En bref — Entre le 30 novembre 1974 et le 6 juin 1992, Ringo Starr n’a pas placé un seul disque au classement des 45 tours britanniques. Dix-sept ans et demi de néant. Côté albums, c’est pire : entre Goodnight Vienna, entré le 7 décembre 1974 à la trentième place pour deux semaines, et Vertical Man en août 1998, aucun de ses albums studio n’est entré au classement britannique. Vingt-trois ans et huit mois.
Ordre exact des titres, nombre de prises, échec de « Hold Me Tight », piano à vitesse double : la séance du 11 février 1963 reconstituée d’après les archives d’EMI, et neuf correctifs.
Il existe une version courte de cette histoire, celle que tout le monde récite : cinq géants du rock se retrouvent par hasard dans un garage de Malibu, écrivent une chanson en une journée, s’amusent tellement qu’ils en font un album, se rebaptisent frères Wilbury et vendent des millions de disques. Tout y est vrai, et presque rien n’y est exact. La journée fondatrice n’a pas eu lieu au mois de mai que l’on cite partout ; l’album n’a pas été enregistré chez Bob Dylan ; le nom du groupe a deux origines rivales, dont la plus célèbre n’est pas forcément la bonne ; le batteur que l’on prend pour un Wilbury n’en a jamais été un ; et le supergroupe le plus vendeur de la fin des années 1980 n’a jamais placé le moindre single dans le Top 20 britannique. Cet article reprend le dossier à zéro, pièce par pièce : les cinq trajectoires qui convergent au printemps 1988, la mécanique précise des séances (studios, machines, ingénieurs, micros, ordre des couches), la fiction généalogique inventée par George Harrison et Derek Taylor, les deux albums titre par titre, la mort de Roy Orbison sept semaines après la sortie du premier disque, la disparition du catalogue pendant plus d’une décennie, la réédition de 2007 et ce qu’elle contient réellement, enfin la postérité — celle du groupe, mais aussi celle, beaucoup plus concrète qu’on ne le croit, qui relie les Wilburys aux Beatles de l’Anthology.
Il existe une accusation qui poursuit Paul McCartney depuis un demi-siècle, et il a eu l’élégance de la transformer en numéro un mondial : celle d’écrire des chansons d’amour idiotes. L’accusation est fausse pour une raison très simple, que ce classement voudrait démontrer pas à pas — non pas parce que les chansons seraient plus profondes qu’on ne le dit, mais parce qu’elles sont techniquement plus difficiles qu’on ne le croit. Écrire « Yesterday » est un accident biographique. Écrire, à trente ans de distance, « Things We Said Today », « Maybe I’m Amazed », « Calico Skies » et « My Valentine » relève d’un métier — un métier dont on peut décrire les outils, dater les acquisitions et mesurer les échecs.
Le 27 août 1967, Brian Epstein meurt à trente-deux ans dans sa chambre de Chapel Street. Cinquante-neuf ans plus tard, l’anniversaire est l’occasion de poser la seule question qui vaille : qu’a-t-il concrètement fait pour les Beatles ? Non pas une biographie, mais l’inventaire raisonné d’une action — ses coups de génie, ses erreurs colossales, et ce que personne d’autre n’aurait su faire à sa place.
Paul McCartney salue la mémoire de Dolly Parton, morte à 80 ans, et revient sur leur rencontre de 1974 et leur reprise de « Let It Be » avec Ringo Starr.
Le classement expert des 10 plus belles chansons d’amour des Beatles, de « All My Loving » à « Something » : genèse, séances d’Abbey Road, analyses et 11 correctifs factuels.
On lui a collé une étiquette dont il n’a jamais voulu — “le cinquième Beatle” — et cette étiquette a produit un effet pervers : elle a réduit soixante ans de travail à huit années de collaboration. Comme si George Martin était né en juin 1962 dans le studio deux d’Abbey Road et mort en avril 1970 avec le medley d’Abbey Road. C’est faux dans les deux sens. Avant les Beatles, Martin dirigeait depuis sept ans un label et avait déjà inventé, dans le laboratoire improbable du disque comique, la moitié des procédés qui feraient plus tard la réputation de Revolver et de Sgt.
Pour ses 72 ans, retour sur la carrière d’Elvis Costello et sa collaboration majeure avec Paul McCartney, de Veronica aux maquettes de Flowers in the Dirt.
Il y a quarante ans jour pour jour, le 25 août 1986, paraissait aux États-Unis un disque que la plupart des discographies de Paul McCartney franchissent en courant. Press to Play : dix titres sur vinyle, treize sur compact disc, une pochette en noir et blanc léchée comme un portrait de studio hollywoodien, et un producteur star chargé de faire entrer le plus célèbre mélodiste vivant dans la décennie du réverbe numérique et de la boîte à rythmes. L’affaire s’est mal passée. Press to Play est le plus mauvais vendeur de la carrière solo de McCartney à cette date : 250 000 exemplaires aux États-Unis, une trentième place au Billboard 200, un huitième rang britannique sans durée, un disque d’or de la BPI et rien d’autre.












