APPLE RECORDS · RÉÉDITIONS ET ARCHIVES · 2010

Badfinger : Magic Christian Music en 2010, bonus et archives des Iveys

La réédition 2010 de Magic Christian Music ne se contente pas de dépoussiérer le premier album de Badfinger. Elle rouvre les dossiers des Iveys, nom porté par les musiciens avant leur changement d’identité, et donne aux premières expérimentations du groupe une présence nouvelle dans le catalogue Apple.

De la musique de film à un album-charnière

En 1969, la chanson Come and Get It, écrite et produite par Paul McCartney, accompagne le film The Magic Christian avec Peter Sellers et Ringo Starr. Pour le groupe, jusque-là appelé The Iveys, le succès ouvre une nouvelle étape. L’album de 1970 réunit des chansons de différentes périodes et ne doit pas être imaginé comme la simple transcription intégrale d’une séance unique.

Cette origine composite explique pourquoi les pistes supplémentaires de la campagne de 2010 sont particulièrement pertinentes. Elles ramènent l’auditeur à la transition entre le groupe qui enregistrait Maybe Tomorrow et celui qui allait signer No Dice.

Cinq bonus sur le CD remasterisé

La sélection CD comprend une version alternative de And Her Daddy’s a Millionaire, un remix de Mrs Jones, les mixages mono de Sali Bloo et See-Saw Granpa ainsi qu’une version non écourtée de I’ve Been Waiting. Ce ne sont pas cinq chansons nouvelles enregistrées en 2010 : ce sont des lectures différentes de bandes issues de l’histoire du groupe.

Dans une discographie, chacune de ces plages doit être reliée à son enregistrement d’origine. La mention « mono » concerne le mixage ; la mention « alternative » ou « unedited » décrit la version utilisée, pas un changement de compositeur ou de période.

Six autres titres pour les éditions numériques

Le programme annoncé pour le téléchargement ajoute notamment des mixages mono de Dear Angie et No Escaping Your Love, des variantes de Think About the Good Times et Yesterday Ain’t Coming Back, un remix stéréo d’Arthur et Storm in a Teacup. Cette dernière plage renvoie au disque promotionnel Wall’s Ice Cream de 1969.

Cette distinction CD/téléchargement est décisive. Deux collectionneurs peuvent posséder « Magic Christian Music 2010 » sans disposer des mêmes pistes selon le format acheté. Le coffret de 17 CD proposait de son côté des disques d’archives supplémentaires.

L’intérêt musical des archives

Les Iveys possédaient déjà une écriture riche en harmonies vocales et en contrastes entre morceaux doux et séquences plus vigoureuses. Les bonus permettent de saisir les essais qui précèdent le changement de nom et d’évaluer le travail d’assemblage mené pour constituer l’album commercial.

Ils montrent aussi la différence entre un projet de single abandonné et une piste réellement publiée à l’époque. Une chanson retrouvée en 2010 ne doit pas être ajoutée rétrospectivement à la liste des 45 tours Apple sortis en magasin.

Comment identifier cette édition

Pour décrire le CD correctement, il faut distinguer le LP SAPCOR 12 de 1970, les rééditions antérieures et le remaster Apple/EMI de 2010. L’ordre des titres et la présence des bonus sont des critères plus sûrs qu’une simple reproduction du logo vert.

Le rapprochement avec les fiches de Maybe Tomorrow, APPLE 5 et Come and Get It, APPLE 20, permet de suivre chronologiquement la transformation des Iveys en Badfinger, plutôt que de réduire cette histoire au seul succès de McCartney.

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Des Iveys à Badfinger : replacer les archives dans la chronologie

Magic Christian Music rassemble des enregistrements issus de différentes étapes de la carrière du groupe, dont sa période sous le nom des Iveys. Le succès de Come and Get It conduit à présenter ce répertoire sous une nouvelle identité, mais tous les morceaux n’ont pas été créés dans une campagne unique. Les bonus de 2010 permettent précisément de comparer certains états de bandes et de mixages, à condition de ne pas leur attribuer à tous le statut de chanson inédite.

Un mix mono, un remix et une prise non écourtée ne décrivent pas la même intervention. Il faut lire les mentions spécifiques et revenir à Maybe Tomorrow pour comprendre ce qui appartient aux Iveys avant la transformation en Badfinger. Une discographie précise sépare titre, interprétation, version et date de mise en vente.

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