YELLOW-SUB.NET / RINGO ARTISTE / ŒUVRE GRAPHIQUE 2008 · NOTICE 259
I Feel Blue (2008) : du papier sérigraphié à la peau de batterie de Ringo Starr
Étude de la création, de l’édition et des documents d’authenticité.
I Feel Blue figure dans le corpus graphique de 2008 de Ringo Starr. L’œuvre doit être étudiée au croisement de son langage de formes, de son support d’édition et des références disponibles dans les galeries et les archives de ventes. Les données documentées sont : sérigraphie sur papier dans l’édition principale, 21 × 26 pouces, 50 exemplaires annoncés. Toute interprétation iconographique est distinguée des informations d’édition.
Sommaire de l’étude (6 sections)
- La référence de galerie et les documents qui l’identifient
- Un personnage ou un signe : ce que le titre permet de dire
- La création numérique et le langage des formes
- Le passage à l’estampe : support et édition
- Collections, archives de ventes et variantes matérielles
- La place de l’œuvre dans le parcours visuel de Ringo
La référence de galerie et les documents qui l’identifient
I Feel Blue est documentée comme sérigraphie sur papier de 2008, au format 21 × 26 pouces, annoncée à cinquante exemplaires par les galeries spécialisées. Le titre possède une double lecture immédiate : une sensation de tristesse et l’idée de couleur bleue. Cette ambiguïté est un matériau intéressant pour une interprétation visuelle, mais une photographie de l’œuvre et un éventuel propos de Ringo seraient nécessaires pour préciser le traitement réel des deux sens.
Le classement par année des galeries aide à établir le contexte mais ne remplace pas une date de création attestée. Ringo a développé ses images informatiques dès la fin des années 1990 et les a rendues publiques à partir de l’exposition My Faces en 2005. Une entrée de 2008 peut donc recouvrir une composition initiale plus ancienne, un tirage ultérieur ou une mise en vente : chaque possibilité doit être documentée par son support propre.
Un personnage ou un signe : ce que le titre permet de dire
La singularité de ce motif est sa diffusion sur un support tout à fait différent. La boutique officielle de Ringo Starr conserve une entrée « I Feel Blue Drum Head », identifiée parmi les peaux de batterie signées ou transformées en objets graphiques. Il ne serait pas rigoureux de confondre cette peau et la sérigraphie sur papier : même titre ne signifie ni même format, ni même fabrication, ni même limite de tirage.
L’entretien réalisé par la Harvard Gazette en 2007 a une valeur capitale : Ringo y explique que les noms de ses œuvres lui servent souvent à retrouver des fichiers. Ce témoignage doit tempérer les interprétations surchargées de références aux Beatles. Un titre apparemment autobiographique ou humoristique n’autorise pas, à lui seul, l’identification d’un modèle ni l’affirmation d’une intention symbolique.
La création numérique et le langage des formes
Cette circulation du motif est particulièrement riche pour un batteur. La peau de batterie n’est pas seulement une surface disponible pour l’image ; elle renvoie à un instrument et à un geste musical. Lorsque Ringo utilise ce support pour ses œuvres, il produit un croisement matériel entre son identité de musicien et son activité visuelle. On ne peut toutefois pas affirmer que la peau ait servi lors d’un concert tant qu’une provenance ne le démontre pas.
Le vocabulaire de figures exagérées et de contours synthétiques s’inscrit dans la culture pop sans réduire l’œuvre à une illustration de la carrière musicale. Les images de Ringo sont créées avec des moyens numériques puis peuvent être éditées sous différentes formes. Pour établir ce qui est montré par une œuvre particulière, il faut une reproduction de qualité et une description du tirage, pas seulement une miniature commerciale.
Le passage à l’estampe : support et édition
Une édition sur papier de cinquante feuilles peut être authentifiée par signatures et numéros, tandis qu’un objet sur peau peut suivre un autre système de certification. Une description commerciale qui reporterait les dimensions de la sérigraphie à l’objet de batterie serait manifestement trompeuse. Les deux références exigent des fiches liées, pas fusionnées.
La sérigraphie et la giclée appartiennent à des procédés différents. L’une utilise des écrans pour déposer les encres ; l’autre l’impression numérique. L’étiquette « originale » d’une maison de ventes peut s’appliquer à une estampe signée sans signifier que chaque feuille est une peinture unique. Les chiffres d’édition doivent être lus comme des limites annoncées et non des recensements physiques.
Collections, archives de ventes et variantes matérielles
La palette évoquée par le mot « Blue » mérite une lecture prudente. En anglais populaire, « feeling blue » désigne aussi l’abattement ; on peut relever ce sens lexical sans attribuer à Ringo une confession émotionnelle. Ses titres servent souvent d’étiquettes souples aux images produites sur ordinateur.
Le numéro d’une feuille identifie un exemplaire, alors que la date de galerie désigne une entrée éditoriale. Une preuve solide réunirait photographie intégrale, verso, signature et certificat. Une estimation commerciale n’est pas un prix réalisé ; une mise en vente ne prouve pas non plus que l’objet ait changé de propriétaire. Le catalogue a vocation à conserver ces distinctions.
La place de l’œuvre dans le parcours visuel de Ringo
I Feel Blue fournit un cas d’étude essentiel pour l’encyclopédie : une composition de 2008 peut avoir une vie éditoriale sur papier et une autre sous forme d’objet musical. La continuité du motif n’abolit pas la différence des supports ; elle multiplie les pièces à documenter.
Le corpus d’art visuel permet de sortir d’une histoire où la créativité de Ringo après les Beatles ne serait mesurée qu’en albums et en concerts. Ses œuvres doivent être traitées avec les mêmes exigences d’authenticité, de description matérielle et de datation qu’un tirage d’un plasticien. La politique philanthropique liée à la Lotus Foundation éclaire leur première diffusion sans dispenser de documenter leurs circulations ultérieures.
Documents et références
- Ringo Starr Art, galerie 2008
- Animazing, catalogue des sérigraphies
- Harvard Gazette, entretien du 7 juin 2007
- Yellow-Sub, étude des éditions
- Notice complémentaire
Les références commerciales éclairent des éditions et des exemplaires ; elles ne constituent pas à elles seules des garanties d’authenticité ni la preuve de l’intention de l’artiste.












