« George et moi rivalisions pour la meilleure parole » : enquête sur le pont de Free as a Bird, écrit à quatre mains en 1994 par McCartney et Harrison — et sur les tensions que la formule dissimule.
Avant le communiqué du 10 avril 1970, trois Beatles avaient déjà quitté le groupe : Ringo Starr en août 1968, George Harrison en janvier 1969, John Lennon en septembre 1969. Enquête sur les trois démissions que l’histoire officielle a longtemps rangées au rayon des anecdotes.
En bref — Le 5 janvier 1967, entre 19 h et 0 h 15, dans le Studio Two d’Abbey Road, les quatre Beatles enregistrent une pièce de 13 minutes et 48 secondes sans mélodie, sans paroles et sans rythme, sous le titre provisoire Untitled. Elle sera jouée deux fois en public, au Roundhouse de Chalk Farm, les 28 janvier et 4 février 1967, dans le cadre d’un événement baptisé The Million Volt Light and Sound Rave — aussi annoncé sous le nom de Carnival of Light Rave. Puis plus rien. Soixante ans plus tard, la bande n’a jamais été publiée, jamais piratée, jamais entendue en dehors d’un cercle de moins de vingt personnes.
Harrison absent de Sgt. Pepper pour construire une piscine ? Enquête sur un faux souvenir de McCartney : séances, « Only a Northern Song » et Within You Without You.
De « Some People Never Know » à « Getting Closer » : vingt titres pour comprendre les Wings, le groupe de Paul McCartney, ses sept formations et ses dix années (1971-1981).
De « Maybe I’m Amazed » à « Find My Way » : vingt chansons commentées, avec dates de séances, classements et correctifs, pour entrer dans la carrière solo de Paul McCartney.
Un titre venu d’un paquet de cigarettes, une console qui explique le son du disque, un hidden track né d’une erreur d’archivage, une séance finale sans une note jouée : 10 faits documentés sur Abbey Road.
En bref — Entre mars 1970 et avril 2026, Ringo Starr — dont on peut aussi lire ici l’histoire familiale à travers ses enfants Zak, Jason et Lee Starkey — a publié vingt-deux albums studio, décroché deux numéros un américains, essuyé une décennie de naufrages commerciaux, cessé de boire, réinventé le concept de tournée nostalgique avec le All-Starr Band, et fini par obtenir à quatre-vingt-quatre ans le premier album numéro un de sa carrière solo. Voici quinze chansons — une par étape décisive — pour traverser cinquante-six ans d’une discographie qu’on croit connaître et qu’on connaît mal. Le paradoxe Ringo : le Beatle dont on n’attendait rien et qui a gagné la première manche Au printemps 1970, quand les Beatles se disloquent publiquement, les paris de l’industrie sont vite faits. John Lennon a l’aura idéologique et le Plastic Ono Band.
Un soir, dans l’appartement du Dakota, John Lennon confie à George Martin qu’il aimerait réenregistrer l’intégralité du catalogue des Beatles. Le producteur, incrédule, avance le titre qu’il croit inattaquable : « Même Strawberry Fields ? » Réponse de Lennon : « Surtout Strawberry Fields. » L’anecdote circule depuis quarante ans comme une curiosité. Elle est en réalité la clé de voûte du rapport que Lennon entretenait avec sa propre œuvre — et, accessoirement, l’explication la plus économique de tout ce que les Beatles sont devenus depuis sa mort : les remixages, les démixages, Love, Now and Then. Enquête sur une phrase que personne n’a enregistrée, à propos du disque le plus laborieusement fabriqué de l’histoire du groupe.
On a beaucoup raconté la Britpop comme une seconde invasion britannique menée par des groupes qui auraient simplement remis les Beatles au goût du jour. L’image est pratique, surtout lorsqu’on pense à Oasis, aux déclarations de Noel Gallagher, à la fascination de Liam pour John Lennon ou aux clins d’œil disséminés dans les chansons. Mais elle devient vite trompeuse dès qu’on écoute vraiment les disques. Car la Britpop n’a jamais été un bloc : Blur regarde aussi vers les Kinks, XTC et le punk, Suede vers Bowie et Roxy Music, Pulp vers le glam, le Velvet Underground et la chronique sociale, tandis que les Boo Radleys, Supergrass, Cast, Kula Shaker ou The Verve prélèvent chacun une pièce différente du puzzle. L’influence des Beatles se joue donc moins dans la copie d’un son que dans une grammaire : la primauté de la mélodie, l’ambition du studio, la capacité à faire évoluer un groupe, l’art du single, l’identité collective et cette idée décisive qu’une formation venue d’une ville industrielle anglaise peut prétendre au centre du monde. Oasis en a récupéré le mythe, Blur la métamorphose, Pulp la permission sociale, les Boo Radleys l’expérimentation. Et c’est peut-être là que la Britpop devient la plus fidèle aux Beatles : non lorsqu’elle les imite, mais lorsqu’elle comprend qu’un grand groupe ne doit jamais cesser de bouger.












