YELLOW-SUB.NET / ENCYCLOPÉDIE RINGO STARR / CHAPITRE 15
My Faces (2005) : les premières œuvres graphiques de Ringo Starr
Inventaire critique de quatorze estampes, formats, tirages et contradictions des notices d’éditeur.
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L’année 2005 constitue un tournant dans la carrière visuelle de Ringo Starr. C’est la date de My Faces, première exposition de peintures citée par le site consacré à ses œuvres. Derrière ce titre souvent mentionné sans détails, les galeries et les fiches d’édition conservent pourtant une documentation exploitable : noms d’œuvres, techniques d’impression, numéros commerciaux, dimensions et tirages limités. En confrontant ces sources, on peut établir un premier inventaire sérieux et relever des contradictions que les présentations promotionnelles laissent dans l’ombre.
Avant 2005 : l’ordinateur comme atelier itinérant
Il serait inexact d’affirmer que Ringo commence à peindre en 2005. Le site Ringo Starr Art rapporte qu’il avait auparavant pratiqué l’huile et l’acrylique et qu’il a commencé son art informatique à la fin des années 1990, notamment pendant les tournées. Cette chronologie comporte trois jalons distincts : les essais picturaux antérieurs, le recours à l’ordinateur et la première exposition rendue publique en 2005. La date d’une exposition ne saurait donc devenir arbitrairement celle de la toute première œuvre.
L’atelier électronique répond aussi à une réalité biographique. Après la création du All-Starr Band en 1989, Ringo passe régulièrement du temps dans les hôtels, entre deux concerts et deux voyages. Des outils informatiques facilitent la poursuite d’une activité graphique dans cet environnement. Le témoignage de l’artiste explique une condition de travail ; il ne fournit pas, pour chaque image, le modèle de l’ordinateur, l’application employée, le fichier source ou l’année exacte de création. Ces informations ne doivent pas être inventées à partir du rendu des reproductions commerciales.
La première décennie du XXIe siècle voit ainsi se rejoindre deux activités : le travail du musicien qui continue ses tournées et celui du créateur d’images qui fait émerger des personnages et motifs graphiques. La rencontre est biographique, mais aussi matérielle : l’œuvre peut exister comme fichier de travail avant de devenir une épreuve signée, limitée et accompagnée d’une fiche de galerie.
My Faces : la première exposition désormais localisée à New York, juin 2005
La présentation historique de Ringo Starr Art qualifie My Faces de première exposition de peintures de Ringo en 2005. Une confrontation avec des documents contemporains publiés par Yellow-Sub.net en mai 2005 permet désormais d’aller beaucoup plus loin que cette seule mention. Le 5 mai 2005, Yellow-Sub annonçait une exposition à la Pop International Galleries de New York avec quatorze œuvres conçues sur ordinateur, offertes au public sous la forme de reproductions limitées à cent exemplaires par composition et signées par Ringo. Le texte situe le début de la manifestation au 19 juin 2005. Cette dépêche, rédigée avant l’événement, est une source primaire précieuse pour le programme envisagé.
Le 26 mai 2005, une deuxième actualité du même site reproduit un communiqué de tournée de Ringo, alors engagé dans la promotion de l’album Choose Love. Cette annonce précise qu’il doit se produire le 19 juin à Irving Plaza, à New York, et indique que la première exposition de ses œuvres doit ouvrir le 20 juin à la Pop International Art Gallery. Nous disposons donc de deux dates d’ouverture annoncées, le 19 et le 20 juin, dans des sources contemporaines. Un article rétrospectif de Modern Drummer, publié le 11 juin 2012 à l’occasion d’une nouvelle tournée d’expositions, identifie également Pop International Galleries à SoHo comme le lieu de la première présentation, et retient le 19 juin 2005. La date du 19 juin est corroborée par deux documents, mais la mention du 20 juin ne doit pas être effacée. Une avant-première le 19 suivie d’une ouverture courante le 20 constitue une hypothèse possible, non démontrée par les sources actuellement accessibles.
Ces archives établissent désormais avec un bon degré de confiance la ville, la galerie, le mois et le format de présentation annoncé. Elles permettent aussi d’expliquer pourquoi les quatorze entrées du répertoire commercial actuel peuvent correspondre à la série exposée en 2005. Toutefois, l’annonce d’une liste de quatorze œuvres n’est pas un inventaire d’accrochage constaté sur place : il faut encore retrouver une invitation datée, un catalogue d’exposition, une photographie de salle ou une recension décrivant les pièces effectivement montrées. La galerie en ligne « Artwork 2005 » conserve quatorze intitulés, mais leur identité exacte avec les quatorze œuvres annoncées reste à vérifier une par une à l’aide des visuels et documents d’édition.
Le mot Faces ouvre naturellement une piste stylistique : plusieurs titres évoquent des visages, des silhouettes et des personnages. Mais on ne peut transformer cette observation en théorie exhaustive de la psychologie de l’artiste. L’analyse iconographique demande la consultation des images, l’identification de leurs variations et, lorsque c’est possible, les explications que Ringo a données sur chaque titre.
Inventaire 2005 : quatorze entrées et leurs éditions
La galerie annuelle répertorie quatorze titres, dont plusieurs disposent d’une fiche commerciale individualisée. Les notices consultées décrivent en majorité des giclées sur papier en éditions de cent exemplaires, signées et datées au marqueur, avec le numéro de tirage inscrit au crayon. Les formats varient considérablement : certaines estampes mesurent 14 × 17 pouces, d’autres 36 × 48 pouces. Une œuvre appartient à la même série chronologique sans nécessairement être au même format que ses voisines.
| Titre original | Dimensions annoncées | Tirage | Référence commerciale | Vérification |
|---|---|---|---|---|
| Help | 23 × 29 pouces | 100 | RS2005-1004 | vérifié |
| Bad Finger | 23 × 29 pouces | 100 | sans SKU confirmé ici | vérifié |
| Hat Man | 23 × 29 pouces | 100 | RS2005-1003 | année contradictoire |
| OOO Man Too | 14 × 17 pouces | 100 | RS2005-10011 | vérifié |
| New Too OK | 17 × 21 pouces | 100 | RS2005-1007 | vérifié |
| Three Faces | 11 × 34 pouces | 100 | RS2005-10012 | vérifié |
| Night Boy | 17 × 21 pouces | 100 | RS2005-1008 | vérifié |
| Oky Doky | 17 × 21 ou 14 × 17 | 100 | RS2005-10010 | formats contradictoires |
| Zak | 17 × 21 pouces | 100 | RS2005-10014 | vérifié |
| Yer Baby | 36 × 48 pouces | 100 | RS2005-10013 | vérifié |
| No, No, No | 17 × 21 pouces | 100 | RS2005-1009 | vérifié |
| Krayzee 101 | 17 × 21 pouces | 100 | RS2005-1006 | vérifié |
| Is It Time? | 23 × 29 pouces | 100 | RS2005-1005 | vérifié |
| Chef Alamode | 17 × 21 pouces | 100 | RS2005-1002 | vérifié |
Portée de ce tableau : les données sont celles des fiches actuellement accessibles chez Ringo Starr Art / ArtCelebs. Le tirage de cent exemplaires correspond à l’édition commerciale décrite ; il ne représente ni cent œuvres sources différentes ni la preuve que tous les exemplaires ont été imprimés, signés et vendus. Les sources primaires individualisées et la galerie annuelle sont indiquées à la fin du chapitre.
Qu’est-ce qu’une giclée signée et numérotée ?
Les fiches parlent de giclée on paper : une impression numérique de qualité artistique sur papier. Le mot ne désigne ni une toile peinte directement à la main ni, à lui seul, le logiciel de création de l’image. Il convient de séparer au moins trois objets : la composition source réalisée par l’artiste, le fichier ou procédé employé pour la reproduction, et l’épreuve papier portant un numéro dans la série publiée.
La combinaison « signé et daté au marqueur, numéroté au crayon » apparaît sur de nombreuses fiches de 2005. Elle décrit une pratique d’authentification de l’édition. Elle ne permet pas de connaître la date de fabrication de chacun des cent exemplaires. Une œuvre intitulée et cataloguée « 2005 » peut être éditée, vendue et recontrôlée beaucoup plus tard. Il importe donc de relever aussi, lorsque la pièce est visible, la date portée de la main de Ringo, le numéro d’exemplaire et l’éventuel certificat.
Le format doit être décrit avec la même rigueur. Les fiches indiquent des mesures en pouces, sans toujours préciser si elles correspondent à la zone d’image, au papier ou au cadre. Une conversion en centimètres reste utile, mais elle ne résout pas cette question : un pouce équivaut à 2,54 centimètres. L’œuvre Three Faces, annoncée à 11 × 34 pouces, possède une proportion très différente de Yer Baby, annoncée à 36 × 48 pouces. Ce ne sont pas de simples vignettes interchangeables.
Les premières grandes figures : Help, Bad Finger, Hat Man
Help figure en tête de galerie. Sa fiche commerciale porte la référence RS2005-1004 et mentionne une giclée sur papier de 23 × 29 pouces, en édition de cent exemplaires. Le titre peut naturellement rappeler le répertoire des Beatles, notamment la chanson et le film de 1965. Mais cette proximité verbale ne démontre pas à elle seule que la composition soit un hommage direct au long métrage ou à l’illustration d’une pochette. Un commentaire historique devra partir du visuel effectivement consulté.
Bad Finger est également datée de 2005, avec les mêmes dimensions de 23 × 29 pouces et un tirage de cent. Le titre rappelle forcément le nom du groupe Badfinger, lié à Apple Records, mais aucune mention sur la fiche commerciale ne permet d’affirmer que l’image représente le groupe. Une notice qui annoncerait le contraire sur cette seule base mélangerait deux domaines distincts : les références musicales familières du lecteur et les intentions vérifiées d’une création plastique.
Hat Man fournit un cas beaucoup plus intéressant qu’une simple ressemblance avec la culture rock. La page de galerie « Artwork 2005 » la légende 2008, alors que sa fiche produit donne 2005, un numéro de référence commençant par RS2005 et une édition de cent impressions sur papier de 23 × 29 pouces. Cette discordance interne est la preuve qu’un même site commercial peut conserver deux chronologies incompatibles. Nous ne pouvons la résoudre sans archive de l’image source ou document d’édition antérieur ; elle doit apparaître dans le catalogue sous la forme « datation 2005/2008 à établir ».
Les silhouettes répétées : OOO Man Too, New Too OK et Three Faces
OOO Man Too possède une référence RS2005-10011, un format de 14 × 17 pouces et cent épreuves annoncées. New Too OK, référence RS2005-1007, mesure 17 × 21 pouces. Three Faces, référence RS2005-10012, adopte au contraire un format allongé de 11 × 34 pouces. Ces variations suffisent déjà à montrer que la série ne repose pas sur un gabarit unique de production.
Les intitulés suggèrent des figures humaines ou une pluralité de portraits, et les catégories commerciales comportent les mots « face », « head » et « portrait ». Il faut cependant rester prudent sur le nombre exact de personnages ou la relation entre des motifs. Une fiche de vente indexée sous l’étiquette « portrait » est une preuve de classement par le marchand, non une analyse stylistique réalisée par un historien de l’art.
Le format particulièrement horizontal de Three Faces mérite d’être enregistré comme une propriété esthétique et matérielle : une composition étirée ne crée pas la même relation entre les figures qu’un rectangle proche du portrait. Mais cette remarque porte sur l’agencement possible ; elle ne doit pas être utilisée pour décrire des couleurs, une profondeur ou un sens symbolique sans consultation autorisée de l’image.
Night Boy, Oky Doky et le problème des formats contradictoires
Night Boy est cataloguée en 17 × 21 pouces, tirage de cent exemplaires, référence RS2005-1008. La même dimension figure dans la fiche descriptive principale d’Oky Doky, édition de cent exemplaires sous la référence RS2005-10010. Mais, pour cette dernière, le tableau secondaire « Additional information » indique 14 × 17 pouces. Les deux rubriques d’une même fiche se contredisent.
La différence est importante : ce n’est pas une variante typographique, mais un changement de proportions du support. Une image à 17 × 21 pouces n’est pas matériellement identique à une autre mesurant 14 × 17 pouces. Les deux tailles pourraient correspondre à deux états de production, mais le marchand n’indique pas explicitement cette hypothèse. Il pourrait aussi s’agir d’une erreur de métadonnées. Nous laissons donc les deux mesures dans le tableau et signalons le point comme non résolu par les sources publiques.
Ce cas illustre les limites d’une bibliothèque de fiches commerciales. Les champs libres de description et les tableaux normalisés ne sont pas toujours synchronisés. Un chercheur peut extraire les informations, mais il doit aussi les contrôler entre elles. Avant de donner des dimensions définitives à Oky Doky, il faudrait mesurer une épreuve authentifiée ou examiner un certificat d’édition mentionnant le format.
Zak, Yer Baby et le statut de portrait
Zak est décrite comme une giclée sur papier, format 17 × 21 pouces, édition de cent exemplaires, avec la référence RS2005-10014. Le titre peut évoquer le prénom du fils de Ringo, Zak Starkey. Cette coïncidence nominale ne suffit pourtant pas à déclarer qu’il s’agit d’un portrait de Zak, tant qu’une déclaration de l’artiste ou une image légendée ne permet pas de faire l’identification. La rubrique « personne représentée » demeure donc à documenter.
Yer Baby constitue l’une des plus grandes estampes de ce corpus, avec 36 × 48 pouces — soit environ 91,4 × 121,9 centimètres — et la référence RS2005-10013. Le tirage annoncé reste de cent exemplaires. L’écart d’échelle avec OOO Man Too est considérable : sous un même millésime, les objets édités peuvent demander des conditions de présentation et de conservation très différentes.
Ce contraste incite à ne pas parler d’un « format My Faces » unique. Une galerie de premières œuvres comprend des pièces de dimensions variées, et le lecteur qui rencontre sur Internet une reproduction réduite à quelques centaines de pixels ne peut pas en déduire l’expérience visuelle d’un exemplaire de plus d’un mètre de large. La notion d’œuvre graphique gagne en précision lorsqu’on restitue son échelle.
No, No, No, Krayzee 101, Is It Time? et Chef Alamode
No, No, No porte la référence RS2005-1009, format 17 × 21 pouces. Son titre évoque des formules que l’on peut rencontrer dans l’univers musical de Ringo, mais la notice de l’éditeur se limite ici à des données matérielles. Il ne serait pas sérieux de tirer des conclusions autobiographiques du seul titre.
Krayzee 101 est cataloguée sous RS2005-1006, avec un format de 17 × 21 pouces et une édition de cent. Sa graphie particulière mérite d’être conservée telle quelle. Les noms propres d’œuvres ne doivent pas être « corrigés » silencieusement en français ou en anglais standard, car cette modification peut empêcher de reconnaître une pièce dans un inventaire d’éditeur.
Is It Time? est proposée en 23 × 29 pouces, référence RS2005-1005, toujours en cent exemplaires. La fiche individuelle comporte un point d’interrogation final ; certaines présentations de galerie abrègent le titre sans cette ponctuation. Il est utile de noter cette variante, tout en conservant la graphie de la fiche d’objet comme désignation principale provisoire.
Enfin, Chef Alamode, référence RS2005-1002, apparaît sur la page de la galerie annuelle et sous une fiche commerciale individualisée à l’adresse se terminant par chef-alamode-2. Elle est décrite en 17 × 21 pouces, sur papier, édition de cent. Une redirection depuis une ancienne adresse produit une nouvelle URL commerciale, mais elle ne transforme pas, à elle seule, le nombre des œuvres ou la date de l’édition. Le catalogueur doit enregistrer l’adresse stable du produit et les anciennes références lorsqu’elles sont attestées.
Le numéro SKU : précieux mais insuffisant
La plupart des fiches de 2005 utilisent un identifiant commercial commençant par RS2005. Les quatre chiffres de l’année semblent servir de préfixe à une nomenclature de boutique, suivie d’un numéro interne. Ce système aide à distinguer deux œuvres qui auraient des titres voisins. Il permet aussi d’identifier une fiche renumérotée ou un article commercial portant une autre graphie de titre.
Il ne s’agit toutefois pas d’une cote d’archives patrimoniales. Le numéro SKU est attribué pour gérer un catalogue de vente ; rien n’établit qu’il corresponde à l’ordre réel d’exécution des images, à celui de leur apparition dans l’exposition ou à une séquence de fichiers enregistrés sur l’ordinateur de Ringo. Dans nos notices, nous le conservons comme référence du marchand, en attendant l’éventuelle création d’identifiants documentaires indépendants.
Il serait donc erroné de déduire qu’Help, référence RS2005-1004, a nécessairement été créée après Hat Man, référence RS2005-1003. Une numérotation commerciale peut dépendre de l’ordre de saisie en boutique, des catégories ou de la préparation des éditions. Pour reconstituer une chronologie d’atelier, il faudrait d’autres documents.
Le véritable rôle d’ArtCelebs et de Neal Glaser
Le site Ringo Starr Art est associé à ArtCelebs. L’entreprise explique que son fondateur Neal Glaser a d’abord constitué une collection privée avant de développer des activités de vente, d’exposition et d’édition. Elle se présente comme un éditeur d’œuvres de Ringo. Cette information permet de replacer les fiches de 2005 dans un circuit commercial identifié, plutôt que de les considérer comme une série de descriptions anonymes circulant sur Internet.
La distinction entre créateur et éditeur demeure fondamentale. Ringo est le musicien et l’artiste dont les œuvres sont publiées, tandis qu’ArtCelebs gère leur édition et leur diffusion. L’existence d’une photographie commerciale d’un tirage et d’une description de produit ne prouve pas que la composition originale, l’épreuve de contrôle, l’impression et la signature ont été réalisées au même moment ou dans le même lieu.
Cette séparation permet aussi d’éviter une confusion avec les maisons qui éditent les livres photographiques de Ringo, notamment Genesis Publications. Les portfolios Genesis et les œuvres graphiques d’ArtCelebs relèvent de catalogues, de techniques et d’équipes éditoriales distincts. Ils ont en commun le nom de l’artiste et certaines finalités philanthropiques, mais leurs formats et certificats doivent être étudiés séparément.
La question des influences : ne pas réduire Ringo à Warhol
Les présentations de galerie rapprochent régulièrement les œuvres de Ringo d’Andy Warhol ou de Keith Haring. Un tel rapprochement suggère des figures simplifiées, des couleurs franches, des motifs reconnaissables et la diffusion par l’estampe. Mais une analogie de style dans un texte promotionnel n’est pas la preuve d’une influence directe revendiquée par Ringo.
Une analyse esthétique sérieuse pourra comparer les formes, les contours, les répétitions, les jeux de mots et le degré d’abstraction en consultant des reproductions autorisées. Elle devra ensuite vérifier dans les entretiens du musicien s’il évoque effectivement telle technique ou tel artiste. Sans cela, parler de « disciple de Warhol » serait une formule commode, mais fragile. L’œuvre mérite d’abord d’être décrite à partir de ses procédés documentés et de son propre parcours.
Un aspect singulier réside d’ailleurs dans la vie de tournée, que Ringo cite explicitement pour expliquer ses débuts informatiques. Warhol ou Haring peuvent fournir des points de comparaison formels, mais ils ne remplacent pas cette donnée biographique. Le travail graphique de Richard Starkey naît aussi d’un quotidien partagé entre musique, voyages et moments passés dans les hôtels.
La Lotus Foundation : les mentions caritatives de 2005
La boutique de Ringo Starr Art annonce que les sommes revenant à l’artiste servent au soutien de la Lotus Foundation. Certaines rubriques emploient la formule « 100 % of the proceeds », expression qu’il faut examiner à partir du contexte de vente et des précisions disponibles sur le site. Il ne convient pas de calculer un montant de don global en multipliant les prix affichés par les tailles d’édition : tous les exemplaires n’ont pas forcément été vendus, les montants ont pu changer avec le temps, et les recettes brutes ne sont pas nécessairement équivalentes aux royalties de l’artiste.
L’histoire de cette action philanthropique est étudiée en détail dans le chapitre consacré à la fondation de Ringo et Barbara Bach. Ici, son intérêt concerne surtout l’organisation de la publication : les estampes signées sont proposées comme œuvres de collection et comme moyens de soutien à des causes sociales. Le contexte commercial ne dispense pas de renseigner précisément le tirage et la provenance de chaque exemplaire.
Quatre corrections indispensables pour le catalogue 2005
Première correction : l’exposition et la galerie de millésime ne sont pas identiques. La première est attestée par les représentants de l’artiste, mais la liste d’accrochage originale demeure à retrouver. La seconde présente quatorze références sur une page commerciale actuelle. Les deux ensembles peuvent se recouper, sans que ce recoupement ait été démontré image par image.
Deuxième correction : Hat Man possède deux années dans la même documentation. La galerie annuelle affiche 2008, la fiche produit affiche 2005. Cette différence doit rester lisible dans la notice jusqu’à examen des archives d’édition.
Troisième correction : les dimensions d’Oky Doky sont contradictoires. La prose donne 17 × 21 pouces, le tableau secondaire 14 × 17. Toute attribution définitive doit attendre une source matérielle.
Quatrième correction : une édition de cent épreuves n’est pas une série de cent originaux peints. Les fiches parlent explicitement de giclées sur papier, signées, datées et numérotées. Le catalogue doit préserver cette terminologie et distinguer les compositions sources des tirages.
Fiche normalisée : comment cataloguer une estampe de cette série
- Titre normalisé
- Graphie d’origine, ponctuation et éventuel sous-titre conservés ; variantes de saisie mentionnées.
- Année
- Millésime indiqué par la galerie, avec signalement des années concurrentes.
- Créateur du motif
- Ringo Starr, selon l’attribution commerciale ; document de conception à examiner si disponible.
- Technique d’édition
- Giclée sur papier pour les fiches de 2005 décrites ; distinguer d’une peinture unique.
- Dimensions
- Mesures originales en pouces, précision du champ « papier » ou « image » si elle est publiée.
- Taille de l’édition
- Cent exemplaires annoncés pour chaque fiche contrôlée.
- Authentification
- Signature, date au marqueur, numérotation au crayon selon la notice ; certificat à vérifier selon exemplaire.
- Identifiant commercial
- SKU RS2005-… du marchand, sans l’assimiler à une cote d’archive indépendante.
- Historique de présentation
- Première exposition, galerie annuelle, ventes ou accrochages ultérieurs uniquement s’ils sont attestés.
- Provenance
- Éditeur, premier vendeur, facture, collection et certificat lorsque les éléments sont identifiables.
- Réserves critiques
- Conflits de date et de dimension, identité du sujet non démontrée, statut de la source et date de consultation.
Une première édition ne signifie pas première idée
Le terme de première édition artistique revient fréquemment sur les sites de vente. Il renvoie à une opération de reproduction ou de publication, mais ne permet pas de connaître automatiquement le nombre d’états préparatoires, les essais numériques antérieurs ou les éventuelles impressions privées non commercialisées. Il est donc possible d’identifier une édition de 2005 sans prétendre que l’idée graphique n’a pas connu de travail précédent.
Un inventaire historique devra différencier les esquisses, les fichiers sources, les épreuves de réglage, les premiers tirages signés et les rééditions. Le rôle de l’éditeur est essentiel pour documenter cette chronologie. En l’absence des archives d’atelier, les fiches de vente permettent seulement d’établir ce qui fut annoncé commercialement, pas la totalité du processus créateur.
Ce que révèle My Faces sur Ringo Starr
Le corpus de 2005 montre une volonté de faire exister un travail visuel en dehors des pochettes de disques. Les estampes portent des titres autonomes, sont proposées en éditions signées, dans des formats variables, et sont regroupées sous un millésime commercial. Le musicien devient le créateur identifié d’objets destinés aux collectionneurs d’art graphique, même lorsque la publicité insiste évidemment sur son passé au sein des Beatles.
Il faut éviter deux excès symétriques : réduire la démarche à un simple produit de célébrité, ou en faire sans preuves une révolution de l’art numérique. Les documents montrent une pratique régulière, un premier jalon d’exposition et un éditeur capable de diffuser des séries. Le sens esthétique des œuvres demande encore un travail d’observation plus fin et les archives de fabrication restent largement privées.
C’est sur ces données que Yellow-Sub pourra construire un catalogue durable. L’ambition n’est pas de multiplier les superlatifs, mais de reconstituer des faits : titre exact, support, format, édition, signature, source et zones de doute. Le lecteur découvrira ainsi une création graphique de Ringo plus complexe et plus traçable que ne le laissent penser les courtes biographies promotionnelles.
Sources primaires et notices d’édition
- Ringo Starr Art / ArtCelebs, « About Ringo’s Art », chronologie du travail informatique et première exposition My Faces — https://ringostarrart.com/about-ringos-work/
- Yellow-Sub.net, « Ringo Starr : exposition de ses dessins », 5 mai 2005 : Pop International Galleries à New York, quatorze créations informatiques, cent tirages par œuvre et ouverture annoncée le 19 juin — https://yellow-sub.net/lactu/49520-ringo-starr-exposition-de-ses-dessins
- Yellow-Sub.net, « Ringo Starr : une tournée américaine de deux dates », 26 mai 2005 : communiqué annonçant l’ouverture de la première exposition le 20 juin à Pop International Art Gallery — https://yellow-sub.net/lactu/49874-ringo-starr-une-tournee-americaine-de-deux-dates
- Modern Drummer, « Ringo Starr Art Exhibits To Show At Select Cities On 13th All Starr Tour », 11 juin 2012 : première exposition identifiée à Pop International Galleries, SoHo, New York, le 19 juin 2005 — https://www.moderndrummer.com/2012/06/ringo-starr-art-exhibits-to-show-at-select-cities-on-13th-all-starr-tour/
- Ringo Starr Art, « Gallery: 2005 », liste annuelle des quatorze œuvres et indications caritatives — https://ringostarrart.com/gallery/artwork-2005/
- ArtCelebs, présentation de l’éditeur Neal Glaser — https://ringostarrart.com/about-art-celebs/
- Ringo Starr Art, fiche d’édition « Help », réf. RS2005-1004, technique, dimensions et tirage — https://ringostarrart.com/product/help/
- Ringo Starr Art, fiche d’édition « Bad Finger », technique, dimensions et tirage — https://ringostarrart.com/product/bad-finger/
- Ringo Starr Art, fiche d’édition « Hat Man », réf. RS2005-1003, technique, dimensions et tirage — https://ringostarrart.com/product/hat-man/
- Ringo Starr Art, fiche d’édition « OOO Man Too », réf. RS2005-10011, technique, dimensions et tirage — https://ringostarrart.com/product/ooo-man-too/
- Ringo Starr Art, fiche d’édition « New Too OK », réf. RS2005-1007, technique, dimensions et tirage — https://ringostarrart.com/product/new-too-ok/
- Ringo Starr Art, fiche d’édition « Three Faces », réf. RS2005-10012, technique, dimensions et tirage — https://ringostarrart.com/product/three-faces/
- Ringo Starr Art, fiche d’édition « Night Boy », réf. RS2005-1008, technique, dimensions et tirage — https://ringostarrart.com/product/night-boy/
- Ringo Starr Art, fiche d’édition « Oky Doky », réf. RS2005-10010, technique, dimensions et tirage — https://ringostarrart.com/product/oky-doky/
- Ringo Starr Art, fiche d’édition « Zak », réf. RS2005-10014, technique, dimensions et tirage — https://ringostarrart.com/product/zak/
- Ringo Starr Art, fiche d’édition « Yer Baby », réf. RS2005-10013, technique, dimensions et tirage — https://ringostarrart.com/product/yer-baby/
- Ringo Starr Art, fiche d’édition « No, No, No », réf. RS2005-1009, technique, dimensions et tirage — https://ringostarrart.com/product/no-no-no/
- Ringo Starr Art, fiche d’édition « Krayzee 101 », réf. RS2005-1006, technique, dimensions et tirage — https://ringostarrart.com/product/krayzee-101/
- Ringo Starr Art, fiche d’édition « Is It Time? », réf. RS2005-1005, technique, dimensions et tirage — https://ringostarrart.com/product/is-it-time/
- Ringo Starr Art, fiche d’édition « Chef Alamode », réf. RS2005-1002, technique, dimensions et tirage — https://ringostarrart.com/product/chef-alamode-2/
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