APPLE RECORDS · REMASTERS ET ARCHIVES · 2010
Mary Hopkin : Post Card 2010, Fields of St. Etienne et quatre langues
Pour Post Card, la réédition Apple Records de 2010 relie deux facettes de Mary Hopkin : l’album produit par Paul McCartney et les singles qui ont construit sa notoriété. Elle rend également visible un pan international de sa discographie.
Un premier album qui dépasse le succès d’un single
Sorti en 1969, Post Card traverse la chanson populaire, les standards et la folk britannique. Les compositions de Donovan y côtoient des titres plus anciens et des choix de répertoire portés par l’intérêt de McCartney pour les mélodies d’avant le rock. Mary Hopkin n’est donc pas seulement l’interprète de Those Were the Days.
Le remaster de 2010 recontextualise l’album dans sa carrière. La présence de tubes en complément ne doit pas faire oublier que la séquence des titres du vinyle britannique obéissait à une logique propre, indépendante d’une future compilation.
Les quatre bonus du CD
À Turn Turn Turn, face B du premier succès, s’ajoutent Goodbye, chanson écrite par McCartney, Sparrow, composition de Gallagher et Lyle, ainsi que Fields of St. Etienne dans une version auparavant inédite liée à un projet de single abandonné.
Le cas de Fields of St. Etienne mérite une distinction : l’existence d’une chanson et la préparation d’un 45 tours ne signifient pas que cette version précise a été vendue à l’époque. Le CD documente une étape du travail d’Apple plutôt qu’une publication originale supplémentaire.
Des chansons chantées en français, allemand, italien et espagnol
Le programme numérique apporte quatre versions linguistiques de Those Were the Days : Le Temps des Fleurs, An Jenem Tag, Quelli Erano Giorni et Que Tiempo Feliz. Elles attestent de l’effort d’Apple pour installer Mary Hopkin sur des marchés dépassant le Royaume-Uni.
Pour le collectionneur, ces enregistrements renvoient aussi à des 45 tours étrangers, à leurs graphismes et à leurs références propres. Il faut différencier la première publication nationale de ces chansons et leur remise en circulation numérique en 2010.
Pourquoi l’édition numérique ne correspond pas exactement au CD
Le CD courant contient le programme de l’album et ses bonus sélectionnés, tandis que les quatre versions étrangères appartiennent au complément numérique annoncé. Le coffret Apple Records de 2010 propose aussi des disques supplémentaires d’archives.
La simple mention « remaster 2010 » ne permet donc pas de déduire le nombre exact de pistes. On doit regarder la liste des titres, le support et les informations de parution propres à chaque édition.
L’intérêt historique de Post Card aujourd’hui
Post Card témoigne d’un moment où Apple cherche à faire de Mary Hopkin une artiste d’album et pas seulement une vedette de single. La réédition révèle la tension entre cette ambition et la forte demande internationale pour la chanson qui l’avait révélée.
C’est aussi un bon exemple de l’articulation entre Apple Records, production de Paul McCartney et diffusion par les réseaux EMI. Les chansons voyagent sous des références et des pochettes différentes sans cesser d’appartenir au même ensemble musical.
Pour prolonger la lecture
Post Card : les titres internationaux ne sont pas tous sur le LP
Le premier album de Mary Hopkin a été élaboré sous la supervision de Paul McCartney, mais son programme ne se résume pas à Those Were the Days. La réédition de 2010 associe l’album aux singles Goodbye et Sparrow, ainsi qu’à une version de Fields of St. Etienne liée à un projet de publication abandonné. Ce choix reconstitue une partie de la carrière de la chanteuse sans effacer les contours du disque original.
Les versions de Those Were the Days chantées en français, allemand, italien et espagnol répondent à une autre logique encore : celle de la présence d’Apple sur plusieurs marchés. Elles ne doivent pas être présentées comme quatre titres du LP Post Card de 1969. Le format CD ou téléchargement et la référence nationale du single donnent la meilleure clé de classement.












