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Hey Jude R 5722 : les pressages Decca, Pye et Philips de 1968

En 1968, la demande pour « Hey Jude » oblige EMI à faire appel à plusieurs fabricants. Le 45 tours britannique Apple R 5722 se rencontre ainsi en pressages de contrat, dont des variantes attribuées à Decca, Pye et Philips.

Une publication historique dans une industrie sous tension

« Hey Jude » / « Revolution » paraît au Royaume-Uni le 30 août 1968 sous Apple R 5722. Malgré la nouvelle marque des Beatles, la référence appartient encore à la série commerciale héritée de Parlophone. La chanson principale, particulièrement longue, connaît un succès immédiat.

EMI doit organiser une production de disques à grande échelle, et certains lots sont confiés à d’autres installations de pressage. Cette sous-traitance explique l’existence de copies qui portent la même référence et les mêmes matrices de face mais possèdent des centres et des reliefs différents.

La matrice de base : 7XCE 21185 et 21186

Les premiers tirages britanniques appartiennent aux matrices 7XCE 21185-1 pour « Hey Jude » et 7XCE 21186-1 pour « Revolution ». Ces identifiants désignent les deux faces et ne constituent pas des numéros propres à Decca ou Pye.

Il serait erroné d’attribuer une usine sur la seule présence de « -1 ». Les pressages de contrat peuvent reprendre des matrices et des pièces métalliques liées au système EMI. La forme du centre et les autres indices industriels deviennent indispensables.

Decca : un centre et un profil particuliers

Les exemplaires de sous-traitance associés à Decca sont recensés avec des caractéristiques propres au relief du vinyle et à la découpe centrale. Ils appartiennent à la publication du R 5722, non à une édition Decca sous une autre marque commerciale.

Pour les identifier, il faut photographier le centre en lumière latérale et examiner le pourtour du label. Une copie sans son centre d’origine ne peut être attribuée à un atelier uniquement par le diamètre de son trou.

Pye : une autre famille de fabrication

Des R 5722 pressés par Pye sont documentés avec centre détachable ou plein, selon les exemplaires. Certains détails mesurables de l’anneau et des gravures manuelles permettent de les distinguer d’autres familles. La présence d’une étiquette Apple identique n’efface pas ces différences.

Le collectionneur doit être prudent face à des affirmations de rareté absolue. L’existence d’un pressage Pye est documentée, mais un petit nombre de copies vues sur le marché ne permet pas d’en déduire un chiffre national de production.

Philips : les trois branches caractéristiques

Des pressages de contrat Philips présentent un centre amovible à trois branches, dont le dessin se distingue du centre EMI le plus courant. Cette caractéristique, associée au profil du sillon et aux mentions de l’étiquette, constitue un repère utile dans une comparaison de copies.

Il ne faut toutefois pas transformer une seule photographie en certificat d’authenticité. Les exemplaires ont traversé des décennies de manipulation, et des centres ont parfois été retirés après l’achat.

Deux générations d’étiquettes

Les premières copies britanniques portent encore la formule « Sold in U.K. » sur la rondelle, avant sa suppression au cours de 1969. Cette disparition aide à distinguer des états d’étiquette, mais une copie dépourvue de texte de revente n’est pas automatiquement le premier tirage de 1968.

La présence des crédits George Martin et « An EMI Recording » et la nature de l’enveloppe Apple noire complètent la description. La différence entre pochette à découpe ondulée et pochette à languette ne prouve pas, isolément, une usine.

Une fiche d’usine doit rester falsifiable

La fiche recommandée indique R 5722, les deux titres, les matrices 7XCE, la présence de la formule britannique, la géométrie du centre, les marques gravées et, seulement si l’ensemble concorde, l’attribution à EMI, Decca, Pye ou Philips.

Cette méthode permet de comprendre la fabrication du premier succès Apple des Beatles sans multiplier les « versions audio » fictives. Les pressages de contrat sont d’abord une histoire industrielle du disque.

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