Revolution 9 : Les Beatles : paroles, traduction, histoire...

Revolution 9 : The Beatles : paroles, traduction, histoire...

« Revolution 9 »: Une Expérimentation Sonore Audacieuse et Avant-Gardiste des Beatles

« Revolution 9 » est une pièce sonore expérimentale des Beatles, créée principalement par John Lennon et Yoko Ono, bien que créditée à Lennon-McCartney. Elle apparaît comme la vingt-huitième piste de l’album The Beatles (plus connu sous le nom de The White Album), sorti en 1968. « Revolution 9 » est sans doute l’une des pièces les plus controversées et incomprises du répertoire des Beatles, marquée par son collage sonore abstrait, ses manipulations de bande, et son absence de structure musicale traditionnelle. La piste est une exploration radicale de l’art sonore, s’inspirant des mouvements avant-gardistes et des techniques de musique concrète, et constitue un témoignage de l’ouverture des Beatles aux nouvelles formes d’expression artistique.

L’histoire et la genèse de « Revolution 9 »

« Revolution 9 » a été développée à partir des sessions d’enregistrement de la chanson « Revolution 1 ». John Lennon, intrigué par les possibilités de manipulations sonores et encouragé par Yoko Ono, qui était profondément immergée dans l’avant-garde et les arts visuels, a commencé à expérimenter avec des bandes magnétiques, créant des collages sonores à partir de morceaux d’enregistrements et de divers effets sonores. La pièce devait initialement faire partie d’une suite instrumentale pour prolonger « Revolution 1 », mais elle a rapidement évolué pour devenir une œuvre distincte en raison de son caractère profondément expérimental.

Lennon était fasciné par les idées de musique concrète, un genre qui utilise des sons enregistrés pour créer des œuvres sonores abstraites, sans mélodie ni rythme conventionnel. L’idée était de créer une expérience sonore immersive qui reflète le chaos, la confusion, et l’anxiété sociale de la fin des années 1960, tout en jouant avec la perception de l’auditeur et l’impact des sons sur l’émotion et l’imagination.

L’enregistrement et la production

« Revolution 9 » a été créée principalement dans les studios EMI d’Abbey Road à Londres au cours de plusieurs sessions entre mai et juin 1968. L’enregistrement de la pièce est notable pour son approche radicale et non conventionnelle, utilisant des techniques de collage sonore et de manipulation de bande pour créer un paysage sonore dense et complexe. Lennon, avec l’aide de Yoko Ono et George Harrison, a passé des heures à assembler divers extraits de bandes, y compris des échantillons de voix, de musique classique, de sons électroniques, de bruit blanc, et d’enregistrements en direct.

La pièce commence par une voix répétant « Number nine, number nine, » un échantillon provenant d’un test sonore d’ingénierie, et se poursuit avec une série de fragments sonores qui se superposent et s’entrelacent, créant une texture dense et en constante évolution. On entend des extraits de discours, des bruits de foule, des cris, des murmures, des effets de bande inversée, des passages orchestraux, et même des bruits de guerre. Lennon a délibérément évité toute forme de cohérence musicale ou de structure narrative, cherchant à refléter une sorte de flux de conscience sonore.

Les techniques utilisées dans « Revolution 9 » incluent le flanger, le re-recording multiple (enregistrement d’une bande déjà enregistrée), l’étirement temporel (modification de la vitesse d’un enregistrement pour modifier sa hauteur et son rythme), et l’inversion de bande. George Martin, bien que réticent à accepter la pièce au départ, a apporté son soutien technique pour s’assurer que l’enregistrement soit de haute qualité et a aidé à l’intégration des divers éléments sonores dans une composition cohérente.

La production de « Revolution 9 » est un exemple extrême de la liberté artistique que les Beatles avaient à cette époque. Elle montre comment le groupe, en particulier Lennon, explorait les frontières de ce que la musique pop pouvait être, repoussant les limites du genre pour inclure des formes d’expression plus abstraites et expérimentales.

La publication et la réception

« Revolution 9 » a été incluse comme la vingt-huitième piste de l’album The Beatles (The White Album), sorti le 22 novembre 1968 au Royaume-Uni et le 25 novembre 1968 aux États-Unis. L’album a été acclamé pour sa diversité stylistique et son approche éclectique, mais « Revolution 9 » a été la piste la plus polarisante et controversée. Certains fans et critiques ont été déconcertés par l’absence de mélodie et de structure musicale conventionnelle, tandis que d’autres ont salué l’audace expérimentale et l’originalité de la pièce.

Les réactions à « Revolution 9 » ont été largement divisées. Certains critiques ont vu la pièce comme une œuvre d’art avant-gardiste audacieuse qui démontre la volonté des Beatles de repousser les limites de la musique pop traditionnelle. D’autres l’ont rejetée comme un non-sens ou un exercice d’auto-indulgence de Lennon et Ono. Cependant, « Revolution 9 » reste l’un des exemples les plus extrêmes de l’expérimentation sonore dans la musique pop grand public et a influencé de nombreux artistes à explorer des avenues similaires dans leurs propres travaux.

L’une des controverses entourant « Revolution 9 » est son association involontaire avec Charles Manson, qui a interprété de manière erronée la piste comme une prophétie d’une guerre apocalyptique imminente, ce qui a ajouté à la réputation trouble et incomprise de la chanson. Cette interprétation n’a aucun fondement dans les intentions originales de Lennon ou des Beatles, mais elle a contribué à la mystique et au malaise autour de la pièce.

La signification et le style de la chanson

« Revolution 9 » n’a pas de signification linéaire ou narrative explicite, ce qui la rend ouverte à une variété d’interprétations. Lennon et Ono ont cherché à créer une œuvre qui reflète l’état d’esprit collectif de l’époque—chaotique, fragmenté, et souvent déroutant. Le morceau est souvent perçu comme un commentaire sur la culture de l’époque, pleine de bouleversements sociaux, de guerres, et de révolutions culturelles. La nature fragmentaire et imprévisible de la piste capture l’incertitude et l’angoisse de la fin des années 1960, tout en jouant avec les conventions de ce que la musique peut ou doit être.

Musicalement, « Revolution 9 » est notable pour son rejet des structures traditionnelles de la chanson pop. Elle ne suit pas une progression d’accords standard ni une signature rythmique régulière. Au lieu de cela, elle utilise des techniques de collage sonore pour créer un flux de sons disparates et non structurés. L’influence de la musique concrète, du dadaïsme, et des arts visuels est évidente dans la structure harmonique de la pièce, mais Lennon et les autres membres des Beatles y ajoutent leur propre sensibilité moderne, créant une œuvre unique qui se démarque dans leur catalogue.

Le passage à la postérité

Aujourd’hui, « Revolution 9 » est reconnue comme l’une des pièces les plus expérimentales et audacieuses des Beatles, exemplifiant leur volonté de repousser les limites de la musique pop et d’explorer de nouvelles formes d’expression artistique. Elle est célébrée pour son approche radicale de l’expérimentation sonore, son rejet des conventions musicales traditionnelles, et son influence sur les artistes expérimentaux et les musiciens avant-gardistes.

La chanson continue d’être revisitée par les fans et les musiciens comme un exemple de l’innovation musicale de John Lennon et de sa capacité à capturer des émotions complexes dans un format sonore non conventionnel. Elle est également reconnue pour son rôle dans l’évolution musicale du groupe, montrant leur volonté d’explorer de nouveaux sons et de nouvelles idées tout en restant fidèles à leur style unique.

En conclusion, « Revolution 9 » est bien plus qu’une simple piste sur un album; elle est une démonstration de la croissance des Beatles en tant qu’artistes, capables de capturer l’esprit de l’expérimentation et de la subversion tout en explorant des thèmes plus profonds et plus universels. La chanson reste une pièce importante de leur héritage musical, capable de captiver et de provoquer des générations d’auditeurs avec son approche audacieuse, son style sonore unique, et sa capacité à défier les attentes de la musique pop.

Information sur la chanson : 

  • Crédits : Lennon / McCartney
  • Durée : 8:21
  • Producteur : George Martin
  • Ingénieur : Geoff Emerick, Phil McDonald, Richard Lush

Les paroles de la chanson

Number nine
number nine
Everyone of them knew that as time went by they’d get a little bit older and a little bit slower
District
Intended to pay for
Suddenly
Number Nine
Number Nine
Used to know .. Who wants to know
The business .. Lots of stab wounds as it were
Informed him on the third night
Unfortunately
Number Nine
Number Nine
Right
Situation
They are standing still
Upon a telegram
Number Nine
Number Nine
Number 30
The dentist gave him a pair of false teeth
The headmaster’s report .. What he was saying
His voice was low
High
Must have got it in the shoulder blades
All right
Number Nine
Number Nine
We’d better get him to see a surgeon
So anyroad he went to see the dentist instead who gave him a pair of teeth
That wasn’t any good at all
He joined the bloody navy
And went to sea
Block that ball
Sitting in my broken chair my Wings are broken and so is my head
I’m not in the mood for words
Ta
Stop
Many
Men or Women
Only to find the night watchman
Of his presence in the buildinf
Number Nine
Number Nine
Industrial outpout
Financial imbalance
Between his shoulder blades
The Watusi
The Twist
Personality complex
Onion soup
Economically viable
Eldorado
Take this, brother, may it serve you Well
There ain’t no rule for the company freaks
If they become naked
Maybe it’s not
Maybe
Even then
Exposures
Number Nine
Number Nine
See
Naked
Exposures
They must have been naked
If you become naked

La traduction française de la chanson

Numéro neuf
numéro neuf
Chacun d’entre eux savait qu’au fil du temps il deviendrait un peu plus vieux et un peu plus lent.
Le district
Destiné à payer
Soudainement
Numéro neuf
Numéro neuf
Utilisé pour savoir … Qui veut savoir
L’affaire… Beaucoup de coups de couteau en quelque sorte
Il l’a informé la troisième nuit
Malheureusement…
Le numéro neuf
Le numéro neuf
Bien
Situation
Ils sont immobiles
Sur un télégramme
Numéro neuf
Numéro neuf
Numéro 30
Le dentiste lui a donné une paire de fausses dents
Le rapport du directeur … Ce qu’il disait
Sa voix était grave
Haute
Il a dû l’avoir dans les omoplates
C’est bon.
Numéro neuf.
Numéro neuf
Nous ferions mieux de l’emmener voir un chirurgien.
Il est donc allé voir le dentiste, qui lui a donné une paire de dents.
Ce n’était pas bon du tout
Il s’est engagé dans la marine
Et est parti en mer
Bloquez cette balle
Assis sur ma chaise cassée, mes ailes sont cassées et ma tête aussi
Je ne suis pas d’humeur à parler
Ta
Arrête
Beaucoup
Hommes ou femmes
Seulement pour trouver le gardien de nuit
De sa présence dans le bâtiment
Numéro neuf
Numéro neuf
Dépassement industriel
Déséquilibre financier
Entre ses omoplates
Le Watusi
La torsion
Complexe de personnalité
Soupe à l’oignon
Économiquement viable
Eldorado
Prends ça, mon frère, que ça te serve bien
Il n’y a pas de règle pour les monstres de compagnie
S’ils deviennent nus
Ce n’est peut-être pas le cas
Peut-être
Même si c’est le cas
Expositions
Numéro neuf
Numéro neuf
Voir
Nus
Expositions
Ils devaient être nus
Si vous devenez nus

L’histoire de la chanson

Révolution 9 n’est ni une composition de Lennon et Mc Cartney, ni un enregistrement des Beatles, c’est un collage de huit minutes, quinze secondes réalisé par John et Yoko. La première version de Revolution 1 durait au départ plus de 10 minutes, dont la moitié consistait en des hurlements et des gémissements de John et Yoko accolés à une série de bruits discordants censés représenter le fracas d’une révolution. Ils décidèrent ensuite d’éliminer cette section chaotique de Revolution 1 et de la réutiliser pour un autre morceau, qui allait devenir Revolution 9.

Dès que ce projet eu une existence propre, d’autres bandes de brouhaha, de foule et divers bruits provenant de la sonothèque d’effets sonores de EMI furent apportés en studio. EMI n’ayant pas d’équipement multipiste perfectionné, il fallut utiliser les trois studios d’Abbey Road en reliant toutes les machines entre elles. John assura le mixage en direct. Un tel mélange de sons rend les sources sonores et les voix presque impossibles à identifier.

Mark Lewisohn, qui eu accès aux bandes originales les divise en : un chœur, des violons à l’envers, un extrait d’un piste orchestrale de A day in a life, des verres entrechoqués, un mellotron à l’envers, une voix qui fredonne, des phrases prononcées par John et Georges, et une cassette de John et Yoko hurlant le « right » de Revolution. La bande la plus mémorable est une voix puissante qui répète « Number Nine, Number Nine » Cette bande semble avoir été extraite d’une question enregistrée pour un examen à l’Académie Royale de Musique.

Paul se trouvait aux USA lorsque Revolution 9 fut réalisée, et fut déçu de son inclusion dans l’Album Blanc, d’autant plus qu’il réalisait des collages depuis 1966, et que John allait maintenant être perçu comme l’innovateur du groupe dans ce secteur.

Musiciens ayant participé à l’enregistrement

Yoko Ono
John Lennon
Goerge Martin

L’enregistrement de la chanson

Début du travail le 6 Juin 1968.
10 juin 1968 : continuation de l’enregistrement
11 juin 1968 : continuation de l’enregistrement
20 Juin 1968 : continuation de l’enregistrement
25 Juin 1968 : continuation de l’enregistrement. Fin du travail

La contribution de chacun des Beatles

John Lennon : 100 %