APPLE RECORDS · CATALOGUE ET RÉÉDITIONS · 2010

Modern Jazz Quartet : Under the Jasmin Tree et Space réunis en 2010

Le Modern Jazz Quartet représente l’une des signatures les plus inattendues d’Apple Records. En 2010, deux albums parus séparément, Under the Jasmin Tree et Space, sont réunis sur un CD, enrichi d’une interprétation inédite de Yesterday.

Le jazz de chambre dans le catalogue Apple

Dirigé par le pianiste John Lewis, le Modern Jazz Quartet associe le vibraphone de Milt Jackson, la contrebasse de Percy Heath et la batterie de Connie Kay. Son langage se distingue par une élégance formelle, une attention constante aux timbres et un équilibre entre composition et improvisation.

La présence d’une formation réputée pour son raffinement dans le catalogue Apple montre que le label des Beatles ne visait pas exclusivement le public pop. Elle signale au contraire une ouverture vers des artistes possédant déjà une carrière et un public définis.

Deux albums originaux et deux références

Under the Jasmin Tree paraît en 1968 sous la référence britannique SAPCOR 4 ; Space suit en 1969 sous SAPCOR 10. Ces deux albums forment une partie limitée mais singulière de l’histoire Apple du quartet.

Le CD 2010 les rassemble dans un même support. Il ne faut donc pas conclure que le Modern Jazz Quartet aurait sorti à l’époque un double album Apple portant le titre des deux œuvres. Le regroupement répond à une logique de réédition.

Yesterday, un document inédit au programme

Le bonus de 2010 est une version jusque-là inédite de Yesterday, composition de Lennon-McCartney. Sa présence crée un pont musical direct entre le groupe qui avait fondé Apple et la formation de jazz invitée sur son label.

Mais ce pont ne doit pas masquer l’autonomie du quartet. Une reprise d’une chanson des Beatles reste une interprétation du MJQ, liée à ses procédés d’arrangement et à son interaction instrumentale. La comparer à l’original ne revient pas à mesurer une imitation.

Quelle place pour les remasters dans une discographie ?

Une discographie devrait conserver deux entrées pour les albums de 1968 et de 1969, puis une entrée supplémentaire pour le CD combiné de 2010. La distinction est nécessaire pour documenter pochettes, séquences, étiquettes et références nationales.

Cette logique de classement évite une erreur récurrente des bases de données musicales : prendre le programme d’une réédition pour celui d’un album publié plusieurs décennies plus tôt.

Une porte d’entrée dans l’autre Apple Records

La campagne de 2010 place le jazz du Modern Jazz Quartet à côté de Mary Hopkin, Badfinger et Billy Preston. L’association peut surprendre, mais elle rend compte du catalogue éclectique auquel les Beatles avaient prêté leur nom et leurs moyens de distribution.

Pour l’historien du label, ce CD est une manière de retrouver deux objets rares sans effacer les éditions originales, et de faire entendre le rapport entre musique composée et création collective chez Apple.

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Deux LP de jazz, un seul CD de réédition

Le Modern Jazz Quartet a publié Under the Jasmin Tree et Space séparément sous Apple Records. Le CD de 2010 rapproche ces deux albums et ajoute une interprétation de Yesterday, composition des Beatles. Cette organisation éditoriale offre une porte d’entrée remarquable dans la période Apple du quartet, mais ne signifie pas que les deux œuvres constituaient un double album commercial en 1968–1969.

Pour conserver la cohérence discographique, chaque LP garde sa date et sa référence propres. Les répertoires du quartet reposent sur les arrangements de John Lewis et le dialogue des quatre musiciens ; une reprise de Yesterday conserve cet équilibre instrumental. La présence d’une chanson Lennon-McCartney au programme ne doit pas faire passer le disque pour une production des Beatles.

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