APPLE RECORDS · HISTOIRE DU CATALOGUE · 1972–1973

Apple Records de 1972 à 1973 : dernières signatures, Badfinger et fin de la série APPLE

En 1972 et 1973, Apple Records continue de publier des disques variés malgré le déclin de son activité de recrutement. Les derniers numéros APPLE des artistes extérieurs côtoient les carrières solo des anciens Beatles et annoncent la fin du modèle inauguré en 1968.

La différence entre Apple Records et les singles des anciens Beatles

La séparation des Beatles ne signifie pas l’arrêt de la maison de disques : les singles et albums de John Lennon, George Harrison, Ringo Starr et Wings continuent de paraître sous Apple pendant une partie des années 1970. Pourtant, cette visibilité ne doit pas masquer une autre histoire, celle des artistes recrutés par le label à l’origine. Le nombre de nouvelles signatures diminue à mesure que les contraintes financières et les désaccords administratifs s’imposent.

La double lecture du catalogue est essentielle. Les disques de Lennon ou de McCartney conservent souvent des références britanniques R issues d’EMI, tandis que les artistes propres à la maison Apple se retrouvent dans la série APPLE. La fin de la série APPLE numérotée ne correspond donc pas à la dernière utilisation du logo Apple, qui accompagne encore plusieurs disques solo jusqu’en 1976.

Chris Hodge : un single de rock et une présence limitée

Le chanteur britannique Chris Hodge publie « We’re on Our Way » / « Supersoul » sur Apple en 1972. Sa musique s’inscrit dans le rock de l’époque, avec une énergie très éloignée de la ballade orchestrale de Mary Hopkin. Sa présence dans le catalogue montre que la maison continue de chercher des expressions contemporaines, même si les grands projets de développement d’artistes deviennent plus rares.

Ce type de sortie possède un intérêt documentaire particulier : le disque peut être relativement peu connu aujourd’hui tout en renseignant précisément sur les derniers recrutements du label. L’absence d’un grand classement ne doit pas conduire à oublier l’artiste ou à confondre sa référence avec celle d’une publication américaine aux numéros différents.

Elephant’s Memory : la scène new-yorkaise auprès de Lennon et Ono

Elephant’s Memory appartient à la scène rock de New York et se rapproche de John Lennon et Yoko Ono pendant leur période d’engagement politique américain. Le groupe participe à certains de leurs projets et publie lui-même des enregistrements sous Apple, dont un album en 1972. Il ne s’agit pas d’un groupe constitué des Beatles : ses membres développent leur propre répertoire et travaillent dans un environnement musical et politique différent de celui de Londres.

Le cas d’Elephant’s Memory éclaire la transformation internationale du label. Les décisions ne viennent plus seulement des bureaux britanniques : les activités et les relations personnelles de Lennon aux États-Unis contribuent à enrichir un catalogue qui avait d’abord été conçu autour de Londres et des artistes repérés par ses collaborateurs.

Lon et Derrek Van Eaton : une découverte américaine

Les frères Lon et Derrek Van Eaton enregistrent pour Apple au début des années 1970, après avoir attiré l’attention de George Harrison grâce à leurs maquettes. L’album Brother paraît en 1972, avec une production qui mobilise plusieurs musiciens liés à l’univers du label. Le single « Warm Woman » témoigne d’une écriture pop sophistiquée, associée à des arrangements qui ne ressemblent ni aux chansons de Mary Hopkin ni aux productions plus brutes de Badfinger.

Leur histoire rappelle le rôle des maquettes et de la recommandation personnelle dans la politique artistique d’Apple. Une composition jugée intéressante par un ancien Beatle peut ouvrir la porte à un contrat, mais cette première reconnaissance ne garantit ni une longue carrière dans le label ni une campagne internationale durable.

Yoko Ono : une discographie qui déborde les albums de Lennon

Yoko Ono publie des titres et des albums sur Apple pendant que John Lennon mène sa propre carrière. Sa présence ne doit pas être réduite à celle d’une artiste apparaissant au verso des 45 tours de Lennon. Les disques « Mind Train », « Death of Samantha » ou « Run Run Run » appartiennent à une œuvre personnelle, où se croisent rock, expérimentation vocale et textes engagés.

Plusieurs de ses publications sont associées aux derniers numéros de la série APPLE, et les faces B jouent un rôle essentiel dans leur identification. Certaines configurations changent selon les pays, ce qui impose une vérification particulière des références britanniques et américaines. La numérotation de ses singles ne doit pas non plus être confondue avec celle des disques du Plastic Ono Band publiés sous les références APPLES 1001 et suivantes.

Badfinger : Ass, un dernier album à la fin de l’aventure

Badfinger poursuit son travail sur Apple avec Ass, dont l’histoire de studio et de publication traverse une période compliquée. Le groupe doit négocier les délais et les choix de production tout en préparant son avenir commercial. L’album paraît dans certains territoires en 1973, mais son calendrier est marqué par les différents marchés, et ses références demandent la même attention que celles de Straight Up.

Le single « Apple of My Eye », composition de Pete Ham, prend une valeur symbolique particulière : il évoque la relation du groupe avec le label qui l’a soutenu. Sa publication dans les dernières références APPLE devient un témoignage de la fin d’une époque. Le numéro APPLE 49 appartient au dernier segment de la série de singles du label, sans pour autant signifier que la dernière sortie portant une pomme date de 1973.

L’échec d’un modèle et l’héritage d’un catalogue

Apple avait été créé pour donner sa chance à une grande diversité d’artistes. Cinq ans plus tard, une partie du programme s’est dispersée : James Taylor rencontre le succès après son départ, Mary Hopkin poursuit autrement sa carrière et plusieurs musiciens sont amenés à chercher de nouveaux partenaires. L’entreprise conserve néanmoins un catalogue où l’on trouve des œuvres majeures dont l’importance dépasse de loin leurs résultats commerciaux d’origine.

Ce bilan doit être nuancé : réduire Apple à une utopie vouée à l’échec ferait oublier son rôle dans l’enregistrement et la diffusion de musique de grande qualité. Mais le présenter comme une maison stable et prospère pendant toute la période 1968–1976 serait tout aussi trompeur. Sa trajectoire combine réussites artistiques, contraintes commerciales et changements de direction.

Comment retrouver les dernières références originales

Pour reconstituer précisément le passage de 1972 à 1973, il faut distinguer les singles publiés, les projets préparés mais annulés et les différences nationales. Certaines références Apple correspondent à des éditions promotionnelles, d’autres ne sont connues que par des documents de fabrication et des matrices. Un numéro manquant dans une liste ne prouve donc pas qu’un disque a été commercialisé puis retiré.

Le parcours se poursuit avec l’index des 45 tours Apple, les artistes, les albums Apple, l’étude des pressages et la dernière période 1974–1976.

Questions fréquentes

Apple Records s’arrête-t-il en 1973 ?

Non. La série APPLE des artistes extérieurs touche à sa fin, mais des disques des anciens Beatles paraissent encore sur la marque jusqu’en 1976.

Quels nouveaux artistes trouve-t-on chez Apple en 1972 ?

Notamment Chris Hodge, Elephant’s Memory et les frères Lon et Derrek Van Eaton.

Que signifie APPLE 49 ?

Il s’agit d’une référence de la fin de la série britannique APPLE, liée à « Apple of My Eye » de Badfinger.

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