APPLE RECORDS · RÉÉDITIONS ET ARCHIVES · 2010

Come and Get It : l’anthologie Apple Records de 2010 et ses 21 titres

Publiée lors de la grande campagne de rééditions d’octobre 2010, Come and Get It: The Best of Apple Records réunit 21 titres issus des artistes du label. Ce disque n’est pas un nouveau best of des Beatles : c’est une histoire sonore de la maison Apple au-delà du groupe fondateur.

Une compilation au cœur de la renaissance du catalogue

La campagne de 2010 ne se limite pas à remettre en circulation des albums devenus difficiles à trouver. L’anthologie prend en charge une autre mission : conserver la mémoire du 45 tours Apple, dont une partie des signatures n’avait jamais enregistré de long format pour la maison. Les disques de Brute Force, des Sundown Playboys ou de Chris Hodge trouvent ainsi leur place dans un récit commun.

La sélection, commercialisée le 26 octobre 2010, ne doit pas être confondue avec le coffret de 17 CD de la même campagne. Elle existe comme compilation indépendante et figure également dans l’architecture du coffret.

Les réussites commerciales ne racontent qu’une partie de l’histoire

Mary Hopkin ouvre le programme avec Those Were the Days, suivie notamment par James Taylor et les Iveys. Jackie Lomax apparaît avec Sour Milk Sea, Billy Preston avec That’s the Way God Planned It et Badfinger avec Come and Get It puis Day After Day. Ces interprètes rendent immédiatement perceptible la place des compositions et productions des Beatles dans l’essor du label.

Mais Apple Records ne fut jamais seulement un vivier de pop mélodique. Le brass band du Black Dyke Mills Band, le cajun des Sundown Playboys, le reggae du Hot Chocolate Band et la soul de Doris Troy montrent que la maison se construisait par curiosité plutôt que par spécialisation.

Pourquoi les titres confidentiels sont essentiels

King of Fuh de Brute Force fut une publication problématique en raison de ses sous-entendus ; God Save Us de l’Elastic Oz Band relève d’une démarche de soutien public ; Sweet Music des frères Van Eaton rappelle les dernières années du recrutement. Les réunir aux chansons célèbres restitue la dimension aventureuse d’Apple.

Le choix des 21 plages ne prétend pas épuiser le catalogue. Il permet plutôt de comprendre comment le label a fonctionné comme un point de rencontre entre notoriété des Beatles et propositions éloignées de leur style musical.

Le CD de 2010 et le single d’époque sont deux objets différents

Pour un collectionneur, l’écoute de Come and Get It constitue un excellent index de découverte, mais elle ne remplace pas l’examen des 45 tours originaux. Numérotation britannique APPLE, références américaines Capitol, faces B et mélanges mono ou stéréo demandent encore une vérification disque par disque.

La date 2010 désigne ici le remaster et le programme de la compilation, non une nouvelle prise de studio. Le grand intérêt de cette édition est de rassembler les histoires individuelles sans effacer la diversité des dates et des pays de publication.

Ce que révèle le programme de 21 titres

Du tube Those Were the Days au cajun de Saturday Nite Special, de Govinda au rock de Day After Day, cette succession rappelle que le logo de la pomme représente une politique d’ouverture davantage qu’un son unique. Les Beatles avaient fourni le prestige initial ; les artistes ont apporté des identités parfois irréconciliables sur le papier.

C’est précisément cette hétérogénéité qui rend l’anthologie précieuse. Elle constitue une porte d’entrée dans le répertoire secondaire d’Apple Records et invite à revenir aux albums, puis aux numéros de 45 tours.

À découvrir également

Une anthologie n’est pas un catalogue complet

Come and Get It réunit vingt et un enregistrements pour présenter la variété des artistes Apple Records. Le disque rapproche des noms déjà connus pour plusieurs albums et des interprètes qui n’avaient parfois publié qu’un 45 tours. Ce choix donne une porte d’entrée sonore à l’histoire du label, mais laisse de côté de nombreuses faces B, variantes de mixage et références étrangères. Le titre ne doit donc pas être assimilé à l’intégralité de la discographie APPLE 1–49.

La présence de Thingumybob, King of Fuh ou Saturday Nite Special rappelle que le label ne défendait pas un style unique. Chacun de ces titres renvoie cependant à une publication historique précise, avec ses particularités commerciales. La date du CD de compilation ne remplace ni celle du single original ni son numéro national.

Poursuivre l’exploration Apple Records