a été élevé. Il y allait pour les fêtes d’été et avait appelé la zone boisée environnante Strawberry Fields. Strawberry Fields Forever’ évoque ces souvenirs d’enfance dans une brume hallucinogène et onirique. C’était, et ça reste, l’une des plus grandes chansons pop de tous les temps.
    Il est également connu, à juste titre, pour être parmi les plus complexes de tous les enregistrements des Beatles, changeant de forme non pas une mais plusieurs fois. La première prise, enregistrée de 19 heures à 2 h 30 du matin lors de cette première session, était certainement très éloignée de la version finale, la seule similitude étant une intro- duction au mellotron. (Précurseur du synthétiseur, cet instrument contenait des bandes qui pouvaient être « programmées » pour imiter un autre instrument, en l’occurrence une flûte). À 2 h 30 du matin, la première prise ressemble à ceci : en même temps que le mellotron, joué par Paul, on entend la première voix principale de John, suivie de la guitare de George, de la batterie caractéristique de Ringo (avec une utilisation dominante des tomtoms), des maracas, d’un morceau de guitare slide, de la voix de John à deux voix et des harmonies scat de John, Paul et George. La chanson s’achève avec le mellotron. L’ensemble de la prise a été enregistré à 53 cycles par seconde, de sorte qu’elle s’accélère à la relecture, mais elle ne dure que 2 minutes 34 secondes.
  • 25 Novembre 1966 : Les Beatles enregistrent leur quatrième disque de Noël intitulé « Everywhere is Christmas ».
  • 25 Novembre 1966 :Dick James House, New Oxford St, Londres. Un départ immédiat mais temporaire du travail sérieux pour enregistrer « Pantomime : Everywhere It’s Christmas » – le quatrième cadeau annuel des Beatles aux membres de leur fan club – dans le minuscule studio de démo du premier étage du bureau londonien de l’éditeur Dick James Music. Elle a eu lieu le soir, mais les détails précis de la session n’existent plus. Le disque comprend dix éléments distincts, dont la chanson titre, chantée (brièvement) par les quatre Beatles, avec Paul au piano.
  • 27 Novembre 1966 :Pour la deuxième fois, John a accepté d’apparaître sans les autres Beatles dans Not Only…But Also, désormais établi comme une série populaire de la BBC2 pour Peter Cook et Dudley Moore. Mais les téléspectateurs devaient regarder attentivement pour l’attraper, car John est apparu pendant 51 secondes, jouant le rôle de Dan, un portier élégamment habillé de la boîte de nuit londonienne branchée  » Ad Lav »  » (une parodie de l’Ad Lib Club, autrefois très fréquenté par les Beatles) qui a réussi à soutirer un droit d’entrée de 5 £ au présentateur de télévision américain Hiram J Pipesucker Jr (Cook). Bizarrement, le club »  » était situé dans des toilettes souterraines pour hommes (bien que toutes les séquences intérieures aient été tournées, sans Lennon,   Television Centre quelques jours plus tard, le 9 décembre), le bref rôle de John étant de se tenir en haut des marches pour cette séquence extérieure.  L’endroit choisi était les toilettes souterraines pour hommes de l’hôpital Broadwick Stteet (près de la jonction avec Berwick Street) dans le quartier de Soho, au centre de Londres. Le tournage a eu lieu ce dimanche matin, lorsque le quartier est le plus calme, et le sketch a été inclus dans l’édition du Boxing Day de la série (lundi 26 décembre, 21h00-21h50). L’émission est ensuite reprise le mardi 7 février 1967 (BBC I, 21h05-21h50).  Remarque : plus tôt dans ce même sketch, Peter Cook s’est joint au Dudley Moore Trio et à un orchestrer a pour interpréter leur nouvelle composition « The LS Bumble Bee », une chanson à peine déguisée sur la drogue LSD, publiée plus tard en single. Au cours des années suivantes, un mythe s’est installé selon lequel John aurait écrit ou interprété cette chanson, ou les deux, mais ce n’est pas le cas.
  • 27 Novembre 1966 : Les Beatles sont au studio 2 d’EMI et travaillent sur Strawberry Fields Forever.
  • 27 Novembre 1966 : Enregistrement de l’émission de télévision « NotOnly But Also » diffusée par BBC2 à laquelle les Beatles assistent.
  • 28 Novembre 1966 : Revenons à « Strawberry Fields Forever ». Pour la première fois, les Beatles ne subissent aucune pression réelle pour livrer un produit dans un délai préétabli. Ils travaillaient sur une chanson jusqu’à ce qu’ils et eux seuls en soient satisfaits. Chez EMI, ce soir-là, entre 19 heures et 1 h 30 du matin, le groupe enregistre trois autres prises, numérotées de deux à quatre, la quatrième prise étant grossièrement coupée en mono à la fin de la session.
  • 29 Novembre 1966 : Une session de 14h30 à 20h, pour enregistrer les prises cinq et six de « Strawberry Fields Forever ». John a rajouté une voix sur cette dernière avant qu’elle ne soit réduite à la prise sept et que d’autres rajouts soient effectués. Cette prise a ensuite été marquée « meilleure » – avec des mixages mono bruts immédiatement réalisés – et elle est restée ainsi pendant neuf jours de plus.

Décembre 1966

  • 2 Décembre 1966 : Mixage mono et montage de « Pantomime – Everywhere It’s Christmas », supervisé par Tony Barr ow entre 9h00 et 15h00. 12h00. La production terminée a été envoyée en urgence à Lyntone Records pour le pressage des flexi-discs.
  • 2 Décembre 1966 : Sortie en Suède de l’album des Beatles « A Collection of Beatles Oldies (But Goldies) ».
  • 6 Décembre 1966 : Début des sessions de travail sur « When I’m Sixty Four ».
  • 6 Décembre 1966 : Session de travail sur la chanson « Strawberry Fields Forever ».
  • 6 Décembre 1966 : Les Beatles sont restés les champions publics des stations de radio « pirates » qui opéraient depuis des navires amarrés au large des côtes britanniques. Un disc-jockey de chacune des deux principales stations pirates, Caroline et Londres, a même été invité à accompagner les Beatles lors de leur dernière tournée nord-américaine en août 1966, les interviewant et envoyant des rapports par téléphone à leur domicile. (Pour Caroline, Jerry Leighton a fait le voyage, pour Londres c’était le :any Liverpudlian Kenny Everett).  Pour marquer davantage leur appréciation des efforts des pirates, les Beatles ont enregistré ce soir Noël et le Nouvel An  des salutations de bonne volonté pour le personnel des deux stations et leurs auditeurs. (« Bonjour, c’est John Lennon. Tous mes vœux à tout le monde, partout, et bonne chance pour 1967 »). Ces salutations étaient initialement prononcées sans accompagnement, mais plus tard, certaines étaient annoncées au- dessus des airs d’identification de la station et, plus tard encore, certaines scène bricolantinstruments de studio – n’importe quelle note, n’importe quelle tonalité – derrière le quatrième qui parlait.
    Une fois « Strawberry Fields Forever » terminé, les Beatles se penchent sur la deuxième chanson du nouvel album, le charmeur de style vaudeville de Paul « When I’m Sixty-Four ». Cette chanson n’est pas nouvelle : les Beatles en avaient déjà interprété une variation à l’époque du Cavern Club, lorsque les amplificateurs tombaient en panne. Ce qui reste de cette session 19h45-Ih00 a été consacrée à la répétition puis l’enregistrement de deux prises de la piste rythmique. 
  • 8 Décembre 1966 : Les autres Beatles n’étaient pas présents lorsque Paul a enregistré sa voix principale sur « When I’m Sixty-Four » lors d’une session de 14h30 à 17h30 au studio EMI 1. 30 dans le studio 1 d’EMI. Cependant, tous les quatre étaient là pour la longue session du soir dans le studio 2, de19h00 à 3h40. C’est au cours de cette nuit que le groupe s’est attelé à ce que l’on peut décrire comme le « re-make orchestral »  » de « Strawberry Fields Forever », en enregistrant les prises 9 à 24 de la piste rythmique (il n’y avait pas, pour une raison quelconque, de prise numérotée 19, ni de 8), puis, à la fin, en regardant l’ingénieur de la balance Geoff Emerick monter ensemble les trois premiers quarts de la prise 13 avec le dernier quart de la prise 13-24.  Une tentative de réduire le montage résultant en prise 25 a été lancée mais avortée, pour être poursuivie le lendemain.
    Emerick et le producteur George Martin n’ont pas assisté à l’intégralité de la session, passant le début de la soirée à la première du long métrage de Cliff Richard’ , Finders Keepers. A leur place, bien qu’il n’aurait pas dû être aussi présent, il y a eu un concert. l’ingénieur technique Dave Harries a temporairement  les Beatles, plongeant hors de la salle de contrôle quand il a entendu Martin et Emerick revenir. 
  • 8 Décembre 1966 : George Martin et Geoff Emerick assistent à la projection du film de Cliff Richards « Finders Keepers ».
  • 8 Décembre 1966 : Séance de travail nocturne sur « Strawberry Fields Forever ».
  • 9 Décembre 1966 : Ringo tourne sa scène avec Ewa Aulin, ancienne Miss Suède, pour le film Candy.
  • 9 Décembre 1966 : Comme il restait encore beaucoup d’overdubs à faire sur « Strawberry Fields Forever », le montage des prises 15 et 24 de la nuit précédente a été réduit à une seule piste sur la bande quatre pistes, appelée prise 25 au début de cette session de 14h30 à 22h00. Toutes sortes d’overdubs ont ensuite été appliqués sur cette prise, allant des cymbales inversées au swordmandel (un instrument indien, semblable à une harpe de table). Pour pouvoir couper plus d’acétates, un mixage mono rapide a été préparé à la moitié de la session.
  • 10 Décembre 1966 : Ringo tourne sa scène avec Ewa Aulin, ancienne Miss Suède, pour le film Candy.
  • 10 Décembre 1966 : Séance de mixage sur la chanson « Strawberry Fields Forever ».
  • 11 Décembre 1966 : La BBC diffuse l’émission « The lively Arts » contenant une interview de George Harrison au sujet de la philosophie et de la musique Indienne.
  • 11 Décembre 1966 : Diffusion de l’émission  » The Lively Arts  » par la radio  » BBC Home ».
  • 13 Décembre 1966 : John Lennon fait la couverture du magazine « Look ».
  • 15 Décembre 1966 : Quatre trompettes et trois violoncelles, brillamment notés par George Martin, ont fourni le son distinctif des cuivres et des cordes que John et lui avaient jugé nécessaire pour la reprise de « Strawberry Fields Forever ». (Les trompettistes étaient Tony Fisher, Greg Bowen, Derek Watkins et Stanley Roderick, les violoncellistes John Hall, Derek Simpson et Norman Jones). Les instruments ont été enregistrés sur la prise 25, qui a ensuite été réduite à nouveau en prise 26 ; sur celle-ci ont été ajoutées deux voix principales distinctes de Lennon.
    À la fin de la session de 14h30 à 12h00,’ Strawberry Fields Forever’ avait pris une intensité presque effrayante. Avec ses cordes frénétiques, ses trompettes hurlantes, sa batterie lourde et ses deux voix maniaques et exceptionnellement rapides de John Lennon, elle n’est plus qu’un lointain parent de la première prise acoustique originale. John en serait-il satisfait ? Pour l’instant, du moins, elle est étiquetée « meilleure »  » et est donc soumise à un mixage mono plus grossier.
  • 16 Décembre 1966 : Les membres du fan club des Beatles reçoivent leur exemplaire du quatrième disque souple enregistré par le groupe pour Noel « Pantomine Everywhere is Christmas », dont la couverture est dessinée par Paul.
  • 18 Décembre 1966 : Paul et Jane Asher assistent à la première du film « Chaque Chose en son temps » au Warner Theatre, dont la bande son a été en partie composée par Paul et arrangée par George Martin.
  • 19 Décembre 1966 : Binder, Edwards et Vaughan annoncent que Paul a réalisé une bande électronique expérimentale qui sera diffusée en janvier 1967 au Carnival of Light de Roadhouse.
  • 20 Décembre 1966 : Une session de 19h00 à 1h00 du matin au cours de laquelle Paul, George et John ont ajouté des chœurs sur « When I’m Sixty-Four », Ringo ajoutant le son des cloches. Cette session a été suivie d’un autre mixage de réduction, la prise deux devenant les prises trois et quatre (cette dernière étant marquée « meilleure »).
    Désireux de mettre un terme aux absurdités qui proliféraient dans les médias du monde entier au sujet de la séparation du groupe, chacun des Beatles a consenti à donner une interview au journaliste John Edwards de l’Independent Television News (ITN) pour l’inclure dans la série hebdomadaire de 25 minutes Reporting ’66 (« reportage en profondeur sur les principales histoires de la semaine »). Cette édition a d’abord été sous-titrée « Beatles Breaking-Up Special’  » mais est ensuite devenue, plus correctement, « End Of Beatlemania », et chaque membre du groupe a été filmé à l’extérieur des studios EMI à son arrivée pour cette session, tous portant des moustaches et George, en plus, une barbe. Chacun a parlé de la façon dont les quatre restaient ensemble et travaillaient sur de nouvelles chansons.
    Reporting ’66 a été vu dans toute la Grande-Bretagne, bien qu’il ait été diffusé par les différentes régions d’ITV à des jours et heures différents. Cette édition a été diffusée le mercredi 28 et le jeudi 29 décembre (à Londres, Rediffusion l’a projetée entre 18h08 et 18h35 le jeudi), le reste du programme de 25 minutes comprenant des séquences du groupe – notamment de leur récente tournée nord-américaine – et des interviews de fans.
  • 20 Décembre 1966 : Les Beatles donnent une interview dans laquelle ils réfutent la rumeur de la séparation du groupe.
  • 20 Décembre 1966 : Publication du 45 T « Love in the Open Air / Theme from the Family Way », composés par Paul pour les besoins du film « Chaque chose en son temps ».
  • 20 Décembre 1966 : Enregistrement de l’émission de télévision « Reporting’66 » diffusée par ITN à laquelle les Beatles assistent.
  • 21 Décembre 1966 : Initialement prévu pour le 15 décembre (mais il n’y avait pas de temps pour le faire ce jour-là), « When I’m Sixty-Four » a été agrémenté du son de trois clarinettes entre 19h00 et 21h00 jouées par Robert Burns, Henry MacKenzie et Frank Reidy. L’enregistrement a ensuite été mixé en mono, pour les besoins du découpage de l’acétate, entre 21 et 22 heures. Entre 10h00 et la fin de la session’ à 23h45, John a ajouté d’autres voix et un autre morceau de piano pour prendre 26 de « Strawberry Fields Forever ».
  • 22 Décembre 1966 : Le problème de John’ avec les deux enregistrements très différents de « Strawberry Fields Forever » ‘ était qu’il aimait à la fois la première minute de la version originale, plus légère, et le reste de la version plus intense, marquée. George Martin ne pouvait-il pas les couper ensemble ? » Comme Martin l’a fait remarquer, c’était peu probable : ils étaient dans des tonalités et des tempos différents. « Eh bien », a répondu John, « vous pouvez arranger ça » « . GeorgeMartin et Geof Emerick sont donc venus à EMI ce soir, de 19h00 à 23h30, pour voir si le souhait de John pouvait être réalisé. Et il a pu le faire – en accélérant un nouveau mixage de la prise sept et en ralentissant un nouveau mixage de la prise 26, un miracle s’est produit : les clés et les tempos se sont accordés et une prise maîtresse a pu être coupée. Le raccord, pour ceux qui veulent savoir, se produit 60 secondes après la sortie de la version. Strawberry Fields Forever’ , qui avait pris vie en studio le 24 novembre, était enfin et glorieusement terminé.
  • 26 Décembre 1966 : Diffusion par la chaîne de télévision BBC2 de l’émission « Not Only But Also » à laquelle assistent les Beatles.
  • 27 Décembre 1966 : John Lennon fait une apparition en homme de chambre, dans le show de Peter Cook & Dudley Moore, sur la BBC, « Not only… But also ».
  • 28 Décembre 1966 : Diffusion par la chaîne de télévision ITN de l’émission « Reporting’66 » à laquelle assistent les Beatles.
  • 29 Décembre 1966 : Paul enregistre seul en studio la maquette de la chanson « Penny lane.
  • 29 Décembre 1966 : George Martin travaille sur les Mix mono de « Strawberry Fields Forever » et « When I’m Sixty Four ».
  • 30 Décembre 1966 : Les mixages mono de « When I’m Sixty-Four » réalisés le 29 décembre et marqués « best » pour le Royaume-Uni et les États- Unis ne satisfont pas Paul. Il a suggéré de supprimer tous les mixages précédents et de recommencer, en accélérant le nouveau mixage d’un demi-ton, ce qui représente une grande différence. C’est ainsi qu’a débuté cette session de 19h00 à 3h00. 00 et a été suivi par la réalisation de simples copies bande à bande du « meilleur » mixage mono de « Strawberry Fields Forever » de l’après-midi précédent. Le reste de la session est consacré à  » Penny Lane « , avec une réduction de la prise six en prise sept et un overdub de la voix principale de Paul’ , soutenue par John. Les autres overdubs prévus pour la chanson doivent donc attendre la session suivante et une autre année – 1967. Tout ce qu’il restait à faire en 1966 était de mixer en mono « Penny Lane », tel qu’il se présentait alors, afin de pouvoir couper un disque en acétate.
  • 31 Décembre 1966 : George ne peut assister à la fête du Nouvel An donné au Annabel’s Club au motif qu’il ne porte pas de cravate.

Questions fréquentes

Pourquoi les Beatles n’ont-ils rien fait pendant les trois premiers mois de 1966 ?
Parce que le troisième film qu’ils devaient tourner a été abandonné à la fin de 1965, faute de scénario satisfaisant. Le calendrier s’est retrouvé vide, et le groupe a pris sa plus longue interruption depuis 1962.

Quand John Lennon a-t-il dit que les Beatles étaient plus populaires que Jésus ?
Lors d’un entretien accordé en février 1966 à Maureen Cleave, publié le 4 mars dans le London Evening Standard. La publication britannique n’a provoqué aucune réaction.

Pourquoi la polémique a-t-elle éclaté seulement en août ?
Parce que le 29 juillet 1966, un magazine américain pour adolescents a repris l’entretien en plaçant la phrase, isolée de son contexte, en couverture. Le scandale s’est déclenché dans les jours suivants, à quinze jours du début d’une tournée américaine.

Que s’est-il passé à Manille ?
Le groupe n’a pas honoré une invitation à un déjeuner au palais présidentiel le 4 juillet 1966. La télévision locale a exploité l’absence, la protection policière a disparu, et le départ du 5 juillet s’est fait sous les bousculades et les coups à l’aéroport.

Pourquoi les Beatles ont-ils cessé de donner des concerts ?
Pour trois raisons convergentes : des conditions de scène devenues inaudibles et dangereuses, une hostilité américaine liée à la polémique de l’été, et surtout l’impossibilité technique de reproduire sur scène la musique qu’ils enregistraient désormais en studio.

Quel a été le dernier concert payant des Beatles ?
Candlestick Park, à San Francisco, le 29 août 1966, devant environ vingt-cinq mille personnes. Aucune annonce publique n’a été faite : la décision était interne.

Qu’est-ce que l’ADT ?
Un procédé de doublage automatique de la voix, mis au point le 6 avril 1966 par l’ingénieur d’EMI Ken Townsend : deux magnétophones synchronisés avec un léger décalage produisent en une exécution l’épaisseur obtenue jusque-là en chantant deux fois.

L’album américain Revolver est-il le même que le britannique ?
Non. La version Capitol comporte onze titres au lieu de quatorze : trois compositions de Lennon en avaient été retirées et publiées deux mois plus tôt sur un album de compilation américain.

Qu’est-ce que la pochette « du boucher » ?
Une photographie de Robert Whitaker prise le 25 mars 1966, utilisée en juin comme couverture d’un album américain, puis retirée du commerce en quarante-huit heures. Elle n’a jamais servi de pochette au Royaume-Uni.

Qu’ont fait les Beatles à l’automne 1966 ?
Ils ont travaillé séparément pour la première fois : Lennon a tourné un film en Espagne, Harrison a étudié le sitar en Inde pendant six semaines, McCartney a composé la musique d’un long métrage à Londres, Starr est resté en famille.

Quand les Beatles sont-ils revenus en studio ?
Le 24 novembre 1966, sans tournée à préparer, sans film à accompagner et sans date de sortie fixée — situation inédite dans leur carrière.

Quel format faut-il privilégier pour écouter les disques de 1966 ?
Le mono. C’est le seul mixage réellement supervisé, et l’écart avec la stéréo est particulièrement important cette année-là : effets, durées et équilibres diffèrent d’un format à l’autre.


Glossaire

ADT (artificial double tracking) — Doublage automatique de la voix par synchronisation décalée de deux magnétophones. Mis au point le 6 avril 1966 à Abbey Road.

Boucle de bande — Fragment de bande magnétique raccordé sur lui-même, produisant une répétition indéfinie. Fabriquées à domicile par McCartney et mixées en direct sur les séances d’avril 1966.

Cabine à haut-parleur tournant — Enceinte dont le pavillon tourne mécaniquement, conçue pour l’orgue électronique, produisant un effet de modulation et de déplacement. Utilisée sur la voix en 1966.

Double face A — Single dont les deux faces sont présentées comme principales. Le groupe en publie un second exemplaire en août 1966.

EP (extended play) — Disque de quatre titres avec son propre classement britannique. Le format s’épuise en 1966 : le dernier EP de l’année n’atteint que la quatrième place.

Enregistrement à l’envers — Partie instrumentale ou vocale obtenue en retournant physiquement la bande avant l’enregistrement ou la lecture.

Mono / stéréo — Le mono est le seul mixage supervisé et arbitré ; en 1966, l’écart entre les deux formats devient audible et parfois structurel.

Prise directe (direct injection) — Branchement d’un instrument électrique directement dans la console, sans amplificateur ni microphone. Appliquée à la basse en avril 1966.

Quatre-pistes — Magnétophone à quatre signaux indépendants, seul format multipiste disponible au groupe en 1966.

Report (reduction mixdown) — Mélange de plusieurs pistes sur une seule afin de libérer de la place. Devient en 1966 une technique de construction et non un pis-aller.

Sitar — Luth indien à cordes sympathiques. Utilisé de manière décorative en 1965, puis dans une forme musicale authentiquement indienne en avril 1966.

Varispeed — Modification de la vitesse de défilement de la bande, altérant hauteur, tempo et enveloppe du son. Employée systématiquement à partir de 1966, y compris pour raccorder deux versions incompatibles d’une même chanson.


Bibliographie

  • Mark Lewisohn, The Complete Beatles Chronicle — datation des concerts, séances et déplacements de 1966.
  • Mark Lewisohn, The Complete Beatles Recording Sessions — détail séance par séance des sessions d’avril-juin et de novembre-décembre.
  • Ian MacDonald, Revolution in the Head — analyse chanson par chanson de la production 1966.
  • Walter Everett, The Beatles as Musicians: Revolver through the Anthology — l’auteur ouvre précisément son second volume sur cet album.
  • Barry Miles, Paul McCartney: Many Years From Now — source principale sur l’année londonienne de McCartney et les boucles de bande.
  • Geoff Emerick, Here, There and Everywhere — témoignage de l’ingénieur des séances de 1966, à croiser avec prudence.
  • Kevin Ryan et Brian Kehew, Recording the Beatles — référence matérielle et procédurale sur les studios EMI.
  • The Beatles Anthology — témoignages des quatre membres sur la tournée et son arrêt.
  • Steve Turner, Beatles ’66 — étude consacrée à cette seule année.
  • Kenneth Womack, The Beatles Encyclopedia — vérification factuelle et notices de référence.
  • Bruce Spizer, ouvrages consacrés aux éditions américaines — pour l’affaire de la pochette de juin et le Revolver américain.

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