Ringo Starr, artiste au-delà des Beatles : photographie, peinture, cinéma et design

YELLOW-SUB.NET / ENCYCLOPÉDIE RINGO STARR / CHAPITRE 17

Ringo Starr sculpteur : Drums for Peace et Peace and Love

De Londres à Beverly Hills : l’histoire des sculptures de Ringo, de leur fabrication aux monuments publics.

← Retour à l’encyclopédie artistique de Ringo Starr

Ringo Starr n’a pas seulement photographié, dessiné ou peint : il a également donné forme à des sculptures publiques et à des objets tridimensionnels dont le message de paix constitue le principe directeur. Deux projets doivent être étudiés séparément : Drums for Peace, sa variation sur l’œuvre Non-Violence de Carl Fredrik Reuterswärd, dévoilée à Londres en décembre 2011, et Peace and Love, la grande main d’acier qui représente son propre geste pacifiste, installée à Beverly Hills en novembre 2019. Leurs auteurs, leurs techniques, leurs circuits caritatifs et leurs histoires de réception ne sont pas identiques.

Avant Ringo : l’œuvre Non-Violence de Carl Fredrik Reuterswärd

Le point de départ historique de Drums for Peace n’est pas une création de Ringo. La sculpture représentant un revolver dont le canon est noué sur lui-même a été conçue par Carl Fredrik Reuterswärd, artiste suédois, comme un hommage à John Lennon après son assassinat du 8 décembre 1980 à New York. L’image du revolver rendu incapable de tirer oppose une représentation familière de la violence à un geste presque absurde, mais immédiatement intelligible, d’annulation de sa fonction.

Le site officiel de la Non-Violence Project Foundation situe la création de cette œuvre au début des années 1980, puis rappelle qu’un exemplaire de bronze a été installé près du siège des Nations unies à New York en 1988. Une autre version avait été exposée dans l’espace commémoratif de Strawberry Fields à Central Park. Cette histoire appartient à Reuterswärd et à l’organisation qui a diffusé son symbole ; elle ne doit pas être réécrite comme si le concept du revolver noué avait été inventé par les anciens Beatles.

Ce motif est devenu un emblème réutilisé par de nombreux artistes, personnalités et partenaires institutionnels. Sa grande force plastique réside dans sa simplicité : un objet dangereux demeure immédiatement identifiable, mais sa structure l’empêche désormais de fonctionner. La création d’une variante par Ringo s’inscrit donc dans un programme de réinterprétation d’une œuvre antérieure, et non dans la conception ex nihilo d’un nouveau type de monument.

8 décembre 2011 : dévoilement de Drums for Peace à Londres

Le quotidien britannique The Independent rend compte le 9 décembre 2011 de la présentation, intervenue la veille, de l’œuvre conçue par Ringo à partir du revolver noué. Le choix du 8 décembre est chargé de sens : la sculpture apparaît publiquement trente et un ans après la mort de John Lennon. La cérémonie se déroule au Gibson Guitar Studio de Londres, dans le cadre d’une campagne de la fondation contre les violences touchant les jeunes.

Ringo ne modifie pas la silhouette fondamentale du symbole de Reuterswärd. Il y ajoute une décoration multicolore et inscrit le mot « Imagine » près de la gâchette, transformant l’objet en hommage explicite à une chanson de Lennon. La présence de cette inscription est attestée par le reportage contemporain ; elle ne doit pas être confondue avec une gravure d’origine réalisée par Reuterswärd.

L’œuvre ne répond donc pas à une seule tradition artistique. Elle tient de la sculpture, de la peinture appliquée à un objet moulé et de l’affiche militante déployée dans l’espace. La forme tridimensionnelle appartient au système iconographique de Non-Violence ; les couleurs et l’inscription relèvent de l’interprétation proposée par Ringo. C’est précisément cette division des responsabilités qui rend possible une attribution historique juste.

Conception numérique, réalisation matérielle : le rôle de Charlie Anderson

Le témoignage publié par The Independent détaille la chaîne de fabrication. Ringo explique avoir élaboré sa composition sur un iPad, l’avoir transférée sur ordinateur, puis sur papier afin de préparer le décor de la sculpture. Il indique ensuite que le travail de peinture matérielle fut réalisé par Charlie Anderson, jeune artiste britannique auquel l’exécution avait été confiée.

Ces faits méritent d’être soulignés, car les notices commerciales se contentent parfois de la formule « sculpture peinte par Ringo ». Elle est trop imprécise pour décrire le processus. Ringo est à l’origine du dessin et de la conception de cette adaptation ; Charlie Anderson intervient dans son exécution peinte ; Reuterswärd demeure l’auteur de la forme initiale du revolver noué. Aucun de ces crédits n’efface les autres.

Une telle organisation du travail n’est pas une anomalie dans l’art contemporain. De nombreux artistes conçoivent leurs œuvres, puis confient certaines opérations matérielles à un assistant, à un atelier ou à un spécialiste de la fabrication. La question n’est pas de déterminer si Ringo aurait « vraiment » touché chaque centimètre de la pièce, mais d’identifier ce qu’il a conçu, ce qui a été réalisé par d’autres et comment ces opérations constituent l’objet présenté au public.

Le cas de Drums for Peace est particulièrement utile dans la biographie visuelle de Ringo : c’est l’un des rares projets pour lesquels une description contemporaine du passage du numérique à l’objet physique est accessible. Une tablette, un dessin transféré et un exécutant identifié constituent des informations bien plus solides que les descriptions générales de « l’artiste à l’ordinateur » souvent reprises dans les biographies de quelques lignes.

Une campagne contre la violence, et non une simple édition décorative

La fondation explique que Ringo s’est associé à son programme d’ambassadeurs pour encourager les musiciens à s’engager dans la prévention de la violence. La présentation de Londres était conçue pour faire circuler le symbole et son message dans les écoles, notamment dans la perspective des activités de 2012. Le projet dépasse donc la seule vente d’un objet aux collectionneurs de Beatles.

Il convient cependant de distinguer la finalité annoncée de la liste des interventions effectivement réalisées. Un reportage de 2011 indique qu’une tournée scolaire était envisagée ; sans programme complet ni bilan des établissements visités, il serait impropre d’affirmer qu’un nombre précis d’écoles a accueilli la sculpture. L’intention pédagogique est attestée, le détail de son exécution appelle d’autres archives.

Les déclarations de Ringo insistent sur une responsabilité collective : il souhaite voir d’autres artistes et musiciens créer leurs propres interprétations du symbole. Dans la présentation officielle de la fondation, le projet s’insère ainsi dans une galerie d’ambassadeurs plutôt que dans une exposition consacrée exclusivement à son œuvre personnelle.

2022 : Drums for Peace présenté à Art Genève

La circulation internationale de l’œuvre est documentée par une source primaire postérieure. Le 28 février 2022, la Non-Violence Project Foundation annonce sa participation à la foire artgenève, organisée du 3 au 6 mars 2022 à Genève. Elle précise que deux versions du revolver noué doivent être présentées : Drums for Peace de Ringo Starr et One World de l’explorateur Johan Ernst Nilson.

Une autre communication de la fondation, parue après l’événement, confirme que ces sculptures ont été exposées lors de la foire. Nous disposons donc, cette fois, d’un événement annoncé puis récapitulé par l’organisateur. Cela ne permet pas de connaître automatiquement le numéro d’exemplaire précis présenté, l’ensemble de la scénographie ou les conditions de transport ; mais cela établit la présence publique de la variation de Ringo hors du Royaume-Uni.

La foire joue ici un double rôle. Elle réunit des acteurs du marché de l’art et sert de plate-forme à un programme d’éducation contre la violence. Un objet initialement présenté dans une cérémonie militante en 2011 devient, plus de dix ans plus tard, une œuvre de référence pour une exposition internationale. Cette transformation de contexte fait partie de son histoire matérielle.

Les exemplaires de collection : technique, dimensions et éditions

La galerie Animazing a proposé une version de Drums for Peace sous la description sculpture en résine moulée peinte à la main (hand-painted cast resin sculpture). La fiche mentionne les dimensions de 15,75 × 10,25 × 5 pouces, un coffret de présentation et un certificat. L’exemplaire indiqué comme « 70/199 » doit être lu comme le numéro d’une édition limitée, non comme la preuve qu’il existerait cent quatre-vingt-dix-neuf sculptures originales uniques conçues séparément par Ringo.

Une notice diffusée par Saatchi Art signale par ailleurs une sculpture de la série datée 2012, approximativement 11,8 × 8,3 × 3,5 pouces, avec certificat. Ces mesures diffèrent de celles d’Animazing. Il est donc impossible de les fusionner en une « taille officielle » sans vérifier les variantes, les conventions de mesure et les éditions auxquelles les fiches renvoient.

Le site d’Animazing et la boutique du Non-Violence Art Project montrent que ces objets ont connu une diffusion commerciale. Mais le prix affiché au moment d’une consultation est une offre, pas la preuve d’une adjudication réalisée ni la valeur durable d’une sculpture. La date de conception du motif, celle de la fabrication de l’exemplaire et celle de la mise en vente doivent demeurer séparées.

Quatre formats documentés par la boutique officielle de Non-Violence

La boutique du Non-Violence Project apporte une clé de lecture plus précise que les annonces de galeries prises isolément : elle répertorie quatre tailles distinctes de Drums for Peace, chacune associée à un plafond de tirage. La matière indiquée est la résine peinte à la main, et les œuvres sont annoncées avec un coffret de présentation et un certificat d’authenticité. Ce tableau reproduit le programme commercial tel qu’il est décrit par l’organisme, et non un inventaire d’exemplaires effectivement fabriqués, vendus ou inspectés.

Hauteur annoncée Édition limitée annoncée Équivalent approximatif en pouces Lecture bibliographique
19 cm 499 exemplaires 7,5 pouces Petit format ; une numérotation de type n/499 doit être reliée à cette taille, sous réserve du certificat
30 cm 299 exemplaires 11,8 pouces Format correspondant approximativement à la hauteur mentionnée dans une fiche Saatchi Art
40 cm 199 exemplaires 15,75 pouces Format cohérent avec la sculpture de 15,75 pouces répertoriée par Animazing, exemplaire annoncé 70/199
100 cm 29 exemplaires 39,4 pouces Grande édition annoncée, distincte de la sculpture originelle présentée en 2011

Cette concordance des hauteurs éclaire les écarts qui semblaient auparavant contradictoires entre les notices Animazing et Saatchi : 30 et 40 centimètres correspondent vraisemblablement à deux formats éditoriaux différents, et non à une mesure nécessairement erronée d’un objet unique. Elle ne dispense cependant pas de vérifier les dimensions dans les trois axes et les pages de certificat pour identifier avec certitude un exemplaire précis. La boutique ne donne pas, dans cette fiche, les dates de première fabrication de chacun des quatre formats : l’inauguration de Drums for Peace en 2011 ne saurait dater mécaniquement tous leurs tirages.

Les plafonds commerciaux de 499, 299, 199 et 29 exemplaires définissent quatre éditions possibles ; leur somme ne doit pas être annoncée comme le nombre de sculptures effectivement produites. Une édition peut être souscrite partiellement, fabriquée à la demande ou commercialisée sur plusieurs années. De même, le prix actuel affiché sur une boutique est une offre, pas la preuve d’une adjudication ni une cote historique. Dans une fiche de provenance, il faudra enregistrer la hauteur, le matériau, le numéro de l’exemplaire, son certificat, la date éventuelle du tirage, son éditeur, et les informations de vente constatées. La mention d’un éventuel bénéfice pour le Non-Violence Project doit rester distincte des actions caritatives de la Lotus Foundation.

2025 : un coffret hommage à Lennon avec Yoko Ono et Paul McCartney

La Non-Violence Project Foundation annonce, le 9 octobre 2025, une exposition en ligne intitulée Living Life in Peace, programmée jusqu’au 9 décembre. Un objet de collection y tient une place singulière : le John Lennon Tribute Box, un ensemble limité à quarante coffrets réunissant trois sculptures du revolver noué peintes en éditions correspondantes.

Le coffret contient les interprétations Imagine de Yoko Ono, Music for Peace de Paul McCartney et Drums for Peace de Ringo Starr. Chacune est présentée au format d’environ 30 centimètres et accompagnée d’un certificat d’authenticité. Le principe est particulièrement fort : trois personnes dont l’histoire personnelle et musicale est liée à Lennon réinterprètent une sculpture qui lui était elle-même dédiée.

Il ne faut cependant pas parler d’une « réunion des Beatles » au sens musical, ni attribuer à Lennon la création des trois versions contemporaines. L’œuvre mère appartient à Reuterswärd ; chaque intervenant personnalise sa variante ; la fondation et les partenaires organisent la diffusion du coffret. Les crédits artistiques sont donc multiniveaux.

Une autre œuvre, un autre objet : Peace and Love

L’histoire de la sculpture publique de Ringo à Beverly Hills ne commence pas avec le revolver noué. Peace and Love représente sa propre main formant le V de la paix. Il s’agit cette fois d’un objet créé pour incarner un geste associé à la personnalité du musicien, et non d’une décoration appliquée à une forme sculpturale antérieure appartenant à Reuterswärd.

La version installée dans Beverly Gardens Park est décrite comme une sculpture en acier inoxydable poli d’environ 8 pieds de haut, pesant près de 800 livres. La ville et les sources touristiques locales situent l’œuvre sur Santa Monica Boulevard, près de Cañon Drive et en face des bâtiments municipaux. Le modèle provient du geste réel de la main de Ringo, dont une forme a été moulée puis agrandie.

La participation du sculpteur Jeremy Morrelli à la réalisation du projet est documentée par le Los Angeles Times. Là encore, une étude encyclopédique n’a aucun intérêt à faire disparaître le travail d’un collaborateur technique. Ringo porte le concept, fait don de l’œuvre et fournit son propre geste comme modèle ; la fabrication de l’objet monumental implique des spécialistes de la sculpture et de la métallurgie.

2017–2019 : quand Beverly Hills refuse une sculpture de Ringo Starr

Le parcours administratif de Peace and Love est remarquable. En septembre 2017, la commission des beaux-arts de Beverly Hills rejette à l’unanimité le don proposé par Ringo. Selon l’enquête publiée par le Los Angeles Times en juin 2019, la décision s’appuie sur les critères alors appliqués à l’acquisition d’œuvres d’art public, notamment le statut professionnel reconnu de l’artiste et son historique de présence dans les galeries ou les ventes.

Le conflit dépasse donc les goûts personnels des élus. Il pose une question ancienne : qu’est-ce qui fait la légitimité d’un artiste dans une collection publique ? La célébrité musicale d’un créateur suffit-elle à établir la valeur artistique de sa sculpture ? Les règlements municipaux exigeant l’identification d’artistes reconnus étaient conçus pour guider les dépenses et dons publics ; dans le cas de Ringo, ils ont produit une situation inattendue où un musicien mondialement célèbre était jugé insuffisamment qualifié au regard des critères locaux.

Le sculpteur Jeremy Morrelli a vivement contesté cette décision, selon les propos recueillis par le journal californien. L’œuvre avait déjà été montrée près du bâtiment de Capitol Records à Hollywood en 2017, et Ringo souhaitait la transmettre à la ville dans laquelle il résidait. Le refus ne signifiait donc ni destruction de la sculpture ni disparition de son projet : il ouvrait un différend sur son admissibilité à l’art public municipal.

En juin 2019, le conseil municipal décide finalement d’autoriser son installation. Le changement institutionnel intervenu dans l’intervalle et les discussions autour de son emplacement sont documentés par la presse. Le lieu de pose importait beaucoup à Ringo : il souhaitait un espace visible et accessible aux personnes désireuses de se photographier avec le symbole. Il fallait en même temps régler des questions pratiques d’implantation, de circulation et de présentation de l’œuvre.

2 novembre 2019 : inauguration de la grande main à Beverly Gardens Park

Le 2 novembre 2019, Ringo et Barbara Starkey inaugurent officiellement Peace and Love dans Beverly Gardens Park, à Beverly Hills. Genesis Publications relate l’événement dans une notice du 8 novembre et rappelle l’histoire mouvementée de son acceptation. La sculpture devient une œuvre d’art public permanente, accessible depuis la rue, plutôt qu’un objet réservé aux collectionneurs d’une galerie.

Les données publiées mentionnent un monument d’environ 2,44 mètres de haut et une masse proche de 363 kilogrammes. Certaines sources donnent des valeurs différentes pour les dimensions totales d’autres versions commerciales du même motif. Il faut donc préserver les mesures de chaque objet : le monument municipal ne doit pas être confondu avec les grandes sculptures autorisées proposées à d’autres collectivités ni avec les statuettes vendues en éditions limitées.

La Ville de Beverly Hills intègre aujourd’hui l’œuvre au parcours officiel de son ArtWalk. La description touristique municipale insiste sur la main réelle de Ringo comme point de départ du moulage et sur la signification du geste. Cette reconnaissance est un résultat historique distinct de la controverse administrative de 2017 : la sculpture a acquis une place précise dans l’espace public local.

De Beverly Hills à l’État de New York et à Liverpool : une œuvre qui se multiplie

L’histoire de Peace and Love ne se termine pas avec la cérémonie californienne du 2 novembre 2019. Le programme de diffusion autorisé par l’organisation de Ringo et mis en œuvre notamment par Gary Astridge permet à d’autres institutions d’accueillir une version monumentale dérivée du moulage de la main droite de l’artiste. Ces installations ne doivent pas être qualifiées de déplacements successifs de la sculpture originale de Beverly Hills : les documents parlent d’exemplaires autorisés destinés à différents lieux, avec une fabrication et un historique de présentation propres.

Octobre 2023 : une main de paix sur le campus de Daemen University

À Amherst, près de Buffalo, dans l’État de New York, l’université Daemen inaugure en octobre 2023 une sculpture Peace and Love au centre de son Honorary International Peace Garden, situé dans le nouvel espace paysager Saffrin Public Square. Une communication officielle de l’université publiée le 17 octobre 2023 rapporte la cérémonie, sans qu’il soit nécessaire de transformer la date de publication en jour exact de l’inauguration. La statue est décrite comme une main d’environ 8 pieds (2,44 mètres), issue du moulage de la main droite de Ringo. Le don provient de John Yurtchuk, président du conseil d’administration de l’université, et de son épouse Carolyn Yurtchuk. Gary Astridge évoque à cette occasion la réalisation d’un projet de longue date visant à amener ce symbole dans la région de Buffalo.

Ce monument est solidement rattaché au nouveau paysage du campus : une publication officielle de janvier 2024 situe la sculpture dans l’espace livré aux étudiants à l’automne 2023, et un reportage de juillet 2024 la décrit comme le point central du jardin de paix lors de la célébration de l’anniversaire de Ringo. L’œuvre possède ainsi une fonction de lieu de rassemblement universitaire, distincte d’une exposition-vente de galerie et du monument municipal de Beverly Hills. Les sources ne donnent pas ici le numéro individuel de la sculpture ni une fiche complète de son matériau et de son atelier de fabrication.

7 juillet 2025 : une autre sculpture dévoilée à The Beatles Story, Liverpool

Le 16 mai 2025, The Beatles Story annonce son intention de dévoiler une sculpture officielle Peace and Love au Royal Albert Dock de Liverpool, lors du quatre-vingt-cinquième anniversaire de Ringo. L’événement est programmé pour le 7 juillet 2025, avec une présentation à l’extérieur de l’entrée du musée et un rassemblement mondial symbolique autour de midi. La réalisation est décrite comme issue du moulage de la main droite de Ringo et autorisée au sein d’une série limitée d’œuvres proposées à des institutions culturelles. Un reportage de presse publié le 8 juillet confirme que la sculpture a effectivement été dévoilée la veille.

La distinction entre installation dans le musée et présentation devant son entrée à l’occasion d’une fête doit être conservée. Dans une communication du 16 juin 2026, The Beatles Story indique abriter la seule sculpture officielle de ce programme au Royaume-Uni, selon ses propres informations, et annonce qu’elle serait à nouveau présentée devant le bâtiment le 7 juillet 2026 pour le quatre-vingt-sixième anniversaire de l’artiste. Ce document atteste la continuité de la présence de l’objet dans l’institution entre 2025 et 2026 ; il ne signifie pas automatiquement que la statue est accessible à l’extérieur vingt-quatre heures sur vingt-quatre, toute l’année.

Trois monuments attestés, mais pas une liste exhaustive mondiale

Année Lieu Situation documentée Source de premier rang
2019 Beverly Gardens Park, Beverly Hills Don municipal ; inauguration du 2 novembre et installation publique pérenne documentée Genesis Publications ; presse de Los Angeles
2023 Daemen University, Amherst (New York) Installation dans le jardin de la paix du campus, confirmée par l’université en 2023 et 2024 Daemen Voice ; Daemen Today
2025–2026 The Beatles Story, Royal Albert Dock, Liverpool Dévoilement le 7 juillet 2025 ; présence institutionnelle et nouvelle présentation annoncée en juillet 2026 The Beatles Story, communiqués de 2025 et 2026 ; presse britannique

Le site du programme Ringo Peace and Love reproduit également des vues identifiées comme provenant du Rock & Roll Hall of Fame à Cleveland et du Ryman Auditorium à Nashville. De telles images montrent des lieux associés à la présentation ou à la promotion de la sculpture, mais ne constituent pas, sans programme local et date d’installation, la preuve que ces sites conservent chacun un monument permanent. Le catalogue de Yellow-Sub enregistre donc ici trois lieux appuyés sur des documents émanant directement des institutions, sans en déduire un nombre total d’œuvres monumentales réalisées.

La hauteur des monuments : 8 pieds en 2019, 8 pieds 5 pouces dans l’offre aux collectivités

Une discordance de dimensions apparaît lorsque l’on compare le monument de Beverly Hills, inauguré en 2019, et les modèles monumentaux proposés ultérieurement par le programme Ringo Peace and Love. Les reportages de 2019 décrivent la sculpture d’acier de Beverly Gardens Park comme mesurant environ 8 pieds, soit près de 244 cm, pour un poids de 800 livres (environ 363 kg). Le site de diffusion Ringo Peace and Love, exploité par Astridge International en lien avec l’organisation de Ringo, annonce quant à lui une sculpture monumentale autorisée d’une hauteur de 8 pieds 5 pouces (257 cm), d’une largeur de 3 pieds 7 pouces (109 cm) et d’une profondeur de 3 pieds 4 pouces (102 cm), sur une base indiquée à 104 × 89 cm.

Ces mesures ne doivent pas être amalgamées. Le programme destiné aux villes, établissements et autres lieux d’accueil précise qu’il n’offre pas de variation de taille pour ce modèle monumental ; il repose toujours sur le moulage de la main droite de Ringo. Mais cette fiche commerciale ne démontre pas à elle seule que le monument installé à Beverly Hills en 2019 possède exactement les cotes de l’offre plus récente. Une monographie fiable doit référencer séparément l’œuvre publique localisée et datée, le modèle proposé aux collectivités et les statuettes de collection de quelques dizaines de centimètres. Une variation de mesure peut traduire un modèle différent, une convention incluant le socle ou un arrondi de communication : la source consultée ne permet pas de conclure.

Un motif, plusieurs éditions : les sculptures de la main

Le monument de Beverly Hills n’est pas la seule incarnation matérielle du symbole. Un site spécialisé dans la diffusion de sculptures autorisées par l’organisation de Ringo décrit des agrandissements fondés sur un moulage de sa main droite, proposés à des villes, des institutions ou des collectionneurs. Il existe aussi des statuettes et des sculptures à l’échelle de la main, produites par des partenaires autorisés dans des éditions limitées.

Le catalogue de Julien’s Auctions a notamment proposé cinq cents exemplaires numérotés de l’œuvre Peace and Love à taille humaine, répartis en 250 exemplaires en acier inoxydable et 250 en bronze. Chaque pièce était accompagnée d’un certificat signé par Ringo ; la fiche du bronze décrit un format d’environ 250 × 120 × 120 millimètres, un poids de 1,6 kilogramme et un socle portant l’inscription « Peace & Love ».

Il faut faire la différence entre une signature apposée physiquement sur une sculpture, un certificat signé à la main par Ringo et un certificat qui n’en comporte qu’une reproduction imprimée. Le site commercial d’un autre programme de statuettes décrit cent exemplaires en étain moulé à froid, avec baguettes de collection et certificat portant une signature imprimée de Ringo ainsi qu’une signature de Gary Astridge. Ces objets relèvent de programmes d’édition distincts : ils ne doivent pas être additionnés comme les exemplaires d’une seule et même série.

Catalogue technique de la statuette de la main : cent exemplaires en « cold cast pewter »

L’étude des sculptures Peace and Love peut désormais distinguer un programme supplémentaire, réservé à une petite statuette issue du moulage de la main droite de Ringo Starr. Les deux plateformes spécialisées associées à Gary Astridge, Ringo Peace and Love et Ringo’s Beatle Kits, décrivent une série de cent exemplaires réalisés en cold cast pewter. Le terme ne doit pas être traduit sans précaution par « étain massif fondu » : la fonte à froid désigne couramment l’incorporation de poudre métallique dans une résine coulée à température ambiante, donnant l’apparence d’une surface métallisée. Sans fiche de fabrication, il serait toutefois imprudent de préciser la proportion de métal, la nature des liants ou la méthode exacte de finition de cette édition. Le catalogue retient la terminologie du fournisseur et l’identification matérielle demeure à contrôler.

La différence entre le moulage de la main et les dimensions de l’objet fini

La fiche de Ringo’s Beatle Kits décrit un moulage à l’échelle de la main droite de Ringo dressé sur un socle en noyer teinté ébène. Elle donne des dimensions d’ensemble, en tenant compte de la paire de baguettes de collection intégrée à la présentation : 14 pouces de hauteur, 11 pouces de largeur et 4,5 pouces de profondeur, soit environ 36 × 28 × 11 cm. Cette information ne mesure donc pas nécessairement la seule main moulée, ni la hauteur d’un monument installé dans l’espace public. Les monuments proposés aux institutions par le même programme relèvent d’une toute autre échelle, autour de 8 pieds 5 pouces, ou 2,57 m de hauteur. L’édition en statuette ne doit pas non plus être confondue avec les séries de 250 petites sculptures en bronze et 250 en acier annoncées par Julien’s Auctions dans un programme commercial distinct.

Le coffret complet : sculpture, baguettes et certificat

Chaque statuette est proposée avec une paire de baguettes « Ringo Signature Peace & Love », son fourreau et un certificat d’authenticité numéroté. Le site du projet précise que le certificat porte une reproduction imprimée de la signature de Ringo ainsi qu’une signature manuscrite de Gary Astridge. La description du marchand évoque en outre un numéro de certificat propre à l’exemplaire. Les différences d’authentification ont une portée très concrète : l’acheteur ne doit pas assimiler les baguettes produites sous une marque « Signature » à une paire individuellement autographiée, ni la signature imprimée du certificat à un paraphe exécuté par Ringo devant lui. Une description exacte du lot devrait relever séparément la numérotation de l’objet, celle du certificat, les mentions du socle, les inscriptions des baguettes et le numéro commercial de la commande.

Deux vitrines commerciales, des prix qui ne coïncident pas

Le site Ringo Peace and Love présente ce coffret à 850 dollars, tandis que la page de Ringo’s Beatle Kits affiche un prix habituel de 950 dollars et un prix promotionnel de 725 dollars au moment de la consultation. Les deux pages associent leur offre à une édition de cent statuettes issue du moulage de la main droite, au partenaire Gary Astridge et à la Lotus Foundation. Rien ne permet néanmoins de traiter ces montants comme trois adjudications : ils sont des prix demandés, sur des vitrines et des états commerciaux potentiellement différents. Le prix d’un objet ne démontre pas la vente de cent unités ; le plafond annoncé de l’édition n’est pas non plus une donnée sur le nombre d’exemplaires effectivement fabriqués ou livrés.

Statuette de cent, éditions de cinq cents et monument institutionnel : une classification à préserver

Famille Tirage annoncé Matériau et indice d’identification
Statuette Gary Astridge / Beatle Kits 100 « Cold cast pewter », noyer teinté ébène, baguettes de collection, certificat à signature imprimée de Ringo et manuscrite de Gary Astridge
Petites sculptures Julien’s, acier 250 Acier inoxydable, programme de vente distinct ; attestation de Ringo selon les conditions du catalogue Julien’s
Petites sculptures Julien’s, bronze 250 Bronze, programme de vente distinct ; dimensions et signature à contrôler sur l’exemplaire et le certificat
Monuments institutionnels Peace and Love Édition autorisée limitée, total non publié dans les sources utilisées Moulage de main agrandi à environ 2,57 m, options métalliques ou composites, installation destinée aux espaces publics ou établissements

Le tableau reprend les plafonds propres à chaque projet et n’autorise pas à annoncer « six cents statues existantes » sans vérifier les exemplaires effectivement produits et les rapports entre les séries. L’objet en étain moulé à froid, le bronze vendu par Julien’s et une sculpture institutionnelle ne possèdent pas les mêmes dimensions, les mêmes caractéristiques d’emballage, les mêmes signatures ni les mêmes exigences de conservation. Le musée de Liverpool qui présente une version autorisée de la main n’expose pas automatiquement la statuette de 36 cm proposée à des collectionneurs privés.

Ce que l’autorisation de la famille Starr signifie — et ne signifie pas

Les vendeurs déclarent que l’édition de cent pièces a été autorisée par l’organisation de Ringo Starr et présentée en lien avec les activités philanthropiques de la Lotus Foundation. Cette mention constitue un document utile sur la provenance commerciale du programme, mais elle ne dispense pas de contrôler l’authenticité d’un exemplaire particulier. Un moulage autorisé ne garantit pas que chaque copie commercialisée à l’avenir porte les accessoires originaux ; une page marchande retrouvée dans dix ans ne démontrera pas non plus qu’une statuette isolée appartenait à ce tirage. L’objet complet doit donc être décrit avec son socle, ses baguettes, son certificat original et son historique de détention, en conservant explicitement l’absence de signature autographe de Ringo sur le certificat tel que les deux fiches le présentent.

Deux fondations différentes : Non-Violence Project et Lotus Foundation

L’histoire de ces sculptures croise deux organismes caritatifs qu’il serait erroné de traiter comme une structure unique. La Non-Violence Project Foundation est associée à la diffusion du revolver noué et à des programmes éducatifs destinés à prévenir la violence. La Lotus Foundation, liée à Ringo et Barbara Starkey, soutient un ensemble plus large de causes sociales et humanitaires.

Les éditions de Drums for Peace annoncées par le projet Non-Violence indiquent qu’une partie des recettes contribue à ses activités. Les objets Peace and Love commercialisés par Julien’s précisent des reversements à la Lotus Foundation, selon les conditions de cette opération. On ne peut pas transférer automatiquement le bénéficiaire ou le pourcentage d’un projet à l’autre. Chaque déclaration doit être attachée à sa vente, à son éditeur et à sa date.

Comparer les deux sculptures sans effacer leur histoire

Élément Drums for Peace Peace and Love
Concept source Revolver noué de Carl Fredrik Reuterswärd Main de Ringo formant le signe de paix
Apport de Ringo Conception des couleurs et des motifs, mot « Imagine » Concept du geste, moulage de sa main, don municipal
Collaborateurs documentés Charlie Anderson, exécution peinte de la version de 2011 Jeremy Morrelli, collaboration à la sculpture monumentale
Jalon public 8 décembre 2011, Gibson Guitar Studio, Londres 2 novembre 2019, Beverly Gardens Park
Matériaux répertoriés Décoration appliquée à la forme du revolver ; éditions commerciales en résine peinte Acier inoxydable poli pour le monument ; autres séries en acier, bronze et étain moulé
Programme associé Non-Violence Project Foundation, éducation à la non-violence Don à la Ville de Beverly Hills ; éditions commerciales liées à la Lotus Foundation
Provenance / conservation Exemplaires et expositions de circulation internationale Monument public conservé en Californie ; objets de collection produits séparément

Une sculpture de célébrité peut-elle devenir de l’art public ?

La controverse de 2017 invite à une lecture qui dépasse la biographie de Ringo. Les commissions municipales chargées de sélectionner l’art public répondent à plusieurs impératifs : qualité de la réalisation, sécurité de l’espace, pérennité des matériaux, valeur patrimoniale, cohérence d’un parcours culturel et utilisation des moyens publics. La reconnaissance commerciale d’un créateur dans un autre domaine — ici la musique — ne règle pas automatiquement tous ces critères.

Dans le même temps, une œuvre destinée à être vue par tous ne se limite pas à un examen de CV. Le symbole proposé par Ringo était déjà extrêmement connu et compréhensible. Sa présence dans une ville peut créer un lieu de rassemblement, une occasion de photographie et un signe partagé par les habitants. L’issue de 2019 traduit en partie la capacité d’une institution à reconsidérer ses propres règles.

Il serait excessif d’en tirer la conclusion que la ville a officiellement « reconnu Ringo comme grand sculpteur » dans un jugement esthétique définitif. La décision documentée est l’acceptation d’un don et l’installation d’une œuvre. Cela représente déjà un fait important de politique culturelle locale, qu’il est inutile de transformer en proclamation artistique plus large que les sources.

Les questions de conservation du monument de Beverly Hills

Une grande main en acier poli est exposée aux contraintes de l’environnement urbain : poussière, intempéries, traces de contact, possibles rayures et entretien de la surface. Sa présentation en espace public suppose aussi un socle, des dispositifs de fixation et des conditions de circulation piétonne. Le poids du monument et sa hauteur rendent ces questions importantes pour les services municipaux.

Aucun rapport technique complet de conservation n’a été utilisé dans cette étude. Il serait donc inexact de prétendre qu’une corrosion ou une dégradation particulière a affecté l’œuvre. La fiche patrimoniale devra, à terme, compléter les données de matériaux avec le nom du fabricant, la date de traitement de surface, les opérations d’installation, les éventuelles interventions de restauration et les modalités d’entretien décidées par la ville.

Comment cataloguer les éditions sans mélanger les objets

Une notice raisonnée de Drums for Peace doit distinguer le dessin de Ringo sur tablette, la sculpture peinte présentée en 2011, les éditions de résine commercialisées et les versions reprises dans des coffrets de 2025. Pour Peace and Love, il faut séparer le moulage source, la sculpture monumentale destinée à la ville, les œuvres à l’échelle du geste et les objets de collection fabriqués à plus petite taille.

Cette méthode évite des erreurs courantes : attribuer la création du revolver noué à Ringo, dater en 2019 toutes les miniatures de sa main ou annoncer qu’une édition limitée en bronze est le même objet que le monument en acier de Beverly Hills. Chaque état possède son propre matériau, sa taille, sa date et sa condition de diffusion.

L’héritage de John Lennon et l’art visuel de Ringo

La place de Lennon dans ce dossier est particulièrement nette. Le revolver noué naît d’un deuil et d’une volonté de représenter la non-violence ; Ringo choisit ce symbole pour sa sculpture de 2011, avec une allusion explicite à Imagine. Sa grande main de paix, quant à elle, transforme un geste devenu public au fil de sa carrière en un monument qui ne représente ni instrument de musique ni visage de star.

Le lien entre ces deux créations n’est donc ni purement formel ni purement biographique. Il repose sur une communication symbolique constante autour de la paix, devenue chez Ringo un langage à la fois personnel, politique au sens humanitaire et artistique. Mais les œuvres ne sont pas substituables : l’une est une variation d’un monument conçu par autrui ; l’autre est un objet public fondé sur le propre corps et le propre geste du musicien.

Pour Yellow-Sub, ces sculptures ouvrent une catégorie essentielle de l’œuvre de Ringo, jusqu’ici trop souvent absorbée dans les rubriques « peinture » ou « projets caritatifs ». Elles méritent d’être documentées par leurs auteurs, leurs matériaux, leurs dates, leurs lieux et leurs éditions, exactement comme on le fait pour les livres et les enregistrements.

13 mars 2026 : une sculpture Peace and Love Hand de Ringo Starr atteint 260 350 dollars chez Christie’s

La vente de la collection de Jim Irsay, organisée à New York au printemps 2026, apporte au catalogue sculptural de Ringo Starr une référence matérielle et financière particulièrement précise. Le lot 202 de la vacation The Jim Irsay Collection: Icons of Pop Culture, clôturée le 13 mars 2026 chez Christie’s, est une sculpture monumentale intitulée Peace and Love Hand. Son résultat affiché par la maison de ventes atteint 260 350 dollars, alors que l’estimation préalable était comprise entre 40 000 et 60 000 dollars. Ce résultat constitue une adjudication documentée avec les frais acheteur inclus dans le prix réalisé publié par Christie’s ; il ne signifie ni que toutes les sculptures de la série auraient cette valeur, ni qu’il s’agisse de la plus grande transaction de toute la carrière artistique du musicien.

Une identification exceptionnellement précise : « Ringo 2/12 »

La fiche primaire de Christie’s indique que la sculpture porte sur le revers de son socle une signature incisée et la numérotation « Ringo 2/12 ». L’éditeur de la vente la situe en 2023 et la qualifie de deuxième exemplaire d’une édition de douze. Ces trois informations — inscription, date d’exécution et taille du tirage — ont une portée qui dépasse la simple description d’un monument au signe de paix. Elles permettent de cataloguer un objet identifiable, avec sa place déclarée dans une série limitée, alors que les photos de presse montrent surtout l’iconographie de la main aux doigts levés.

La signature incisée sur le socle est une information propre à cette édition monumentale. Elle ne doit pas être transposée aux statuettes de collection plus petites ni aux autres reproductions autorisées du signe de la paix. L’indication 2/12 identifie un exemplaire : elle n’établit pas le calendrier de fabrication de chacun des douze objets, leur localisation actuelle ou une vente effective des onze autres. Il reste nécessaire de distinguer un nombre d’édition annoncé et le nombre d’exemplaires localisés avec leur propre photographie de signature.

Dimensions, support et propriétés matérielles

Christie’s décrit une œuvre réalisée en acier inoxydable et donne les dimensions du volume : hauteur de 257 cm, largeur de 109 cm et profondeur de 102 cm. La base est annoncée au format de 104 × 89 cm. Le fait que la profondeur de l’œuvre et celle du socle soient différentes doit être conservé dans la notice. Il permet notamment d’éviter l’erreur fréquente consistant à n’indiquer que la hauteur de la main, comme si cette mesure décrivait toutes les contraintes de transport, d’entreposage et d’installation.

Le choix de l’acier inoxydable établit le matériau général, mais la fiche commerciale ne donne pas la nuance métallurgique, l’état de polissage initial, les méthodes de soudure, la masse exacte ou le nom des éventuels ateliers de fabrication. Le catalogue critique doit donc conserver « acier inoxydable » sans inventer une méthode de fonte ni assimiler cette pièce aux statuettes en étain moulé à froid. Il s’agit d’une sculpture à taille monumentale, pas d’un petit objet d’étagère agrandi dans un logiciel.

Une provenance directe : de l’artiste à Jim Irsay

La rubrique « Provenance » de Christie’s précise que l’exemplaire fut acquis directement auprès de l’artiste par le propriétaire alors vendeur, dans le cadre de la collection de Jim Irsay. Cette mention donne une chaîne de possession courte et significative : elle ne fait intervenir aucun marchand intermédiaire déclaré entre Ringo et le collectionneur. Néanmoins, la maison ne publie pas dans cette rubrique la facture initiale, une date exacte d’achat, un bon de livraison ou l’adresse où la sculpture avait été installée. L’historien peut qualifier la provenance de directe selon le catalogue, sans prétendre avoir inspecté lui-même les pièces justificatives.

Après la vente du 13 mars 2026, le détenteur ultérieur n’est pas établi par la notice publique du lot. Le prix réalisé permet de dater le transfert commercial, mais ne révèle pas l’identité de l’acquéreur. Une base encyclopédique respectueuse de la traçabilité doit indiquer « vendue chez Christie’s en 2026 ; acquéreur non divulgué publiquement dans la fiche consultée », plutôt que compléter le registre avec des spéculations sur des collectionneurs privés.

Un même symbole ne fait pas une seule série

Cette pièce de 2023 ne peut être confondue avec le monument public dévoilé à Beverly Hills en novembre 2019, même si les deux adoptent le même geste de paix de Ringo. L’une est un objet de collection numéroté, passé par la collection Irsay ; l’autre a été présenté dans l’espace public avec un contexte institutionnel et un régime d’accès différents. Les documents sur les autres formats de Peace & Love évoquent aussi de petites mains éditées en nombre, en divers matériaux et avec divers certificats. Une photographie de sculpture de grande hauteur ne suffit donc pas à identifier le numéro d’édition d’un exemplaire particulier.

Il faut séparer quatre attributs : le motif (la main en V), le modèle sculptural dont il dérive, l’édition physique exécutée en 2023 et l’exemplaire 2/12 vendu à New York. Une base d’images sans ces niveaux risque de compter plusieurs fois la même conception artistique ou de fusionner abusivement des objets très différents. Le prix de Christie’s ne saurait, par exemple, servir à évaluer la petite statuette en « cold cast pewter » diffusée dans une série annoncée de cent.

Ce que révèle le résultat de 2026 sur la réception de Ringo sculpteur

Le prix de 260 350 dollars est supérieur à l’estimation haute de 60 000 dollars annoncée pour le lot. Cette comparaison illustre un intérêt soutenu pour un objet associant une sculpture monumentale, le signe pacifiste devenu emblématique de Ringo et une provenance personnelle liée à un collectionneur célèbre. L’écart ne démontre pourtant pas la valeur intrinsèque de l’ensemble de sa production artistique. Les prix de collection sont influencés par la provenance, le contexte médiatique d’une dispersion, le nombre d’enchérisseurs et les modalités de vente ; un objet d’une même série proposé isolément à une autre date pourrait connaître un résultat différent.

L’enquête ouvre une question d’histoire de l’art appliqué : qui a assuré les opérations d’atelier, le traitement de surface, la fabrication du socle et l’installation de ces mains monumentales ? Le catalogue Christie’s crédite Ringo comme artiste, mais n’identifie pas dans le passage consulté le fabricant technique. Il faudra rechercher les documents liés aux éditions de 2023, aux éventuels ateliers et aux villes où les autres exemplaires sont apparus pour transformer cette fiche de vente en étude complète de production.

Notice normalisée pour le catalogue raisonné

RS-SCUL-PLH-2023-02. Ringo Starr, Peace and Love Hand, exécutée en 2023 ; sculpture en acier inoxydable ; 257 × 109 × 102 cm ; socle de 104 × 89 cm ; signée et numérotée « Ringo 2/12 » au revers de la base ; deuxième exemplaire sur douze d’après Christie’s ; provenance déclarée : acquisition directe auprès de l’artiste par Jim Irsay ; vente : Christie’s, New York, The Jim Irsay Collection: Icons of Pop Culture, 13 mars 2026, lot 202 ; estimation : 40 000–60 000 dollars ; prix réalisé publié : 260 350 dollars. Auteur de fabrication, transport, lieu d’installation initial et acquéreur de 2026 : non établis dans la documentation publique consultée.

Cette notice est l’une des plus complètes du dossier pour un objet de Ringo : sa signature, son rang dans l’édition, ses dimensions, sa provenance et son résultat de vente proviennent d’une même source primaire. Elle ne doit pas être transformée en « record absolu de l’artiste » sans une étude exhaustive de toutes ses transactions, mais elle constitue un jalon certain pour l’histoire commerciale de ses sculptures.

La main monumentale et les petits multiples : l’échelle ne suffit pas à établir une parenté d’édition

Le motif du geste de paix est devenu un signe reconnaissable dans le travail visuel de Ringo. Cependant, les catalogues documentent des formes très différentes qu’il faut décrire comme objets autonomes ou éditions distinctes. La sculpture Peace and Love Hand exécutée en 2023 et vendue chez Christie’s le 13 mars 2026 est un exemplaire numéroté 2/12 en acier inoxydable, haut de 257 cm. Cette pièce monumentale n’est pas un tirage giclée ni une petite statuette sur tablette.

Le catalogue de vente lui associe une provenance directe depuis l’artiste vers le collectionneur Jim Irsay, selon la description de Christie’s. Cette chaîne courte constitue une information utile, mais la fiche publique ne révèle pas le nom du nouveau propriétaire ni toutes les modalités de fabrication et de transport. Le prix réalisé de 260 350 dollars est celui de cet exemplaire précis et non la valeur abstraite du symbole ou de l’ensemble de la série.

Le catalogue Animazing propose parallèlement plusieurs estampes graphiques exploitant le même vocabulaire pacifiste. Peace Flag (2015) est décrite comme giclée sur toile de 22 × 27 pouces, limitée à dix ; Pink Peace (2013) comme giclée sur papier de 14 × 16 pouces, édition de soixante ; Peace Tower (2023) comme giclée sur toile de 18 × 8,75 pouces, édition de vingt. Les supports et les quantités ne permettent pas de fusionner ces estampes avec les sculptures en acier.

Support, auteur et chaîne documentaire

Une autre création intitulée Peace and Love (2014) apparaît en giclée sur toile au format 26 × 21 pouces, avec une édition annoncée de quarante. L’identité de titre avec les manifestations publiques du slogan n’est pas une preuve d’identité de composition ni de droits. Des œuvres proches peuvent porter des noms génériques tirés du vocabulaire de l’artiste.

Le catalogue doit donc tenir compte de quatre caractéristiques avant de rapprocher deux objets : dimensions, support, technique et identité exacte de l’image ou du volume. Une édition de sculptures en acier peut posséder douze exemplaires ; une estampe sur toile peut en posséder vingt ou quarante ; un monument installé dans un espace public peut relever d’un autre financement et d’une autre provenance. La seule taille apparente sur une photographie n’est pas suffisante pour décider.

La réception de l’œuvre de Ringo est traversée par cette multiplicité des supports. Le slogan pacifiste peut devenir une sculpture, une affiche, un motif sur un support musical ou une animation. L’historien doit suivre ces formes au lieu de créer un seul titre gigantesque qui empêcherait toute identification des exemplaires.

Références de contrôle

  1. Christie’s, Peace and Love Hand 2/12, lot de mars 2026 — https://www.christies.com/en/lot/lot-6572888
  2. Animazing Gallery, Starr Art, éditions Peace Flag, Pink Peace et Peace Tower — https://www.animazing.com/starr-art

Peace and Love : du geste de la main à l’œuvre sculptée et numérotée

Le geste en V associé à Ringo Starr existe comme photographie, symbole public, objet décoratif et sculpture monumentale. L’unité du motif n’implique pas l’identité des objets. Une main de petite dimension produite dans une édition de collection et une sculpture en acier inoxydable de plus de deux mètres ne doivent pas être considérées comme deux exemplaires d’une même édition.

Le lot Christie’s vendu le 13 mars 2026 est particulièrement précis : la sculpture Peace and Love Hand, exécutée en 2023, est numérotée « Ringo 2/12 » sur son socle. Le catalogue donne ses dimensions et une provenance directe déclarée depuis l’artiste vers Jim Irsay. Ces données caractérisent cet exemplaire particulier ; elles ne permettent pas de localiser les onze autres sculptures de la série.

Matérialité, provenance et limites de l’attribution

Le prix réalisé de 260 350 dollars lors de la vente Irsay est un événement commercial documenté. Il n’est pas la valeur de toutes les éditions du motif, pas davantage le coût de fabrication ou la part éventuellement versée à une organisation philanthropique. Pour le marché secondaire, la date, l’état, la provenance et le contexte de vente sont indispensables à la comparaison.

Il faut séparer la déclaration d’auteur, les ateliers techniques et les procédés de fabrication. Une sculpture annoncée en acier inoxydable n’autorise pas à affirmer qu’elle fut coulée, usinée ou soudée selon un protocole précis si la fiche ne le documente pas. L’attribution de la conception à Ringo ne signifie pas qu’il a réalisé personnellement toutes les opérations métallurgiques.

Enfin, la présence d’un monument Peace & Love dans l’espace public donne lieu à un dossier de commande, d’emplacement et de conservation distinct. Les dates d’inauguration et de déplacement éventuel doivent être contrôlées comme des événements de cette installation, non utilisées pour dater l’édition Christie’s de 2023.

2017 : les archives municipales éclairent la fabrication des monuments Peace and Love

Un document administratif adressé aux services communautaires de Beverly Hills le 18 septembre 2017 permet de remonter la chaîne de création de Peace and Love plus précisément qu’un communiqué d’inauguration. Ce dossier est particulièrement précieux parce qu’il a été constitué avant l’installation définitive de la sculpture dans le paysage urbain. Il enregistre donc un projet, ses auteurs déclarés, des variantes techniques, des hypothèses d’édition et des conditions de donation. Pour cette raison, ses prix, tirages et caractéristiques annoncés doivent être lus comme des données de proposition en 2017, non comme un inventaire de toutes les pièces effectivement fabriquées ou vendues depuis.

La contribution de Guy Portelli et la première génération des mains

La notice jointe au dossier municipal mentionne une collaboration de Ringo avec le sculpteur britannique Guy Portelli. Elle décrit un moulage effectué à partir de la main droite de Ringo, puis une version monumentale haute de huit pieds, d’abord coulée en bronze et ensuite en aluminium. Le texte évoque plusieurs épreuves d’artiste réalisées au Royaume-Uni pour son domaine. Ce témoignage est crucial pour éviter l’image trompeuse d’un Ringo qui aurait intégralement modelé, moulé, fondu et poli l’objet sans intervenant. L’idée, le geste de la main, le corps servant de modèle, la mise au point du moulage et la fabrication métallurgique correspondent à des fonctions séparables.

Le dossier distingue aussi une seconde main, plus psychédélique, aplatie et ornée de signes graphiques, dont des motifs de soleil, de lune, d’étoiles, de yin et yang, et d’abeille. Dans un catalogue raisonné, ces deux modèles ne doivent pas être amalgamés sous une seule photographie de la « main de Ringo ». Les objets ont en commun le geste de l’artiste, mais leur composition, leur décoration et leur préparation d’édition ne sont pas identiques.

Jeremy Morrelli : restauration des modèles et nouveaux moules de production

Le même document rapporte qu’après le transfert des modèles depuis le Royaume-Uni vers Los Angeles, l’architecte et sculpteur Jeremy Morrelli fut chargé de leur examen. Son travail comprend, selon la présentation de 2017, la restauration et la reconstruction de modèles de référence, l’établissement de nouveaux moules de fabrication et la réalisation de pièces en acier inoxydable poli. Il ne s’agit donc pas d’une simple assistance à l’installation sur une place publique : Morrelli intervient dans la transmission technique d’un prototype à une édition monumentale.

Trois stades doivent dès lors être distingués : l’empreinte corporelle à l’origine du projet ; les sculptures et épreuves de première génération associées à Portelli ; puis les nouveaux modèles et tirages monumentaux décrits dans le dossier de Beverly Hills. Un exemplaire de bronze, une version en aluminium et une pièce inox de fabrication postérieure ne sont pas trois matériaux interchangeables d’un objet sans histoire. L’attribution doit identifier à quel stade appartient l’exemplaire étudié, et l’historien doit refuser les raccourcis tels que « original de Ringo en inox, 1969 » lorsque l’objet correspond en réalité à une réalisation technique bien plus récente.

Deux devis, deux dimensions, deux compositions

Le document municipal décrit un premier monument en acier inoxydable poli, large de 48 pouces et haut de 96 pouces, d’un poids annoncé de 1 400 livres. Son socle ovale, en béton teinté noir, est prévu avec un système optionnel de six dispositifs d’éclairage. Le coût figurant dans le dossier est de 125 000 dollars. Le second modèle, lui aussi large de 48 pouces, est annoncé à 105 pouces de haut et 1 650 livres, avec des mosaïques de verre coloré incrustées, un socle circulaire et cinq dispositifs d’éclairage en option. Le prix envisagé est de 135 000 dollars, les coûts de socle et d’installation étant décrits séparément.

Ces montants constituent une évaluation de projet, pas les prix réalisés aux enchères ni la valeur actuelle d’une édition. Ils ne peuvent pas davantage être convertis en bénéfices de la Lotus Foundation sans connaître le coût d’exécution, les ventes effectivement conclues et les modalités contractuelles de reversement. Il est intéressant que la note technique mentionne l’entretien du métal poli, avec le nettoyage occasionnel des traces de doigts : ce détail rappelle que les sculptures publiques sont des objets matériels exposés aux contacts du public, à l’entretien urbain et aux contraintes de sécurité.

121 exemplaires annoncés et douze de chaque modèle : une contradiction interne à conserver

Le document de 2017 comporte deux formulations qu’il serait imprudent de fusionner. Une présentation promotionnelle évoque une édition limitée à 121 pour cet art monumental ; plus loin, le dossier indique que Morrelli travaille à la fabrication de douze exemplaires de chacun des deux monuments. Les deux quantités n’ont pas nécessairement la même portée : l’une peut renvoyer à un programme commercial général, l’autre à une phase de fabrication. Mais le document ne suffit pas à démontrer cette interprétation et ne donne pas un registre des numéros effectivement coulés. Dans l’encyclopédie, ces chiffres doivent donc être conservés comme énoncés documentaires distincts, non réconciliés.

Le problème devient particulièrement concret lorsqu’on confronte cette archive à la notice d’une sculpture de Peace and Love Hand proposée chez Christie’s en 2026, qui dispose de son propre numéro, de sa date et de sa provenance. Le numéro d’une œuvre effectivement cataloguée ne valide pas rétrospectivement tous les tirages envisagés neuf ans plus tôt ; inversement, une différence entre un projet de 2017 et une édition commercialisée plus tard ne prouve pas une fraude. Le catalogue doit tenir un registre des épreuves localisées, un registre des séries annoncées et un registre des modifications techniques.

Le statut juridique de l’offre à Beverly Hills

La proposition de 2017 prévoit une donation à la ville pour un usage public. Un passage stipule que, si la collectivité décidait de ne plus conserver l’œuvre, celle-ci devait revenir sous le contrôle de la succession de Ringo Starr et de la Lotus Foundation, selon les termes envisagés. Cette clause figurant dans la proposition ne doit pas être présentée sans examen des actes définitifs comme le régime juridique actuellement applicable à la sculpture installée. Il s’agit néanmoins d’une donnée remarquable pour l’histoire de l’art public : le projet associe dès l’origine la notion de propriété, de conservation, de transfert éventuel et de destination philanthropique.

À travers ces pièces, Peace and Love apparaît comme une création à plusieurs mains, littéralement et historiquement : le geste personnel de Ringo, l’intervention sculpturale de Guy Portelli, la transposition et les moules de Jeremy Morrelli, puis la décision d’une collectivité quant à son exposition. La force symbolique de l’œuvre n’est pas diminuée par cette collaboration ; elle gagne au contraire une biographie matérielle documentable.

Registre complet Drums for Peace : quatre échelles, quatre éditions annoncées

La boutique officielle du Non-Violence Project fournit des caractéristiques que les présentations généralistes des sculptures de Ringo omettent souvent. Pour Drums for Peace, elle annonce une résine peinte à la main et quatre dimensions correspondant à quatre programmes d’édition : 19 cm, limite annoncée de 499 ; 30 cm, limite de 299 ; 40 cm, limite de 199 ; et 100 cm, limite de 29. Ces quatre catégories doivent être enregistrées séparément. Une sculpture de quarante centimètres numérotée sur 199 ne peut pas être assimilée sans réserve à celle de trente centimètres éditée à 299, même si les deux reprennent un dessin très semblable.

Le modèle iconographique original : une œuvre de Carl Fredrik Reuterswärd

Le projet s’inscrit dans l’histoire de Non-Violence, le revolver au canon noué conçu par le sculpteur suédois Carl Fredrik Reuterswärd en hommage à John Lennon. L’organisme indique que Ringo Starr a conçu sa propre adaptation de ce motif, intitulée Drums for Peace. Cela impose une double attribution : l’idée du pistolet noué appartient à Reuterswärd, tandis que l’édition interprétée pour Ringo est présentée comme sa réinvention graphique, réalisée et diffusée avec l’organisme. Le nom de Ringo sur une sculpture ne doit pas effacer l’auteur de la forme iconique originelle.

2011 : un jalon officiel de l’engagement de Ringo

La boutique du projet rappelle que Ringo rejoint publiquement l’équipe de Non-Violence lors d’un dévoilement de la sculpture en 2011 aux Gibson Guitar Studios de Londres, où il invite les musiciens à s’engager contre les violences, notamment celles affectant les jeunes. Le témoignage de l’organisme date cette association, mais il ne prouve pas que les quatre tailles actuelles de sculptures en résine aient été fabriquées en 2011. Il faut séparer la date de l’événement institutionnel, celle du dessin d’adaptation et les périodes de fabrication de chaque édition.

Quatre tailles ne signifient pas 1 026 sculptures vérifiées

La somme des plafonds annoncés — 499 + 299 + 199 + 29 — correspond à 1 026 unités théoriques. Elle ne démontre pas que toutes aient été réalisées ou vendues, et ne renseigne pas le nombre d’épreuves d’artiste ou de prototypes. Chaque variante nécessite une fiche d’exemplaire portant le numéro réellement relevé, la hauteur de l’objet mesurée, l’état de la peinture et la concordance du certificat. Une épreuve numéro 70/199 observée chez un marchand peut confirmer l’existence d’un exemplaire de l’édition de quarante centimètres, sans fournir un registre des 198 autres.

Peace and Love Hand : l’exemplaire 2/12 de 2023 et sa vente en 2026

Une sculpture monumentale de la famille Peace and Love Hand figure dans la vente Christie’s du 13 mars 2026, lot 202 de The Jim Irsay Collection: Icons of Pop Culture. La notice décrit une sculpture en acier inoxydable, exécutée en 2023, signée et numérotée « Ringo 2/12 » sous la base. Sa hauteur annoncée est de 257 cm, sa largeur de 109 cm et sa profondeur de 102 cm, tandis que le socle est décrit séparément. La maison de ventes annonce un résultat de 260 350 dollars, contre une estimation comprise entre 40 000 et 60 000 dollars.

La provenance de l’exemplaire 2/12

Christie’s indique une acquisition directement auprès de l’artiste par le propriétaire précédent. La pièce appartient ensuite à la collection Jim Irsay. Cette ligne de provenance individualisée n’autorise pas à écrire que les douze exemplaires de l’édition furent acquis par Irsay, exposés aux mêmes endroits ou réalisés la même année. Elle s’applique à l’objet portant le numéro 2/12 et doit rester attachée à ses documents et à sa photographie particulière. L’existence de cette pièce constitue néanmoins une confirmation matérielle du projet d’édition monumentale évoqué dans les documents de Beverly Hills de 2017.

Le prototype de 2017 et la sculpture de 2023 : six années de distance

Le dossier municipal de Beverly Hills de septembre 2017 décrit un projet de sculpture d’environ huit pieds de haut, avec matériaux, estimations et programme de donation. La sculpture vendue en 2026 est donnée comme exécutée en 2023. Les deux sources doivent être rapprochées mais non confondues : un projet précoce, une fabrication ultérieure et une vente sont trois étapes distinctes. L’identification définitive des moules ou des modifications du dessin requiert des documents d’atelier, des photographies de production et des détails sur les acteurs techniques comme Guy Portelli et Jeremy Morrelli. La date de projet ne remplace pas la date d’exécution inscrite dans le catalogue Christie’s.

Deux séries incomparables : monument en acier et miniature en résine

Drums for Peace et Peace and Love Hand participent au vocabulaire pacifiste de Ringo, mais ne constituent pas deux formats d’une œuvre unique. Le premier repose sur le symbole transformé du revolver noué et des éditions multiples de résine peintes à la main ; le second représente un geste de main agrandi et exécuté en acier inoxydable. La différence de matériau, de procédé et de modèle iconographique impose deux registres principaux. Un certificat de sculpture Non-Violence ne saurait authentifier une grande main en métal, pas plus qu’une provenance Christie’s d’acier ne certifie un objet en résine fabriqué sous licence.

Pourquoi les prix n’ont pas de portée universelle

La vente à 260 350 dollars concerne le lot 202 de 2026, une sculpture monumentale numérotée, à la provenance détaillée et au contexte commercial particulier. Ce résultat ne constitue pas un prix unitaire pour toutes les éditions Peace and Love, encore moins pour des miniatures Drums for Peace. Les conditions de vente, frais, transport et taille de l’objet influencent fortement l’appréciation. Pour un musée comme pour un collectionneur, la première étape est donc d’identifier l’œuvre exacte et son numéro, puis seulement d’étudier les transactions réellement comparables.

Peace and Love en 2026 : trois finitions monumentales, matériaux et prix annoncés

L’organisme Ringo Peace and Love, géré dans le cadre d’un programme d’Astridge International et de The Bryant Group, décrit une famille monumentale issue d’un moulage physique de la main droite de Ringo Starr. Sa fiche « Options & Opportunities », consultée en octobre 2026, permet de distinguer les variantes de matériau et leurs prix commerciaux annoncés. Ces indications ne sont ni des résultats d’adjudication ni les sommes effectivement versées lors de l’installation de chaque monument : les conditions de fabrication, de transport, de fondation et d’installation peuvent différer.

Une géométrie commune à trois finitions de fabrication

Le programme décrit un monument d’environ 257 cm de haut, 109 cm de large et 102 cm de profondeur, avec une base de 104 × 89 cm. La fiche anglaise donne aussi les mesures impériales de 8 pieds 5 pouces, 3 pieds 7 pouces et 3 pieds 4 pouces. Le modèle n’est pas proposé en plusieurs tailles à partir de cette grille commerciale : ce sont les finitions et matériaux qui changent. Une pièce en acier poli et un moulage composite peuvent donc avoir le même volume visible sans posséder la même structure, le même poids, la même résistance aux intempéries ou la même provenance d’atelier.

Variante commerciale Matériau et finition déclarés Prix affiché en USD lors du récolement Statut de l’information
Monument métallique A Acier inoxydable poli 300 000 $ Tarif proposé, non adjudication
Monument métallique B Bronze poli 270 000 $ Tarif proposé, non adjudication
Monument composite Résine renforcée de fibre de verre, finition acrylique 25 000 $ Tarif proposé ; usage intérieur ou installation temporaire envisagés

La différence de prix résulte de familles de fabrication distinctes : elle ne prouve pas que le modèle en résine est une imitation illégitime ou que les modèles métalliques constituent des œuvres originales isolées. Le programme décrit ces propositions comme des réalisations autorisées, chacune devant être identifiée individuellement par son fournisseur, son lieu, ses documents de commande et son installation. Les prix du catalogue en ligne peuvent évoluer : la date de consultation fait donc partie intégrante du registre.

Les lieux montrés dans les photographies du programme ne possèdent pas tous un monument permanent attesté

Le site présente des images associées à Beverly Gardens Park, à Daemen University dans l’État de New York, à la Beatles Story de Liverpool, au Rock & Roll Hall of Fame de Cleveland et au Ryman Auditorium de Nashville. Une photographie liée à un lieu atteste au mieux une présentation ou une opération promotionnelle à la date du document ; elle ne prouve pas automatiquement que l’établissement possède encore aujourd’hui un exemplaire permanent. Les installations de Beverly Hills, de Daemen et de Liverpool disposent de documents indépendants plus précis, tandis que les autres localisations nécessitent une pièce d’acquisition ou un dossier de conservation.

Daemen University, 7 juillet 2024 : un monument devenu espace de rassemblement

Un compte rendu institutionnel de Daemen University daté du 23 juillet 2024 relate la réunion de plus de soixante participants autour de la sculpture le 7 juillet, pour la journée annuelle « Peace & Love » de Ringo. La statue occupe l’International Peace Garden au sein de Saffrin Public Square, sur le nouveau campus paysagé. La donation à l’origine de son acquisition est attribuée à John et Carolyn Yurtchuk. Cette preuve complète les notices de dévoilement de 2023 : l’œuvre n’a pas seulement été placée dans un espace universitaire, elle est devenue un point de rassemblement effectivement documenté. Le nombre de participants est celui rapporté par Daemen, non une statistique indépendante établie par Yellow-Sub.

Une sculpture monumentale n’est pas la statuette en 250 exemplaires de Julien’s Auctions

La famille ci-dessus doit être distinguée de la collection Julien’s de 2022 : 250 mains de bronze et 250 mains d’acier inoxydable, d’environ 25 cm de haut et 1,6 kg pour la version de bronze décrite, avec socle, coffret et certificat signé. Leurs prix de commercialisation annoncés à l’époque étaient de 2 000 dollars pour le bronze et 5 000 dollars pour l’acier. Une autre statuette offerte par le programme Astridge est limitée à cent exemplaires en étain moulé à froid, avec des baguettes et un certificat portant une reproduction imprimée de la signature de Ringo et une signature manuscrite de Gary Astridge. Ces offres concernent des objets autorisés, mais pas une édition unique additionnable à partir de leurs nombres.

Registre des signatures et des droits : quatre vérifications

Un certificat signé de Ringo selon Julien’s en 2022, une reproduction imprimée de sa signature sur les certificats Astridge, la marque du fabricant d’une sculpture monumentale et une plaque de donation universitaire n’attestent pas la même intervention. L’expertise doit relever séparément le moulage d’origine, la fabrication de l’exemplaire, l’authentification contractuelle et la provenance de son installation. Il reste notamment à documenter les éventuelles marques physiques de fonte, soudures, plaques, numéros de série ou photographies de chantier des monuments particuliers.

Sources primaires : Ringo Peace and Love / Astridge International, « Options & Opportunities » (formats, tarifs et finitions) et page d’accueil (statuette de cent exemplaires) ; Daemen University, Daemen Voice, Tom Wojciechowski, 23 juillet 2024 ; Julien’s Auctions, catalogue de la collection des cinq cents mains Peace & Love annoncée en novembre 2022. Consultations du 20 octobre 2026.

Drums for Peace : un projet visuel né d’une sculpture préexistante

La création de Drums for Peace doit être replacée dans l’histoire du symbole mondial de la non-violence. Le pistolet au canon noué n’a pas été inventé par Ringo Starr : il est issu de l’œuvre du sculpteur suédois Carl Fredrik Reuterswärd, conçue comme un hommage à John Lennon. La force de ce motif repose sur une contradiction visuelle immédiate : une arme est rendue incapable de fonctionner par la torsion de son propre canon. Ringo intervient plusieurs décennies plus tard en proposant son interprétation de cette sculpture dans le cadre du Non-Violence Project. Son geste est celui d’un artiste invité à dialoguer avec une forme connue, pas celui d’un créateur qui aurait conçu le symbole original.

Cette différence d’attribution est essentielle. L’histoire de l’œuvre de Reuterswärd appartient au domaine de l’art public et de la mémoire de Lennon ; la version de Ringo relève du programme d’interprétations mené par la fondation. Une notice de sculpture doit préserver les deux auteurs à leur niveau propre, puis identifier la fabrication matérielle des exemplaires édités. Les couleurs ou motifs appliqués par Ringo modifient l’aspect de la forme, mais n’effacent ni son auteur initial ni sa signification publique antérieure.

Londres, 2011 : une présentation publique dont le contexte compte

Le Non-Violence Project situe en 2011 la présentation de l’interprétation originale de Ringo au Gibson Guitar Studio de Londres. La manifestation réunit le monde de la musique et la lutte contre les violences touchant les jeunes. Ce choix du lieu possède une portée symbolique évidente : un artiste connu pour sa batterie propose une variation sur une sculpture dédiée à un autre musicien, dans un espace lié à l’industrie musicale. Mais le contexte de lancement ne prouve pas qu’un exemplaire particulier ait été conservé durablement sur place ni que toutes les éditions actuellement commercialisées aient été fabriquées en 2011.

La sculpture publiée dans les communications de la fondation peut être reproduite sur une page d’information, dans un catalogue ou dans une photographie de présentation. Les images de ces supports n’équivalent pas à un examen de l’objet. Pour décrire sa surface, sa couleur et son procédé de fabrication, il faut disposer d’une fiche propre à l’édition ou d’un exemplaire effectivement étudié. Une photographie de lancement conserve principalement la preuve d’une présentation publique et de l’état visible de la pièce à cet instant.

Une sculpture interprétée peut devenir une série de multiples autorisés

La fondation présente Drums for Peace sous la forme d’une édition limitée, peinte à la main, accompagnée d’un certificat et d’un coffret particulier. Le passage du projet original à un multiple exige une nouvelle distinction. L’original de conception, les exemplaires commercialisés et les reproductions photographiques ne correspondent pas au même niveau d’objet. Une édition limitée peut comporter des variations d’application de la couleur sans que chaque différence soit automatiquement une nouvelle composition autonome. La notice doit enregistrer les chiffres, les dimensions et les matériaux propres à la série concernée, et ne jamais extrapoler un plafond de tirage d’un autre programme.

Le certificat renseigne sur la relation entre un exemplaire et son programme d’édition, mais il ne décrit pas nécessairement toutes les étapes de sa fabrication. Une intervention manuelle de peinture doit être distinguée du moulage ou de l’assemblage préalable. La formule « peint à la main » ne signifie pas que le musicien lui-même a physiquement mis en couleur tous les exemplaires, à moins qu’un document propre à la série ne le confirme. L’artiste peut avoir fourni un projet et validé les variantes dont la réalisation matérielle mobilise ensuite des ateliers.

Peace and Love : une autre sculpture, une autre généalogie

La sculpture de la main effectuant le signe de paix appartient à un projet distinct. Elle transforme un geste corporel associé depuis longtemps à Ringo en forme tridimensionnelle. Contrairement au pistolet au canon noué, dont la généalogie remonte à Reuterswärd, la main Peace and Love naît du souhait de monumentaliser un signe immédiatement reconnaissable dans les apparitions publiques du musicien. Les deux œuvres partagent un vocabulaire pacifiste, mais elles ne dérivent ni du même modèle ni de la même chaîne de commande.

L’échelle ajoute un autre niveau documentaire. La sculpture installée dans l’espace public de Beverly Hills en 2019 n’a pas les mêmes contraintes qu’un petit multiple de collection. La première exige un socle, des matériaux adaptés au climat, une implantation urbaine et des autorisations ; le second se conserve dans un coffret ou une collection privée. Il serait impropre d’appliquer à la main monumentale les mêmes techniques d’authentification ou de conservation qu’à une petite statuette commerciale simplement parce qu’elles représentent le même geste.

La main comme autoportrait sans visage : une hypothèse iconographique à définir

Une main faisant le signe de paix peut devenir une image immédiatement associée à Ringo sans représenter ses traits du visage. Elle fonctionne donc comme une forme possible d’autoportrait indirect, au sens où le public y reconnaît un geste devenu sa signature. Cette interprétation doit cependant rester une analyse de réception plutôt qu’une attribution psychologique inventée. Une sculpture de main ne dit pas, à elle seule, ce que l’artiste entendait exprimer à chaque étape de sa fabrication. Les déclarations publiques sur la paix et l’amour fournissent le contexte général, tandis que l’œuvre conserve une existence matérielle et une vie propre dans les lieux où elle est montrée.

La transformation du signe en monument constitue aussi une opération de communication visuelle. Un visiteur peut se photographier devant la sculpture, diffuser l’image et reproduire le geste. La statue devient un lieu de rencontre entre la célébrité, la ville et les usages photographiques contemporains. Cette circulation ne change pas l’identité de l’œuvre, mais elle enrichit son histoire de réception. Le catalogue devrait donc documenter séparément l’installation d’une sculpture, ses reproductions photographiques officielles et les autres éditions du motif.

Conserver deux histoires de la paix sans les fusionner

Les deux projets démontrent enfin combien la distinction entre fondations est indispensable. Drums for Peace est lié au Non-Violence Project et à sa mission de prévention des violences ; les éditions de Ringo associées à la Lotus Foundation relèvent d’un autre dispositif philanthropique. Le partage de valeurs pacifistes ne permet pas d’additionner leurs recettes ni de transférer d’une œuvre à l’autre les formulations commerciales. Toute étude d’un exemplaire doit conserver le nom de l’organisme, la date du projet, son statut d’édition et le bénéficiaire annoncé.

Pour l’analyse de la circulation des symboles, lire la grande étude sur la culture visuelle ; pour distinguer possession, signature et provenance, consulter l’étude du patrimoine artistique. Le rapprochement éclaire une conviction personnelle durable sans confondre les deux sculptures ni leurs auteurs.

La main, le nœud et le multiple : trois systèmes de sculpture à comparer

Drums for Peace : intervenir sur une forme issue de Reuterswärd

Le projet Drums for Peace associe Ringo Starr à une réinterprétation de l’image du revolver au canon noué, créée par Carl Fredrik Reuterswärd comme symbole de non-violence. La contribution de Ringo doit être décrite à son niveau exact : elle s’inscrit dans un programme de personnalisation et de diffusion d’une forme sculpturale préexistante. Le musicien n’est pas l’inventeur historique du motif Non-Violence, mais un artiste associé à son réemploi. Cette différence rend précisément compte de la portée culturelle de l’initiative : un symbole international est reconfiguré pour participer à une campagne publique.

La réalisation matérielle implique d’autres intervenants et procédés, dont le rôle de Charlie Anderson dans le travail de conception et de production. Un modèle peint, une version moulée et une édition de collection ne doivent pas être décrits comme un seul objet. Le numéro, le support, la taille et les couleurs appartiennent à l’identification de chaque série.

Le monument Peace and Love : une représentation en trois dimensions du geste

La main formant le signe de paix, associée à la formule Peace and Love, prolonge un emblème souvent utilisé par Ringo dans ses photographies et ses déclarations. Le passage de la main réelle à une sculpture monumentale modifie la fonction du signe : ce qui était un geste adressé à une caméra devient une forme visible depuis plusieurs points de vue, inscrite dans un espace public. L’expérience du spectateur dépend de l’échelle, de la matière, de la position dans le parc et de la possibilité de circuler autour de l’objet.

Une miniature signée évoquant cette main n’est pas nécessairement une réduction à l’identique de l’œuvre publique. Il faut contrôler le matériau, la finition, la numérotation et l’éditeur avant de relier deux objets. La similarité du motif ne prouve pas l’appartenance à la même édition.

La main de Beverly Gardens Park : le site comme partie de la réception

L’inauguration de la sculpture Peace and Love à Beverly Gardens Park en novembre 2019 fournit un exemple de l’art public dont la réception dépend d’une localisation. L’œuvre n’est pas seulement regardée sur une image de catalogue : elle devient un repère dans un jardin, proche de la circulation urbaine et des parcours de visiteurs. Cette situation crée des conditions particulières de photographie, de rencontre et de réappropriation du geste de Ringo par le public.

L’étude des versions monumentales doit cependant distinguer les projets proposés, les refus municipaux et les installations réellement réalisées. Une maquette ou une proposition de sculpture ne devient pas un monument inauguré par le seul fait d’avoir été annoncée. Les décisions d’urbanisme, les photographies datées d’installation et les documents de commande constituent des preuves indépendantes.

Le prix d’un exemplaire n’est pas l’histoire de toute la série

La présence de sculptures signées de Ringo dans les ventes publiques de 2026 donne accès à des informations d’exemplaire : dimensions, numéro, matériau, état et provenance annoncée. Ces données sont précieuses, mais un résultat d’enchères ne représente pas à lui seul la valeur universelle d’une série, ni le prix auquel d’autres pièces ont pu être vendues ou données. Les frais, les devises et les contextes de vente doivent être distingués lorsqu’on établit une chronologie commerciale.

La documentation patrimoniale gagnera à associer le numéro officiel d’édition à une fiche d’objet, puis à rattacher chaque apparition publique ou commerciale à cette même fiche. Un catalogue qui attribue une nouvelle œuvre à chaque lot d’enchères confondrait l’objet, son édition et les étapes successives de sa circulation.

Sources et archives documentaires

Catalogues primaires : The Non-Violence Project, boutique officielle, Drums for Peace, résine peinte à la main, éditions de 19, 30, 40 et 100 cm et plafonds annoncés — https://shop.nonviolence.com/products/drums-for-peace-sculpture/ ; Christie’s, lot 202 « Ringo Starr, Peace and Love Hand », vente du 13 mars 2026, numéro 2/12, acier inoxydable, dimensions, provenance et prix réalisé — https://www.christies.com/en/lot/lot-6572888 .

Archive primaire municipale : City of Beverly Hills, Community Services Department, mémorandum du 18 septembre 2017, « Proposal of art donation by Ringo Starr », neuf pages, notamment notice de provenance, collaboration avec Guy Portelli, intervention de Jeremy Morrelli, spécifications des deux monuments, valeurs proposées et conditions de donation — https://beverlyhills.granicus.com/MetaViewer.php?event_id=3167&meta_id=343007&view_id= . L’archive énonce à la fois 121 exemplaires et douze de chaque modèle, sans fournir de registre final des tirages.

  1. Christie’s, The Jim Irsay Collection: Icons of Pop Culture, New York, 13 mars 2026, lot 202, Peace and Love Hand, acier inoxydable, 2023, exemplaire « Ringo 2/12 », dimensions, provenance et résultat 260 350 dollars — https://www.christies.com/en/lot/lot-6572888
  2. Christie’s, compte rendu des ventes de la collection Jim Irsay, 18 mars 2026, contexte des enchères et total des quatre vacations — https://www.christies.com/en/stories/jim-irsay-collection-results-483c129b13b54102a2207fbe89d236dd/

Documentation matérielle complémentaire de la petite main Peace and Love : Astridge International / Ringo Peace and Love, présentation officielle des 100 Peace and Love Statuettes, étain moulé à froid, certificat à signature de Ringo imprimée et signature de Gary Astridge manuscrite, baguettes associées et prix affiché de 850 dollars — https://www.ringopeaceandlove.com/3d-images ; Gary Astridge, Ringo’s Beatle Kits, « Limited-Edition Ringo Peace & Love Statuette », référence PLSt, noyer teinté ébène, dimensions d’ensemble 14 × 11 × 4,5 pouces, certificat numéroté, présentation des montants de 950 et 725 dollars — https://www.ringosbeatlekits.com/ringo-peace-love-statuette ; Astridge International, « Options & Opportunities », dimensions et finitions des monuments institutionnels, distincts de la statuette — https://www.ringopeaceandlove.com/options-opportunities . Les prix sont des demandes marchandes, sans vérification d’une transaction individuelle.

  1. The Non-Violence Project Foundation, histoire de la sculpture originale de Carl Fredrik Reuterswärd et diffusion du symbole — https://nonviolence.com/about/the-story/
  2. The Non-Violence Project Foundation, notice officielle de Ringo Starr, Drums for Peace et dévoilement de 2011 — https://nonviolence.com/awareness/ambassadors-for-peace/ringo-starr/
  3. Non-Violence Art Shop, fiche officielle Drums for Peace, quatre tailles et quatre plafonds d’édition (19 cm / 499, 30 cm / 299, 40 cm / 199, 100 cm / 29), résine peinte à la main, coffret et certificat — https://shop.nonviolence.com/products/drums-for-peace-sculpture/
  4. Adam Sherwin, « And then there were four: Ringo picks up his paintbrush », The Independent, 9 décembre 2011 ; conception sur iPad et contribution de Charlie Anderson — https://www.independent.co.uk/arts-entertainment/art/features/and-then-there-were-four-ringo-picks-up-his-paintbrush-6274451.html
  5. The Non-Violence Project Foundation, « artgeneve alongside the Foundation », 28 février 2022 — https://nonviolence.com/artgeneve-alongside-the-foundation/
  6. The Non-Violence Project Foundation, « Living Life in Peace », communiqué du 9 octobre 2025 sur le coffret Lennon — https://www.mynewsdesk.com/nonviolenceproject/news/green-art-asia-x-non-violence-project-living-life-in-peace-oct-9-dec-9-2025-501973
  7. Animazing Gallery, fiche de Drums for Peace et objets tridimensionnels de Ringo — https://www.animazing.com/ringo-starr-beyond-the-stage
  8. Saatchi Art, fiche commerciale d’édition Drums for Peace, dimensions et date de référence — https://www.saatchiart.com/art/Sculpture-Drums-For-Peace-designed-by-Ringo-Starr-in-memory-of-John-Lennon-Limited-Edition/1391783/7774780/view
  9. Sonja Sharp, « Ringo Starr’s 800-pound ‘Peace and Love’ sculpture finally finds a home in Beverly Hills », Los Angeles Times, 19 juin 2019 — https://www.latimes.com/local/la-me-ringo-starr-peace-love-art-beverly-hills-20190619-story.html
  10. Genesis Publications, « Ringo Starr Unveils 800-Pound ‘Peace and Love’ Sculpture », 8 novembre 2019 — https://genesis-publications.com/news/ringo-starr-unveils-800-pound-peace-and-love-sculpture-1634
  11. Ville de Beverly Hills, itinéraire officiel Artwalk Guided Tour — https://www.beverlyhills.org/226/Artwalk-Guided-Tour
  12. Office du tourisme de Beverly Hills, notice de l’œuvre et adresse — https://lovebeverlyhills.com/things-to-do/view/peace-and-love-sculpture
  13. Julien’s Auctions, éditions limitées de la main Peace and Love, acier et bronze — https://store.juliensauctions.com/ShopCatalog?id=207
  14. Ringo Peace and Love / Astridge International, programme de statuettes et sculptures autorisées — https://www.ringopeaceandlove.com/
  15. Ringo Peace and Love / Astridge International, fiche des modèles monumentaux autorisés pour collectivités, hauteur annoncée de 8 pieds 5 pouces (257 cm), largeur et profondeur détaillées — https://www.ringopeaceandlove.com/options-opportunities
  16. Daemen University, Daemen Voice, 17 octobre 2023, inauguration de la sculpture de Ringo au Honorary International Peace Garden de Saffrin Public Square et identité des donateurs — https://voice.daemen.edu/october-18-2023/ringo-starrs-peace-love-statue-unveiled-in-honorary-international-peace-garden/
  17. Daemen University, Daemen Today, 16 janvier 2024, confirmation de la sculpture dans les aménagements du campus achevés à l’automne 2023 — https://today.daemen.edu/fall-winter-2024/the-total-student-experience/
  18. The Beatles Story, 16 mai 2025, annonce du dévoilement de Peace and Love à Liverpool le 7 juillet 2025 — https://www.beatlesstory.com/news/ringo-peace-and-love-2025/
  19. The Beatles Story, 16 juin 2026, confirmation de la sculpture conservée par le musée et présentation à nouveau annoncée devant l’entrée le 7 juillet 2026 — https://www.beatlesstory.com/news/ringo-peace-and-love-2026/
  20. The Independent, 8 juillet 2025, compte rendu du dévoilement de la sculpture à Liverpool la veille — https://www.the-independent.com/arts-entertainment/music/news/ringo-starr-statue-liverpool-beatles-birthday-b2784633.html

De la musique à la sculpture : rendre un message visible sans bande sonore

Le message public de Ringo Starr associe depuis longtemps la musique à la paix et à l’amour. Lorsqu’il prend une forme sculpturale, il change pourtant de régime. Une chanson se déploie dans le temps, tandis qu’un monument demeure disponible au regard des passants, y compris lorsque ceux-ci ne connaissent pas l’identité de son auteur. La sculpture oblige donc à traduire un message en forme stable, immédiatement interprétable et capable d’exister dans un lieu public. Les œuvres associées à Drums for Peace et à Peace and Love répondent à ce défi selon des logiques distinctes, qu’il serait erroné de fusionner sous une simple étiquette « sculptures pacifistes de Ringo ».

Le message commun ne signifie pas une origine artistique commune. La non-violence, le geste de la main levée et les instruments musicaux possèdent des histoires iconographiques différentes. Une étude attentive doit préciser la généalogie de chaque motif, la part de transformation proposée par Ringo, les professionnels ayant contribué à la matérialisation et les lieux où l’œuvre a été montrée. Sans cette précision, la cohérence biographique du message pourrait masquer la pluralité des créations.

Drums for Peace : une interprétation d’une forme devenue symbole international

La sculpture Knotted Gun, créée par Carl Fredrik Reuterswärd en hommage à John Lennon, appartient à l’histoire internationale de l’art engagé. Son principe visuel est d’une grande simplicité : un revolver dont le canon noué rend matériellement impossible la fonction violente qu’on attend de lui. Ringo intervient sur cette forme préexistante à travers Drums for Peace, dans le cadre du Non-Violence Project. L’œuvre ne doit donc pas être présentée comme l’invention originale par Ringo du pistolet noué. Son intérêt repose sur la réinterprétation personnelle d’un emblème déjà identifié.

Ce geste d’appropriation possède une portée artistique spécifique. En ajoutant une référence à sa carrière musicale et à la batterie, Ringo rapproche le symbole universel de son histoire personnelle. Le modèle ne perd pas sa fonction pacifiste, mais reçoit une nouvelle association culturelle. La présentation londonienne de 2011 marque un jalon documenté de cette démarche. Les multiples proposés ultérieurement ont leur propre matérialité, leurs dimensions et leurs limitations d’édition ; leur existence ne doit pas être confondue avec celle du prototype ou de la présentation initiale.

La main Peace and Love : le corps devient une forme autonome

La sculpture représentant une main faisant le signe de la paix fonctionne à l’inverse du pistolet noué. Son motif n’est pas une arme rendue inoffensive, mais un geste positif déjà chargé de significations culturelles. La main évoque une présence humaine sans recourir au portrait traditionnel du visage. Elle peut donc être lue comme une manière de représenter Ringo à travers une attitude qu’il a publiquement adoptée pendant des décennies, plutôt qu’à travers ses traits physiques. Cette lecture d’autoportrait indirect reste une interprétation esthétique : elle ne doit pas être confondue avec une attribution automatique de la fabrication matérielle à sa seule personne.

En passant du geste vivant à un volume fixe, le symbole acquiert une disponibilité nouvelle. La main peut être photographiée, contournée, observée depuis plusieurs angles ou rencontrée par hasard. Le spectateur n’a pas besoin d’entendre une formule pour reconnaître sa signification générale. C’est l’un des traits importants de la sculpture publique : une forme familière est détachée de l’instant qui l’a rendue populaire afin de rejoindre durablement un paysage urbain ou institutionnel.

Le monument de Beverly Hills : le lieu fait partie de l’œuvre reçue

L’installation de la main Peace and Love à Beverly Gardens Park en 2019 donne à l’objet une dimension civique. Une sculpture monumentale n’est pas seulement une version plus grande d’un objet de collection. Elle est placée dans un environnement dont les chemins, les arbres, les façades et les usages quotidiens influencent sa réception. Sa visibilité dépend de l’emplacement et de l’orientation ; sa signification peut être transformée par les activités qui se déroulent à proximité. Le visiteur la découvre dans l’espace partagé, et non dans le cadre contrôlé d’une galerie.

Le statut du lieu appelle des précautions documentaires. Un projet accepté par une municipalité n’est pas nécessairement identique à toutes les propositions discutées avant installation. Une photographie d’inauguration témoigne d’un événement ; une notice de commande peut renseigner sur la fabrication ; une décision publique peut préciser les conditions d’accueil de l’objet. Il faut les rapprocher sans les considérer comme des preuves interchangeables. L’histoire de l’art public se compose aussi de négociations, de devis et de transformations qui précèdent la rencontre avec les passants.

Une œuvre publique, plusieurs destinataires : le geste au-delà des admirateurs

Une sculpture de Ringo Starr peut attirer les admirateurs des Beatles, mais sa vie publique ne doit pas être réduite à cette communauté. Le symbole de la paix peut être compris par des personnes qui ne connaissent pas la biographie du musicien, ou qui n’associent pas immédiatement la main à un ancien Beatle. Cette autonomie iconographique constitue une différence importante avec une photographie de célébrité, dont la reconnaissance du sujet joue souvent un rôle déterminant. L’identité de Ringo enrichit le monument ; elle n’en épuise pas la lecture.

Les installations dans des établissements culturels ou universitaires peuvent encore modifier les pratiques autour de l’œuvre. Une sculpture devient parfois un point de rassemblement, de photographie collective ou de cérémonie. Ces usages doivent être documentés et non supposés. La présence d’un monument sur un campus ne prouve pas à elle seule son appropriation par les étudiants ; des événements effectivement observés ou annoncés permettent de décrire la réception sans inventer une vie sociale. L’étude doit conserver cette différence entre potentiel symbolique et usages attestés.

Les éditions réduites : le symbole public devient objet de collection

Les versions de petite taille de la main pacifiste soulèvent un problème de catalogage complexe. Un objet moulé, signé et numéroté peut conserver les traits essentiels du monument tout en appartenant à une édition distincte, réalisée dans un autre matériau et pour un autre usage. La ressemblance entre deux mains ne suffit pas à démontrer l’identité de leur modèle d’origine. Il faut comparer les dimensions, les inscriptions, les matériaux et les documents éditoriaux. La présence d’un certificat peut renseigner sur l’exemplaire, mais elle ne remplace pas une étude de la série à laquelle il appartient.

La même prudence vaut pour les adjudications. La vente d’un exemplaire à un montant élevé révèle l’intérêt porté à cet objet précis, sa provenance éventuelle et les circonstances du marché. Elle n’établit pas la valeur constante de toutes les sculptures qui portent le signe de la paix. Le tirage, la qualité d’exécution, les signatures et l’histoire de propriété peuvent varier considérablement. Une encyclopédie devrait donc décrire séparément les monuments, les petites éditions et les prototypes, au lieu de les rassembler dans un décompte général des « sculptures de Ringo ».

Une histoire de deux messages : transformer ou affirmer

La comparaison de Drums for Peace et de Peace and Love permet finalement de distinguer deux stratégies visuelles. Dans la première, un objet associé à la violence est rendu symboliquement inoffensif ; le message passe par la transformation. Dans la seconde, le corps humain exprime directement une intention pacifique ; le message passe par l’affirmation. L’une s’appuie sur une œuvre préexistante due à Reuterswärd, l’autre sur un geste fortement identifié à Ringo. Leur cohérence morale n’efface pas les différences de généalogie, de forme et de réception.

Pour inscrire ces créations dans l’encyclopédie, il faut relier l’étude de leur patrimoine matériel, l’histoire de leurs manifestations publiques et la circulation du signe Peace and Love. L’objectif n’est pas de multiplier les pages consacrées au même message, mais de montrer comment une idée unique peut prendre des formes artistiques différentes et laisser des traces documentaires indépendantes.

La main agrandie : du geste privé à la sculpture publique

Le signe des doigts levés que Ringo Starr associe à son message de paix appartient à un langage corporel immédiatement compréhensible. Lorsqu’il devient une sculpture monumentale, sa fonction change. Dans un portrait photographique, le geste dépend de la présence de la personne qui l’accomplit ; dans une sculpture installée sur un espace public, la main demeure visible en son absence. Elle représente donc une action figée, capable d’être reconnue par des visiteurs qui n’ont jamais assisté à un concert de Ringo. L’agrandissement donne une nouvelle dimension à un signe ordinaire et transforme une habitude de communication en objet durable.

Cette opération ne doit pas être confondue avec la fabrication d’une simple photographie en trois dimensions. Le sculpteur et les techniciens doivent définir un volume, une épaisseur, un équilibre et un système de fixation. Des doigts reproduits à grande échelle se comportent matériellement autrement que ceux d’une main humaine. Le poids, la résistance au vent et l’exposition aux intempéries deviennent des contraintes de conception. La notoriété du modèle attire l’attention sur l’objet, mais elle n’efface pas la complexité du travail de réalisation nécessaire pour installer le symbole en sécurité dans un lieu fréquenté.

La main de Beverly Gardens Park : la rencontre avec l’architecture et les passants

La sculpture Peace and Love inaugurée à Beverly Gardens Park le 2 novembre 2019 entre dans un espace paysager qui possède déjà ses chemins, ses arbres et ses usages publics. Contrairement à une statuette conservée dans une vitrine, le monument est regardé sous des angles multiples. Le visiteur peut se déplacer autour de lui, le découvrir à distance ou l’intégrer à une photographie personnelle. La perception de l’œuvre dépend donc du lieu autant que de sa forme. Un objet installé dans un parc ne produit pas exactement le même effet que son image sur un fond neutre dans un catalogue d’éditeur.

Le contexte urbain ajoute un second niveau de signification. Le geste de paix n’est pas réservé aux admirateurs des Beatles venus chercher un souvenir ; il devient un élément de l’espace partagé, accessible à des promeneurs qui peuvent ignorer l’identité de Ringo. La réception se dédouble entre mémoire musicale et lecture directe du symbole. Cette ouverture justifie l’étude des photographies d’installation, des plans de localisation et des documents municipaux, sans réduire l’histoire du monument à sa seule inauguration.

De Beverly Hills à Daemen et Liverpool : une forme qui se déplace sans être le même objet

Le motif monumental de la main connaît plusieurs implantations, notamment à Daemen University dans l’État de New York et à Liverpool. La répétition de la forme crée une famille d’œuvres immédiatement reconnaissables, mais n’autorise pas à raconter qu’une sculpture unique aurait physiquement voyagé entre toutes ces villes. Chaque installation possède son support, sa fabrication, sa livraison et ses conditions locales de présentation. Une photographie d’inauguration permet de dater la présence d’un objet à un emplacement donné ; elle ne renseigne pas nécessairement sur l’ensemble de la série autorisée.

La comparaison entre lieux peut être particulièrement instructive. Une main placée dans un parc urbain se confronte à la circulation et à la promenade ; sur un campus, elle peut devenir un point de réunion ou un signe d’identité institutionnelle ; dans un site consacré aux Beatles, sa lecture se trouve étroitement associée à l’histoire musicale de Liverpool. L’iconographie demeure semblable, mais l’expérience des visiteurs varie. L’encyclopédie doit conserver ces différences de réception plutôt que de copier une seule description pour tous les monuments.

Drums for Peace : détourner un symbole de non-violence existant

Drums for Peace appartient à une autre généalogie. L’œuvre reprend le principe du revolver au canon noué associé à Non-Violence de Carl Fredrik Reuterswärd, et l’intervention de Ringo lui donne un langage lié à son métier de batteur. La transformation ne consiste pas à créer une arme entièrement nouvelle, mais à dialoguer avec un symbole pacifiste déjà inscrit dans l’histoire de l’art public. La référence à la percussion ajoute une identité personnelle à une forme connue. L’ensemble repose donc sur une coopération iconographique entre une œuvre-source et une variation contemporaine.

Le rapport entre les deux sculptures pacifistes de Ringo apparaît alors plus complexe qu’une simple répétition de son slogan. Drums for Peace détourne la forme d’un objet de violence pour affirmer son contraire. Peace and Love agrandit au contraire un geste positif appartenant au vocabulaire du corps. La première part de la représentation d’une arme rendue inopérante ; la seconde d’une main qui communique. Les deux œuvres partagent un horizon moral, mais elles mobilisent des mécanismes plastiques différents et ne doivent pas être cataloguées comme deux dimensions d’un seul modèle.

Le petit multiple et le monument : la comparaison ne peut pas se limiter à la taille

Les éditions réduites des sculptures pacifistes posent un problème fréquent dans le marché de l’art : une ressemblance de motif ne garantit pas l’identité de la fabrication. Une petite pièce coulée dans un matériau composite, un bronze édité et un monument destiné à résister aux intempéries appartiennent à des catégories matérielles différentes. Ils peuvent avoir été conçus dans des ateliers distincts, avec des systèmes de numérotation et des finitions propres. Le passage d’une échelle à l’autre ne se réduit donc pas à agrandir mathématiquement les dimensions d’un fichier.

Pour le collectionneur, les éléments décisifs sont la technique, la signature, le certificat et le numéro de l’édition concernée. Une pièce de petite taille portant un symbole de paix n’appartient pas nécessairement à la même série qu’une œuvre documentée dans une vente publique. Les différences entre exemplaires doivent être analysées à partir des objets et des documents de production, sans considérer qu’un résultat spectaculaire aux enchères fixe la valeur de tous les produits dérivés du même geste. Le motif iconographique commun permet la comparaison ; il ne remplace pas l’identification matérielle.

L’œuvre dans la rue : entretien, restauration et droits de reproduction

Une sculpture en extérieur demande un suivi que ne connaît pas exactement l’estampe conservée dans un coffret. L’exposition à la pluie, au soleil, aux variations de température et aux interventions humaines peut altérer la surface, le socle ou les fixations. La maintenance appartient à l’histoire de l’objet. Une photographie du jour de l’inauguration n’enregistre pas nécessairement son état cinq ans plus tard. Les autorités ou institutions responsables du site peuvent réaliser des réparations qui méritent d’être documentées pour l’étude patrimoniale.

La conservation pose également la question de la circulation des images. Un monument est destiné à être vu et photographié, mais la reproduction commerciale de son motif n’est pas nécessairement libre de toutes conditions juridiques. Le fait qu’il figure dans un espace public ne transforme pas automatiquement ses droits en domaine public. L’encyclopédie doit distinguer la description factuelle, la photographie de documentation et l’édition commerciale d’une reproduction. Cette précision permet de valoriser l’œuvre sans effacer les responsabilités des concepteurs, des fabricants et des institutions d’accueil.

Deux manières de rendre la paix visible dans la carrière de Ringo Starr

Les sculptures prolongent le message de Ringo sans imposer au spectateur d’entendre une chanson. L’objet visuel agit de manière autonome : une main levée ou une arme nouée peuvent être compris en quelques secondes, puis observés plus longuement pour leurs matériaux et leurs détails. Cette double lecture distingue l’art public de l’image promotionnelle qui accompagne une déclaration. La sculpture subsiste dans le lieu et conserve sa fonction même lorsque l’événement musical qui l’a inspirée n’est plus dans l’actualité.

L’étude se relie à l’inventaire des objets décorés et à l’histoire de l’art solidaire. Les deux renvois permettent de distinguer sculpture monumentale, objet de collection et engagement philanthropique. Leur point commun est la présence d’un message personnel ; leurs régimes de création, d’édition et de conservation demeurent différents.

La main à Beverly Gardens Park : un monument qui transforme un geste éphémère

L’installation de Peace and Love à Beverly Hills en 2019 représente un changement d’échelle décisif dans la présence publique de Ringo Starr comme artiste visuel. L’œuvre montre une main faisant le signe de la paix, motif présent dans ses photographies, messages et apparitions publiques depuis de nombreuses années. Elle est annoncée comme une sculpture d’acier inoxydable poli, haute d’environ huit pieds et pesant quelque huit cents livres. Ce qui ne durait initialement qu’un instant devant un objectif devient un objet durable, visible dans la ville indépendamment de la présence physique de l’artiste. La sculpture donne au signe une permanence et une adresse publique nouvelles.

La ville situe le monument dans Beverly Gardens Park, à l’intersection de Santa Monica Boulevard et de Cañon Drive. La localisation appartient à son histoire : l’œuvre n’est pas seulement une forme mobile que l’on pourrait décrire sans contexte. Elle entre en relation avec les passants, les jardins, les bâtiments voisins et les usages commémoratifs de l’espace. Sa surface polie reflète les variations de lumière, les arbres et les personnes qui s’en approchent. Ces effets sont propres à la sculpture installée dans son environnement et ne sauraient être compris totalement à partir d’une photographie de catalogue sur fond neutre.

La donation et l’installation : deux événements différents

La présentation officielle de 2019 indique que l’œuvre est donnée à la ville par Ringo. Le projet aurait été initialement refusé en 2017 avant de trouver son emplacement définitif. Il ne faut pas confondre cette histoire administrative avec la chronologie de fabrication de la sculpture : une date de décision municipale n’est pas nécessairement celle du moulage, du polissage ou de l’assemblage. La documentation municipale, les photographies de chantier, la cérémonie de dévoilement et les dossiers de conservation devraient donc constituer des ensembles complémentaires, chacun renseignant un stade distinct du projet.

Cette donation donne aussi un statut différent à l’œuvre par rapport aux estampes proposées en séries numérotées. Un monument urbain appartient à une politique d’entretien, d’accès et de conservation de l’espace public ; un petit multiple signé circule au sein de collections privées. Le motif peut être similaire, mais les questions patrimoniales ne sont pas les mêmes. Pour le monument, la stabilité de l’installation, la sécurité du public, les dommages liés aux intempéries et la conservation de la surface constituent des sujets essentiels. Pour un tirage de galerie, on s’intéressera plutôt au numéro, au support, au certificat et à la provenance individuelle.

La paix comme expérience publique plutôt que comme slogan sur un disque

Le signe des deux doigts levés possède une histoire collective bien antérieure à Starr. Sa contribution artistique consiste à le reprendre comme marque personnelle, puis à le projeter dans un objet monumental. Il serait erroné de lui attribuer l’invention du symbole. Mais il serait tout aussi réducteur de considérer la sculpture comme un simple agrandissement publicitaire : sa matérialité, son emplacement et son appropriation par les visiteurs transforment son usage. Le monument peut être photographié par des admirateurs, servir de point de rencontre ou être associé à des commémorations, autant de situations qui prolongent son existence au-delà de l’intention initiale.

La sculpture de Beverly Hills appartient ainsi à l’histoire de l’art public, de la mémoire populaire et du travail de Starr sur les signes. Elle peut être reliée à la culture visuelle de Ringo, où le geste circule sous forme d’image, et à la conservation des œuvres, qui distingue les responsabilités attachées au monument de celles d’un objet édité en série.

2017–2019 : deux décisions municipales et une sculpture dont l’histoire ne commence pas à l’inauguration

La sculpture Peace and Love de Ringo Starr possède une chronologie publique plus complexe que ne le laisserait penser la seule date de son inauguration. En septembre 2017, la proposition de donation à Beverly Hills n’est pas acceptée par la commission d’art de la ville, qui invoque alors des critères de sélection pour l’art public. Deux ans plus tard, la municipalité accueille finalement l’œuvre dans Beverly Gardens Park. Le monument est dévoilé le 2 novembre 2019, avant qu’une communication datée du 8 novembre ne revienne sur l’événement. Il faut conserver ces étapes distinctes : premier examen, refus, acceptation, installation et cérémonie ne sont pas des synonymes.

Ce parcours montre que l’entrée d’une œuvre dans l’espace public ne dépend pas seulement de la volonté d’un artiste ou de la générosité d’un donateur. Elle engage des instances municipales, des conditions d’implantation et des règles d’entretien. Un refus administratif de 2017 n’équivaut pas à une condamnation esthétique définitive de toute la création de Starr. De même, l’acceptation de 2019 n’est pas une certification de l’ensemble de ses œuvres graphiques. L’historien doit lire les décisions dans leur champ précis plutôt que les transformer en verdicts généraux sur le statut artistique d’un ancien Beatle.

La sculpture comme objet construit et installé

Le monument est décrit comme une main levée en signe de paix, réalisée en acier inoxydable poli, haute d’environ huit pieds et pesant approximativement huit cents livres. Ces mesures définissent l’objet installé et soulignent le passage d’un geste éphémère à une forme durable. Les dimensions de l’œuvre ne suffisent cependant pas à raconter sa fabrication. La conception, la réalisation en atelier, le transport, l’ancrage et l’entretien constituent autant d’étapes documentaires différentes. L’implication d’artisans et de collaborateurs doit être relevée lorsque les crédits sont attestés, sans réduire l’ensemble à une fabrication manuelle solitaire par le musicien.

Une surface qui photographie les visiteurs

L’acier poli produit un effet visuel particulièrement important : il reflète une partie de son environnement. Le spectateur qui s’approche peut voir son corps, les arbres ou la lumière se recomposer sur la surface. La sculpture devient donc un objet changeant au gré des saisons et des angles de vue. Ces transformations ne sont pas des modifications de l’œuvre elle-même ; elles appartiennent à son expérience dans l’espace public. Une photographie prise lors du dévoilement ne saurait épuiser toutes ces situations, ni fournir seule un constat de conservation plusieurs années plus tard.

La proximité des passants introduit aussi une responsabilité patrimoniale durable. L’entretien du métal, la sécurité de l’implantation et la lisibilité de la signalétique municipale entrent dans le devenir de l’objet. Une donation peut transférer certaines obligations sans effacer la mémoire du geste artistique initial. Pour un dossier encyclopédique, l’histoire de Peace and Love est ainsi celle d’une œuvre, d’une administration et d’une fréquentation publique, qui doivent toutes trois être documentées.

Pour le suivi des objets et de leurs différentes éditions, consulter également l’étude du mécénat et des donations.

La main de Beverly Hills : une sculpture publique définie par son implantation

Le monument Peace and Love dévoilé à Beverly Hills au début de novembre 2019 représente une main effectuant le signe de la paix. La communication officielle mentionne une sculpture d’acier inoxydable poli d’environ huit pieds de hauteur et d’un poids de huit cents livres, installée dans Beverly Gardens Park, à proximité de l’hôtel de ville. Cette œuvre montre comment Ringo Starr fait passer un geste souvent photographié, répété devant les objectifs et les spectateurs, à l’échelle d’un objet permanent dans l’espace urbain. La transformation est significative : le signe corporel ne dépend plus de sa présence physique et peut être observé, photographié ou contourné par les passants à n’importe quel moment. L’implantation contribue à la signification du monument, car la lumière changeante de la rue se reflète dans le métal poli, tandis que les visiteurs entrent eux-mêmes dans le champ des photographies de l’œuvre. Il ne s’agit donc pas uniquement d’un motif figuratif agrandi, mais d’une nouvelle situation de regard.

2017 puis 2019 : l’histoire municipale appartient à l’œuvre

Genesis Publications rappelle que la proposition de donation fut d’abord refusée par la ville en 2017 avant d’obtenir son emplacement définitif en 2019. Il serait inexact de réduire la chronologie à la seule cérémonie d’inauguration, puisque la décision municipale conditionne la possibilité même de voir l’objet dans l’espace public. La donation, l’acceptation, la fabrication et l’installation représentent des étapes qui peuvent être datées séparément lorsque les archives de la ville sont disponibles. Elles ne doivent pas être compressées en un événement indifférencié, pas plus que la cérémonie en présence de Ringo et de Barbara Bach ne constitue la preuve de la réalisation de toutes les opérations techniques le même jour. L’historien peut ainsi analyser une sculpture comme un objet esthétique et comme une décision collective : une œuvre donnée à une ville entre dans des systèmes de conservation, d’entretien et de responsabilité qui diffèrent de ceux d’une sculpture conservée chez un collectionneur privé.

L’acier poli et le spectateur : une matière qui fabrique des images nouvelles

La surface réfléchissante modifie l’expérience du monument. Selon l’heure, le temps qu’il fait et l’angle de vue, elle accueille des reflets du jardin, des immeubles, des voitures et des visiteurs. Cette transformation continue n’implique pas que la sculpture soit une installation numérique ou cinétique : le matériau reste fixe, mais le monde environnant anime son apparence. Une photographie publiée le jour de l’inauguration ne restitue donc qu’un état de cette relation. Une étude visuelle devrait idéalement comparer plusieurs vues prises à des heures différentes, indiquer l’orientation de l’œuvre et enregistrer les informations sur le nettoyage et l’entretien de l’acier. La question de la matière est importante pour distinguer ce monument des éditions de dimensions plus modestes associées au même signe de paix. Deux objets peuvent partager un dessin sans être interchangeables par leur technique, leur statut patrimonial ou leur destination.

Le signe de paix : un langage collectif, pas une invention personnelle

La main formant un V appartient à une histoire iconographique bien antérieure à la carrière de Ringo Starr. Le musicien en a fait un signe personnel récurrent dans ses prises de parole et dans sa manière de saluer le public, mais l’œuvre sculptée ne lui attribue pas l’invention du geste. Son originalité réside dans la transformation d’un signe universel et éphémère en présence matérielle stable, associée à la personnalité et à la philanthropie de l’artiste. Le rapprochement avec l’histoire de la Lotus Foundation peut éclairer la continuité d’un message pacifiste, tout en évitant de traiter l’existence d’une sculpture publique comme une vente caritative. Une donation à la ville et la cession d’une édition à un collectionneur sont deux faits distincts. En conservant cette différence, l’encyclopédie décrit comment un motif de communication personnelle peut devenir un élément durable du patrimoine urbain.