Ringo Starr, l'artiste au-delà des Beatles : dossier encyclopédique
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YELLOW-SUB.NET / RINGO STARR / 07 · Peinture et art numérique

Ringo Starr peintre et artiste numérique : de My Faces au spin art

Des huiles et acryliques à l’atelier numérique, puis aux peintures originales présentées à Las Vegas en 2025.

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Ringo Starr ne s’est pas contenté de prendre des photographies : il peint, compose des images sur ordinateur et expérimente des techniques qui prennent parfois à contre-pied l’idée que l’on se fait d’un ancien Beatle. Son parcours mène de la toile et du pinceau à l’art numérique, puis à des productions originales exposées publiquement.

Un intérêt pour la peinture antérieur à l’informatique

Le parcours graphique de Ringo a parfois été résumé à ses dessins réalisés sur ordinateur à la fin des années 1990. Le récit officiel est plus nuancé. Dans la présentation de son travail publiée par Ringo Starr Art, il est indiqué qu’il pratiquait depuis plusieurs années la peinture à l’acrylique et à l’huile avant d’adopter la création informatique. Cela change l’ordre des faits : l’ordinateur ne provoque pas la vocation artistique, il fournit un nouveau moyen de la poursuivre.

Il est tentant de rattacher immédiatement les images de Ringo à la révolution visuelle des années 1960, aux pochettes des Beatles et au psychédélisme. Ces rapprochements peuvent être féconds, mais doivent rester des interprétations. Nous n’avons pas, à ce stade, un inventaire daté permettant de rattacher chaque toile à un souvenir ou à une influence spécifique. Une biographie artistique doit préserver ces inconnues au lieu de les combler par des hypothèses séduisantes.

La fin des années 1990 : l’ordinateur comme atelier de tournée

Ringo situe lui-même ses débuts en art informatique à la fin des années 1990. Dans la présentation de son œuvre diffusée par sa galerie, il explique que travailler sur ordinateur lui permettait de créer pendant les tournées, notamment lors des longues heures passées dans les hôtels. Ce détail a une valeur biographique : le matériel numérique rendait possible un atelier mobile, compatible avec la vie de musicien.

Créer sur écran change les rapports au geste, aux couleurs et à la répétition. Les outils permettent de revenir sur une image, de superposer des éléments ou de réorganiser une composition sans les mêmes contraintes qu’une toile peinte. Rien n’autorise néanmoins à supposer que chaque œuvre était conçue selon un logiciel précis : ce renseignement devra être documenté image par image lorsque des éléments matériels seront disponibles.

My Faces (2005) : l’exposition de New York documentée par les sources de l’époque

La première exposition de peintures et d’images informatiques de Ringo Starr, My Faces, peut désormais être localisée précisément à Pop International Galleries, à SoHo (New York), en juin 2005. Le 5 mai 2005, Yellow-Sub.net annonçait que la galerie présenterait quatorze créations réalisées à l’ordinateur, accompagnées de reproductions annoncées à cent exemplaires signés par œuvre, à partir du 19 juin. Une deuxième information du site, publiée le 26 mai 2005 à partir d’un communiqué de tournée, plaçait toutefois l’ouverture au 20 juin. Un article de Modern Drummer en 2012 confirme le lieu et retient le 19 juin. Les deux dates annoncées doivent rester visibles dans la chronologie : nous ne disposons pas encore d’une pièce d’inauguration qui explique leur différence.

Les quatorze intitulés de la galerie commerciale Artwork 2005 offrent un répertoire compatible avec le programme annoncé à New York. Ils n’établissent cependant pas, à eux seuls, quelles épreuves étaient effectivement accrochées aux murs. Une invitation d’origine, un catalogue de salle ou des photographies de l’exposition permettraient de passer d’un nombre annoncé à un inventaire d’accrochage. Le chapitre spécifique consacré à My Faces rassemble les quatorze titres, leurs formats et les contradictions des notices d’édition.

Pop art et formes immédiatement reconnaissables

Les présentations commerciales situent fréquemment l’œuvre de Ringo dans une tradition pop art, à travers ses couleurs franches et l’emploi d’images accessibles, parfois humoristiques. Les noms d’Andy Warhol et de Keith Haring sont cités dans le discours de promotion. Il faut néanmoins distinguer une comparaison stylistique d’une influence documentée : ces deux artistes offrent un cadre possible pour décrire les images, pas une preuve que Ringo ait emprunté une technique ou un concept précis.

Pour analyser les œuvres, on pourra étudier les contours, les répétitions, les arrière-plans, l’organisation des surfaces colorées et le dialogue entre figure et motif. On pourra également observer la place de l’humour, élément si souvent associé au personnage public de Ringo, tout en évitant d’affirmer que telle couleur ou telle silhouette possède forcément une signification autobiographique.

Peinture originale, image numérique et tirage : trois statuts différents

Cette distinction est le cœur du travail de catalogage. Une toile à l’acrylique ou à l’huile est un objet matériel unique tant qu’elle n’est pas déclinée en variantes. Une composition numérique peut exister sous forme de fichier original puis être éditée sur plusieurs supports. Un tirage signé et numéroté est encore un autre objet, dont la valeur documentaire dépend du format, de la provenance et de l’édition concernée.

L’étude des éditions liées à Another Day in the Life le montre bien. Genesis Publications décrit une série de six compositions mixtes, réunissant photographies et éléments graphiques, imprimées sur papier Hahnemühle. Certaines sont rehaussées d’encre dorée ou iridescente. L’éditeur annonce 40 exemplaires numérotés pour chaque image et un portfolio de six pièces proposé en seulement quinze ensembles. Le vocabulaire doit rester précis : ces œuvres de technique mixte ne sont pas six toiles originales peintes de la main de Ringo.

2025 : le tournant de Starr Art à Las Vegas

Le 26 août 2025, le site officiel de Ringo annonce une exposition à l’Animazing Gallery, dans les Grand Canal Shoppes du Venetian Resort à Las Vegas, du 5 septembre au 15 octobre. La présentation est programmée parallèlement à une résidence du All-Starr Band. Son caractère notable ne vient pas simplement de la tenue d’une nouvelle exposition : le communiqué la décrit comme la première à présenter des peintures originales de Ringo, en plus de travaux signés et d’éditions limitées.

Le communiqué évoque aussi une démarche plus récente de spin art, dans laquelle de la peinture est projetée ou distribuée par le mouvement de rotation du support. Ringo y raconte avoir commencé avec une petite toile avant d’explorer des formats plus grands, ainsi que les traces laissées par les projections sur d’autres toiles autour de l’œuvre principale. Cette méthode introduit le hasard contrôlé dans l’élaboration de l’image, un aspect particulièrement intéressant pour un artiste également musicien.

Cette exposition n’est donc pas seulement une opération de collectionneurs ; elle documente une évolution des matériaux et des gestes. Pour en écrire l’histoire exhaustive, il restera à recenser les titres des peintures, à identifier leurs techniques exactes et à consulter les archives de la galerie, sans assimiler les informations de vente à un catalogue raisonné.

L’art et la Lotus Foundation

Ringo et Barbara Bach ont placé une partie de leurs projets artistiques au service de la Lotus Foundation. Pour l’exposition de Las Vegas, le communiqué précise que 100 % des recettes revenant à l’artiste étaient destinées à la fondation. Cette formulation doit être reprise exactement dans les recherches futures : elle ne signifie pas que le prix total payé par chaque acquéreur a été versé à l’association.

L’enjeu de cet engagement dépasse la seule histoire des galeries. Il permet de relier une pratique artistique tardivement rendue publique à une démarche philanthropique durable. Les données sur les sommes collectées, leurs dates et leurs bénéficiaires ne seront intégrées que si elles peuvent être vérifiées dans des bilans ou des déclarations explicites.

Vers un catalogue raisonné

Pour chaque œuvre, une notice pourra réunir le titre anglais d’origine, sa traduction éventuelle, la date documentée, la technique, les dimensions, les éventuels numéros d’édition, les signatures et cachets, le lieu d’exposition et la source. Les reproductions visuelles devront faire l’objet d’un examen distinct concernant leurs droits d’utilisation.

Le principal objectif est de restituer à l’activité picturale de Ringo une chronologie autonome. Cet artiste visuel n’a pas à être présenté comme un simple hobby de célébrité, ni comme un peintre dont toutes les réalisations seraient nécessairement majeures : ses œuvres gagnent à être étudiées pour ce qu’elles sont, avec la même curiosité critique que ses enregistrements musicaux.

Chronologie critique : jalons documentés de l’artiste visuel

L’histoire de Ringo peintre ne doit pas être reconstruite uniquement à partir des dates de publication des catalogues. Plusieurs temporalités coexistent : l’exécution d’une œuvre, sa première présentation publique, sa reproduction en tirage d’art et sa mise en vente éventuelle. Voici les jalons pour lesquels une source éditoriale ou un communiqué directement lié à l’artiste est identifiable.

Période Événement établi Nature de l’information
Avant la fin des années 1990 Pratique de l’acrylique et de l’huile sur toile Témoignage publié par le site consacré à son art, sans inventaire exhaustif des premières œuvres
Fin des années 1990 Début des compositions réalisées sur ordinateur pendant les tournées Déclaration rétrospective de Ringo, non date précise de première création
19–20 juin 2005 (dates annoncées divergentes) My Faces, Pop International Galleries, SoHo, New York ; quatorze œuvres informatiques annoncées Archives Yellow-Sub des 5 et 26 mai 2005 ; lieu confirmé par Modern Drummer en 2012 ; liste précise des œuvres exposées à établir
19 juin 2008 (date annoncée) Painting Is My Madness, livre ArtCelebs de reproductions d’art informatique Broché 51 ou 52 p. selon les notices ; 3 000 copies annoncées, dont une série de 200 signées avec estampe ; annonce contemporaine, non attestation de livraison de chaque exemplaire
Décembre 2020 Painting Is My Madness Too, livre ArtCelebs dirigé par Neal Glaser Relié 192 pages ; versions avec et sans signature commercialisées en décembre, et témoignage de Ringo dans Rolling Stone le 17 décembre 2020 sur l’importance de la peinture pendant la pandémie
2018–2019 Graphiques en techniques mixtes liés à Another Day in the Life Portfolio Genesis en édition limitée ; ne pas confondre avec une toile unique
2019 Exposition antérieure de référence dans la communication sur Starr Art Le communiqué de 2025 parle du premier salon depuis 2019 sans fournir ici de catalogue complet
5 sept. – 15 oct. 2025 Starr Art, Animazing Gallery, Las Vegas Annonce officielle datée du 26 août 2025 ; peintures originales montrées pour la première fois dans cette présentation

Cette chronologie est volontairement sélective. Lorsque des galeries évoquent des expositions en Europe, en Amérique du Sud, en Australie ou aux États-Unis, cela ne dispense pas de retrouver les programmes d’origine, les villes, les dates et les éventuels catalogues. Un lieu mentionné dans une biographie commerciale ne suffit pas à établir le détail d’un événement.

Deux livres d’art, deux moments de vie : les tournées de 2008 et le confinement de 2020

La publication des deux volumes ArtCelebs éclaire une continuité biographique que les catalogues de galerie ne rendent pas toujours visible. En juin 2008, une annonce contemporaine présente Painting Is My Madness comme un ouvrage destiné à accompagner la tournée du All-Starr Band. La création informatique, commencée dans les chambres d’hôtel, trouve alors un relais commercial au contact direct du public des concerts. Le livre broché de 51 ou 52 pages, selon les conventions de pagination des catalogues, rassemble plus de quarante reproductions, des souvenirs et des photographies de l’artiste. Une série de 200 livres numérotés, signés et accompagnés d’une estampe de petit format complète les 3 000 exemplaires annoncés pour l’ensemble de l’édition.

En décembre 2020, le contexte est inverse : les tournées interrompues par la pandémie placent Ringo chez lui. Dans un entretien accordé à Rob Sheffield pour Rolling Stone le 17 décembre, il explique que la musique et la peinture l’ont aidé à traverser cette période. Le nouveau livre, Painting Is My Madness Too, comprend 192 pages, dans une reliure rigide sous jaquette. Ringo évoque oralement Painting Is My Other Madness et rapproche son engagement pictural de sa passion pour la batterie. Cette formule personnelle est utile pour interpréter sa pratique, sans créer artificiellement un troisième titre bibliographique.

Il est donc possible d’étudier le premier livre comme un instrument de diffusion de créations nées en tournée, puis le second comme une rétrospective publiée pendant une suspension de la vie scénique. Ces rapprochements reposent sur les calendriers d’annonce et les témoignages contemporains, non sur l’hypothèse que toutes les œuvres représentées dans le livre de 2020 ont été produites pendant le confinement. La distinction est développée dans notre étude bibliographique des deux livres.

L’œuvre sur ordinateur : une pratique née des déplacements

Dans la présentation de son travail publiée par Ringo Starr Art, le musicien relie explicitement la création informatique au temps passé dans les hôtels pendant les tournées. C’est un renseignement plus précis qu’une simple formule sur la « passion tardive » d’un ancien Beatle. L’ordinateur autorise à transporter son atelier dans un matériel relativement compact ; la peinture traditionnelle, elle, suppose des surfaces, des pigments, parfois des temps de séchage et un espace de stockage.

Pour un artiste qui donne des concerts à intervalles réguliers avec son All-Starr Band, cette continuité d’atelier est essentielle. On peut la rapprocher du fonctionnement de la photographie : la création peut se glisser entre deux obligations professionnelles. En revanche, nous ne connaissons pas publiquement, pour chaque période, le modèle de machine, les logiciels, les formats de fichier ou les étapes de retouche utilisés. Une notice encyclopédique ne doit pas attribuer à Ringo l’usage de logiciels précis sur la seule base d’un rendu visuel.

Le discours de l’artiste s’inscrit dans une évolution plus vaste de l’art populaire à la fin du XXe siècle. Les frontières entre photographie, peinture, dessin numérique et impression de galerie deviennent plus poreuses, tandis que les outils électroniques créent de nouvelles formes de multiplication de l’image. Cette observation historique ne signifie pas que Ringo appartienne à une école esthétique unique ni qu’il ait recherché la même démarche que les pionniers de l’art informatique.

My Faces (2005) : ce que l’on sait et ce qu’il reste à documenter

La dénomination My Faces est solidement établie : les présentations officielles la citent comme la première exposition de ses peintures, en 2005. Cependant, une exposition identifiée par un titre ne constitue pas à elle seule un catalogue raisonné. Pour reconstituer My Faces, il faudra établir la liste des œuvres présentes, leurs techniques, le lieu exact et les intervenants, puis déterminer si des pièces ont été reprises lors d’expositions ultérieures.

Il convient aussi de distinguer la notion de première exposition de celle de première vente. Une œuvre peut avoir été montrée publiquement avant d’être vendue ; inversement, des reproductions signées peuvent circuler sans exposition physique notable. De même, une image présentée sous deux titres voisins ne prouve pas immédiatement l’existence de deux compositions différentes. À l’avenir, chaque entrée du dossier comportera autant que possible une reproduction autorisée ou, à défaut, une description rigoureuse appuyée sur une notice publiée.

Another Day in the Life : six créations graphiques à identifier

Le catalogue Genesis apporte un corpus limité mais concret de six œuvres graphiques associées à l’univers visuel de Ringo. Il faut les traiter comme des éditions de technique mixte et non comme une galerie d’originaux uniques. L’éditeur indique un format de 40 × 50 cm, un papier Hahnemühle Photo Rag de 308 g/m² à bords déchirés à la main, et, selon les pièces, une combinaison de giclée archivistique et de sérigraphie avec des encres iridescentes ou des rehauts.

N° Genesis Œuvre graphique Donnée certaine au catalogue
01 Moon & Stars Image évoquant notamment son costume original de Sgt. Pepper, des fleurs et la lune ; tirage signé
02 Beatle Boot Œuvre graphique proposée en édition signée
03 Peace & Love Œuvre graphique proposée en édition signée
04 Beneath the Waves Œuvre graphique proposée en édition signée
05 Peace Rocks Œuvre graphique proposée en édition signée
06 Norwegian Wood Œuvre graphique proposée en édition signée

Genesis annonce 40 épreuves numérotées par image, ainsi qu’une présentation Deluxe réunissant les six pièces en 15 ensembles. Le terme « ensemble » importe : ce n’est ni le nombre de négatifs, ni la quantité de toiles originales, ni une septième œuvre. Le portfolio rappelle également qu’une image peut réunir plusieurs procédés : la reproduction photographique, l’intervention graphique et l’impression spécialisée concourent à un objet composite.

Le cas de Moon & Stars est instructif parce que le commentaire de l’artiste rattache l’œuvre à la redécouverte de son costume de Sgt. Pepper, conservé dans une boîte. Le propos associe mémoire matérielle, humour et image graphique, sans transformer pour autant l’œuvre en document historique direct de 1967. La photographie d’un costume ancien intégrée à une création récente doit être datée selon ses différentes composantes : l’objet photographié est un costume de la période Beatles, tandis que le montage graphique et le tirage appartiennent à une phase bien postérieure.

Le spin art : une méthode, pas seulement un style

Le communiqué du 26 août 2025 décrit explicitement l’évolution vers le spin art, parfois appelé peinture centrifuge. Ringo y raconte avoir découvert cette pratique dans une vidéo montrant des enfants, avant de l’essayer sur un petit support puis sur des toiles de plus grande dimension. La rotation disperse la matière colorée ; l’artiste choisit les pigments, les quantités et les opérations successives, mais ne maîtrise pas intégralement le cheminement des éclaboussures.

L’aspect le plus singulier du témoignage concerne les toiles disposées autour de la zone de travail : Ringo explique avoir commencé à récupérer les projections sortant du dispositif central, puis avoir considéré certaines de ces surfaces secondaires comme des œuvres à part entière. Le statut d’une toile évolue donc au cours même de la séance. Une pièce d’abord destinée à protéger ou recevoir des projections devient potentiellement une création autonome ; le support cesse d’être un simple accessoire technique.

Ce mécanisme est intéressant à rapprocher de l’improvisation musicale, à condition de rester prudent. Dans les deux pratiques, le créateur met en place des conditions et accueille une part d’imprévu. Mais cette analogie est une interprétation critique de Yellow-Sub, et non une déclaration de Ringo prouvant une filiation directe entre un break de batterie et une éclaboussure de peinture.

Starr Art : le contexte exact de l’exposition de 2025

L’annonce officielle du 26 août 2025 situe la manifestation à l’Animazing Gallery, installée aux Grand Canal Shoppes du Venetian Resort à Las Vegas. La sélection a été organisée sous le commissariat de Neal Glaser, d’ArtCelebs, parallèlement à la résidence musicale de Ringo et de son All-Starr Band. Le communiqué précise la tenue d’un événement privé réservé à certains collectionneurs ayant acquis des œuvres auprès de la galerie avant cette réception.

Le dossier ne présentera donc pas la manifestation comme un « musée rétrospectif » sans réserve. Il s’agit d’une exposition et vente en galerie, comportant des créations originales et des éditions proposées aux collectionneurs. Ce contexte commercial n’enlève rien à l’intérêt artistique et documentaire de l’événement, mais il modifie les sources disponibles : les titres, prix et disponibilités peuvent changer pendant l’accrochage, et une annonce préalable ne prouve pas nécessairement le bilan effectif de la manifestation.

Autre formulation à conserver : il s’agissait de la première présentation de peintures originales dans ce cadre, et non de la première exposition d’art de toute la carrière de Ringo, puisqu’une présentation My Faces est attestée dès 2005 et que le même communiqué rappelle un précédent salon en 2019. Omettre ce détail ferait perdre vingt années d’histoire artistique à l’intéressé.

Un artiste de la culture populaire : comment le situer sans le surévaluer

Ringo se rattache volontiers à l’univers de la pop culture, du dessin reconnaissable, de l’humour visuel et de la circulation des images. Les présentations de galerie rapprochent parfois sa production de Warhol ou de Keith Haring. Pour l’historien de l’art, ce rapprochement ne signifie pas équivalence de méthode ni de portée historique : il désigne d’abord des affinités formelles ou un vocabulaire critique compréhensible pour les acheteurs.

Un vrai examen devra s’appuyer sur des œuvres identifiées et visibles légalement, non sur des jugements flatteurs. L’analyse pourrait étudier la distribution des formes, le contour, la typographie insérée dans l’image, l’emploi du mouvement et la relation entre couleur et humour. À défaut d’exemples précisément attribués, il vaut mieux décrire les procédés confirmés par les sources que faire semblant d’avoir expertisé une toile non consultée.

Lotus Foundation : des recettes artistiques à la philanthropie

La présentation officielle de Starr Art annonce que l’intégralité des sommes revenant à l’artiste serait destinée à la Lotus Foundation. Cette nuance financière est indispensable : selon les opérations, le prix acquitté par l’acheteur peut inclure d’autres rémunérations, charges ou prestations qui ne constituent pas la part reçue par Ringo. Une encyclopédie fiable ne peut donc pas annoncer qu’une galerie aurait versé « la totalité des prix de vente » sans document justifiant ce calcul.

La fondation soutient des projets de protection sociale et d’aide à des publics vulnérables. Le communiqué cite notamment le soutien aux personnes concernées par la dépendance, la paralysie cérébrale, les tumeurs cérébrales, le cancer, les violences familiales, le sans-abrisme et la protection animale. Il ne permet pas, à lui seul, d’attribuer à l’exposition de Las Vegas un montant levé ou un bénéficiaire final particulier. Un tel bilan demandera une source comptable ou une déclaration rétrospective explicite.

Établir une fiche technique pour chaque peinture

Titre
Transcription originale, éventuel sous-titre et variantes réellement attestées.
Année
Création, première exposition et édition graphique distinguées si elles diffèrent.
Technique
Acrylique, huile, composition numérique, spin art, giclée, sérigraphie ou procédé mixte selon la notice.
Support
Toile, papier, fichier numérique, tirage signé ou autre objet documenté.
Format
Dimensions avec unités et, si nécessaire, orientation du support.
Statut
Original unique, variation, reproduction, édition numérotée ou épreuve d’artiste identifiée.
Provenance
Historique de galerie ou d’exposition, étiquette, facture et certificat lorsqu’ils sont publiquement documentés.
Sources
Catalogue de l’exposition, photographie autorisée, déclaration de l’artiste ou archives commerciales datées.

Cette méthode permettra de publier des notices vraiment utiles aux historiens comme aux collectionneurs. Elle évitera de confondre un original peint par Ringo, une image produite par impression numérique à partir d’une composition et une reproduction promotionnelle non numérotée. C’est précisément dans cette rigueur de catalogage que Yellow-Sub peut apporter un travail de référence.

Sources et références documentaires

  1. Ringo Starr Art, About Ringo’s Work — https://ringostarrart.com/about-ringos-work/
  2. Yellow-Sub.net, 5 mai 2005, annonce de première exposition informatique de Ringo à Pop International Galleries, quatorze œuvres, 19 juin annoncé — https://yellow-sub.net/lactu/49520-ringo-starr-exposition-de-ses-dessins
  3. Yellow-Sub.net, 26 mai 2005, communiqué de tournée reproduit par le site mentionnant l’ouverture de l’exposition le 20 juin — https://yellow-sub.net/lactu/49874-ringo-starr-une-tournee-americaine-de-deux-dates
  4. Modern Drummer, 11 juin 2012, rétrospective situant l’exposition à Pop International Galleries, SoHo, le 19 juin 2005 — https://www.moderndrummer.com/2012/06/ringo-starr-art-exhibits-to-show-at-select-cities-on-13th-all-starr-tour/
  5. Site officiel de Ringo, exposition Starr Art (2025) — https://www.ringostarr.com/ringo-starr-to-showcase-his-original-paintings-for-the-first-time-at-animazing-gallery-in-las-vegas/
  6. Communiqué Animazing Gallery, description du spin art — https://www.prnewswire.com/news-releases/ringo-starr-to-showcase-his-original-paintings-for-the-first-time–at-animazing-gallery-in-las-vegas–starr-art-exhibition-and-sale-marks-ringos-first-art-show-since-2019-302538869.html
  7. Genesis, Another Day in the Life, éditions graphiques — https://www.genesis-publications.com/prints/ringoartprint/another_day_in_the_life
  8. Annonce de juin 2008, Painting Is My Madness, sortie prévue le 19 juin, 3 000 livres et 200 signés — https://beatlesite.blogspot.com/2008/06/bookshelf-painting-is-my-madness.html
  9. Rob Sheffield, Rolling Stone, entretien du 17 décembre 2020, Ringo sur la peinture durant la pandémie — https://au.rollingstone.com/music/music-features/ringo-starr-zoom-in-interview-21062/
  10. RR Auction, livre Painting Is My Madness Too, édition reliée de 2020, 192 p. — https://www.rrauction.com/auctions/lot-detail/347404006700596-ringo-starr-signed-book/

Yellow-Sub · Encyclopédie Ringo Starr

L’artiste au-delà des Beatles

← Présentation du dossier

  1. 01Présentation du dossier
  2. 02Photographe des Beatles
  3. 03Archives photographiques
  4. 04Postcards from the Boys
  5. 05Photograph (2013–2015)
  6. 06Another Day in the Life
  7. 07Peintre et artiste numérique
  8. 08Art numérique et NFT
  9. 09Starr Art : expositions
  10. 10Tirages et collection
  11. 11Lotus Foundation
  12. 12Catalogue des œuvres
  13. 13Pochettes (1970–1981)
  14. 14Pochettes (1983–2026)
  15. 15My Faces : les œuvres de 2005
  16. 16Les douze peintures originales de 2025
  17. 17Sculptures : Drums for Peace et Peace and Love
  18. 18Estampes et œuvres graphiques (2007–2024)
  19. 19Peaux de batterie, guitares et objets signés
  20. 20Painting Is My Madness : les livres d’art
  21. 21Photographie : expositions et réception critique
  22. 22Catalogue des 32 tirages photographiques
  23. 23Photograph Portfolio 2018
  24. 24Photograph Portfolio 2017 : les douze clichés
  25. 25Tobago 1966 : photographies et archives
  26. 26Lifted (2022) : photographies retrouvées
  27. 27Beats & Threads (2023) : instruments et costumes
  28. 28Catalogue raisonné : 52 références (2013–2024)
  29. 29Ringo cinéaste : Born to Boogie (1972)
  30. 30Ringo et Barbara Bach : vente Julien’s Auctions (2015)
  31. 31Octopus’s Garden : livre illustré (2013–2014)
  32. 32Clips et films promotionnels (1970–2026)
  33. 33Ringo: Peace & Love, GRAMMY Museum (2013–2014)
  34. 34Ringo en ukiyo-e au Japon (2026)
  35. 35Ringo photographié : les grands portraitistes
  36. 36Cinq NFT et vingt lots : 2022
  37. 37Ringo animé : de 1965 à Rock Band (2009)
  38. 38Thomas : pilote de 1983 retrouvé en 2025