Ringo Starr, artiste au-delà des Beatles : photographie, peinture, cinéma et design

YELLOW-SUB.NET / ENCYCLOPÉDIE RINGO STARR / CHAPITRE 05

Photograph : les archives photographiques de Ringo Starr (2013–2015)

Du livre interactif de 2013 aux éditions numérotées et à l’exposition de Londres en 2015 : une autobiographie par l’image.

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Avant de devenir un beau livre relié en cuir, Photograph a d’abord été une expérience numérique. Publié en 2013, le projet ouvre les archives personnelles de Ringo Starr et transforme plusieurs décennies de souvenirs en autobiographie visuelle : un patrimoine composite où les clichés qu’il a pris lui-même côtoient des photos de famille, des coupures de presse et des documents conservés par sa mère. À partir de 2015, l’ouvrage gagne un public plus large et ses images sont présentées à la National Portrait Gallery de Londres. Derrière ce parcours éditorial se cachent des questions passionnantes de datation, d’attribution et de transmission.

De quelle œuvre parle-t-on ? Un titre, trois états éditoriaux

Le nom Photograph est connu depuis la chanson que Ringo a écrite avec George Harrison, publiée en 1973. Quarante ans plus tard, il sert de titre à une entreprise éditoriale. Il serait pourtant trompeur de parler d’un livre unique apparu soudainement dans les librairies en 2013. Les documents originaux distinguent au moins une version multimédia diffusée sur l’iBookstore en juin 2013, un tirage Genesis numéroté et signé annoncé pour l’automne 2013 et une édition de diffusion plus large publiée en septembre 2015.

Ces trois états n’ont ni le même support ni exactement le même appareil de lecture. Une tablette permet de grossir une image, de lancer un témoignage audio ou de regarder une vidéo. Un livre bibliophilique inscrit les photographies et les commentaires sur un papier choisi, dans une reliure construite pour durer. L’édition courante de 2015 privilégie la disponibilité auprès d’un public plus large. Leur comparaison est indispensable pour une bibliographie sérieuse : dates, ISBN, pagination et statut des images peuvent varier d’un support à l’autre.

Juin 2013 : l’autobiographie visuelle devient interactive

Le site officiel des Beatles publie en juillet 2013 une annonce consacrée à la nouvelle application éditoriale de Ringo. Le communiqué indique une disponibilité de précommande dès la fin mai et une publication officielle le 12 juin 2013 sur l’iBookstore. Apple Books conserve la fiche de cette édition sous un format de 149 pages. Le document de lancement évoque 140 photographies, consultables avec agrandissement, 69 récits audio lus par Ringo et 11 vidéos exclusives combinant interviews, musique et animation.

Ce dispositif change la place de la parole de Ringo. Dans un livre classique, la légende commente une image après coup. Ici, le lecteur peut entendre la voix de son auteur et déclencher un souvenir lié à une photographie. Une image ancienne peut être accompagnée d’une explication enregistrée cinquante ans après sa prise de vue : ces deux dates doivent rester distinctes. L’expérience produit une forme d’archive racontée, précieuse pour l’histoire orale, mais dont les commentaires sont eux-mêmes des témoignages rétrospectifs.

La présence de vidéos appelle aussi une précaution bibliographique. Dire que le livre numérique contient onze vidéos ne signifie pas que l’on peut toutes les regarder aujourd’hui sur n’importe quel appareil : la compatibilité dépend de la plate-forme et de la conservation des fichiers. Un catalogue patrimonial devrait décrire le format d’origine, l’environnement logiciel prévu en 2013, les éventuelles mises à jour et la possibilité d’un accès archivistique pérenne.

Une source historique plus riche que la seule photographie

Le support électronique permet de constituer plusieurs couches de preuve : l’image, la légende, la voix de Ringo et parfois son témoignage filmé. Le chercheur peut alors comparer le souvenir oral et la situation visuelle. En revanche, l’enrichissement multimédia ne rend pas le témoignage infaillible. Un souvenir précis a pu se modifier avec le temps ; une image peut comporter un cadrage coupant le hors-champ essentiel ; une vidéo créée spécialement pour l’édition peut être beaucoup plus tardive que le cliché qu’elle présente.

Le communiqué de 2013, reproduit sur le site des Beatles, souligne également le caractère pionnier du projet pour Genesis Publications, éditeur reconnu de luxueux volumes limités depuis les années 1970. Ce basculement vers un ebook constitue donc un chapitre de l’histoire éditoriale de la maison elle-même, et non un simple produit dérivé numérique ajouté après le livre imprimé.

Visuel d’illustration de Photograph et des archives photographiques de Ringo Starr

Octobre 2013 : Genesis et le livre signé de 2 500 exemplaires

Le catalogue officiel de Genesis présente l’édition limitée de Photograph comme une publication de 304 pages, au format 280 × 350 mm, imprimée sur du papier d’archives de 200 g/m² et proposée dans une reliure de luxe avec dorure. Il répertorie un ISBN unique, 9781905662302, pour les deux catégories de cette édition. Les 2 150 exemplaires Collector et les 350 exemplaires Deluxe sont tous signés par Ringo.

Les descriptions de Genesis emploient parfois un chiffre arrondi de « trois cents pages » dans le texte promotionnel ; les caractéristiques détaillées indiquent 304 pages. Pour le bibliographe, c’est cette dernière valeur qui doit servir de référence, sans présumer que toute copie électronique ou toute réédition possède exactement la même pagination.

La version Collector est présentée comme un volume demi-relié de cuir italien, protégé dans un coffret d’archive. La version Deluxe, numérotée de 1 à 350, propose une reliure entièrement en cuir et un supplément réservé à ses exemplaires. Le statut de ces éditions est important : le chiffre 2 500 ne signifie ni 2 500 photos différentes, ni 2 500 originaux photographiques. Il désigne le tirage signé d’un livre particulier.

Du lancement à Hollywood à l’épuisement du tirage : septembre–décembre 2013

La commercialisation de Photograph est documentée avec une précision inhabituelle grâce aux communiqués contemporains de Genesis Publications. Le 27 septembre 2013, l’éditeur annonce une présentation prévue le 23 octobre à l’ArcLight Cinema de Hollywood, à Los Angeles. Le programme associe une projection de film court à des interventions consacrées à Ringo batteur et photographe. Dave Grohl, Steve Gorman et le photographe Henry Diltz figurent parmi les intervenants annoncés, sous la conduite de la journaliste musicale Melinda Newman. Ce dispositif révèle une stratégie de présentation bien différente de celle d’un ouvrage conventionnel simplement mis en vente en librairie : Genesis place le livre photographique dans un événement de cinéma, de musique et de mémoire des Beatles.

Le 24 décembre 2013, l’éditeur déclare la totalité de l’édition limitée épuisée et parle de son livre écoulé le plus rapidement. Genesis précise que les 2 500 exemplaires signés ont trouvé preneur en moins de trois mois. Ce témoignage constitue un jalon de première main pour l’histoire commerciale du volume. Mais il faut conserver les termes employés : fully subscribed signifie que tous les exemplaires disponibles ont été réservés ou attribués à des acheteurs ; cette annonce ne documente pas, à elle seule, la date d’impression de chaque exemplaire, son expédition effective ou une éventuelle revente ultérieure sur le marché secondaire.

Le même communiqué de décembre 2013 indique que Ringo a sélectionné douze photographies pour des tirages artistiques signés et que cinq des douze éditions étaient déjà épuisées à cette date. Cette information permet de distinguer deux rythmes commerciaux souvent confondus : la souscription du livre relié et la diffusion individuelle des portfolios. Un exemplaire de Photograph contient des reproductions en série dans une reliure ; une épreuve du Photograph Portfolio 2013 relève d’un tirage limité propre à chaque image, numéroté et signé. Ces deux objets ne deviennent pas interchangeables parce qu’ils proviennent du même fonds photographique.

Pour l’historien, cette séquence constitue également un repère de réception : les photographies privées de Ringo ont trouvé un marché de collectionneurs dès leur première mise en avant publique en 2013. Elle ne mesure cependant ni la reconnaissance par les musées, ni la fréquentation réelle de l’événement hollywoodien, ni la qualité esthétique reconnue par une critique indépendante. Il convient de traiter séparément le succès de souscription annoncé par l’éditeur, l’attention de la presse et les expositions ultérieures.

Le supplément Deluxe : une planche-contact et une énigme de datation

L’élément documentaire le plus fascinant de la Deluxe est un tirage giclée numéroté de 20 × 25,4 cm reproduisant une planche-contact provenant des archives de Ringo. Genesis précise que cette planche n’apparaît pas dans le livre ordinaire. Elle montre les Beatles dans leur suite de l’hôtel George V à Paris, avec notamment John Lennon à la guitare, Brian Epstein au téléphone et George Harrison consultant un magazine de classements américains. Des scènes plus légères impliquent Ringo, Paul et Mal Evans.

La notice de Genesis contient pourtant une particularité qui ne doit pas passer inaperçue : elle date cette planche de 1963 tout en la rattachant au séjour parisien des Beatles au George V. Or les chronologies des concerts et les documents contemporains situent sans ambiguïté la résidence du groupe à l’Olympia entre le 16 janvier et le 4 février 1964, avec un séjour au George V. Le Photograph Portfolio 2015, publié par le même éditeur, date d’ailleurs sa photographie Paul and Mal prise au George V de janvier 1964.

Rectification chronologique importante : il existe donc une incohérence dans la datation commerciale du supplément Deluxe. Nous privilégions le contexte parisien de janvier 1964, attesté par les archives de tournée et la notice détaillée d’une image du même ensemble, tout en signalant la mention « 1963 » chez Genesis. Nous ne prétendons pas, faute d’inspection des négatifs et de la planche-contact elle-même, avoir établi le jour exact de chaque vue.

Cette petite divergence illustre le véritable travail d’un chercheur : il ne suffit pas qu’une information figure dans le catalogue d’un éditeur prestigieux pour qu’elle soit soustraite à l’examen critique. Les notices commerciales peuvent conserver une erreur de frappe, une confusion de chronologie ou une légende transmise sans vérification indépendante. Une encyclopédie doit rendre le problème visible, puis expliquer comment elle hiérarchise ses sources.

La mémoire d’Elsie Starkey : un fonds familial derrière les photographies

Genesis explique que Ringo a retrouvé des souvenirs que sa mère, Elsie, avait conservés tout au long de sa vie : lettres adressées à la famille, affiches, coupures de journaux et autres papiers. Le projet associe ainsi deux fonds documentaires distincts : celui du jeune Richard Starkey dans le Liverpool d’après-guerre, conservé par sa mère, et celui du musicien qui parcourt le monde en emportant des appareils photographiques.

La distinction est essentielle pour l’attribution des images. Ringo peut être l’auteur d’un cliché des Beatles en tournée, tout en n’étant évidemment pas le photographe d’une scène de sa propre enfance. Lorsque le livre reproduit une coupure de presse ou un portrait conservé dans une boîte familiale, le terme « photographie de Ringo » peut désigner le sujet et non le créateur de l’image. Une fiche de catalogue devra systématiquement séparer ces rôles.

On comprend aussi pourquoi le volume peut être lu comme une autobiographie sans être organisé comme des mémoires traditionnels. Les documents conservés par Elsie restituent des pans de la vie de l’enfant et du jeune musicien ; les photographies de Ringo ouvrent ensuite la perspective du voyage et de la célébrité. Entre les deux, des lettres, des programmes ou des coupures fournissent les repères sans lesquels le portrait photographique reste muet.

Un manuscrit original de plus de 15 000 mots

Genesis indique que les commentaires de Ringo représentent plus de 15 000 mots. Ce chiffre confirme que l’édition imprimée ne se réduit pas à un portfolio avec quelques légendes : elle met en relation une matière visuelle et un récit personnel d’ampleur. Le musicien évoque notamment ses premières batteries, les groupes de Liverpool, les tournées, les hôtels, les amis et les événements parfois mineurs qui lui reviennent à la vue d’une photo.

À la différence de la biographie rédigée par un tiers, cette parole relève de l’histoire orale. Elle donne accès à la manière dont Ringo choisit, au début des années 2010, de raconter les décennies passées. Il faut la lire comme un document à double datation : un événement des années 1960 est commenté cinquante ans plus tard, parfois au moyen d’une photographie prise à l’époque. La subjectivité fait partie de la richesse du témoignage ; elle demande aussi des vérifications quand le propos touche à une date, à un lieu ou à une collaboration.

Le parcours iconographique : de Liverpool à la Beatlemania

La bibliographie de l’édition de 2015 permet d’identifier plusieurs grandes sections thématiques : les années d’enfance, la route des premiers groupes, les voyages, la camaraderie des Beatles, Paris, la première conquête américaine, les films et les rencontres musicales. Cette organisation n’équivaut pas à une simple chronologie linéaire. Elle met en regard des images de sujets différents et invite à reconstruire une trajectoire individuelle plutôt qu’un inventaire d’événements.

Les photographies de Liverpool peuvent être rapprochées de la jeunesse de Richard Starkey et de son apprentissage auprès de l’Eddie Clayton Skiffle Group et de Rory Storm and the Hurricanes. Les scènes de tournées Beatles soulignent une autre expérience : quatre jeunes hommes partageant des chambres d’hôtel, des véhicules, une routine de travail et parfois des moments de grande tension. La caméra de Ringo est celle d’un participant. Elle connaît les circonstances, mais ne les rend pas toutes visibles dans l’image.

Un tirage du portfolio de 2013, intitulé Old Hickory, montre ce déplacement du regard vers l’environnement du groupe. Selon sa légende, Ringo s’est placé à l’arrière du train lors du voyage de New York à Washington en 1964 pour photographier la voie et ses structures. On rencontre ici un goût de l’architecture et du cadrage qui éloigne le musicien du seul rôle de portraitiste de célébrités. Ce type d’image est capital pour comprendre sa pratique : photographier ce qui se trouve devant soi, pas uniquement ce qui fera la couverture d’un journal.

Photographie d’ambiance illustrant le dossier consacré aux collaborations musicales de Ringo Starr

1964 et 1966 : les voyages comme laboratoire photographique

Les séjours de 1964 en France et aux États-Unis, puis le voyage au Japon en 1966, donnent des repères documentaires essentiels. Dans la présentation du portfolio de 2015, Ringo évoque les appareils achetés par les Beatles à l’occasion de leur première venue japonaise. Il parle d’expérimentations en noir et blanc, en couleur et avec des effets optiques. L’ensemble de ces souvenirs montre une curiosité technique réelle ; il ne permet pas pour autant de reconstituer le modèle exact de tous les appareils utilisés à chaque séance.

La photographie Delhi, proposée dans le portfolio de 2013, est datée de 1966. Le détail est important car le grand public assimile volontiers toute image des Beatles en Inde au séjour auprès du Maharishi en 1968. Les trajectoires du groupe comprennent pourtant plusieurs passages en Asie, pour des raisons très différentes. Une archive située à Delhi en 1966 ne saurait être légendée « retraite spirituelle de Rishikesh » sous prétexte qu’elle montre une scène indienne.

De même, les images de la première visite américaine en 1964 ne doivent pas être confondues avec celles des tournées suivantes. Les personnes représentées, les vêtements, les véhicules et les scènes de presse aident à contextualiser une image, mais doivent être confrontés aux calendriers de déplacement. La mémoire photographique se nourrit de sensations ; l’histoire documentaire exige une date qui puisse être justifiée.

2015 : une édition accessible, un autre ISBN

En septembre 2015, le projet connaît une nouvelle étape avec une édition reliée destinée au circuit de librairie. La référence bibliographique est 9781905662333, correspondant à une publication Genesis de 304 pages ; les registres de librairie signalent une sortie autour du 21 septembre 2015. Ce volume ne doit pas être annoncé comme l’édition originale numérotée de 2013 : sa date, son ISBN et son mode de diffusion sont différents, même si son contenu reprend les grandes lignes de l’autobiographie visuelle.

La description de cette édition précise qu’elle réunit des photographies prises par Ringo et d’autres images issues des albums familiaux. Le texte est toujours présenté comme un manuscrit de plus de quinze mille mots. Le lecteur qui souhaite étudier l’œuvre n’est donc pas tenu d’acquérir un des 2 500 exemplaires bibliophiliques d’origine : la version de diffusion plus large permet l’accès au corpus principal sans posséder la reliure signée et les suppléments du tirage Deluxe.

National Portrait Gallery, Londres, 9 septembre 2015

La diffusion de 2015 s’accompagne d’une présentation photographique à la National Portrait Gallery de Londres, inaugurée le 9 septembre 2015. Le communiqué de Genesis et la presse britannique évoquent une sélection de vingt portraits, exposés dans les espaces liés à la vente et à la librairie de l’institution. Chaque photographie pouvait être acquise sous la forme d’un tirage d’art limité. Le reportage du Guardian annonce un prix de 1 900 livres pour les œuvres proposées à cette époque.

Il faut ici garder la qualification exacte de la manifestation. La présence de photographies à la National Portrait Gallery n’implique pas automatiquement une accession de vingt originaux aux collections permanentes du musée. Il s’agit d’une présentation de tirages contemporains, commercialisés en parallèle de la publication d’un livre. Cette nuance ne réduit ni la portée symbolique ni la visibilité de l’événement ; elle permet simplement de ne pas confondre exposition, vente et acquisition muséale.

Les légendes de la présentation insistent sur les photographies de John, Paul et George saisies sans mise en scène officielle. L’une des images de couverture montre Ringo photographiant son propre reflet dans un miroir, appareil et cigarette en main. Lors du lancement, il s’amuse à présenter cette photographie comme une sorte de premier selfie. L’affirmation relève évidemment de la plaisanterie autobiographique : l’autoportrait au miroir existe depuis bien avant les Beatles. En revanche, cette image témoigne concrètement du plaisir de jouer avec l’appareil et avec sa propre représentation.

PHOTOGRAPHER (2015) : un document audiovisuel sur la genèse du livre

Le 28 octobre 2015, Genesis Publications annonce un court métrage intitulé PHOTOGRAPHER, présenté avec Ringo Starr et le photographe Mark Seliger, et diffusé par l’intermédiaire de Rolling Stone. La présentation de l’éditeur évoque une nouvelle interview de Ringo, quelques interventions musicales à la batterie et la projection d’images provenant de son autobiographie visuelle. Le film a une fonction promotionnelle évidente, mais il constitue aussi un document pour l’histoire orale du photographe : Ringo commente les images qui activent ses souvenirs et explicite une relation à la photographie beaucoup plus durable que la seule Beatlemania.

Le nom de Mark Seliger mérite d’être conservé dans la fiche, parce qu’il situe ce projet dans le champ contemporain de la photographie de célébrité. Genesis rapporte un jugement élogieux du photographe sur la qualité des images de Starr et sur la continuité entre son activité musicale et sa manière de regarder. Ce témoignage est intéressant pour étudier la réception de Ringo par un autre professionnel de l’image, mais il ne remplace pas une critique indépendante du livre. De même, le communiqué ne donne pas les crédits de réalisation, de montage et de production : Seliger ne doit pas être désigné automatiquement comme réalisateur du court métrage sans consultation du générique.

Les trois Photograph : chanson, album rétrospectif et livre

Le titre Photograph désigne d’abord la chanson coécrite avec George Harrison et publiée par Ringo en 1973. Il sert aussi à nommer la compilation Photograph: The Very Best of Ringo Starr de 2007, dont une édition comporte un DVD d’archives. Enfin, il devient en 2013 le titre du livre photographique, avant sa diffusion élargie en 2015. Le court métrage PHOTOGRAPHER appartient à cette dernière campagne. Le seul mot « photograph » dans un catalogue audiovisuel ne suffit donc pas à identifier la nature de l’objet : il faut noter le titre complet, la date, le média, la maison éditrice et les personnes créditées.

La diffusion du livre ne se limite pas à une exposition londonienne

Après la présentation de ses tirages à la National Portrait Gallery le 9 septembre, Ringo retrouve la presse à Book Soup, Hollywood, le 23 septembre 2015 selon Genesis. En octobre, il intervient auprès du public au Canada et aux États-Unis ; une rencontre à la librairie Strand de New York avec Steven Van Zandt est documentée le 26 octobre. En novembre, le projet bénéficie d’une manifestation à Books Kinokuniya, Sydney, du 5 au 16 novembre. Les organisateurs annoncent, pour les acheteurs du livre lors du vernissage, un ex-libris commémoratif. Ces éléments complètent la bibliographie matérielle de l’édition courante, mais ne créent pas de nouveaux ISBN ni de nouveaux tirages du livre signé de 2013.

Pour les collectionneurs, il existe ici trois familles d’objets distinctes : le volume d’édition générale ISBN 9781905662333, les estampes photographiques vendues séparément par Genesis et le matériel éphémère des rencontres, tel l’ex-libris de Sydney. Un livre accompagné de cet ex-libris n’est pas ipso facto un exemplaire Deluxe signé de 2013 ; la preuve bibliographique doit être recherchée dans l’ISBN et les caractéristiques matérielles du volume, non dans le souvenir de l’événement.

Le lecteur retrouvera le détail du film dans le chapitre sur les films promotionnels de Ringo Starr, et l’étude des lieux et conditions commerciales dans le dossier consacré aux expositions et à la réception des photographies.

Des négatifs oubliés par milliers : un fonds encore inexploré

Interrogé par The Guardian à Londres le 9 septembre 2015, Ringo raconte avoir retrouvé des milliers de négatifs dans des boîtes qu’il n’avait pas consultées depuis de nombreuses années. L’existence de ce matériau ouvre une perspective considérable. Les livres publiés donnent accès à une sélection, tandis que les prises de vue d’origine peuvent comprendre des séries entières, des vues répétées ou des images qui n’ont jamais été choisies pour une publication.

Ringo profite de cette découverte pour évoquer la possibilité de réunir les archives photographiques des autres Beatles : celles de Paul McCartney, les images conservées par Yoko Ono pour John Lennon et par Olivia Harrison pour George. Son souhait témoigne d’une conscience patrimoniale particulièrement intéressante : quatre fonds privés pourraient, s’ils étaient documentés ensemble, offrir des points de vue croisés sur une même histoire. Toutefois, cette proposition faite devant la presse ne doit pas être décrite comme un programme éditorial effectivement réalisé à cette date.

Le conservateur d’archives devrait, avant toute publication nouvelle, examiner l’état des négatifs, identifier les films et leurs séries, conserver les informations portées sur les enveloppes et distinguer les originaux des copies. La numérisation facilite la consultation ; elle ne rend pas les données d’attribution ou de datation automatiquement certaines.

Ces vingt notices signées sont désormais confrontées aux photographies diffusées par People en 2017 et aux catalogues commerciaux postérieurs dans le registre photographique de 52 occurrences. La concordance documentaire évite de comptabiliser plusieurs fois une même composition ou de fusionner à tort des scènes voisines.

Les vingt portraits de 2013 et 2015 : deux séries distinctes

Outre les éditions du livre, Genesis a constitué une collection de tirages signés, décrite sur des pages de catalogue séparées. Le Photograph Portfolio 2013 rassemble douze photographies, tandis que le Photograph Portfolio 2015 en propose huit supplémentaires. Les notices spécifient généralement des tirages giclée de grand format sur papier Hahnemühle, signés et limités à 25 exemplaires par image. Il s’agit d’éditions d’art postérieures aux prises de vue, non de tirages vintage datant des années 1960.

Ce corpus présente plusieurs types d’œuvres : photographies de compagnons de scène, scènes d’hôtel, autoportraits, paysages et lieux de voyage. La notice de Ringo and George situe par exemple son sujet dans les coulisses du Tower Ballroom à New Brighton en 1961, alors que Ringo appartient encore à Rory Storm and the Hurricanes. La présence de Ringo dans le cadre rappelle une difficulté d’attribution : il faut déterminer s’il a utilisé un retardateur ou si une autre personne a tenu l’appareil, et non supposer automatiquement que toutes les images du fonds sont des prises de vue de sa main.

La photographie John and Paul publiée dans la série 2015 est, elle, localisée au studio 3 d’Abbey Road pendant une séance de Hey Bulldog, le 11 février 1968. Ce niveau de précision reste exceptionnel dans les souvenirs de tournées : il permet de confronter le cliché aux journaux d’enregistrement et aux images filmées associées. Un catalogue raisonné devra justement différencier ces légendes documentées des datations vagues, parfois fournies par un simple « vers 1964 ».

Une photo retrouvée, six adolescents identifiés : l’enquête First US Visit

L’une des images les plus révélatrices de la valeur historique de Photograph porte le titre First US Visit. Elle montre six jeunes gens dans une voiture décapotable photographiés par Ringo Starr au début de la Beatlemania américaine. L’image devient en octobre 2013 le centre d’une enquête inattendue : la presse cherche à retrouver ses sujets, près de cinquante ans après la prise de vue. La radio publique WLRN évoque d’abord Miami, puis son article est rectifié le 24 octobre en faveur de New York, à la suite d’informations transmises par un ancien camarade des occupants de la voiture.

Le 28 octobre 2013, Genesis Publications confirme que les personnes représentées étaient des élèves du lycée de Fair Lawn, au New Jersey, et situe la photographie au 7 février 1964, à l’arrivée des Beatles dans la région new-yorkaise. Gary Van Deursen, Suzanne Rayot, Arlene Norbe Ressler, Charlie Schwartz, Bob Toth et Matt Blender sont identifiés dans les communications de l’éditeur. Ce dernier était décédé avant les retrouvailles. La piste floridienne est ainsi abandonnée : il ne faut plus faire de cette photographie un document du séjour des Beatles à Miami, bien que Ringo ait réellement pris d’autres clichés en Floride la même année.

Genesis annonce d’abord une participation des cinq survivants à l’émission américaine Today, puis relate leur véritable rencontre avec Ringo lors de son passage à Las Vegas en novembre 2013, à l’occasion de la promotion de Photograph et de la série de tirages d’art. Le destin du cliché s’étend alors sur trois époques : la photographie spontanée de 1964, sa conservation pendant des décennies et l’enquête de presse de 2013. Cette succession fournit un exemple rare de rectification de légende par identification des personnes photographiées.

En juillet 2014, une nouvelle information apparaît dans un communiqué de Genesis : Alice Van Deursen déclare posséder avec son mari, conducteur de la voiture, un tirage portant le numéro 6/25. L’indication est précieuse pour une étude des exemplaires en circulation, mais elle reste un témoignage publié par l’éditeur, et non l’examen physique d’une épreuve accompagnée de son certificat. Notre catalogue raisonné provisoire recense donc cette information séparément des lots documentés par des maisons de ventes. La relation entre First US Visit (2013) et l’entrée homonyme du catalogue commercial actualisé en 2024 est également traitée comme une concordance documentaire, sans supposer deux prises de vue indépendantes.

Deux exemplaires signés désormais retrouvés en ventes publiques

Les catalogues de ventes permettent d’aller au-delà de la seule annonce d’une édition de 25 tirages. Dans sa vente n° 8128 du 4 avril 2023, Heritage Auctions décrit une photographie John, image datée de 1964 mais imprimée en 2015, et portant la signature et le numéro 9/25. Le lot 73096 comprend un certificat d’authenticité de Genesis Publications. La maison distingue les dimensions de l’image (40,6 × 62,2 cm) et celles de la feuille (environ 48,3 × 72,4 cm). Le prix enregistré est de 1 250 dollars. L’existence de cet exemplaire matériel renforce la documentation sur les éditions photographiques de Starr, sans démontrer que tous les tirages d’une série subsistent.

Un deuxième exemplaire a pu être identifié par comparaison photographique : chez Omega Auctions, le 10 octobre 2023, un autoportrait numéroté 2/25 a été vendu pour 950 livres sterling, prix marteau. Ringo y apparaît en col roulé sombre, photographiant son reflet avec un appareil devant un rideau. L’œuvre correspond à Self Portrait, prise au Japon en 1966 et publiée dans le Photograph Portfolio 2013. Genesis confirme dans sa présentation Rare Editions que cette image a servi à la couverture de l’édition de collection de Photograph. La comparaison de l’image commercialisée, d’une reproduction de presse et de la notice officielle est un exemple de méthode utile pour identifier un tirage dont la maison de ventes ne donne qu’un titre général.

Ce sont deux exemplaires individualisés, et non deux nouvelles images venant s’ajouter artificiellement aux douze et huit tirages du catalogue. Pour retrouver leur numérotation, leurs caractéristiques et les sources de ces ventes, voir la section consacrée au registre des tirages et objets de collection de Ringo Starr.

Photographie d'ambiance de Ringo Starr pour les études de collaborations musicales de Yellow-Sub.net

Le livre comme source, mais aussi comme objet de collection

Version Publication Référence et caractéristiques
Ebook interactif 12 juin 2013 149 pages dans la fiche Apple ; 140 photographies selon l’annonce de lancement ; 69 récits audio ; 11 vidéos ; iBookstore
Genesis Collector signé Octobre 2013 ISBN 9781905662302 ; 304 pages ; 280 × 350 mm ; 2 150 exemplaires
Genesis Deluxe signé Octobre 2013 Même ISBN et pagination ; 350 exemplaires ; reliure cuir et tirage de planche-contact supplémentaire
Genesis édition courante Septembre 2015 ISBN 9781905662333 ; 304 pages ; relié, non assimilable au tirage numéroté de 2013
Portfolio de tirages 2013 2013 12 photographies distinctes, tirages de 25 exemplaires signés par image
Portfolio de tirages 2015 2015 8 photographies nouvelles, tirages de 25 exemplaires signés par image

Pour authentifier un exemplaire, il faut vérifier le numéro de tirage et la signature, mais aussi la cohérence entre la reliure, le coffret, l’ISBN et les suppléments attendus. Un livre grand public de 2015 peut être parfaitement authentique sans signature numérotée ; inversement, une photographie vendue dans un portfolio doit être identifiée comme tirage édité, non confondue avec le négatif de l’époque Beatles.

Une autre dimension : la Lotus Foundation

Genesis indique que les droits d’auteur reçus par Ringo pour le volume de 2013 sont destinés à la Lotus Foundation, organisme philanthropique associé au musicien et à Barbara Bach. Les notices des portfolios précisent également des dispositions caritatives. La formulation doit rester exacte : un revenu d’auteur reversé n’est pas nécessairement le montant total payé par le collectionneur. Les charges d’impression, de distribution, d’encadrement et les sommes revenant à différents intervenants sont des réalités qu’une notice de galerie ne détaille pas toujours.

L’existence de cette dimension caritative n’exonère pas l’historien de qualifier l’objet : Photograph demeure simultanément un livre autobiographique, un ensemble d’archives et, pour certaines éditions, une réalisation bibliophilique de luxe. C’est justement l’entrecroisement de ces trois statuts qui mérite étude.

Le piège des formules « inédit », « original » et « pris par Ringo »

Une publicité peut désigner une photographie comme « inédite » parce qu’elle est publiée pour la première fois dans un livre, alors qu’un négatif existait depuis cinquante ans et que ses proches avaient déjà vu un tirage privé. L’originalité d’une œuvre et sa première publication sont deux questions différentes. Une photographie « originale » peut désigner le négatif source ; dans le monde des galeries, le mot « original » est parfois associé à une édition signée et autorisée. Ces usages doivent être explicités.

Autre piège : un cliché représentant Ringo appartient peut-être à ses archives sans qu’il en soit l’auteur. Une photo de famille peut avoir été conservée par Elsie ; une image de presse peut avoir été fournie lors d’une tournée ; un portrait du groupe peut être le travail d’un photographe professionnel. Pour chaque image, la fiche idéale comporterait les champs suivants : auteur de la prise de vue, personnes représentées, date et lieu attestés, support original, première publication, format du tirage d’art, historique de provenance et référence bibliographique.

Pourquoi Photograph importe à l’histoire des Beatles

Les photos de Ringo ne remplacent pas celles de Dezo Hoffmann, Robert Freeman ou Harry Benson. Elles occupent un autre emplacement dans le champ des sources : celui de l’ami qui se trouve là, au moment où la photographie officielle n’a pas nécessairement lieu. Leurs qualités documentaires tiennent à cette proximité, mais aussi à leurs silences : elles montrent un fragment de temps sans expliquer toujours pourquoi la scène a été photographiée.

Le projet de 2013–2015 a rendu visibles des images qui auraient pu rester oubliées. Il a aussi attiré l’attention sur le travail nécessaire pour préserver les archives privées de grands musiciens. L’intervention des éditeurs, des bibliographes, des institutions et de la presse contribue à transformer des souvenirs personnels en objets historiques. Photograph n’est donc pas seulement une collection de portraits des Beatles : c’est une étude de cas fascinante sur la naissance publique d’un fonds privé.

Les trois autoportraits : ne pas confondre négatifs et éditions

Le livre Photograph donne accès à un portrait réalisé au Japon en 1966, mais le répertoire des estampes Genesis révèle également un autoportrait des années 1970 édité en 2015 et un cliché sur film infrarouge vers 1969, édité en 2024. Notre chapitre sur les autoportraits de Ringo Starr compare ces trois images, leur carrière éditoriale et la reprise du portrait japonais par Shepard Fairey. Un index documentaire transversal permet de retrouver les références par support.

Photograph, 2013 : livre de 2 500 exemplaires, archives photographiques et autoportrait du Japon

La fiche primaire de Genesis Publications indique que Photograph a été édité en 2 500 exemplaires numérotés et signés de Ringo, dans un volume d’environ 300 pages, relié partiellement en cuir italien et conservé dans une boîte d’archive. Ces données concernent le livre, non les tirages d’art individuels du portfolio. Le nombre d’images reproduites dans le volume — plus de 250 selon l’éditeur — ne peut être mis en équivalence avec 250 négatifs originaux dont Ringo serait nécessairement le photographe.

Genesis insiste en effet sur la coexistence de deux catégories : des photos prises par Ringo et des documents appartenant à sa collection personnelle. Un cliché conservé par un Beatle, même inédit, peut avoir été réalisé par un professionnel, un proche ou un autre membre du groupe. Une description bibliographique rigoureuse doit donc distinguer provenance de la copie et attribution de l’image. Les légendes d’un album personnel ne remplacent pas les crédits individuels lorsque l’auteur n’est pas établi.

Un autoportrait photographique pris durant le séjour des Beatles au Japon en 1966 a servi à la couverture du livre et fut proposé comme estampe dans le portfolio Genesis 2013. Une fiche de l’éditeur datée de 2020 souligne que cette même image fut ultérieurement adaptée par Shepard Fairey pour la couverture d’Another Day in the Life. On dispose donc ici d’une chaîne de réemplois que le catalogue peut établir : négatif de 1966, reproduction de couverture de 2013, estampe signée et adaptation graphique pour un autre livre.

Modalités d’édition et preuve d’authenticité

Il serait toutefois abusif de présenter l’intervention de Fairey comme une nouvelle photographie prise par lui ou comme un portrait peint sur place en 1966. Son rôle relève de la recomposition graphique d’une image préexistante. Les droits de la photographie originale, le droit d’utilisation pour une estampe et les droits liés au dessin de couverture exigent des champs de crédit séparés.

La notice de Genesis pour le tirage Self Portrait précise vingt-cinq impressions signées de Ringo, au format 50,8 × 76,2 cm. L’existence d’un exemplaire du livre signé et celle d’un tirage signé du même autoportrait sont deux faits distincts : ni la signature du livre ni la numérotation du portfolio ne doivent être transposées à tous les autres supports reproduisant l’image.

Sources primaires de ce complément

  1. Genesis Publications, Photograph, livre limité à 2 500 exemplaires, plus de 250 images — https://www.genesis-publications.com/books/9781905662302/photograph
  2. Genesis Publications, Self Portrait, tirage japonais 1966 et adaptation par Shepard Fairey — https://www.genesis-publications.com/book/rareevent2020/rare-editions
  3. Genesis Publications, The Photograph Portfolio 2013, liste des douze tirages — https://www.genesis-publications.com/prints/ringophotoart/the_photograph_portfolio_2013

2013 : Photograph est d’abord une expérience multimédia, avant de devenir un livre relié

L’histoire de Photograph commence par une publication numérique dont les spécifications sont aujourd’hui suffisamment documentées pour ne plus la confondre avec le luxueux volume Genesis de la fin de 2013. Un communiqué publié par les Beatles le 5 juillet 2013, reprenant l’annonce du 31 mai, fixe au 12 juin 2013 la commercialisation de l’eBook sur l’iBookstore. Il présente un produit conçu pour les appareils Apple, comprenant 140 photographies agrandissables, 69 commentaires audio enregistrés par Ringo et 11 vidéos exclusives, mêlant nouvelles interventions filmées, musique et animation. Ces nombres sont des caractéristiques de cette édition interactive, non le décompte des photographies du volume relié de décembre.

La différence est fondamentale pour l’historien des supports. Une photographie sur écran agrandissable peut être associée à une légende orale, à une animation ou à une vidéo ; le livre imprimé transforme cette même sélection en pages, papier, cahiers, reliure et séquence de consultation figée. Le lecteur d’une édition numérique en 2013 et le propriétaire d’un exemplaire relié numéroté n’ont donc pas forcément accès aux mêmes éléments. Aucun catalogue scientifique ne doit écrire « 69 pistes audio incluses » sous une notice de livre relié à moins d’avoir identifié un disque ou un dispositif de lecture accompagnant cet exemplaire physique.

Le communiqué fixe au téléchargement un prix public prévu de 9,99 livres, 12,99 dollars ou 11,99 euros, avec une précommande plus avantageuse. La publicité précise qu’un livre de prestige signé devait suivre en décembre. Un prix de lancement pour une application et le prix d’un coffret relié signé ne sont pas comparables ; les deux produits ont des chaînes économiques, des délais de fabrication et des formes de collection différentes. Le maintien à long terme de l’eBook peut aussi dépendre du logiciel, des droits de lecture et des services qui le distribuaient.

Ce que les archives ne prouvent pas encore

La comparaison des contenus doit porter sur les 140 fichiers visuels de l’eBook, leurs commentaires audio et leurs dates de captation, puis sur les illustrations du livre imprimé. Une photographie de famille, une photo prise par Ringo, un tirage vendu par Genesis et une reproduction dans l’application peuvent être quatre manifestations d’une même image. Rien ne permet de les additionner comme quatre œuvres photographiques originales. La priorité du catalogage est de déterminer l’identité iconographique puis de rattacher les différentes manifestations matérielles et numériques.

Cette édition interactive est également un document sur la voix de Ringo en 2013 : ses 69 commentaires sont des témoignages rétrospectifs enregistrés des décennies après les images. Ils éclairent les lieux, les personnes et la mémoire du groupe, sans remplacer la vérification de l’auteur de chaque prise de vue. Pour les archivistes, la sauvegarde des ressources audio et vidéo est une tâche différente de la numérisation d’un livre.

La bibliographie doit désormais comporter au moins deux notices principales distinctes : Photograph, eBook Apple/Genesis de juin 2013 ; Photograph, édition imprimée Genesis de décembre 2013. Les portfolios photographiques signés et les éventuelles rééditions possèdent leurs notices propres. L’existence d’un même titre commercial ne suffit pas à faire disparaître ces objets derrière une seule année ou un seul ISBN.

Documents et sources

  1. The Beatles, communiqué officiel du 5 juillet 2013 : Photograph eBook, lancement le 12 juin, 140 photographies, 69 audios, 11 vidéos — https://www.thebeatles.com/photograph-new-ebook-ringo-starr-available-now-ibookstore
  2. Genesis Publications, livre Photograph, édition reliée, justification et numérotation — https://www.genesis-publications.com/books/9781905662302/photograph

Photograph : 304 pages exactement et deux états de reliure, correction de la fiche imprimée de 2013

La bibliographie matérielle de Photograph doit être établie à partir de la fiche technique de Genesis Publications, plutôt que de la description approximative d’un communiqué. L’éditeur annonce 304 pages pour le livre relié, d’un format de 280 × 350 mm, sous l’ISBN 9781905662302. La formulation générale « 300 pages » apparaît parfois dans le discours commercial, mais la pagination bibliographique à conserver est 304. Il ne faut pas davantage transposer ces 304 pages à l’eBook interactif lancé en juin 2013, qui ne possède pas de cahiers imprimés.

Genesis détaille un tirage complet de 2 500 exemplaires signés et numérotés, réparti en 2 150 Collector et 350 Deluxe. Ces deux états forment une seule édition bibliographique limitée, mais leurs équipements diffèrent. Le Collector est confectionné dans une demi-reliure de cuir italien, avec papier de qualité archivistique de 200 g/m², tranches dorées et coffret de protection. Le Deluxe comprend des éléments de présentation spécifiques, dont un tirage photographique et un dispositif de conservation. Pour un inventaire physique, il faut vérifier la nature exacte du tirage et les éventuels accessoires dans chaque exemplaire considéré.

Une note de l’éditeur précise que Ringo reverse ses droits d’auteur à la Lotus Foundation. Cela concerne la distribution des redevances de l’artiste et ne constitue pas la preuve comptable que le prix total payé par un acheteur fut reversé à la fondation. La même prudence s’applique aux tirages photographiques numérotés distribués parallèlement à l’ouvrage.

Précautions d’attribution et de provenance

Le livre reproduit plus de 250 photographies rares ou inédites, provenant à la fois des prises de vue personnelles de Ringo et des archives qu’il possède. Il serait erroné d’identifier cet ensemble aux 140 photographies annoncées pour l’eBook lancé le 12 juin 2013 : les deux produits n’ont pas le même périmètre iconographique ni les mêmes possibilités de consultation. Les 69 commentaires sonores et les onze vidéos de l’eBook ne constituent pas autant de pages supplémentaires du volume imprimé.

Le calendrier de l’éditeur mentionne « disponible à partir d’octobre 2013 » ; les campagnes autour de la sortie et les présentations nord-américaines peuvent prolonger l’histoire commerciale de l’ouvrage durant 2014 et 2015, sans impliquer la création d’une seconde édition originale. Un exemplaire réellement daté par sa page de justification demeure plus fiable qu’une fiche de revendeur rédigée des années plus tard.

Le futur tableau bibliographique doit donc isoler trois notices : édition numérique interactive de juin 2013, édition imprimée Genesis d’octobre 2013 avec états Collector et Deluxe, puis estampes de portfolio signées, vendues indépendamment du livre. Chacune doit comporter ses identifiants, ses composants, ses droits et ses ressources propres.

Références primaires

  1. Genesis Publications, Photograph, fiche bibliographique de 304 pages et éditions 2 150 / 350 — https://www.genesis-publications.com/books/9781905662302/photograph
  2. The Beatles, sortie de Photograph sous forme d’eBook en juin 2013 — https://www.thebeatles.com/photograph-new-ebook-ringo-starr-available-now-ibookstore

Contrôle du catalogue Genesis — Photograph, livre et estampes : un même fonds d’images, plusieurs nombres qui ne s’additionnent pas

Le livre photographique de Ringo et les portfolios d’éditeur conservent des liens iconographiques directs, mais le nombre de pages du volume, les images publiées, les estampes proposées et les exemplaires vendus sont quatre unités de mesure distinctes. Une reproduction sur papier de luxe peut reprendre une image déjà disponible dans l’édition numérique sans produire un négatif nouveau ; une signature portée sur la feuille ne modifie pas la date de prise de vue.

La sélection Genesis de 2015 annonce huit tirages photographiques signés, chacun dans une édition présentée comme limitée à vingt-cinq. La vitrine de 2024 en montre douze, malgré une formule ancienne parlant de sept « favorites ». Ce n’est pas une invitation à recalculer sans examen le nombre d’images distinctes reproduites dans le livre Photograph. L’inventaire doit réunir les titres, puis contrôler les cadrages et numéros d’édition un par un.

Discordance vérifiée le 19 octobre 2026 : la page officielle Genesis du portfolio 2024 précise « 25 numbered prints » dans sa notice descriptive de John in Tokyo, mais le module commercial de la même page affiche « 26 numbered prints ». Ces deux valeurs sont incompatibles et proviennent pourtant de la même source éditoriale. En l’absence d’une justification numérotée ou d’une confirmation écrite de l’éditeur, le tirage exact de ce titre doit rester à confirmer (25 ou 26 selon l’emplacement de la page). Il ne serait pas rigoureux de transformer automatiquement le chiffre 26 en édition officielle supplémentaire, pas plus que d’effacer la discordance au profit de la règle générale de 25 exemplaires par titre.

Une dernière distinction concerne les documents de légende : un commentaire de Ringo écrit lors de la commercialisation d’une estampe donne souvent un lieu, un contexte ou un souvenir. C’est un témoignage précieux, mais sa date d’énonciation est différente de celle de la scène. Pour les chercheurs, il faut conserver le commentaire original avec sa source, puis noter séparément les vérifications par horaires de tournées, archives de studios, films et documents de presse.

Source primaire : Genesis Publications, « The Photograph Portfolio », juillet 2024, notice descriptive et encart commercial de John in Tokyo — https://www.genesis-publications.com/prints/ringophotoart2024/the_photograph_portfolio_2024 .

Nouvelle concordance bibliographique — Les quinze chapitres de Photograph comme guide des fonds d’archives

L’intérêt de Photograph dépasse la contemplation de quelques photographies inédites des Beatles. Le livre constitue aussi une autobiographie organisée par périodes et par lieux. Le catalogue bibliographique Open Library, qui reprend une notice de bibliothèque et identifie l’édition courante de 2015, conserve une table des matières de quinze chapitres. Elle permet de comprendre comment le projet associe les images de Ringo, des photographies issues de son entourage et des documents réunis par sa mère. La structure narrative ne recoupe pas nécessairement la chronologie exacte de chaque négatif : elle classe les photographies selon les souvenirs racontés par l’artiste, ce qui est une information essentielle pour leur attribution.

Les débuts : Growing up, The road of happy drumming, Butlins and beyond et Big beat

Les quatre premiers chapitres après l’introduction portent respectivement sur l’enfance, l’apprentissage de la batterie, les séjours et expériences professionnelles à Butlins, puis la scène du beat britannique. Ils rappellent qu’un fonds autobiographique de musicien inclut aussi des documents matériels antérieurs à son activité de photographe reconnu : clichés de famille, documents de santé, photographie de groupe, affiches, programmes et coupures de presse. Toute image figurant dans cette partie n’a donc pas automatiquement été prise par Ringo ; une photographie d’enfance, par définition, implique très souvent un tiers. Pour l’inventaire, le titre de la section renseigne d’abord le sujet narratif de la photographie, non sa paternité photographique.

La période Beatles : Beatle buddies, Three weeks in Paris, The American dream, Full speed ahead et A hard day’s night

Ces cinq chapitres correspondent à l’intensification des tournées et des prises de vues privées. Les images de Ringo ont ici une valeur singulière : elles peuvent montrer ses partenaires dans des moments sans photographes de presse, dans une chambre d’hôtel, en déplacement ou en détente. Mais une photographie provenant de son fonds peut aussi être le souvenir conservé d’une rencontre, d’une conférence de presse ou d’une séance professionnelle menée par un autre opérateur. Il convient de rechercher, pour chaque image, la photographie originale, sa légende ancienne, son statut de tirage privé ou de photogramme, la présence éventuelle d’un appareil dans l’image et les concordances avec d’autres fonds.

Le titre Three weeks in Paris apporte un point de contrôle particulièrement intéressant. Il renvoie à la résidence parisienne des Beatles à l’Olympia en janvier et février 1964. Le supplément photographique de l’édition Deluxe Genesis de 2013 est pourtant légendé « 1963 » alors qu’il montre, selon l’éditeur, des scènes au George V. La contradiction ne permet pas de dater chaque photogramme sans voir la planche-contact, mais elle justifie de placer dans une même notice la datation publiée, la datation du contexte historique et la décision du catalogueur. La chronologie constitue une hypothèse argumentée, pas un effacement silencieux du libellé de l’éditeur.

De l’expérimentation à la vie familiale : Far out, A musical family et Octopus’s garden

Ces titres montrent que le photographe ne s’arrête pas à son rôle de témoin du groupe. Les scènes domestiques et les expérimentations visuelles ouvrent sur une autre catégorie : autoportraits, images transformées et souvenirs entourant des proches. L’historien devra différencier un négatif argentique, un tirage d’époque, un procédé de filtre utilisé pendant la prise de vue, une image retravaillée plusieurs années plus tard et une reproduction imprimée dans le livre. La proximité entre les membres d’une famille ne change pas les règles élémentaires du crédit photographique : une personne représentée et la personne qui a pris la photo ne sont pas automatiquement identiques.

Du jeu d’acteur à la mémoire musicale : Making movies et Musical moments

Les deux derniers chapitres signalés par la notice bibliographique étendent le répertoire au cinéma et aux moments musicaux ultérieurs. Pour les images de tournage, le statut d’un cliché de plateau doit être distingué de celui d’un portrait posé destiné à la presse et d’un photogramme extrait d’une copie du film. Pour les images de concert, les questions de lumière, de cadrage et de circulation des tirages sont différentes de celles des photos d’hôtel. Le découpage du livre est précieux pour le lecteur, mais il ne constitue pas à lui seul un inventaire des négatifs, ni une preuve que toutes les photographies ont été développées au moment même de la scène qu’elles montrent.

Deux éditions imprimées de 304 pages : les mêmes souvenirs, deux objets de bibliophilie distincts

Le catalogue de Genesis identifie pour la publication limitée d’octobre 2013 l’ISBN 9781905662302, le format 280 × 350 mm et un total de 304 pages. Les 2 150 Collector et les 350 Deluxe relèvent de cette édition signée de 2 500 exemplaires ; les Deluxe portent les premiers numéros 1 à 350 et sont enrichis d’une reproduction numérotée de la planche-contact. La présence de cette épreuve additionnelle ne change pas la pagination du volume relié.

La diffusion courante de 2015 possède un identifiant différent : ISBN 9781905662333 (ISBN-10 1905662335), et conserve une pagination de 304 pages dans les catalogues consultés. Cette identité de longueur ne prouve pas que la justification, les papiers, la reliure, la mise en page et l’appareil iconographique soient absolument identiques d’une édition à l’autre ; elle permet seulement de définir deux publications autonomes de longueur égale. La différence d’ISBN constitue l’indice bibliographique principal pour ne pas vendre un exemplaire courant comme un Collector signé. Le magasin du Rock & Roll Hall of Fame identifie lui aussi l’édition reliée courante sous l’ISBN 9781905662333, tandis que le catalogue Open Library rattache les deux états à un même ouvrage.

Pourquoi le numéro d’ISBN ne certifie pas un exemplaire autographié

L’ISBN appartient à une édition commerciale, non à un exemplaire physique unique. La signature de Ringo, le numéro du tirage, le coffret, les éventuelles épreuves supplémentaires et l’état de conservation sont des informations qui doivent être lues sur l’objet ou sur un certificat concordant. Un libraire peut présenter deux volumes intitulés Photograph, chacun de 304 pages, sans qu’ils soient substituables sur le marché : le premier pourrait être un ouvrage courant de 2015, le second un Collector de 2013 avec sa reliure et sa signature. Le Deluxe ajoute une pièce numérotée qui peut être séparée du coffret lors de transactions successives. Une photo de couverture non accompagnée de l’ouverture sur le justificatif du tirage ne suffit donc pas à identifier correctement la variante.

Le livre, le tirage et le négatif : un triple registre

Un catalogue raisonné sérieux devra établir une fiche pour le livre (édition, ISBN, pagination, reliure, signature, coffret), une fiche pour le tirage photographique supplémentaire (image représentée, format, support, tirage, numéro, provenance) et une fiche pour le document de prise de vue (date présumée, appareil ou support si connu, auteur, négatif, archive dépositaire). Les éditions de 2013 et de 2015 ne fabriquent pas deux négatifs nouveaux de chaque scène. Leur intérêt réside dans la façon dont des archives personnelles deviennent des reproductions publiques, puis des objets de collection. En restaurant cette chaîne documentaire, l’encyclopédie donne au lecteur les moyens de distinguer la valeur du témoignage, la rareté de l’édition et l’auteur réel de l’image.

2012–2013 : de l’archive introuvable au premier livre numérique de Genesis

La naissance de Photograph ne peut pas être racontée comme une simple mise en vente d’un ouvrage cartonné à l’automne 2013. Dans une actualité du 18 mai 2012, Genesis Publications rapporte que Ringo regrettait de ne plus savoir où se trouvaient nombre de photographies qu’il avait prises au temps des Beatles. L’éditeur rappelait parallèlement la redécouverte d’une boîte de cartes postales envoyées par John, Paul et George, dont était issu Postcards from the Boys. Cette antériorité documentaire aide à comprendre le projet de 2013 : il ne s’agit pas seulement de produire de nouvelles photographies artistiques, mais aussi de faire revivre des archives dispersées ou retrouvées dans un cadre autobiographique.

29 mai 2013 : le projet est lancé d’abord sur iBookstore

La première annonce publique du nouveau livre, datée du 29 mai 2013, décrit expressément une publication numérique interactive et multimédia, proposée à ce moment exclusivement sur l’iBookstore. Genesis la présente comme son premier livre numérique. L’édition papier limitée, numérotée et signée est annoncée pour Noël 2013. Ce décalage constitue une donnée bibliographique essentielle : la publication interactive est un état éditorial de la genèse du projet, pas la numérisation ultérieure d’un volume imprimé déjà disponible. L’annonce ne permet pas, à elle seule, de supposer que tous les fichiers du livre papier ou toutes les photographies reproduites ont été mis à disposition dans l’eBook.

Un objet interactif et ses dépendances techniques

Le livre numérique de 2013 n’a pas les caractéristiques matérielles d’un volume Genesis signé : pas de page de justification manuscrite sur papier, de reliure cuir, de coffret à conserver ni de planche-contact physique attachée à un numéro. Son intérêt patrimonial tient à l’ordre de navigation, à la mise en scène des images, aux éventuels éléments sonores et au fonctionnement de l’application de lecture. Un catalogue de patrimoine audiovisuel doit, pour cet état, enregistrer la plateforme de diffusion d’origine, l’environnement logiciel requis, la version du fichier, les droits d’accès et une éventuelle copie d’archive autorisée. Une capture d’écran isolée ne documente pas la totalité de l’expérience de lecture.

La trilogie éditoriale de 2013 : fichier, livre et portfolio

Photograph produit au moins trois objets successifs ou parallèles. Le premier est la présentation numérique multimédia, dont la mise en circulation est attestée par Genesis le 29 mai 2013. Le deuxième est le volume de 304 pages publié dans l’édition limitée signée, déclinée en Collector et Deluxe. Le troisième est le Photograph Portfolio 2013, composé de douze tirages de grand format, généralement annoncés à vingt-cinq exemplaires signés par image. Une photographie montrée dans l’eBook puis reproduite dans le livre et vendue comme estampe ne correspond pas pour autant à trois négatifs différents. Le récolement doit tenir des identifiants de publication séparés et relier les images lorsque leur identité de matrice est établie.

La chronologie des éditions imprimées n’est pas celle de la photographie de 1964

Le livre Genesis porte l’ISBN 9781905662302 pour l’état limité signé de 2013, tandis que l’édition largement diffusée en 2015 est identifiée par l’ISBN 9781905662333. Les deux sont cataloguées à 304 pages. Un portrait de Paul McCartney datant de janvier ou février 1964 devient donc, selon le contexte, un négatif historique des années Beatles, une reproduction imprimée en 2013 ou un objet de l’édition courante de 2015. L’année de diffusion d’un livre ne permet pas de dater rétrospectivement la prise de vue originale, ni de connaître la provenance exacte de chaque pellicule.

Le livre comme archive de commentaires contemporains à la redécouverte

La valeur encyclopédique du volume tient à la confrontation entre les photographies et les souvenirs de Ringo. Un lieu et une tenue peuvent servir à reconnaître une scène, mais une anecdote racontée plusieurs décennies après la prise de vue n’est pas équivalente à une date inscrite sur une enveloppe de négatifs. L’analyse doit distinguer trois registres : ce que l’image montre matériellement, ce que Ringo raconte du moment et ce que des sources contemporaines indépendantes permettent de dater. Cette méthode évite de transformer un souvenir vivant en information d’archive faussement certaine.

La conservation des versions : un enjeu qui dépasse la reliure

La version numérique originale pourrait, à terme, devenir plus difficile à consulter que les exemplaires imprimés si son environnement logiciel disparaissait. Inversement, un livre relié peut perdre son coffret, sa planche supplémentaire ou une pièce du justificatif de tirage. Pour la conservation de Photograph, la base doit donc comprendre les archives du fichier numérique lorsque leur consultation est légalement possible, des relevés des éditions Collector et Deluxe, des photographies des certificats et les numéros des exemplaires localisés dans les ventes publiques. Une photographie numérique du livre ouvert n’assure ni la pérennité du fichier interactif de 2013 ni l’intégrité bibliophilique d’un exemplaire physique.

Deux autographes différents : le livre Photograph et le tirage de collection

La publication de Photograph par Genesis en octobre 2013 combine un ouvrage autobiographique et une série d’épreuves photographiques proposées séparément. Pour le livre signé, la notice Genesis annonce 2 150 Collector et 350 Deluxe, soit 2 500 volumes en édition limitée, chacun signé par Ringo Starr. Les deux états portent l’ISBN 9781905662302, comprennent 304 pages de 280 × 350 mm, sur papier d’archives 200 g/m². Le commentaire de Ringo dépasse 15 000 mots ; les images publiées sont présentées comme plus de 250 photographies, auxquelles s’ajoutent des pièces d’archives familiales.

L’édition Deluxe et la planche-contact parisienne

Les 350 exemplaires Deluxe s’accompagnent d’un tirage de planche-contact avec rangement dans une boîte de conservation de type solander. Ce tirage est un objet matériel supplémentaire, non une deuxième édition de toutes les images du volume. Dans les ventes de livres anciens, son absence peut affecter la complétude d’un exemplaire Deluxe. La numérotation du livre ne prouve pas automatiquement l’identité d’un tirage isolé qui aurait été séparé de son coffret ; la correspondance exige la comparaison du certificat, du justificatif et de la feuille.

Douze grands tirages photographiques : une autre famille de produits

Le premier Photograph Portfolio de 2013 comprend douze images éditées au format annoncé de 50,8 × 76,2 cm, chacune dans une limite de 25 épreuves numérotées. Genesis parle d’une giclée d’archives sur papier coton Hahnemühle Photo Rag de 320 g/m², avec signature de Ringo et certificat d’éditeur. Ces épreuves ne sont pas les 350 planches-contact des livres Deluxe. Il faut donc éviter d’additionner 350 et douze fois vingt-cinq pour décrire la taille de l’édition du livre : il s’agit de produits autonomes, associés par l’iconographie et l’éditeur.

La mémoire retrouvée : auteur des textes et auteur des images

Genesis précise que les photographies proviennent à la fois des prises de vue de Ringo et de sa collection personnelle. Les archives conservées par sa mère comprennent des lettres, des affiches et des documents anciens, dont certains précèdent la carrière de photographe du musicien. Une biographie construite à partir de ce fonds peut être racontée à la première personne sans que chaque négatif ait été exposé par Ringo. C’est la différence fondamentale entre une autobiographie photographique et un recueil dans lequel l’auteur serait seul photographe de toutes les illustrations.

Trois identifiants pour une recherche reproductible

Le livre de 2013 possède un ISBN et éventuellement un numéro d’exemplaire ; les grandes photographies vendues séparément possèdent un titre, un millésime de portfolio et un numéro de feuille ; le cliché historique devrait, si possible, recevoir un identifiant de négatif ou de fonds. Ces trois clés ne doivent jamais être remplacées par l’intitulé unique « Photograph, Ringo Starr, 2013 ». L’année d’édition du livre, la date de prise de vue et le numéro d’épreuve ne renseignent pas les mêmes objets.

Sources primaires de contrôle : https://www.genesis-publications.com/books/9781905662302/photograph ; https://www.genesis-publications.com/prints/ringophotoart/the_photograph_portfolio_2013 .

2013 : l’édition numérique de Photograph était aussi un fonds sonore et audiovisuel

Une annonce publiée par Apple Corps sur le site officiel des Beatles permet de reconstruire avec davantage de précision la première édition numérique de Photograph. Le texte annonce une mise à disposition en précommande au 31 mai 2013, puis une sortie officielle au 12 juin 2013 sur l’iBookstore. Ce calendrier ne doit pas être confondu avec celui du livre de collection imprimé, annoncé ultérieurement pour décembre 2013. La version électronique constitue un objet éditorial autonome, conçu pour les outils Apple et non une simple copie numérisée des pages du livre relié.

140 photographies, 69 séquences sonores et 11 vidéos : trois patrimoines distincts

Le communiqué Apple Corps quantifie 140 photographies consultables en zoom, 69 extraits audio racontés par Ringo et 11 vidéos exclusives mêlant musique, animation et nouveaux entretiens. Il faut donc distinguer les images historiques, les commentaires sonores enregistrés beaucoup plus tard et les séquences audiovisuelles préparées pour l’édition. Un enregistrement de voix de Ringo à propos d’un cliché de 1964 ne date pas de 1964 : il possède son propre lieu, sa propre session de narration, sa durée et éventuellement ses ayants droit.

Élément Nombre publié Identifiant de récolement nécessaire Question de conservation
Images consultables dans l’ebook 140 Fichier graphique, photo source, légende, date et droits Zoom, définition, retouches et origine du négatif
Extraits de narration 69 Nom de fichier, durée, commentaire associé Codec, version du logiciel de lecture, intégrité sonore
Vidéos spécifiques 11 Identifiant de clip, date de production, crédits Animation, audio associé, compatibilité des lecteurs
Livre de collection relié Édition annoncée séparément ISBN, exemplaire, signature, composition matérielle Ne pas l’assimiler à une version électronique intégralement identique

Ce que la disparition éventuelle d’une application ferait perdre à l’histoire des Beatles

Si une ancienne édition Apple cesse d’être lisible dans des environnements actuels, les textes numérisés ne constituent pas nécessairement une copie complète de l’œuvre : les 69 commentaires audio et les 11 vidéos sont susceptibles de contenir des témoignages non reproduits à l’identique sur papier. Le travail encyclopédique consiste à établir un inventaire des médias décrits par la source d’époque, sans prétendre que ces fichiers ont tous été vérifiés ou sauvegardés par Yellow-Sub. La conservation complète nécessiterait un exemplaire numérique licite, ses métadonnées, des captures de la navigation et un relevé des formats originels dans le respect des droits de l’éditeur.

Un document de provenance éditoriale, pas la preuve que Ringo a pris chaque image

Le communiqué indique que l’ebook réunit des images réalisées par Ringo et des documents issus de ses archives personnelles. Cette nuance est essentielle : une photo d’enfance, une image familiale ou un portrait du musicien peut appartenir à ses archives sans qu’il soit l’auteur du négatif. La démarche décrite pour les portfolios de tirages signés doit donc également s’appliquer à l’édition multimédia de 2013.

Source primaire : Apple Corps / The Beatles, annonce officielle Photograph, The New Ebook By Ringo Starr Available Now On The iBookstore, texte daté du 31 mai 2013, publication du 12 juin 2013 ; Genesis Publications, archives de Photograph et du portfolio 2013.

La planche-contact parisienne : une date éditoriale de 1963 qui contredit la chronologie documentée de janvier 1964

Le supplément iconographique le plus précieux de l’édition Deluxe de Photograph est un tirage giclée de 8 × 10 pouces reproduisant une planche-contact des archives personnelles du musicien. Genesis Publications décrit les Beatles au George V, à Paris : John Lennon joue de la guitare, Brian Epstein téléphone, George Harrison consulte le magazine Cash Box et plusieurs scènes montrent Paul McCartney, Mal Evans et Ringo Starr en plein jeu. Ce tirage n’est pas une photographie supplémentaire insérée dans toutes les éditions du livre : il appartient au coffret Deluxe, livré dans un étui de conservation, et constitue donc un objet bibliographique distinct de la reliure.

Une anomalie doit être signalée au lecteur avec précision. Dans sa description promotionnelle de ce supplément, Genesis situe la prise de vue en 1963. Or les Beatles résident au George V pendant leurs engagements parisiens de janvier 1964. Les documents relatifs à la tournée placent John, Paul et George à Paris dès le 14 janvier, l’arrivée de Ringo le 15, les premières représentations à l’Olympia le 16 et la célébration, dans ce même hôtel, du numéro un américain dans le classement Cash Box autour du 16 janvier. L’indice matériel du magazine évoqué dans la légende renforce le rapprochement avec cet épisode de 1964. Il faut donc enregistrer « 1963 » comme date annoncée par la notice de l’éditeur, et « janvier 1964 » comme datation historique la mieux étayée pour le séjour représenté, sans attribuer mécaniquement le cliché à un jour précis tant que l’ordre des vues du négatif n’est pas établi.

La contradiction se laisse vérifier dans le catalogue de Genesis lui-même : le Photograph Portfolio 2015 légende le tirage Paul and Mal « George V, Paris, January 1964 », tandis que sa sélection révisée de 2024 donne également janvier 1964 pour John in Paris. Les trois notices documentent des objets éditoriaux différents mais renvoient au même contexte hôtelier. Cette convergence interne à la documentation du même éditeur plaide fortement pour une erreur de millésime dans la présentation commerciale de la planche-contact Deluxe, plutôt que pour l’existence d’un séjour identique en 1963.

Édition de livre, supplément photographique et photographie d’origine

Le livre signé de 2013 compte 304 pages dans la fiche bibliographique de Genesis : la formulation promotionnelle plus générale parlant de « 300 pages » n’est pas une deuxième édition. Le tirage global est de 2 500 livres, avec 2 150 exemplaires Collector et 350 Deluxe. La planche-contact constitue un privilège du Deluxe, non une variante du texte sur l’ensemble du tirage. Pour décrire un exemplaire en vente, on inscrira séparément son numéro, son mode de reliure, l’existence du coffret, la présence de la planche-contact, le numéro du tirage de celle-ci s’il apparaît, et son état matériel.

Une signature apposée sur le livre ne suffit pas à prouver que la planche-contact d’un coffret incomplet lui appartient à l’origine. Inversement, un tirage authentique trouvé isolément n’établit pas l’existence ou l’état de conservation du volume dont il proviendrait. Le contrôle le plus solide repose sur la concordance des numéros, les accessoires éditoriaux conservés ensemble, la documentation de la maison Genesis et, lorsqu’elle existe, l’histoire d’acquisition. La distinction entre le négatif historique, le tirage reproduit et l’exemplaire vendu est ici indispensable.

Références de contrôle

Genesis Publications, notice officielle de Photograph et section « The Deluxe Edition » ; chronologie des Beatles à Paris, 14–16 janvier 1964, avec le séjour au George V ; dossier historique de Yellow-Sub.net consacré à la résidence à l’Olympia. La contradiction de millésime est conservée volontairement pour permettre une future correction sur pièce, et non dissimulée dans une datation apparemment certaine.

2003–2013 : d’une boîte de cartes postales à l’archive photographique publiée

Le parcours qui mène de Postcards from the Boys à Photograph représente une transformation importante de la manière dont Ringo Starr utilise ses archives privées. Dans le premier livre, publié par Genesis Publications en 2003, il rassemble des cartes postales envoyées par John Lennon, Paul McCartney et George Harrison. L’image est d’abord un objet reçu et conservé, dont Ringo explique rétrospectivement les circonstances. Dix ans plus tard, Photograph associe une mémoire de destinataire à celle d’un regard photographique : le musicien révèle des clichés pris de sa main, des documents retrouvés et des souvenirs personnels. Les deux livres appartiennent à la même histoire familiale et éditoriale, mais ils ne documentent pas la même relation à l’image.

Cette évolution ne doit pas être transformée en récit fictif d’un fonds d’archives toujours parfaitement classé. En 2012, l’éditeur rappelle que Ringo avait publiquement déploré l’absence d’une partie des photographies qu’il avait prises au temps des Beatles, après de nombreux déménagements. Le souvenir de la boîte de cartes postales retrouvée au milieu d’autres affaires alimentait alors l’espoir de redécouvrir des images anciennes. Le fait qu’un livre photographique ait ensuite été publié ne démontre pas que la totalité des négatifs précédemment recherchés ait été retrouvée. La préparation d’un ouvrage peut réunir des tirages, copies ou reproductions de provenances multiples sans rendre leur support original accessible.

La publication de Photograph commence sur écran avant le livre signé

Le 29 mai 2013, Genesis Publications annonce un premier livre numérique multimédia consacré aux photographies de Ringo. L’éditeur le présente comme sa première publication digitale, disponible initialement sur l’iBookstore. Ce jalon est essentiel pour comprendre l’histoire de Photograph : la découverte du corpus par le public ne commence pas uniquement avec l’objet relié et numéroté. Les images peuvent être consultées dans une expérience pensée pour une interface électronique, avant que la version de bibliophilie apporte un autre rapport au papier, à la signature et à la permanence matérielle.

Le contenu numérique ne doit toutefois pas être confondu avec une simple reproduction électronique de toutes les pages du livre de luxe. Il peut comporter des médias ou des modalités d’accès propres à son support. De même, l’acquisition d’un fichier électronique ne donne pas automatiquement accès aux tirages physiques signés. Il faut donc créer, dans le catalogue, une notice pour le projet photographique, une pour son état numérique initial et des notices distinctes pour les éditions imprimées et les portfolios. Cette structure ne multiplie pas artificiellement les œuvres : elle rend visibles leurs modes de diffusion.

2 500 livres signés, plus de 250 images : deux nombres de nature différente

La version bibliophilique de Photograph comprend deux états de reliure, numérotés dans un tirage total annoncé de 2 500 exemplaires. Le livre rassemble plus de 250 photographies et documents, accompagnés de commentaires personnels. Le nombre 2 500 désigne les volumes proposés à la collection ; il ne doit pas être rapproché du nombre d’images comme s’il décrivait autant de négatifs. La présence d’un livre signé n’établit pas non plus que toutes les photographies reproduites ont été prises par Ringo. Le texte autobiographique et l’ensemble documentaire sont portés par lui, mais les crédits individuels doivent rester accessibles.

La version Deluxe est accompagnée d’un tirage particulier reproduisant une planche-contact. Le rapport entre original photographique et objet éditorial y apparaît avec une netteté inhabituelle : une séquence ancienne de vues devient elle-même une image reproduite en grand format, destinée à être conservée comme accessoire d’un coffret. Le tirage de cette planche-contact n’est pas nécessairement le document de travail originel du laboratoire. Il doit être décrit comme reproduction éditoriale autorisée, avec son propre numéro et sa date de fabrication.

Le George V : les erreurs de légende appartiennent aussi à l’histoire du livre

La notice commerciale du supplément Deluxe situe une planche-contact de l’hôtel George V à Paris en 1963. Or les activités connues des Beatles et les photographies individuelles de cette séquence renvoient au séjour de janvier 1964, pendant leurs engagements à l’Olympia. Cette divergence doit être conservée et discutée plutôt que corrigée silencieusement. Le livre présente une documentation précieuse mais n’est pas un registre de laboratoire que l’on pourrait considérer comme infaillible. Un travail critique rapproche les légendes du calendrier des déplacements et des informations portées sur les éditions individuelles.

Le caractère encyclopédique tient ici à la précision des niveaux de certitude. La datation du séjour parisien de janvier 1964 est solidement étayée ; l’attribution d’une journée exacte à tous les photogrammes de la planche-contact demanderait davantage de pièces. Il faut donc pouvoir écrire « janvier 1964 probable pour cette séquence » lorsqu’une preuve complète manque, tout en indiquant la mention 1963 conservée dans la notice commerciale. La correction raisonnée enrichit l’archive ; elle n’efface pas les limites de ce qui a été vérifié.

Le livre et le portfolio : deux manières de reconstruire une mémoire visuelle

Une photographie choisie pour le récit de Photograph peut être ensuite sélectionnée pour un portfolio signé. Dans le livre, elle dialogue avec des souvenirs, d’autres clichés et des documents familiaux. En tirage isolé, elle devient une image autonome, agrandie et individualisée par un numéro, une signature et un certificat. La composition originale peut demeurer la même, tandis que son statut matériel et social change. Une publication en 2013, un tirage réalisé en 2015 et une revente en 2024 ne constituent pas nécessairement trois œuvres photographiques différentes.

Cette distinction permet d’éviter les décomptes trompeurs. La répétition d’un cliché dans un catalogue de galerie et dans un ouvrage de Genesis n’autorise pas à augmenter artificiellement le nombre de négatifs connus. À l’inverse, deux images intitulées George peuvent représenter des scènes distinctes et ne doivent pas être fusionnées par leur seul titre. Le catalogue exige des descriptions iconographiques, des repères de date et des références d’édition assez précises pour reconnaître les mêmes scènes à travers leurs multiples vies.

Une autobiographie par images qui n’est pas un inventaire exhaustif

La valeur de Photograph réside autant dans le regard de Ringo que dans les images elles-mêmes. Les commentaires restituent les circonstances de voyages et de rencontres vécus de l’intérieur ; ils peuvent donner un sens nouveau à un cliché auparavant muet. Mais la mémoire d’auteur n’est pas une liste technique exhaustive et ne fournit pas toujours le négatif, l’appareil ou le jour exact de prise de vue. Le livre sélectionne certains souvenirs plutôt que de publier sans choix toutes les archives survivantes.

Pour poursuivre l’étude de ses objets, consulter le catalogue des éditions de tirages, l’étude des fonds photographiques et l’histoire des cartes postales conservées par Ringo. Ce maillage préserve la différence entre image reçue, photographie prise, livre publié et objet de collection.

Sources documentaires et bibliographie

Documents éditoriaux originaux : Genesis Publications, « Help! Ringo’s Lost His Photos », 18 mai 2012 — https://www.genesis-publications.com/news/help-ringos-lost-his-photos-981 ; Genesis Publications, « Announcing a New Book by Ringo Starr », 29 mai 2013, eBook interactif sur iBookstore et édition imprimée annoncée — https://www.genesis-publications.com/news/announcing-a-new-book-by-ringo-starr-1077 ; Genesis Publications, Photograph, notice bibliographique de l’édition limitée 2013 — https://www.genesis-publications.com/books/9781905662302/photograph .

Complément bibliographique, éditions 2013 et 2015 : Genesis Publications, Photograph, notice du tirage signé de 2013, 304 pages, ISBN 9781905662302, 2 150 Collector et 350 Deluxe — https://www.genesis-publications.com/books/9781905662302/photograph ; Open Library, Photograph, notice de l’édition courante, 15 entrées de table des matières, pagination et ISBN — https://openlibrary.org/works/OL20008272W/Photograph ; Rock & Roll Hall of Fame Museum Store, fiche de l’édition courante 2015, ISBN 9781905662333 — https://shop.rockhall.com/products/ringo-starr-photograph-hardcover-book ; Canterbury Christ Church University Bookshop, édition courante, septembre 2015, 304 pages — https://bookshop.canterbury.ac.uk/Photograph_9781905662333 .

Sources complémentaires pour 2015 : Genesis Publications, « PHOTOGRAPHER: Exclusive Film », 28 octobre 2015 — https://www.genesis-publications.com/news/photographer-exclusive-film-1278 ; Genesis Publications, « Ringo’s Australian Exhibit », 29 octobre 2015 — https://www.genesis-publications.com/news/ringos-australian-exhibit-1279 ; Genesis Publications, « An All-Starr Interview with Steven Van Zandt », 27 octobre 2015 — https://www.genesis-publications.com/news/an-all-starr-interview-with-steven-van-zandt-1277 ; Books Kinokuniya, fiche bibliographique de l’édition courante, ISBN 9781905662333 — https://usa.kinokuniya.com/products/9781905662333.

  1. Genesis Publications, Photograph, édition limitée de 2013, ISBN 9781905662302 — https://www.genesis-publications.com/books/9781905662302/photograph
  2. Genesis Publications, annonce de la présentation hollywoodienne du 23 octobre 2013 à ArcLight Cinema, communiqué du 27 septembre 2013 — https://www.genesis-publications.com/news/-1099
  3. Genesis Publications, « Hello, Goodbye – Ringo Sells Out in Record Time », 24 décembre 2013 : tirage épuisé en moins de trois mois, 12 tirages photographiques — https://www.genesis-publications.com/news/hello-goodbye-ringo-sells-out-in-record-time-1117
  4. The Beatles / Apple Corps, « PHOTOGRAPH, The New Ebook By Ringo Starr », annonce de juin-juillet 2013 — https://www.thebeatles.com/photograph-new-ebook-ringo-starr-available-now-ibookstore
  5. Apple Books, Photograph, édition multimédia publiée le 12 juin 2013, fiche bibliographique — https://books.apple.com/us/book/photograph/id647308686
  6. Genesis Publications, The Photograph Portfolio 2013 — https://www.genesis-publications.com/prints/ringophotoart/the_photograph_portfolio_2013
  7. Genesis Publications, « Ringo Finds His Fans », 28 octobre 2013, les six élèves de Fair Lawn et la correction de la datation géographique — https://www.genesis-publications.com/news/ringo-finds-his-fans-1106
  8. Genesis Publications, « A Sentimental Journey To Vegas », 27 novembre 2013, présentation de Photograph et retrouvailles à Las Vegas — https://www.genesis-publications.com/news/a-sentimental-journey-to-vegas-1113
  9. Genesis Publications, « Where Are They Now? », 16 juillet 2014, témoignage sur le tirage numéroté 6/25 — https://www.genesis-publications.com/news/where-are-they-now-1163
  10. Luisa Yanez, WLRN Public Media, article du 23 octobre 2013, rectification le 24 octobre : l’hypothèse de Miami abandonnée au profit de New York — https://www.wlrn.org/news/2013-10-23/were-you-one-of-the-miami-teens-photographed-by-beatle-ringo-starr-in-1964
  11. Genesis Publications, The Photograph Portfolio 2015 — https://www.genesis-publications.com/prints/ringophotoart2015/the_photograph_portfolio_2015
  12. Heritage Auctions, catalogue photographique n° 8128, 4 avril 2023, lot 73096, John, tirage de 2015 signé 9/25 — https://fineart.ha.com/c/catalog-print.zx?ic5=CatalogHome-AucType-PrintableCatalog-071515&saleNo=8128
  13. Omega Auctions, The Beatles Collection, 10 octobre 2023, lot 339, autoportrait signé 2/25 — https://bid.omegaauctions.co.uk/auction/lot/339-ringo-starr—signed-limited-edition-photograph/?lot=40174&sd=1
  14. Genesis Publications, Rare Editions, Self Portrait : photographie japonaise de 1966, édition signée de 2013 — https://www.genesis-publications.com/book/rareevent2020/rare-editions
  15. Genesis Publications, « Ringo Starrs in National Portrait Gallery », 10 septembre 2015 — https://www.genesis-publications.com/news/ringo-starrs-in-national-portrait-gallery-1257
  16. Mark Brown, The Guardian, 9 septembre 2015, conférence à la National Portrait Gallery — https://www.theguardian.com/music/2015/sep/09/ringo-photos-beatles-national-portrait-gallery-launch-book-exhibition
  17. Genesis Publications, Photograph, édition de librairie 2015, ISBN 9781905662333, catalogue Google Books — https://books.google.com/books/about/Photograph.html?id=MxMVrgEACAAJ
  18. Chronologie du séjour parisien de janvier 1964, article historique Yellow-Sub.net — https://yellow-sub.net/beatles/les-beatles-sur-scene/sur-scene-en-france/31348-beatles-a-lolympia

Le portfolio de 2015 : huit scènes, mais aucune chronologie de voyage unifiée

En juin 2015, Genesis Publications présente une nouvelle sélection de huit photographies de Ringo Starr. L’éditeur souligne qu’il a utilisé, durant les années Beatles, des pellicules noir et blanc, des films couleur et parfois des effets de grand-angle ou de fisheye. La diversité technique interdit de décrire la série comme un unique reportage réalisé dans les mêmes conditions. Les huit œuvres ne documentent pas une tournée continue : elles rassemblent un choix rétrospectif de portraits, de scènes de coulisses et de souvenirs visuels. Elles doivent donc être datées individuellement, sans déduire la date d’une image de celle qui précède dans le catalogue.

Le premier sujet, Ringo and George, concerne New Brighton en 1961. Le sixième, India, fait référence à une autre géographie de l’histoire du groupe. D’autres titres, comme Paul and Mal, montrent que l’entourage des Beatles fait partie de la mémoire photographique de Starr, tandis que le dernier, Ringo, introduit la représentation du photographe lui-même. Cet ordre montre une intention de variété dans la sélection éditoriale, mais n’autorise pas à construire un itinéraire du voyage de Ringo à partir de la seule succession des numéros.

Le fisheye : un procédé, pas une datation

Un objectif fisheye peut produire une déformation des lignes, des proportions et de l’espace autour des visages. Il serait tentant de conclure que deux photographies aux bords courbes appartiennent à la même séance. Cette ressemblance technique ne suffit pourtant pas à établir une unité de temps ou de lieu. Seuls les supports originaux, des renseignements sur l’appareil employé ou des vues voisines issues de la même pellicule permettraient de préciser ce point. Une reproduction sur papier contemporain, même de qualité muséale, peut aussi avoir subi un recadrage qui modifie la visibilité des effets optiques.

Pour les portraits photographiques, la distinction entre effet produit dans l’appareil et transformation introduite lors de l’édition est fondamentale. Un fisheye relève de l’optique de prise de vue ; une saturation de couleur peut relever du film choisi, du développement ou d’une intervention postérieure. Aucune de ces hypothèses ne doit être présentée comme certaine sans preuve technique ou témoignage concordant.

Une œuvre ancienne et plusieurs dates de marché

Le titre d’un tirage peut connaître un nouvel épisode de diffusion lorsqu’un éditeur indique que certains exemplaires restent disponibles. Cette information renseigne sur un état commercial daté, non sur la création d’une nouvelle photographie. Il faut distinguer premier lancement, ouverture de souscription, présentation en galerie et épuisement annoncé d’une série. Un tirage devenu indisponible peut toujours réapparaître en collection privée ou dans une vente secondaire ; sa présence sur le marché n’augmente pas la limite initiale des exemplaires édités.

Le portfolio de 2015 est ainsi un jalon double : il révèle de nouvelles images au public et établit des objets de collection contemporains à partir d’archives plus anciennes. La richesse historique tient à la possibilité d’observer ces deux vies séparément, plutôt qu’à leur fusion dans une seule date.

Cette enquête se prolonge dans l’enquête sur le portfolio de 2018, où les mêmes objets sont examinés sous l’angle de leur édition ou de leur provenance.

Vingt photographies Genesis documentées une à une : nouvelles notices 357–376

Douze images du portfolio 2013 et huit portraits du portfolio 2015 disposent désormais chacun d’une fiche critique autonome : localisation et datation de la prise de vue, mémoire du témoin, tirage de vingt-cinq, signatures, papier, encadrement et réserves de provenance. Ce récolement distingue l’édition de 2013 de celle de 2015 et des réapparitions dans le portefeuille 2024. Il ne s’agit pas de vingt photographies inédites prises en 2026, mais de vingt objets éditoriaux anciens désormais étudiés séparément.

Genesis 2013 : douze études de négatifs et d’éditions

  1. Notice 357 · Liverpool : le tirage signé de Ringo Starr dans le portfolio Genesis 2013
  2. Notice 358 · First US Visit : le tirage signé de Ringo Starr dans le portfolio Genesis 2013
  3. Notice 359 · John and Paul : le tirage signé de Ringo Starr dans le portfolio Genesis 2013
  4. Notice 360 · George : le tirage signé de Ringo Starr dans le portfolio Genesis 2013
  5. Notice 361 · Miami : le tirage signé de Ringo Starr dans le portfolio Genesis 2013
  6. Notice 362 · Paul : le tirage signé de Ringo Starr dans le portfolio Genesis 2013
  7. Notice 363 · Old Hickory : le tirage signé de Ringo Starr dans le portfolio Genesis 2013
  8. Notice 364 · Ringo and Paul : le tirage signé de Ringo Starr dans le portfolio Genesis 2013
  9. Notice 365 · John : le tirage signé de Ringo Starr dans le portfolio Genesis 2013
  10. Notice 366 · John and George : le tirage signé de Ringo Starr dans le portfolio Genesis 2013
  11. Notice 367 · Delhi : le tirage signé de Ringo Starr dans le portfolio Genesis 2013
  12. Notice 368 · Self Portrait : le tirage signé de Ringo Starr dans le portfolio Genesis 2013

Genesis 2015 : huit études

  1. Notice 369 · Ringo and George (New Brighton, Tower Ballroom, 1961) : le tirage de Ringo Starr publié en 2015
  2. Notice 370 · Paul and Mal (Paris, hôtel George V, janvier 1964) : le tirage de Ringo Starr publié en 2015
  3. Notice 371 · Paul (New York, février 1964) : le tirage de Ringo Starr publié en 2015
  4. Notice 372 · George (États-Unis, février 1964) : le tirage de Ringo Starr publié en 2015
  5. Notice 373 · John (Miami, Floride, février 1964) : le tirage de Ringo Starr publié en 2015
  6. Notice 374 · India (Delhi, juillet 1966) : le tirage de Ringo Starr publié en 2015
  7. Notice 375 · John and Paul (Studio 3, Abbey Road, 11 février 1968) : le tirage de Ringo Starr publié en 2015
  8. Notice 376 · Ringo (autoportrait, années 1970) : le tirage de Ringo Starr publié en 2015

Catalogue primaire Genesis 2013 · Catalogue primaire Genesis 2015. Une précision de méthode : la fiche technique générale de Genesis 2013 emploie tantôt Photo Rag, tantôt Photo Rag Pearl ; la contradiction reste ouverte en attendant l’examen d’un certificat individuel.