Ringo Starr au-delà des Beatles : cinéma promotionnel, 1970

YELLOW-SUB.NET / RINGO ARTISTE / SÉRIE GRAPHIQUE 2008 · NOTICE 251

Big H, Two Small Heads (2008) : Ringo Starr et le problème des figures multiples

Étude du motif, de sa place dans la série et de son édition matérielle.

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Big H, Two Small Heads est répertoriée parmi les créations visuelles de 2008 de Ringo Starr. Pour établir la place réelle de cette œuvre, il faut confronter les catalogues de galeries, les techniques de reproduction et les données de tirage, en gardant à l’esprit que l’appartenance à une année de galerie ne suffit pas à dater toutes les étapes de la fabrication.

Big H, Two Small Heads : le nom ne suffit pas à identifier les figures

Inscrite dans les références graphiques de Ringo Starr en 2008, Big H, Two Small Heads appartient à un ensemble où les titres jouent sur les proportions et les répétitions. La désignation suggère un grand H et deux petites têtes, mais il serait hasardeux de donner à chaque forme une signification biographique sans commentaire de l’artiste ou document contemporain de sa création.

La question technique est tout aussi importante que l’interprétation : une image conçue sur ordinateur peut connaître plusieurs phases de mise au point avant d’être imprimée. La date de sa présence dans un catalogue n’est pas forcément celle du premier fichier, du premier essai ou de chaque tirage. La comparaison avec d’autres références de 2008, comme Big Close Up, permet de préciser les usages de l’estampe sans confondre les techniques d’édition.

Sommaire de l’étude (6 sections)
  1. Une création datée de 2008 : quel document la désigne ?
  2. Le titre, ses résonances et les limites de l’interprétation
  3. Le motif, sa place dans les œuvres de Ringo
  4. Du dessin informatique au tirage : quelle technique ?
  5. Formats, numérotations et transmission de l’exemplaire
  6. Un jalon pour le catalogue raisonné

Une création datée de 2008 : quel document la désigne ?

La galerie officielle distingue Big H, Two Small Heads d’une autre entrée plus sobrement intitulée Two Heads. Cette proximité constitue un piège dans les catalogues numériques : si l’on supprime les premiers mots, on crée une homonymie apparente et l’on risque de fusionner deux compositions distinctes. La forme complète du titre doit donc être conservée, virgule comprise, et l’identification fondée sur les reproductions.

Le répertoire visuel de Ringo Starr est autonome par rapport à sa discographie. Après la première exposition My Faces en 2005, les galeries lui consacrent des rubriques annuelles ; ces classements témoignent d’une activité d’auteur, sans prouver à eux seuls la date d’enregistrement d’un fichier ou le jour exact de fabrication d’une estampe. La différence entre composition et édition reste la première règle de lecture.

Le titre, ses résonances et les limites de l’interprétation

Le tableau des sérigraphies publié par Animazing attribue à Big H, Two Small Heads l’année 2008, une feuille de 21 × 26 pouces et un tirage annoncé de cinquante. Cette référence est suffisamment précise pour établir une entrée de catalogue raisonné. En revanche, la portée iconographique du « Big H » n’est pas expliquée par les sources : initiale, enseigne ou simple forme graphique restent des hypothèses.

En 2007, Ringo expliquait à la Harvard Gazette que ses œuvres recevaient souvent leur nom parce qu’il fallait baptiser les fichiers pour les retrouver. Cette pratique justifie une attention aux mots et aux accidents de langage, mais elle interdit d’inventer systématiquement une signification cachée ou un modèle célèbre. Une lecture possible ne devient une intention attestée qu’avec une preuve.

Le motif, sa place dans les œuvres de Ringo

Le rapprochement des deux petites têtes avec les images de My Faces illustre l’une des caractéristiques constantes du travail de Ringo : multiplier et transformer des figures simples. Une composition à plusieurs têtes n’implique pas nécessairement un portrait collectif, encore moins une réunion miniature des Beatles. L’artiste a explicitement expliqué qu’il nommait souvent ses fichiers de manière descriptive, ce qui rend une lecture littérale du nombre possible mais non suffisante.

Les œuvres de Ringo reposent sur une simplification de figures et de contours que sa pratique informatique autorise. Un portrait stylisé n’est pas forcément une ressemblance, et une désignation descriptive ne fournit pas une identité civile. Les textes de galerie et les exemplaires imprimés doivent être consultés avant toute attribution de personne ou de source iconographique.

Du dessin informatique au tirage : quelle technique ?

Au moment où l’on prépare une reproduction dans un livre d’art, le titre long risque d’être abrégé par une légende de photographie. Pour éviter que « Big H », « Two Small Heads » et « Two Heads » deviennent trois œuvres fictives, la base doit conserver les titres complets et leurs images correspondantes. Une concordance des objets matériels est plus fiable qu’une recherche approximative de mots.

Sérigraphie et giclée ne sont pas équivalentes : la première utilise des écrans pour déposer l’encre, la seconde une impression numérique. Le catalogue de 2008 compte plusieurs sérigraphies, mais il serait fautif de reporter leur technique sur une œuvre dépourvue de fiche. Les données de support se rapportent aux éditions documentées, pas nécessairement au fichier préparatoire.

Formats, numérotations et transmission de l’exemplaire

Le format 21 × 26 pouces situe cette édition dans une famille de sérigraphies de 2008 comprenant également Good Guy One, Eye Lidded Man ou I Feel Blue. L’homogénéité des dimensions peut révéler une politique commune d’édition ; elle ne constitue pas une preuve d’un tirage simultané ni d’une identité des matrices.

Pour cette entrée, le registre provisoire donne : Sérigraphie sur papier ; format 21 × 26 pouces ; tirage 50 exemplaires annoncés. Il faut séparer les dimensions de l’image de celles de la feuille et distinguer une taille d’édition annoncée d’un recensement des exemplaires survivants. Les mentions manuscrites d’une feuille ne doivent pas être induites d’une autre.

Un jalon pour le catalogue raisonné

Pour un musée ou un collectionneur, la priorité serait de relever le numéro, la signature, la technique de l’encre et l’éventuelle marque de l’éditeur, puis de comparer l’œuvre entière avec la miniature officielle. C’est à cette condition que la distinction entre Big H, Two Small Heads et Two Heads pourra rester stable dans les catalogues.

Une feuille de Ringo Starr possède son histoire de production et de circulation. Un collectionneur vérifiera la signature, le numéro, l’état du support, les marques de l’éditeur et les documents de provenance. L’œuvre peut aussi être étudiée comme une pièce de culture populaire : sa valeur historique ne dépend ni d’un classement de ventes ni de la seule célébrité du musicien.

Documents et sources

Les catalogues commerciaux documentent les éditions indiquées, sans constituer des preuves suffisantes de la conception des fichiers ou de la provenance de chaque feuille.