YELLOW-SUB.NET / ENCYCLOPÉDIE RINGO STARR / CHAPITRE 15
My Faces (2005) : les premières œuvres graphiques de Ringo Starr
Inventaire critique de quatorze estampes, formats, tirages et contradictions des notices d’éditeur.
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L’année 2005 constitue un tournant dans la carrière visuelle de Ringo Starr. C’est la date de My Faces, première exposition de peintures citée par le site consacré à ses œuvres. Derrière ce titre souvent mentionné sans détails, les galeries et les fiches d’édition conservent pourtant une documentation exploitable : noms d’œuvres, techniques d’impression, numéros commerciaux, dimensions et tirages limités. En confrontant ces sources, on peut établir un premier inventaire sérieux et relever des contradictions que les présentations promotionnelles laissent dans l’ombre.
Avant 2005 : l’ordinateur comme atelier itinérant
Il serait inexact d’affirmer que Ringo commence à peindre en 2005. Le site Ringo Starr Art rapporte qu’il avait auparavant pratiqué l’huile et l’acrylique et qu’il a commencé son art informatique à la fin des années 1990, notamment pendant les tournées. Cette chronologie comporte trois jalons distincts : les essais picturaux antérieurs, le recours à l’ordinateur et la première exposition rendue publique en 2005. La date d’une exposition ne saurait donc devenir arbitrairement celle de la toute première œuvre.
L’atelier électronique répond aussi à une réalité biographique. Après la création du All-Starr Band en 1989, Ringo passe régulièrement du temps dans les hôtels, entre deux concerts et deux voyages. Des outils informatiques facilitent la poursuite d’une activité graphique dans cet environnement. Le témoignage de l’artiste explique une condition de travail ; il ne fournit pas, pour chaque image, le modèle de l’ordinateur, l’application employée, le fichier source ou l’année exacte de création. Ces informations ne doivent pas être inventées à partir du rendu des reproductions commerciales.
La première décennie du XXIe siècle voit ainsi se rejoindre deux activités : le travail du musicien qui continue ses tournées et celui du créateur d’images qui fait émerger des personnages et motifs graphiques. La rencontre est biographique, mais aussi matérielle : l’œuvre peut exister comme fichier de travail avant de devenir une épreuve signée, limitée et accompagnée d’une fiche de galerie.
My Faces : la première exposition désormais localisée à New York, juin 2005
La présentation historique de Ringo Starr Art qualifie My Faces de première exposition de peintures de Ringo en 2005. Une confrontation avec des documents contemporains publiés par Yellow-Sub.net en mai 2005 permet désormais d’aller beaucoup plus loin que cette seule mention. Le 5 mai 2005, Yellow-Sub annonçait une exposition à la Pop International Galleries de New York avec quatorze œuvres conçues sur ordinateur, offertes au public sous la forme de reproductions limitées à cent exemplaires par composition et signées par Ringo. Le texte situe le début de la manifestation au 19 juin 2005. Cette dépêche, rédigée avant l’événement, est une source primaire précieuse pour le programme envisagé.
Le 26 mai 2005, une deuxième actualité du même site reproduit un communiqué de tournée de Ringo, alors engagé dans la promotion de l’album Choose Love. Cette annonce précise qu’il doit se produire le 19 juin à Irving Plaza, à New York, et indique que la première exposition de ses œuvres doit ouvrir le 20 juin à la Pop International Art Gallery. Nous disposons donc de deux dates d’ouverture annoncées, le 19 et le 20 juin, dans des sources contemporaines. Un article rétrospectif de Modern Drummer, publié le 11 juin 2012 à l’occasion d’une nouvelle tournée d’expositions, identifie également Pop International Galleries à SoHo comme le lieu de la première présentation, et retient le 19 juin 2005. La date du 19 juin est corroborée par deux documents, mais la mention du 20 juin ne doit pas être effacée. Une avant-première le 19 suivie d’une ouverture courante le 20 constitue une hypothèse possible, non démontrée par les sources actuellement accessibles.
Ces archives établissent désormais avec un bon degré de confiance la ville, la galerie, le mois et le format de présentation annoncé. Elles permettent aussi d’expliquer pourquoi les quatorze entrées du répertoire commercial actuel peuvent correspondre à la série exposée en 2005. Toutefois, l’annonce d’une liste de quatorze œuvres n’est pas un inventaire d’accrochage constaté sur place : il faut encore retrouver une invitation datée, un catalogue d’exposition, une photographie de salle ou une recension décrivant les pièces effectivement montrées. La galerie en ligne « Artwork 2005 » conserve quatorze intitulés, mais leur identité exacte avec les quatorze œuvres annoncées reste à vérifier une par une à l’aide des visuels et documents d’édition.
Le mot Faces ouvre naturellement une piste stylistique : plusieurs titres évoquent des visages, des silhouettes et des personnages. Mais on ne peut transformer cette observation en théorie exhaustive de la psychologie de l’artiste. L’analyse iconographique demande la consultation des images, l’identification de leurs variations et, lorsque c’est possible, les explications que Ringo a données sur chaque titre.
Inventaire 2005 : quatorze entrées et leurs éditions
La galerie annuelle répertorie quatorze titres, dont plusieurs disposent d’une fiche commerciale individualisée. Les notices consultées décrivent en majorité des giclées sur papier en éditions de cent exemplaires, signées et datées au marqueur, avec le numéro de tirage inscrit au crayon. Les formats varient considérablement : certaines estampes mesurent 14 × 17 pouces, d’autres 36 × 48 pouces. Une œuvre appartient à la même série chronologique sans nécessairement être au même format que ses voisines.
| Titre original | Dimensions annoncées | Tirage | Référence commerciale | Vérification |
|---|---|---|---|---|
| Help | 23 × 29 pouces | 100 | RS2005-1004 | vérifié |
| Bad Finger | 23 × 29 pouces | 100 | sans SKU confirmé ici | vérifié |
| Hat Man | 23 × 29 pouces | 100 | RS2005-1003 | année contradictoire |
| OOO Man Too | 14 × 17 pouces | 100 | RS2005-10011 | vérifié |
| New Too OK | 17 × 21 pouces | 100 | RS2005-1007 | vérifié |
| Three Faces | 11 × 34 pouces | 100 | RS2005-10012 | vérifié |
| Night Boy | 17 × 21 pouces | 100 | RS2005-1008 | vérifié |
| Oky Doky | 17 × 21 ou 14 × 17 | 100 | RS2005-10010 | formats contradictoires |
| Zak | 17 × 21 pouces | 100 | RS2005-10014 | vérifié |
| Yer Baby | 36 × 48 pouces | 100 | RS2005-10013 | vérifié |
| No, No, No | 17 × 21 pouces | 100 | RS2005-1009 | vérifié |
| Krayzee 101 | 17 × 21 pouces | 100 | RS2005-1006 | vérifié |
| Is It Time? | 23 × 29 pouces | 100 | RS2005-1005 | vérifié |
| Chef Alamode | 17 × 21 pouces | 100 | RS2005-1002 | vérifié |
Portée de ce tableau : les données sont celles des fiches actuellement accessibles chez Ringo Starr Art / ArtCelebs. Le tirage de cent exemplaires correspond à l’édition commerciale décrite ; il ne représente ni cent œuvres sources différentes ni la preuve que tous les exemplaires ont été imprimés, signés et vendus. Les sources primaires individualisées et la galerie annuelle sont indiquées à la fin du chapitre.
Quatorze compositions en 2005, mais plusieurs statuts d’épreuves : l’apport du catalogue de Las Vegas
Le répertoire initial de My Faces repose sur quatorze titres répertoriés dans le catalogue de Ringo Starr Art. Il ne doit toutefois pas être assimilé à quatorze éditions matériellement homogènes de cent exemplaires en toutes circonstances. La rubrique « Limited Edition Artwork » du catalogue Starr Art de la galerie Animazing, consultable pour la manifestation de 2025, présente plusieurs œuvres de 2005 avec des indications supplémentaires : épreuves d’artiste, spécimens identifiés par une lettre ou un statut non commercial ordinaire, et mentions de tirage qui ne concordent pas toujours avec le plafond standard de cent annoncé dans le répertoire général. Cette documentation ne réduit pas la série d’images à moins de quatorze titres ; elle invite à distinguer composition artistique, édition commerciale, épreuve d’artiste et exemplaire proposé à la vente.
Is It Time : une épreuve d’artiste en marge de l’édition de cent
Is It Time apparaît chez Animazing sous la désignation « A.P. », sur une giclée sur papier de 23 × 29 pouces, signée et datée au marqueur, numérotée au crayon. Le marchand la situe à part de l’édition de cent exemplaires. Ce renseignement permet de ne pas confondre une épreuve d’artiste avec l’un des exemplaires numérotés 1/100 à 100/100. Il ne permet pas, en revanche, d’affirmer combien d’épreuves d’artiste ont été réalisées, ni d’identifier l’exemplaire particulier sans photographie de sa numérotation.
New Too Ok, Zak et Chef Alamode : l’ambiguïté « A.P. » et « Edition of 24 »
Les fiches Animazing de New Too Ok, Zak et Chef Alamode indiquent toutes des giclées sur papier de 17 × 21 pouces, signées et datées au marqueur, numérotées au crayon. Pour chacune, la même ligne commerciale fait coexister « A.P. » et « Edition of 24 ». Le catalogue général Ringo Starr Art donne par ailleurs une édition de cent pour ces compositions de 2005. Plusieurs interprétations restent possibles : le marchand a pu décrire une édition complémentaire de vingt-quatre feuilles, une série d’épreuves d’artiste particulière, un exemplaire appartenant à une sous-édition ou un champ administratif erroné. La concordance d’un titre et de dimensions ne suffit pas à sélectionner arbitrairement l’une de ces interprétations.
Pour chacune des trois œuvres, une notice définitive devrait donc conserver deux états de source : édition standard annoncée : 100 et description de l’exemplaire Animazing : « A.P. | Edition of 24 ». Un cliché du certificat et de la marge portant la signature permettrait de comprendre si l’épreuve est numérotée 1/24, A.P. 1/24 ou autrement. Aucun des trois objets ne doit être présenté comme un tirage unique réalisé à vingt-quatre exemplaires sans vérification supplémentaire. L’ambiguïté n’est pas résolue par le fait que les trois fiches emploient le même gabarit commercial.
Oky Doky : une autre épreuve, une autre dimension contestée
La fiche Animazing de Oky Doky indique une giclée sur papier de 14 × 17 pouces, marquée « A.P. | Edition of 24 ». Dans le catalogue général de My Faces, la même composition est décrite à partir de sources qui donnent parfois 17 × 21 pouces. Ce second désaccord ajoute au problème de numérotation une incertitude de format. Une épreuve hors commerce peut-elle présenter des dimensions différentes d’un tirage courant ? Oui, matériellement, mais rien ne prouve ici que ce soit l’explication. Une mesure prise à l’intérieur de l’image, une mesure du papier bord à bord ou une simple inversion commerciale pourraient aussi rendre compte d’une partie des écarts. La comparaison physique des marges est indispensable.
Tableau de variantes à conserver dans l’inventaire
| Composition de 2005 | Répertoire général | Notice Animazing | Statut provisoire |
|---|---|---|---|
| Is It Time | 100 exemplaires, 23 × 29 pouces | A.P. hors édition standard de 100, 23 × 29 pouces | Épreuve d’artiste distincte annoncée |
| New Too Ok | 100 exemplaires, 17 × 21 pouces | A.P. ; édition mentionnée 24, 17 × 21 pouces | Plafond contradictoire / nature de l’épreuve non établie |
| Zak | 100 exemplaires, 17 × 21 pouces | A.P. ; édition mentionnée 24, 17 × 21 pouces | Plafond contradictoire / nature de l’épreuve non établie |
| Chef Alamode | 100 exemplaires, 17 × 21 pouces | A.P. ; édition mentionnée 24, 17 × 21 pouces | Plafond contradictoire / nature de l’épreuve non établie |
| Oky Doky | 100 exemplaires, formats sources divergents | A.P. ; édition mentionnée 24, 14 × 17 pouces | Format et statut d’épreuve à vérifier |
Le tableau ne constitue pas une liste de cinq nouvelles œuvres apparues en 2025. Il correspond à cinq notices d’exemplaires de compositions déjà datées de 2005 dont la circulation commerciale permet de préciser les variantes ou les incohérences bibliographiques. Il ne faut pas additionner les plafonds de tirage mentionnés pour annoncer plusieurs centaines de nouveaux originaux : une épreuve giclée reproduit un fichier graphique, et un catalogue commercial peut réutiliser ce fichier dans différents états sans créer un nouveau dessin source.
La portée d’un certificat et d’une inscription manuscrite
La numérotation portée au crayon, la signature au marqueur et la date manuscrite sont trois indices différents. Leur lecture devrait figurer dans des champs distincts, accompagnés d’une photographie en haute résolution de la marge et du verso. Un certificat peut authentifier une épreuve particulière, sans établir l’intégralité du tirage d’une œuvre ni la date du fichier numérique original. Pour les cinq titres étudiés, la donnée la plus importante à retrouver est donc le marquage réel des épreuves dites A.P. ; tant qu’il manque, le catalogue doit reproduire la contradiction et garder les deux sources, au lieu de corriger silencieusement le nombre d’exemplaires.
Qu’est-ce qu’une giclée signée et numérotée ?
Les fiches parlent de giclée on paper : une impression numérique de qualité artistique sur papier. Le mot ne désigne ni une toile peinte directement à la main ni, à lui seul, le logiciel de création de l’image. Il convient de séparer au moins trois objets : la composition source réalisée par l’artiste, le fichier ou procédé employé pour la reproduction, et l’épreuve papier portant un numéro dans la série publiée.
La combinaison « signé et daté au marqueur, numéroté au crayon » apparaît sur de nombreuses fiches de 2005. Elle décrit une pratique d’authentification de l’édition. Elle ne permet pas de connaître la date de fabrication de chacun des cent exemplaires. Une œuvre intitulée et cataloguée « 2005 » peut être éditée, vendue et recontrôlée beaucoup plus tard. Il importe donc de relever aussi, lorsque la pièce est visible, la date portée de la main de Ringo, le numéro d’exemplaire et l’éventuel certificat.
Le format doit être décrit avec la même rigueur. Les fiches indiquent des mesures en pouces, sans toujours préciser si elles correspondent à la zone d’image, au papier ou au cadre. Une conversion en centimètres reste utile, mais elle ne résout pas cette question : un pouce équivaut à 2,54 centimètres. L’œuvre Three Faces, annoncée à 11 × 34 pouces, possède une proportion très différente de Yer Baby, annoncée à 36 × 48 pouces. Ce ne sont pas de simples vignettes interchangeables.
Les premières grandes figures : Help, Bad Finger, Hat Man
Help figure en tête de galerie. Sa fiche commerciale porte la référence RS2005-1004 et mentionne une giclée sur papier de 23 × 29 pouces, en édition de cent exemplaires. Le titre peut naturellement rappeler le répertoire des Beatles, notamment la chanson et le film de 1965. Mais cette proximité verbale ne démontre pas à elle seule que la composition soit un hommage direct au long métrage ou à l’illustration d’une pochette. Un commentaire historique devra partir du visuel effectivement consulté.
Bad Finger est également datée de 2005, avec les mêmes dimensions de 23 × 29 pouces et un tirage de cent. Le titre rappelle forcément le nom du groupe Badfinger, lié à Apple Records, mais aucune mention sur la fiche commerciale ne permet d’affirmer que l’image représente le groupe. Une notice qui annoncerait le contraire sur cette seule base mélangerait deux domaines distincts : les références musicales familières du lecteur et les intentions vérifiées d’une création plastique.
Hat Man fournit un cas beaucoup plus intéressant qu’une simple ressemblance avec la culture rock. La page de galerie « Artwork 2005 » la légende 2008, alors que sa fiche produit donne 2005, un numéro de référence commençant par RS2005 et une édition de cent impressions sur papier de 23 × 29 pouces. Cette discordance interne est la preuve qu’un même site commercial peut conserver deux chronologies incompatibles. Nous ne pouvons la résoudre sans archive de l’image source ou document d’édition antérieur ; elle doit apparaître dans le catalogue sous la forme « datation 2005/2008 à établir ».
Les silhouettes répétées : OOO Man Too, New Too OK et Three Faces
OOO Man Too possède une référence RS2005-10011, un format de 14 × 17 pouces et cent épreuves annoncées. New Too OK, référence RS2005-1007, mesure 17 × 21 pouces. Three Faces, référence RS2005-10012, adopte au contraire un format allongé de 11 × 34 pouces. Ces variations suffisent déjà à montrer que la série ne repose pas sur un gabarit unique de production.
Les intitulés suggèrent des figures humaines ou une pluralité de portraits, et les catégories commerciales comportent les mots « face », « head » et « portrait ». Il faut cependant rester prudent sur le nombre exact de personnages ou la relation entre des motifs. Une fiche de vente indexée sous l’étiquette « portrait » est une preuve de classement par le marchand, non une analyse stylistique réalisée par un historien de l’art.
Le format particulièrement horizontal de Three Faces mérite d’être enregistré comme une propriété esthétique et matérielle : une composition étirée ne crée pas la même relation entre les figures qu’un rectangle proche du portrait. Mais cette remarque porte sur l’agencement possible ; elle ne doit pas être utilisée pour décrire des couleurs, une profondeur ou un sens symbolique sans consultation autorisée de l’image.
Night Boy, Oky Doky et le problème des formats contradictoires
Night Boy est cataloguée en 17 × 21 pouces, tirage de cent exemplaires, référence RS2005-1008. La même dimension figure dans la fiche descriptive principale d’Oky Doky, édition de cent exemplaires sous la référence RS2005-10010. Mais, pour cette dernière, le tableau secondaire « Additional information » indique 14 × 17 pouces. Les deux rubriques d’une même fiche se contredisent.
La différence est importante : ce n’est pas une variante typographique, mais un changement de proportions du support. Une image à 17 × 21 pouces n’est pas matériellement identique à une autre mesurant 14 × 17 pouces. Les deux tailles pourraient correspondre à deux états de production, mais le marchand n’indique pas explicitement cette hypothèse. Il pourrait aussi s’agir d’une erreur de métadonnées. Nous laissons donc les deux mesures dans le tableau et signalons le point comme non résolu par les sources publiques.
Ce cas illustre les limites d’une bibliothèque de fiches commerciales. Les champs libres de description et les tableaux normalisés ne sont pas toujours synchronisés. Un chercheur peut extraire les informations, mais il doit aussi les contrôler entre elles. Avant de donner des dimensions définitives à Oky Doky, il faudrait mesurer une épreuve authentifiée ou examiner un certificat d’édition mentionnant le format.
Zak, Yer Baby et le statut de portrait
Zak est décrite comme une giclée sur papier, format 17 × 21 pouces, édition de cent exemplaires, avec la référence RS2005-10014. Le titre rappelle le prénom de Zak Starkey, mais deux témoignages de Ringo, en 2005 à WNBC et en 2007 dans la Harvard Gazette, établissent que ce personnage ne représente pas son fils. Ringo avait inscrit ces lettres sur un chapeau lors d’un essai de dessin informatique, puis les avait conservées faute de savoir les supprimer. La rubrique « personne représentée » doit donc indiquer « figure imaginaire ; non Zak Starkey selon l’artiste ».
Yer Baby constitue l’une des plus grandes estampes de ce corpus, avec 36 × 48 pouces — soit environ 91,4 × 121,9 centimètres — et la référence RS2005-10013. Le tirage annoncé reste de cent exemplaires. L’écart d’échelle avec OOO Man Too est considérable : sous un même millésime, les objets édités peuvent demander des conditions de présentation et de conservation très différentes.
Ce contraste incite à ne pas parler d’un « format My Faces » unique. Une galerie de premières œuvres comprend des pièces de dimensions variées, et le lecteur qui rencontre sur Internet une reproduction réduite à quelques centaines de pixels ne peut pas en déduire l’expérience visuelle d’un exemplaire de plus d’un mètre de large. La notion d’œuvre graphique gagne en précision lorsqu’on restitue son échelle.
No, No, No, Krayzee 101, Is It Time? et Chef Alamode
No, No, No porte la référence RS2005-1009, format 17 × 21 pouces. Son titre évoque des formules que l’on peut rencontrer dans l’univers musical de Ringo, mais la notice de l’éditeur se limite ici à des données matérielles. Il ne serait pas sérieux de tirer des conclusions autobiographiques du seul titre.
Krayzee 101 est cataloguée sous RS2005-1006, avec un format de 17 × 21 pouces et une édition de cent. Sa graphie particulière mérite d’être conservée telle quelle. Les noms propres d’œuvres ne doivent pas être « corrigés » silencieusement en français ou en anglais standard, car cette modification peut empêcher de reconnaître une pièce dans un inventaire d’éditeur.
Is It Time? est proposée en 23 × 29 pouces, référence RS2005-1005, toujours en cent exemplaires. La fiche individuelle comporte un point d’interrogation final ; certaines présentations de galerie abrègent le titre sans cette ponctuation. Il est utile de noter cette variante, tout en conservant la graphie de la fiche d’objet comme désignation principale provisoire.
Enfin, Chef Alamode, référence RS2005-1002, apparaît sur la page de la galerie annuelle et sous une fiche commerciale individualisée à l’adresse se terminant par chef-alamode-2. Elle est décrite en 17 × 21 pouces, sur papier, édition de cent. Une redirection depuis une ancienne adresse produit une nouvelle URL commerciale, mais elle ne transforme pas, à elle seule, le nombre des œuvres ou la date de l’édition. Le catalogueur doit enregistrer l’adresse stable du produit et les anciennes références lorsqu’elles sont attestées.
Le numéro SKU : précieux mais insuffisant
La plupart des fiches de 2005 utilisent un identifiant commercial commençant par RS2005. Les quatre chiffres de l’année semblent servir de préfixe à une nomenclature de boutique, suivie d’un numéro interne. Ce système aide à distinguer deux œuvres qui auraient des titres voisins. Il permet aussi d’identifier une fiche renumérotée ou un article commercial portant une autre graphie de titre.
Il ne s’agit toutefois pas d’une cote d’archives patrimoniales. Le numéro SKU est attribué pour gérer un catalogue de vente ; rien n’établit qu’il corresponde à l’ordre réel d’exécution des images, à celui de leur apparition dans l’exposition ou à une séquence de fichiers enregistrés sur l’ordinateur de Ringo. Dans nos notices, nous le conservons comme référence du marchand, en attendant l’éventuelle création d’identifiants documentaires indépendants.
Il serait donc erroné de déduire qu’Help, référence RS2005-1004, a nécessairement été créée après Hat Man, référence RS2005-1003. Une numérotation commerciale peut dépendre de l’ordre de saisie en boutique, des catégories ou de la préparation des éditions. Pour reconstituer une chronologie d’atelier, il faudrait d’autres documents.
Le véritable rôle d’ArtCelebs et de Neal Glaser
Le site Ringo Starr Art est associé à ArtCelebs. L’entreprise explique que son fondateur Neal Glaser a d’abord constitué une collection privée avant de développer des activités de vente, d’exposition et d’édition. Elle se présente comme un éditeur d’œuvres de Ringo. Cette information permet de replacer les fiches de 2005 dans un circuit commercial identifié, plutôt que de les considérer comme une série de descriptions anonymes circulant sur Internet.
La distinction entre créateur et éditeur demeure fondamentale. Ringo est le musicien et l’artiste dont les œuvres sont publiées, tandis qu’ArtCelebs gère leur édition et leur diffusion. L’existence d’une photographie commerciale d’un tirage et d’une description de produit ne prouve pas que la composition originale, l’épreuve de contrôle, l’impression et la signature ont été réalisées au même moment ou dans le même lieu.
Cette séparation permet aussi d’éviter une confusion avec les maisons qui éditent les livres photographiques de Ringo, notamment Genesis Publications. Les portfolios Genesis et les œuvres graphiques d’ArtCelebs relèvent de catalogues, de techniques et d’équipes éditoriales distincts. Ils ont en commun le nom de l’artiste et certaines finalités philanthropiques, mais leurs formats et certificats doivent être étudiés séparément.
La question des influences : ne pas réduire Ringo à Warhol
Les présentations de galerie rapprochent régulièrement les œuvres de Ringo d’Andy Warhol ou de Keith Haring. Un tel rapprochement suggère des figures simplifiées, des couleurs franches, des motifs reconnaissables et la diffusion par l’estampe. Mais une analogie de style dans un texte promotionnel n’est pas la preuve d’une influence directe revendiquée par Ringo.
Une analyse esthétique sérieuse pourra comparer les formes, les contours, les répétitions, les jeux de mots et le degré d’abstraction en consultant des reproductions autorisées. Elle devra ensuite vérifier dans les entretiens du musicien s’il évoque effectivement telle technique ou tel artiste. Sans cela, parler de « disciple de Warhol » serait une formule commode, mais fragile. L’œuvre mérite d’abord d’être décrite à partir de ses procédés documentés et de son propre parcours.
Un aspect singulier réside d’ailleurs dans la vie de tournée, que Ringo cite explicitement pour expliquer ses débuts informatiques. Warhol ou Haring peuvent fournir des points de comparaison formels, mais ils ne remplacent pas cette donnée biographique. Le travail graphique de Richard Starkey naît aussi d’un quotidien partagé entre musique, voyages et moments passés dans les hôtels.
La Lotus Foundation : les mentions caritatives de 2005
La boutique de Ringo Starr Art annonce que les sommes revenant à l’artiste servent au soutien de la Lotus Foundation. Certaines rubriques emploient la formule « 100 % of the proceeds », expression qu’il faut examiner à partir du contexte de vente et des précisions disponibles sur le site. Il ne convient pas de calculer un montant de don global en multipliant les prix affichés par les tailles d’édition : tous les exemplaires n’ont pas forcément été vendus, les montants ont pu changer avec le temps, et les recettes brutes ne sont pas nécessairement équivalentes aux royalties de l’artiste.
L’histoire de cette action philanthropique est étudiée en détail dans le chapitre consacré à la fondation de Ringo et Barbara Bach. Ici, son intérêt concerne surtout l’organisation de la publication : les estampes signées sont proposées comme œuvres de collection et comme moyens de soutien à des causes sociales. Le contexte commercial ne dispense pas de renseigner précisément le tirage et la provenance de chaque exemplaire.
Quatre corrections indispensables pour le catalogue 2005
Première correction : l’exposition et la galerie de millésime ne sont pas identiques. La première est attestée par les représentants de l’artiste, mais la liste d’accrochage originale demeure à retrouver. La seconde présente quatorze références sur une page commerciale actuelle. Les deux ensembles peuvent se recouper, sans que ce recoupement ait été démontré image par image.
Deuxième correction : Hat Man possède deux années dans la même documentation. La galerie annuelle affiche 2008, la fiche produit affiche 2005. Cette différence doit rester lisible dans la notice jusqu’à examen des archives d’édition.
Troisième correction : les dimensions d’Oky Doky sont contradictoires. La prose donne 17 × 21 pouces, le tableau secondaire 14 × 17. Toute attribution définitive doit attendre une source matérielle.
Quatrième correction : une édition de cent épreuves n’est pas une série de cent originaux peints. Les fiches parlent explicitement de giclées sur papier, signées, datées et numérotées. Le catalogue doit préserver cette terminologie et distinguer les compositions sources des tirages.
Fiche normalisée : comment cataloguer une estampe de cette série
- Titre normalisé
- Graphie d’origine, ponctuation et éventuel sous-titre conservés ; variantes de saisie mentionnées.
- Année
- Millésime indiqué par la galerie, avec signalement des années concurrentes.
- Créateur du motif
- Ringo Starr, selon l’attribution commerciale ; document de conception à examiner si disponible.
- Technique d’édition
- Giclée sur papier pour les fiches de 2005 décrites ; distinguer d’une peinture unique.
- Dimensions
- Mesures originales en pouces, précision du champ « papier » ou « image » si elle est publiée.
- Taille de l’édition
- Cent exemplaires annoncés pour chaque fiche contrôlée.
- Authentification
- Signature, date au marqueur, numérotation au crayon selon la notice ; certificat à vérifier selon exemplaire.
- Identifiant commercial
- SKU RS2005-… du marchand, sans l’assimiler à une cote d’archive indépendante.
- Historique de présentation
- Première exposition, galerie annuelle, ventes ou accrochages ultérieurs uniquement s’ils sont attestés.
- Provenance
- Éditeur, premier vendeur, facture, collection et certificat lorsque les éléments sont identifiables.
- Réserves critiques
- Conflits de date et de dimension, identité du sujet non démontrée, statut de la source et date de consultation.
Une première édition ne signifie pas première idée
Le terme de première édition artistique revient fréquemment sur les sites de vente. Il renvoie à une opération de reproduction ou de publication, mais ne permet pas de connaître automatiquement le nombre d’états préparatoires, les essais numériques antérieurs ou les éventuelles impressions privées non commercialisées. Il est donc possible d’identifier une édition de 2005 sans prétendre que l’idée graphique n’a pas connu de travail précédent.
Un inventaire historique devra différencier les esquisses, les fichiers sources, les épreuves de réglage, les premiers tirages signés et les rééditions. Le rôle de l’éditeur est essentiel pour documenter cette chronologie. En l’absence des archives d’atelier, les fiches de vente permettent seulement d’établir ce qui fut annoncé commercialement, pas la totalité du processus créateur.
Ce que révèle My Faces sur Ringo Starr
Le corpus de 2005 montre une volonté de faire exister un travail visuel en dehors des pochettes de disques. Les estampes portent des titres autonomes, sont proposées en éditions signées, dans des formats variables, et sont regroupées sous un millésime commercial. Le musicien devient le créateur identifié d’objets destinés aux collectionneurs d’art graphique, même lorsque la publicité insiste évidemment sur son passé au sein des Beatles.
Il faut éviter deux excès symétriques : réduire la démarche à un simple produit de célébrité, ou en faire sans preuves une révolution de l’art numérique. Les documents montrent une pratique régulière, un premier jalon d’exposition et un éditeur capable de diffuser des séries. Le sens esthétique des œuvres demande encore un travail d’observation plus fin et les archives de fabrication restent largement privées.
C’est sur ces données que Yellow-Sub pourra construire un catalogue durable. L’ambition n’est pas de multiplier les superlatifs, mais de reconstituer des faits : titre exact, support, format, édition, signature, source et zones de doute. Le lecteur découvrira ainsi une création graphique de Ringo plus complexe et plus traçable que ne le laissent penser les courtes biographies promotionnelles.
Des visages numériques aux véritables autoportraits de Ringo
Le titre My Faces ne signifie pas que toutes les figures de 2005 représentent l’artiste lui-même. Une étude distincte confronte les autoportraits photographiques de 1966, 1969 et des années 1970 aux représentations animées créées pour la vente de NFT de 2022. Cet aller-retour aide à séparer un visage générique, un autoportrait déclaré et une adaptation graphique réalisée par un tiers.
18–20 juin 2005 : le témoignage d’époque retrouvé dans les archives Yellow-Sub
Une pièce contemporaine permet d’aller au-delà du récit rétrospectif de My Faces. Le 20 juin 2005, Yellow-Sub.net publiait la transcription anglaise d’un entretien accordé par Ringo Starr à WNBC à l’occasion du vernissage de son exposition d’art informatique, annoncée comme ayant eu lieu le 18 juin 2005. Cette source est d’autant plus précieuse qu’elle ne reconstruit pas les débuts de l’artiste vingt ans après les faits : elle saisit Ringo au moment où il montre pour la première fois au public un ensemble de dessins créés sur ordinateur. La transcription conservée comporte des dégradations typographiques dans certaines apostrophes ; le document doit donc être traité comme une copie historique d’entretien, à confronter à l’enregistrement lorsqu’il pourra être localisé.
De la chambre d’hôtel au programme de dessin : le premier atelier numérique
Interrogé sur la genèse de ses images, Ringo raconte qu’il a découvert un logiciel de peinture durant ses tournées, lorsqu’il passait de longues périodes dans des chambres d’hôtel. Le souvenir précise une succession de gestes techniques : il commence par des dessins ou constructions graphiques avec la souris, puis adopte une tablette de dessin électronique parce qu’il éprouve des difficultés à tracer directement au moyen de la souris. Cela éclaire de manière beaucoup plus concrète l’expression vague « peintures sur ordinateur ». Il s’agit d’un passage entre deux interfaces de création, chacune imposant ses contraintes de geste et de précision.
Le logiciel n’est pas nommé dans la transcription. Il serait donc injustifié de lui attribuer un programme précis, une version de système d’exploitation ou un modèle de tablette graphique. Le témoignage atteste l’usage successif de la souris et d’une tablette ; il ne documente ni le matériel acheté, ni son fabricant, ni les dimensions originales des fichiers, ni leurs formats d’enregistrement. Pour les spécialistes de l’art numérique, cette absence de données ne doit pas être masquée par une reconstruction technique imaginaire.
Zak : une œuvre née aussi d’un accident d’interface
L’entretien révèle une anecdote particulièrement parlante sur le processus de création. Le journaliste remarque le mot « Zak » dans un dessin, en référence à Zak Starkey, le fils aîné de Ringo. Celui-ci explique avoir découvert par hasard une fonction permettant d’insérer des lettres ; il a composé trois caractères, puis les a déplacés sur le chapeau de la figure. Ne sachant pas ensuite comment les supprimer, il les a conservés. Ce témoignage transforme une simple inscription graphique en trace de l’apprentissage du logiciel : l’accident, l’essai et l’imprévu font partie de la composition finale.
Ce détail invite à interpréter prudemment les titres des premières œuvres. Il serait séduisant de présenter chaque prénom, chaque chapeau et chaque visage comme un symbole déterminé à l’avance. Or Ringo reconnaît en 2005 qu’il apprécie les effets non planifiés. L’historien peut donc parler de jeu graphique et d’improvisation documentés, sans attribuer à l’artiste un programme iconographique extrêmement élaboré qui n’est pas décrit dans les sources.
Les « people » de Ringo : un vocabulaire d’auteur pour les visages
Le journaliste observe que presque toutes les œuvres présentent des visages. Ringo joue de cette remarque et explique qu’il les appelle ses « people », ses personnages. Il précise qu’il s’agit essentiellement de têtes. Ce vocabulaire contemporain est révélateur : My Faces ne désigne pas seulement une collection de portraits ressemblants. Il annonce un monde de figures stylisées, où quelques signes suffisent à évoquer une personne sans prétendre la représenter fidèlement. Les yeux, les coiffures, les couvre-chefs et les contours deviennent des éléments récurrents d’une grammaire graphique plus proche de l’illustration que du portrait académique.
Cette liberté formelle explique la continuité observable jusqu’aux éditions ultérieures de Bandana Man ou de Wooden Man. Il convient toutefois de distinguer une parenté de vocabulaire et une continuité matérielle entre les œuvres : une silhouette coiffée d’un chapeau en 2005 n’est pas automatiquement la matrice de toutes les silhouettes coiffées qui suivront. Seul le rapprochement visuel et les archives de fabrication permettraient de démontrer un véritable recyclage de fichier ou de composition.
Ringo peintre avant Ringo artiste numérique : son repère personnel autour de 1990
Dans le même entretien, Ringo refuse de qualifier sa pratique d’« nouvelle carrière » séparée de sa vie de musicien. Il rappelle qu’il joue de la batterie, chante, écrit et enregistre, et qu’il ajoute simplement une activité artistique supplémentaire. Surtout, il situe le début de sa peinture à l’acrylique autour de 1990 et évoque les conseils d’un ami peintre qui lui aurait donné quelques leçons de peinture à l’huile. Il faut conserver le caractère approximatif de cette date : « vers 1990 », dans la bouche de Ringo en 2005, n’est pas une preuve que la première toile répertoriable date exactement de 1990.
Ce témoignage nuance deux récits trop simples. Le premier ferait commencer toute création visuelle avec le logiciel de la fin des années 1990. Le second assimilerait les estampes de My Faces à la reproduction directe de tableaux antérieurs. Ringo décrit des pratiques successives — peinture à l’acrylique, initiation à l’huile, puis création purement informatique — mais n’identifie pas les tableaux physiques ni leur devenir. Les œuvres numériques de 2005 restent donc des créations à cataloguer pour elles-mêmes, et les peintures antérieures demeurent un fonds à localiser.
Le vernissage, la nervosité et la finalité caritative
Ringo reconnaît dans l’entretien avoir ressenti de la nervosité en venant à l’exposition, puis s’être réjoui en voyant ses œuvres encadrées et accrochées. Cette réaction ne prouve pas une entrée soudaine dans la création : elle décrit l’expérience nouvelle de la présentation publique. Le même échange précise que les recettes de l’artiste doivent soutenir la Lotus Foundation. Le lien entre l’art exposé et la philanthropie n’est donc pas une explication inventée après l’exposition de 2025 ; il apparaît déjà dans la documentation contemporaine du premier grand jalon de 2005.
La coexistence de My Faces et de l’album Choose Love, évoqué à la fin de l’entretien, est un dernier repère utile. L’artiste n’abandonne pas la musique pour la peinture : il passe de l’une à l’autre au cours du même déplacement promotionnel et dans le cadre d’une activité musicale toujours bien réelle. L’étude de cette période doit ainsi embrasser la tournée, le studio de Ringo and the Roundheads, les œuvres numériques et la visibilité caritative sans réduire le personnage à un seul métier.
La transcription de 2005 constitue désormais une source de premier rang dans ce chapitre, avec une réserve claire sur l’état du texte conservé. Elle rend plusieurs éléments démontrables : le contexte de tournée, l’usage d’un logiciel, le passage de la souris à la tablette, l’origine fortuite de « Zak », l’importance des visages et la peinture à l’acrylique antérieure. Elle ne prouve pas le nombre exact d’œuvres accrochées, les logiciels employés, la date de chaque création ni les identités de leurs premiers propriétaires.
Hat Man et Zak : les dates contradictoires des catalogues de 2005 à 2007
La Harvard Gazette apporte un élément déterminant au catalogue des premières œuvres numériques de Ringo Starr. Le 7 juin 2007, Andrew Brooks publie un entretien avec le musicien à l’occasion d’une exposition présentée du 7 au 10 juin au 60 Church Street, dans le quartier de Harvard Square. Le journaliste annonce dix-sept portraits colorés, signés et numérotés, destinés à être proposés au public au profit de la Lotus Foundation. Ce chiffre correspond à l’événement de 2007 : il ne décrit pas automatiquement le corpus initial de 2005 et ne démontre pas que les dix-sept compositions étaient toutes nouvelles.
Hat Man : l’œuvre est déjà nommée en 2007, mais la galerie la date de 2008
Dans le catalogue commercial Ringo Starr Art, Hat Man apparaît à l’intérieur d’une rubrique nommée « Gallery: 2005 », avec une légende « Hat Man, 2008 ». Le titre est cependant mentionné dans l’article de la Harvard Gazette du 7 juin 2007, parmi les exemples de noms descriptifs donnés aux œuvres. La documentation révèle ainsi une contradiction réelle, qu’il serait dangereux de résoudre en choisissant arbitrairement l’un des deux millésimes. Le titre et une œuvre qui lui correspond sont attestés au plus tard le 7 juin 2007 ; la date 2008 apparaît dans la vitrine actuellement consultable, sans que celle-ci indique s’il s’agit de la date de l’image, d’une variante ou d’une édition.
La notice normalisée doit conserver les deux indications : « Hat Man — intitulé attesté en juin 2007 ; galerie commerciale classée en 2005 et légendée 2008 ; datation exacte du fichier numérique et de son premier tirage à établir ». C’est un bon exemple de la valeur de la presse contemporaine : elle peut corriger une chronologie commerciale dont les rubriques ont été réorganisées au fil des années. Seul l’examen de documents de fabrication, d’un certificat ou d’une liste originale d’exposition permettra de conclure davantage.
Zak : un nom de famille qui ne désigne pas la personne représentée
L’entretien WNBC de juin 2005 conservé sur Yellow-Sub.net raconte comment Ringo, expérimentant les fonctions d’un programme de dessin, avait inscrit trois lettres sur le chapeau d’un personnage sans réussir à les retirer. En juin 2007, le musicien clarifie à nouveau ce point dans la Harvard Gazette : Zak n’est pas un portrait de son fils Zak Starkey. La concordance entre ces deux témoignages contemporains permet donc d’écarter une identification qui pourrait sembler évidente au premier regard.
Il faut enregistrer « figure portant un chapeau avec l’inscription ZAK » dans la description matérielle, mais ne pas remplir le champ « personne représentée » avec le nom de Zak Starkey. Les mots inscrits dans une œuvre ne sont pas toujours les noms des personnages. Pour le répertoire des portraits de la famille Starr, cette distinction évitera de créer un faux témoignage iconographique qui serait ensuite répété dans des biographies ou des catalogues de vente.
Le nom de fichier comme titre : une esthétique de l’improvisation documentée
La Harvard Gazette précise que Ringo attribue souvent des noms à ses œuvres parce qu’il lui faut nommer les fichiers pour pouvoir les retrouver. Des titres simples comme Hat Man et Three Faces prennent une valeur technique : ils peuvent être issus de la nécessité de sauvegarder une composition, avant de devenir des intitulés d’estampes. L’artiste décrit sa manière de créer comme une pratique spontanée, faite de décisions rapides et d’accidents acceptés. Cela ne prive pas ses images de sens, mais oblige à distinguer l’intention de l’auteur, la fonction initiale du nom et les interprétations ultérieures.
Un fichier conçu en voyage, une giclée signée de 2005, une épreuve d’artiste et une feuille figurant dans une exposition de 2007 doivent être traités comme des objets documentaires distincts, même s’ils reproduisent une composition identique. Les différences entre le fichier, son édition et les exemplaires individuels sont au cœur de l’histoire des arts numériques populaires des années 2000.
Deux exemplaires retrouvés en ventes publiques
Le 10 août 2013, Heritage Auctions documente une épreuve Is It Time numérotée 5/100, signée « Ringo 05 », avec un autocollant holographique portant une référence à l’œuvre et une mention de l’éditeur Celebrity Art au verso ; la maison affiche un résultat de 875 dollars. Une vente d’août 2009 chez Gotta Have Rock and Roll conserve la trace d’un tirage Zak de 21 × 17 pouces, numéroté 96/100, portant une signature « Ringo 05 » et des cachets de l’éditeur ; le résultat publié atteint 949 dollars. Ce sont des preuves d’existence d’exemplaires individualisés et des résultats historiques, non des estimations applicables au marché de 2026.
Ces notices permettent de croiser la numérotation, les dimensions, les marques d’éditeur, la présence de la signature et les noms d’œuvres. Un numéro 5/100 ne signifie pas que la photographie ou le fichier original a été créé à la cinquième étape d’un processus artistique. Il identifie une place dans un tirage. Un exemplaire marqué « A.P. » se rapporte, de son côté, à une épreuve d’artiste ; il ne s’agit pas nécessairement d’un tableau supplémentaire ou d’une autre composition. La conservation du numéro et de l’identifiant de lot évite d’assimiler l’histoire d’un exemplaire au destin de toute la série.
Ce récolement déplace utilement le regard sur My Faces. Il ne s’agit plus seulement d’une suite de dessins humoristiques de l’ancien Beatle : on peut restituer les pratiques informatiques de leur auteur, les premières expositions, les éditions limitées, des exemplaires identifiables et les contradictions de datation. Cette démarche distingue la recherche patrimoniale d’un simple catalogue d’images.
Repérage dans le catalogue central : les notices Zak, Hat Man, Is It Time et Three Faces sont désormais rapprochées dans le registre transversal des œuvres et éditions. Les identifiants du registre ne remplacent pas les numéros d’édition inscrits sur les estampes.
My Faces : le catalogue Animazing permet de décrire les éditions plutôt que les seuls visages de 2005
La présentation actuelle d’Animazing Gallery permet de détailler plusieurs compositions associées à la première période graphique de Ringo. Elle décrit Bad Finger (2005) comme une giclée sur papier de 23 × 29 pouces, signée et datée au feutre, puis numérotée au crayon, dans une édition déclarée de 100 exemplaires. L’importance de cette information n’est pas uniquement marchande : elle permet de séparer l’image numérique d’origine de la feuille imprimée, puis de l’exemplaire individualisé.
Night Boy (2005) possède un autre format, 17 × 21 pouces, et une édition déclarée de cent. Three Faces est documentée au format très horizontal de 11 × 34 pouces, également à cent exemplaires. Ces proportions ne sont pas anecdotiques : le rapport largeur/hauteur de l’estampe participe à la manière de lire l’assemblage des visages. Une vignette web carrée de ces œuvres ne peut remplacer une description matérielle du tirage.
Animazing présente aussi Chef Alamode, New Too Ok, Zak et Oky Doky dans des états marqués A.P., avec des éditions ou séries d’épreuves annoncées à 24. La graphie « A.P. » doit être conservée pour qualifier le statut de l’épreuve présentée, sans conclure que toutes les feuilles hors épreuve d’artiste ont été réalisées dans les mêmes dimensions ou qu’une épreuve d’artiste serait une création graphique indépendante.
Identification des œuvres et portée des sources
Un cas de datation reste non résolu : Hat Man apparaît chez Animazing comme une giclée de 2005, édition de cent, format 23 × 29 pouces. Le site Ringo Starr Art la classe dans sa rubrique 2005 mais la légende 2008, tandis que la Harvard Gazette cite déjà ce titre en juin 2007. Le registre doit maintenir visibles ces trois témoignages au lieu de fabriquer une chronologie univoque. Le catalogue de galerie indique une édition datée, pas forcément le jour exact de composition informatique.
Ces fiches permettent également d’examiner les déclarations de signature : « signed and dated in marker » et « numbered in pencil » décrivent deux opérations matérielles. Il faut photographier et transcrire les inscriptions de l’exemplaire lorsqu’il est accessible, vérifier une éventuelle étoile ajoutée et distinguer le numéro d’édition du numéro de vente. Le nom d’un marchand ne remplace pas la provenance propre à chaque feuille.
L’intérêt critique de My Faces réside finalement dans la répétition contrôlée d’une iconographie improvisée. Les variantes de support, les dimensions, les numéros et les titres montrent la manière dont un dessin numérique produit sur ordinateur se transforme en œuvre de collection. L’existence d’une centaine de tirages ne signifie ni cent peintures originales ni cent étapes de création.
Sources vérifiables
- Animazing Gallery, Starr Art, fiches Bad Finger, Night Boy, Three Faces, Zak et autres giclées 2005 — https://www.animazing.com/starr-art
- Ringo Starr Art, Gallery 2005, catégorie et légende discordante de Hat Man — https://ringostarrart.com/gallery/artwork-2005/
- Harvard Gazette, entretien du 7 juin 2007, premier repère public de Hat Man — https://news.harvard.edu/gazette/story/2007/06/with-a-little-help-from-his-pc/
My Faces : distinguer la conception, l’impression et la vente des œuvres
Les figures numériques de My Faces ont d’abord existé comme fichiers de dessin, avant d’être choisies pour des estampes et des expositions. Le fichier-source peut être antérieur au tirage signé et à la première vente localisée. Chaque composition doit donc recevoir une date minimale attestée plutôt qu’un millésime inféré d’un titre de galerie. Cette précaution s’impose à Hat Man, déjà mentionné dans la presse en juin 2007 alors qu’une vitrine actuelle le légende 2008.
Le cas Zak démontre qu’un intitulé ne doit pas automatiquement produire une attribution iconographique. Ringo a expliqué qu’il ne s’agissait pas d’un portrait de son fils, mais d’une figure portant un chapeau sur lequel il avait placé les lettres ZAK lors d’un essai de programme. L’absence de projet de portrait familial est une information positive, pas un simple manque documentaire.
Matérialité, provenance et limites de l’attribution
Les estampes de 2005 attestées dans des ventes secondaires, notamment les épreuves Is It Time 5/100 et Zak 96/100, doivent conserver une notice spécifique par exemplaire. Les signatures, les cachets de l’éditeur, les hologrammes, le verso et les dimensions sont des indices de fabrication que ne livre pas toujours une petite image de boutique.
Une œuvre dessinée à la souris, puis reproduite par giclée, fait intervenir plusieurs étapes de fabrication. L’artiste crée et approuve la composition ; l’atelier détermine le support, la machine, les encres et le tirage ; le distributeur attribue un numéro de vente. Réduire cette chaîne à « peinture informatique sur papier » efface la matérialité de l’édition.
Le catalogue doit conserver les appellations commerciales d’origine, signaler les erreurs de datation sans les corriger tacitement et préciser si le document est un entretien contemporain, un catalogue d’art ou une annonce d’enchères. Cette discipline permet de reconstruire une chronologie prudente à partir de sources parfois contradictoires.
My Faces, 2005 : l’identité d’une série n’efface pas la diversité des tirages
L’exposition Starr Art de 2025 remet en circulation commerciale plusieurs images créées autour de 2005, année associée aux premières présentations publiques des œuvres de Ringo sous l’appellation My Faces. Le catalogue Animazing distingue des tirages sur papier de plusieurs formats et de plusieurs tailles d’édition. Cette source rappelle qu’il faut séparer trois dates : la naissance de la composition numérique, la première édition imprimée et la mise en vente d’un exemplaire conservé. La présence de l’image sur une page web en 2025 n’implique pas une création de cette année-là, ni une nouvelle série souscrite au même moment.
Les portraits au grand format de 23 × 29 pouces
Bad Finger, Is It Time et Hat Man sont annoncés en giclées sur papier de 23 × 29 pouces, chacune relevant d’une édition de 100. Les notices décrivent signature et date au marqueur ainsi que numérotation au crayon. Pour Is It Time, l’exemplaire présenté est une épreuve d’artiste, signalée comme extérieure au tirage régulier de cent feuilles. Il ne faut donc pas additionner « cent plus cent » en présence de deux pages mentionnant une même composition. Une référence d’art doit disposer d’un identifiant du motif, d’un identifiant d’édition et d’un identifiant de l’épreuve réellement observée.
Les visages au format de 17 × 21 pouces
Night Boy, giclée sur papier de 17 × 21 pouces, est annoncé à 100 exemplaires. Chef Alamode, New Too Ok et Zak reprennent la dimension de 17 × 21 pouces mais sont proposés, selon le catalogue 2025, dans des éditions de 24. Les exemplaires photographiés pour certains titres sont décrits comme épreuves d’artiste. Cette disparité montre qu’un même format de feuille ne renseigne pas automatiquement le tirage. Une notice « Zak, 17 × 21 pouces » demeure incomplète tant qu’elle ne donne pas l’état d’édition et les marques manuscrites de l’exemplaire.
Les formats atypiques : Oky Doky et Three Faces
Oky Doky figure au format 14 × 17 pouces, giclée sur papier, édition annoncée de 24, l’exemplaire présenté étant décrit comme épreuve d’artiste. Three Faces se distingue par sa composition horizontale de 11 × 34 pouces, en édition de 100. Cette forme panoramique a des conséquences sur l’encadrement et la comparaison iconographique : une photographie de galerie montrant plusieurs visages côte à côte ne permet pas de déduire les dimensions de l’œuvre sans la fiche commerciale. La taille effective de l’image imprimée peut en outre différer de celle du papier.
Le nom Zak : un titre qui demande une attribution prudente
Le fait que Ringo soit le père du batteur Zak Starkey rend tentante l’interprétation du titre Zak comme un portrait de son fils. Mais le seul nom d’une composition graphique stylisée ne suffit pas à prouver que le dessin est un portrait ressemblant ou qu’il a été commandé pour un événement familial. Il faudrait confronter les déclarations de Ringo, les textes de ses premiers catalogues et le contenu graphique lui-même. Une encyclopédie doit distinguer le titre imprimé, le sujet supposé et l’intention exprimée par l’artiste. Tant que cette dernière n’est pas démontrée, la notice peut mentionner la résonance biographique du prénom sans faire passer une interprétation pour une identification d’archive.
My Faces et le dessin sur ordinateur : la trace d’un nouveau mode de création
Le communiqué officiel de Starr Art de 2025 rappelle que Ringo avait peint aux huiles et à l’acrylique avant de commencer à composer des images sur ordinateur à la fin des années 1990. Il présente My Faces comme une première exposition de créations en 2005. Cette chronologie empêche deux simplifications contradictoires : dire que Ringo n’avait jamais créé d’images avant l’ordinateur, ou prétendre que les visages numériques de 2005 sont les premières œuvres plastiques de toute sa vie. En réalité, leur nouveauté historique concerne la diffusion publique et l’édition d’images construites dans un environnement informatique, après des essais plus anciens avec la peinture.
La fabrication d’une giclée n’est pas la production du fichier source. Le fichier conserve éventuellement des calques, des choix de couleurs et une résolution native ; la feuille imprimée présente un format, une encre et un papier déterminés, avec une signature et un numéro. La conservation doit donc traiter les deux types d’objets séparément. Il est possible de disposer d’un tirage authentique sans avoir accès au fichier numérique de création, et inversement de retrouver une image informatique dans une archive sans que cela prouve l’existence d’une série d’épreuves autographiées.
Les mots « premier » et « original » dans une histoire des éditions
La publicité évoquant les « premières peintures originales » exposées en 2025 ne contredit pas l’existence de My Faces en 2005 : la première formule concerne une présentation spécifique d’originaux sur panneau, tandis que la seconde renvoie à des œuvres graphiques publiées et exposées plus tôt. L’encyclopédie gagnera à conserver la distinction entre première présentation de la série numérique, premier livre consacré à ces images, première exposition de peintures originales sur panneau et première vente d’un exemplaire particulier. Ces événements ne sont pas interchangeables.
Six exemplaires individualisés en 2026 : le catalogue My Faces confronté aux enchères
Les annonces de galerie indiquent les tirages théoriques des premières compositions de Ringo Starr, mais ce sont les pièces matériellement numérotées qui permettent de constituer un registre d’exemplaires. Une série de ventes d’A. H. Wilkens Auctions & Appraisals, datée du 1er avril 2026, est particulièrement intéressante : elle propose plusieurs giclées ou estampes attribuées à Ringo, avec titre, dimension, signature et numéro. La confrontation avec le catalogue d’Animazing Gallery révèle plusieurs accords mais aussi des contradictions précises. Le dossier doit enregistrer l’annonce de chaque vendeur avant de conclure à des variantes ou à des erreurs d’identification.
Oky Doky — une épreuve 4/100 face à une édition annoncée de 24
Le catalogue Wilkens présente Oky Doky (2005), giclée sur papier de 14 × 17 pouces, portant selon la notice le numéro 4/100, signé en bas à droite. Animazing identifie le même titre, la même année et le même format mais propose une édition de 24, avec un exemplaire d’artiste. Les données sont incompatibles si l’on suppose une édition unique. Plusieurs séries ou un défaut de description restent possibles ; seule la comparaison des images, du support, de la signature et des inscriptions peut trancher. Aucun vendeur ne fournit dans ces seules mentions un registre global de tirage permettant de fermer l’enquête.
New Too Ok / New Too Okay — deux orthographes et deux séries annoncées
Wilkens présente New Too Okay (2005), en giclée de 17 × 21 pouces, portant le numéro 21/100. Animazing écrit New Too Ok et annonce pour le même format une édition de 24. La variation d’orthographe est mineure mais doit être conservée dans le catalogue : elle pourrait caractériser un titre écrit différemment sur des certificats successifs, ou simplement provenir de la reprise d’une notice par le vendeur. La contradiction numérique doit être traitée indépendamment de l’orthographe. Un titre presque identique ne suffit pas à prouver que la feuille photographiée est la même édition.
Night Boy — concordance partielle du numéro et du plafond
La vente Wilkens décrit une giclée Night Boy (2005), au format 17 × 21 pouces, numéro 8/100, signée en bas à droite. Le catalogue Animazing annonce le même format et une édition de 100. Il s’agit donc d’une concordance de fiche plus solide que dans les deux cas précédents, sous réserve de l’examen des photographies et du certificat éventuel. L’important est que la concordance repose sur trois dimensions : titre, taille et limite d’édition. Un simple rapprochement du nom de l’artiste ou du visage stylisé serait moins probant.
OOO Man Two — un titre supplémentaire et un exemplaire numéroté
Wilkens enregistre une œuvre intitulée OOO Man Two, datée de 2005, giclée sur papier de 14 × 17 pouces, avec la numérotation 13/100. Cette référence enrichit le corpus des noms apparus sur le marché sans démontrer automatiquement que l’œuvre faisait partie de la présentation initiale My Faces dans la même configuration. Les documents de 2005 devront être recherchés pour dater sa première édition, plutôt que de prendre la date de vente de 2026 comme indice de sa nouveauté.
Hold Me, Love Me — la limite concorde, le procédé et les dimensions divergent
L’exemplaire Hold Me, Love Me est décrit par Wilkens comme lithographie numérotée 143/150, au format 21 × 27 pouces. Animazing décrit l’œuvre comme une sérigraphie sur papier de 27 × 31 pouces, édition de 150. La limite de tirage coïncide, mais les matériaux et formats ne concordent pas. Il peut s’agir d’une différence d’orientation, de dimensions de l’image comparées à la feuille ou d’une confusion de procédé. Il serait imprudent de corriger « lithographie » en « sérigraphie » dans la notice du vendeur sans avoir vu l’épreuve : le conflit lui-même constitue une information importante pour l’authentification.
Two Ye — la numérotation concorde, mais pas les formats
Wilkens décrit Two Ye (2008) sous le numéro 21/50, procédé nommé lithographie et format 21 × 26 pouces. Animazing présente une sérigraphie de 14 × 18 pouces, édition de 50. La concordance du nombre cinquante ne peut effacer les différences de taille et de technique. Il faudrait comparer les signatures et les images originales, mais aussi rechercher si la vente a mesuré un objet encadré ou a repris le format d’une autre œuvre. Cette incertitude doit demeurer signalée dans la base jusqu’à inspection d’un tirage réellement attribuable au titre.
Une notice d’enchère n’est pas une preuve suffisante d’édition
Les six fiches fournissent des indices utiles mais de forces différentes. Une numérotation publiée par le vendeur est une information à vérifier sur une photographie rapprochée de la feuille ; le nombre maximal publié par la galerie est un engagement d’éditeur, mais pas un registre des objets déjà fabriqués. Le choix méthodologique est donc de créer une table des éditions annoncées et une table des exemplaires repérés, en y associant les différences, sans fusionner prématurément des variantes possibles. Les trois discordances de 2005 et 2008 sont autant de dossiers à résoudre par l’archive matérielle.
Analyses rapprochées de sept compositions de My Faces
Help, 2005 : quand le titre ajoute une mémoire Beatles au dessin
L’intitulé Help associe immédiatement la composition à un mot inscrit dans l’histoire des Beatles, mais le seul titre ne permet pas de considérer le dessin comme une illustration commandée pour le film ou la chanson de 1965. La photographie promotionnelle et la peinture numérique appartiennent à deux moments distincts de la carrière de Starr. L’analyse doit ainsi partir du motif réellement visible, de ses contours, de son traitement chromatique et du support de l’exemplaire, puis discuter le jeu de mémoire que produit ce nom. La reprise d’un titre connu fonctionne comme un effet de reconnaissance culturelle ; elle ne constitue pas une attribution rétrospective aux réalisateurs et graphistes des années Beatles.
Le répertoire officiel Ringo Starr Art associe Help au groupe de créations datées de 2005 et présentées comme des éditions signées. Cette mention ne fixe pas le jour de création du fichier ni celui de l’impression. Une notice raisonnée doit distinguer date du motif annoncé, date de première présentation, édition numérotée et éventuels exemplaires réapparus en galerie. Une reproduction sur écran ne peut pas prouver la finition du papier ou la place exacte de la signature.
OOO Man Too et Three Faces : répétition et multiplication des figures
Les titres OOO Man Too et Three Faces annoncent, à des degrés différents, la possibilité de construire une image non autour d’une identité portraiturée mais à partir de figures et de répétitions. La première expression suggère un personnage défini par un nom volontairement étrange ; la seconde invite à examiner la relation de plusieurs visages dans un même champ. Il serait néanmoins hasardeux d’identifier les personnes représentées sans déclaration précise de l’artiste. Dans les compositions graphiques de cette période, la simplification des yeux, du nez et de la bouche peut produire une impression de parenté entre figures sans correspondre à une scène réelle.
Pour le catalogue, il est essentiel de confronter la disposition des personnages, les couleurs et le format. Une variante à trois personnages et une autre reproduction à trois motifs ne doivent pas être rapprochées sur la seule base du nombre. L’intitulé, l’image et la description matérielle forment un ensemble documentaire ; aucun des trois éléments n’est à lui seul un identifiant d’œuvre absolument fiable.
Night Boy, New Too OK et Oky Doky : la langue comme matériau graphique
Ces trois titres, présents dans la galerie officielle de 2005, montrent l’intérêt de Starr pour des expressions ordinaires ou volontairement déformées. La formule Oky Doky, proche d’une expression familière, se distingue de la syntaxe heurtée de New Too OK ; Night Boy évoque davantage un personnage ou un état. La dimension humoristique naît donc aussi du rapprochement entre mots et figures, mais une étude iconographique doit refuser d’inventer la biographie d’un personnage à partir de son seul nom. Les jeux verbaux peuvent servir d’indices sur le registre de l’œuvre, pas de légendes narratives exhaustives.
Les fiches de commerce associées à ces images comportent des variations de format et de taille d’édition qui compliquent leur catalogage. Oky Doky apparaît dans une description Animazing comme un objet de 14 × 17 pouces et comme épreuve d’artiste associée à un tirage limité, tandis que des fiches générales de l’artiste emploient des informations moins précises. La bonne méthode consiste à enregistrer ces données dans des notices d’édition distinctes, sans décider arbitrairement que les deux descriptions désignent exactement la même feuille.
Zak et la tentation du portrait familial
Le titre Zak peut naturellement évoquer le prénom du fils de Ringo Starr. Cette association est plausible, mais elle ne dispense pas de rechercher une confirmation permettant d’identifier le sujet précis du dessin. Un portrait ressemblant, une figure humoristique et une composition simplement baptisée Zak peuvent appartenir à des intentions différentes. L’historien doit séparer les hypothèses iconographiques de l’attribution documentaire. Une notice peut signaler le rapprochement familial comme piste, sans le transformer en certitude lorsqu’aucun témoignage ou document de production n’est conservé.
L’œuvre circule aussi sous forme d’éditions dont les descriptions commerciales divergent : une fiche générale peut annoncer un plafond de cent exemplaires, tandis qu’une épreuve d’artiste présentée par Animazing renvoie à une édition de vingt-quatre. Ces valeurs ne doivent pas être additionnées ni harmonisées sans preuve. Le numéro, la signature, les dimensions et la provenance de chaque exemplaire restent des données séparées de l’interprétation du personnage.
Hat Man : un titre rangé en 2005, une œuvre datée de 2008
Le cas Hat Man offre l’une des meilleures démonstrations des limites d’un classement de galerie. L’image figure dans une page intitulée Gallery: 2005 du site officiel, alors que sa propre légende donne 2008. Elle ne peut donc pas servir sans réserve de preuve de l’esthétique exacte du corpus exposé lors de My Faces en juin 2005. Une galerie en ligne peut réunir des œuvres par affinité formelle, série commerciale ou commodité d’accès sans respecter strictement leur date de réalisation. Le chercheur doit donner la priorité à la datation explicite de l’objet, tout en signalant la présence de sa reproduction dans le regroupement éditorial de 2005.
Ce détail n’est pas une simple anomalie typographique : il change la chronologie des motifs et peut induire la création d’une fausse période initiale. Dans le catalogue raisonné, Hat Man doit disposer d’une fiche distinguant date attribuée au dessin, première documentation retrouvée, éditions connues et position actuelle dans la galerie officielle. Les autres œuvres de 2005 ne doivent pas être redatées par simple voisinage.
Les feuilles de 2005 revues par Animazing en 2025 : trois exemples matériels
L’exposition Starr Art de 2025 ne se contente pas de présenter les peintures originales récentes de Ringo Starr : la galerie Animazing lui adjoint des éditions anciennes, dont plusieurs compositions attribuées à l’année 2005. Cette réunion, vingt ans après My Faces, permet de vérifier des caractéristiques rarement mentionnées dans les récits biographiques. Le classement de la galerie distingue nettement les œuvres originales sur panneau, les exclusivités imprimées sur toile et les œuvres graphiques plus anciennes numérotées. Cette séparation matérielle évite d’attribuer à l’exposition de Las Vegas la création de feuilles conçues bien auparavant.
Bad Finger, daté de 2005 dans le catalogue, y est présenté comme une giclée sur papier de 23 × 29 pouces, soit environ 58,4 × 73,7 cm, appartenant à une édition annoncée de cent exemplaires. La galerie décrit une signature et une date au marqueur, tandis que la numérotation figure au crayon. Cette différence d’outils et d’inscriptions importe pour l’examen physique d’une feuille : date, autographe et numéro d’édition ne sont pas forcément apposés dans une seule opération.
Le cas d’Is It Time, également daté de 2005, montre pourquoi le numéro visible sur un exemplaire ne suffit pas à déterminer son statut. Animazing décrit une giclée sur papier au même format de 23 × 29 pouces, mais l’objet reproduit dans son catalogue est présenté comme une épreuve d’artiste, ou A.P., en marge de l’édition normale de cent. Une épreuve d’artiste ne doit pas être comptée comme le numéro 101/100, pas davantage comme une œuvre différente. Il s’agit d’une feuille relevant d’un statut particulier, qu’il faut documenter sur l’exemplaire et dans les usages de l’éditeur.
Night Boy apporte une troisième variation : une giclée sur papier de 17 × 21 pouces (environ 43,2 × 53,3 cm), en édition annoncée de cent exemplaires, également signée et datée au marqueur avec numéro au crayon. Bien que ces trois compositions soient rapprochées par l’année et la technique d’impression, leurs dimensions ne sont pas identiques. Les enregistrer sous un format uniforme conduirait à effacer une donnée réelle des éditions.
La date de l’image n’est pas celle de l’exemplaire observé
Le catalogue publié en 2025 constitue une preuve de la description commerciale de feuilles datées de 2005. Il ne prouve pas, à lui seul, que la feuille présentée a été imprimée, signée et vendue dès 2005 : ces trois événements peuvent être distincts dans le cycle d’une édition. Inversement, le retour d’une œuvre ancienne dans une exposition contemporaine ne justifie pas de la dater de 2025. Entre l’image dessinée, la première édition connue et la réapparition d’un exemplaire dans une galerie, la notice doit conserver les jalons séparément.
Cette démarche fournit un point d’appui à l’étude des quatorze compositions généralement associées à My Faces, sans prétendre que les trois feuilles d’Animazing résument à elles seules l’accrochage de New York. Elle aide aussi à distinguer, chez Ringo, les premières figures élaborées sur ordinateur de leur matérialisation en estampes numérotées. Document : Animazing Gallery, rubrique Limited Edition Artwork.
Sources primaires et notices d’édition
Sources de comparaison : Animazing Gallery, Starr Art, notices de Oky Doky, New Too Ok, Night Boy, Hold Me, Love Me et Two Ye — https://www.animazing.com/starr-art ; Invaluable, transcription des catalogues A. H. Wilkens Auctions & Appraisals du 1er avril 2026, six fiches de giclées et estampes signées de Ringo — https://www.invaluable.com/artist/starr-ringo-djv9va5mxu/sold-at-auction-prices/ . Les détails restent soumis à la consultation des photographies et certificats de chaque lot.
Sources du récolement My Faces : Animazing Gallery, Starr Art, fiches des éditions 2005 (Bad Finger, Is It Time, Night Boy, Chef Alamode, New Too Ok, Three Faces, Zak, Oky Doky et Hat Man) — https://www.animazing.com/starr-art ; site de Ringo Starr, communiqué du 26 août 2025 revenant sur la peinture antérieure aux compositions numériques de la fin des années 1990 et l’exposition de 2005 — https://www.ringostarr.com/ringo-starr-to-showcase-his-original-paintings-for-the-first-time-at-animazing-gallery-in-las-vegas/ .
- Andrew Brooks, « With a little help from his PC », Harvard Gazette, 7 juin 2007 : exposition de dix-sept portraits, Hat Man déjà cité, clarification de Zak et rôle des noms de fichiers — https://news.harvard.edu/gazette/story/2007/06/with-a-little-help-from-his-pc/
- Ringo Starr Art, « Gallery: 2005 », catégorie et millésime contradictoires de Hat Man — https://ringostarrart.com/gallery/artwork-2005/
- Heritage Auctions, Is It Time, lot 46247, 5/100, vente du 10 août 2013 — https://entertainment.ha.com/itm/music-memorabilia/autographs-and-signed-items/ringo-starr-signed-and-dated-is-it-time-limited-edition-giclee-5-of-100-2005-/a/7081-46247.s
- Gotta Have Rock and Roll, Zak, 96/100, enchère d’août 2009 — https://gottahaverockandroll.com/Ringo_Starr_Signed_Limited_Edition_Gicl_e_Print-LOT1478.aspx
Entretien contemporain de l’exposition de 2005 : WNBC, entretien avec Ringo Starr lors du vernissage du 18 juin 2005, transcription anglaise archivée sur Yellow-Sub.net le 20 juin 2005 ; souris, tablette, accident « Zak », acrylique vers 1990 et Lotus Foundation — https://yellow-sub.net/lactu/50361-ringo-starr-choose-love-interview-de-wnbc .
Catalogue d’œuvres numériques : Ringo Starr Art, « Gallery: 2005 », titres et séries commerciales — https://ringostarrart.com/gallery/artwork-2005/ .
Contrôle des éditions et des épreuves d’artiste de 2005 : Animazing Gallery, catalogue Starr Art, rubrique « Limited Edition Artwork », fiches Is It Time, New Too Ok, Zak, Chef Alamode et Oky Doky, mentions « A.P. », « Edition of 24 », supports, formats et mode de signature — https://www.animazing.com/starr-art ; Ringo Starr Art / ArtCelebs, catalogue annuel des quatorze créations My Faces et éditions de cent exemplaires — https://ringostarrart.com/about-ringos-work/ . Les plafonds commerciaux et les dimensions doivent être contrôlés sur les certificats et les épreuves elles-mêmes.
- Ringo Starr Art / ArtCelebs, « About Ringo’s Art », chronologie du travail informatique et première exposition My Faces — https://ringostarrart.com/about-ringos-work/
- Yellow-Sub.net, « Ringo Starr : exposition de ses dessins », 5 mai 2005 : Pop International Galleries à New York, quatorze créations informatiques, cent tirages par œuvre et ouverture annoncée le 19 juin — https://yellow-sub.net/lactu/49520-ringo-starr-exposition-de-ses-dessins
- Yellow-Sub.net, « Ringo Starr : une tournée américaine de deux dates », 26 mai 2005 : communiqué annonçant l’ouverture de la première exposition le 20 juin à Pop International Art Gallery — https://yellow-sub.net/lactu/49874-ringo-starr-une-tournee-americaine-de-deux-dates
- Modern Drummer, « Ringo Starr Art Exhibits To Show At Select Cities On 13th All Starr Tour », 11 juin 2012 : première exposition identifiée à Pop International Galleries, SoHo, New York, le 19 juin 2005 — https://www.moderndrummer.com/2012/06/ringo-starr-art-exhibits-to-show-at-select-cities-on-13th-all-starr-tour/
- Ringo Starr Art, « Gallery: 2005 », liste annuelle des quatorze œuvres et indications caritatives — https://ringostarrart.com/gallery/artwork-2005/
- ArtCelebs, présentation de l’éditeur Neal Glaser — https://ringostarrart.com/about-art-celebs/
- Ringo Starr Art, fiche d’édition « Help », réf. RS2005-1004, technique, dimensions et tirage — https://ringostarrart.com/product/help/
- Ringo Starr Art, fiche d’édition « Bad Finger », technique, dimensions et tirage — https://ringostarrart.com/product/bad-finger/
- Ringo Starr Art, fiche d’édition « Hat Man », réf. RS2005-1003, technique, dimensions et tirage — https://ringostarrart.com/product/hat-man/
- Ringo Starr Art, fiche d’édition « OOO Man Too », réf. RS2005-10011, technique, dimensions et tirage — https://ringostarrart.com/product/ooo-man-too/
- Ringo Starr Art, fiche d’édition « New Too OK », réf. RS2005-1007, technique, dimensions et tirage — https://ringostarrart.com/product/new-too-ok/
- Ringo Starr Art, fiche d’édition « Three Faces », réf. RS2005-10012, technique, dimensions et tirage — https://ringostarrart.com/product/three-faces/
- Ringo Starr Art, fiche d’édition « Night Boy », réf. RS2005-1008, technique, dimensions et tirage — https://ringostarrart.com/product/night-boy/
- Ringo Starr Art, fiche d’édition « Oky Doky », réf. RS2005-10010, technique, dimensions et tirage — https://ringostarrart.com/product/oky-doky/
- Ringo Starr Art, fiche d’édition « Zak », réf. RS2005-10014, technique, dimensions et tirage — https://ringostarrart.com/product/zak/
- Ringo Starr Art, fiche d’édition « Yer Baby », réf. RS2005-10013, technique, dimensions et tirage — https://ringostarrart.com/product/yer-baby/
- Ringo Starr Art, fiche d’édition « No, No, No », réf. RS2005-1009, technique, dimensions et tirage — https://ringostarrart.com/product/no-no-no/
- Ringo Starr Art, fiche d’édition « Krayzee 101 », réf. RS2005-1006, technique, dimensions et tirage — https://ringostarrart.com/product/krayzee-101/
- Ringo Starr Art, fiche d’édition « Is It Time? », réf. RS2005-1005, technique, dimensions et tirage — https://ringostarrart.com/product/is-it-time/
- Ringo Starr Art, fiche d’édition « Chef Alamode », réf. RS2005-1002, technique, dimensions et tirage — https://ringostarrart.com/product/chef-alamode-2/
Le visage simplifié : une autre manière de raconter Ringo que le portrait de presse
Les premières œuvres de My Faces reposent sur une opération de simplification qui les éloigne profondément des portraits photographiques de Ringo Starr. Les personnages dessinés sur ordinateur ne cherchent pas à restituer toutes les caractéristiques d’un visage réel. Quelques contours, des aplats et des éléments colorés suffisent à créer une figure expressive, parfois proche du masque. Cette économie du dessin permet des variations rapides : un même type de silhouette peut changer de caractère selon le déplacement d’un œil, la forme d’une bouche ou l’ajout d’un couvre-chef. La représentation privilégie l’identité graphique plutôt que la ressemblance individuelle.
Cette manière de travailler éclaire le rapport de Ringo à l’image après les Beatles. Photographe amateur depuis les années 1960, il a longtemps saisi des personnes et des situations déjà présentes devant son appareil. Le dessin numérique lui offre une possibilité différente : inventer des personnages qui n’ont pas nécessairement de modèle extérieur. Il serait pourtant incorrect d’affirmer que chaque visage de My Faces constitue un autoportrait. Le titre général de la série et le style des figures renseignent sur un projet de création, non sur l’identité précise de chaque personnage représenté.
Help et Bad Finger : la mémoire du groupe devient un vocabulaire de titres
Certains titres de l’inventaire de 2005 évoquent des mots et des situations familiers aux admirateurs des Beatles. Help fait immédiatement penser à une chanson et à un film du groupe, tandis que Bad Finger rappelle un nom important de l’histoire du label Apple. Mais un titre suggestif ne transforme pas automatiquement une œuvre numérique en illustration littérale d’un événement musical. Le dessin peut employer les mêmes mots dans un jeu graphique dont les intentions précises demanderaient le commentaire de Ringo. La proximité de langage constitue un indice de contexte culturel, pas une preuve de citation iconographique exacte.
Cette prudence permet de respecter l’autonomie de la production visuelle. Le spectateur peut apprécier une composition sans connaître son histoire musicale, puis découvrir une résonance supplémentaire grâce au titre. La relation au passé Beatles se construit dans cette double lecture, parfois amusée, mais elle n’impose pas un programme de représentation fidèle. Une notice de catalogue doit donc décrire les figures réellement visibles avant de chercher à interpréter leur nom, afin d’éviter que des références célèbres prennent la place de l’analyse de l’œuvre.
OOO Man Too et Three Faces : répéter pour construire une famille de personnages
La répétition des figures joue un rôle important dans les compositions de My Faces. Un ensemble de visages devient plus qu’une addition de portraits lorsqu’ils partagent des formes et se répondent à l’intérieur d’une surface. L’œuvre peut établir des différences de taille, de couleur ou d’attitude sans introduire un récit continu. Des titres comme OOO Man Too et Three Faces invitent à observer la relation entre singularité et multiplication. La figure n’est plus isolée devant le spectateur ; elle appartient à une petite communauté visuelle construite par le graphiste.
Une telle composition possède un rythme qui peut évoquer, par analogie, l’organisation d’un ensemble instrumental, mais il ne faut pas réduire la disposition des personnages à une partition cachée. La répétition graphique appartient à l’histoire de l’art moderne comme à celle des images populaires. Elle permet de créer une cohérence immédiatement accessible, notamment lorsque les couleurs ou les contours sont volontairement simples. Le catalogue peut comparer ces compositions sur leurs dimensions et leurs techniques sans présumer qu’elles ont été créées le même jour ou à partir d’un fichier unique.
Le nom Zak : une proximité familiale qui ne prouve pas l’identité du modèle
Le titre Zak est particulièrement susceptible d’entraîner des conclusions hâtives, puisqu’il correspond également au prénom du fils de Ringo Starr. Pourtant, la présence de ce nom dans un catalogue d’art ne permet pas de conclure que le visage représenté constitue un portrait physiquement ressemblant de Zak Starkey. Un artiste peut emprunter un prénom, jouer avec une référence personnelle ou donner un titre après avoir créé l’image. L’identification du modèle doit venir d’une déclaration précise ou de caractéristiques corroborées par d’autres documents.
Le cas rappelle l’importance de la légende dans l’histoire des images numériques. Un fichier peut porter un nom qui ne décrit pas son contenu, voire conserver une désignation provisoire issue du travail de création. Lorsqu’un tel nom devient le titre commercial d’une estampe, il acquiert une stabilité éditoriale nouvelle. Cette stabilisation ne permet pas de reconstruire rétrospectivement toutes les circonstances de son apparition à l’écran. Le chercheur doit conserver le titre publié et signaler les relations biographiques possibles sans les transformer en faits établis.
Une image d’ordinateur devenue estampe : le premier changement de support
Les créations réunies sous My Faces ont été élaborées dans un environnement informatique avant de devenir des éditions imprimées. La différence entre le fichier et l’estampe est essentielle. Dans l’atelier numérique, le créateur peut modifier des formes, déplacer les couleurs ou enregistrer plusieurs états d’une composition. L’édition sur papier fixe un de ces états dans un format et avec des spécifications matérielles définies. L’impression ne transforme pas nécessairement le dessin en œuvre différente, mais elle ajoute un objet dont le papier, les encres, les dimensions et le numéro d’édition doivent être catalogués.
Le passage à l’impression modifie également la manière dont les couleurs sont perçues. Une image affichée sur un écran lumineux et une épreuve regardée sous éclairage ambiant ne produisent pas exactement les mêmes contrastes. Un tirage signé peut devenir un objet de collection tout en provenant d’une composition qui existe sous forme de fichier. La date de création de cette composition et la date d’impression de l’exemplaire peuvent être différentes. Cette distinction est une règle centrale pour comprendre les œuvres numériques de Ringo au-delà de la seule année de l’exposition de 2005.
Quatorze entrées : constituer un groupe sans inventer une série parfaitement homogène
Le catalogue associé à la présentation de 2005 rassemble quatorze compositions, mais les documents commerciaux montrent des différences de dimensions, de séries et d’épreuves d’artiste. Il serait donc imprudent de décrire l’ensemble comme une suite uniformément éditée à cent exemplaires de format identique. Certaines estampes possèdent des formats plus petits, des numérotations distinctes ou des mentions particulières. Le regroupement historique autour du nom My Faces traduit une période de création et de diffusion, pas nécessairement une fabrication unique réglée par un cahier des charges immuable.
La présentation des œuvres en galerie ajoute encore une étape. Les cadres, l’ordre d’accrochage et la manière de réunir les personnages peuvent orienter leur lecture sans modifier les fichiers originaux. Une photographie de salle permet de reconstituer la réception publique, mais elle ne remplace pas la fiche matérielle de chaque tirage. Le travail encyclopédique doit donc mener deux inventaires en parallèle : celui des compositions numériques et celui de leurs états d’édition identifiables. Les différences constatées enrichissent le catalogue au lieu de constituer des anomalies à effacer.
My Faces comme commencement public, et non comme naissance absolue du dessin
Le jalon de 2005 correspond à une mise en visibilité nouvelle des œuvres de Ringo, non à la preuve qu’il aurait découvert l’image ce jour-là. Ses expériences de peinture et de dessin sur ordinateur commencent auparavant, dans le contexte des déplacements, de l’usage de logiciels et d’une pratique personnelle peu connue du public. La présentation par ArtCelebs transforme des créations d’atelier en objets exposés et vendus. Ce passage vers la galerie joue un rôle important dans la reconnaissance de Ringo comme plasticien, mais il ne doit pas effacer les expérimentations antérieures.
La suite est étudiée dans les livres Painting Is My Madness et l’histoire des autoportraits. Les trois dossiers éclairent des fonctions différentes : l’expérimentation informatique, sa publication en livre et la place du visage réel ou inventé. Leur articulation permet de suivre une trajectoire créative sans considérer tous les dessins portant des noms de personnes comme des portraits de famille, ni toutes les estampes comme des œuvres nouvelles indépendantes de leur fichier source.
My Faces : les portraits qui ne représentent personne en particulier
Les créations réunies autour de My Faces, montrées publiquement au milieu des années 2000, représentent un jalon majeur de l’activité plastique de Ringo Starr. Leur principe graphique ne repose pas sur la ressemblance réaliste avec une personne déterminée. Yeux, bouche, contours et couleurs peuvent être simplifiés ou répétés jusqu’à former des visages qui fonctionnent comme signes autonomes. Cette manière de travailler ne doit pas être décrite comme une galerie d’autoportraits sans preuve. Le fait qu’un artiste connu dessine des visages ne signifie pas que chacun d’eux lui ressemble, représente un ancien Beatle ou correspond à un membre de sa famille.
La série et les noms : plusieurs niveaux d’interprétation
Les intitulés comme Three Faces ou OOO Man Too incitent à observer la multiplication et la transformation d’un motif. D’autres noms évoquent l’histoire de Starr ou celle de son entourage, mais le titre n’identifie pas nécessairement un modèle. Le rapprochement de plusieurs créations dans un catalogue ne garantit pas non plus qu’elles aient toutes été produites au cours d’une seule session informatique. L’édition ou l’exposition peut réunir des essais de dates différentes parce qu’ils partagent une esthétique et des sujets apparentés.
Une encyclopédie de l’art numérique doit distinguer la création du fichier, sa première présentation et les impressions ultérieures. Une composition initialement produite à l’écran peut devenir une giclée sur papier, puis être reproduite dans un livre. Ces objets possèdent une même source graphique mais des matérialités, des dimensions et des histoires de diffusion différentes. La signature et le numéro d’un tirage identifient l’épreuve ; ils ne révèlent pas automatiquement le logiciel, la date de sauvegarde du fichier ou toutes les versions intermédiaires qui ont pu exister.
Répéter une figure sans fabriquer un style uniforme
La force de cette période tient à l’exploration de variations à partir de formes simples. La différence d’orientation des yeux, l’élargissement d’une bouche, la juxtaposition de plusieurs têtes ou le choix d’une couleur de fond peuvent déplacer l’expression du visage. Mais le catalogue doit résister à deux excès : présenter toutes les variations comme un même dessin répété, ou inventer une œuvre indépendante chaque fois qu’un fichier est recadré pour une annonce. La bonne unité de description est la composition identifiable, reliée à ses éditions connues.
Il faut également respecter les frontières entre art numérique, illustration de livre et pochette de disque. Une œuvre peut être réutilisée pour un autre support, mais son auteur et sa chronologie ne changent pas du seul fait de cette utilisation. Le rapprochement avec la réflexion sur l’autoportrait et avec le catalogue raisonné permet de situer My Faces comme famille de compositions plutôt que comme liste indifférenciée de produits dérivés.
Les yeux, les contours, les bouches : lire My Faces comme un vocabulaire de signes
Le corpus My Faces, rendu public au milieu des années 2000, gagne à être étudié moins comme une suite de portraits que comme une recherche autour des signes élémentaires du visage. La reconnaissance d’une figure humaine peut tenir à quelques contours, deux points évoquant les yeux ou une bouche dont la position modifie aussitôt l’expression. Le visage n’est plus nécessairement celui de Ringo Starr ni celui d’un personnage photographié : il devient une structure que l’artiste simplifie, répète et fait varier. Cette démarche rapproche son travail de certaines formes d’art graphique populaire, sans qu’il faille en déduire une affiliation volontaire à une école précise.
Les titres associés au groupe, parmi lesquels Three Faces, OOO Man Too, Help et Bad Finger, participent à ce jeu. Certains évoquent des nombres ou des expressions, d’autres peuvent rappeler la culture des Beatles. Mais le rapprochement d’un titre avec une chanson ne constitue pas la preuve que le dessin représente un musicien particulier. La légende éditoriale et le contenu visible doivent être examinés ensemble : on ne peut identifier un visage comme celui de John Lennon simplement parce que l’image porte un mot lié au passé du groupe.
Répéter un visage ne signifie pas recopier la même œuvre
Une variation de couleur, de forme ou de disposition peut créer une nouvelle composition à partir d’un vocabulaire commun. Le catalogue doit toutefois distinguer cette évolution du simple changement de support. Une même image imprimée en giclée, reproduite dans un livre et affichée sur un écran conserve éventuellement la même composition tout en devenant trois objets matériels différents. À l’inverse, deux œuvres partageant une forme arrondie peuvent être visuellement distinctes et ne pas provenir du même fichier de travail. Le titre et la taille de reproduction ne suffisent pas à décider.
La résolution d’un fichier n’est pas un indicateur fiable de son ancienneté artistique. Une image agrandie en vue d’une exposition peut posséder davantage de pixels qu’une reproduction publiée plusieurs années auparavant. Le support final, le mode d’impression et les mentions d’édition permettent plutôt de dater sa circulation. Les fichiers de travail originaux, s’ils étaient accessibles, aideraient à examiner la succession des états et les décisions de couleur, mais leur existence ne doit pas être supposée pour chaque motif.
Le visage abstrait comme image publique indirecte
Ringo est une personnalité dont la photographie a longtemps été construite par autrui. Le travail sur des visages inventés lui offre une manière différente d’intervenir sur la représentation humaine : il en décide les formes sans devoir documenter une personne réelle. Ce contraste constitue une piste esthétique féconde. Il ne prouve pas que chaque figure constitue une réflexion autobiographique sur la Beatlemania, mais permet de situer la création graphique dans une carrière déjà marquée par l’expérience de la célébrité et de ses images.
Le programme My Faces doit donc être compris comme un répertoire de compositions dont l’inventaire exige titres, variantes, supports et preuves d’édition. Sa véritable singularité apparaît lorsqu’on observe les règles de simplification utilisées par l’artiste plutôt que de transformer arbitrairement tous les dessins en autoportraits.
Cette enquête se prolonge dans le catalogue des estampes, où les mêmes objets sont examinés sous l’angle de leur édition ou de leur provenance.
My Faces en 2005 : dater précisément une première exposition sans inventer une date unique
La première présentation publique importante des créations informatiques de Ringo Starr peut être localisée à Pop International Galleries, dans le quartier de SoHo à New York, en juin 2005. Les annonces de l’époque ne coïncident cependant pas entièrement : une information publiée le 5 mai évoque le 19 juin comme début de l’exposition, tandis qu’une communication de tournée publiée le 26 mai mentionne le 20 juin. Un témoignage de presse relatif au vernissage indique également un événement le 18 juin. Cette pluralité invite à séparer vernissage, ouverture au public et période de présentation, plutôt qu’à choisir un jour par simplification. Le corpus annoncé comprend quatorze images réalisées sur ordinateur. Les dates précises sont importantes parce qu’elles permettent de replacer l’exposition au même moment que la promotion de Choose Love, sans imaginer que le graphisme de l’album et les œuvres de la galerie aient nécessairement été conçus au cours des mêmes séances.
Quatorze compositions et cent exemplaires : ne pas confondre séries et objets
La communication contemporaine évoque quatorze créations et des reproductions limitées à cent exemplaires signés par œuvre. Multiplier ces chiffres donne une capacité théorique de diffusion, non un inventaire vérifié des tirages matériellement produits et conservés. Une composition peut être proposée sous plusieurs formats ou être retirée d’une vitrine sans que son image cesse d’exister. Le numéro d’une feuille signée doit être associé à sa composition exacte, à son support et à la documentation de la galerie. La simple reproduction d’un visage sur un site marchand n’atteste ni le nombre d’exemplaires de l’édition ni la qualité de sa signature. Pour l’histoire du début de la pratique graphique publique de Starr, l’information essentielle demeure celle du passage de dessins sur ordinateur à des objets édités et présentés dans une galerie.
Le visage comme alphabet, non comme portrait biographique obligatoire
Les intitulés des œuvres de My Faces invitent parfois à reconnaître une personne ou un souvenir. Pourtant, l’existence d’un titre lié à un nom connu ne démontre pas que les yeux, la bouche et les contours correspondent à un modèle vivant précisément identifié. Plusieurs créations utilisent les propriétés de la répétition et de la variation : yeux déplacés, contours schématiques, couleurs arbitraires ou figures assemblées en groupes. Ces éléments forment un vocabulaire visuel que l’on peut comparer sans chercher à chaque fois un épisode de la vie de Starr. Une démarche critique doit respecter la liberté de la figure inventée. Elle peut observer les ressemblances, rappeler les jeux de mots et signaler les résonances avec les Beatles, mais elle doit laisser ouverte la question de l’identité d’un modèle lorsqu’aucune déclaration de l’artiste n’est disponible.
La chaîne technique : l’œuvre est conçue sur ordinateur, puis réalisée comme objet d’art
En 2005, la création informatique de Starr s’inscrit déjà dans une pratique développée pendant des années, notamment dans les chambres d’hôtel et lors des voyages. La présentation en galerie ajoute cependant des responsabilités matérielles : préparation des fichiers pour l’impression, choix du papier ou de la toile, validation des couleurs, signature et numérotation. Le passage à l’estampe ne doit pas être décrit comme un simple appui sur la touche « imprimer ». Il implique un état de l’image approuvé pour une édition, susceptible de différer du fichier de travail encore modifiable. La documentation accessible ne permet pas de reconstituer le logiciel précis ou le réglage de chaque épreuve ; mieux vaut donc définir les étapes à rechercher plutôt que de leur attribuer des caractéristiques inventées.
My Faces dans la trajectoire de l’artiste : commencement public, non origine absolue
La manifestation de 2005 reste un jalon majeur parce qu’elle rend visible un travail longtemps pratiqué en marge des activités musicales. Elle ne marque pas nécessairement le jour où Starr a commencé à dessiner, ni celui de sa première création informatique. La notion de commencement doit être qualifiée : première exposition documentée, lancement d’éditions signées ou reconnaissance d’une pratique autonome ne sont pas des synonymes. L’encyclopédie peut ainsi situer My Faces dans une chronologie solide sans effacer les années de préparation et d’expérimentation. Cette distinction explique pourquoi les œuvres de 2005 ont un statut particulier dans le catalogue, et pourquoi les publications de 2008 et 2020 ne doivent pas être traitées comme leurs simples catalogues d’origine.
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