APPLE RECORDS · RÉÉDITIONS ET ARCHIVES · 2010

Badfinger : No Dice remasterisé en 2010 et ses démos inédites

No Dice, paru en 1970, marque l’arrivée de Joey Molland et l’affirmation du langage de Badfinger. Son édition remasterisée de 2010 ajoute une série de documents de studio qui permettent d’entendre les chansons avant leur forme définitive.

Un disque fondateur pour la power pop

L’album associe la spontanéité du rock à une écriture très mélodique. No Matter What impose le groupe dans les classements ; Without You réunit des idées de Pete Ham et Tom Evans avant de connaître une seconde vie internationale grâce à Harry Nilsson. Ce disque marque aussi le passage de Badfinger à une formation stabilisée avec Joey Molland.

Revenir à No Dice en 2010, c’est donc réécouter un album devenu une référence du genre, mais aussi prendre la mesure de ce que ses chansons doivent aux essais, aux maquettes et aux décisions de production.

Les versions de travail du CD

Le remaster fait entendre I Can’t Take It en version prolongée et plusieurs documents distincts : Without You et Get Down sous forme de démos mono, Photograph, également connu sous le titre Friends Are Hard to Find, en variante, ainsi que Believe Me et No Matter What dans des présentations alternatives.

Il faut éviter de considérer chaque bonus comme une composition supplémentaire. Une démo sert à comprendre l’élaboration d’un arrangement ou le développement d’une prise ; elle ne remplace pas nécessairement le mixage commercial figurant sur l’album de 1970.

Geoff Emerick et Mal Evans dans les crédits

Les archives remettent au premier plan les professionnels et collaborateurs qui travaillaient autour du groupe. Geoff Emerick est associé à la version prolongée de I Can’t Take It, tandis que Mal Evans intervient dans la production de plusieurs des documents retenus pour la réédition.

L’histoire de Badfinger est parfois racontée uniquement au prisme de McCartney et Harrison. Les bonus de No Dice montrent au contraire la continuité d’un travail de groupe dans lequel musiciens, techniciens et entourage Apple contribuent à des choix très concrets.

Les suppléments réservés au téléchargement

Deux compléments sont annoncés pour la distribution numérique : une version instrumentale de Love Me Do et une version stéréo prolongée de Get Down. Il s’agit d’un programme distinct de celui du CD courant, même si les deux éditions portent la même année de remasterisation.

Le titre Love Me Do appelle une précaution : la présence d’une pièce instrumentale dans les archives Badfinger ne signifie pas qu’il s’agisse d’une prise originale des Beatles. L’attribution et le contexte de cette version doivent rester ceux du programme Badfinger.

Un disque à comparer avant d’acheter

Le LP britannique SAPCOR 16, les éditions CD antérieures et le programme de 2010 ne répondent pas aux mêmes objectifs. Le vinyle renvoie à la discographie de première publication ; le remaster associe l’album et des documents critiques qui éclairent son enregistrement.

Pour identifier une édition, les indices les plus utiles sont la date de fabrication, la référence imprimée, le nombre de pistes et les intitulés des versions. Cette méthode évite de confondre l’ancienneté d’une chanson avec celle de l’objet que l’on possède.

À découvrir également

Without You : ce que révèle une maquette mono

Le succès ultérieur de Without You dans l’interprétation de Harry Nilsson ne doit pas faire oublier son origine dans l’écriture de Pete Ham et Tom Evans. La démo mono proposée sur le remaster de No Dice documente une phase de préparation, tandis que la version du LP représente un état final publié en 1970. Une maquette n’est ni un nouveau single Apple ni nécessairement un mixage alternatif de la même prise commerciale.

La comparaison doit commencer par la structure et le placement des voix avant de s’étendre aux reprises postérieures. Le même principe vaut pour No Matter What, également présent en document de travail. Les mentions de démo, prise alternative et montage prolongé constituent des informations discographiques différentes ; les fusionner ferait perdre le sens même de l’édition d’archives.

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