Ringo Starr, l'artiste au-delà des Beatles : dossier encyclopédique
Parcourir les 38 pages du dossier

YELLOW-SUB.NET / ENCYCLOPÉDIE RINGO STARR / CHAPITRE 06

Another Day in the Life : l’autobiographie visuelle de Ringo Starr

Photographies du quotidien, voyages, musique, six estampes signées et éditions de collection : le troisième livre de Ringo chez Genesis.

← Retour au dossier encyclopédique

Avec Another Day in the Life, Ringo Starr quitte le seul territoire des photographies historiques des Beatles pour raconter le monde qu’il continue de regarder. Nature, objets, scènes de voyage, musiciens, rencontres et détails insolites composent un récit visuel où le temps présent dialogue constamment avec les souvenirs du passé. Publié chez Genesis Publications dans le cadre d’une série limitée, ce troisième ouvrage demande une lecture attentive : il constitue à la fois un livre de photographie, un ensemble de témoignages et le point de départ de six œuvres graphiques en édition signée.

Le troisième livre de Ringo chez Genesis : continuité et changement

La séquence éditoriale est désormais identifiable : Postcards from the Boys en 2003, Photograph en 2013 puis Another Day in the Life dans la période 2018–2019. Le premier volume rendait publiques des cartes postales reçues de John, Paul et George ; le second ouvrait largement les archives photographiques et familiales de Ringo ; le troisième choisit une perspective davantage centrée sur la manière dont le musicien observe son environnement au quotidien.

Ce déplacement est important pour l’histoire de son œuvre visuelle. Le caractère « inédit » des images ne tient plus seulement à leur éventuelle origine dans les années Beatles, mais à leur diversité et à la personnalité du regard. Les clichés du monde contemporain possèdent un intérêt artistique et biographique même lorsqu’ils ne montrent aucune personnalité célèbre. Ringo ne photographie pas uniquement pour reconstituer les années 1960 : la photographie reste une activité vivante au fil de ses voyages et de ses engagements.

La présentation de Genesis évoque plus de 500 photographies et images d’archives accompagnées d’un texte autobiographique d’environ 13 000 mots. Cette combinaison doit être comprise avec précision : toutes les images ne sont pas nécessairement des prises de vue nouvelles, et certaines appartiennent à des fonds plus anciens ou à des collections que Ringo a constituées. L’éditeur parle lui-même de photographies réalisées par Ringo et d’autres images recueillies au cours de sa vie.

2018 ou 2019 ? Comprendre la chronologie réelle du livre

Le dossier éditorial de Genesis fait coexister plusieurs jalons qui peuvent prêter à confusion. La fiche définitive indique une disponibilité pour la commande à partir de juin 2018 et une mention « published » en octobre 2019. Pourtant, un communiqué de Genesis daté du 15 novembre 2018 précise que les ouvrages sont en cours d’impression et corrige les informations de livraison, annonçant l’expédition des précommandes à compter du 7 janvier 2019. Il est donc impossible de résumer honnêtement l’histoire du livre à une seule date sans préciser ce qu’elle signifie.

Pour le bibliographe, il faut distinguer l’ouverture des réservations, la fabrication des exemplaires, leur expédition, la date imprimée ou cataloguée de publication et la circulation effective auprès du public. La fiche Google Books et WorldCat attribue à l’ouvrage l’année 2019. Nous retiendrons donc cette année dans la référence bibliographique générale, tout en conservant les étapes de 2018 et du début de 2019 comme preuves de la chronologie industrielle de l’édition.

La même prudence s’impose pour la pagination. Le texte de présentation général de Genesis parle à un endroit d’une monographie de 176 pages, tandis que la fiche détaillée des éditions Collector et Deluxe indique 184 pages. Nous retenons provisoirement le chiffre de 184 pages pour la description des exemplaires, car il figure dans les données bibliographiques spécifiques et les notices de catalogage. La mention divergente doit néanmoins rester visible jusqu’à l’examen physique d’un exemplaire et de sa pagination réelle.

Le format, la pagination et le texte d’accompagnement

La version bibliophilique est décrite par Genesis au format 255 × 300 mm, avec des pages qui privilégient la photographie et une narration autobiographique. Le manuscrit de Ringo atteint environ treize mille mots : il ne s’agit donc pas d’une suite de légendes réduites à des dates et des lieux. Les commentaires développent des souvenirs, des impressions et des rapprochements entre images.

Le projet se distingue ainsi d’un simple portfolio vendu comme objet décoratif. Un livre d’images peut exposer une suite esthétique ; celui-ci cherche aussi à montrer comment un musicien organise la mémoire de sa propre existence. La sélection, l’ordre et les textes sont autant de décisions éditoriales. Pour en écrire l’histoire, il faudra à terme comparer les variantes de conception, les épreuves préparatoires éventuellement conservées et les témoignages de l’équipe de Genesis.

David Lynch et Henry Diltz : deux regards extérieurs

La fiche Genesis identifie David Lynch et Henry Diltz comme contributeurs aux textes introductifs. Le choix est intéressant, car leurs parcours offrent deux perspectives différentes sur l’image. Lynch, cinéaste et artiste visuel, est associé à des univers où les objets familiers et les détails étranges prennent une grande importance ; Diltz est un photographe profondément inscrit dans l’histoire du rock et de sa représentation visuelle.

Il serait tentant d’écrire que le livre est « réalisé par David Lynch ». Ce serait une erreur. Les sources les présentent comme auteurs de textes de présentation, non comme photographes de toutes les images ni comme directeurs artistiques du volume. Leur participation donne un contexte critique à l’œuvre de Ringo, mais ne doit pas conduire à surévaluer leur rôle effectif dans la production.

La présence de Henry Diltz relie également l’ouvrage à une tradition de photographie musicale où le photographe devient le compagnon des artistes, plutôt qu’un simple intervenant de studio. Ce rapprochement offre un point de comparaison historique fécond avec la position singulière de Ringo : il est à la fois musicien photographié, auteur de photographies et conservateur de souvenirs.

Photographie d’ambiance illustrant le dossier consacré aux collaborations musicales de Ringo Starr

Shepard Fairey et la conception graphique de la couverture

Genesis mentionne explicitement une couverture conçue par Shepard Fairey, artiste contemporain largement associé à l’affiche et au graphisme. Pour cette édition, la couverture joue sur une impression en bleu et rouge, associée à une reliure partiellement en cuir noir et des tranches dorées. Il s’agit d’un élément important de la notice bibliographique : la couverture ne doit pas être attribuée par automatisme à Ringo Starr.

La fabrication du livre rassemble donc plusieurs métiers : photographies sélectionnées avec Ringo, textes autobiographiques, préfaces de deux personnalités, illustration de couverture, reliure et travail éditorial de Genesis. Une fiche de Genesis publiée dans le cadre de ses Rare Editions permet désormais d’identifier la matrice iconographique de cette couverture : Shepard Fairey a adapté le célèbre Self Portrait photographié par Ringo au Japon en 1966. Le même cliché, présent dans le Photograph Portfolio 2013 et sur la couverture du livre de collection Photograph, réapparaît ainsi sous une forme graphique transformée. L’histoire d’une même photographie suit donc au moins trois états : prise de vue de 1966, tirage numéroté en 2013, puis réinterprétation pour un autre livre. Il serait incorrect de confondre le photographe à l’origine de l’image et le graphiste qui en produit cette variation. Une étude de l’objet doit préserver ces crédits, faute de quoi on risque de présenter comme un travail solitaire ce qui relève d’une entreprise collective de publication.

Los Angeles, Tokyo et les voyages : une géographie plus vaste que la Beatlemania

Les présentations officielles citent des images prises ou liées à Los Angeles, Tokyo et d’autres étapes de la vie contemporaine de Ringo. L’intérêt documentaire réside moins dans la longueur de la liste des villes que dans la continuité d’une pratique photographique. L’homme qui photographiait l’arrière d’un train en 1964 garde, plusieurs décennies plus tard, l’habitude de saisir des scènes que d’autres voyageurs pourraient ne pas remarquer.

Un événement est spécifiquement mentionné par Genesis : le retour de Ringo au Plaza Hotel de New York, cinquante ans après le premier voyage américain des Beatles. Les images récentes dialoguent avec la mémoire de février 1964. Une photographie contemporaine du même hôtel ne constitue évidemment pas une photographie d’archive de la première visite. La juxtaposition des deux périodes appartient au récit du photographe et à sa manière de construire une continuité autobiographique.

L’éditeur cite également la cérémonie au cours de laquelle Ringo reçoit un Grammy récompensant l’ensemble de sa carrière. L’épisode montre comment une image prise lors d’une cérémonie publique peut être incorporée à un ouvrage centré sur la subjectivité. Une scène officielle devient un souvenir personnel, non un document automatiquement privé.

La nature et les objets : le langage du détail

Ringo explique dans la présentation du livre qu’il aime photographier les choses ordinaires qui attirent son attention, à la maison comme en déplacement. Il n’est pas nécessaire qu’un cliché soit spectaculaire pour posséder une valeur créatrice. Une fleur, une texture, un jeu d’ombres ou un objet isolé peuvent servir de point de départ à une composition ; un ensemble peut ensuite rapprocher des images très éloignées par leur date ou leur sujet.

Cette pratique mérite une analyse formelle plus précise que les expressions vagues « artiste sensible » ou « regard unique ». L’étude d’une série de photographies devrait examiner le cadre, la lumière, le contraste, le placement du sujet, la profondeur, la répétition d’un motif, ainsi que l’ordre des images dans le livre. Sans autorisation de reproduire les œuvres en totalité, nous pouvons déjà documenter les descriptions éditoriales et les procédés attestés ; les analyses stylistiques définitives doivent attendre une consultation directe d’exemplaires ou de reproductions légalement accessibles.

Le goût pour les objets relie ce troisième ouvrage aux activités picturales de Ringo. Il ne s’agit pas de prétendre que chaque photographie contient les prémices d’un tableau, mais de constater que plusieurs images serviront ensuite de matières premières à des compositions graphiques en édition limitée. La photographie devient parfois l’un des éléments d’une œuvre en technique mixte, aux côtés de la peinture ou de l’impression sérigraphique.

Paul McCartney, Joe Walsh et les amis du All-Starr Band

La notice Genesis indique que Paul McCartney et Joe Walsh apparaissent dans ce volume, aux côtés d’autres musiciens liés au All-Starr Band. L’ouvrage ne doit cependant pas être confondu avec une encyclopédie des membres du groupe. Il s’agit d’un album personnel qui associe des scènes de musique et des impressions prises au fil du temps.

La présence de Paul rappelle la continuité de leur relation après la séparation des Beatles ; celle de Joe Walsh renvoie aussi à l’entourage musical et familial de Ringo. Les autres musiciens pourront faire l’objet de légendes identifiées lorsqu’une photographie permet d’établir précisément qui apparaît, où elle fut prise et pendant quelle tournée. Sans ces éléments, il serait dangereux de proposer des dates de concert à partir du seul visage d’un musicien.

Les deux grandes éditions signées : Collector et Deluxe

Caractéristique Collector Deluxe
Éditeur Genesis Publications Genesis Publications
ISBN 9781905662586 9781905662586
Année de référence 2019 2019
Pagination indiquée 184 pages 184 pages
Format 255 × 300 mm 255 × 300 mm
Texte Environ 13 000 mots Environ 13 000 mots
Iconographie Plus de 500 images annoncées Plus de 500 images annoncées
Tirage limité 1 650 exemplaires 350 exemplaires
Signature de Ringo Oui Oui
Reliure Quart de cuir, tranches dorées, étui Reliure pleine peau, tranches dorées, coffret Solander dépliant
Supplément exclusif Aucun tirage individuel indiqué sur la fiche de base Photographie de 10 × 8 pouces en édition limitée

Le tirage total numéroté de 2 000 exemplaires est confirmé par l’addition des catégories Collector et Deluxe, et par la présentation générale de Genesis. La présence d’une signature ne doit pas être confondue avec un tirage d’œuvre originale unique : elle certifie l’appartenance à cette édition du livre et donne une valeur de collection à chaque exemplaire.

Le coffret japonais de 2019 : bibliographie, diffusion et contradictions des notices

Genesis Publications présente une offre Japanese Tour Copies de Another Day in the Life, associée aux concerts japonais de Ringo Starr et de son All-Starr Band. Sa fiche porte l’identifiant 9781905662586-J, mentionne 1 600 exemplaires signés, 176 pages, un format de 255 × 300 mm, une publication en janvier 2019 et une disponibilité à partir de mars 2019. Ces chiffres caractérisent une notice commerciale spécifique : ils ne prouvent pas que 1 600 livres supplémentaires aient été imprimés en dehors du tirage mondial de 2 000 exemplaires (1 650 Collector et 350 Deluxe) annoncé par le même éditeur.

Le témoignage contemporain de la presse japonaise est précieux pour comprendre la commercialisation : le 26 mars 2019, Qetic annonce au Japon les deux éditions Collector et Deluxe en conservant précisément leurs plafonds mondiaux de 1 650 et 350 copies. L’offre locale, diffusée par Shinko Music Records Shop, ajoute au livre anglais un livret de traduction japonais, une affiche A2 pliée au format A4 pour le trentième anniversaire du All-Starr Band et un feuillet original de quatre pages signalé dans la presse nippone. Il serait donc prématuré de décrire cette offre comme une traduction intégrale ou d’ajouter mécaniquement 1 600 exemplaires au tirage mondial sans preuve d’une numérotation autonome.

Deux contradictions demeurent ouvertes. Le descriptif principal et le communiqué japonais de Genesis parlent d’un livret de 16 pages, tandis que le champ technique « Extras » de la même page affiche 8 pages : une erreur de fiche ou plusieurs états matériels sont possibles, mais seul l’examen d’un coffret peut trancher. Quant au livre lui-même, Genesis indique 176 pages dans la présentation générale et la notice japonaise, mais 184 pages dans les fiches détaillées Collector et Deluxe. La presse japonaise du 26 mars 2019 donne aussi 176 pages, tout en précisant que les deux versions commercialisées possèdent le même contenu. Ces divergences ne permettent pas d’attribuer les huit pages d’écart à une impression japonaise distincte : une collation et une vérification de la méthode de comptage restent nécessaires.

Les six estampes associées au livre : un ensemble entièrement distinct

Autour de ce troisième livre, Genesis propose une série de six images en technique mixte, éditées sur un papier d’art Hahnemühle Photo Rag de 308 g/m², au format 40 × 50 cm, avec des bords déchirés à la main. Les œuvres combinent l’impression giclée à des interventions sérigraphiques à l’encre dorée ou iridescente selon la composition. Chacune fut annoncée en 40 épreuves numérotées et signées. Une formule Deluxe regroupant les six tirages dans un portfolio assorti fut limitée à 15 ensembles.

Il faut faire la différence entre le nombre des œuvres, leurs tirages individuels et les ensembles de collection. Six images originales de catalogue peuvent exister chacune sous quarante numéros ; le portfolio réunissant six pièces ne crée pas une septième composition. Les quinze coffrets sont préparés à partir de certains numéros correspondants. L’éditeur indique une disponibilité des réservations dès novembre 2018 et des tirages publiés en janvier 2019 : leur chronologie éditoriale ne doit pas être confondue avec celle du livre relié.

N° Titre original Éléments mentionnés par Genesis Encre complémentaire
01 Moon & Stars Costume original de Sgt. Pepper, fleurs, lune et peintures de Ringo Iridescente
02 Beatle Boot Paris, vue du Plaza Hotel, chaussures dont une paire offerte par Keith Moon Dorée
03 Peace & Love Fleurs, statues de Mahavira, George Harrison et affiche de 2014 Dorée
04 Beneath the Waves Mer, ombres dans une piscine, animation et Yellow Submarine au Japon Iridescente
05 Peace Rocks Gravure sur bois, croix peintes, peinture numérique et pochette Ticket to Ride Dorée
06 Norwegian Wood Composition graphique de la série ; intérêt personnel de Ringo pour les pochoirs Dorée

De l’objet retrouvé au récit graphique : six études de cas

1. Moon & Stars : quand le costume de 1967 devient motif graphique

Dans la notice de cette œuvre, Ringo raconte avoir retrouvé son costume de Sgt. Pepper à l’occasion d’un déménagement et l’avoir essayé. Le témoignage prend naturellement le ton humoristique qui caractérise son rapport aux souvenirs matériels. L’estampe mêle ce costume à d’autres éléments, notamment fleurs et lune. On assiste à une transformation documentaire : un habit réel de 1967, photographié bien plus tard, intervient dans une composition artistique récente.

Pour dater l’œuvre, il serait erroné de lui attribuer 1967 au seul motif qu’elle comporte une pièce d’habillement de cette époque. La date de l’objet, celle de sa photographie et celle de la composition sont trois données à distinguer. Cette différenciation est aussi fondamentale pour comprendre l’art de Ringo que pour étudier un collage ou une œuvre d’assemblage.

2. Beatle Boot : Keith Moon, Paris et les traces du voyage

Genesis décrit une composition réunissant des photographies des Beatles à Paris, des vues depuis le Plaza Hotel et plusieurs chaussures, dont des bottes offertes à Ringo par Keith Moon. Les chaussures forment ici un objet de mémoire. L’intérêt ne réside pas uniquement dans la célébrité de celui qui les a données : un vêtement ou un accessoire peut traverser plusieurs périodes de vie et servir ensuite de point de départ à une image composite.

Une telle notice doit être consultée avec précision. Elle documente le récit de Ringo relatif au cadeau, mais ne fournit pas à elle seule une date exacte de remise des bottes. L’historien ne doit pas transformer un souvenir sympathique en événement daté sans pièce supplémentaire.

3. Peace & Love : spiritualité et images publiques

Cette estampe associe, selon Genesis, des fleurs, des statues de Mahavira, une image de George Harrison liée à Magical Mystery Tour et un document rappelant une distinction reçue par Ringo en 2014. La juxtaposition de ces sources traverse des décennies et des milieux différents. Elle fait écho à la devise publique « peace and love » qui accompagne ses interventions depuis de nombreuses années.

La référence spirituelle ne permet pas de définir toutes les convictions philosophiques de Ringo par l’image seule. Son commentaire évoque l’enseignement du Maharishi sur la pratique de la méditation ; c’est une source autobiographique, non une explication exhaustive de toutes les traditions religieuses auxquelles un motif plastique pourrait renvoyer.

4. Beneath the Waves : l’imaginaire de Yellow Submarine

La composition reprend des images de mer, des jeux d’ombres dans une piscine, des éléments d’animation et une performance de Ringo chantant Yellow Submarine au Japon. Elle relie l’univers iconographique des Beatles à une réception familiale contemporaine. Ringo raconte que ses petits-enfants ont connu une période où ils chantaient sa célèbre chanson comme un titre associé à leur grand-père.

Le récit ne doit pas être réduit à l’exploitation d’un personnage de dessin animé. Il montre comment une œuvre enregistrée en 1966 continue de circuler dans l’intimité d’une famille et dans l’imaginaire visuel de son interprète. Les générations, les supports et les lieux changent ; le répertoire continue de produire de nouvelles images.

5. Peace Rocks : la peinture numérique fait son entrée

La notice Genesis est particulièrement révélatrice : elle mentionne une sculpture en bois, des croix peintes par Ringo, une peinture numérique réalisée par ses soins et une pochette de Ticket to Ride. Cela fournit un exemple concret, et non seulement une affirmation biographique, de la coexistence de plusieurs techniques dans son activité visuelle. Le cliché photographique est une source parmi d’autres, non l’intégralité de l’œuvre.

Pour un catalogue raisonné, cette pièce devra décomposer les matériaux : l’objet photographié, la peinture ou infographie incorporée, puis la méthode d’impression finale. Cette analyse évite le classement sommaire de toute la série comme « photographies signées » alors que les documents officiels parlent explicitement de créations multimédias.

6. Norwegian Wood : l’expérimentation des pochoirs

La présentation de cette estampe met en avant l’intérêt de Ringo pour les pochoirs au moment de sa réalisation. La technique consiste à utiliser une forme préparée afin de répéter ou de transférer un motif. La sérigraphie du tirage appartient au travail éditorial de reproduction ; elle ne doit pas être confondue avec le pochoir évoqué dans la démarche créative de l’artiste. Un pochoir peut faire partie de la création d’un motif sans que chaque exemplaire final soit une œuvre manuelle exécutée intégralement au pochoir.

Ringo Starr : image d'ambiance pour les collaborations d'écriture avec Doris Troy

Un catalogue de pièces graphiques, et non de six toiles uniques

Les tirages de la série sont décrits comme des œuvres de technique mixte, tirées en éditions limitées et signées. Dans les notices des galeries, ce vocabulaire peut prêter à confusion : une impression de haute qualité signée par l’artiste possède bien un statut d’œuvre de collection, mais elle n’est pas pour autant une toile originale à l’acrylique ou à l’huile. Les six titres doivent donc être référencés comme des compositions graphiques distinctes, avec tirages numérotés, et non comme six originaux picturaux uniques.

Le portfolio Deluxe de quinze ensembles appelle la même précision. Il s’agit d’un regroupement de tirages issus des six éditions individuelles, assortis dans un emballage spécifique. La signature de Ringo et les certificats éditoriaux documentent l’authenticité commerciale des exemplaires ; leur numérotation ne renseigne pas directement la date de la photographie originale ou du motif iconographique utilisé dans l’assemblage.

Comment l’ouvrage relie les trois carrières de Ringo

Un premier niveau est bien sûr musical : les archives rappellent les Beatles, les rencontres et le All-Starr Band. Un deuxième niveau est autobiographique : les commentaires racontent la vie familiale, les voyages et le rapport au temps. Le troisième est plastique : la sélection, les prises de vue et les compositions graphiques témoignent d’une curiosité pour la forme et pour l’image.

Le mérite de Another Day in the Life est de faire apparaître ces niveaux simultanément. Ringo ne s’y présente pas comme un peintre détaché de la musique ; il photographie au cours d’une existence façonnée par ses engagements de musicien. Mais le lecteur qui ne chercherait que des souvenirs des Beatles manquerait une part essentielle de l’ouvrage : le monde contemporain et les objets ordinaires occupent une place qui ne se réduit pas à l’iconographie des années 1960.

Pour un inventaire complet de l’édition

Référence bibliographique
Ringo Starr, Another Day in the Life, Genesis Publications, édition limitée, ISBN 9781905662586, 2019.
État éditorial
Réservations dès 2018 ; calendrier d’expédition amendé fin 2018 ; année bibliographique 2019.
Pagination
184 pages dans les notices bibliographiques des deux versions ; 176 pages dans une présentation générale du même éditeur : contradiction signalée.
Textes
Ringo Starr, environ 13 000 mots ; contributions introductives de David Lynch et Henry Diltz.
Maquette
Couverture créée par Shepard Fairey ; reliure et étui variables selon la catégorie.
Photographies
Plus de 500 images décrites par l’éditeur, mêlant prises de vue de Ringo et documents d’archives.
Éditions artistiques dérivées
Six estampes de technique mixte, 40 exemplaires numérotés par image ; 15 portfolios réunissant les six pièces.
Documentation à compléter
Collation physique des états britannique et japonais, liste intégrale des images et de leurs auteurs, autres variantes régionales éventuelles et catalogues d’expositions liés au projet.

Sources et références

  1. Genesis Publications, Another Day in the Life, notice officielle du livre, ISBN 9781905662586 — https://genesis-publications.com/books/9781905662586/another_day_in_the_life
  2. Genesis Publications, Another Day in the Life — Japanese Tour Copies, fiche originale : ISBN 9781905662586-J, 1 600 exemplaires, livret japonais et affiche — https://www.genesis-publications.com/books/9781905662586-J/another_day_in_the_life
  3. Qetic, 26 mars 2019, annonce japonaise de Another Day in the Life, prix des éditions, traduction de 16 pages, affiche et feuillet de 4 pages — https://qetic.jp/art-culture/ringostarr-190326/312202/
  4. Genesis Publications, Rare Editions (2020), notice de Self Portrait, prise au Japon en 1966 : adaptation par Shepard Fairey pour la couverture d’Another Day in the Life — https://www.genesis-publications.com/book/rareevent2020/rare-editions
  5. Genesis Publications, Another Day in the Life, les six œuvres de technique mixte et le portfolio Deluxe — https://www.genesis-publications.com/prints/ringoartprint/another_day_in_the_life
  6. Genesis Publications, « Update on Ringo’s New Book », 15 novembre 2018, calendrier de fabrication et de livraison — https://www.genesis-publications.com/news/update-on-ringos-new-book-1539
  7. Genesis Publications, « Introducing Ringo’s Another Day In The Life Prints », présentation des estampes — https://genesis-publications.com/news/introducing-ringos-another-day-in-the-life-prints-1545
  8. WorldCat, notice bibliographique de Another Day in the Life, édition anglaise 2019 — https://search.worldcat.org/title/1097309388
  9. Google Books, Another Day in the Life, ISBN et description éditoriale — https://books.google.com/books/about/Another_Day_in_the_Life.html?id=VqfrwwEACAAJ

Yellow-Sub · Encyclopédie Ringo Starr

L’artiste au-delà des Beatles

← Présentation du dossier

  1. 01Présentation du dossier
  2. 02Photographe des Beatles
  3. 03Archives photographiques
  4. 04Postcards from the Boys
  5. 05Photograph (2013–2015)
  6. 06Another Day in the Life
  7. 07Peintre et artiste numérique
  8. 08Art numérique et NFT
  9. 09Starr Art : expositions
  10. 10Tirages et collection
  11. 11Lotus Foundation
  12. 12Catalogue des œuvres
  13. 13Pochettes (1970–1981)
  14. 14Pochettes (1983–2026)
  15. 15My Faces : les œuvres de 2005
  16. 16Les douze peintures originales de 2025
  17. 17Sculptures : Drums for Peace et Peace and Love
  18. 18Estampes et œuvres graphiques (2007–2024)
  19. 19Peaux de batterie, guitares et objets signés
  20. 20Painting Is My Madness : les livres d’art
  21. 21Photographie : expositions et réception critique
  22. 22Catalogue des 32 tirages photographiques
  23. 23Photograph Portfolio 2018
  24. 24Photograph Portfolio 2017 : les douze clichés
  25. 25Tobago 1966 : photographies et archives
  26. 26Lifted (2022) : photographies retrouvées
  27. 27Beats & Threads (2023) : instruments et costumes
  28. 28Catalogue raisonné : 52 références (2013–2024)
  29. 29Ringo cinéaste : Born to Boogie (1972)
  30. 30Ringo et Barbara Bach : vente Julien’s Auctions (2015)
  31. 31Octopus’s Garden : livre illustré (2013–2014)
  32. 32Clips et films promotionnels (1970–2026)
  33. 33Ringo: Peace & Love, GRAMMY Museum (2013–2014)
  34. 34Ringo en ukiyo-e au Japon (2026)
  35. 35Ringo photographié : les grands portraitistes
  36. 36Cinq NFT et vingt lots : 2022
  37. 37Ringo animé : de 1965 à Rock Band (2009)
  38. 38Thomas : pilote de 1983 retrouvé en 2025