APPLE RECORDS · RÉÉDITIONS · 2010

Billy Preston : That’s the Way God Planned It, bonus du CD 2010

En 1969, Billy Preston s’impose chez Apple Records comme chanteur autant que comme organiste. La réédition de 2010 de That’s the Way God Planned It complète son premier album Apple de quatre documents qui illustrent aussi bien ses collaborations avec George Harrison que ses liens antérieurs avec Ray Charles.

Un album carrefour entre gospel, rock et soul

Lorsque Billy Preston rejoint le cercle des Beatles, il a déjà une longue expérience du gospel et des tournées, notamment auprès de Ray Charles. La production de George Harrison lui ouvre néanmoins un environnement nouveau, où son orgue et son chant peuvent dialoguer avec un rock plus direct.

Le disque réunit plusieurs musiciens prestigieux, dont Keith Richards, Ginger Baker et Eric Clapton. Il ne s’agit pourtant pas d’un album des Beatles déguisé : Preston est l’artiste central, et le répertoire met en évidence son écriture, sa ferveur religieuse et ses capacités vocales.

Les trois compléments connus depuis 1991

Le programme du CD remasterisé reprend Through All Times, l’instrumental As I Get Older et une version plus dépouillée, orientée rock, de That’s the Way God Planned It. Ces trois enregistrements étaient déjà présents sur la réédition CD de 1991 et doivent être distingués des pistes de l’album original.

As I Get Older a une histoire particulière : l’enregistrement a été produit par Ray Charles et publié sur la face B du single All That I’ve Got (I’m Gonna Give It to You). Une chanson ou un instrumental peut donc relever de l’histoire Apple tout en provenant de sessions antérieures au disque de 1969.

Something’s Got to Change, l’apport inédit de 2010

La quatrième plage supplémentaire, Something’s Got to Change, est présentée comme inédite dans le programme de réédition. La composition avait auparavant été enregistrée par Ray Charles en 1967, ce qui éclaire une influence majeure de Preston.

Il faut distinguer le statut de la composition de celui de l’enregistrement. L’antériorité de la version de Charles ne transforme pas la prise de Preston en simple réédition : pour le public Apple, le document de 2010 apporte une interprétation nouvelle au corpus accessible.

Pourquoi la production de Harrison mérite une écoute attentive

George Harrison a soutenu la carrière de Preston et produit les deux premiers albums Apple du musicien. Dans le morceau-titre, le dialogue entre orgue, batterie, guitare et voix produit une intensité qui rapproche la ferveur gospel des grandes productions rock de 1969.

La réédition invite aussi à réévaluer le rôle des musiciens extérieurs dans l’identité du label. L’esprit Apple tient autant à ces rencontres qu’aux chansons signées par les quatre fondateurs.

Comparer correctement les éditions de 1969, 1991 et 2010

Le vinyle SAPCOR 9 appartient à la période historique d’Apple Records ; le premier CD de 1991 réintroduit certaines archives ; celui de 2010 ajoute un quatrième complément et bénéficie d’une nouvelle remasterisation. Il s’agit de trois états éditoriaux différents.

Pour identifier un exemplaire, il faut relever la référence, la date de fabrication et la liste des titres, sans prendre l’année indiquée à côté d’une chanson pour celle du pressage. Cette précaution vaut également pour les versions numériques.

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Billy Preston avant Apple et pendant Apple

That’s the Way God Planned It attire les fans des Beatles en raison du rôle de George Harrison et de ses invités, mais Billy Preston possède déjà une longue expérience du gospel et de la scène. Les bonus permettent de replacer ce disque dans un parcours artistique qui ne commence pas avec les séances Get Back. La personnalité de Preston apparaît dans le chant, l’orgue et la construction rythmique, au-delà du prestige des musiciens présents.

Les rééditions de 1991 et de 2010 n’ont pas nécessairement la même sélection. Pour définir ce qui est réellement inédit en 2010, il faut donc examiner la liste du premier CD, les singles de 1969–1970 et les enregistrements issus d’autres sessions. Une composition déjà connue grâce à Ray Charles peut faire l’objet d’une prise de Preston publiée beaucoup plus tard.

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