La Chronologie – Biographie Beatles : année 1967
- Sept cents heures de studio pour un seul album, contre une dizaine d’heures pour leur premier — un rapport de un à soixante-dix.
- Le 17 février, un single considéré comme l’un des sommets de leur œuvre manque la première place du classement de référence. C’est la première fois depuis 1962.
- Le 26 mai, Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band : deux cent cinquante mille exemplaires écoulés au Royaume-Uni en sept jours, quinze semaines en tête aux États-Unis, et la fin du double catalogue britannique-américain qui durait depuis quatre ans.
- Le 25 juin, la première émission mondiale par satellite : les Beatles y écrivent la bande-son de l’été devant une audience estimée à quatre cents millions de personnes.
- Le 27 août, Brian Epstein meurt à trente-deux ans dans sa maison de Belgravia. Le groupe apprend la nouvelle au pays de Galles, où il suivait un séminaire de méditation.
- Le 26 décembre, un téléfilm réalisé par le groupe lui-même est diffusé en noir et blanc sur la chaîne publique britannique. La presse du lendemain est unanimement hostile : c’est le premier échec public de leur carrière.
- Deux boutiques, une société, aucun manager : l’année s’achève sur une organisation dont plus personne ne tient les commandes.
Le 1er janvier 1967 : quatre hommes sans échéance
Au premier jour de l’année, les Beatles sont au milieu d’un travail dont personne, y compris eux, ne connaît le terme. Ils enregistrent depuis la fin novembre, sans tournée à préparer, sans film à accompagner, sans date de sortie fixée par leur maison de disques.
Cette situation est absolument neuve. Elle est le produit direct de la décision prise en août précédent d’arrêter les concerts, et elle va produire en douze mois l’année la plus dense, la plus inventive et la plus chaotique de leur carrière.
1967 est l’année où les Beatles obtiennent tout ce qu’ils voulaient — un temps de studio illimité, un contrôle total sur leur production, une audience planétaire — et où ils perdent en une soirée d’août l’homme qui rendait cette liberté administrable. Cet article raconte cette année-là dans ses limites strictes, mois par mois, avec les chiffres vérifiables, les incertitudes signalées comme telles et les légendes remises à leur place.
Janvier : un journal, un contrat, deux chansons de Liverpool
Le chantier en cours
Les séances commencées à la fin de l’automne se poursuivent. Deux chansons sont en travail depuis des semaines : l’une évoque un jardin d’orphelinat de la banlieue de Liverpool, l’autre un carrefour commerçant du même quartier.
La première est achevée par un raccord devenu célèbre : deux versions enregistrées à des tempos et dans des tonalités différentes ont été jugées bonnes chacune pour une moitié. En modifiant la vitesse de défilement des deux bandes jusqu’à ce qu’elles coïncident approximativement, un montage a permis de les souder au milieu du morceau.
La seconde est terminée le 17 janvier par une partie de trompette piccolo confiée à un musicien classique que McCartney avait entendu à la télévision quelques jours plus tôt. La ligne est écrite en séance, sous la dictée, le soliste jouant à la limite supérieure de la tessiture de l’instrument.
17 janvier : un entrefilet de presse
Le 17 janvier, un quotidien britannique publie un entrefilet sur l’état de la voirie d’une commune du Lancashire, où un relevé administratif a dénombré plusieurs milliers de nids-de-poule. La même page contient un compte rendu d’accident de voiture.
Les deux items entrent dans une chanson dont l’enregistrement commence le 19 janvier. Le procédé — assembler une chanson à partir de fragments de journal — est nouveau dans la pratique du groupe, et il devient dans les mois suivants une méthode d’écriture à part entière.
27 janvier : un contrat de neuf ans
Le 27 janvier, les Beatles signent avec EMI un nouveau contrat d’enregistrement d’une durée de neuf ans, aux conditions financières considérablement améliorées.
L’événement est capital et rarement commenté. Il consacre juridiquement ce que l’arrêt des tournées avait rendu inévitable : le groupe est devenu, pour sa maison de disques, un actif dont il faut sécuriser la production à long terme. En échange, il obtient la liberté de travailler à son rythme.
30 et 31 janvier : les films promotionnels
Les 30 et 31 janvier, dans un parc du Kent, le groupe tourne un court film destiné à accompagner le single à paraître. Un second suivra début février.
Ces objets ne ressemblent plus aux courts métrages de l’année précédente. Le réalisateur suédois engagé pour l’occasion utilise ralentis, marche arrière, montage discontinu, éclairage nocturne. Les quatre musiciens y apparaissent avec moustaches et vêtements colorés — première apparition publique de l’iconographie qui définira l’année entière.
Février : quarante musiciens en tenue de soirée
9 février : hors des murs d’EMI
Le 9 février, faute de disponibilité au studio d’Abbey Road, une séance se tient dans un petit studio indépendant du centre de Londres.
C’est la première fois que les Beatles enregistrent au Royaume-Uni ailleurs que dans les studios de leur maison de disques. L’expérience est jugée médiocre techniquement, mais le principe est acquis : le groupe peut travailler ailleurs. Une seconde séance extérieure aura lieu en mai, dans un studio de Barnes.
10 février : la séance de l’orchestre
Le 10 février au soir, le studio un d’Abbey Road accueille quarante et un musiciens d’orchestre convoqués pour une séance dont le contenu ne leur est communiqué qu’à leur arrivée.
La consigne écrite est précise, et elle mérite d’être rappelée exactement parce qu’elle est constamment déformée. Chaque instrumentiste doit partir de la note la plus grave de sa tessiture, atteindre le mi le plus aigu qu’il puisse produire au terme de vingt-quatre mesures, progresser à son propre rythme, et ne pas écouter ses voisins. Il ne s’agit donc ni d’improvisation libre ni de désordre : c’est une trajectoire collective écrite dont chaque exécution individuelle est laissée au musicien.
Le passage est enregistré quatre fois et superposé, produisant l’équivalent d’un orchestre de cent soixante musiciens.
L’organisation de la soirée relève de la performance autant que de l’enregistrement. Les instrumentistes sont priés de venir en tenue de soirée et reçoivent à leur arrivée des accessoires de farces et attrapes : faux nez, chapeaux, ballons. Le groupe a invité une trentaine de personnes, dont plusieurs musiciens de la scène londonienne, et cinq caméras filment la séance.
Correctif : les musiciens n’ont pas « joué n’importe quoi ». Ils ont exécuté une consigne de trajectoire écrite et chronométrée. La différence est essentielle : le résultat n’est pas un accident sonore, c’est une forme.
17 février : le single qui n’atteint pas le sommet
Le 17 février paraît le single R 5570, réunissant les deux chansons liverpuldiennes sur un double face A.
Il ne prend pas la première place du classement de référence, où il plafonne au deuxième rang, retenu par une ballade sentimentale portée par un public bien plus large que celui du groupe. Il atteint en revanche le sommet dans d’autres relevés de l’époque.
L’événement est mineur en soi et considérable en symbole. C’est la première fois depuis 1962 qu’un single des Beatles manque la première place dans le classement retenu comme officiel. George Martin en parlera plus tard comme de la plus grosse erreur de sa carrière : avoir publié en single deux titres qui auraient pu figurer sur l’album de mai.
Les deux faces posent par ailleurs, chacune à sa manière, le programme de l’année : la mémoire d’enfance comme sujet, et le studio comme moyen de la restituer autrement que par le réalisme.
Mars : un album prend forme
Le régiment imaginaire
L’idée directrice de l’album émerge en cours de route. McCartney propose que le groupe se présente sous un nom d’emprunt — une fanfare de garnison édouardienne au patronyme absurde — afin de s’affranchir de sa propre image.
Il faut être précis sur la portée de cette idée.
Correctif : Sgt. Pepper n’est pas un album-concept au sens strict. Le dispositif du régiment imaginaire ne couvre que le titre d’ouverture, sa reprise en fin de disque et l’enchaînement vers le deuxième morceau. Entre les deux, les chansons n’ont aucun lien narratif. McCartney comme George Martin l’ont reconnu explicitement. Ce qui unifie le disque n’est pas une histoire mais un traitement : enchaînements sans silence, cohérence de production, unité de pochette et de format.
Les séances de mars
Mars voit l’enregistrement de plusieurs pièces maîtresses : une chanson née d’un dessin rapporté de l’école par le fils de Lennon, une méditation sur l’amélioration de soi, un portrait de contractuelle du stationnement.
La méthode est désormais stabilisée : on enregistre une base rythmique, on la reporte sur une seconde machine pour libérer des pistes, on empile, on modifie les vitesses, on traite les voix. Un titre peut occuper cinq à six séances.
Correctif : la chanson tirée du dessin de l’enfant n’est pas un acrostiche délibéré. Les initiales du titre correspondent effectivement à celles d’un hallucinogène, mais Lennon a toujours affirmé — et l’entourage l’a confirmé — que le titre venait littéralement de la légende écrite par son fils sous un dessin. La coïncidence est réelle ; l’intention ne l’est pas.
30 mars : la pochette
Le 30 mars, dans un studio photographique de Chelsea, est réalisée la pochette de l’album.
Le décor a été conçu par les artistes Peter Blake et Jann Haworth, avec l’appui du marchand d’art Robert Fraser : un fond composé de portraits grandeur nature découpés, représentant des dizaines de personnalités choisies par les quatre membres du groupe — écrivains, gourous, acteurs, boxeurs, savants, comiques. Devant, le groupe en uniformes de fanfare de satin coloré, encadrant une grosse caisse peinte à la main par un forain, avec un massif floral orthographiant un nom.
Le coût de l’opération est de l’ordre de trois mille livres, à une époque où une pochette de disque coûtait couramment moins de cent livres. Le service juridique d’EMI exige des autorisations écrites pour chaque personnalité représentée ; certaines figures sont retirées à la demande des intéressés ou par prudence.
L’objet fini comprend une pochette ouvrante, une planche de découpages cartonnés, et — première dans l’histoire du disque de musique populaire — le texte intégral des chansons imprimé au dos.
Avril : la fin d’un chantier, le début d’un autre
21 avril : la dernière séance
Le 21 avril, la dernière séance de l’album est consacrée à deux éléments qui ne sont pas de la musique : une note aiguë à quinze kilohertz, à la limite supérieure de l’audition humaine, destinée aux chiens ; et un fragment sonore monté en boucle dans le sillon de sortie du disque, de sorte qu’un tourne-disque sans arrêt automatique le répète indéfiniment.
Ces deux gestes disent le climat de l’époque : un groupe qui dispose d’un temps illimité et qui l’emploie, sur la dernière journée, à des plaisanteries destinées à récompenser l’auditeur attentif.
Le chantier aura duré environ cinq mois et représenté de l’ordre de sept cents heures de studio, pour un coût estimé autour de vingt-cinq mille livres.
25 avril : le chantier suivant
Quatre jours plus tard, le 25 avril, le groupe enregistre une chanson-titre pour un projet qui n’existe pas encore.
L’idée est venue à McCartney début avril, dans l’avion qui le ramenait des États-Unis : un film sans scénario, construit sur le principe d’une excursion en autocar telle qu’on en organisait dans le nord de l’Angleterre, où les passagers ne connaissaient pas la destination. Le groupe s’en chargerait lui-même, sans réalisateur professionnel.
Le titre est enregistré avant qu’aucune décision de production n’ait été prise. C’est l’ordre inverse de celui de 1964 et 1965, où la musique répondait à une commande cinématographique.
Mai : la sortie
11 mai : un studio indépendant
Le 11 mai, la face B du futur single de juillet est enregistrée dans un studio indépendant de Barnes, dans l’ouest de Londres. C’est la deuxième séance extérieure de l’année, et la première réellement productive.
19 mai : la présentation à la presse
Le 19 mai, une centaine de journalistes sont reçus dans le salon de Brian Epstein, à Belgravia, pour la première écoute de l’album. Le photographe Linda Eastman y assiste — c’est la première fois qu’elle rencontre McCartney.
Le dispositif est nouveau : on ne présente plus un disque par un communiqué mais par un événement mondain, où l’objet est écouté collectivement, en présence du groupe.
20 mai : une interdiction
Le 20 mai, la radio publique britannique annonce qu’elle n’entend pas diffuser le titre de clôture de l’album, dont un vers est jugé susceptible d’encourager l’usage de stupéfiants.
L’interdiction précède la sortie du disque de six jours. Elle lui fait une publicité considérable.
26 mai : Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band
Le 26 mai paraît l’album, référencé PMC 7027 en mono et PCS 7027 en stéréo.
Précision de datation : la date du 1er juin est très fréquemment citée, y compris par des sources sérieuses. La publication britannique est intervenue le vendredi 26 mai ; la sortie américaine, le 2 juin. La date du 1er juin correspond à une annonce contractuelle, pas à la mise en vente effective au Royaume-Uni.
Deux cent cinquante mille exemplaires sont écoulés au Royaume-Uni en sept jours. Le disque occupe la première place britannique pendant des mois et la première place américaine pendant quinze semaines consécutives.
Ce que contient le disque
L’unité de production dissimule une hétérogénéité de formes considérable, et c’est elle qui fait la richesse du disque.
On y trouve une fanfare de garnison, une chanson de music-hall des années trente jouée aux clarinettes, une pièce entièrement indienne sans aucun instrument occidental, une valse d’orgue de foire construite à partir du texte d’une affiche de cirque du siècle précédent, une comptine domestique sur la vieillesse, un portrait d’adolescente en fugue traité comme un fait divers, une chanson de contractuelle, et une conclusion en deux parties reliées par une masse orchestrale.
Trois procédés reviennent d’un titre à l’autre et donnent au disque sa cohérence apparente.
Le premier est l’absence de silence : les morceaux s’enchaînent par fondu, par raccord ou par bruit d’ambiance. Le disque se présente comme un spectacle continu, avec applaudissements et rumeur de salle empruntés à des enregistrements d’archive.
Le deuxième est l’omniprésence des instruments extérieurs au groupe : cordes, cuivres, bois, harpe, orgue de foire simulé par montage de bandes découpées et rassemblées au hasard.
Le troisième est le traitement systématique des voix, modifiées en vitesse, comprimées, passées dans des dispositifs de modulation, jusqu’à ce que le timbre naturel de chaque chanteur devienne l’exception.
Le résultat n’a pas d’équivalent dans la production de 1967. C’est aussi ce qui explique qu’aucun de ces titres n’ait jamais été envisagé pour la scène.
La fin du double catalogue
Un fait considérable, presque toujours omis : c’est le premier album des Beatles publié avec exactement le même contenu et le même ordre des deux côtés de l’Atlantique.
Depuis 1964, le public américain recevait des versions amputées, remontées et retraitées des disques britanniques. Cette anomalie prend fin en mai 1967, à la demande expresse du groupe, désormais en position de l’imposer. À partir de cette date, il existe une seule œuvre discographique des Beatles.
Aucun single tiré de l’album
Autre décision structurante : aucun titre de l’album n’est publié en single ni repris sur un EP. Le disque doit être acheté et écouté comme un tout.
Ce refus, banal aujourd’hui, était en 1967 une renonciation commerciale considérable. Il contribue plus que tout le reste à établir l’album comme forme artistique autonome plutôt que comme recueil de chansons.
Juin : quatre cents millions de personnes
La réception
L’accueil critique est d’une ampleur sans précédent. La presse musicale, la presse généraliste et les revues intellectuelles s’emparent du disque simultanément. Des stations américaines interrompent leur programmation pour le diffuser intégralement, en boucle.
Il faut cependant noter que l’unanimité n’est pas totale : quelques critiques, dès juin 1967, jugent le disque maniéré, trop dépendant de ses effets, et regrettent le groupe des années précédentes. Ces voix sont minoritaires, et elles reviendront périodiquement.
25 juin : Our World
Le 25 juin, les Beatles représentent le Royaume-Uni dans la première émission de télévision diffusée en direct dans le monde entier par satellite. L’audience est estimée à quatre cents millions de personnes, dans une vingtaine à une trentaine de pays selon les décomptes.
Ils y interprètent une chanson écrite pour l’occasion, conçue avec un souci explicite de traductibilité : un message tenant en une phrase, compréhensible sans connaître l’anglais. Le studio un d’Abbey Road est décoré de banderoles et de ballons, une trentaine d’invités sont assis en tailleur au sol — dont plusieurs figures majeures de la scène rock britannique — et un orchestre de treize musiciens accompagne, en tenue de soirée.
Correctif : la prestation n’était pas intégralement en direct. Une bande rythmique avait été enregistrée les jours précédents ; les voix, la basse, la batterie, le solo de guitare et l’orchestre ont été exécutés en direct par-dessus. La chose était de notoriété technique à l’époque et n’a rien d’un secret : la diffusion satellitaire ne permettait aucune reprise.
Le tournant public de l’année
Trois semaines après la sortie de l’album, McCartney reconnaît publiquement, dans un magazine américain puis devant les caméras d’une chaîne britannique, avoir consommé du LSD.
La déclaration provoque une controverse immédiate. Elle installe surtout, dans l’esprit du public, un lien explicite entre le disque de mai et les substances psychotropes — lien que le groupe n’avait jamais formulé lui-même.
Juillet : un hymne, une pétition, une île
7 juillet : le single
Le 7 juillet paraît le single R 5620, portant la chanson créée pour l’émission mondiale. Il prend immédiatement la première place et y reste plusieurs semaines. Il devient, sans qu’aucune stratégie ne l’ait prévu, l’hymne d’une saison.
24 juillet : une page dans The Times
Le 24 juillet, une pleine page payante paraît dans le quotidien de référence britannique, appelant à la révision de la législation sur le cannabis. Elle est signée par une soixantaine de personnalités — médecins, députés, écrivains, scientifiques — dont les quatre Beatles et leur manager, qui a financé l’annonce.
C’est la première prise de position politique formelle et signée du groupe. Elle intervient dans un contexte de procès très médiatisés visant d’autres musiciens britanniques, et elle vaut au groupe des inimitiés durables dans la presse conservatrice.
22 au 31 juillet : la Grèce
À la fin du mois, les quatre membres du groupe et leur entourage partent en Grèce avec un projet précis : acheter une île pour y vivre ensemble en communauté, avec studios et maisons individuelles.
L’affaire est menée assez loin — repérages, négociations, démarches auprès des autorités de contrôle des changes — avant d’être abandonnée au retour. Elle mérite d’être mentionnée parce qu’elle documente l’état d’esprit de l’été 1967 : le groupe envisage sérieusement de se soustraire au monde extérieur.
Août : la mort de Brian Epstein
7 août : San Francisco
Le 7 août, George Harrison se rend à San Francisco, dans le quartier devenu l’épicentre de la contre-culture américaine, où il est immédiatement reconnu et suivi par une foule.
Ce qu’il y voit — misère, dépendance, dégradation — produit chez lui une rupture nette. Il déclarera peu après avoir cessé toute consommation d’hallucinogènes à la suite de cette journée, et s’être tourné vers d’autres méthodes. La conséquence directe se lit trois semaines plus tard.
24 août : une conférence à Londres
Le 24 août, les Beatles assistent à une conférence donnée à Londres par le Maharishi Mahesh Yogi, professeur de méditation transcendantale. Ils y ont été conduits par Harrison et sa femme. Ils rencontrent le conférencier à l’issue de la soirée et acceptent de le suivre à un séminaire résidentiel.
25 au 27 août : le pays de Galles
Le 25 août, le groupe prend le train pour Bangor, au nord du pays de Galles. Les images de la gare d’Euston — bousculade, presse, un membre du groupe manquant le départ — font le tour du monde.
Brian Epstein devait les rejoindre le week-end suivant.
27 août : Belgravia
Le dimanche 27 août, Brian Epstein est retrouvé mort dans sa chambre, dans sa maison de Chapel Street, à Londres. Il avait trente-deux ans.
L’enquête du coroner conclura à une surdose accidentelle d’un somnifère à base de bromure, accumulée sur plusieurs jours, associée à l’alcool. La quantité relevée était supérieure à la dose thérapeutique mais inférieure à ce qu’exigerait un acte volontaire.
Correctif : le verdict officiel est celui d’une mort accidentelle. L’hypothèse du suicide circule depuis 1967 et s’appuie sur des éléments biographiques réels — un homme épuisé, dont la fonction professionnelle avait disparu avec l’arrêt des tournées, confronté à des difficultés personnelles qu’il ne pouvait rendre publiques dans la Grande-Bretagne de l’époque. Mais l’enquête a écarté cette conclusion, et il est plus honnête de rapporter le verdict que de le corriger rétrospectivement.
La nouvelle parvient au groupe au pays de Galles. Les quatre membres apparaissent devant les caméras quelques heures plus tard, hébétés, formulant des phrases apprises le matin même sur la continuité de l’existence.
Ce que cette mort supprime
Il faut mesurer précisément ce qui disparaît le 27 août 1967.
Epstein n’était plus, depuis un an, l’organisateur de tournées qu’il avait été. Mais il restait l’interlocuteur unique de la maison de disques, le négociateur des contrats, l’arbitre des désaccords internes, et surtout la personne qui disait non — aux sollicitations, aux mauvaises idées, aux projets impraticables.
Aucun des quatre ne reprend cette fonction. Personne ne la reprendra. Tout ce qui suit dans les mois qui viennent — le film de décembre, la boutique, la société — se déroule sans qu’aucune instance ne soit en position d’opposer un refus.
Septembre : un autocar sans scénario
1er septembre : la décision
Le 1er septembre, les quatre se réunissent chez McCartney et décident de poursuivre le projet de film. La motivation est en partie thérapeutique : il faut faire quelque chose.
11 au 15 septembre : l’autocar
Du 11 au 15 septembre, un autocar peint aux couleurs vives sillonne le sud-ouest de l’Angleterre, avec à son bord le groupe, une trentaine d’acteurs, figurants et amis, et une équipe technique réduite.
Il n’y a pas de scénario. Il existe un diagramme circulaire tracé par McCartney, divisé en secteurs correspondant à des séquences envisagées. Les scènes sont improvisées sur place. Aucune autorisation de tournage n’a été demandée pour la plupart des lieux ; l’autocar, immédiatement repéré, est suivi par des voitures de curieux, ce qui rend plusieurs plans inutilisables.
19 au 24 septembre : West Malling
Le tournage se poursuit sur un ancien aérodrome militaire du Kent, où sont réalisées les séquences les plus élaborées : un numéro de music-hall dans un hangar, une séquence de repas grotesque, une scène de marathon, et la séquence chantée qui reste l’élément le plus abouti du film.
Le montage
Le groupe s’installe ensuite dans une salle de montage londonienne pour assembler dix heures de rushes. Aucun d’eux n’a de formation en montage. L’opération dure onze semaines.
Octobre et novembre : la production continue
17 octobre : l’hommage
Le 17 octobre se tient à Londres une cérémonie à la mémoire de Brian Epstein. Les quatre membres du groupe y assistent.
18 octobre : un film de John Lennon
Le lendemain, le film de guerre satirique tourné l’année précédente est présenté en première à Londres. Lennon y tient un rôle secondaire. L’accueil critique est mitigé ; le public vient pour lui et repart perplexe.
Les séances d’automne
Entre septembre et novembre, six titres nouveaux sont enregistrés pour le film. L’un d’eux, écrit par Lennon, constitue le sommet formel de l’année : texte volontairement inintelligible construit sur des associations sonores, orchestre de seize musiciens, chœur de seize chanteurs professionnels chargés de produire des bruits plutôt que des mots, et surtout un fragment de radio capté en direct pendant le mixage — une retransmission théâtrale de la BBC, intégrée telle quelle au disque.
Ce dernier procédé — laisser le hasard entrer dans un mixage définitif — n’avait jamais été tenté. Il est appliqué le 29 septembre, en présence de tous.
24 novembre : le single
Le 24 novembre paraît le single R 5655. La face A est une chanson de McCartney construite sur une opposition de mots élémentaires ; la face B est le titre le plus complexe jamais publié par le groupe.
Le single prend la première place et l’occupe sept semaines. La face B est écartée des antennes de la radio publique britannique pour un mot jugé inconvenant.
L’arbitrage entre les deux faces provoque une amertume durable chez Lennon, qui considérait sa chanson supérieure. C’est l’une des premières manifestations publiques d’un désaccord interne sur les priorités commerciales.
Le film promotionnel refusé
Le film tourné pour accompagner le single est refusé par la télévision britannique : le syndicat des musiciens interdisait alors la diffusion d’images montrant des instrumentistes feignant de jouer sur une bande préenregistrée.
L’incident illustre une contradiction de l’année : un groupe capable de s’adresser à quatre cents millions de personnes par satellite se heurte encore à une réglementation syndicale nationale.
Quatre trajectoires dans la même année
L’unité de façade de 1967 recouvre des situations personnelles déjà très différentes, et il vaut la peine de les distinguer.
Paul McCartney est, cette année-là, le moteur de fait du groupe. C’est lui qui propose le dispositif de la fanfare, lui qui conçoit le film, lui qui pousse à occuper les studios, lui qui apparaît devant les caméras pour défendre les projets. Il vit à Londres, au centre des réseaux artistiques, et fournit l’essentiel de l’énergie d’organisation après le mois d’août.
John Lennon est dans une position exactement inverse. Il vit en banlieue, écrit ses meilleures chansons de l’année dans un état de retrait revendiqué, et laisse la direction des opérations à un autre. Sa production de 1967 — deux ou trois titres majeurs — est d’une qualité exceptionnelle et d’un volume modeste. C’est la première année où il n’occupe plus la place centrale.
George Harrison consacre l’essentiel de son temps à la musique indienne et à la philosophie qui l’accompagne. Il place une seule composition sur l’album de mai. C’est lui, en revanche, qui conduit le groupe entier vers le séminaire de méditation d’août, décision aux conséquences considérables.
Ringo Starr est le moins sollicité des quatre. Un album construit par superpositions et par montages lui laisse peu d’espace ; plusieurs titres de l’année ne comportent pas de batterie. Son second fils naît en août. Il déclarera plus tard avoir passé une partie de 1967 à jouer aux cartes dans le studio en attendant qu’on ait besoin de lui.
Le film d’animation
Une autre production démarre discrètement à l’automne 1967 : un long métrage d’animation destiné à satisfaire une obligation contractuelle de trois films.
Le groupe ne s’y implique presque pas — il fournit quelques chansons anciennes ou écartées et ne prête pas ses voix, confiées à des comédiens. Le projet est mené par un studio d’animation new-yorkais installé à Londres, avec une direction artistique confiée à un dessinateur tchèque.
Le désintérêt du groupe pour ce chantier est en soi une information : en 1967, ce qui vient d’une obligation contractuelle n’obtient plus leur attention.
Décembre : une boutique, un disque, un échec
7 décembre : la boutique
Le 7 décembre ouvre à Londres, sur Baker Street, une boutique de vêtements financée par le groupe et décorée par un collectif d’artistes néerlandais qui a peint une fresque psychédélique sur toute la façade — laquelle sera d’ailleurs contrainte d’être repeinte en blanc sous la pression des commerçants voisins et de la municipalité.
C’est la première réalisation visible de la société créée dans l’année pour abriter les activités du groupe. Le principe affiché est celui d’un commerce « beau » plutôt que rentable. Aucun des quatre n’exerce de contrôle de gestion.
8 décembre : le double EP
Le 8 décembre paraît la bande sonore du film, sous une forme inhabituelle : un double EP, deux disques de quatre titres au total, dans un livret cartonné de vingt-quatre pages en couleur comportant un résumé du film en bande dessinée.
Le format est un compromis : six chansons, c’est trop pour un EP simple et pas assez pour un album. Vendu sous la barre d’une livre, l’objet se vend massivement et atteint la deuxième place du classement des singles.
Correctif : Magical Mystery Tour n’est pas un album au Royaume-Uni en 1967. C’est un double EP de six titres. L’album de onze titres, qui ajoute les singles de l’année, est une publication américaine parue le 27 novembre. Le disque britannique au format album ne paraîtra que bien plus tard.
15 décembre : le disque de Noël
Le 15 décembre, les adhérents du club officiel reçoivent le cinquième disque souple annuel, le plus élaboré de la série : une véritable petite production de studio, avec chanson originale, sketches et pastiches radiophoniques.
26 décembre : la diffusion
Le lendemain de Noël, le film est diffusé sur la première chaîne publique britannique, à une heure de grande écoute, devant une audience estimée à une quinzaine de millions de téléspectateurs.
Il est diffusé en noir et blanc.
Ce point n’est pas un détail. Le film avait été tourné en couleur, et l’essentiel de son intérêt visuel — costumes, décors, séquences oniriques saturées — repose sur la couleur. La chaîne ne diffusait alors pas encore en couleur sur ce canal. Le public a donc découvert, un soir de fête, un film sans récit et sans couleur.
La presse du lendemain est unanimement hostile. Les termes employés sont durs : incohérent, prétentieux, ennuyeux. C’est le premier échec public de la carrière du groupe, et le premier moment où l’idée qu’ils puissent se tromper devient pensable.
McCartney apparaît le lendemain à la télévision pour défendre le projet, dans un exercice de rattrapage inhabituel.
Ce que l’échec révèle
Il serait facile de conclure que le film était mauvais et d’en rester là. La réalité est plus intéressante.
Le film a été conçu, tourné et monté sans aucune des compétences qu’il exigeait, par quatre musiciens dont personne, depuis le mois d’août, n’était en position de contredire les décisions. Il constitue donc le premier symptôme visible d’un problème d’organisation, et non un accident de goût.
Ce que la critique de décembre 1967 sanctionne n’est pas une œuvre ratée : c’est l’absence d’un mécanisme de décision.
Le bilan chiffré de l’année
Publications britanniques de 1967
| Date | Référence | Format | Titre |
|---|---|---|---|
| 17 février | Parlophone R 5570 | Single (double face A) | «. Pepper’s Lonely Hearts Club Band |
| 25 avril – 3 mai | Premiers titres du projet cinématographique | ||
| 11 mai | Séance en studio indépendant | ||
| 14–25 juin | Préparation et exécution de la prestation satellitaire | ||
| 22 août – 7 novembre | Titres restants du projet cinématographique |
L’écriture en 1967 : la mémoire et le collage
Le retour de Liverpool
Le fait d’écriture le plus net de l’année est le retour du lieu d’origine comme sujet. Deux chansons du single de février portent des noms de lieux réels de la banlieue et du centre de Liverpool ; plusieurs autres titres de l’année convoquent des souvenirs d’enfance, des figures de la génération des parents, des formes musicales d’avant-guerre.
Ce retour est paradoxal chez un groupe alors perçu comme l’avant-garde absolue de son époque. Il s’explique : coupés de la scène, installés dans des maisons de banlieue cossue, les quatre membres du groupe n’ont plus de matière contemporaine à traiter. Ils puisent dans ce qu’ils connaissent.
Le collage comme méthode
L’autre nouveauté est la fabrication de textes par assemblage : entrefilets de presse, phrases entendues, affiches anciennes, listes de mots, comptines déformées.
Un titre de l’album de mai est ainsi construit presque intégralement à partir du texte d’une affiche de cirque du XIXe siècle achetée dans une brocante. Un autre reprend des fragments de journal. Celui de novembre pousse le procédé jusqu’à l’inintelligibilité délibérée.
Ce mode de production a une conséquence critique importante : il rend vaine la recherche systématique d’une signification cachée dans ces textes. Beaucoup de vers de 1967 ne veulent rien dire parce qu’ils n’ont jamais été destinés à vouloir dire.
Les deux styles s’écartent
L’année 1967 est aussi celle où les manières de Lennon et de McCartney deviennent immédiatement distinguables à l’oreille.
Le premier écrit désormais des pièces statiques, harmoniquement immobiles, portées par le timbre et le texte. Le second écrit des formes en mouvement, mélodiquement charpentées, souvent narratives et volontiers pastiches.
Le titre de clôture de l’album de mai, qui juxtapose une section de chacun, est la démonstration la plus claire de cet écart — et, simultanément, la preuve que la collaboration fonctionne encore.
Harrison en retrait
Une seule composition de Harrison figure sur l’album de mai, entièrement construite sur des instruments indiens, sans participation des trois autres. Une autre paraîtra en fin d’année.
Après trois titres l’année précédente, c’est un recul. L’explication tient moins à un rapport de force qu’à une divergence d’intérêt : Harrison travaille alors la musique indienne à temps plein et s’implique peu dans les séances des autres.
L’envers du décor : une organisation sans pilote
Une société sans direction
Au printemps 1967, une structure est constituée pour abriter les activités du groupe. La motivation initiale est fiscale : un montant considérable de bénéfices doit être réinvesti sous peine d’être quasi intégralement absorbé par l’impôt.
Le principe est donc, dès l’origine, de dépenser. Ce qui est raisonnable dans un cadre juridique construit devient périlleux en l’absence de tout contrôle de gestion, ce qui est le cas après le mois d’août.
La boutique comme symptôme
L’ouverture du magasin de Baker Street en décembre est traitée comme une anecdote pittoresque. C’est en réalité un cas d’école : locaux coûteux, aménagement non budgété, absence de contrôle des stocks, personnel recruté par affinité, aucun objectif de rentabilité affiché.
Les pertes seront considérables. Elles sont, dès décembre 1967, prévisibles pour quiconque regarde les comptes — mais personne ne les regarde.
L’absence de refus
Le fil conducteur de tout l’automne 1967 est l’absence d’une instance capable de dire non.
Le film de décembre a été autorisé par ses propres auteurs. La boutique a été ouverte par ses propres actionnaires. Les dépenses ont été validées par ceux qui les engageaient. Aucune de ces décisions n’a été soumise à un examen extérieur.
Ce vide de contrôle est le produit direct du 27 août, et il est la cause structurelle de l’échec de décembre.
Ce qui fonctionne encore parfaitement
Il faut néanmoins être juste : sur le plan artistique, la même absence de contrainte produit en 1967 des résultats extraordinaires. Le groupe qui n’a personne pour lui dire non enregistre également, la même année, un album de sept cents heures et le titre le plus formellement audacieux de sa discographie.
La liberté totale a produit simultanément le sommet et l’échec. C’est la leçon de l’année, et elle n’est pas confortable.
Ce que 1967 fait au son du groupe
Toujours quatre pistes
Aucun magnétophone à huit pistes n’est utilisé en 1967. Tout est réalisé sur quatre pistes, avec des reports en cascade d’une machine à l’autre.
Certains titres passent par trois ou quatre générations de bande. La perte d’aigu et l’accumulation de souffle qui en résultent expliquent le grain particulier des enregistrements de cette année : ce n’est pas un choix esthétique, c’est une conséquence arithmétique.
Le procédé le plus employé consiste à synchroniser manuellement deux machines à quatre pistes, en ajustant la vitesse de l’une pour la faire coïncider avec l’autre — opération instable, réalisée à l’oreille et au doigt sur un potentiomètre.
La modification de vitesse comme principe
Le varispeed devient en 1967 une technique de composition. Les voix sont enregistrées à vitesse réduite pour être restituées plus haut et plus tendues, ou l’inverse. Des instruments entiers sont transposés. Deux versions incompatibles d’une même chanson sont raccordées en tirant sur la vitesse jusqu’à ce que les tonalités se rejoignent.
L’orchestre entre dans le vocabulaire
L’apport le plus visible de l’année est l’usage massif de musiciens d’orchestre : quarante et un le 10 février, treize le 25 juin, seize à l’automne, plus des formations réduites — cuivres, cordes, harpe, clarinettes, cor anglais, tampoura.
Ces musiciens ne jouent pas des arrangements de variété. Ils exécutent des consignes conçues pour le disque : trajectoires, grappes de notes, effets de masse. George Martin y tient un rôle irremplaçable de traducteur entre des musiciens qui ne lisent pas la musique et des instrumentistes qui ne jouent que ce qui est écrit.
Le hasard admis dans le mixage
Le geste le plus radical de l’année est l’intégration, en septembre, d’une émission de radio captée en direct dans le mixage définitif d’un titre. Le contenu du poste n’était pas prévisible ; il est devenu définitif au moment de la gravure.
Le mono comme document
Comme les années précédentes, le mono est le mixage supervisé et arbitré. L’écart avec la stéréo n’a jamais été aussi grand : l’album de mai a demandé environ trois semaines de mixage mono, en présence du groupe, contre quelques jours de mixage stéréo réalisé sans eux.
Pour cette année plus encore que pour les précédentes, la version mono n’est pas une curiosité de collectionneur : c’est le disque tel qu’il a été conçu.
Correctifs factuels
1. Sgt. Pepper est sorti le 1er juin 1967. À corriger. La mise en vente britannique est intervenue le 26 mai ; la sortie américaine, le 2 juin. La date du 1er juin correspond à une annonce contractuelle et non à la disponibilité effective.
2. Sgt. Pepper est un album-concept. Non, au sens strict. Le dispositif de la fanfare imaginaire ne couvre que trois moments du disque. Les chansons n’ont entre elles aucun lien narratif. McCartney et George Martin l’ont reconnu explicitement. L’unité du disque est de production, pas de récit.
3. « Strawberry Fields Forever » / « Penny Lane » a été numéro un. Pas dans le classement de référence. Le single s’est arrêté à la deuxième place du relevé retenu rétrospectivement comme officiel, tout en atteignant le sommet d’autres classements de l’époque. C’est la première fois depuis 1962 qu’un single du groupe manque la première place officielle.
4. Les quarante musiciens du 10 février ont joué ce qu’ils voulaient. Faux. La consigne écrite était précise : partir de la note la plus grave de l’instrument, atteindre le mi le plus aigu au bout de vingt-quatre mesures, progresser à son propre rythme sans écouter les voisins. Le résultat est une forme, pas un désordre.
5. « Lucy in the Sky with Diamonds » est un acrostiche délibéré. Non établi, et démenti. Le titre provient d’une légende écrite par le fils de Lennon sous un dessin. La coïncidence d’initiales est réelle ; l’intention a toujours été niée par l’auteur et par l’entourage.
6. Les Beatles n’ont enregistré qu’à Abbey Road jusqu’à la fin des années soixante. Faux. Deux séances de 1967 se sont tenues ailleurs : une le 9 février dans un studio indépendant du centre de Londres, une le 11 mai dans un studio de Barnes. La première séance hors des murs d’EMI date donc de février 1967.
7. Les albums américains des Beatles ont toujours différé des britanniques. Jusqu’en 1967. Sgt. Pepper est le premier album publié avec un contenu et un ordre identiques des deux côtés de l’Atlantique, à la demande du groupe. Le double catalogue s’arrête là.
8. « All You Need Is Love » a été intégralement jouée en direct le 25 juin. Non. Une bande rythmique avait été enregistrée les jours précédents. Les voix, la basse, la batterie, le solo de guitare et l’orchestre ont été exécutés en direct par-dessus. La diffusion satellitaire n’autorisait aucune reprise.
9. Brian Epstein s’est suicidé. Ce n’est pas le verdict de l’enquête. Le coroner a conclu à une surdose accidentelle de somnifères accumulée sur plusieurs jours. L’hypothèse du suicide circule depuis 1967 et repose sur des éléments biographiques réels, mais elle a été écartée par l’enquête.
10. Magical Mystery Tour est un album des Beatles paru en 1967. Au Royaume-Uni, non. C’est un double EP de six titres publié le 8 décembre. L’album de onze titres, complété par les singles de l’année, est une publication américaine du 27 novembre.
11. Le film Magical Mystery Tour a été diffusé en couleur. Non. Il a été tourné en couleur mais diffusé en noir et blanc le 26 décembre 1967 sur la chaîne publique britannique, qui ne diffusait pas encore en couleur sur ce canal. Cette circonstance a lourdement pesé sur la réception.
12. La stéréo est la version de référence des disques de 1967. Non. Le mixage mono de l’album de mai a demandé environ trois semaines, en présence du groupe ; la stéréo, quelques jours, sans eux. Les deux versions présentent des différences audibles.
Janvier 1967
- 4 Janvier 1967 : Les Beatles sont au studio 2 de EMI .
Les Beatles ont commencé l’année en l’enregistrement de’ Penny Lane’ , en ajoutant une autre partie de piano (John), une guitare solo (George) et une voix (Paul) sur la septième prise, dans un contexte où l’on ne sait pas encore ce qui se passe.
Session de 19h00 à 2h45.
La veille, le 3 janvier, des copies bande à bande de « When I’m Sixty-Four’ » et « Strawberry Fields Forever’ » avaient été réalisées pour être envoyées aux États-Unis. - 5 Janvier 1967 : Session de travail au studio 2 de EMI Londres.
Après que Paul ait enregistré une autre voix sur » Penny Lane « ‘ , en remplacement de celle de la veille, les Beatles se sont attelés à l’objectif principal de cette séance de 19h à 12h15 : préparer une bande d’effets pour le » mouvement underground « ‘ s Carnival Of Light Rave « , qui devait se tenir au Roundhouse de Londres les samedis soirs 28 janvier et 4 février. Les affiches de l’événement, placardées dans toute la capitale, promettaient « une musique composée par Paul McCartney et Delta Music Plus . (Ce dernier nom, apparemment, était un groupe ou une personne différente, et non un pseudonyme de Paul ou des Beatles).
En tant que compositeur, Paul s’est chargé ce soir de la création sur bande d’une étrange collection de boucles et de distorsions. (Ou, comme la presse l’a décrit à l’époque, « une bande de bruits électroniques » . ») Les Beatles n’avaient jamais fait d’enregistrement de ce type auparavant, bien que John ait répété l’e x e r c i c e une nouvelle fois, pour aboutir à’ Revolution 9′ sur le double-album The Beatles de novembre 1968. Ce jour-là, la tentative de’ dura 13 minutes et 48 secondes, soit le plus long enregistrement ininterrompu des Beatles à ce jour. Il s’agissait de la combinaison d’une seule prise de la piste de base et de nombreux ajouts, de sorte qu’à la fin, l’enregistrement comprenait des sons distordus et hypnotiques de batterie et d’orgue, une guitare principale distordue, le son d’un orgue d’église, divers effets (dont un gargarisme à l’eau) et, peut-être le plus intimidant de tous, John et Paul criant de façon démente et braillant à haute voix des phrases aléatoires comme « Are you alright ? » et « Barcelona ! ».
Paul a mis fin à la procédure après presque 14 minutes en lançant un dernier cri à la salle de contrôle : « On peut réécouter maintenant ? » C’est ce qu’ils font, un mixage mono approximatif est réalisé et Paul emporte la bande pour la remettre aux organisateurs de la Rave Carnival Of Light, qui sont sans doute ravis que les Beatles aient produit un enregistrement aussi avant-gardiste juste pour eux. - 6 Janvier 1967 : Les Beatles sont au studio 2 de EMI Londres. Encore plus d’overdubbing sur « Penny Lane » : Paul à la basse, John à la guitare rythmique et Ringo à la batterie. John a également surjoué des tambours congas. Les quatre pistes de la bande étant à nouveau pleines, un autre mixage de réduction est réalisé, la prise sept devenant la prise huit avec deux voies vacantes. John et George Martin jouent du piano et John, Paul et George (Harrison) chantent en scat aux endroits où des cuivres seront ajoutés plus tard. Une nouvelle réduction, de la prise huit à la prise neuf, a été effectuée avant la fin de la session 19h00-1h00, libérant deux pistes supplémentaires.
- 6 Janvier 1967 : Dépôt légal en France par Odeon-EMI, du 33 tours SLSO/LSO 107 des Beatles, qui correspond à la version anglaise de « The Beatles oldies but goodies ».
- 9 Janvier 1967 : Les Beatles sont en studio et travaillent sur « Penny Lane ». Overdubbing de quatre flûtes et deux trompettes et – avec trois des six musiciens jouant les seconds instruments – deux piccolos et un bugle. Les quatre flûtistes sont Ray Swinfield, P Goody, Manny Winters et Dennis Walton et les trompettistes sont Leon Calvert et Freddy Clayton. Au même moment, à l’insu de tous, John enregistrait les conversations entre musiciens’ pour sa collection privée.
Deux autres mixages mono bruts ont été réalisés avant la fin de la session de 19h00 à 1h45 du matin. - 10 Janvier 1967 : Les Beatles travaillent sur la chanson « Penny Lane » dans le studio N°2 de Abbey Road. Expériences d’effets sonores pour « Penny Lane », avec des haricots de scat et une cloche à main surajoutés sur la prise neuf pendant cette session de 19h00 à 1h40 du matin.
- 11 Janvier 1967 : Paul regarde le programme de BBC2 « Masterworks » dont l’invité est David Mason qui joue de la trompette piccolo sur le Concerto brandebourgeois N°2 en fa majeur de Bach. Paul réalise alors que c’est le son qu’il recherche pour sa chanson « Penny lane ».
- 12 Janvier 1967 : Session de travail au studio 2 d’Abbey Road sur la chanson « Penny Lane ». La deuxième série d’overdubs d’instruments classiques sur ‘Penny Lane’ : deux trompettes, deux hautbois, deux cor anglais et une contrebasse. Les trompettistes étaient Bert Courtley et Duncan Campbell, les hautboïstes, qui doublaient également avec le cor anglais, étaient Dick Morgan et Mike Winfield, et le bassiste était Frank Clarke. Deux autres mixages mono grossiers ont mis fin à la session de 14h30 à 23h00.
- 14 Janvier 1967 : La presse londonienne rapporte que Paul aurait refusé l’offre du National theatre d’écrire la musique des chansons de la pièce de Shakespeare « Comme il vous plaira ».
- 14 Janvier 1967 : John est victime d’un accident de la route sans gravité et n’est pas blessé.
- 15 Janvier 1967 : Paul et George assistent au concert de Donovan au Royal Albert Hall.
- 17 Janvier 1967 : Session d’enregistrement de Penny Lane au studio 2 d’Abbey Road.
Paul pense toujours que « Penny Lane » a besoin d’une touche finale et, alors qu’il regarde la série Masterworks de la BBC2 dans la soirée du mercredi 11 janvier, il voit David Mason, membre du New Philharmonia, jouer le Concerto brandebourgeois n° 2 en fa majeur de Bach’ avec l’English Chamber Orchestra de la cathédrale de Guildford. Mason jouait de la trompette piccolo.
Le musicien reçoit un coup de téléphone le lendemain matin et est invité à Abbey Road pour cette session du mardi soir, de 19h00 à 12h30. Il emporte neuf trompettes et, après avoir consulté Paul et George Martin, choisit la trompette piccolo en si bémol. En général, il n’y avait pas de notation à suivre pour Mason, Paul chantant plutôt les parties qu’il voulait et George Martin les écrivant. Il a enregistré deux overdubs distincts – un solo au milieu de la section huit et un flourish vers la fin de la chanson – et a reçu une rémunération spéciale de £27 10s (£27.50) pour sa peine.
Penny Lane » était maintenant terminé, près de trois semaines après avoir été commencé. Trois autres mixages mono ont ensuite été réalisés, le « meilleur » « , numéroté RM 11, ayant été copié pour être envoyé aux États-Unis. - 18 Janvier 1967 : Enregistrement de l’émission de télévision « Scene Special » diffusée par Granada à laquelle les Beatles assistent.
Dans une interview rare pour l’époque, Paul s’est rendu cet après-midi dans un petit studio au rez-de-chaussée de l’un des bureaux du centre de Londres (3 Upper James Street) de la chaîne de télévision Granada Television, basée dans le nord de l’Angleterre, pour discuter, en vue de son inclusion dans un documentaire spécial, du mouvement « underground » (ou « contre-culture » ) actuellement en plein essor dans la capitale, et dont il était un participant clé.
Paul a été interviewé par Jo Durden-Smith, qui a conçu et produit cet excellent film de 29 minutes pour le créneau Scene Special de fin de soirée de Granada’ (un dérivé du magazine d’information Scene At 6.30 de début de soirée). Le sous-titre du film de Durden-Smith était « It’ ‘s So Far Out It’s Straight Down », et le réalisateur était John Sheppard – qui, en 1987, devait aborder le même sujet, en utilisant Sgt Pepper’ ‘s Lonely Hearts Club Band comme pièce maîtresse, pour un documentaire de deux heures intitulé It Was Twenty Years Ago Today. It’s So Far Out It’ ‘s Straight Down » a été projeté par Granada, dans le nord uniquement, le mardi 7 mars (22h25- 22h55), et on ne peut que se demander comment les spectateurs du nord ont réagi à ce portrait sympathique de ce qui était, même pour la plupart des Londoniens, une curiosité sociale vexatoire. Paul apparaît dès le début, puis ici et là tout au long du film, élégamment habillé, moustachu et assis, les jambes croisées, faisant poliment de son mieux pour expliquer les objectifs du mouvement’ . (‘ » Les hétéros devraient accueillir le ‘underground’ parce qu’il représente la liberté… ce n’est pas étrange, c’est juste nouveau, c’est’ pas bizarre, c’est’ juste ce qui se passe autour de’ ).
Durden-Smith a également filmé le comité de rédaction de l’International Times, l’intérieur de la librairie Indica, Pink Floyd jouant « Interstellar Overdrive »‘ au UFO Club, une performance » » au Roundhouse et un « happening » » à Piccadilly Circus. Le documentaire comprend également des images d’une réunion de poésie au Royal Albert Hall avec Allen Ginsberg, Adrian Mitchell et Lawrence Ferlinghetti. Dans un sens, l’interview de Paul a été utilisée pour ajouter du poids, de la crédibilité et une dimension acceptable pour équilibrer les scènes visuelles parfois inhabituelles.
19 Janvier 1967 : Session de travail des Beatles sur la chanson « A Day in the Life« , au studio 2 d’Abbey Road. Le début de « A Day In The Life’ « , la chanson qui allait devenir l’époustouflant final du prochain album des Beatles’ . Les quatre premières prises ont été enregistrées lors de cette session de 19h30 à 2h30. il est décidé que la chanson sera en trois segments. On ne sait pas exactement ce qu’ils étaient, mais pour marquer l’endroit où l’élément allait passer, ils ont demandé à Mal Evans de compter les mesures, de 1 à 24, sa voix étant recouverte d’un écho de bande et soutenue par un piano tintant, et pour signaler la fin de cette section, on a fait sonner un réveil. - 20 Janvier 1967 : Session d’enregistrement de « A Day in the Life » au studio 2 d’Abbey Road. Des mixages de réduction de « A Day In The Life », libérant des pistes pour plus d’overdubbing, ont commencé cette session de 19h00 à 1h10 du matin. La sixième prise est marquée » best » » et est donc agrémentée d’une autre voix principale de John Lennon, de la basse de Paul et de la batterie de Ringo. La voix de Paul apparaît également pour la première fois. C’est un excellent exemple de l’évolution du partenariat Lennon- McCartney pour l’écriture des chansons : La chanson de John avait un début et une fin mais pas de milieu ; celle de Paul avait un milieu mais pas de début ni de fin. Mais les deux morceaux se rejoignaient naturellement, créant une image complète et l’impression qu’ils étaient destinés à ne faire qu’un. L’illusion était renforcée par le fait que la voix de Paul’ , dont la première ligne était « Woke up, fell out of bed », se produisait immédiatement après la sonnerie du réveil sur l’enregistrement original pour marquer la fin du premier intervalle de 24 temps. Profitant de cette heureuse coïncidence, le réveil a été conservé de manière permanente sur la piste. Paul a réenregistré son chant le 3 février, effaçant instantanément cette version du 20 janvier, qui ne servait que de guide approximatif, se terminant sur un juron après avoir fait une erreur.
- 21 Janvier 1967 : George Harrison donne sa première leçon de sitar à Donovan.
- 25 Janvier 1967 : Une copie du mixage master mono RM11 de `Penny Lane’ a été envoyée à Capitol Records le 23 janvier pour la presse américaine. Mais Paul a estimé qu’il pouvait être amélioré. Mais Paul a estimé qu’il pouvait être amélioré, aussi trois autres mixages mono ont été réalisés entre 18h30 et 20h30 ce soir, le nouveau master étant RM14. Les principales différences entre ce morceau et RM11 est l’omission de quelques figures de trompette de David Mason à la toute fin de la chanson. Une copie de RM14 a été faite pour l’Amérique entre 21 et 22 heures. Alors qu’il n’était pas trop tard pour substituer le neuf à l’ancien en Grande-Bretagne, comment-
Cependant, quelques singles utilisant le RM11 avaient déjà été pressés et distribués aux stations de radio américaines en tant que copies de pro- motion/broadcast anticipées – bien que pour la sortie commerciale Capitol ait utilisé le mixage correct.
Le single « Strawberry Fields Forever’ /` Penny Lane’ » est sorti en Grande-Bretagne le vendredi 17 février. Il s’agit du troisième 45 tours double face des Beatles’ en quatre sorties, et les deux chansons ont ainsi été écartées de la course à l’album en cours de réalisation. - 27 Janvier 1967 : Les Beatles signent avec EMI un contrat les liant pour 9 ans avec EMI, prévoyant un profit de 10 % sur les ventes en Angleterre, et 17,5 % sur les ventes américaines.
- 28 Janvier 1967 : Paul et George assistent à un concert des Four Tops au Royal Albert Hall.
- 30 Janvier 1967 : EMI a désespérément besoin de sortir un nouveau 45T des Beatles. Brian Epstein demande à George Martin de lui remettre deux plages issues des sessions d’enregistrement de Sgt Pepper’s. George Martin lui donne à contre coeur « Penny lane » et « Strawberry fields Forever ».
- 30 Janvier 1967 : Première session de tournage du clip de « Strawberry Fields Forever ».
- 31 Janvier 1967 : Deuxième jour de tournage du clip des Beatles « Strawberry Fields Forever » à Knole Park, Sevenoaks, Kent. Les Beatles sont retournés à Sevenoaks au cours de cet après- midi, y restant jusqu’au soir et complétant à cette occasion le clip` Strawberry Fields Forever’ . Parmi les scènes tournées ce jour-là, il y avait celle où Paul est descendu d’une tour, Une séquence de piano qui, jouée à l’envers, montre Paul courant vers l’arbre et sautant sur la branche. Tout cela est bien pensé et inspiré, sans doute, par la fascination actuelle des Beatles’ pour les enregistrements à l’envers.
- 31 Janvier 1967 : La Radio libre « Radio London » est la première station de radio à diffuser « Penny Lane ».
- 31 Janvier 1967 : John fait l’acquisition chez un antiquaire de Senoaks, d’une affiche pour un spectacle de cirque datant de 1843, qui lui servira d’inspiration pour la composition de « Being For the Benefit of Mr Kite ».
Février 1967
- 1er Février 1967 : Les Beatles sont au studio 2 de EMI. Il n’était pas prévu que’ soit Sgt Pepper’ ‘s Lonely Hearts Club Band avant l’arrivée du « Sgt Pepper’ ‘s Lonely Hearts Club Band’ « . En d’autres termes, l’album n’était pas « The Sgt Pepper Project » » jusqu’à l’enregistrement de cette chanson de Paul McCartney et la prise de conscience de Paul’ peu après que les Beatles pouvaient prétendre être en fait le Sgt Pepper’ s band, les autres chansons du LP faisant partie d’un spectacle donné par le combo fictif. Les prises 1 à 9 de la chanson titre’ ont été enregistrées pendant cette session de 19h00 à 2h30.
- 2 Février 1967 : Les Beatles sont au Studio 2 de Abbey Road. Overdubbing de la voix principale de Paul’ et des chœurs du groupe sur ‘Sgt Pepper’ ‘s Lonely Hearts Club Band’ , suivi d’un mixage de réduction de la prise neuf en prise dix, prêt pour les futurs overdubs. Un mixage mono grossier, destiné à la découpe de l’acétate, a été réalisé à la fin de la session de 19h00 à 1h45 du matin.
- 3 Février 1967 : Les Beatles sont au studio 2 de Abbey Road. Plus d’overdubs sur la sixième prise de « A Day In The Life ». Paul réenregistre sa piste vocale, ainsi que la basse, et Ringo efface sa piste de batterie originale en faveur d’un nouveau son de tom- tom distinctif. La session a eu lieu de 19h00 à 1h15 du matin.
- 5 Février 1967 : Les Beatles participent au tournage du vidéo-clip de « Penny lane ». Le tournage du clip de « Strawberry Fields Forever » étant terminé, les Beatles et le réalisateur Peter Goldmann s’intéressent à « Penny Lane ». Désireux de capturer la saveur de la ruelle de la banlieue de Liverpool, mais ne voulant pas ou ne pouvant pas se rendre dans le quartier lui-même, les Beatles se sont rendus à Stratford, dans l’East End de Londres, où ils ont été filmés en train de monter des chevaux blancs et de marcher dans Angel Lane et ses environs entre midi et 16 heures.
Pour renforcer l’illusion que les Beatles se promenaient dans Penny Lane, Goldmann et son équipe de Don Long Productions s’y sont rendus sans le groupe (date inconnue) et ont filmé certains des points de repère locaux mentionnés dans la chanson : le salon de coiffure et l’abribus au milieu du rond- point, ainsi que les célèbres bus verts de Liverpool. Ces images ont ensuite été intercalées avec les séquences des Beatles’ . - 7 Février 1967 : Fin du tournage du clip de « Penny lane ». Pour compléter le clip` Penny Lane’ , les Beatles sont retournés à Knole Park en fin de matinée et ont filmé deux séquences finales : l’une dans laquelle ils ont fait sortir leurs chevaux blancs par une arche dans un mur en ruine et ont contourné le mur sur leur droite ; l’autre dans laquelle, malgré le froid glacial, ils se sont assis à une table de dîner près du plus éloigné des deux étangs voisins et ont été servis avec leurs instruments par deux hommes perruqués (dont l’un était Mal Evans).
Après le montage final, les superbes clips promotionnels pour « Strawberry Fields Forever » et » Penny Lane’ » ont été rapidement distribués/vendus à d’importantes chaînes de télévision dans le monde entier.
En Grande- Bretagne, ils ont été diffusés principalement par la Box Jury le samedi 11 février (BBC], 17h15-17h40) ; « Penny Lane’ » et « Strawberry Fields Forever » ont été diffusés dans Top Of The Pops le 16 février (BBC1, 19h30-20h00) ;’ Penny Lane’ a été diffusé dans TOTP une semaine plus tard (23 février, mêmes horaires) et « Strawberry Fields Forever » une semaine après (2 mars, mêmes horaires). (Ils n’ont pas été inclus dans les compilations TOTP de fin d’année des hits numéro un car, selon le classement de la BBC, le single n’a atteint que le numéro deux). Penny Lane’ a été diffusé sur ITV dans la première édition d’une série télévisée locale de Southern Television, A s Y ou Like It, réalisée par Mike Mansfield et présentée par Pete Murray (samedi 11 mars, 17h15-17h40).
En Amérique, les clips ont été diffusés dans l’émission The Hollywood Palace sur ABC (samedi 25 février, 21h30-22h00, EST), dans l’émission Diskotek de Clay Cole (samedi 11 mars, 18h00-19h30, EST), dans une édition d’A merican Bandstand ce même jour et dans W here The A ction Is (mardi 14 mars, 16h30- 17h00, EST). - 8 Février 1967 : Les Beatles enregistrent 8 prises pour la chanson « Good Morning, Good Morning ». Une session de 19h00 à 2h15 du matin au cours de laquelle les Beatles ont enregistré huit prises de piste rythmique assez simples d’une nouvelle chanson,` Good Morning Good Morning‘ de John, dont le titre est inspiré d’une publicité télévisée britannique pour les cornflakes Kellogg.
- 9 Février 1967 : Regent Sound Studio, Tottenham Court Rd, Londres. Les Beatles’ première session EMI dans un studio britannique autre qu’Abbey Road. Regent Sound était l’un des rares studios indépendants de Londres à cette époque. N’étant plus membre du personnel d’EMI, George Martin était libre de voyager avec les Beatles, mais l’ingénieur du son Geoff Emerick et l’équipe habituelle d’enregistrement d’Abbey Road étaient tous des employés d’EMI et ne pouvaient donc pas les accompagner’ . Adrian Ibbetson, ingénieur en chef chez Regent Sound, remplit le rôle d’Emerick pour cette session, au cours de laquelle trois prises de la nouvelle chanson de Paul` Fixing A Hole‘ sont enregistrées, la deuxième étant » la meilleure . (Les heures de début et de fin de la session n’ont pas été notées).
- 10 Février 1967 : Les Beatles sont au studio 1 de Abbey Road, et travaillent sur la montée orchestrale de « A Day in the life ». Il ne fait aucun doute que l’année 1967 fut une année mouvementée pour les Beatles, et le 10 février doit être considéré comme l’un des moments les plus marquants. C’était Paul qui avait décidé de la meilleure façon de remplir l’intervalle de 24 mesures dans « A Day In The Life » : une montée en puissance orchestrale avec peut- être 90 musiciens jouant d’une note basse présélectionnée jusqu’à la note la plus haute que leur instrument respectif puisse jouer. Comme d’habitude, la tâche de faire de cette vision une réalité a incombé à George Martin, payé 18 £ pour son arrangement dans lequel l’instruction à chaque musicien était (a) de commencer très doucement et de finir très fort, commencer très bas dans la gamme et finir très haut, et (c) faire son propre chemin dans la gamme, indépendamment de son voisin.
Bien que seulement 40 musiciens aient été utilisés au lieu de 90 (le coût s’élevait tout de même à £367 10s, ce qui représentait un investissement considérable), Paul a obtenu plus que ce qu’il avait demandé car l’orchestre a été enregistré quatre fois, sur toutes les pistes d’une bande à quatre pistes (il a ensuite été mixé sur une seule), ce qui signifie qu’il y avait l’équivalent de 160 musiciens. Il s’agissait de : violon : Erich Gruenberg (leader), Granville Jones, Bill Monro, Jurgen Hess, Hans Geiger, D Bradley, Lionel Bentley, David McCallum, Donald Weekes, Henry Datyner, Sidney Sax, Ernest Scott ; alto : John Underwood, Gwynne Edwards, Bernard Davis, John Meek ; violoncelle : Francisco Gabarro, Dennis Vigay, Alan Dalziel, Alex Nifosi ; contrebasse : Cyril MacArther, Gordon Pearce ; harpe : John Marson ; hautbois : Roger Lord ; flûte : Clifford Seville, David Sandeman ; trompette : David Mason, Monty Montgomery, Harold Jackson ; trombone : Raymond Brown, Raymond Premru, T Moore ; tuba : Michael Barnes ; clarinette : Basil Tschaikov, Jack Brymer ; basson : N Fawcett, Alfred Waters ; cor : Alan Civil, Neil Sanders ; percussion (y compris timbales) : Tristan Fry.
George Martin et Paul McCartney se sont relayés pour diriger l’orchestre, laissant Geoff Emerick dans la salle de contrôle pour manipuler soigneusement les faders afin de capturer le crescendo. L’enregistrement a été réalisé à l’aide du système unique « ambiophonique » » de l’énorme studio EMI one, grâce auquel 100 haut-parleurs, installés symétriquement sur les quatre murs, adaptent artificiellement l’acoustique en envoyant des signaux retardés à des intervalles différents, le son résultant étant appelé « ambiophonie ».
Mais les aspects techniques de l’enregistrement ne racontent que la moitié de l’histoire. La séance de 20 heures à 1 heure du matin était, plus que toute autre chose, un événement. Les Beatles ont demandé aux musiciens de porter une tenue de soirée complète mais aussi, en plus, de revêtir des nouveautés. Le violoniste David McCallum portait un nez de clown rouge, le premier violon Erich Gruenberg une patte de gorille’ sur la main de son archet. Tout le monde portait des chapeaux amusants ou une autre sorte de nouveauté de carnaval. Les deux bassons avaient des ballons attachés à leurs extrémités qui se gonflaient et se dégonflaient au fur et à mesure que les instruments étaient joués.
Lorsque l’orchestre est rentré chez lui, les Beatles et quelques amis sont restés en arrière et ont tenté d’enregistrer la coda de la chanson – plus tard un accord de piano fracassant – qui, à ce stade, allait être un long » hummmmmm » . Trois de ces prises se sont soldées par des rires, mais la suivante était suffisamment bonne pour que l’ensemble ajoute des overdubs, remplissant la bande à quatre pistes. Cela devait rester la meilleure idée pour terminer « A Day In The Life »‘ jusqu’à ce que le fameux accord de piano soit enregistré le 22 février.
L’élément orchestral de la session a été filmé par NEMS Enterprises, avec Tony Bramwell comme producteur, exerçant autant de contrôle qu’il le pouvait sur les sept caméras portatives utilisées pour filmer cet événement des plus chaotiques. Le film a été monté plus tard, avec un peu de stock (c’est-à-dire, non-Beatles), en un clip fini pour « A Day In The Life’ » mais il n’a jamais été projeté à l’époque – ni en Grande-Bretagne (où, de toute façon, la chanson a été interdite par la BBC, voir 20 mai 1967) ni ailleurs – ce qui est dommage car les images ont capturé l’essence de la soirée, C’est un petit film fascinant, bien que chaotique, où l’on voit tous les musiciens en tenue de soirée, dont beaucoup portent des nouveautés stupides comme des lunettes à l’envers, des tétons en plastique, des nez rouges, des faux yeux, des cigares à emporter et, sur la tête, des imitations de calvitie et des mouchoirs à main noués. On y voit également la femme de George, Pattie, et les nombreux amis spécialement invités par les Beatles – parmi lesquels Mick Jagger, Marianne Faithfull, Keith Richard, Mike Nesmith, Donovan et Simon et Marijke du groupe de créateurs The Fool. (Marijke a joué du tambourin pendant l’overdub orchestral qui est resté dans les mixages finaux). Le film montrait des éventails de filles éjectés par Neil Aspinall et des bulles flottant autour de l’étendue du studio 1 d’EMI.
La principale raison pour laquelle « A Day In The Life » n’a pas été diffusé est qu’il a été retenu pour une émission de télévision spéciale sur le Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band, ce qui est resté une possibilité tout au long de 1967. (Si la production avait eu lieu, elle aurait préfiguré l’ère des vidéo- albums, autrement mis en avant par Blondie en 1979 avec Eat To The Beat). Bien que finalement abandonné, les Beatles ont nourri des espoirs pour le film du printemps jusqu’à l’automne 1967, car bien que les hebdomadaires musicaux aient cessé de parler du film au début de l’été, donnant l’impression que les Beatles avaient abandonné l’idée, un programme de tournage complet a été établi, à leur demande et pour leur approbation, le 26 septembre par Peacock Productions Ltd – en plein milieu de la production de Magical Mystery Tour.
Bien que ces plans aient été abandonnés – en fait, le tournage n’a même jamais commencé – le calendrier constitue une lecture fascinante. Il prévoyait un budget de 34 000 livres sterling, une période de tournage d’un mois (du 21 octobre au 21 novembre) et u n e durée finale de 52 minutes – « A Day In The Life » (qui utilise évidemment beaucoup plus de séquences de la session du 10 février que le clip de la chanson) durant 19 minutes 15 secondes. Le film devait être tourné en couleur, avec un scénario écrit par Ian Dallas, il aurait été réalisé par Keith Green et coproduit par Vic Singh et Tommy Weber ; il aurait fait appel à deux cameramen (dont l’un, Aubrey Dewar, a tourné Magical Mystery Tour) et, pour un coût de 2 200 £, à 115 figurants (dont 24 enfants, 24 employés de bureau, 12 rockers » » en moto, 12 « Model Rita Maids » » , huit danseurs folkloriques, un laitier, un méditant, un « fou » et un cheik arabe). - 11 Février 1967 : Studios de cinéma de Twickenham, St Margaret’s, Twickenham
Contrairement aux films A Hard Day’ ‘s Night et Help ! qui avaient été terminés et sortis quelques mois seulement après leur mise en production, How I Won The War a été une affaire beaucoup plus lente. Bien que tourné durant l’automne 1966 – John terminant son rôle le 6 novembre – sa première mondiale n’a pas lieu avant le 18 octobre 1967 (au London Pavilion, en présence des quatre Beatles).
Pendant ce long interlude, processus de post- production du film’ ont été entrepris, le doublage post- synchro des voix et de la musique ayant été réalisé au Recording Theatre, ici à Twickenham, de cette date au 3 mars. John a participé au moins une fois – bien qu’il n’existe plus d’enregistrement précis de la ou des dates – au doublage de sa voix sur la bande sonore. Dans une tentative opportuniste, voire carrément culottée, de promouvoir le film, la maison de disques United Artists a sorti un single britannique le 13 octobre 1967, quelques jours avant la première, une « chanson » intitulée « How I Won The War’ « , attribuée au mousquetaire Gripweed and the Third Troop – Gripweed étant le nom du personnage de John’ dans le film. On en déduit clairement qu’il s’agit, en fait, d’un single de John Lennon, publié sans les autres Beatles. En fait, c’était presque sans John Lennon aussi, car la « chanson » » combinait la musique du thème du film écrite par Ken Thorne (qui avait fait de même pour Help !) avec un mélange d’effets et de dialogues extraits de la bande sonore, et John était présent pendant moins de deux secondes. - 13 Février 1967 : Publication du single « Strawberry Fields Forever/Penny Lane » aux Etats Unis. Il restera 10 semaines classé au Billboard, et atteindra la première place.
- 13 Février 1967 : Les Beatles sont au studio 2 d’Abbey Road. Cette session de 19h00 à 3h30 a commencé par la préparation de quatre nouveaux mixages mono de » A Day In The Life « ‘ et s’est ensuite tournée vers l’enregistrement d’un nouveau numéro, » Only A Northern Song » de George ‘ . (Conformément à l’habitude de George’ de raccourcir les titres des chansons, il a commencé cette nuit sous le nom de ‘Not Known’). Commentaire ironique sur le fait qu’elle allait être publiée par Northern Songs, « Only A Northern Song » allait être la principale contribution de George à Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band. En fait, la chanson’ n’a pas été commercialisée avant janvier 1969, sur l’album de la bande originale du film Yellow Submarine. Ce soir-là, les Beatles enregistrent neuf prises de la piste rythmique de la chanson, la troisième étant marquée « meilleure ».
- 14 Février 1967 : Les Beatles sont au studio 2 de Abbey Road. George a continué à travailler sur « Only A Northern Song » en ajoutant deux voix principales sur la prise 12, qui était une réduction de la prise 3 faite au début de cette session de 19h00 à 12h30. Des mixages bruts en mono ont ensuite été réalisés afin de pouvoir couper des disques d’acétate.
- 15 Février 1967 : Publication en Suède du single des Beatles « Penny Lane/Strawberry Fields Forever » qui restera 7 semaines dans les charts.
- 16 Février 1967 : Première diffusion dans l’émission « Top of the Pops » de BBC-TV des clips de « Strawberry Fields Forever » et « Penny Lane ».
- 16 Février 1967 : Les Beatles sont au studio 3 de EMI. Une session de 19h00 à 1h45 du matin qui a commencé par l’overdubing des voix et de la basse sur le meilleur enregistrement de la piste de base du 8 février de` Good Morning Good Morning’. Un mixage mono grossier a été réalisé avant que la prise huit ne soit réduite en prises neuf et dix. Les overdubs sur ces dernières commencent le 13 mars.
- 17 Février 1967 : Publication en Angleterre du single « Strawberry Fields Forever/Penny Lane ». il restera classé 8 semaines dans les Charts, et atteindra la 2eme place.
- 17 Février 1967 : Les Beatles sont au studio 2 d’Abbey Road. Le jour de la sortie en Grande-Bretagne de leur single « Strawberry Fields Forever’ /` Penny Lane », les Beatles se sont engagés dans une session de 19h00 à 3h00 chez EMI, début de l’enregistrement de » Being For The Benefit Of Mr Kite !’ Les paroles de John pour cette chanson proviennent presque entièrement d’une affiche annonçant un cirque près de Rochdale, Lancashire, en février 1843, qu’il avait achetée chez un antiquaire de Sevenoaks le 31 janvier, alors qu’il s’y trouvait pour le tournage du film promotionnel` Strawberry Fields Forever.
Les sept premières prises étaient des enregistrements de pistes rythmiques uniquement (avec George Martin jouant de l’harmonium) ; John a ensuite sur-oublié une voix sur la dernière de ces prises, la bande à quatre pistes a été réduite en prises huit et neuf et John a enregistré une autre voix sur cette dernière. Un mixage mono approximatif a été réalisé à la fin de la session. - 19 Février 1967 : John et Ringo assistent au concert londonien de Chuck Berry et Del Shannon.
- 19 Février 1967 : George et Patti passent la soirée à la maison de Keith Richards dans le Sussex avec Christopher Gibbs, Marianne Faithfull. La police débarque quelques heures après et arrête Mick Jagger, et Keith Richards pour détention de drogue. On prétend que la police aurait attendu le départ de George pour intervenir afin de ne pas arrêter un MBE.
- 20 Février 1967 : Les Beatles sont au studio 2 d’Abbey Road. Quand les Beatles ont commencé à travailler sur « Being for the benefit of Mr Kite ! ». John avait dit à George Martin, en fait, qu’il voulait que l’enregistrement baigne dans une atmosphère de cirque. Incapable de trouver un orgue à vapeur manuel authentique pour le rôle, George a réalisé que le son requis devrait être créé par lui-même à Abbey Road par d’autres moyens. Il s’est donc procuré de vieilles bandes de calliope de marches de Sousa et a demandé à Geoff Emerick de les découper en petites sections, de les jeter en l’air et de réassembler les morceaux au hasard. Le travail a été effectué lors de cette séance de 19h00 à 2h15 du matin (bien que les effets n’aient été superposés à l’enregistrement des Beatles’ que le 29 mars), ainsi qu’un mixage mono approximatif de « Good morning, good morning.
- 21 Février 1967 : Les Beatles sont au Studio 2 d’EMI, et travaillent sur la chanson « Fixing a Hole ». Fixing A Hole’ , l’un des enregistrements les moins compliqués de Sgt Pepper, a été achevé pendant cette session de 19h00 à 12h45 par des overdubs sur un mixage de réduction de la deuxième prise de la session Regent Sound du 9 février. La chanson a ensuite été mixée en mono plusieurs fois, un montage des mixages numérotés trois et six servant de master.
- 22 Février 1967 : Les Beatles sont au studio 2 d’Abbey Road, et travaillent sur la piste piano de « A Day in the Life ».
- 22 Février 1967 : Les Beatles depuis les studios 2 d’Abbey Road .La question restait de savoir comment terminer « A Day In The Life », comment suivre le stupéfiant crescendo orchestral après la dernière ligne vocale de John’ . ‘Le « chœur » » de voix enregistré à la fin de la session du 10 février allait dans la bonne direction, mais n’était peut-être pas assez puissant. Ainsi, dans le premier plateau de cette session 19h00-3h45, John, Paul, Ringo et Mal Evans, se partageant trois pianos, ont enregistré le son de la frappe simultanée d’une note (mi majeur). Il a fallu neuf prises pour parfaire cette seule note, car les quatre musiciens étaient rarement capables de frapper les touches au même moment. La neuvième prise a été considérée comme la « meilleure » » et a donc été enregistrée trois fois de plus, George Martin complétant le son avec un harmonium, jusqu’à ce que les quatre pistes de la bande soient pleines. Le mur de son résultant, qui a duré 53 secondes (il a été effacé un peu plus tôt sur le disque), était la fin parfaite, non seulement de « A Day In The Life’ » mais de Sgt Pepper dans son ensemble. Les Beatles étaient particulièrement enthousiastes à l’idée de participer aux différents mixages et montages mono et stéréo de cette chanson, et ont même trouvé l’énergie d’enregistrer un autre de leurs numéros expérimentaux avant la fin de la session. Ringo était à l’avant-plan dans ce morceau, intitulé « Anything » et comprenant 22 min 10 secondes de battements de tambour, augmentés de tambourin et de congas. On ne sait pas exactement à quoi il était destiné. Il n’a certainement jamais été utilisé, et apparemment, il n’a même pas été mixé.
- 23 Février 1967 : Deuxième diffusion dans l’émission « Top of the Pops » de BBC-TV du clip de « Penny Lane ».
- 23 Février 1967 : Les Beatles sont au studio 2 d’Abbey Road. Cette session de 19h00 à 3h45 a commencé par la préparation par Geoff Emerick du master stéréo de » A Day 1n The Life « . Une fois le travail terminé, les Beatles se mettent au travail sur une nouvelle chanson, « Lovely Rita » de Paul’ , enregistrant huit prises de la piste rythmique et réduisant la huitième à la neuvième prise, sur laquelle Paul a enregistré la basse.
- 23 Février 1967 : Dépôt légal en France par EMI-Odeon, du super 45 tours MEO134 des Beatles contenant les titres : Strawberry Fields Forever, And Your bird can sing, Penny lane, I’m Only sleeping.
- 24 Février 1967 : Les Beatles sont au studio 2 d’Abbey Road. Une session de 19h00 à 1h15 du matin, dont l’essence était l’overdubbing de la voix principale de Paul sur « Lovely Rita »‘ . Cette session a été suivie d’un mixage de réduction qui a transformé la prise 9 en 10 et 11, prête pour d’autres embellissements les 7 et 21 mars.
- 25 Février 1967 : Première diffusion aux Etats unis des films promotionnel « Strawberry Fields Forever » et « Penny Lane » sur ABC television durant l’émission « Hollywood Palace ».
- 28 Février 1967 : Les Beatles sont en studio, et travaillent sur la chanson « Lucy in the Sky With Diamonds ».
En 1967, il était d’usage que les Beatles passent un temps illimité à répéter en studio avant d’enregistrer . Cela peut sembler extravagant aujourd’hui, avec des coûts de studio si élevés, mais avec EMI qui enregistrait les Beatles dans son propre studio, les Beatles n’avaient pas besoin de répéter.
Le temps passé en studio n’était qu’un coût interne, et certainement pas un coût déduit des redevances du groupe.
Les répétition s de cette session de 19hà 3h du matin, de la nouvelle chanson de John « Lucy In The Sky With Diamond s », ont duré si longtemps qu’aucun enregistrement n’a été fait – ceux-ci ont commencé la nuit suivante. Le titre de la chanson’ est né lorsque Julian, le fils de John âgé de trois ans, est rentré de l’école maternelle avec un tableau représentant une fille de son groupe. John lui a demandé comment il s’appelait et Juli an a répondu: « C’ est Lucy, dans le ciel, avec des diamants ».
Ce n’es t donc qu’ une simple coïncidence si les premières lettres de la chanson s’écrivent LS D, même s’il ne fait aucun doute que c’est cette même substance qui a fait jaillir de la tête de John’ , pour les paroles de la chanson, une imagerie verbale aussi colorée sur le papier.
Mars 1967
- 1 Mars 1967 : Les Beatles sont au Studio 2 d’Abbey Road. Sept prises de » Lucy In The Sky With Diamonds » ont été enregistrées lors de cette séance de 19h00 à 2h15 du matin, puis les sept prises ont été réduites à la huitième prise, prête pour l’overdubbing. La première tâche de cette session a été d’ajouter une nouvelle piste de piano sur la prise six de « A Day In The Life », une décision étrange étant donné que les mixages master mono et stéréo avaient déjà été réalisés. Quel que soit son but, cet overdub supplémentaire n’a pas été utilisé.
- 2 Mars 1967 : Studio Two, EMI Studios, Londres. Lucy In The Sky With Diamonds » est l’un des enregistrements les plus rapides de Sgt Pepper : une nuit pour la piste rythmique, une autre pour les overdubs. Cette session de 19h00 à 3h30 s’est occupée de ces derniers, avec une succession d’enregistrements vocaux et d’instruments à vitesse variable ajoutés à la prise huit. Onze mixages mono ont complété le travail de la nuit’ , le dernier étant considéré comme le « meilleur », mais seulement jusqu’à la session suivante.
- 3 Mars 1967 : Studio Two, EMI Studios, Londres. Comme les Beatles prétendaient que le Sgt Pepper’ s Lonely Hearts Club Band était un vrai groupe, quatre musiciens ont été recrutés pourplay les cors français de la chanson titre – James Buck, Neil Sanders, Tony Randall et John Burden. Paul fredonnait les phrases qu’il voulait, George Martin et les musiciens les traduisaient sur papier et l’enregistrement était overdubbed sur la prise dix. Au même moment, comme il l’avait fait le 9 janvier, John enregistre subrepticement les con- versations des musiciens pour ses archives personnelles. Après que les joueurs de cuivres aient obtenu des autographes des Beatles’ (une pratique courante) et soient rentrés chez eux, George Harrison est devenu le centre d’attention, enregistrant un solo de guitare principale très déformé sur la même piste. Cette session de 19h00 à 2h15 du matin s’est ensuite terminée par quatre autres mixages mono de « Lucy In The Sky With Diamonds ».
- 6 Mars 1967 : Les Beatles sont au studio 2 de EMI. Pour faire croire que Sgt Pepper’s était un vrai groupe, Paul a décidé que la chanson titre de l’album’ devrait en plus inclure des sons typiques de l’un des concerts fictifs du groupe’ : les musiciens s’échauffent, le public s’installe, puis applaudit et rit. Au cours de cette session de 19h00 à 12h30, ces effets ont été ajoutés à la dixième prise de la chanson’ .
Il était facile de trouver un enregistrement d’un groupe se préparant pour un concert : lors de la session orchestrale du 10 février pour « A Day In The Life », quatre bandes avaient été réalisées avec de tels effets parasites. Les sons restants pour` Sgt Pepper’ s Lonely Hearts Club Band’ provenaient d’une archive inestimable conservée dans une vieille réserve à Abbey Road ; des extraits du `Volume 28 : Audience Applause And Atmosphere, Royal Albert Hall And Queen Elizabeth Hall’ ont été utilisés pour les murmures du public, tandis que les applaudissements et les rires provenaient, comme il se doit, du `Volume 6 : Applause And Laughter’ , une cassette réalisée en 1961 lors de l’enregistrement live à Londres de la revue Beyond The Fringe. (Plus tard, lorsque la chanson-titre du LP a été introduite dans `With A Little Help From My Friends‘, le montage a été masqué par un autre effet sonore : les cris du public provenant d’un des enregistrements, à ce moment-là inédits, des Beatles en concert au Hollywood Bowl).
Les mixages master mono et stéréo du `Sgt Pepper’ s Lonely Hearts Club Band’ ont été réalisés avant la fin de la session. - 7 Mars 1967 : Les Beatles sont au studio 2 d’EMI Londres. Harmony vocals/effects et overdubbing divers sur `Lovely Rita’, y compris – une fois que la résistance à la traction correcte avait été déterminée à partir d’une sélection appropriée – le son percutant d’un morceau de papier toilette (chaque feuille portant la mention` The Gramophone Company passé dans un peigne à cheveux
- 7 Mars 1967 : Diffusion par la chaîne de télévision Granada de l’émission « Scene Special » à laquelle assistent les Beatles.
- 9 Mars 1967 : Les Beatles sont au studio 2 d’Abbey Road. Une session de 19h00 à 3h30 qui a vu le début de l’enregistrement de` Getting Better‘ de Paul, avec sept prises de piste rythmique enregistrées, puis la prise sept étant réduite cinq fois, en prises huit à douze (la dernière étant marquée » best » ), prêtes pour l’overdubbing les 10, 21 et 23 mars.
- 10 Mars 1967 : Les Beatles sont au studio 2 de EMI.Une session de 19h00 à 4h00 du matin au cours de laquelle George a enregistré une tamboura, la guitare basse de Paul et la batterie de Ringo sur la douzième prise de` Getting Better‘ .. La séance a commencé à 19h00 et s’est terminée à 2h30 du matin.
- 11 Mars 1967 : Les Beatles reçoivent un Grammy Award pour « Michelle » reconnue comme meilleure chanson de l’année 1966.
- 11 Mars 1967 : Les Beatles reçoivent un Grammy Award pour la meilleure prestation voix solo pour Eleanor Rigby.
- 11 Mars 1967 : Les Beatles reçoivent un Grammy Award pour la meilleure couverture de disque avec Revolver.
- 13 Mars 1967 : Les Beatles sont au studio 2 d’EMI. La surimpression de cuivres sur la dixième prise de « Good Morning Good Morning’ « , jouée par six membres de Sounds Inc : trois saxophones (Barrie Cameron, David Glyde et Alan Holmes), deux trombones (John Lee et un autre) et un cor français (Tom someone – personne ne se souvient de son surnom). Précédemment Sounds Incorporated, Sounds Inc était un groupe instrumental de haut niveau qui avait une longue histoire de soutien aux stars américaines en Europe, avait rencontré les Beatles au Star-Club en avril 1962, avait signé un contrat de gestion NEMS avec Brian Epstein en mars 1964 et avait ensuite joué sur certaines des tournées des Beatles, y compris la visite américaine d’août 1965 qui a donné lieu au téléfilm The Beatles At Shea Stadium. Les six musiciens ont été payés 201 £, via NEMS Enterprises, pour cette session de 19h00 à 3h30.
- 15 Mars 1967 : Les Beatles sont au studio 2 d’EMI Londres.En plus de « Only A Northern Song’ « , George a composé une autre composition pour Sgt Pepper : `Within You Without You. Typiquement sans titre à ce stade précoce, c’est la chanson à la consonance la plus indienne qui ait jamais figuré sur un album des Beatles, même si George devait en écrire et en enregistrer d’autres plus tard pour la bande originale du film Wonderwall (voir 28 novembre 1967 et aussi 12 janvier 1968).
La piste de base de` Within You Without You’, première prise, a été enregistrée pendant cette session de 19h00 à 1h30. Natver Soni, du Eastern (not Asian) Music Circle, basé au nord de Londres, a contribué au tabla, Amrat Gajjar a joué du dilruba, P D Joshi a joué du swordmandel, tandis qu’un autre homme, dont le nom n’est pas documenté par EMI, a joué un tamboura bourdonnant avec George et Neil Aspinall. À aucun moment les autres Beatles n’ont participé à l’enregistrement de cette chanson. Un mixage mono approximatif du travail de la nuit a été réalisé entre 1 h 30 et 2 h du matin et George l’a ramené chez lui à Esher. - 17 Mars 1967 : Les Beatles sont au studio 2 d’EMI. Une session de 19h00 à 12h45 au cours de laquelle, en six prises, la partition orchestrale d’une autre nouvelle chanson de Paul McCartney, » She’ s Leaving Home « , a été enregistrée. Fait inhabituel, la partition n’est pas de George Martin mais d’un autre producteur et arrangeur indépendant, Mike Leander, payé 18 £ pour tous les droits sur son travail. George était occupé avec l’un de ses nombreux autres artistes et Paul, peu enclin à attendre, s’était adressé à Leander, une décision qui a piqué Martin
Faisant preuve de bonne grâce, George est néanmoins prêt à diriger les musiciens dans le studio et à admettre que l’arrangement de Leander’ est efficace. Il y avait dix musiciens : Erich Gruenberg (le leader), Derek Jacobs, Trevor Williams et Jose Luis Garcia (violons), John Underwood et Stephen Shingles (altos), Dennis Vigay et Alan Dalziel (violoncelles), Gordon Pearce (contrebasse) et Sheila Bromberg (harpe), cette dernière étant la première femme spécialement recrutée pour jouer sur un enregistrement des Beatles. - 18 Mars 1967 : Penny lane atteint la première place du classement « Charts Singles » du Billboard.
- 20 Mars 1967 : Paul et John donnent une interview à Brian Mattew dans laquelle ils parlent de leur dégoût pour la scène et de l’intéret du travail en studio.
- 20 Mars 1967 : Les Beatles sont au studio 2 d’EMI Londres. Les Beatles se sont délibérément tenus très éloignés les uns des autres pendant l’enregistrement de Sgt Pepper, de sorte qu’une interview donnée par John et Paul à leur vieux copain Brian Matthew ce soir était certainement un coup important pour la radio de la BBC. « Pour souligner la nouvelle utilisation d’Abbey Road par les Beatles’ , Brian Matthew a dû les interviewer sur place – la première fois qu’un Beatles (et, en fait, EMI) avait consenti à le faire – la feuille d’enregistrement de la session consignant l’interview sous le nom de` Beatle Talk’ et montrant qu’elle a été enregistrée au début de la session. Session de 19h00.
L’objectif de Matthew’ était double. Le plus important, c’est qu’il a enregistré les discours de John et Paul’ lors de la remise des trois Ivor Novello Awards de 1966 – pour « Yellow Submarine » (lauréat de la longue catégorie « La face A du disque publié en 1966 qui a réalisé les plus fortes ventes britanniques certifiées ») pour la période du 1er janvier au 31 décembre 1966″, pour « Michelle’ » (« L’œuvre la plus jouée de l’année ») et pour « Yesterday » » (« Deuxième place pour l’œuvre la plus jouée de l’année » « ). Ces discours (2 minutes, 1 minute 25 secondes et 1 minute 35 secondes respectivement) ont été diffusés par le BBC Light Programme le 27 mars (lundi de Pâques), de 14h00 à 15h00, dans The Ivor Novello Awards For 1966. L’événement a été enregistré en direct, devant un public de l’industrie musicale, au Playhouse Theatre de Londres le 23 mars ; John et Paul n’ayant pas souhaité y assister, leurs trois statuettes ont été reçues en leur nom par NEMS’ Tony Barrow et par Ron White, directeur général des services marketing chez EMI Records. Après chaque présentation, le discours de remerciement de John et Paul ( » ) a été diffusé par la sonorisation (et inséré dans le programme), après quoi la chanson a été interprétée en direct au Playhouse par Joe Loss et son orchestre. (La voix principale de `Michelle’ a été chantée par Ross MacManus, père de Declan, alias Elvis Costello).
Jusqu’en 1970, John et Paul ont également remporté plusieurs autres prix Ivor Novello, lors de cérémonies de présentation également retransmises par la radio de la BBC, mais ils n’ont plus jamais enregistré d’interview spéciale, ni reçu les prix en personne. George Martin et Dick James les acceptent en leur nom et font de brefs discours.
L’objectif secondaire de la visite de Brian Matthew’ aux studios EMI ce soir était d’enregistrer une brève intervision supplémentaire avec John et Paul pour une utilisation exclusive par le service de transcription de la BBC dans son émission hebdomadaire Top Of The Pops, vendue par abonnement aux stations d’outre-mer. v(Elle n’a donc pas été diffusée sur le réseau national.) Il ne s’agissait que d’une brève inter- vision, dont quatre minutes seulement ont été utilisées, bien que John et Paul aient eu amplement le temps d’expliquer le changement de direction des Beatles’ vers l’enregistrement et l’abandon des tournées – John en particulier a insisté sur le fait qu’il n’y aurait plus de tournées de concerts, disant succinctement qu’il n’y aurait « plus de` She Loves You‘ .
Après l’interview, Paul et John consacrent le reste de la session à « She’ ‘s Leaving Home », en ajoutant les voix sur la prise neuf (une réduction de la prise une de la nuit précédente). Cette belle chanson est maintenant complète, car aucun des Beatles n’a joué d’instrument de musique : la seule musique jouée sur « She’s Leaving Home » est celle des cordes. L’enregistrement a ensuite été mixé en mono avant la fermeture du jeu à 3h30 du matin. - 21 Mars 1967 : Les Beatles sont au studio 2 d’EMI Londres. C’est plutôt une session d’enregistrement tristement célèbre des Beatles. Alors qu’il se trouve avec Paul et George pour doubler les voix sur un nouveau mixage de réduction de « Getting Better »‘ , John fait simultanément un trip au LSD. Ne se sentant pas bien, il s’excuse et monte les escaliers de la salle de contrôle pour voir George Martin. Réalisant qu’il était malade – bien qu’innocent de la raison – et conscient du fait que l’entrée/sortie des studios EMI était, comme toujours, patrouillée par les fans des Beatles, George emmena John sur le toit du studio deux pour un peu de fraîcheur printanière et l’ont laissé là et sont retournés à la session. Lorsque Paul et George – qui savaient que John avait pris du LSD – ont découvert où il se trouvait, sachant aussi que ce toit particulier n’avait pas de rails ou de harriers, juste une chute de 30 pieds vers le sol en dessous, ils ont rapidement été le chercher.
Comme il fallait s’y attendre, le chant de « Getting Better’ » a dû être enregistré une autre fois (23 mars).
Le solo de piano de « Lovely Rita’ » a également été enregistré lors de cette session de 19h00 à 2h45 du matin, en tant qu’overdub sur la prise 11, après quoi la chanson a été mixée en mono. - 22 Mars 1967 : Les Beatles sont au studio 2 d’EMI Londres.Overdubbing de deux autres parties de dilruba et d’une autre partie de sword- mandel sur le morceau de George’ ‘Within You Without You’ , joué par les mêmes musiciens que le 15 mars : Amrat Gajjar, P D Joshi et Natver Soni respectivement. Un mixage de réduction a ensuite transformé la première prise en deuxième prise et un mixage mono grossier a été réalisé pour le découpage de l’acétate.
Pendant que la session de George’ de 19h00 à 2h15 du matin se déroulait dans le studio deux, tous les autres Beatles intéressés à écouter les masters ainsi terminés de Sgt Pepper le faisaient dans la salle de contrôle du studio un entre 23h00 et 00h30. - 23 Mars 1967 : Les Beatles reçoivent trois Ivor Novello awards pour l’année 1966 meilleure vente de single en Grande Bretagne avec Yellow Submarine, la chanson la plus jouée avec Michelle, et chanson la plus prometteuse avec Yesterday.
- 23 Mars 1967 : Les Beatles sont au studio 2 d’EMI Londres. Une autre tentative d’enregistrement des voix pour « Getting Better »‘ , est superposée à la prise 14. Un mixage de réduction sur la prise 15 et l’overdubbing de bongos sur celle-ci ont complété l’enregistrement, qui a ensuite été mixé en mono avant la fin de cette prise.
Session de 19h00 à 3h45. Mais ce n’était pas l’équipe habituelle de George Martin et Geoff Emerick qui s’occupait de l’enregistrement et du mixage – ils étaient occupés cette nuit-là et c’est donc un autre ingénieur du son des studios EMI, Peter Vince, qui a rempli ces deux rôles. - 27 Mars 1967 : Diffusion à la BBC Light de l’émission « the Ivor Novello Awards for 1966 », enregistrée le 20 mars, durant laquelle les Beatles reçoivent diverses récompenses.
- 27 Mars 1967 : Diffusion de l’émission » The Ivor Novello Awards For 1966 » par la radio » BBC Light » à laquelle les Beatles participent.
- 28 Mars 1967 : Les Beatles sont au Studio 2 d’EMI Londres. La voix principale de John pour « Good Morning Good Morning » a été enregistrée pour la première fois lors de cette session de 19h00 à 16h45. La prise 10 a ensuite été réduite à la prise 11 sur laquelle un solo de guitare (joué par Paul) et la voix de John et Paul ont été superposés. Entre la dernière session et celle-ci, John avait décidé qu’il souhaitait terminer sa chanson par des effets sonores d’animaux, et avait demandé qu’ils soient compilés de telle sorte que chaque animal réussi s o i t capable d’effrayer ou de dévorer son prédécesseur. Les effets ont été réalisés pendant la partie médiane de cette session en recourant à la collection Abbey Road – deux bandes étant particulièrement utiles, « Volume 35 : Animals And Bees » et « Volume 57 : Fox-hunt » – bien qu’elles n’aient été intégrées à la bande quatre pistes que le soir suivant. Avant la fin de cette session, « Being For The Benefit Of Mr Kite ! »‘ a reçu quelques overdubs supplémentaires : George, Ringo, Mal Evans et Neil Aspinall jouent tous de l’harmonica, John de l’orgue et Paul ajoute un solo de guitare.
- 29 Mars 1967 : Les Beatles sont au studio 2 d’EMI Londres. Avec l’ajout des effets animaliers, « Good Morning Good Morning » est maintenant terminé. La tâche suivante de cette session de 19h00 à 17h45 consiste à ajouter d’autres pistes à « Being For The Benefit Of Mr Kite !’ – Les effets sonores élaborés compilés le 20 février sont placés sur le quatre-pistes, ainsi qu’un morceau d’orgue tourbillonnant joué par George Martin et quelques effets d’harmonica joués par George et John.
Pour l’instant, il n’y a pas de pistes vocales de Ringo sur Sgt Pepper, mais John et Paul rectifient le tir avec une chanson écrite spécialement pour lui,’ With A Little Help From My Friends’ , initialement.
L’enregistrement a commencé là où la ligne vocale de « Billy Shears » » devait aller. Dix prises de la piste rythmique ont été enregistrées, puis elles ont été réduites à la prise 11 et Ringo a ajouté sa voix principale sur deux des trois pistes nouvellement libérées. - 29 Mars 1967 : Les Beatles annoncent officiellement le titre de leur tout nouvel album « Sergeant Pepper’s lonely Hearts Club Band ».
- 30 Mars 1967 : Les Beatles sont photographiés au « Chelsea Manor Studios », avec Michael Cooper, pour la couverture de l’album « Sgt Peppers.
- 30 Mars 1967 : Session photos aux Chelsea Manor Studios, pour la pochette de « Sgt Pepper’s ».
- 30 Mars 1967 : Les Beatles sont au studio 2 de EMI Londres. Avant cette séance de 23 heures à 7 h 30 – d’où les heures très tardives de début et de fin – les Beatles se sont rendus au Chelsea Manor [pho- tographic] Studios de Flood Street, Chelsea, pour poser pour les splendides clichés de Michael Cooper qui allaient orner le design de la pochette de Peter Blake’ , ainsi que l’intérieur du gatefold de Sgt Pepper’ s Lonely Hearts Club Band. Une séance de photos qui fera date, en effet.
En arrivant chez EMI, le groupe s’installe directement sur ‘ With A Little Help From My Friends’ , et complète l’enregistrement en ajoutant des guitares, une basse, un tambourin et un baryton. - 31 Mars 1967 : Les Beatles sont au studio 2 de EMI Londres. With A Little Help From My Friends » et » Being For The Benefit Of Mr Kite ! « ‘ ont été mixés en mono lors de cette session de 19h00 à 3h00 – ce dernier n’a été mixé qu’après l’ajout d’une autre partie d’orgue et d’un glockenspiel.
Avril 1967
- 1er Avril 1967 : Les Beatles sont au studio 1 de EMI Londres. Après plus de quatre mois de travail, Sgt Pepper touche à sa fin – même si elle est forcée, car Paul s’envole pour les États-Unis le 3 avril – et y reste jusqu’au 12 – et la livraison de la bande maîtresse mono a été promise à EMI entre-temps. À Avril, c’était la dernière chance pour Paul de contribuer aux voix ou aux instruments du LP. Sgt Pepper’ s L o n e l y Hearts Club Band étant devenu un concept de spectacle, Paul a eu l’idée de reprendre la chanson-titre comme avant-dernière pièce, juste avant le spectacle de fin endiablé qui, il avait déjà été décidé (puisqu’il était certainement impossible de le suivre), serait « A Day In The Life’ . Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band (Reprise) » était une version abrégée et optimiste de son prédécesseur, enregistrée du début à la fin lors d’une seule session entre 19 heures et 6 heures du matin sur une seule bande à quatre pistes, sans aucun mixage de réduction. Il n’y avait ni le temps ni la nécessité de faire des fioritures. Elle a été achevée en neuf prises de pistes rythmiques, avec l’ajout sur la neuvième des voix principales partagées, de diverses percussions et d’autres sons d’audience provenant de la collection d’effets d’Abbey Road, et a ensuite été mixée en mono.
- 3 Avril 1967 : Les Beatles sont au studio 1 d’EMI Londres.L’achèvement de « Within You Without You ». Aucun autre Beatle n’était présent dans le studio pour cette session marathon qui a commencé lorsque, entre 19h30 et 22h30, George Martin a dirigé huit violonistes et trois violoncellistes à travers des surimpressions d’une partition qu’il avait écrite (et pour laquelle il a été rémunéré à hauteur de 10 000 euros). £33) selon les exigences de George Harrison’ . Les vio- linistes étaient Erich Gruenherg (leader), Alan Loveday, Julien Gaillard, Paul Scherman, Ralph Elman, David Wolfsthal, Jack Rothstein et Jack Greene ; les violoncellistes Reginald Kilbey, Allen Ford et Peter Beavan. (Kilbey est également resté pour une demi-session supplémentaire au cas où une partie de violoncelle supplémentaire serait nécessaire). De 22h30 à 3h00 du matin, George a enregistré sa voix principale, une partie de sitar et un soupçon occasionnel de guitare acoustique. Puis, de 3h00 à la fin de la session à 6h30, la chanson a été mixée en mono – mais pas encore de manière concluante.
- 4 Avril 1967 : Les Beatles sont au studio 2 d’Abbey Road. Mixage et montage final mono et stéréo de ‘Within You Without You’ , de 19h00 à 12h45. À la demande de George Harrison’ , quelques secondes de rires ont été ajoutées à la fin des deux mixages, grâce à la bande d’effets d’Abbey Road’ Volume 6 : Applause And Laughter’ .
- 4 Avril 1967 : Paul et Mal Evans quittent l’Angleterre pour San Fransisco.
- 5 Avril 1967 : Paul se rend à Denver pour asssiter à une représentation de sa fiancée, Jane Asher.
- 6 Avril 1967 : Une session de 19 heures à 1 heure du matin qui a produit des mixages mono et stéréo de « Good Morning Good Morning » et des fondus enchaînés (une méthode permettant de superposer la fin d’une chanson avec le début de la suivante) pour le LP mono. Il y a eu deux fondus enchaînés sur Sgt Pepper : la chanson titre dans ‘With A Little Help From My Friends’ et la chanson titre reprise dans ‘A Day In The Life’ .
Création du premier master de « Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band ». - 6 Avril 1967 : Mal Evans loue une voiture chez Hertz et emmène Paul et Jane voir les montagnes Rocheuses.
- 7 Avril 1967 : Studio Two, EMI Studios, Londres ; Les Beatles étaient pour la plupart absents lors de la préparation des mixages stéréo de Sgt Pepper – ils considéraient que le mono était d’une importance capitale et étaient donc toujours présents pour ces mixages, mais se contentaient généralement de laisser les stéréos à George Martin et Geoff Emerick. Travaillant ce jour-là de 19 heures à 1 heure du matin, ils ont produit des masters stéréo de » With A Little Help From My Friends » (avec son fondu enchaîné précédent vers la chanson titre), » Being For The Benefit Of MrKite! », »FixingAHole »‘ et’ LucyInTheSkyWith Diamonds’ .
- 7 Avril 1967 : Paul filme Jane en train de se promener entre les arbres. C’est à ce moment précis qu’il a l’idée d’un voyage mystérieux et magique.
- 8 Avril 1967 : Paul et Mal Evans visitent Central City.
- 9 Avril 1967 : Paul et Mal Evans se rendent au Red Rocks Stadium.
- 10 Avril 1967 : Paul et Mal Evans rendent visite aux Mamas and Papas.
- 10 Avril 1967 : Paul rend visite à Brian Wilson qui est en train d’enregistrer la chanson « Vegetables ».
- 11 Avril 1967 : Paul joue de la guitare sur la chanson « On Top Of Old Smokey » des Beach Boys.
- 17 Avril 1967 :Mixage stéréo de « Getting Better »‘ ,’ She’ s Leaving Home’ When I’ m Sixty-Four’ et’ Lovely Rita’ , fait de 7.00 à 22h30. ‘She’s Leaving Home’ a été mixé en stéréo avec sans référence au mono accéléré, qui dure 3 minutes 26 secondes, alors que le stéréo, nettement plus lent, dure 3 minutes 34 secondes.
- 19 Avril 1967 : Bien qu’un mixage mono du 6 avril de’ Good Morning Good Morning’ ait été inséré dans la bobine mère, il ne s’adaptait pas parfaitement à la reprise de ‘Sgt Pepper’. Le premier a donc été « Good Morning’ dans la première note de guitare similaire au début de ‘ Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band (Reprise)’ . Paul étant rentré des États-Unis, les Beatles ont réservé une séance d’enregistrement pour le lendemain soir, et ont pris le temps de se préparer. `Only A Northern Song’ pour la première fois depuis le 14 février. Pour leur rappeler le travail effectué jusqu’à présent, un autre mixage mono brut a été réalisé.
- 19 Avril 1967 : Les Beatles signent un contrat les liant entre eux pour une durée de 10 ans.
- 20 Avril 1967 : Les Beatles sont au Studio 2 d’Abbey Road. Sgt Pepper’ s Lonely Hearts Club Band (Reprise)’ a été mixé en stéréo dans le studio trois entre 17h00 et 18h15, puis les Beatles sont arrivés à 19h00 pour une session dans le studio deux qui s’est terminée à 2h15 du matin, pour enregistrer les overdubs sur ‘Only A Northern Song’ .
Ils ont d’abord repris la prise trois du 13 février, en effaçant certains éléments existants et en ajoutant une basse, une trompette et un glockenspiel. Puis ils ont avancé à la prise 11 – elle-même un mixage de réduction de la prise trois – et ont ajouté des voix. Le 21 avril, les deux versions sont mixées ensemble en synchronisation pour donner un enregistrement complet. - 21 Avril 1967 : Les Beatles sont au studio 2 d’Abbey Road. Comment un artiste sait-il quand – ou comment – donner le dernier coup de pinceau à son chef-d’œuvre ? Avec « A Day In The Life », Sgt Pepper était déjà prêt à se terminer par un crescendo orchestral. L’enregistrement a commencé à l’endroit où la ligne vocale de « Billy Shears » » devait aller. Dix prises de la piste rythmique ont été enregistrées, puis elles ont été réduites à la prise 11 et Ringo a ajouté sa voix principale sur deux des trois pistes nouvellement libérées.
- 24 Avril 1967 : Publication aux Etats Unis du single de George Martin « Love In The Open Air ».
- 25 Avril 1967 : Les Beatles sont au studio 3 d’Abbey Road et commencent à travailler sur le projet « Magical Mystery Tour ».
- 26 Avril 1967 : Les Beatles sont au studio 3 de EMI et travaillent sur la chanson « Magical Mystery Tour ».
- 27 Avril 1967 : Les Beatles sont au studio 3 de EMI et travaillent sur « Magical Mystery Tour ».
- 29 Avril 1967 : John Lennon participe à l’émission « 14-Hour Technicolor Dream » tournée au Alexandra Palace.
- 29 Avril 1967 : Enregistrement de l’émission de télévision « Man Alive » diffusée par BBC2 à laquelle les Beatles assistent.
- 30 Avril 1967 : Avant cette séance de 23 heures à 7 h 30 – d’où ses heures de début et de fin très tardives – les Beatles se sont rendus au Chelsea Manor [photographic] Studios de Flood Street, Chelsea, pour poser pour les splendides clichés de Michael Cooper qui allaient orner le design de la pochette de Peter Blake’ , ainsi que l’intérieur du gatefold de Sgt Pepper’ s Lonely Hearts Club Band. Une séance de photos qui fera date, en effet.
En arrivant chez EMI, le groupe s’installe directement dans « With A Little Help From My Friends’ « , complétant l’enregistrement en ajoutant des guitares, une basse, un tambourin et des chœurs.
Mai 1967
- 3 Mai 1967 : Les Beatles sont au studio 3 d’Abbey Road et travaille sur les overdubbs de la chanson « Magical Mystery Tour ». L’overdub des trompettes sur` Magical Mystery Tour’ , joué par David Mason (sa troisième session Beatles en autant de mois), Elgar Howarth, Roy Copestake et John Wilbraham. Chaque musicien a été payé 30 £ : 15 £ pour la session de base et 15 £ supplémentaires parce qu’elle s’est prolongée, commençant à 19h00 et ne se terminant qu’à 12h15.
- 4 Mai 1967 : Sept mixages mono de « Magical Mystery Tour » réalisés.
- 8 Mai 1967 : La NEMS publie un communiqué informant le public de la séparation du groupe Gerry & the Pacemakers.
- 9 Mai 1967 : Les Beatles sont au studio 2 d’Abbey Road et travaillent sur une très longue Jam qui ne sera jamais éditée.
- 11 Mai 1967 : Les Beatles sont à l’Olympic Sound Studios, Barnes, de Londres, et travaillent sur « Baby You’re a Rich Man ». Une autre session en dehors d’Abbey Road – Olympic étant l’un des meilleurs studios indépendants de Grande-Bretagne – et certainement une session productive, car en six heures, de 21 heures à 3 heures du matin, les Beatles ont commencé, terminé et mixé en mono « Baby, You’ re A Rich Man » avec le producteur George Martin, l’ingénieur de la balance Keith Grant (également le directeur du studio Olympic) et l’opérateur de bande Eddie Kramer, qui allait bientôt nouer une brillante relation de travail artiste/ingénieur-producteur avec Jimi Hendrix. Cette chanson est la première à être enregistrée spécialement pour le long métrage d’animation Yellow Submarine. Encore un nouveau projet, le film devait être annoncé à la presse le 7 juin 1967, un communiqué ajoutant que les Beatles fourniraient au moins trois nouveaux enregistrements exclusivement pour la bande originale. Mais bien qu’elle ait été utilisée dans le film,` Baby, You’ re A Rich Man’ est d’abord sortie en tant que face B du prochain single des Beatles et n’a donc jamais figuré sur le LP de la bande originale.
Le groupe a enregistré la piste de base en 12 prises, l’a doublée sur une réduction de celle-ci, puis l’a réduite à nouveau pour un travail supplémentaire. La mention « + Mick Jagger ? » » sur l’un des deux magnétophones de la session suggère que le Rolling Stone a peut-être participé à l’enregistrement, en ajoutant peut-être des chœurs dans les refrains endiablés vers la fin de la chanson. Il a certainement assisté à la session. - 12 Mai 1967 : La radio pirate « Radio London » est la toute première radio à diffuser dans son intégralité le disque « Sergeant Pepper’s… ».
- 12 Mai 1967 : Les Beatles sont au studio 2 de EMI et travaillent sur la chanson « All Together Now. Peut-être s’agit-il d’une gueule de bois de la session olympique car, une fois encore, cette fois de retour chez EMI, les Beatles ont commencé, terminé et mixé en mono une autre nouvelle chanson lors d’une session solitaire, et cette fois en moins de six heures, de 19h00 à 12h30. George Martin est absent, Geoff Emerick prenant en charge la salle de contrôle. Il s’agit de la chanson » All Together Now « , destinée à la bande originale de Yellow Submarine, et elle a été enregistrée en neuf prises rythmiques avec des overdubs sur la dernière d’entre elles.
- 13 Mai 1967 : Suite à divers examens, un docteur londonien détecte des troubles dépressifs graves chez Brian Epstein.
- 15 Mai 1967 : Première rencontre entre Paul et Linda McCartney lors d’un concert de Georgie Fame au Bag O’Nails, à Londres.
- 15 Mai 1967 : George assiste à un concert de George Fame au Bag O’Nails.
- 17 Mai 1967 : Les Beatles sont au studio 2 d’Abbey Road et travaillent sur « You Know My Name (Look up the Number). Les Beatles n’ont pas publié de chanson plus singulière que l’excentrique` You Know My Name (Look Up The Number)’ de John’ , ni de chanson plus singulière que les Beatles.
Aucun enregistrement des Beatles n’a été conservé aussi longtemps « en boîte » » , car il est resté inédit jusqu’en mars 1970. (Pour être juste, cependant, le master n’a été achevé que le 26 novembre 1969).
Ce master était un composite de cinq parties différentes, chacune enregistrée séparément, et la première a été abordée dans cette session de 19h00 à 2h30, toujours avec Geoff Emerick comme producteur/ingénieur. Sur 14 prises, la dixième a été marquée » best » « , avec des guitares, une batterie, une basse, des handclaps, des bongos et un peu de chant. - 17 Mai 1967 : Afin de se reposer, Brian Epstein demande à être interné au Priory Hospital de Roehampton.
- 17 Mai 1967 : Diffusion par la chaîne de télévision BBC2 de l’émission « Man Alive » à laquelle assistent les Beatles.
- 18 Mai 1967 : John et Paul assurent les choeurs sur la chanson « We Love You » des Rolling Stones.
- 18 Mai 1967 : La presse annonce que ce sont les Beatles qui ont été choisis pour participer à la première émission diffusée sur le satellite « Our World ». Le groupe hésiterait entre divers titres à jouer pour cet évènement »All You Need is Love » , « Your Mother Should Know » et « Hello Goodbye.
- 19 Mai 1967 : Brian Epstein quitte pour la journée le Priory Hospital où il se repose de ses troubles dépressifs, pour assister à la conférence de presse des Beatles au sujet de l’album à paraître : Sergeant Pepper’s.
- 20 Mai 1967 : John, Ringo, et Paul donnent une interview à Kenny Everett pour l’émission « Where It’s At ».
- 20 Mai 1967 : John, Cynthia, Pattie, George et Brian Epstein sont invités à boire le thé à Sunny Heights, la nouvelle maison de Ringo et Maureen à Weybridge.
- 24 Mai 1967 : Les Beatles se rendent au Speakeasy pour assister à un concert de Procol Harum.
- 25 Mai 1967 : Les Beatles sont aux De Lane Lea Recording Studios. Toujours en l’absence de George Martin, les Beatles ont fait leur première séance dans un autre nouveau lieu londonien ce soir (19h00-2h30) : Le studio De Lane Lea’ , situé dans le sous- sol d’un immeuble de bureaux en face de la station de métro Holborn. L’ingénieur Dave Siddle dirigeait la salle de contrôle, assisté par l’opérateur de bande Mike Weighell. Le but était d’enregistrer un autre numéro de Yellow Submarine, le quelque peu chaotique` It’ ‘s All Too Much’ (connu à ce stade sous le nom de `Too Much’) de George. Après s’être beaucoup échauffés, les Beatles enregistrent quatre prises de pistes rythmiques.
- 25 Mai 1967 : John récupère sa Rolls désormais peinte aux couleurs psychédéliques par P Fallon Coachworks. La marque Rolls Royce dépose une plainte contre John.
- 25 Mai 1967 : Les Beatles sont aux De Lane Lea Recording Studios, Kingsway, à Londres et travaillent sur « It’s All Too Much ».
- 27 Mai 1967 : pour célébrer l’anniversaire de Cilla Black, son manageur, Brian Epstein, organise une fête au « Piccadilly Circus » de Londres, à Manchester, Bristol et Birmingham.
- 31 Mai 1967 : Les Beatles sont aux De Lane Lea Recording Studios, Kingsway, de Londres. Retour au Kingsway pour une session de 19h00 à 12h00 (George Martin toujours absent ; l’équipe du 26 mai est à nouveau active) au cours de laquelle la voix principale de George, les voix de soutien de John et Paul’ , des percussions supplémentaires et des handclaps sont ajoutés à un nouveau mixage de réduction de « It’s All Too Much ». (Cette session a été incorrectement rapportée dans le livre des sessions d’enregistrement comme étant le 26 mai).
Juin 1967
- 1er Juin 1967 : En ce jour, peut-être le plus célèbre de leur carrière, où Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band est publié dans leur pays, les Beatles retournent au studio Kingsway de la société De Lane Lea, toujours sans la supervision de George Martin, et enregistrent des jams instrumentaux sans titre, non planifiés et amateurs lors d’une session de 22h30 à 3h30. La canalisation résolue de leur grand talent, si évidente sur Sgt Pepper, semble avoir disparu, du moins pour le moment.
- 1er Juin 1967 : Publication en France par Odeon-EMI, du 33 tours PMC/PCS 7027 des Beatles, qui correspond à la version anglaise de « Sgt. Pepper’s… »
- 2 Juin 1967 : Sortie aux U.S.A de lalbum « Sergeant Pepper’s.. » qui restera classé dans les 100 premiers du billboard pendant 121 semaines.
- 2 Juin 1967 : Les Beatles sont au studio De Lane Lea à Londres. George Martin est revenu pour cette session de 19h00 à 2h15 du matin au Kingsway, apparemment pour` It’ ‘s All Too Much’, bien que les Beatles aient également trouvé le temps de remplir deux autres cassettes avec le genre de brouillage instrumental décousu et sans titre qu’ils avaient joué la nuit précédente. La session était prévue de 20h00 à 23h00, Paul Harvey étant recruté pour jouer de la clarinette basse et de la clarinette contrebasse pendant ces trois heures, et quatre trompettistes (dont l’un d’entre eux, encore une fois, était David Mason) étant prêts à enregistrer à partir de 20h00. En fait, les musiciens ont travaillé jusqu’à 2 heures du matin pour tenter de capter les sons souhaités mais en grande partie non spécifiés.
- 4 Juin 1967 : George et Paul assistent à un concert de Jimi Hendrix au Saville Theatre de Londres.
- 5 Juin 1967 : Lalbum « Sgt Peppers » numéro 1 au hit-parade en Angleterre pour 27 semaines.
- 7 Juin 1967 : Les Beatles sont au studio 2 d’Abbey Road.Encore des enregistrements fous de « You Know My Name (Look Up The Number) », qui se transforment en jams instrumentaux sans titre et non structurés, avec de nombreuses prises d’une flûte amateure (vraisemblablement jouée par un Beatle), de guitare électrique, de batterie, d’orgue et de tambourin. George Harrison a emporté chez lui un mixage mono brut de la prise 24, comprenant 20 minutes de ces sons, à la fin de cette session artistique de 19h00 à 14h00.
- 7 Juin 1967 : La presse diffuse un communiqué officiel annonçant que très prochainement un dessin animé sera publiée contenant 3 nouvelles chansons des Beatles « Yellow Submarine ».
- 8 Juin 1967 :De nombreuses prises des différentes parties distinctes de » You Know My Name (Look Up The Number) » ont été enregistrées pendant cette période. Session de 19h00 à 1h00 du matin. Outre les morceaux de piano, de batterie, de guitare solo, de basse et de vibraphone des Beatles, Brian Jones des Rolling Stones a contribué, à l’invitation de Paul McCartney, en jouant du saxophone alto.
- 9 Juin 1967 : Les Beatles sont au studio 2 d’Abbey Road.C’est au cours de cette session de 19h00 à 23h00 que ‘You Know My Name (Look Up The Number)’ a été assemblé pour la première fois pour ressembler à sa forme finale, avec le montage et le mixage mono de ses différentes parties en un tout. Ce mixage a ensuite été copié sur une piste d’une bande à quatre pistes, prête pour le doublage des voix. (Ce n’est pas fait avant le 30 avril 1969).
- 14 Juin 1967 : Enregistrement par les Beatles de maquettes de la chanson « All you need is love ».
- 18 Juin 1967 : Formation officielle de la Company Apple LTD.
- 19 Juin 1967 : Scandale Paul McCartney avoue à un journaliste avoir pris du LSD.
- 19 Juin 1967 : Les Beatles sont au studio 3 d’Abbey Road. Une session de 19h00 à 1h45 du matin au cours de laquelle les Beatles ont enregistré les voix principales et secondaires, la batterie, le piano et le banjo sur une nouvelle copie de la dixième prise de ‘All You Need Is Love’. Note : une session de studio 2 prévue pour la soirée du 20 juin n’a pas eu lieu.
- 21 juin 1967 : De 16h30 à 17h00 dans la salle 53, sans la présence des Beatles, ‘All You Need Is Love’ a été mixé en mono. Puis, entre 19h00 et 23h30, le travail a été refait, cette fois en présence des Beatles. Un pressage en acétate de ce dernier mixage est remis à Derek Burrell-Davis, directeur de l’équipe de diffusion extérieure de la BBC pour le 25 juin.
Note : une session de studio 2 prévue pour la soirée du 20 juin n’a pas eu lieu. - 23 Juin 1967 : Les Beatles sont au studio 3 d’Abbey Road où ils travaillent sur « All You Need Is Love ».
- 24 Juin 1967 : Les Beatles sont au studio 1 d’EMI. À un jour du grand événement, les Beatles et EMI ont ouvert les portes du studio d’Abbey Road, habituellement fermé, à plus d’une centaine de journalistes et de photographes pour une conférence de presse qui a duré presque toute la fin de la matinée. De 14 à 16 heures, les Beatles, leurs 13 musiciens et le chef d’orchestre répètent devant les caméras de la BBC, puis de 17 à 20 heures, tout le monde s’installe pour enregistrer les overdubs de la piste rythmique de « A l l You Need Is Love »‘ , rendue particulièrement importante par la nouvelle décision de publier rapidement « All You Need Is Love » en single après la diffusion mondiale à la télévision.
- 25 Juin 1967 : Pour citer la publicité de la BBC, Our World reliait pour la première fois les cinq continents et mettait l’homme face à l’homme, dans des endroits aussi éloignés que Canberra et Cape Kennedy, Moscou et Montréal, Samarkand et Soderfors, Takamatsu et Tunis » . Il est clair que cette session d’enregistrement des Beatles allait être remarquable. Le programme a été conçu par la BBC, qui a présenté son idée à l’Union européenne de radio-télévision en 1966 et qui, sous la direction d’Aubrey Singer (un cadre de la BBC), a continué à jouer le rôle principal dans la réalisation de ce programme de télévision le plus ambitieux, voire historique. Les réseaux de radiodiffusion nationaux de 18 pays ont accepté de fournir du matériel pour la transmission en direct de 125 minutes (en noir et blanc) : Australie (ABC), Autriche (ORF), Canada (CBC), France (ORTF), Italie (RAI), Japon (NHK), Mexique (TS Mexicana), Espagne (TVE), Suède (SRT), Tunisie (RTT), Royaume-Uni (BBC), Etats-Unis (NET), Allemagne de l’Ouest (ARD) et les réseaux d’Etat en Union soviétique, Pologne, Allemagne de l’Est, Tchécoslovaquie et Hongrie. En outre, 13 pays ont accepté de diffuser le programme sans apporter de contribution : Belgique, Bulgarie, Danemark, Irlande, Finlande, Luxembourg, Monaco, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Roumanie, Suisse et Yougoslavie.Au total, le nombre de téléspectateurs potentiels a été estimé à l’avance à environ 500 millions. Cependant, comme d’habitude en ces temps de guerre froide, les sept pays du rideau de fer se sont retirés en bloc quelques jours seulement avant la transmission, ce qui signifie que non seulement 150 millions de téléspectateurs ont été perdus, mais que les contributions de l’Union soviétique, de la Pologne, de l’Allemagne de l’Est, de la Tchécoslovaquie et de la Hongrie ont également été perdues. Rapidement, le Danemark (DZR) a été invité à contribuer ; en effet, le premier élément de Notre Monde provenait de ce pays, diffusé depuis un hôpital d’Arhus. En Grande-Bretagne, Our World a été diffusé par BBC1 entre 19 h 55 et 22 h (en fait, entre 19 h 57 et 21 h 59), mais, bien entendu, les horaires de diffusion varient considérablement d’un pays à l’autre. Au Japon et en Australie, par exemple, l’émission a commencé le lundi 26 juin, les gens regardaient les Beatles à l’heure de la pause déjeuner. À l’inverse, dans certaines régions des États-Unis, où NET (National Educational Television) diffusait l’émission sur son réseau de 113 stations affiliées, c’était encore le dimanche midi. Ce fut, comme on peut l’imaginer, une journée mouvementée et inoubliable pour tous les intéressés. Les Beatles arrivent chez EMI à 14 heures et passent une grande partie de la journée à perfectionner « All You Need ls Love » et à répéter (de 15 heures à 17 heures) pour les caméras de la BBC installées dans le studio 1. Celles-ci sont reliées par des câbles à une camionnette de diffusion extérieure installée sur le minuscule parking d’Abbey Road. De là, le son et les images traversaient le globe via les satellites Early Bird « space booster » » et Lani Bird et ATS/B.
La prise 58 était la version diffusée la plus importante, bien que George Martin ait considérablement réduit la possibilité redoutée d’une erreur à l’antenne en demandant aux Beatles de jouer sur leur propre piste rythmique préenregistrée de la prise dix. En revanche, le chant, la guitare basse de Paul, le solo de guitare solo dans la section du milieu de la huitième prise, la batterie de Ringo’ et l’orchestre étaient réellement en direct. Un mixage mono instantané réalisé par George Martin et Geoff Emerick est transmis directement au van de la BBC et donc au monde entier. La séquence télévisée des événements semble aujourd’hui un peu banale et les enregistrements en studio révèlent le temps de répétition considérable qu’a nécessité cette performance « spontanée » » . En utilisant des b a n d e s enregistrées depuis 17 heures jusqu’à la séquence en direct, Steve Race a présenté les Beatles jouant et chantant la chanson de base.
George Martin a suggéré qu’il était temps de l’orchestre, les musiciens sont entrés, et Mal Evans est entré dans la d a n s e en ramassant des tasses de thé vides. Cette séquence est diffusée de 21h36 à 21h38. De 21h38 à 21h42, c’est le retour au studio pour la séquence en direct la plus importante : l’orchestre et les Beatles… tous sauf Ringo assis sur des tabourets hauts et entouré d’un un grand groupe d’amis – en jouant « All You Need Is Love » dans son intégralité.
L’émission a pris la forme d’une fête. Les musiciens de l’orchestre portent une tenue de soirée formelle tandis que les nombreux amis assis les jambes croisées sur le sol du studio – parmi lesquels Mick Jagger, Marianne Faithfull, Keith Richard, Keith Moon, Eric Clapton, Pattie Harrison, Jane Asher, Mike McCartney, Graham Nash et sa femme, Gary Leeds et Hunter Davies – portent des vêtements plus typiques et colorés de l’époque. Il y avait aussi beaucoup de serpentins, de ballons et de pancartes humoristiques, et beaucoup de chants. À la fin de la chanson, certains des amis ont dansé la conga autour du studio.
Alors que George Martin, particulièrement élégant dans s o n costume blanc, est occupé dans la salle de contrôle du studio, la tâche de diriger l’orchestre ad hoc de 13 musiciens est confiée à l’ancien saxophoniste et multi-instrumentaliste de Manfred Mann, Mike Vickers. Ce même ensemble avait également été employé les 23 et le 24 juin pour l’enregistrement et les répétitions. Il y avait quatre violonistes – Sidney Sax (leader), Patrick Hailing, Eric Bowie et John Ronayne ; deux violoncellistes – Lionel Ross et Jack Holmes ; deux saxophonistes ténors – Rex Morris et Don Honeywill ; deux trombonistes – Evan Watkins et Harry Spain ; un accordéoniste – Jack Emblow ; et deux trompettistes – Stanley Woods (doublant également au bugle) et David Mason, jouant de la même trompette piccolo qu’il avait utilisée pour « Penny Lane’ « .
Une fois l’excitation passée, les caméras de télévision éteintes et les invités partis, John a réenregistré une partie de sa piste vocale, la session se terminant à 1 heure du matin.
A la suggestion, ironique, de l’Union soviétique, une copie 16 mm de l’intégralité de l’émission Our World a été déposée auprès des Nations unies pour la postérité, et elle y est toujours. Le programme a également été préservé par de nombreuses sociétés et entreprises de radiodiffusion participantes, bien qu’aucune ne soit autorisée à répéter la séquence des Beatles’ sans autorisation préalable. En Grande-Bretagne, la BBC a payé des frais supplémentaires au groupe pour qu’il répète le cœur (3 minutes 40 secondes) de leur apparition, en chantant « All You Need Is Love »‘ . Il a été diffusé à nouveau dans Top Of The Pops les jeudis 6 juillet (BBC], 19h40-20h00) et 3 août (BBC1, 19h30-20h00) et dans Top Of The Pops ‘ 67 – Part Two le mardi 26 décembre (BBC1, 17h10-18h10). De plus, un extrait de 16 secondes a été inclus dans Points Of View le mercredi 5 juillet (BBC1, 7.55-8.00). ( A trois autres occasions, Top Of The Pops a projeté des séquences de stock – c’est-à-dire non-Beatles – pour accompagner le disque). - 26 Juin 1967 : Les Beatles sont au studio 2 d’Abbey Road.Une session de 16h00 à 20h00 qui a vu l’overdubbing d’un roulement de caisse claire par Ringo pour le début de ‘All You Need Is Love’ suivi du mixage final en mono. Accompagnée de « Baby, You’re A Rich Man », la chanson est publiée en single en Grande-Bretagne le vendredi 7 juillet. Ici, comme ailleurs, elle s’est hissée sans effort à la première place. Avec la promotion de Our World, elle ne pouvait guère échouer.La sortie de « All You Need Is Love’ » a eu lieu cinq semaines seulement après la sortie du LP Sgt Pepper et pourtant le single n’a pas figuré sur l’album. Aucune des chansons de l’album n’a été publiée en tant que single. Une telle qualité et quantité de production faisait l’envie de tous les contemporains des Beatles’ .
- 28 Juin 1967 : George Harrison est condamné par la South Western Court de Londres, à 6 £ d’amende pour excès de vitesse sur Roehampton Lane, à bord de sa Mini Cooper noire,.
Juillet 1967
- 1er Juillet 1967 : Diffusion de l’émission » Where Its At » par la radio » BBC Light » à laquelle les Beatles participent.
- 3 Juillet 1967 : John, Paul et George assistent à une fête privée donnée par Vic Lewis en l’honneur des Monkeys, au Speakeasy.
- 3 Juillet 1967 : L’album des Beatles « Sergeant Pepper’s… » atteint la première place des charts américains. Il y restera 19 semaines d’affilées, et restera classé 113 semaines.
- 6 Juillet 1967 : Publication en Suède du single des Beatles « All You Need Is Love/Baby, You’re a Rich Man ».
- 7 Juillet 1967 : Publication du 45 Tours « All you need is love / Baby you’re a rich man » en Angleterre.
- 7 Juillet 1967 : Publication en France du single des Beatles « All you need is Love / Baby you’re a Richman » (ODEON-EMI FO 103).
- 13 Juillet 1967 : Dépôt légal en France par Odeon-EMI, du 45 tours FO 102 des Beatles contenant les titres : All you need is Love, Baby you’re a richman.
- 17 Juillet 1967 : Publication du 45 Tours « All you need is love / Baby you’re a Rich man » aux Etats Unis.
- 19 Juillet 1967 : Le Single « All You need is love » atteint la première place dans les Charts Anglais.
- 20 Juillet 1967 : George, et Ringo partent pour Athènes, afin d’y passer quelques jours de vacances en famille. c’est Alex Mardas qui s’est chargé d’organiser ce séjour.
- 20 Juillet 1967 : Publication en Australie du single des Beatles « All You Need is Love / Baby You’re a Richman ».
- 22 Juillet 1967 : John et Cynthia rejoignent Ringo et George en Grèce pour y passer quelques jours de congès.
- 24 Juillet 1967 : Les Beatles signent une pétition pour la légalisation du cannabis , qui sera publiée par le « London Times « .
- 25 Juillet 1967 : Les Beatles profitent de leurs vacances à Athènes pour acheter des instruments de musique, à la surprise des fans et des curieux.
- 26 Juillet 1967 : Ringo Starr et Neil Aspinall mettent fin à leurs vacances en Grèce pour rejoindre Londres, afin d’être au chevet de Maureen, épouse de Ringo, enceinte.
- 29 Juillet 1967 : George et Pattie rentrent de Grèce.
- 31 Juillet 1967 : Le soutien des Beatles à la radio pirate n’a pas faibli jusqu’à la fin – c’est-à-dire la fin de l’âge d’or. Radio London a fermé ses portes pour toujours le samedi 5 août 1967. Le 31 juillet, six jours plus tôt, Ringo s’était rendu dans les bureaux de la station’ , au 17 Curzon Street, et avait enregistré un bref message d’adieu (11 secondes), au nom de tous les Beatles, avec le directeur général de la société’ , Philip Birch. Ce message a été diffusé le dernier jour de Londres.
Août 1967
- 1er Août 1967 : George Harrison, Patty et quelques uns de leurs amis reviennent dégoûtés de San Francisco par lagressivité et la déchéance que peut apporter la drogue et pensent à y renoncer.
- 2 Août 1967 : George visite lécole de musique de Ravi Shankar.
- 3 Août 1967 : Conférence de presse de George Harrison et Ravi Shankar.
- 4 Août 1967 : Ré-édition de l’album des Beatles « The Beatles First » (Polydor), en Suède.
- 4 Août 1967 : George et Pattie assistent au concert de Ravi Shankar à lHollywood Bowl.
- 5 Août 1967 : Diffusion de l’émission » (farewell message) » par la radio » Radio London » à laquelle les Beatles participent.
- 7 Août 1967 : George Harrison et Patti sont à San Fransisco, et prennent contact avec la communauté Hippie.
- 18 Août 1967 : Publication en Grande Bretagne du single des Rolling Stones « We Love You » sur lequel John et Paul chantent dans les choeurs.
- 19 Août 1967 : All You Need Is Love est 1er des Charts singles américains.
- 19 Août 1967 : Naissance de Jason Starkey, fils de Ringo et Maureen.
- 22 Août 1967 : Les Beatles sont aux Chappell Recording Studios, Maddox St. de Londres. La première de deux soirées consécutives chez Chappell, un établissement du centre de Londres appartenant à la société d’instruments de musique et d’édition. Elles ont interrompu ce qui aurait été un interlude de 72 jours entre les sessions d’enregistrement des Beatles.
Le travail des deux soirs a commencé à 19 heures, les Beatles enregistrant le morceau de Paul’ « Your Mother Should Know« , et, bien qu’il ait été refait plus tard chez EMI, c’est cette version de Chappell (avec les overdubs d’EMI du 29 septembre) qui s’est retrouvée sur le EP Magical Mystery Tour. (Les heures de fin de session n’ont pas été notées, bien que pour le 22 août, Chappell ait facturé à EMI plus de deux fois plus de temps de studio que pour le 23, ce qui suggère que la première session a été assez longue et la seconde assez courte). les sessions du groupe, Epstein a assisté par hasard à cette deuxième soirée chez Chappell. Le vendredi 25 août, les Beatles se rendent à Bangor, dans le nord du Pays de Galles, pour passer le week-end à étudier la méditation transcendantale sous la direction du Maharishi Mahesh Yogi, qu’ils n’avaient rencontré que la veille, le 24 août, à Londres. Le fait que les Beatles aient réservé une séance d’enregistrement à Londres pour 19 heures le 25 août, au De Lane Lea, prouve que la visite de Bangor a été organisée à la hâte. EMI a pris en charge les frais d’annulation de 1 h 45. - 23 Août 1967 : Les Beatles sont aux Chappell Recording Studios, Maddox St. de Londres. Deuxième et dernière session chez Chappell, enregistrement d’overdubs sur la prise neuf de « Your Mother Should Know », une réduction faite plus tôt dans la soirée de la prise huit de la nuit précédente’ . Il s’agit de la dernière session d’enregistrement des Beatles’ avant la mort de Brian Epstein, décédé le 27 août. Bien qu’il ait été un visiteur de moins en moins fréquent au sein du groupe.
- 24 Août 1967 : Les Beatles rencontrent le Maharishi Mahesh Yogi lors d’une de ses conférences à l’hôtel Hilton de Londres.
- 25 Août 1967 : Les Beatles se rendent à Bangor, pour assister à un séminaire du Maharishi Mahesh Yogi.
- 26 Août 1967 : Les Beatles sont à Bangor et assistent à une conférence du Maharishi Mahesh Yogi.
- 27 Août 1967 : Brian Epstein est retrouvé mort dans sa maison de Londres.
- 29 Août 1967 : Funérailles de Brian Epstein.
Septembre 1967
- 5 Septembre 1967 : Session d’enregistrement pour Magical Mystery Tour. Travail sur la chanson de John « I am the Walrus.
- 6 Septembre 1967 : Un mixage de réduction de « I Am The Walrus », prise 16 en 17, a été la première tâche de cette session de 19h00 à 3h00. Paul a ensuite ajouté la basse, Ringo la batterie et John sa mémorable voix principale avant que l’enregistrement ne soit mixé en mono afin de pouvoir couper plus de disques d’acétate.
Si « I Am The Walrus » était la contribution classique de John’ à Magical Mystery Tour, celle de Paul était` The Fool On The Hill. L’enregistrement proprement dit de cette chanson ne commencera que le 25 septembre, mais au cours de cette soirée, il enregistre une version démo en solo, assis seul au piano.
Les Beatles se mettent alors à enregistrer la première prise de la piste rythmique de la chanson de George` Blue Jay Way‘ , qui sera leur seul centre d’intérêt le soir suivant. - 7 Septembre 1967 : Studio Two, EMI Studios, Londres. Une session de 19h00 à 15h15 entièrement consacrée à` Blue Jay Way’, avec l’ajout de voix sur la prise deux (une réduction de la prise un), une réduction de la prise deux en prise trois et l’ajout de voix supplémentaires.
- 8 Septembre 1967 : Studio Three, EMI Studios, Londres. Flying‘ – dont le titre provisoire était « Aerial Tour Instrumental » jusqu’en novembre – n’était pas seulement le premier instrumental des Beatles publié par EMI, c’était aussi la première chanson composée conjointement par les quatre membres du groupe : Harrison-Lennon-McCartney-Starkey comme la maison de disques les détaillait par ordre alphabétique.
- 11 Septembre 1967 : Début du tournage du film « Magical Mystery Tour ».
- 12 Septembre 1967 : L’autocar du « Magical mystery Tour » se retrouve coincé sur un pont.
- 12 Septembre 1967 : Enregistrement de l’émission de télévision « Spotlight South-West » diffusée par BBC I à laquelle les Beatles assistent.
- 13 Septembre 1967 : Tournage du film « Magical Mystery Tour ».
- 13 Septembre 1967 : Les Beatles fondent la compagnie Fiftyshapes, Ltd. et mettent John Alexis Mardas (Magic Alex) à sa tête.
- 13 Septembre 1967 : Enregistrement de l’émission de radio » Scene And Heard » diffusée sur BBC Radio I à laquelle les Beatles participent.
- 13 Septembre 1967 : Diffusion par la chaîne de télévision BBC I de l’émission « Spotlight South-West » à laquelle assistent les Beatles.
- 14 Septembre 1967 : Tournage de Magical Mystery Tour.
- 14 Septembre 1967 : Ringo donne une interview à Miranda Ward.
- 14 Septembre 1967 : Enregistrement de l’émission de radio » Scene And Heard » diffusée sur BBC Radio I à laquelle les Beatles participent.
- 15 Septembre 1967 : Tournage du film « Magical Mystery Tour » à Taunton.
- 16 Septembre 1967 : Les Beatles sont au Studio 3 d’Abbey Road. Une reprise de « Your Mother Should Know », avec 11 autres prises numérotées de 20 à 30, a débuté cette session de 19h00 à 3h45, les Beatles créant un son plus puissant que la version précédente de Chappell. L’enregistrement a ensuite été laissé à Paul pour qu’il rumine davantage sur ce qu’il devait en faire exactement. Un mixage mono approximatif de « Blue Jay Way’ » a ensuite été réalisé, puis des copies sur bande de ce mixage et de « I Am The Walrus » ont été réalisées.
- 18 Septembre 1967 : Tournage de séquences du film « Magical Mystery Tour » au Raymond Revue Bar ».Le tournage de Magical Mystery Tour s’est déroulé dans ce club de strip-tease de Soho pendant une journée, afin de tourner la séquence dans laquelle les Beatles et les autres passagers masculins de la voiture regardent Jan Carson se déshabiller au son du Bona Dog Doo-Dah Band, alors inconnu, qui interprète « Death Cab For Cutie ». Le mot « CENSORED » recouvrait les seins nus de Carson’ dans le film terminé. Les Beatles l’avaient placé pendant le montage, sachant pertinemment que la BBC et d’autres organismes de radiodiffusion couperaient toute la scène.
- 18 Septembre 1967 : Publication de l’album « Smiley Smile » des Beach Boys sur lequel figure « Vegetables » chanson à laquelle a participé Paul McCartney.
- 19 Septembre 1967 : Enregistrement de séquences du film Magical Mystery Tour à la base aérienne de West Malling.
- 24 Septembre 1967 : Tournage de la scène de Magical Mystery Tour où on apperçoit les Beatles en train de descendre un grand escalier en chantant « Your mother Should Know ».
- 25 Septembre 1967 : Début des sessions de montage du film « Magical Mystery Tour » chez Norman’s Film Production.
- 25 Septembre 1967 : Prévoyant une semaine pour le montage de Magical Mystery Tour, les Beatles réservèrent du temps dans cette salle de montage de Soho et engagèrent Roy Benson pour faire le travail, supervisé à tout moment par un, deux, trois ou parfois quatre membres du groupe, Paul étant le seul à être toujours présent. Selon les allégations, alors que Paul insistait pour qu’une certaine scène soit coupée d’une certaine manière, John demandait alors un nouveau montage de la manière qu’il préférait, et ainsi de suite jusqu’à ce que, d’une manière ou d’une autre, le montage dure 11 semaines, généralement de 10 heures à 18 heures chaque jour (après quoi les Beatles se rendaient occasionnellement chez EMI pour une session d’enregistrement). Au cours de ces 11 semaines, environ dix heures de film ont été ramenées à 52 minutes, perdant au passage des scènes entières et des idées inhabituelles telles qu’un insert filmé sans rapport avec le film, montrant Traffic en train d’interpréter le hit-parade actuel « Here We Go Round The Mulberry Bush.
Certains enregistrements ont également été effectués ici, dans Old Compton Street, John doublant un commentaire narratif occasionnel sur les images. (La ou les dates exactes d’enregistrement ne sont pas connues, mais pas avant le début du mois de novembre).
Les Beatles ont travaillé cette nuit-là chez EMI, une session de 19h00 à 3h00 du matin qui a abouti au premier véritable enregistrement de « The Fool On The Hill« ‘ , après la démo de Paul’ du 6 septembre. Trois prises de la piste rythmique de base ont été enregistrées, y compris les harmonicas joués par John et George ; des overdubs d’une flûte à bec (jouée par Paul), de la batterie et de la voix principale de Paul ont ensuite été ajoutés sur la quatrième prise (un mixage de réduction de la troisième prise). Un mixage mono brut termine la session.
Dans le but de passer rapidement à travers les enregistrements Les Beatles ont réservé du temps de studio du lundi au vendredi de cette semaine, des sessions d’après-midi et de soirée, et les trois derniers jours, ils ont réservé simultanément non pas un mais deux studios. Il se trouve qu’ils ont sous-utilisé le temps qui leur était alloué – mais, là encore, ils n’ont pas eu à s’inquiéter de l’utilisation de l’affiche. - 26 Septembre 1967 : Les Beatles sont au Studio 2 d’Abbey Road. Une reprise de « The Fool On The Hill », avec un enregistrement de la piste de base numérotée en cinquième prise, sur laquelle une foule d’instructions ont été superposées. Cet enregistrement a ensuite été réduit à la prise six avec des voix et des basses superposées. Le producteur George Martin était absent pour cette session de 19h00 à 16h15, le nouvel ingénieur du son des Beatles, Ken Scott, devant remplir une double tâche.
- 27 Septembre 1967 : Deux enregistrements séparés pour « 1 Am The Walrus » : une session orchestrale de 14h30 à 17h30 dans le studio 1 et une session vocale de 19h à 3h30 dans le studio 3, au cours de laquelle la chanson de John a été enregistrée est devenu l’un des numéros les plus fascinants des Beatles’ . L’overdub orchestral a été mis en place simultanément des mixages de réduction de la prise 17, avec 16 musiciens jouant la merveilleuse partition de George Martin – violons : Sidney Sax (leader), Jack Rothstein, Ralph Elman, Andrew McGee, Jack Greene, Louis Stevens, John Jezzard, Jack Richards ; violoncelles : Lionel Ross, Eldon Fox, Bram Martin, Terry Weil ; clarinette : Gordon Lewin ; cors : Neil Sanders, Tony Tunstall, Mo (Morris) Miller.
En passant au studio 3, les Beatles ont reçu 16 membres du groupe Mike Sammes.
Les chanteurs de 19h00 à 22h00 environ, ces chanteurs MOR très expérimentés, huit hommes et huit femmes, sont invités à chanter des choses comme « Ho-ho-ho, hee-hee-hee, ha-ha-ha », « »Oompah, oompah, stick it up your jumper ! » , » Got one, got one, everybody’s got one » et une série de cris stridents, tous en overdubs sur la prise 25 (une réduction de la prise 20, la meilleure » avec l’orchestre). Les huit chanteuses étaient Peggie Allen, Wendy Horan, Pat Whitmore, Jill Utting, June Day, Sylvia King, Irene King et G Mullen, les huit hommes étaient Fred Lucas, Mike Redway, John 0 ‘ Neill, F Dachtler, Allan Grant, D Griffiths, J Smith et J Fraser. (Cet overdub de Mike Sammes était initialement prévu pour le 15 septembre, mais aucune session n’a eu lieu ce jour-là).
Avant la fin de la session à 3h30 du matin, Paul a ajouté une autre voix sur’ The Fool On The Hill’ et l’enregistrement a ensuite été mixé à nouveau en mono. - 28 Septembre 1967 : Cette journée mouvementée a commencé par une session de 16h00 à 17h30 dans le studio, deux dans lesquels, tout d’abord, des copies de bandes de « Magical Mystery Tour » et « Flying » ont été faites pour référence par la compagnie de film (comme indiqué précédemment, les derniers mixages de »b est » ont été utilisés dans la copie finale du film) et ensuite, plus important, la bande à quatre pistes de « I Am The Walrus » a été complétée quand un mixage de réduction de la prise 25 a été superposé à la prise d’où il provenait, la prise 17. Travaillant de 19h00 à 3 heures du matin, il a été mixé en mono, édité et marqué « meilleur », bien que pour seulement 24 heures. Flying’ – toujours intitulé » Aerial Tour Instrumental » – était le prochain point à l’ordre du jour de la soirée’ , avec des overdubs sur la prise huit et la création par John et Ringo de divers effets et bandes de retour, également overdubés sur le même enregistrement. Le tout a ensuite été mixé grossièrement en mono et monté avant la fin de la session.
- 29 Septembre 1967 :Les Beatles ne sont plus les « joyeuses pop stars » » qu’ils avaient longtemps été perçus par le public. Avec leur adoption de la drogue et maintenant de la méditation transcendantale, il y avait de nombreuses possibilités pour un ou plusieurs membres du groupe de figurer non seulement dans des émissions pop pour adolescents mais aussi dans des programmes de discussion intelligents.
Entre 22h30 et 23h13 ce soir, John et George ont été vus en train de faire exactement cela, discutant avec David Frost à propos de TM pendant toute la seconde moitié de cette troisième édition de sa nouvelle série trihebdomadaire de fin de soirée The Frost Programme, réalisée et mise en réseau par Rediffusion et enregistrée devant un public dans le studio 1 entre 18h00 et 19h00 dans les locaux de la société’ à Wembley, d’où les Beatles étaient auparavant apparus dans des programmes tels que la série pour enfants Tuesday Rendezvous dans ce qui semble maintenant être une époque lointaine et antérieure. (La première partie de cette émission de 45 minutes, jusqu’à la pause publicitaire, portait sur le même sujet : une interview du Maharishi Mahesh Yogi. Celle-ci a été enregistrée par Frost plus tôt dans la journée, à l’aéroport de Londres, avant que le Maharishi ne quitte le pays par avion).
Immédiatement après l’enregistrement de Rediffusion, John (et peut-être George aussi) a conduit vers le sud, à Abbey Road, pour une longue nuit de travail aux studios EMI derrière la table de mixage, arrivant vers 19h30.
En fait, aucune autre session de mixage des Beatles n’a été aussi inhabituelle ou inventive que celle-ci – mais ce n’était pas toutes les occasions où John a joué un rôle aussi actif.’ . Bien que 17 mixages mono de « I Am The Walrus » aient été préparés pendant la session, seuls deux étaient complets, le master étant un montage de ceux-ci. La première partie, jusqu’aux paroles « Sitting in an English garden » « , provient de RM10. L’autre moitié, à partir de RM22, a été réalisée à partir d’un flux en direct d’une radio, produisant ce son nocturne unique du passage d’une station étrangère à l’autre.
Vers 22h30, le cadran s’est arrêté sur le troisième programme de la BBC pendant une production de 190 minutes (enregistrée le 24 août) de La Tragédie du Roi Lear de Shakespeare’ , avec John Gielgud. Des parties de l’acte IV, scène VI peuvent être clairement entendues sur l’enregistrement, à partir des répliques, prononcées respectivement par Gloucester et Edgar, « Now, good sir, what are you » » et « A most poor man, made tame by fortune’ ‘s blows ». La diffusion de Shakespeare est particulièrement évidente à la fin du mixage, depuis le « Prenez ma bourse » d’Oswald » jusqu’au « Asseyez-vous, père ; reposez- vous » d’Edgar’ . » On ne sait pas si les acteurs – Mark Dignam (Gloucester), Philip Guard (Edgar) et John Bryning (Oswald) – ont découvert un jour leur apparition sur un disque des Beatles vendu à plusieurs millions d’exemplaires.
Le morceau de Paul’ « Your Mother Should Know » est resté plus de deux mois dans un état inachevé, alors John et lui se sont réunis cette nuit pour le terminer. Ignorant la tentative de refonte du 16 septembre, ils se sont replongés dans la prise neuf du 22-23 août, lui ont fait subir trois mixages de réduction, puis ont surajouté l’orgue (John) et la basse (Paul). De cette manière rapide, le morceau a été terminé, et il a été traité avec son premier mixage mono avant que la session ne se termine à 5 heures du matin. - 30 Septembre 1967 : Première de l’émission « Scene and Heard » sur BBC Radio 1 et diffusion de l’interview de George.
Octobre 1967
- 1er Octobre 1967 : Un retour d’une journée à West Mailing pour filmer diverses prises de vue du Magical Mystery Tour avec le car.
- 2 Octobre 1967 : Une session de 22h à 2h30, dont la première tâche – réussie – était de perfectionner un mixage mono de` Your Mother Should Know’. Ils se sont ensuite attaqués à une nouvelle chanson, » H e l l o , Goodbye » de Paul » (titre provisoire » Hello Hello’ « ) qui ne devait pas faire partie de l’emballage du prochain Magical Mystery Tour mais de leur prochain single, généralement sorti en même temps qu’une œuvre majeure tout en restant séparé. Quatorze prises de la piste rythmique de base ont été enregistrées ce soir-là, et deux mixages de réduction ont permis de transformer la 14e en 15 et 16 (la dernière étant marquée « meilleure » « ). Note : une session d’enregistrement de 19h00 à 12h00 prévue pour le 4 octobre a été annulée.
- 4 Octobre 1967 :L’intérêt du public pour l’apparition du vendredi précédent’ était tel que, pour poursuivre la conversation, John et George sont retournés à Rediffusion ce soir pour apparaître dans ce qui était l’édition suivante du Frost Programme (il était diffusé les mercredis, jeudis et vendredis de chaque semaine).Une fois encore, l’émission entière de 45 minutes a été consacrée au sujet de la méditation transcendantale, John et George répondant aux téléspectateurs et du public du studio, et participant à une discussion animée avec un groupe d’intellectuels pro et anti- méditation (l’écrivain John Mortimer, par exemple, qui était anti) assis au premier rang. Comme la fois précédente, l’émission a été enregistrée entre 18h00 et 19h00 et projection de 10h30 à 11h15 ce même soir.
- 6 Octobre 1967 : Une surimpression de violoncelle et de tambourin de 19h à 2h du matin sur la troisième prise de « Blue jay Way », complétant l’enregistrement. (L’identité du violoncelliste n’est pas documentée, mais il a été payé 27 £).
- 7 Octobre 1967 : Les Beatles refusent l’offre de Sid Bernstein de revenir jouer une seule fois aux Etats unis pour un million de Dollars.
- 11 Octobre 1967 : Vernissage de l’exposition de Yoko Ono « Yoko plus me » à la Lisson Gallery de Londres.
- 12 Octobre 1967 : Deux sessions distinctes. De 14h30 à 16h30, dans le studio où il avait été enregistré – De Lane Lea, à Holborn – « It’s All Too Much » a été mixé en mono.
Puis, de 18h30 à 2h du matin, de retour chez EMI (bien que réservé à l’origine pour les Olympic Sound Studios de Barnes), John assume pour la première fois le rôle de producteur, en supervisant une session pour Magical Mystery Tour. Dans la première partie, Blue Jay Way’ a été mixé en mono et monté. Ensuite a commencé, avec l’accordéoniste Shirley Evans et sa partie
Le narrateur/percussionniste Reg Wale enregistre une composition instrumentale de Lennon-McCartney, « Shirley’s Wild Accordion’ « , arrangée par Mike Leander (la deuxième fois en sept mois qu’il est employé par les Beatles). Quinze prises ont été enregistrées, Ringo et Paul apportant une petite aide musicale. La dixième est marquée comme étant la « meilleure » » ; elle est donc doublée par d’autres morceaux d’accordéon fournis par Shirley Evans et, enfin, elle est mixée en mono.
L’idée était d’inclure` Shirley’ s Wild Accordion’ comme musique de scène dans la bande sonore du film – elle n’a cependant pas été utilisée, même si Shirley Evans apparaît dans MMT, jouant de l’accordéon dans la séquence de chant en carrosse vers la fin (voir 15 septembre). Magical Mystery Tour comprenait cependant un autre morceau de musique de scène : l’excentrique « Jessie’s Dream’ « , protégé par les droits d’auteur de McCartney-Starkey-Harrison-Lennon, interprété par un ou plusieurs Beatles et entendu dans la séquence où John Lennon, le serveur de restaurant graisseux, sert des spaghettis à la tante Jessie. Cet élément a été enregistré en privé, pas chez EMI ni sous la supervision de George Martin, date et lieu inconnus. - 13 Octobre 1967 : Publication du 45 Tours « How I won the War » par Musketeer Gripweed (alias John Lennon).
- 14 Octobre 1967 : Diffusion de l’émission » Scene And Heard » par la radio » BBC Radio I » à laquelle les Beatles participent.
- 17 Octobre 1967 : Les Beatles assistent à une cérémonie donnée à la mémoire de Brian Epstein; à la nouvelle synagogue de Londres.
- 17 Octobre 1967 : Mick Jagger révèle que Paul et lui ont discuté de l’éventualité pour les Beatles et les Rolling Stones de monter un studio d’enregistrement commun.
- 18 Octobre 1967 : John et Cynthia se rendent au Salon de l’Auto qui se tient au Parc des Expositions de Earl’s Court.
- 18 Octobre 1967 : Les Beatles assistent à la première du film « How I won the War ».
- 19 Octobre 1967 : George et Ringo s’envolent pour Copenhague pour visiter l’académie de méditation transcendantale du Maharishi Mahesh Yogi.
- 19 Octobre 1967 : Surimpression de deux parties de guitare, de la voix de Paul et des chœurs de John et George sur la prise 16 de « Hello, Goodbye’ « , puis réduction à la prise 17 avant la fin de cette session de 19h00 à 3h30. 30 du matin.
- 20 Octobre 1967 : Les Beatles n’ont pas joué lors de cette session de 19h00 à 15h45, mais les quatre ont assisté à la session. Entre 20h00 et 23h00, trois flûtistes – les frères Christopher et Richard Taylor, et Jack Ellory – ont apporté la touche finale à « The Fool On The Hill ». Puis, de 23 heures à 2 h 30, Ken Essex et Leo Birnbaum ont ajouté de l’alto sur « Hello, Goodbye »‘ , George Martin ayant instantanément noté les idées de cordes qui sont venues à Paul alors qu’il griffonnait au piano.
- 20 Octobre 1967 : Ajout de la piste de viole à « Hello Goodbye.
- 20 Octobre 1967 : Publication du 45 Tours « Catcall » par le Chris Barber band; écrit par Paul McCartney.
- 25 Octobre 1967 : Une session de 19h00 à 3h00 du matin au cours de laquelle « T h e Fool On The Hill », maintenant terminé, a été mixé en mono et édité, puis Paul a ajouté de la basse sur des mixages de réduction simultanés de » H e l l o , Goodbye »‘ , la « meilleure » » étant la prise 21.
- 29 Octobre 1967 : Paul et Mal Evans s’envolent pour Nice avec le cameraman Aubrey Dewar, où ils filment des séquences pour Magical Mystery Tour.
- 29 Octobre 1967 : Ringo filme la séquence d’embarquement à bord de l’autocar pour Magical Mystery Tour.
- 30 Octobre 1967 : Paul et Aubrey Dewar filment le lever de soleil sur les montagnes au dessus de Nice.
Novembre 1967
- 1er Novembre 1967 : Paul quitte Nice et revient à Londres.
- 1er Novembre 1967 : George et John assistent à une réception donnée en l’honneur du groupe Family au Sybilla’s.
- 1er Novembre 1967 :Entre 10h00 et 13h00, dans la salle 53, « All You Need Is Love » et` Lucy In The Sky With Diamonds » ont été mixés à nouveau en mono pour la bande sonore du long métrage Yellow Submarine. Le travail sur ce projet s’est ensuite poursuivi lors d’une session de 14h30 à 18h dans le studio 3, avec l’assemblage d’effets sonores d’applaudissements pour le film (en utilisant la collection Abbey Road), avant de passer à des questions plus immédiates concernant les Beatles : des mixages plus réduits de » Hello, Goodbye » et des mixages stéréo de » The Fool On The Hill « .
- 2 Novembre 1967 : Une session de 14h30 à 18h pour un dernier overdub sur` Hello, Goodbye’ : une seconde ligne de basse, jouée par Paul, après quoi l’enregistrement est mixé en mono pour la dernière fois. Accompagné de « I Am The Walrus », il est sorti le vendredi 24 novembre comme face A du troisième single des Beatles’ en 1967.
- 3 Novembre 1967 : Le tournage de Magical Mystery Tour s’est achevé ce jour-là avec les inserts de la séquence « Blue Jay Way » de George » (autrement tournée à West Malting) réalisés dans la maison de campagne de Ringo’ à Weybridge, à 30 km au sud-ouest de Londres.
Les Beatles ont principalement filmé dans le spacieux jardin arrière de Ringo’ , chacun d’entre eux prétendant jouer d’un joli violoncelle blanc. Lorsque le tournage de West Malting a été effectué, du 19 au 24 septembre, l’enregistrement ne comportait pas de violoncelle ; l’instrument a été overdubbed chez EMI le 6 octobre, d’où la nécessité d’un tournage supplémentaire maintenant). Lorsque c’est le tour de John’ , les trois autres se précipitent sur l’image en train de jouer au football. George a également été filmé en train de dévaler des marches de jardin, et le violoncelle – sans joueur – a été filmé devant des feux d’artifice (faciles à obtenir à cette époque de l’année, la nuit de Guy Fawkes n’étant que dans 48 heures). Un certain nombre d’enfants ont également été filmés en train de jouer dans le jardin.
À l’intérieur de la maison, Mal Evans, seins nus, est filmée avec la séquence « Blue Jay Way » du West Mailing de George’ projetée sur sa poitrine, puis plusieurs Beatles sont filmés en train de regarder « Blue Jay Way » sur un écran, John le faisant en se balançant sur un cheval à bascule (probablement la pose de Zak, le fils de Ringo âgé de deux ans).
BBC Television a acheté Magical Mystery Tour pour deux projections, la première en noir et blanc sur BBC1 (mardi 26 décembre 1967 – Boxing Day – 20h35-21h25), la seconde sur la chaîne couleur BBC2, pas encore disponible pour tous les Britanniques (vendredi 5 janvier 1968, 21h55-22h45).
En outre, Top Of The Pops a diffusé à deux reprises de courts extraits de MMT pour accompagner des spectacles musicaux : The Fool On The Hill » le jeudi 28 décembre (de 19h30 à 20h00), puis des séquences muettes pour accompagner l’interprétation de « Hello, Goodbye » le jeudi 11 janvier 1968 (également de 19h30 à 20h00). - 3 Novembre 1967 : La BBC achète les droits de diffusion de « Magical Mystery Tour ».
- 6 Novembre 1967 : Mixage stéréo entre 14h30 et 18h00 de ‘Hello, Goodbye’, ‘I Am The Walrus’, ‘Your Mother Should Know’ et ‘Magical Mystery Tour’ . I Am The Walrus » était le plus difficile car il devait incorporer le flux radio en direct que l’on ne trouvait que dans le mixage mono du 29 septembre, et donc les deux dernières minutes de la version stéréo – à partir de la ligne » Sitting in an English garden » » – devaient également être en mono.
- 7 Novembre 1967 : Une longue journée de travail chez EMI. Employé au studio deux, de 14h30 à 17h. 45 heures. George Martin produit et édite en stéréo « Blue Jay Way » et « Flying ». Blue Jay Way’ arefait, en mono et en stéréo, au début d’une session de 21h00 à 4h30 dans le studio 1, au cours de laquelle Paul a simultanément ajouté une nouvelle voix et d’autres effets sonores aux mixages mono et stéréo de « Magical Mystery Tour ». Ensuite, des copies d’une trappe de mixages – certains en mono, d’autres en stéréo, d’autres encore dans les deux sens – ont été faites et emportées par Voyle Gilmore, de passage chez Capitol Records : `I Am The Walrus’ , Your Mother Should Know, Flying, Magical Mystery Tour, Blue Jay Way’ , The Fool On The Hill’ et Strawberry Fields Forever.
Magical Mystery Tour a posé un problème aux Beatles et à EMI. Six chansons, c’est trop pour un EP, mais trop peu pour un LP. Une idée, celle de faire jouer un EP à la vitesse d’un 33 tours, a été envisagée mais rejetée car elle aurait entraîné une perte de volume et de fidélité. Le problème est résolu au début du mois de novembre : l’album sera emballé sous la forme d’un double EP jusqu’alors inédit, dans une solide pochette gatefold avec un livret de 28 pages, dont certaines en couleur, comprenant toutes les paroles des chansons. Le prix de ce superbe ensemble était de 19s 6d (971⁄2 p) et il a été publié en Grande-Bretagne le vendredi 8 décembre.
Capitol Records, cependant, a décidé que le marché américain n’accepterait pas ce format inhabituel, et a opté à la place pour un album, rempli des cinq autres chansons publiées par les Beatles en 1967 en dehors de Sgt Pepper :` Hello, Goodbye’ , `Strawberry Fields Forever’, `Penny Lane’, ‘Baby, You’re A Rich Man’ et ‘All You Need Is Love’ . (Ces trois derniers ont été publiés sous la forme » duophonique » » – c’est- à-dire en stéréo factice – puisque les véritables mixages stéréo n’avaient pas encore été préparés. All You Need Is Love » a été mixé pour la première fois en stéréo le 29 octobre 1968, tandis que » Penny Lane »‘ et » Baby,You’ reARichMan »‘ ont été mixés pour la première fois en stéréo, pour un LP MMT ouest-allemand, respectivement le 30 septembre 1971 et le 22 octobre 1971. De plus, `Strawberry Fields Forever’ a été remixé pour cet album le 26 octobre 1971).
Mais quelles que soient la forme et la taille du vinyle, Magical Mystery Tour, le disque, a été tout ce que le téléfilm de 52 minutes qui lui était associé n’a pas été – un succès fulgurant, se vendant à plus d’un demi-million d’exemplaires au Royaume-Uni et à un million aux États-Unis avant Noël 1967 et couronnant une année mémorable pour les Beatles. - 8 Novembre 1967 : Première du film « How I Won The War » de Lester à New York.
- 9 Novembre 1967 : Premier numéro de « Rolling Stone Magazine » avec en couverture une photo de John Lennon prise lors du film « How I Won The War ».
- 10 Novembre 1967 : Bien que, pour la plupart des gens, Magical Mystery Tour contenait tout sauf le proverbial évier de cuisine, il n’incluait certainement pas une performance, ou tout autre matériel visuel, pour le futur single des Beatles` Hello, Goodbye’ (bien que le soi-disant » Maori Finale » de la chanson ait été entendu dans le générique de fin). Le 10 novembre, les Beatles sont donc montés sur la scène du Saville Theatre – toujours loué par NEMS Enterprises, malgré la mort de Brian Epstein – où, sans public, ils ont filmé des clips promotionnels pour la chanson. Enhardi par l’expérience de la MMT, Paul prend personnellement en charge la réalisation. Trois clips 35 mm en couleur ont été produits à partir du tournage de cette journée, avec des costumes, des pitreries et des arrière- plans différents pour les distinguer les uns des autres.
- 17 Novembre 1967 : Beatles Limited change de nom et devient Apple Music Limited.
- 17 Novembre 1967 : Salle 53, Studios EMI, Londres. Un nouveau mixage stéréo de la première moitié de « I Am The Walrus », pour le montage dans le master stéréo, préparé de 10h00 à 15h00. Il y avait maintenant un certain nombre de variations entre ce master et le master mono, la plus évidente étant les mesures de mellotron dans l’intro de la chanson : le mono en avait quatre, le stéréo six
- 17 Novembre 1967 : Publication en Suède du single des Beatles « Hello Goodbye/I Am the Walrus » (Parlophone).
- 20 Novembre 1967 : La chanson « I am The Walrus » est interdite de diffusion à la BBC.
- 21 Novembre 1967 : Le syndicat des musiciens part en campagne contre les artistes se produisant en play-back.Le film promotionnel de « Hello Goodbye » est donc interdit de diffusion.
- 21 Novembre 1967 : Top Of The Pops prévoyait de diffuser l’un des films promotionnels du Saville Theatre’ Hello, Goodbye’ (en monochrome) le jeudi 23 novembre (19h30-20h00), mais au début de la semaine, le producteur Johnnie Stewart s’est rendu compte que l’interdiction de mimer imposée par le Musicians’ Union rendait la chose impossible. Au lieu de cela, au grand dam des Beatles’ , TOTP a diffusé ‘Hello, Goodbye’ sur des séquences muettes de A Hard Day’ s Night, fournies par United Artists.
Outre le fait que les Beatles (‘ ) s’opposaient à ce qu’une séquence « mop top » de 1964 soit juxtaposée à un enregistrement de la fin de l’année 1967, ils étaient en colère parce que, au cours de cette soirée (21 novembre), ils ont permis à la BBC de les filmer au travail avec Roy Benson dans la salle de montage du MMT, une séquence réalisée par un certain Michael Goodwin. L’idée était que les séquences résultantes étoufferaient les sections de mimiques les plus évidentes du clip « Hello, Goodbye »‘ , permettant au reste d’être montré tel quel. NEMS a également fourni à la BBC des photos récentes des Beatles pour remplir la même fonction. Pour justifier le fait qu’elle n’avait pas utilisé les séquences de la salle de montage (‘ ), la BBC a déclaré qu’elle n’avait pas eu le temps de les développer et de les monter avant la transmission.
Hello, Goodbye’ n’a pas été diffusé dans Top Of The Pops le 30 novembre ; puis, le 7 décembre (19h30-20h00), TOTE a projeté pour la première fois les séquences en salle de montage, avec des photos fournies par NEMS pendant le reste de l’émission. Il est clair que, maintenant que le mimétisme des Beatles’ au Saville Theatre est connu du public, aucun matériel de promotion officiel ne peut être projeté. La combinaison film/photos a également été utilisé dans Top Of The Pops les jeudis 14 décembre, 21 décembre et 4 janvier 1968 (tous de 19h30 à 20h) et dans Top Of The Pops ’67 – Part One le jour de Noël (de 14h05 à 15h). Cependant, le 11 janvier 1968, un extrait de Magical Mystery Tour a été diffusé pour accompagner « Hello, Goodbye » et le jour de Noël 1968, dans Top Of The Pops’ 68 – Part One (13h25- 14h10), la musique a été accompagnée d’une séquence de la BBC sur le voyage en train de Londres à Brighton, qui n’avait aucun lien avec les Beatles. - 22 Novembre 1967 : George Harrison travaille avec deux flûtistes et deux joueurs de Tabla sur son album « Wonderwall Music ».
- 23 Novembre 1967 : ITV interdit la diffusion sur son antenne du film promotionnel « Hello Goodbye ».
- 23 Novembre 1967 : La BBC2 diffuse la chanson « Hello Goodbye » en créant un film promotionnel composé d’images du film « Quatre Garçons dans le vent », car le clip « Hello Goodbye » est interdit de diffusion. Le groupe ne cache pas son amertume.
- 24 Novembre 1967 : Publication du 45 T « Hello Goodbye / I am the Walrus » en Grande Bretagne.
- 24 Novembre 1967 : John et Paul assistent aux séances d’enregistrement du nouveau groupe sous contrat chez Apple Grapefruit.
- 24 Novembre 1967 : John travaille dans les studios d’Abbey Road à une compilation des morceaux qu’il a enregistrés chez lui.
- 24 Novembre 1967 : Publication en France du single des Beatles « Hello Goodbye / I am the Walrus » (ODEON-EMI FO 106).
- 25 Novembre 1967 : John assiste à l’émission de Radio 1 « Where it’s at », au cours de laquelle l’intégralité de « Magical Mystery Tour » est diffusé. Ce sera le seul et unique passage de la chanson « I am the Walrus » sur les ondes britanniques.
- 26 Novembre 1967 : Le clip de « Hello Goodbye est diffusé pour la première fois aux Eats Unis lors de l’émission « The Ed Sullivan Show ».
- 27 Novembre 1967 : Publication du 45 T. « Hello Goodbye / I am the Walrus » aux Etats Unis.
- 27 Novembre 1967 : Publication de l’album « Magical Mystery Tour » aux Etats Unis.
- 27 Novembre 1967 : Diffusion lors de l’émission « Not Only.But Also » du film promo de « Hello Goodbye ».
- 28 Novembre 1967 : Le tournage du cinquième disque de Noël du fan club des Beatles, enregistré entre 18h00 et 2h45 du matin. Comme en 1966, les Beatles ont consacré beaucoup de temps et de compétences à ce disque, en préparant un scénario complet et en enregistrant une chanson écrite spécialement pour l’occasion, « Christmas Time (Is Here Again)’ » (qui est aussi le nom de l’ensemble du disque), dont les droits d’auteur appartiennent à Lennon-McCartney-Harrison-Starkey. De courts extraits de cette chanson ont été utilisés sur le disque mais la version intégrale dure 6 minutes 37 secondes et met en scène les quatre Beatles assistés de George Martin et de l’acteur/ami Victor Spinetti. Les enregistrements ont été mixés en mono jusqu’à 2h45 du matin.
C’est le dernier disque du fan club de Noël des Beatles à avoir été enregistré collectivement et chez EMI. En 1968 et à nouveau en 1969 – la dernière édition – les quatre Beatles ont enregistré leurs articles de manière individuelle, chez eux ou là où ils se trouvaient, en Grande-Bretagne ou à l’étranger. Les deux disques ont été édités (il n’y avait pas de « pro- ducteur » » à proprement parler) par Kenny Everett, l’édition de 1969 sous son vrai nom, Maurice Cole.
Note : bien que le disque de Noël ait été terminé à 2h45, cette session s’est poursuivie jusqu’à 4h30 du matin car John est resté pour compiler des bandes d’effets sonores pour la prochaine production théâtrale The Lennon Play : In His Own Write, basée principalement sur ses deux livres In His Own Write et A Spaniard In The Works. La pièce sera mise en scène par Victor Spinetti, d’où sa présence à la session. C’était, en fait, la troisième session de ce type pour John chez EMI, produisant la compilation de bandes d’effets, certaines à partir de disques et de bandes pré-fabriquées, d’autres spécialement conçues par lui et par d’autres. La première session a eu lieu le 24 novembre (19h00-12h30 ; studio deux), la seconde p l u s t ô t le 28 (14h00-17h00 ; studio trois).
Et John n’était pas le seul Beatle utilisant actuellement les studios EMI pour un projet solo. George vient de commencer à produire les enregistrements de sa bande originale pour le film Wonderwall. Le mercredi 22 novembre (de 19 h à 2 h du matin, au studio 2), il produit des pistes pour deux numéros dont les titres provisoires sont’ India‘ et « Swordfencing », avec deux flûtistes (Richard Adeney et Jack Ellory) et un joueur de tabla (nom non documenté). Le 23 (14h30-17h45 et 20h00- 1h00 ; studio trois), il poursuit ce travail avec deux hautboïstes (J Crackston et G Morgan), un trompettiste (D Clift) et deux flûtistes (Jack Ellory avec N Knight dans la première session et Clifford Seville dans la seconde). George enregistre en même temps au studio De Lane Lea à Kingsway et le 7 janvier 1968, il s’envole pour l’Inde pour continuer le bon travail au studio EMI à Bombay. George ne joue sur aucune des sessions de Wonderwall. - 28 Novembre 1967 : John travaille sur une bande d’effets sonores pour illustrer la version scénique qu’il prépare de « En flagrant Délire ».
- 29 Novembre 1967 : Une session de 14h30 à 17h30 dans le studio 1 d’EMI au cours de laquelle George Martin et Geoff Emerick ont édité les mixages mono du disque de Noël 1967 en un master fini et l’ont copié sur une bobine pour le pressage de singles flexi-disc chez Lyntone Records.
- 30 Novembre 1967 : Dépôt légal en France par Odeon-EMI, du 45 tours FO 106 des Beatles contenant les titres : Hello Goodbye, I am the Walrus.
Décembre 1967
- 1er Décembre 1967 : Publication en France par EMI-Odeon, du double super 45 tours SMO 39501/2 des Beatles contenant les titres : Magical Mystery Tour, Your mother should Know, I am the Walrus, The Fool on the Hill, Flying, Blue Jay Way.
- 5 Décembre 1967 : Ringo étant en Italie (voir le 7 décembre) et Paul en vacances en Ecosse pendant 17 jours, c’est à John et George qu’il revenait de représenter les Beatles à la fête marquant l’ouverture de leur boutique Apple, au 94 Baker Street dans le centre de Londres. Toutes sortes d’amis et de célébrités sont venus à Apple ce soir-là pour socialiser, boire du jus de pomme et porter un toast à l’avenir des Beatles en tant que détaillants. (La boutique a ouvert au public le 7). Au début de la fête, John et Cilla Black ont été interviewés pour la BBC par le journaliste radio indépendant Brian Cullingford, qui a renvoyé la bande à Broadcasting House, non loin de là, pour qu’elle soit diffusée dans l’édition de ce soir de l’émission Radio ‘Programme Late Night Extra de 1/Radio 2 (22h00-12h00) Un total de 2 minutes 42 secondes a été diffusé, John apparaissant à l’antenne pendant 1 minute 46 secondes, menant, de manière quelque peu inappropriée, à l’enregistrement de ‘A Hard Day’ s Night’ .
- 5 Décembre 1967 : Enregistrement de l’émission de radio » Late Night Extra » diffusée sur BBC Radio I/2 à laquelle les Beatles participent.
- 7 Décembre 1967 : Ouverture de la boutique Apple au 94 baker Street de Londres.
- 7 Décembre 1967 : Diffusion par la chaîne de télévision BBC I de l’émission « Top Of The Pops » à laquelle assistent les Beatles.
- 8 Décembre 1967 : Publication du Double EP « Magical Mystery Tour ».
- 9 Décembre 1967 : Le single des Beatles « Hello Goodbye/I Am the Walrus » atteint la première place dans les Charts britanniques.
- 11 Décembre 1967 : Apple Music engage son premier groupe. John les baptise « Grapefruit ».
- 13 Décembre 1967 : Ringo tourne ses scènes de nu avec Ewa.
- 13 Décembre 1967 : Parlant au nom des Beatles, un porte-parole de NEMS Entreprise dément l’idée que le groupe pourrait fonder sa propre maison de disques en 1968.
- 14 Décembre 1967 : Tournage de la conclusion de la scène de la veille’ , dans laquelle le père de Candy’ (Astin) fait irruption dans le couple en couple et jette Emmanuel hors de la maison. Également tournée ce jour-là : une scène dans laquelle Ringo fait de la moto avec la sœur de Candy’ (actrice italienne Marilu-Tolo).
- 15 Décembre 1967 : dans la journée, Ringo a été filmé avec 80 hippies dans un champ pour une scène de « love-in » « , puis dans la soirée (jusqu’à minuit passé) il a été filmé en train de poursuivre Candy et son père jusqu’à l’aéroport de Rome, où elle a pris l’avion et est partie.
- 15 Décembre 1967 : Sortie de « Christmas time is Here Again », disque souple réservé aux membres du fan Club des Beatles.
- 16 Décembre 1967 : George et John s’envolent pour Paris et assistent à un Gala de l’UNICEF, donné au Palais Chaillot, et auquel participe le Maharishi Mahesh Yogi.
- 16 Décembre 1967 : Dernier jour de tournage pour Ringo dans « Candy ». Il a passé l’après-midi et la soirée à terminer la scène de la veille à l’aéroport de Rome. Ringo reprend l’avion pour Londres le dimanche 17 décembre, son premier rôle d’acteur solo achevé. Il n’a participé à aucun des processus de post-production du film’ .
- 17 Décembre 1967 : John et George accueillent les délégués régionaux du fan club des Beatles à l’occasion de la projection en avant première du film « Magical Mystery Tour » et de « The Beatles at the Shea Stadium ».
- 19 Décembre 1967 : Sept sociétés d’investissement sont fondées à Londres au nom des Beatles.
- 21 Décembre 1967 : Un grand bal costumé est organisé pour toute l’équipe de Magical Mystery Tour.
- 25 Décembre 1967 : Paul et Jane annoncent qu’ils sont fiancés et qu’ils vont se marier.
- 26 Décembre 1967 : Première mondiale du film « Magical Mystery Tour », en noir et Blanc sur la BBC.
- 27 Décembre 1967 : Pour répondre aux attaques de la critique à propos de Magical Mystery Tour, Paul décide d’apparaître au Frost Programme.
- 29 Décembre 1967 : John et son ami acteur Victor Spinetti quittent Londres en s’envolent pour le Maroc.
- 30 Décembre 1967 : Hello Goodbye atteint la première place des charts anglais.
Questions fréquentes
Quand Sgt. Pepper est-il vraiment sorti ?
Le 26 mai 1967 au Royaume-Uni et le 2 juin aux États-Unis. La date du 1er juin, très répandue, correspond à une annonce contractuelle et non à la mise en vente effective.
Combien de temps a duré l’enregistrement de l’album ?
Environ cinq mois, de la fin novembre 1966 au 21 avril 1967, pour un total estimé à sept cents heures de studio et un coût d’environ vingt-cinq mille livres.
Sgt. Pepper est-il un album-concept ?
Pas au sens strict. Le dispositif de la fanfare imaginaire n’apparaît qu’à l’ouverture, dans l’enchaînement vers le deuxième titre et dans la reprise finale. Ce qui unifie le disque est un traitement de production, non un récit.
Pourquoi aucun titre de l’album n’est-il sorti en single ?
C’était une décision délibérée : le disque devait être acheté et écouté comme un tout. Ce refus a beaucoup contribué à établir l’album comme forme artistique autonome.
Que s’est-il passé lors de la séance orchestrale du 10 février ?
Quarante et un musiciens ont exécuté une consigne écrite — partir de leur note la plus grave, atteindre le mi le plus aigu en vingt-quatre mesures, progresser à leur propre rythme — enregistrée quatre fois et superposée. Ils portaient des tenues de soirée et des accessoires de farces et attrapes, et cinq caméras filmaient la soirée.
Qu’est-ce que l’émission Our World ?
La première émission de télévision diffusée en direct dans le monde entier par satellite, le 25 juin 1967, devant une audience estimée à quatre cents millions de personnes. Les Beatles y représentaient le Royaume-Uni.
La prestation du 25 juin était-elle entièrement en direct ?
Non. Une bande rythmique avait été enregistrée les jours précédents ; les voix, la basse, la batterie, le solo de guitare et l’orchestre ont été joués en direct par-dessus.
De quoi Brian Epstein est-il mort ?
L’enquête du coroner a conclu à une surdose accidentelle d’un somnifère à base de bromure, accumulée sur plusieurs jours. L’hypothèse du suicide, souvent avancée, a été écartée par l’enquête.
Pourquoi le film Magical Mystery Tour a-t-il été mal reçu ?
Trois raisons se cumulent : l’absence de scénario, l’absence de réalisateur professionnel, et une diffusion en noir et blanc le 26 décembre 1967 alors que le film avait été tourné en couleur et reposait entièrement sur elle.
Magical Mystery Tour est-il un album ?
Aux États-Unis, oui, depuis le 27 novembre 1967, avec onze titres. Au Royaume-Uni en 1967, c’est un double EP de six titres publié le 8 décembre.
Les Beatles ont-ils donné des concerts en 1967 ?
Aucun concert public. Leur seule prestation devant caméras est celle du 25 juin, en studio, pour l’émission satellitaire.
Quel format faut-il privilégier pour écouter les disques de 1967 ?
Le mono. L’album de mai a demandé environ trois semaines de mixage mono en présence du groupe, contre quelques jours de mixage stéréo réalisé sans eux. Les deux versions diffèrent sensiblement.
Glossaire
Boucle de sillon de sortie — Fragment sonore gravé dans le sillon concentrique final d’un disque, répété indéfiniment par un tourne-disque dépourvu d’arrêt automatique. Utilisé sur l’album de mai 1967.
Double EP — Coffret de deux disques de quatre titres, format retenu au Royaume-Uni en décembre 1967 pour la bande sonore du film.
Grappe de notes (cluster) — Agrégat de sons rapprochés produisant une masse plutôt qu’un accord identifiable. Employé notamment en conclusion de l’album de mai.
Mono / stéréo — Le mono est le seul mixage réellement supervisé en 1967 ; l’écart avec la stéréo est cette année-là particulièrement important.
Musique concrète — Composition à partir de sons enregistrés manipulés, sans notation instrumentale préalable. Référence explicite du travail de boucles et de collages sonores du groupe.
Report (reduction mixdown) — Mélange de plusieurs pistes sur une seule pour libérer de la place. En 1967, certains titres passent par trois ou quatre générations de bande.
Synchronisation de machines — Procédé consistant à faire tourner deux magnétophones à quatre pistes en coïncidence, en ajustant la vitesse de l’un à l’oreille. Instable et manuel.
Tampoura — Luth indien à quatre cordes servant de bourdon continu, présent sur plusieurs enregistrements de l’année.
Trompette piccolo — Trompette aiguë de facture baroque, employée pour le solo du single de février.
Varispeed — Modification de la vitesse de défilement de la bande, altérant hauteur, tempo et enveloppe du son. Devient en 1967 une technique de composition à part entière.
Bibliographie
- Mark Lewisohn, The Complete Beatles Recording Sessions — détail séance par séance des cinq mois de studio.
- Mark Lewisohn, The Complete Beatles Chronicle — datation des événements, tournages et déplacements de 1967.
- Ian MacDonald, Revolution in the Head — analyse chanson par chanson, avec un chapitre nourri sur cette année.
- Walter Everett, The Beatles as Musicians: Revolver through the Anthology — analyse harmonique et formelle.
- Barry Miles, Paul McCartney: Many Years From Now — source principale sur la conception de l’album et du film.
- George Martin, Summer of Love: The Making of Sgt. Pepper — témoignage du producteur sur l’année.
- Geoff Emerick, Here, There and Everywhere — témoignage de l’ingénieur, à croiser avec prudence.
- Kevin Ryan et Brian Kehew, Recording the Beatles — référence matérielle et procédurale sur les studios EMI.
- Debbie Geller, The Brian Epstein Story — sur les derniers mois du manager.
- Kenneth Womack, The Beatles Encyclopedia — vérification factuelle et notices de référence.
- Bruce Spizer, ouvrages consacrés aux éditions américaines — pour la publication de novembre 1967 outre-Atlantique.
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