APPLE RECORDS · VARIANTES · COLLECTION · 1968–1974

Hot Chocolate Band : APPLE 18 et Apple 1812, Give Peace a Chance réinventé

En 1969, les futurs Hot Chocolate enregistrent une réinterprétation de « Give Peace a Chance ». Publié sur APPLE 18 au Royaume-Uni et Apple 1812 aux États-Unis, le disque n’est pas un pressage alternatif du Plastic Ono Band : c’est une interprétation distincte.

Une reprise qui modifie aussi le propos

« Give Peace a Chance » avait été popularisé par John Lennon et Yoko Ono en 1969, mais le Hot Chocolate Band en livre la même année une lecture profondément personnelle. Le groupe, mené notamment par Errol Brown et Tony Wilson, modifie les paroles tout en conservant le titre de la chanson. Cette intervention donne une identité propre à la version Apple et mérite d’être expliquée sans confondre les interprètes.

Les paroles adaptées évoquent d’autres thèmes et d’autres noms que la version du Plastic Ono Band. La publication a été rattachée à l’entourage de Lennon, mais il faut éviter de présenter le 45 tours comme un disque où les Beatles seraient les exécutants. Une discographie exige ici de distinguer composition, adaptation, interprétation et publication.

Le 45 tours britannique APPLE 18

Le single britannique « Give Peace a Chance » / « Living Without Tomorrow » paraît sous APPLE 18 en octobre 1969. La seconde face, chanson propre au groupe, permet immédiatement d’écarter une confusion avec le 45 tours de Lennon « Give Peace a Chance » / « Remember Love » publié auparavant sous APPLE 13. Les deux disques ont un titre principal commun mais ni le même artiste ni le même programme.

Sur une copie britannique, le numéro APPLE 18, les crédits d’édition et les matrices doivent être relevés. La mention du nom Hot Chocolate Band correspond à une période de carrière antérieure à la signature de la formation chez RAK. Il ne faut pas attribuer rétroactivement au disque Apple les étiquettes et pochettes de ses grands succès ultérieurs.

L’américain Apple 1812

Le single paraît aux États-Unis sous Apple 1812 à l’automne 1969. Les pressages sont documentés dans les ateliers Capitol de Scranton et de Los Angeles. Le label américain Apple porte la mention de fabrication sur le côté de la pomme coupée, une disposition caractéristique de nombreuses rondelles de cette première période.

Le fait que les deux copies possèdent les mêmes chansons ne suffit pas à identifier leur usine. Les matrices américaines, les types de caractères et les marques frappées dans la cire morte doivent être étudiés séparément des inscriptions du britannique APPLE 18. Le numéro 1812 ne désigne pas une réédition moderne.

Le graphisme Apple n’efface pas le groupe

Les photographies d’étiquettes montrent les caractères des crédits et les différences de mise en page entre les deux ateliers américains. Ces particularités sont utiles au collectionneur, mais ne constituent pas des versions audio alternatives. L’enregistrement est celui du Hot Chocolate Band, pas une nouvelle coupe vocale par John Lennon.

Une pochette Apple générique autour d’un 1812 ne prouve pas l’origine du disque si les étiquettes ou la matrice sont absentes. Une enveloppe remplacée en collection peut être décrite comme telle, sans transformer la copie en objet rare.

L’héritage de la chanson chez Apple

Le passage de Hot Chocolate par Apple précède sa célébrité internationale sous un autre nom et dans un autre circuit discographique. Il illustre la faculté du label des Beatles à accueillir des musiciens de cultures différentes et à soutenir des propositions qui n’étaient pas des reprises conformes au modèle initial.

Ce disque éclaire aussi le fonctionnement du catalogue britannique : APPLE 13 et APPLE 18 ne sont pas des variantes d’un même produit, mais deux singles d’artistes différents. Les classer par interprète et par faces permet de retrouver cette diversité au lieu de les réduire à un seul succès de Lennon.

Identifier un exemplaire sans erreur

La notice doit indiquer APPLE 18 pour le Royaume-Uni ou Apple 1812 pour les États-Unis, l’interprète Hot Chocolate Band, la présence de « Living Without Tomorrow » au verso, et les inscriptions de fabrication. Les éventuelles étiquettes promotionnelles doivent être distinguées des disques de commerce.

Le collectionneur gagnera à confronter les deux faces avec une reproduction connue, puis à noter l’emplacement du texte légal, les matrices et le type de centre. Les divergences d’écriture des titres entre documents ne prouvent pas de nouvelles chansons : c’est le programme musical qui fixe l’identité de l’édition.

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