YELLOW-SUB.NET / ENCYCLOPÉDIE RINGO STARR / CHAPITRE 06
Another Day in the Life : l’autobiographie visuelle de Ringo Starr
Photographies du quotidien, voyages, musique, six estampes signées et éditions de collection : le troisième livre de Ringo chez Genesis.
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Avec Another Day in the Life, Ringo Starr quitte le seul territoire des photographies historiques des Beatles pour raconter le monde qu’il continue de regarder. Nature, objets, scènes de voyage, musiciens, rencontres et détails insolites composent un récit visuel où le temps présent dialogue constamment avec les souvenirs du passé. Publié chez Genesis Publications dans le cadre d’une série limitée, ce troisième ouvrage demande une lecture attentive : il constitue à la fois un livre de photographie, un ensemble de témoignages et le point de départ de six œuvres graphiques en édition signée.
Du livre photographique aux estampes : une autobiographie en plusieurs supports
« Another Day in the Life » ne relève pas seulement d’un livre de souvenirs. Ringo y assemble des photographies de voyages, de musiciens, d’objets et de paysages, puis leur donne une nouvelle cohérence par la sélection et la mise en page. Des compositions graphiques associées au projet prolongent cette opération : une image historique peut être reprise, combinée à un dessin ou intégrée dans un objet imprimé qui possède ses propres dimensions, son tirage et sa signature. Il faut donc distinguer la photographie-source, l’image publiée dans le volume et l’estampe éditée séparément. Une même mémoire iconographique traverse plusieurs supports, sans que ceux-ci deviennent interchangeables.
Deux œuvres illustrent ce déplacement. Beatle Boot transforme le souvenir d’un objet offert par Keith Moon et les traces d’un voyage en composition imprimée ; Beneath the Waves assemble une iconographie aquatique et des références à « Yellow Submarine ». Le titre du livre réunit ces univers personnels, mais les estampes ont leur propre catalogue et leur propre logique d’édition. La présentation des six compositions et de leurs suites doit éviter de compter deux fois les feuilles déjà incluses dans un portfolio ou d’assimiler une impression numérotée à une peinture unique.
Les divergences bibliographiques constituent l’autre enjeu de la publication. Les dates d’annonce, de souscription, de fabrication et de diffusion ne sont pas nécessairement identiques ; les caractéristiques matérielles publiées par Genesis présentent aussi des différences entre les fiches. Le cas de la pagination de 176 ou 184 pages montre qu’une vérification sur exemplaire demeure nécessaire avant de trancher. Cette exigence n’enlève rien à la portée autobiographique de l’ouvrage : elle permet au contraire de transmettre un récit fidèle aux amateurs comme aux collectionneurs qui recherchent des éditions identifiables.
Le troisième livre de Ringo chez Genesis : continuité et changement
La séquence éditoriale est désormais identifiable : Postcards from the Boys en 2003, Photograph en 2013 puis Another Day in the Life dans la période 2018–2019. Le premier volume rendait publiques des cartes postales reçues de John, Paul et George ; le second ouvrait largement les archives photographiques et familiales de Ringo ; le troisième choisit une perspective davantage centrée sur la manière dont le musicien observe son environnement au quotidien.
Ce déplacement est important pour l’histoire de son œuvre visuelle. Le caractère « inédit » des images ne tient plus seulement à leur éventuelle origine dans les années Beatles, mais à leur diversité et à la personnalité du regard. Les clichés du monde contemporain possèdent un intérêt artistique et biographique même lorsqu’ils ne montrent aucune personnalité célèbre. Ringo ne photographie pas uniquement pour reconstituer les années 1960 : la photographie reste une activité vivante au fil de ses voyages et de ses engagements.
La présentation de Genesis évoque plus de 500 photographies et images d’archives accompagnées d’un texte autobiographique d’environ 13 000 mots. Cette combinaison doit être comprise avec précision : toutes les images ne sont pas nécessairement des prises de vue nouvelles, et certaines appartiennent à des fonds plus anciens ou à des collections que Ringo a constituées. L’éditeur parle lui-même de photographies réalisées par Ringo et d’autres images recueillies au cours de sa vie.
Another Day in the Life occupe une place particulière entre livre photographique, autobiographie fragmentaire et objet de bibliophilie. Chaque image possède au moins deux histoires : celle de la scène représentée et celle de sa sélection pour une publication contemporaine. Une photographie ancienne ne devient pas un cliché de 2019 parce qu’elle apparaît dans un livre vendu cette année-là. La distinction entre date de prise de vue, date de première publication et édition matérielle permet d’éviter les anachronismes. Elle rappelle aussi qu’une page imprimée peut réunir un témoignage personnel de Ringo, une photographie prise par un tiers et une intervention graphique de l’éditeur, sans que ces contributions aient le même auteur.
2018 ou 2019 ? Comprendre la chronologie réelle du livre
Le passage de l’annonce à la publication mérite une distinction bibliographique précise. Une précommande ouverte en 2018 ne suffit pas à dater de cette année la fabrication de tous les exemplaires, pas davantage qu’une fiche de catalogue consultée en 2019 ne constitue nécessairement la première mise en vente. À cette chronologie s’ajoutent les variantes documentaires : les annonces de pagination, les accessoires remis dans certains pays et la présentation des éditions numérotées peuvent diverger sans qu’il faille y voir autant de livres nouveaux. Une comparaison matérielle doit donc partir d’un exemplaire identifié, de son ISBN, de sa justification de tirage et de ses éléments d’accompagnement. Trois études permettent de préciser ces questions : le calendrier des précommandes, la différence entre 176 et 184 pages et l’ensemble commercialisé au Japon. Ces documents concernent des étapes distinctes de l’existence de Another Day in the Life et ne doivent pas être additionnés comme des éditions indépendantes.
Le dossier éditorial de Genesis fait coexister plusieurs jalons qui peuvent prêter à confusion. La fiche définitive indique une disponibilité pour la commande à partir de juin 2018 et une mention « published » en octobre 2019. Pourtant, un communiqué de Genesis daté du 15 novembre 2018 précise que les ouvrages sont en cours d’impression et corrige les informations de livraison, annonçant l’expédition des précommandes à compter du 7 janvier 2019. Il est donc impossible de résumer honnêtement l’histoire du livre à une seule date sans préciser ce qu’elle signifie.
Pour le bibliographe, il faut distinguer l’ouverture des réservations, la fabrication des exemplaires, leur expédition, la date imprimée ou cataloguée de publication et la circulation effective auprès du public. La fiche Google Books et WorldCat attribue à l’ouvrage l’année 2019. Nous retiendrons donc cette année dans la référence bibliographique générale, tout en conservant les étapes de 2018 et du début de 2019 comme preuves de la chronologie industrielle de l’édition.
La même prudence s’impose pour la pagination. Le texte de présentation général de Genesis parle à un endroit d’une monographie de 176 pages, tandis que la fiche détaillée des éditions Collector et Deluxe indique 184 pages. La description bibliographique des exemplaires indique 184 pages, car il figure dans les données bibliographiques spécifiques et les notices de catalogage. La mention divergente doit néanmoins rester visible jusqu’à l’examen physique d’un exemplaire et de sa pagination réelle.
Le format, la pagination et le texte d’accompagnement
La version bibliophilique est décrite par Genesis au format 255 × 300 mm, avec des pages qui privilégient la photographie et une narration autobiographique. Le manuscrit de Ringo atteint environ treize mille mots : il ne s’agit donc pas d’une suite de légendes réduites à des dates et des lieux. Les commentaires développent des souvenirs, des impressions et des rapprochements entre images.
Le projet se distingue ainsi d’un simple portfolio vendu comme objet décoratif. Un livre d’images peut exposer une suite esthétique ; celui-ci cherche aussi à montrer comment un musicien organise la mémoire de sa propre existence. La sélection, l’ordre et les textes sont autant de décisions éditoriales. L’histoire éditoriale de ce volume dépend aussi de documents de conception encore peu accessibles : variantes de maquette, épreuves préparatoires et témoignages de l’équipe de Genesis.
David Lynch et Henry Diltz : deux regards extérieurs
La fiche Genesis identifie David Lynch et Henry Diltz comme contributeurs aux textes introductifs. Le choix est intéressant, car leurs parcours offrent deux perspectives différentes sur l’image. Lynch, cinéaste et artiste visuel, est associé à des univers où les objets familiers et les détails étranges prennent une grande importance ; Diltz est un photographe profondément inscrit dans l’histoire du rock et de sa représentation visuelle.
Il serait tentant d’écrire que le livre est « réalisé par David Lynch ». Ce serait une erreur. Les sources les présentent comme auteurs de textes de présentation, non comme photographes de toutes les images ni comme directeurs artistiques du volume. Leur participation donne un contexte critique à l’œuvre de Ringo, mais ne doit pas conduire à surévaluer leur rôle effectif dans la production.
La présence de Henry Diltz relie également l’ouvrage à une tradition de photographie musicale où le photographe devient le compagnon des artistes, plutôt qu’un simple intervenant de studio. Ce rapprochement offre un point de comparaison historique fécond avec la position singulière de Ringo : il est à la fois musicien photographié, auteur de photographies et conservateur de souvenirs.
Shepard Fairey et la conception graphique de la couverture
Genesis mentionne explicitement une couverture conçue par Shepard Fairey, artiste contemporain largement associé à l’affiche et au graphisme. Pour cette édition, la couverture joue sur une impression en bleu et rouge, associée à une reliure partiellement en cuir noir et des tranches dorées. Il s’agit d’un élément important de la notice bibliographique : la couverture ne doit pas être attribuée par automatisme à Ringo Starr.
La fabrication du livre rassemble donc plusieurs métiers : photographies sélectionnées avec Ringo, textes autobiographiques, préfaces de deux personnalités, illustration de couverture, reliure et travail éditorial de Genesis. Une fiche de Genesis publiée dans le cadre de ses Rare Editions permet désormais d’identifier la matrice iconographique de cette couverture : Shepard Fairey a adapté le célèbre Self Portrait photographié par Ringo au Japon en 1966. Le même cliché, présent dans le Photograph Portfolio 2013 et sur la couverture du livre de collection Photograph, réapparaît ainsi sous une forme graphique transformée. L’histoire d’une même photographie suit donc au moins trois états : prise de vue de 1966, tirage numéroté en 2013, puis réinterprétation pour un autre livre. Il serait incorrect de confondre le photographe à l’origine de l’image et le graphiste qui en produit cette variation. Une étude de l’objet doit préserver ces crédits, faute de quoi on risque de présenter comme un travail solitaire ce qui relève d’une entreprise collective de publication.
Los Angeles, Tokyo et les voyages : une géographie plus vaste que la Beatlemania
Les présentations officielles citent des images prises ou liées à Los Angeles, Tokyo et d’autres étapes de la vie contemporaine de Ringo. L’intérêt documentaire réside moins dans la longueur de la liste des villes que dans la continuité d’une pratique photographique. L’homme qui photographiait l’arrière d’un train en 1964 garde, plusieurs décennies plus tard, l’habitude de saisir des scènes que d’autres voyageurs pourraient ne pas remarquer.
Un événement est spécifiquement mentionné par Genesis : le retour de Ringo au Plaza Hotel de New York, cinquante ans après le premier voyage américain des Beatles. Les images récentes dialoguent avec la mémoire de février 1964. Une photographie contemporaine du même hôtel ne constitue évidemment pas une photographie d’archive de la première visite. La juxtaposition des deux périodes appartient au récit du photographe et à sa manière de construire une continuité autobiographique.
L’éditeur cite également la cérémonie au cours de laquelle Ringo reçoit un Grammy récompensant l’ensemble de sa carrière. L’épisode montre comment une image prise lors d’une cérémonie publique peut être incorporée à un ouvrage centré sur la subjectivité. Une scène officielle devient un souvenir personnel, non un document automatiquement privé.
La nature et les objets : le langage du détail
Ringo explique dans la présentation du livre qu’il aime photographier les choses ordinaires qui attirent son attention, à la maison comme en déplacement. Il n’est pas nécessaire qu’un cliché soit spectaculaire pour posséder une valeur créatrice. Une fleur, une texture, un jeu d’ombres ou un objet isolé peuvent servir de point de départ à une composition ; un ensemble peut ensuite rapprocher des images très éloignées par leur date ou leur sujet.
Cette pratique mérite une analyse formelle plus précise que les expressions vagues « artiste sensible » ou « regard unique ». L’étude d’une série de photographies devrait examiner le cadre, la lumière, le contraste, le placement du sujet, la profondeur, la répétition d’un motif, ainsi que l’ordre des images dans le livre. Sans autorisation de reproduire les œuvres en totalité, nous pouvons déjà documenter les descriptions éditoriales et les procédés attestés ; les analyses stylistiques définitives doivent attendre une consultation directe d’exemplaires ou de reproductions légalement accessibles.
Le goût pour les objets relie ce troisième ouvrage aux activités picturales de Ringo. Il ne s’agit pas de prétendre que chaque photographie contient les prémices d’un tableau, mais de constater que plusieurs images serviront ensuite de matières premières à des compositions graphiques en édition limitée. La photographie devient parfois l’un des éléments d’une œuvre en technique mixte, aux côtés de la peinture ou de l’impression sérigraphique.
Paul McCartney, Joe Walsh et les amis du All-Starr Band
La notice Genesis indique que Paul McCartney et Joe Walsh apparaissent dans ce volume, aux côtés d’autres musiciens liés au All-Starr Band. L’ouvrage ne doit cependant pas être confondu avec une encyclopédie des membres du groupe. Il s’agit d’un album personnel qui associe des scènes de musique et des impressions prises au fil du temps.
La présence de Paul rappelle la continuité de leur relation après la séparation des Beatles ; celle de Joe Walsh renvoie aussi à l’entourage musical et familial de Ringo. Les autres musiciens pourront faire l’objet de légendes identifiées lorsqu’une photographie permet d’établir précisément qui apparaît, où elle fut prise et pendant quelle tournée. Sans ces éléments, il serait dangereux de proposer des dates de concert à partir du seul visage d’un musicien.
Les deux grandes éditions signées : Collector et Deluxe
| Caractéristique | Collector | Deluxe |
|---|---|---|
| Éditeur | Genesis Publications | Genesis Publications |
| ISBN | 9781905662586 | 9781905662586 |
| Année de référence | 2019 | 2019 |
| Pagination indiquée | 184 pages | 184 pages |
| Format | 255 × 300 mm | 255 × 300 mm |
| Texte | Environ 13 000 mots | Environ 13 000 mots |
| Iconographie | Plus de 500 images annoncées | Plus de 500 images annoncées |
| Tirage limité | 1 650 exemplaires | 350 exemplaires |
| Signature de Ringo | Oui | Oui |
| Reliure | Quart de cuir, tranches dorées, étui | Reliure pleine peau, tranches dorées, coffret Solander dépliant |
| Supplément exclusif | Aucun tirage individuel indiqué sur la fiche de base | Photographie de 10 × 8 pouces en édition limitée |
Le tirage total numéroté de 2 000 exemplaires est confirmé par l’addition des catégories Collector et Deluxe, et par la présentation générale de Genesis. La présence d’une signature ne doit pas être confondue avec un tirage d’œuvre originale unique : elle certifie l’appartenance à cette édition du livre et donne une valeur de collection à chaque exemplaire.
Le coffret japonais de 2019 : bibliographie, diffusion et contradictions des notices
Genesis Publications présente une offre Japanese Tour Copies de Another Day in the Life, associée aux concerts japonais de Ringo Starr et de son All-Starr Band. Sa fiche porte l’identifiant 9781905662586-J, mentionne 1 600 exemplaires signés, 176 pages, un format de 255 × 300 mm, une publication en janvier 2019 et une disponibilité à partir de mars 2019. Ces chiffres caractérisent une notice commerciale spécifique : ils ne prouvent pas que 1 600 livres supplémentaires aient été imprimés en dehors du tirage mondial de 2 000 exemplaires (1 650 Collector et 350 Deluxe) annoncé par le même éditeur.
Le témoignage contemporain de la presse japonaise est précieux pour comprendre la commercialisation : le 26 mars 2019, Qetic annonce au Japon les deux éditions Collector et Deluxe en conservant précisément leurs plafonds mondiaux de 1 650 et 350 copies. L’offre locale, diffusée par Shinko Music Records Shop, ajoute au livre anglais un livret de traduction japonais, une affiche A2 pliée au format A4 pour le trentième anniversaire du All-Starr Band et un feuillet original de quatre pages signalé dans la presse nippone. Il serait donc prématuré de décrire cette offre comme une traduction intégrale ou d’ajouter mécaniquement 1 600 exemplaires au tirage mondial sans preuve d’une numérotation autonome.
Deux contradictions demeurent ouvertes. Le descriptif principal et le communiqué japonais de Genesis parlent d’un livret de 16 pages, tandis que le champ technique « Extras » de la même page affiche 8 pages : une erreur de fiche ou plusieurs états matériels sont possibles, mais seul l’examen d’un coffret peut trancher. Quant au livre lui-même, Genesis indique 176 pages dans la présentation générale et la notice japonaise, mais 184 pages dans les fiches détaillées Collector et Deluxe. La presse japonaise du 26 mars 2019 donne aussi 176 pages, tout en précisant que les deux versions commercialisées possèdent le même contenu. Ces divergences ne permettent pas d’attribuer les huit pages d’écart à une impression japonaise distincte : une collation et une vérification de la méthode de comptage restent nécessaires.
Les six estampes associées au livre : un ensemble entièrement distinct
Autour de ce troisième livre, Genesis propose une série de six images en technique mixte, éditées sur un papier d’art Hahnemühle Photo Rag de 308 g/m², au format 40 × 50 cm, avec des bords déchirés à la main. Les œuvres combinent l’impression giclée à des interventions sérigraphiques à l’encre dorée ou iridescente selon la composition. Chacune fut annoncée en 40 épreuves numérotées et signées. Une formule Deluxe regroupant les six tirages dans un portfolio assorti fut limitée à 15 ensembles.
Il faut faire la différence entre le nombre des œuvres, leurs tirages individuels et les ensembles de collection. Six images originales de catalogue peuvent exister chacune sous quarante numéros ; le portfolio réunissant six pièces ne crée pas une septième composition. Les quinze coffrets sont préparés à partir de certains numéros correspondants. L’éditeur indique une disponibilité des réservations dès novembre 2018 et des tirages publiés en janvier 2019 : leur chronologie éditoriale ne doit pas être confondue avec celle du livre relié.
| N° | Titre original | Éléments mentionnés par Genesis | Encre complémentaire |
|---|---|---|---|
| 01 | Moon & Stars | Costume original de Sgt. Pepper, fleurs, lune et peintures de Ringo | Iridescente |
| 02 | Beatle Boot | Paris, vue du Plaza Hotel, chaussures dont une paire offerte par Keith Moon | Dorée |
| 03 | Peace & Love | Fleurs, statues de Mahavira, George Harrison et affiche de 2014 | Dorée |
| 04 | Beneath the Waves | Mer, ombres dans une piscine, animation et Yellow Submarine au Japon | Iridescente |
| 05 | Peace Rocks | Gravure sur bois, croix peintes, peinture numérique et pochette Ticket to Ride | Dorée |
| 06 | Norwegian Wood | Composition graphique de la série ; intérêt personnel de Ringo pour les pochoirs | Dorée |
De l’objet retrouvé au récit graphique : six études de cas
1. Moon & Stars : quand le costume de 1967 devient motif graphique
Dans la notice de cette œuvre, Ringo raconte avoir retrouvé son costume de Sgt. Pepper à l’occasion d’un déménagement et l’avoir essayé. Le témoignage prend naturellement le ton humoristique qui caractérise son rapport aux souvenirs matériels. L’estampe mêle ce costume à d’autres éléments, notamment fleurs et lune. On assiste à une transformation documentaire : un habit réel de 1967, photographié bien plus tard, intervient dans une composition artistique récente.
Pour dater l’œuvre, il serait erroné de lui attribuer 1967 au seul motif qu’elle comporte une pièce d’habillement de cette époque. La date de l’objet, celle de sa photographie et celle de la composition sont trois données à distinguer. Cette différenciation est aussi fondamentale pour comprendre l’art de Ringo que pour étudier un collage ou une œuvre d’assemblage.
2. Beatle Boot : Keith Moon, Paris et les traces du voyage
Genesis décrit une composition réunissant des photographies des Beatles à Paris, des vues depuis le Plaza Hotel et plusieurs chaussures, dont des bottes offertes à Ringo par Keith Moon. Les chaussures forment ici un objet de mémoire. L’intérêt ne réside pas uniquement dans la célébrité de celui qui les a données : un vêtement ou un accessoire peut traverser plusieurs périodes de vie et servir ensuite de point de départ à une image composite.
Une telle notice doit être consultée avec précision. Elle documente le récit de Ringo relatif au cadeau, mais ne fournit pas à elle seule une date exacte de remise des bottes. L’historien ne doit pas transformer un souvenir sympathique en événement daté sans pièce supplémentaire.
3. Peace & Love : spiritualité et images publiques
Cette estampe associe, selon Genesis, des fleurs, des statues de Mahavira, une image de George Harrison liée à Magical Mystery Tour et un document rappelant une distinction reçue par Ringo en 2014. La juxtaposition de ces sources traverse des décennies et des milieux différents. Elle fait écho à la devise publique « peace and love » qui accompagne ses interventions depuis de nombreuses années.
La référence spirituelle ne permet pas de définir toutes les convictions philosophiques de Ringo par l’image seule. Son commentaire évoque l’enseignement du Maharishi sur la pratique de la méditation ; c’est une source autobiographique, non une explication exhaustive de toutes les traditions religieuses auxquelles un motif plastique pourrait renvoyer.
4. Beneath the Waves : l’imaginaire de Yellow Submarine
La composition reprend des images de mer, des jeux d’ombres dans une piscine, des éléments d’animation et une performance de Ringo chantant Yellow Submarine au Japon. Elle relie l’univers iconographique des Beatles à une réception familiale contemporaine. Ringo raconte que ses petits-enfants ont connu une période où ils chantaient sa célèbre chanson comme un titre associé à leur grand-père.
Le récit ne doit pas être réduit à l’exploitation d’un personnage de dessin animé. Il montre comment une œuvre enregistrée en 1966 continue de circuler dans l’intimité d’une famille et dans l’imaginaire visuel de son interprète. Les générations, les supports et les lieux changent ; le répertoire continue de produire de nouvelles images.
5. Peace Rocks : la peinture numérique fait son entrée
La notice Genesis est particulièrement révélatrice : elle mentionne une sculpture en bois, des croix peintes par Ringo, une peinture numérique réalisée par ses soins et une pochette de Ticket to Ride. Cela fournit un exemple concret, et non seulement une affirmation biographique, de la coexistence de plusieurs techniques dans son activité visuelle. Le cliché photographique est une source parmi d’autres, non l’intégralité de l’œuvre.
Pour un catalogue raisonné, cette pièce devra décomposer les matériaux : l’objet photographié, la peinture ou infographie incorporée, puis la méthode d’impression finale. Cette analyse évite le classement sommaire de toute la série comme « photographies signées » alors que les documents officiels parlent explicitement de créations multimédias.
6. Norwegian Wood : l’expérimentation des pochoirs
La présentation de cette estampe met en avant l’intérêt de Ringo pour les pochoirs au moment de sa réalisation. La technique consiste à utiliser une forme préparée afin de répéter ou de transférer un motif. La sérigraphie du tirage appartient au travail éditorial de reproduction ; elle ne doit pas être confondue avec le pochoir évoqué dans la démarche créative de l’artiste. Un pochoir peut faire partie de la création d’un motif sans que chaque exemplaire final soit une œuvre manuelle exécutée intégralement au pochoir.
Un catalogue de pièces graphiques, et non de six toiles uniques
Les tirages de la série sont décrits comme des œuvres de technique mixte, tirées en éditions limitées et signées. Dans les notices des galeries, ce vocabulaire peut prêter à confusion : une impression de haute qualité signée par l’artiste possède bien un statut d’œuvre de collection, mais elle n’est pas pour autant une toile originale à l’acrylique ou à l’huile. Les six titres doivent donc être référencés comme des compositions graphiques distinctes, avec tirages numérotés, et non comme six originaux picturaux uniques.
Le portfolio Deluxe de quinze ensembles appelle la même précision. Il s’agit d’un regroupement de tirages issus des six éditions individuelles, assortis dans un emballage spécifique. La signature de Ringo et les certificats éditoriaux documentent l’authenticité commerciale des exemplaires ; leur numérotation ne renseigne pas directement la date de la photographie originale ou du motif iconographique utilisé dans l’assemblage.
Comment l’ouvrage relie les trois carrières de Ringo
Un premier niveau est bien sûr musical : les archives rappellent les Beatles, les rencontres et le All-Starr Band. Un deuxième niveau est autobiographique : les commentaires racontent la vie familiale, les voyages et le rapport au temps. Le troisième est plastique : la sélection, les prises de vue et les compositions graphiques témoignent d’une curiosité pour la forme et pour l’image.
Le mérite de Another Day in the Life est de faire apparaître ces niveaux simultanément. Ringo ne s’y présente pas comme un peintre détaché de la musique ; il photographie au cours d’une existence façonnée par ses engagements de musicien. Mais le lecteur qui ne chercherait que des souvenirs des Beatles manquerait une part essentielle de l’ouvrage : le monde contemporain et les objets ordinaires occupent une place qui ne se réduit pas à l’iconographie des années 1960.
Fiche bibliographique et identification des éditions
- Référence bibliographique
- Ringo Starr, Another Day in the Life, Genesis Publications, édition limitée, ISBN 9781905662586, 2019.
- État éditorial
- Réservations dès 2018 ; calendrier d’expédition amendé fin 2018 ; année bibliographique 2019.
- Pagination
- 184 pages dans les notices bibliographiques des deux versions ; 176 pages dans une présentation générale du même éditeur : contradiction signalée.
- Textes
- Ringo Starr, environ 13 000 mots ; contributions introductives de David Lynch et Henry Diltz.
- Maquette
- Couverture créée par Shepard Fairey ; reliure et étui variables selon la catégorie.
- Photographies
- Plus de 500 images décrites par l’éditeur, mêlant prises de vue de Ringo et documents d’archives.
- Éditions artistiques dérivées
- Six estampes de technique mixte, 40 exemplaires numérotés par image ; 15 portfolios réunissant les six pièces.
- Questions bibliographiques encore ouvertes
- Collation physique des états britannique et japonais, liste intégrale des images et de leurs auteurs, autres variantes régionales éventuelles et catalogues d’expositions liés au projet.
La couverture par Shepard Fairey et l’origine du portrait de Ringo
Le portrait du Japon de 1966, photographié par Ringo, a servi à la couverture de Photograph avant d’être adapté par Shepard Fairey pour Another Day in the Life, selon l’éditeur Genesis. Ce parcours impose de créditer séparément le photographe d’origine et le graphiste de la couverture. Notre histoire de l’autoportrait de Ringo Starr documente les éditions et les différences de support.
Chronologie des éditions d’Another Day in the Life : annonce en 2018, publication bibliographique en 2019
La documentation de Genesis Publications révèle une particularité chronologique importante. L’éditeur indique que les commandes pour Another Day in the Life étaient ouvertes en juin 2018, tandis que sa fiche matérielle fixe la publication en octobre 2019. Un communiqué du 15 novembre 2018 évoque pourtant des ouvrages déjà sous presse et précise, dans une correction ajoutée ultérieurement, un décalage des expéditions au 7 janvier 2019. Ces traces éditoriales n’ont pas toutes la même fonction. Une précommande, une fabrication, une expédition, un dépôt légal ou un millésime inscrit au catalogue ne sont pas des dates interchangeables. L’article doit conserver ces jalons sans forcer une date unique de parution pour tous les états et tous les marchés.
Le volume occupe une place importante dans les mémoires de Ringo : Genesis annonce plus de 500 photographies et images d’archive accompagnées d’un texte original d’environ 13 000 mots. Les images ne sont pas toutes prétendues inédites, originales au sens d’une œuvre unique ou prises par Ringo. L’éditeur présente explicitement des photographies de l’artiste et quelques images recueillies au cours de sa vie. Son contenu associe les Beatles, les musiciens du All-Starr Band, des scènes privées, des voyages et des observations du quotidien, ce qui le distingue des portraits liés presque exclusivement à la période du groupe.
Une différence de pagination interne à la communication de Genesis
La section narrative du site Genesis qualifie à un endroit l’ouvrage de monographie de 176 pages, alors que ses spécifications de vente donnent 184 pages. La bibliothèque WorldCat décrit également un ouvrage de 184 pages publié à Guildford par Genesis en 2019. Cette contradiction entre le texte promotionnel et la fiche technique doit être visible au lieu d’être corrigée silencieusement : la notice bibliographique retient 184 pages comme pagination annoncée dans les caractéristiques du produit et confirmée par une notice de bibliothèque, avec une note signalant « 176 pages » dans un passage de présentation. Seul l’examen d’un exemplaire pourrait préciser si le chiffre plus court se rapporte au corps éditorial hors éléments préliminaires.
Le Collector et le Deluxe : deux objets, un tirage commun de 2 000 livres
Genesis annonce 1 650 exemplaires Collector et 350 Deluxe, ce qui correspond à un ensemble de 2 000 ouvrages numérotés. Le format annoncé est de 255 × 300 mm ; l’ISBN est 9781905662586. Le Collector possède une reliure partiellement en cuir avec tranches dorées et étui ; le Deluxe, une reliure entièrement en cuir et une boîte de conservation de type solander, avec un tirage photographique séparé de 10 × 8 pouces. Chacune des deux catégories est présentée comme signée par Ringo Starr. Ces descriptions ont une conséquence pratique : les deux éditions ne doivent pas être mêlées sous la simple expression « édition luxe signée ».
La couverture fait intervenir Shepard Fairey, connu pour ses travaux graphiques et son langage visuel immédiatement reconnaissable. Ce crédit de création graphique ne transforme pas les photographies réunies dans le livre en photographies de Shepard Fairey. Les contributions de David Lynch et Henry Diltz relèvent également de l’appareil éditorial annoncé et doivent être indexées comme interventions dans le livre, et non comme preuve de la réalisation par eux de l’ensemble des clichés. Les noms du photographe, du graphiste de couverture, du préfacier et de l’auteur des commentaires nécessitent des champs distincts.
Six estampes liées au livre : ne pas les confondre avec les 500 images
Un autre site Genesis propose un ensemble graphique lié à l’ouvrage : Moon & Stars, Beatle Boot, Peace & Love, Beneath the Waves, Peace Rocks et Norwegian Wood. L’éditeur décrit ces créations comme des impressions d’art utilisant notamment la giclée et la sérigraphie, parfois des encres irisées et des interventions manuelles, sur papier Hahnemühle Photo Rag 308 g/m² à bords déchirés à la main. Les feuilles individuelles sont annoncées au format 40 × 50 cm, en éditions limitées généralement de 40 exemplaires signés ; un portfolio Deluxe de 15 ensembles figure séparément. Il faut relever précisément si la numérotation concerne une feuille isolée ou un portfolio complet avant de reconstituer un total d’exemplaires en circulation.
Ces six œuvres graphiques ne sont pas nécessairement six photographies identiques à celles du livre : leur composition peut associer motifs photographiques, dessins et interventions plastiques. Le lien à Another Day in the Life est éditorial, pas une identité matérielle automatique. Ainsi, Moon & Stars convoque une iconographie personnelle et le costume de Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band ; une reprise de cet élément vestimentaire n’en fait pas une épreuve photographique de 1967. La date de création de l’image initiale, celle de sa recomposition et celle de l’estampe doivent rester séparées.
La contribution autobiographique : raconter une vie par montage d’images
Ringo explique sa préférence pour un récit par photographies et commentaires plutôt que pour une autobiographie linéaire en plusieurs volumes. Cet élément est important pour interpréter le livre : les séries consacrées à la nature, aux déplacements, aux rencontres et aux événements musicaux ne suivent pas nécessairement un déroulement strictement chronologique. Leur rapprochement crée un récit par associations, souvenirs et résonances. Une photographie présentée à côté d’un souvenir ne doit pas être présumée prise le même jour que l’événement commenté.
Pour les historiens, l’édition constitue donc un témoignage composé à plusieurs niveaux : les photographies et objets du passé ; la sélection opérée pour la publication ; les légendes rédigées rétrospectivement ; la matérialité des volumes numérotés ; et, enfin, l’histoire de leur commercialisation. Ces couches documentaires peuvent se compléter mais ne doivent pas être fondues dans une simple « date de la photographie ». L’encyclopédie gagne en précision en décrivant une carrière artistique qui passe aussi par le montage, l’édition et la mise en circulation du regard personnel de Ringo Starr.
De l’autoportrait photographique à l’œuvre de couverture de Shepard Fairey
La couverture d’Another Day in the Life doit être décrite comme une œuvre graphique associée à un corpus photographique, et non comme une photographie totalement nouvelle. Genesis Publications précise que Shepard Fairey a adapté un autoportrait de Ringo pris au Japon en 1966, publié en couverture de Photograph et proposé ensuite en tirage signé. Cette chaîne d’images est particulièrement instructive pour l’étude de la réutilisation des photographies historiques dans l’art contemporain.
Trois auteurs ou responsables éditoriaux interviennent à des moments différents : Ringo comme auteur du cliché-source, Fairey comme créateur de l’interprétation graphique et Genesis comme éditeur de l’objet imprimé. Un exemplaire de Another Day in the Life signé par Ringo n’est donc pas une œuvre graphique entièrement dessinée par lui. La distinction s’applique également aux œuvres originales ou mixtes publiées en tirages accompagnant la sortie du livre.
La fiche officielle de Genesis indique pour le volume principal une mise à disposition en juin 2018 et une publication bibliographique en octobre 2019, un format de 255 × 300 mm, 184 pages, 13 000 mots et environ 500 images. Il existe des éléments promotionnels de 2018 annonçant des expéditions dès le début de 2019 ; cette diversité de jalons ne prouve pas plusieurs livres au contenu nécessairement différent.
Modalités d’édition et preuve d’authenticité
La page des impressions liées au livre fixe six compositions, dont Moon & Stars, Beatle Boot, Peace & Love, Beneath the Waves, Peace Rocks et Norwegian Wood, imprimées sur papier Hahnemühle 308 g/m² avec procédés mixtes, et une option de portfolio Deluxe limitée à quinze ensembles. Ces œuvres doivent être cataloguées comme estampes contemporaines distinctes des photographies documentaires du volume.
Dans la pratique de collection, une dédicace personnelle du livre, une signature d’une feuille d’art et un certificat de portfolio ne constituent pas les mêmes preuves. L’idéal est d’identifier chaque feuille du portfolio par le titre, son numéro, les pigments, les procédés de sérigraphie et le certificat avant de reconstituer l’histoire d’un exemplaire complet.
Sources primaires de ce complément
- Genesis Publications, édition Another Day in the Life et caractéristiques bibliographiques — https://genesis-publications.com/books/9781905662586/another_day_in_the_life
- Genesis Publications, Self Portrait, œuvre-source adaptée par Shepard Fairey — https://www.genesis-publications.com/book/rareevent2020/rare-editions
- Genesis Publications, portfolio de six estampes et édition Deluxe — https://www.genesis-publications.com/prints/ringoartprint/another_day_in_the_life
2018–2019 : le calendrier de publication d’Another Day in the Life reconstitué mois par mois
L’histoire de la publication d’Another Day in the Life montre pourquoi une seule année ne suffit pas dans une bibliographie de collectionneur. Genesis Publications annonce publiquement le projet le 7 juin 2018, en prévoyant une publication à l’automne. Le site officiel de l’éditeur précise alors que le livre reprendra des photographies inédites accompagnées des souvenirs de Ringo, et que sa couverture est une création originale de l’artiste américain Shepard Fairey. Le livre succède aux éditions Genesis de Postcards from the Boys et de Photograph.
Le 15 novembre 2018, Genesis diffuse une mise à jour sur les délais de fabrication, corrigée ultérieurement : tous les exemplaires précommandés doivent être expédiés à partir du 7 janvier 2019. La mention initiale d’expéditions prévues avant les fêtes de fin d’année ne constitue donc pas la preuve que le lot intégral a été livré en décembre 2018. Le catalogue bibliographique actuel indique, pour sa part, une publication en octobre 2019. Il faut conserver ces indications distinctes en attendant l’examen des justifications d’impression et des premières factures de livraison.
La fiche Genesis décrit un livre de 184 pages, environ 13 000 mots et 500 images, au format 255 × 300 mm, portant l’ISBN 9781905662586. L’édition numérotée totalise 2 000 exemplaires, avec 1 650 Collector et 350 Deluxe. Le nombre d’images ne correspond pas à cinq cents photographies originales différentes et toutes prises par Ringo : le photographe distingue des prises de vue personnelles et des pièces collectées.
Objet de collection et dossier de provenance
La version Collector comporte une demi-reliure de cuir et un étui ; le Deluxe bénéficie d’une reliure pleine peau, d’une boîte Solander pliante et d’un tirage photographique de 10 × 8 pouces. La présence d’une feuille supplémentaire doit être contrôlée lors d’une acquisition. Une édition dont le coffret ou le tirage a été séparé conserve éventuellement le même numéro bibliographique, mais son état de complétude diffère.
À la fin de novembre 2018, Genesis annonce une série de six estampes en techniques mixtes issues du projet, sur papier de coton, combinant encres dorées et iridescentes. Ces feuilles sont numérotées et signées ; elles constituent des objets d’art vendus parallèlement au livre. L’existence d’un tirage de l’une des compositions ne signifie donc pas que chaque exemplaire Collector contienne les six feuilles.
Pour un catalogue raisonné, on retiendra des événements de nature différente : annonce de juin 2018, campagne de précommande, correctif de novembre 2018, expédition prévue à partir de janvier 2019, publication bibliographique affichée en octobre 2019, puis éditions de tirages. Cette chronologie peut paraître moins simple qu’un millésime unique, mais elle est fidèle aux documents de l’éditeur et évite les faux doublons.
Sources documentaires
- Genesis Publications, annonce A Major New Book By Ringo Starr, 7 juin 2018 — https://www.genesis-publications.com/news/a-major-new-book-by-ringo-starr-1495
- Genesis Publications, Update on Ringo’s New Book, 15 novembre 2018, correctif d’expédition — https://www.genesis-publications.com/news/update-on-ringos-new-book-1539
- Genesis Publications, fiche Another Day in the Life, 184 pages et deux états d’édition — https://genesis-publications.com/books/9781905662586/another_day_in_the_life
- Genesis Publications, six estampes liées au livre, novembre 2018 — https://genesis-publications.com/news/introducing-ringos-another-day-in-the-life-prints-1545
Another Day in the Life : distinguer livre, photographies et portfolio d’estampes
Le livre Another Day in the Life réunit des souvenirs de Ringo, des photographies de plusieurs périodes et des créations visuelles associées à l’édition. Sa date bibliographique et celle des photographies reproduites doivent être décrites séparément. Les notices Genesis mentionnent plusieurs étapes de communication, de réservation et de publication ; elles ne démontrent pas à elles seules l’existence de versions de contenu différentes.
La couverture conçue en relation avec Shepard Fairey utilise comme point de départ un autoportrait de Ringo pris au Japon en 1966. La réinterprétation graphique ne constitue pas une nouvelle prise de vue de 1966, et le graphiste doit être crédité pour son travail propre. Le tirage de l’autoportrait et le livre relié ne sont pas les mêmes objets de collection.
Variantes, attribution et état des preuves
Les estampes associées au projet peuvent être imprimées sur des supports distincts et posséder leur propre tirage limité. Un portfolio joint à un livre Deluxe doit être catalogué comme un ensemble matériel, tandis que le volume de base mérite sa notice éditoriale propre. Le nombre de feuilles d’art ne doit pas être assimilé au nombre d’images publiées dans le livre.
Pour l’authenticité, le collecteur vérifiera la page de justification, le numéro de livre, les feuilles présentes, les inscriptions, le boîtier et les certificats. Un coffret auquel manque une estampe peut être bibliographiquement identifiable sans être complet comme exemplaire de collection.
Deux livres photographiques et la mémoire filmée de Long Long Road
Contexte documentaire
Another Day in the Life assemble des images, des commentaires et une couverture associée à l’interprétation graphique de Shepard Fairey. Le clip Long Long Road publié en avril 2026 utilise à son tour des photographies personnelles et une réalisation de Francesca Gregorini. Ces deux objets témoignent d’une même volonté autobiographique, mais mobilisent des auteurs, des supports et des contextes éditoriaux différents.
Distinguer les supports et les auteurs
L’historien doit retrouver si une image montrée dans le film figurait déjà dans les livres Photograph, Lifted ou Another Day in the Life. La seule ressemblance du sujet ne démontre pas l’identité d’un négatif : un recadrage, une photographie prise à quelques secondes d’écart et une colorisation peuvent tromper la comparaison.
Méthode d’inventaire et limites de la preuve
Une concordance satisfaisante devrait inclure une reproduction de référence, la légende d’origine, le contexte de prise de vue, la première publication et les réemplois connus. Ce système permettrait de déterminer quels documents de 2026 sont réellement nouveaux pour les chercheurs.
Sources de contrôle
Album 2026 et collaboration avec T Bone Burnett : https://www.ringostarr.com/ringo-starr-announces-long-long-road-his-second-album-with-t-bone-burnett/ ; Annonce officielle du vidéoclip par Francesca Gregorini, 24 avril 2026 : https://www.ringostarr.com/ringo-starr-brings-us-along-on-his-musical-journey-on-long-long-road/ ; Référence de l’édition japonaise SHM-CD, UICY-16423 : https://www.universal-music.co.jp/ringo-starr/ ; Édition CD anglaise UMR, référence 5708479, liste des dix titres : https://shop.abbeyroad.com/products/long-long-road-cd ; Communiqué Look Up, enregistré à Nashville et Los Angeles, paru en janvier 2025 : https://www.ringostarr.com/ringo-starr-announces-new-country-album-look-up/.
Les six estampes d’Another Day in the Life : un catalogue technique complet (2018–2019)
L’édition graphique liée à Another Day in the Life constitue un dossier autonome par rapport aux photographies signées de la collection Photograph. Genesis Publications annonce ici six œuvres numérotées chacune à quarante exemplaires, sur un papier Hahnemühle Photo Rag de 308 g/m², découpé à la main, au format 40 × 50 cm. La technique annoncée est une combinaison d’impression giclée et de sérigraphie, avec des encres dorées ou irisées selon la composition. Ces détails excluent de classer les six œuvres comme six simples épreuves photographiques de 20 × 30 pouces tirées d’un seul négatif. Ce sont des images composites mêlant photographies, reproductions, éléments graphiques et surimpressions.
ADL-G01 — Moon & Stars : costume, fleurs et contemplation du ciel
La première planche regroupe des créations picturales de Ringo, des photographies de fleurs et de la Lune, ainsi qu’un portrait où il porte à nouveau son costume original de Sgt. Pepper. Sa légende évoque avec humour la redécouverte de l’habit lors d’un déménagement. Le commentaire est un souvenir personnel associé à une image documentaire ; il ne prouve pas que le costume ait été fabriqué pour le livre ni photographié pour la première fois en 2019. Genesis qualifie la technique de giclée et sérigraphie à encre irisée, avec une édition annoncée à quarante exemplaires signés. Dans une collection, les éléments reproduits et l’estampe composite doivent être inventoriés séparément : une photographie de l’habit n’est pas l’habit lui-même.
ADL-G02 — Beatle Boot : Paris, Plaza Hotel et chaussures offertes par Keith Moon
Cette œuvre assemble des clichés des Beatles à Paris, une vue depuis le Plaza Hotel, des chaussures et notamment une paire de bottes que Ringo dit avoir reçue de Keith Moon, le batteur des Who. La remarque rapproche deux mondes du rock : les objets vestimentaires utilisés comme accessoires de scène et les cadeaux privés échangés entre musiciens. L’œuvre comporte une surimpression sérigraphique dorée. Elle ne suffit pas, en l’absence de pièces de provenance, à identifier matériellement une paire de chaussures actuellement sur le marché comme le cadeau de Keith Moon. La planche représente un ensemble d’archives et leur mise en relation graphique, pas un certificat d’authenticité du vêtement.
ADL-G03 — Peace & Love : méditation, George Harrison et distinction pacifiste
La troisième planche réunit des fleurs, des statues de Mahavira, une image de George Harrison pendant la période Magical Mystery Tour et une affiche célébrant la distinction Lifetime of Peace and Love Award reçue par Ringo en 2014. La technique est une sérigraphie à l’encre dorée associée à une impression giclée. Le rapprochement graphique de l’iconographie spirituelle et des Beatles éclaire la construction d’une image publique de Ringo autour de la paix, mais il ne prouve ni qu’il ait photographié personnellement chaque motif ni que ces images possèdent la même date de création.
ADL-G04 — Beneath the Waves : mer, piscine, animation et Yellow Submarine
La quatrième planche assemble des photographies de la mer, des ombres projetées dans une piscine, des images tirées de l’animation et une représentation de Ringo interprétant Yellow Submarine sur scène au Japon. Ringo rattache dans son commentaire cette chanson aux souvenirs de ses petits-enfants, familiarisés très jeunes avec le film et sa musique. Le procédé annoncé utilise une encre irisée. Il est nécessaire de distinguer l’image tirée du dessin animé, créée dans un atelier de production, de l’éventuelle photographie de concert et des scènes privées : la mise en page de Ringo peut être artistique sans lui attribuer l’exécution de chaque composant.
ADL-G05 — Peace Rocks : croix peintes, bois sculpté et pochette de single
La cinquième planche juxtapose une sculpture en bois, des croix en bois peintes par Ringo, une peinture numérique de sa main et une pochette du 45 tours Ticket to Ride. Elle offre un cas d’école sur la relation entre création et appropriation documentaire : Ringo peut être l’auteur d’un élément graphique et le collectionneur d’un autre, tandis que la pochette de disque est le travail de graphistes et d’éditeurs. Genesis annonce une giclée enrichie de sérigraphie dorée. Le support final ne doit pas être présenté comme une peinture originale sur bois ; les objets photographiés gardent leurs matériaux et leurs dimensions réels hors de la feuille imprimée.
ADL-G06 — Norwegian Wood : la guitare et la mémoire des années Beatles
La sixième planche évoque à travers son titre une chanson de Lennon–McCartney, mais sa valeur de catalogue tient à sa composition graphique propre. Les références iconographiques réunies sur la feuille doivent être comparées à la reproduction Genesis et à la description de l’éditeur avant toute affirmation sur leur date de prise de vue, leur instrument précis ou l’auteur du cliché. Comme les autres estampes de la série, elle est annoncée à quarante exemplaires signés sur papier 40 × 50 cm. Ce chiffre concerne l’édition de l’œuvre graphique finale ; il ne renseigne pas le tirage d’époque des archives photographiques qui en forment les composantes.
Deux nombres, deux métiers : six graphismes ne sont ni six négatifs, ni six toiles
Une lecture superficielle de la page Genesis pourrait produire une fausse addition : les six estampes de 2019 seraient tantôt comptées parmi les portfolios photographiques de 2013, 2015 et 2018, tantôt assimilées aux peintures originales de Starr Art. Les informations techniques démentent cette fusion. Les grands tirages Photograph sont généralement présentés sur papier 320 g/m², au format 50,8 × 76,2 cm, en éditions annoncées à vingt-cinq épreuves. Les six Another Day emploient au contraire un support 308 g/m², un format plus petit et un ajout de sérigraphie. Il faut donc distinguer la matrice photographique éventuelle, l’assemblage graphique de Ringo et l’exemplaire d’estampe numérotée.
Les six titres ne constituent pas des originaux uniques peints à la main au sens habituel du marché des tableaux. Les encres complémentaires et la finition de chaque feuille peuvent avoir une matérialité propre, mais l’éditeur annonce bien un principe de reproduction en édition limitée. L’expertise matérielle d’un exemplaire repose sur l’examen des bords déchirés à la main, de la surface des encres irisées ou dorées, de la numérotation manuscrite, de la signature, du certificat Genesis et de la date de fabrication. Un passe-partout peut masquer les marges et empêcher de déterminer si le tirage a été recoupé.
Dates de parution : annoncer, imprimer, expédier, cataloguer
La chronologie de ce cycle éditorial doit rester nuancée. Le 7 juin 2018, Genesis annonce le livre comme un projet prévu pour l’automne. Son communiqué du 15 novembre 2018 explique que la fabrication est en cours, puis est corrigé par une note indiquant que les expéditions des précommandes commenceront le 7 janvier 2019. La page de la série graphique fixe pour sa part la disponibilité des estampes en novembre 2018 et leur publication à janvier 2019. Ces états ne sont pas contradictoires si l’on sépare promotion, ouverture des commandes, achèvement de production et envoi des exemplaires. Une fiche encyclopédique doit conserver ces quatre étapes plutôt que décréter une date unique de lancement au jour près.
Ce chapitre éclaire enfin une décision intellectuelle de Ringo : choisir des fragments de sa vie — un costume de 1967, une paire de bottes, un séjour de tournée, des objets domestiques, des signes spirituels — et les remonter dans un paysage graphique contemporain. La création ne se situe pas seulement au moment où une photographie est prise, mais dans les relations établies plus tard entre souvenirs éloignés. C’est précisément pour cette raison que les sources originales des fragments ne doivent pas disparaître sous le seul nom du concepteur de la nouvelle planche.
Another Day in the Life : 176 ou 184 pages selon les mentions de l’éditeur
La fiche actuellement conservée par Genesis Publications pour Another Day in the Life livre deux nombres contradictoires qu’il serait imprudent de corriger sans examiner un exemplaire. Dans la partie rédigée intitulée The Manuscript, Genesis présente un ouvrage de 176 pages. Dans les fiches techniques des deux éditions commerciales, le même éditeur précise 184 pages, pour un volume de 255 × 300 mm, approximativement 13 000 mots et 500 images. Ces deux nombres pourraient résulter de méthodes de pagination différentes, de feuillets liminaires ou d’états successifs du descriptif : aucune de ces explications n’est cependant prouvée par la page actuelle.
Deux tirages, un total de 2 000 exemplaires annoncés
| État bibliographique | Collector Edition | Deluxe Edition |
|---|---|---|
| Plafond annoncé | 1 650 exemplaires | 350 exemplaires |
| Signature | Ringo Starr | Ringo Starr |
| Reliure | Quart de cuir, tranches dorées | Pleine reliure en cuir, tranches dorées |
| Boîtage | Étui de protection | Boîte pliante de type Solander |
| Supplément spécifié | Pas de tirage photographique séparé mentionné sur la fiche de cette édition | Tirage photographique supplémentaire de 10 × 8 pouces |
| Pagination annoncée dans les fiches d’édition | 184 pages | 184 pages |
| ISBN affiché | 9781905662586 | 9781905662586 |
La somme des plafonds annoncés est de 2 000 exemplaires, concordant avec la présentation générale de l’ouvrage signé. Ce chiffre n’est pas le nombre de personnes ayant acheté le livre, et il n’autorise pas à inventer une numérotation précise pour la Deluxe ou à supposer que toutes les unités furent intégralement reliées à une date unique. La mention « fully subscribed » décrit un état commercial ultérieur de la boutique.
Juin 2018 n’est pas octobre 2019
Les deux fiches techniques indiquent Available from: June 2018 mais Published: October 2019. La première date renseigne l’ouverture de l’offre ou des commandes ; la seconde est la date bibliographique publiée. Présenter le livre comme paru sans nuance en juin 2018 fusionnerait deux événements éditoriaux différents. La maison présente en outre une couverture dessinée par Shepard Fairey, dans un jeu de couleurs rouge et bleu, ainsi que des contributions attribuées à Henry Diltz et David Lynch. Ces crédits portent sur des interventions différentes dans un ouvrage collectif et ne doivent pas être ramenés au seul nom de Ringo.
Une photo prise par Ringo et une photo « recueillie en chemin »
La présentation de Genesis précise que le livre contient plus de 500 images et que Ringo les a sélectionnées à partir de ses propres photographies et de quelques documents recueillis au fil du temps. C’est une distinction capitale pour toute attribution : les deux familles ne sont pas obligatoirement issues de négatifs exposés par Ringo, même si l’ensemble participe à son autobiographie visuelle. Chaque image nécessiterait une notice indépendante avec crédit d’auteur, provenance et date de prise de vue lorsqu’ils sont attestés.
Comment trancher matériellement entre 176 et 184 pages ?
Pour lever la discordance, seule la comparaison matérielle d’un exemplaire Collector, d’un exemplaire Deluxe et d’une réédition de librairie — pages liminaires, cahiers non paginés et début et fin du corps d’ouvrage compris — permettrait de trancher. L’état actuel doit conserver les deux nombres avec leur emplacement exact dans la source d’éditeur : 176 pages dans le texte général, 184 pages dans la fiche commerciale. La rigueur bibliophilique consiste à ne pas substituer une pagination déduite à l’inspection du volume.
Source primaire : Genesis Publications, Another Day In The Life, fiche du livre ISBN 9781905662586, sections The Manuscript et The Limited Edition, états Collector et Deluxe, consultation d’octobre 2026.
Les six compositions graphiques de 2019 : édition de quarante feuilles et quinze ensembles Deluxe, sans double comptage
Le catalogue original de Genesis Publications livre une caractéristique matérielle décisive concernant les images de Another Day in the Life : chacune des six compositions est proposée en édition de quarante exemplaires numérotés et signés. Les œuvres ne sont pas de simples impressions photographiques reproduites en format poster. Elles combinent une impression giclée d’archive et un travail sérigraphique à l’encre or ou iridescente ; elles sont réalisées sur papier Hahnemühle Photo Rag de 308 g/m², à bords déchirés à la main, au format 40 × 50 cm. Le certificat est numéroté et signé par l’éditeur, tandis que la signature artistique est portée par Ringo Starr sur l’objet.
Le catalogue précise un dispositif de commercialisation susceptible d’induire une erreur de comptabilité : quinze coffrets Deluxe Portfolio contiennent chacun les six compositions avec numéros concordants. Ils sont réunis dans un portefeuille fermé par un ruban et sont constitués à partir des numéros les plus bas disponibles dans les éditions. Il ne s’agit donc pas, au vu de la documentation actuelle, de quinze jeux venant s’ajouter aux quarante exemplaires de chaque œuvre. La quantité annoncée de quarante correspond à l’édition d’une composition ; les quinze coffrets décrivent un conditionnement et une modalité de répartition d’une partie de ces exemplaires. L’archive commerciale ne permet pas, sans registre de livraison, de compter le nombre réel de feuilles encore conservées.
Registre technique des six œuvres
ADL-G01 — Moon & Stars. Composition mêlant peintures de Ringo, fleurs, ciel nocturne et autoportrait avec le costume de Sgt. Pepper : finition sérigraphique à l’encre iridescente. ADL-G02 — Beatle Boot. Photographies évoquant le séjour des Beatles à Paris, une vue depuis le Plaza Hotel et des chaussures, notamment une paire offerte par Keith Moon : finition à l’encre or. ADL-G03 — Peace & Love. Montage de photographies de fleurs, de statues, de George Harrison pendant Magical Mystery Tour et d’une affiche liée à une distinction pacifiste reçue par Ringo en 2014 : encre or.
ADL-G04 — Beneath the Waves. Mer, ombres au fond d’une piscine, images d’animation et prestation japonaise de Yellow Submarine : encre iridescente. ADL-G05 — Peace Rocks. Sculpture sur bois, croix peintes, image numérique de Ringo et pochette de Ticket to Ride : encre or. ADL-G06 — Norwegian Wood. Composition associée aux recherches graphiques et aux pochoirs de l’artiste : encre or. Chaque intitulé correspond à une œuvre composite qui peut intégrer des éléments photographiques antérieurs : il ne doit pas être traité comme le titre d’un négatif unique.
Deux calendriers éditoriaux
La série graphique est annoncée comme disponible à partir de novembre 2018, tandis que Genesis situe sa publication en janvier 2019. Le livre lui-même avait été proposé dès juin 2018, mais sa fiche donne octobre 2019 comme date de parution. Le catalogue raisonné conserve donc quatre dates et quatre objets différents : ouverture de souscription du livre, mise en vente des estampes, publication des estampes et publication du volume bibliophilique. L’ordre des événements démontre que les graphismes ont pu circuler avant la matérialisation définitive du livre dont ils accompagnent la narration.
Leur production n’implique pas que Ringo ait pris chacune des photographies incorporées, dessiné à la main toutes les images sources ou réalisé lui-même la totalité de la sérigraphie. Son rôle d’artiste est établi par la conception, la signature et l’édition sous son nom ; les auteurs de chacune des images et les intervenants techniques doivent être distingués si les pièces d’atelier viennent à être retrouvées.
Pièces de référence
Genesis Publications, catalogue primaire Another Day in the Life — Limited Edition Graphics, six fiches d’œuvres et notice du Deluxe Portfolio, commercialisation 2018–2019. Le registre indique les plafonds annoncés, non des comptages d’exemplaires physiquement examinés.
Trois calendriers pour un livre : commande, fabrication et publication bibliographique
Le parcours de Another Day in the Life illustre les difficultés que posent les éditions bibliophiliques lorsqu’elles sont décrites comme de simples livres de librairie. Genesis Publications mentionne une disponibilité commerciale dès juin 2018 : cette date concerne l’ouverture de l’offre et les réservations, non la présence certaine d’un volume achevé entre les mains du public. Un message de l’éditeur daté du 15 novembre 2018 annonce ensuite une fabrication en cours, avant d’ajouter une correction précisant que l’expédition de toutes les précommandes doit commencer à partir du 7 janvier 2019. Enfin, la fiche bibliographique actuelle mentionne une publication en octobre 2019. Le catalogue contient ainsi plusieurs repères documentaires qui ne décrivent pas exactement la même opération.
La cohérence du récit exige de conserver ces dates côte à côte, plutôt que d’imposer artificiellement une date de parution unique. Une commande, la sortie d’atelier du relieur, l’expédition à un souscripteur et une date de publication affichée ultérieurement ne sont pas des événements interchangeables. Leur articulation décrit le circuit réel d’un ouvrage limité, dont le calendrier peut se prolonger pendant de nombreux mois.
Collector, Deluxe et édition japonaise : plusieurs objets à identifier séparément
La fiche anglophone de Genesis indique deux présentations principales, toutes deux signées : 1 650 exemplaires Collector avec une reliure partiellement en cuir et un étui, et 350 exemplaires Deluxe entièrement reliés en cuir et logés dans une boîte Solander, accompagnés d’une photographie supplémentaire de 10 × 8 pouces. Le total éditorial affiché s’élève à 2 000 exemplaires pour ces deux catégories réunies. Cette répartition n’autorise pas à supposer que tout livre signé de Another Day in the Life possède le tirage photographique supplémentaire : il relève de la description spécifique de la Deluxe.
Il existe en outre un catalogue japonais officiel, identifié par l’ISBN 9781905662586-J, qui présente un ensemble destiné aux concerts japonais de Ringo Starr et de son All-Starr Band. Ce conditionnement comprend un livre anglais signé, un complément en japonais et une affiche spéciale. Le site de Genesis associe à cette offre le chiffre de 1 600 exemplaires : ce nombre ne doit pas être ajouté automatiquement aux 2 000 Collector et Deluxe sans documentation prouvant qu’il s’agit d’un tirage indépendant. L’ISBN suffixé, les pièces d’accompagnement et la distribution géographique établissent une identité éditoriale particulière ; ils ne suffisent pas à prouver la fabrication d’un nouveau jeu de négatifs photographiques ou la présence d’un texte anglais intégralement différent.
176 ou 184 pages : une contradiction qui résiste à la simple consultation d’une fiche
Le problème de pagination observé dans le catalogue de Genesis reste réel. La présentation générale de l’ouvrage parle d’une monographie de 176 pages, tandis que les caractéristiques des éditions Collector et Deluxe portent 184 pages. La fiche japonaise ajoute un autre contexte de présentation et n’efface pas le désaccord initial. Les huit pages de différence pourraient, en théorie, renvoyer à des feuillets de garde, à des pages non chiffrées ou à des modes distincts de comptage ; aucune de ces hypothèses ne mérite cependant d’être retenue comme un fait sans collation matérielle. L’inventaire précis d’un exemplaire reste donc la seule manière de confirmer son état.
Cette prudence vaut aussi pour les 500 images et les quelque 13 000 mots annoncés : ces deux chiffres décrivent l’étendue de la sélection éditoriale, et non cinq cents prises de vue inédites de Ringo réalisées à une seule date. Le livre réunit des photographies prises au cours de sa vie, des documents d’archives et des commentaires personnels. Il prolonge une mémoire photographique bien différente du catalogue de ses estampes signées, éditées parallèlement en séries de quarante exemplaires par motif.
Consulter les études spécialisées sur les deux paginations et les six estampes associées. Documents de référence : catalogue Genesis, communiqué du 15 novembre 2018 et édition japonaise.
Sources et références
Références primaires de la série graphique : Genesis Publications, Another Day in the Life — Limited Edition Graphics, six notices numérotées, titres, matériaux, dimensions et tirages — https://www.genesis-publications.com/prints/ringoartprint/another_day_in_the_life ; Genesis Publications, « A Major New Book by Ringo Starr », 7 juin 2018 — https://www.genesis-publications.com/news/a-major-new-book-by-ringo-starr-1495 ; Genesis Publications, « Update on Ringo’s New Book », 15 novembre 2018, note de correction sur les expéditions du 7 janvier 2019 — https://www.genesis-publications.com/news/update-on-ringos-new-book-1539 .
- Genesis Publications, « Update on Ringo’s New Book », 15 novembre 2018, corrections relatives à la fabrication et à l’expédition — https://www.genesis-publications.com/news/update-on-ringos-new-book-1539
- Genesis Publications, Another Day in the Life, portfolio de six estampes, éditions et supports — https://www.genesis-publications.com/prints/ringoartprint/another_day_in_the_life
- WorldCat, Another Day in the Life, notice bibliographique de l’édition de 2019, pagination 184 — https://search.worldcat.org/title/1097309388
- Genesis Publications, Another Day in the Life, notice officielle du livre, ISBN 9781905662586 — https://genesis-publications.com/books/9781905662586/another_day_in_the_life
- Genesis Publications, Another Day in the Life — Japanese Tour Copies, fiche originale : ISBN 9781905662586-J, 1 600 exemplaires, livret japonais et affiche — https://www.genesis-publications.com/books/9781905662586-J/another_day_in_the_life
- Qetic, 26 mars 2019, annonce japonaise de Another Day in the Life, prix des éditions, traduction de 16 pages, affiche et feuillet de 4 pages — https://qetic.jp/art-culture/ringostarr-190326/312202/
- Genesis Publications, Rare Editions (2020), notice de Self Portrait, prise au Japon en 1966 : adaptation par Shepard Fairey pour la couverture d’Another Day in the Life — https://www.genesis-publications.com/book/rareevent2020/rare-editions
- Genesis Publications, Another Day in the Life, les six œuvres de technique mixte et le portfolio Deluxe — https://www.genesis-publications.com/prints/ringoartprint/another_day_in_the_life
- Genesis Publications, « Update on Ringo’s New Book », 15 novembre 2018, calendrier de fabrication et de livraison — https://www.genesis-publications.com/news/update-on-ringos-new-book-1539
- Genesis Publications, « Introducing Ringo’s Another Day In The Life Prints », présentation des estampes — https://genesis-publications.com/news/introducing-ringos-another-day-in-the-life-prints-1545
- WorldCat, notice bibliographique de Another Day in the Life, édition anglaise 2019 — https://search.worldcat.org/title/1097309388
- Google Books, Another Day in the Life, ISBN et description éditoriale — https://books.google.com/books/about/Another_Day_in_the_Life.html?id=VqfrwwEACAAJ
La photographie d’objets ordinaires : Ringo ne regarde pas seulement ses anciens partenaires
Une partie importante d’Another Day in the Life tient à des photographies prises dans des lieux quotidiens, au cours de déplacements ou devant des détails qui retiennent brièvement l’attention de Ringo. L’ouvrage dépasse ainsi l’attente d’un livre composé uniquement de portraits de John, Paul et George. Il donne une place à l’observation personnelle : surfaces, couleurs, objets rencontrés, environnements naturels et situations qui n’auraient pas forcément intéressé la presse spécialisée dans les Beatles. Ringo explique lui-même aimer saisir des choses apparemment aléatoires, dont la relation se révèle lorsqu’on les réunit.
Cette démarche produit une forme de journal visuel discontinue. Le photographe ne cherche pas à raconter chaque journée dans l’ordre de ses rendez-vous, mais à conserver quelques instants qui lui semblent dignes d’être regardés. Un détail isolé peut alors évoquer un lieu ou une émotion sans fournir une information géographique complète. L’analyse esthétique doit tenir compte de cette ouverture. La valeur d’une photographie personnelle ne dépend pas exclusivement de la présence d’une célébrité identifiable, et son absence de légende détaillée ne la réduit pas à une illustration sans intérêt.
Henry Diltz et David Lynch : deux contributions qui prolongent le livre sans le signer à la place de Ringo
Genesis mentionne Henry Diltz et David Lynch parmi les contributeurs du volume. La présence de ces noms ouvre le livre vers deux univers artistiques très différents : la photographie musicale de Diltz et le cinéma singulier de Lynch. Leur participation doit être considérée selon les responsabilités effectivement annoncées et les textes publiés. Elle ne signifie pas que les quelque cinq cents images du livre ont été prises par ces deux créateurs ni qu’ils ont dirigé l’ensemble de la sélection photographique de Ringo.
Le regard extérieur peut apporter une mise en perspective, un souvenir ou un commentaire sur la personnalité du musicien. Il crée un dialogue autour de l’œuvre, plutôt qu’une substitution d’auteur. Dans un ouvrage bibliophilique, la qualité de la contribution ne se mesure pas au nombre de pages qu’elle occupe. La possibilité de lire la parole d’autres artistes à côté des photographies de Ringo enrichit leur réception. Textes signés, images et mise en page relèvent d’interventions éditoriales distinctes qui ne peuvent être attribuées automatiquement au même créateur.
Shepard Fairey : la couverture réinterprète un portrait qui a déjà sa propre histoire
L’image de couverture fait intervenir le travail graphique de Shepard Fairey, à partir d’une photographie d’origine plus ancienne. Cette opération permet de distinguer la prise de vue, dont le sujet est Ringo, et la transformation graphique publiée pour Another Day in the Life. Le portrait utilisé a été rattaché à une séance de 1966 ; son passage dans l’univers visuel de Fairey produit une nouvelle présentation, organisée pour un livre commercialisé plusieurs décennies plus tard. Le lecteur peut reconnaître une figure des Beatles, tout en découvrant une esthétique qui appartient à la culture du graphisme contemporain.
Le procédé ne transforme pas Ringo en auteur photographique du portrait dont il est le modèle. Il faut retrouver, lorsque le document le permet, le photographe de la prise originale, puis créditer séparément l’artiste qui a réalisé la composition destinée au livre. Cette distinction rejoint l’analyse des affiches d’Avedon et des pochettes contemporaines. L’identité de l’homme représenté demeure stable, tandis que les auteurs et les supports changent. L’histoire de la couverture est précisément celle de cette succession de regards.
500 images pour un livre : une quantité éditoriale, pas un décompte de négatifs originaux
La communication de Genesis annonce plus de cinq cents photographies et autres images réunies dans Another Day in the Life. Le chiffre décrit l’ampleur de la matière reproduite, mais il ne peut être converti directement en nombre de photographies prises par Ringo. Certaines images sont anciennes, d’autres récentes ; il en existe qu’il a réalisées, et d’autres qu’il a conservées ou recueillies. Plusieurs reproductions peuvent également provenir d’une même séance, voire d’un même document retravaillé pour le livre. Le nombre d’illustrations publiées n’est pas équivalent à celui des œuvres photographiques autonomes.
Cette distinction possède une conséquence importante pour les tirages signés vendus séparément. Une photographie visible dans le livre ne figure pas nécessairement au programme d’un portfolio d’estampes. L’éditeur peut sélectionner quelques motifs seulement pour les proposer dans un format de galerie, avec justification et signature. La valeur du livre ne réside pas dans une promesse d’édition commerciale de chacune de ses images : elle naît d’une succession conçue pour la lecture. L’album imprimé et l’estampe autonome participent au même univers mais ne possèdent pas les mêmes unités de catalogage.
La nature, l’architecture et le quotidien : une autre mesure de la carrière de Ringo
Les photographies non musicales déplacent la question habituelle de la biographie rock. Au lieu de montrer seulement des scènes, des instruments et des partenaires célèbres, elles révèlent ce qui retient l’attention d’un voyageur dans les intervalles de sa vie professionnelle. Un détail naturel peut être saisi pendant une tournée ; une architecture peut intéresser le photographe sans servir de décor à un concert. Ces images donnent une mesure concrète de la disponibilité de son regard, mais ne doivent pas être systématiquement interprétées comme la représentation d’un état d’âme profond.
Le geste photographique peut être modeste : choisir une orientation, s’arrêter devant une forme, déclencher et conserver un résultat. C’est justement cette modestie qui rend la série intéressante pour l’histoire d’un musicien célèbre. Le photographe n’a pas toujours besoin d’un plateau de tournage ou d’une commande officielle. La réunion de ces fragments produit un autoportrait indirect, constitué de choses vues, plutôt que d’une succession de poses où l’auteur serait présent devant l’objectif. L’ouvrage complète ainsi les livres centrés sur les Beatles, sans s’y réduire.
La version japonaise : le même corpus rejoint un autre horizon de lecture
L’ensemble japonais de 2019 ajoute un livret local et une affiche liée au trentième anniversaire du All-Starr Band. Ce déplacement de l’ouvrage vers un public japonais n’en fait pas un quatrième livre photographique de Ringo : il met le même projet éditorial en circulation dans une autre culture de collection. Le rapport à la photographie peut être influencé par les textes traduits, le contexte des concerts et le prestige du livre signé. L’objet offre ainsi une histoire de réception internationale qui prolonge la lecture du volume original.
Les deux dossiers ne doivent pas se concurrencer. La monographie de l’édition japonaise décrit le livret, l’affiche, les dates de commercialisation et les variantes matérielles. L’étude du regard photographique de Ringo permet de replacer les images dans l’ensemble de son travail d’auteur. La présente page conserve son rôle de synthèse sur l’ouvrage comme récit visuel, dont les images quotidiennes élargissent le champ de l’autobiographie musicale.
Six compositions imprimées : de Moon & Stars à Norwegian Wood
Le programme graphique associé à Another Day in the Life propose six œuvres signées et numérotées : Moon & Stars, Beatle Boot, Peace & Love, Beneath the Waves, Peace Rocks et Norwegian Wood. La coexistence de ces titres révèle une démarche différente de celle des portraits photographiques du premier portfolio. L’œuvre n’est plus seulement l’édition d’une scène ancienne, mais une composition où se rencontrent plusieurs matériaux de mémoire : souvenirs personnels, objets conservés, photographies de nature et interventions graphiques. Il faut distinguer, dans chaque feuille, le sujet photographié, les éléments graphiques ajoutés et les procédés ayant servi à éditer l’ensemble.
Moon & Stars rassemble notamment des références au costume de Sgt. Pepper, à des photographies de fleurs et de lune, ainsi qu’à une peinture de Ringo. L’objet personnel ancien devient l’un des fragments d’une composition contemporaine. Beatle Boot met en jeu des chaussures que Keith Moon lui avait offertes, des photographies parisiennes et une vue liée à un hôtel de New York. Les lieux et les objets ne correspondent pas nécessairement à la même année ni au même voyage. Une lecture autobiographique ne doit donc pas être confondue avec une chronologie stricte de la prise de vue.
De la paix à la mer : la composition n’est pas une photographie documentaire unique
Peace & Love associe des vues de fleurs, des figures spirituelles, George Harrison dans l’univers de Magical Mystery Tour et un souvenir du prix pour la paix reçu par Ringo en 2014. Cette réunion de motifs relève d’un montage thématique autour d’une identité publique et d’une mémoire personnelle. Beneath the Waves rapproche quant à lui la mer, les ombres d’une piscine, des éléments d’animation et une image de Ringo interprétant Yellow Submarine au Japon. Le passage d’un souvenir filmique à une scène de concert ultérieure donne à la chanson une présence qui dépasse le disque des Beatles.
Peace Rocks fait intervenir un objet de bois sculpté, des croix en bois peintes, une création numérique de Ringo et une pochette liée à Ticket to Ride. Cette rencontre des supports rappelle que l’artiste ne conserve pas seulement des photographies de musiciens : il collecte aussi des objets, explore des matériaux et réintroduit des traces discographiques dans ses compositions. Norwegian Wood est lié à ses recherches de pochoirs et doit être décrit comme une construction graphique sans supposer que tout motif visible ait été directement dessiné au même moment. L’histoire de la série gagne ainsi à reconstituer la circulation des fragments plutôt qu’à résumer les six œuvres à un unique thème psychédélique.
Quarante exemplaires et quinze portfolios : une seule économie de tirage
Genesis annonce quarante exemplaires numérotés pour chacun des six sujets. Les feuilles sont produites sur papier Hahnemühle Photo Rag de 308 g/m², avec des bords déchirés à la main et une combinaison d’impression giclée et de sérigraphie aux encres dorées ou irisées. Les dimensions indiquées sont de 40 × 50 centimètres. Une formule Deluxe permet de réunir les six sujets dans quinze ensembles portant des numéros assortis, présentés dans un portfolio fermé par un ruban. Ces quinze ensembles sont prélevés dans les éditions annoncées et ne constituent pas six tirages supplémentaires par coffret hors numérotation.
Les annonces distinguent novembre 2018, moment à partir duquel les œuvres peuvent être proposées, et janvier 2019, date de publication indiquée pour les estampes. L’ouvrage photographique lié au même projet possède son calendrier de fabrication et de diffusion, qui ne doit pas être automatiquement aligné sur celui des feuilles. Une encyclopédie attentive aux éditions pourra donc offrir au lecteur deux fiches liées mais autonomes : l’une pour le livre, son histoire et ses contributeurs, l’autre pour le corpus de six œuvres graphiques. Ce travail complète le dossier consacré aux techniques et permet d’éviter le double comptage des supports.
Another Day in the Life : publier un même projet n’est pas publier un même objet à chaque étape
La chronologie bibliographique d’Another Day in the Life permet d’observer avec précision la différence entre annonce, fabrication, disponibilité et datation de catalogue. Genesis Publications présente le projet le 7 juin 2018 comme le troisième livre signé de Ringo Starr, après Postcards from the Boys et Photograph. Dans une actualité du 15 novembre 2018, la maison indique que l’ouvrage est encore sous presse et publie une correction : l’envoi des précommandes doit commencer à partir du 7 janvier 2019. La notice actuellement consultable de l’éditeur conserve quant à elle une disponibilité annoncée dès juin 2018 et une date bibliographique portée à octobre 2019. Ces indications ne peuvent être alignées artificiellement sur un seul jour de « sortie ». Elles correspondent à des états de la communication commerciale dont l’évolution est elle-même historique. Il faut donc dater séparément la présentation du projet, la production matérielle et les différentes modalités de commercialisation, en signalant la date de catalogue qui figure sur l’édition considérée.
Une photographie d’auteur, une autobiographie et un livre de collection
Genesis décrit le volume comme un ensemble d’environ cinq cents images accompagné de quelque treize mille mots. Ces deux nombres renvoient à des composantes différentes de l’objet édité. Les images construisent une succession visuelle ; le texte propose les commentaires de Starr sur les personnes, les paysages, la nature, les rencontres et les détails qui attirent son attention. Une photographie ne devient pas nécessairement l’œuvre de Ringo parce qu’elle est reproduite dans le livre : le communiqué de juin 2018 précise que l’ensemble comprend des images prises par lui, mais aussi quelques documents recueillis en chemin. Le caractère autobiographique de l’ouvrage réside donc dans la sélection et le commentaire, autant que dans la signature des photographies réalisées par l’artiste. Une description scientifique doit conserver cette pluralité sans diluer le point de vue de Starr. Le titre annonce un regard, non l’affirmation qu’il a déclenché chaque appareil figurant derrière les images.
Mille six cent cinquante Collector et trois cent cinquante Deluxe : les éditions principales
La notice de Genesis différencie une édition Collector de mille six cent cinquante exemplaires et une édition Deluxe de trois cent cinquante, soit deux mille volumes annoncés au total. Cette répartition ne doit pas être additionnée une seconde fois à l’occasion des reventes, des exemplaires exportés ou des versions présentées dans des campagnes territoriales. Le Collector est décrit comme un volume relié en partie cuir, sous étui, avec des tranches dorées ; le Deluxe possède une reliure entièrement en cuir, un coffret à rabats et un tirage photographique supplémentaire de dix sur huit pouces. La distinction dépasse la couleur du cartonnage : elle touche à la collation de l’objet, à sa complétude et à la conservation de son supplément. Une signature portée sur le livre ne transforme pas le tirage associé en photographie prise à la date de la signature. L’exemplaire matériel appartient à l’histoire bibliophilique de 2018–2019 ; les scènes photographiées ont leur propre histoire, souvent bien antérieure.
Le livre et les six estampes : une parenté éditoriale, deux catalogues
En marge de l’ouvrage, Genesis propose six compositions graphiques signées, élaborées à partir de collages photographiques et d’interventions picturales ou graphiques, sous les titres Moon & Stars, Beatle Boot, Peace & Love, Beneath the Waves, Peace Rocks et Norwegian Wood. Les fiches précisent des tirages de quarante exemplaires numérotés pour chaque motif, sur papier Hahnemühle Photo Rag de 308 grammes, avec des interventions de sérigraphie à encre dorée ou iridescente selon les œuvres. Le livre comprend des photographies et des récits ; ces estampes constituent six compositions éditées dans une autre matérialité. Elles ne correspondent ni à six des cinq cents négatifs prétendument exclusifs ni à six toiles uniques. Le collectionneur qui détient les deux catégories possède des objets liés par le même projet artistique, mais qu’il faut inventorier séparément. Le croisement avec le catalogue des estampes de Ringo Starr clarifie leur place sans répéter tout l’inventaire technique dans le chapitre consacré au livre.
Lire les images, examiner le livre, identifier l’édition
Another Day in the Life associe le regard personnel de Ringo Starr à une fabrication éditoriale élaborée. Son intérêt n’est pas seulement de livrer des photographies inédites : il met en scène une autobiographie par fragments, où les paysages, les proches, les rencontres et les objets de la vie quotidienne dialoguent avec l’histoire des Beatles sans s’y limiter.
Pour l’historien, trois niveaux doivent rester séparés. L’image possède sa propre date de prise de vue, qui peut être antérieure de plusieurs décennies au livre. La maquette en propose une interprétation, par la séquence et les légendes. Enfin, l’exemplaire matériel appartient à une édition, avec ses caractéristiques de reliure, de pagination, de signature et de diffusion. Un même contenu visuel peut donc se rencontrer dans des objets bibliographiques distincts.
Les catalogues et les annonces de précommande ne concordent pas toujours sur la pagination ou le calendrier d’envoi. Ces écarts ne doivent être ni effacés ni confondus avec des différences entre photographies. Ils invitent à décrire avec exactitude l’exemplaire consulté : état, format, numéro éventuel et documents d’accompagnement.












