Ringo Starr, l'artiste au-delà des Beatles : dossier encyclopédique
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YELLOW-SUB.NET / ENCYCLOPÉDIE RINGO STARR / CHAPITRE 08

Ringo Starr et l’art numérique : histoire, techniques et œuvres

De l’atelier improvisé dans les hôtels à la peinture sur ordinateur, des premières images de 2005 aux estampes signées et au spin art.

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Comment un batteur devenu figure mondiale du rock a-t-il construit une pratique de l’art informatique ? La réponse ne se réduit ni au prestige des Beatles ni à la découverte soudaine d’un logiciel. Ringo Starr avait déjà travaillé la peinture à l’huile et à l’acrylique lorsqu’il a commencé à créer des images sur ordinateur à la fin des années 1990. Sa vie de tournée a transformé les chambres d’hôtel en atelier. À partir de 2005, une suite d’expositions et d’estampes numérotées permet de suivre cette pratique par des objets documentés, des procédés d’impression et des œuvres identifiables.

La source première : le souvenir du musicien sur ses débuts

Sur le site Ringo Starr Art, le musicien explique avoir commencé son travail informatique à la fin des années 1990. Pendant les tournées, cette occupation l’aidait à utiliser les longues heures passées dans les hôtels. La biographie d’artiste publiée sur la même page indique qu’il créait des peintures à l’acrylique et à l’huile depuis longtemps avant d’employer l’ordinateur. Ces deux informations sont complémentaires : elles distinguent la pratique picturale antérieure du passage à un nouveau médium.

Le témoignage conserve une part d’imprécision légitime. Aucun inventaire public ne permet d’attribuer à chaque création informatique des débuts un jour de conception, un modèle d’ordinateur, un logiciel et un fichier original. La fin des années 1990 est un jalon autobiographique déclaré, et non une date que l’on pourrait appliquer indistinctement à toutes les images de sa première exposition.

Le lien avec les déplacements demeure néanmoins une explication historique solide. Un ordinateur portable permet de reprendre une composition dans un hôtel et de continuer le travail dans une autre ville. Cet atelier nomade résout autrement les contraintes pratiques de la peinture traditionnelle : transport des pigments, conservation des toiles fraîches, espace de travail et accès à la lumière. On peut parler ici de transformation des conditions matérielles de la création, sans attribuer à Ringo une technique numérique non documentée.

Pourquoi le terme « peinture numérique » doit être précisé

Une image conçue à l’ordinateur peut être un dessin vectoriel, une composition bitmap, une photographie modifiée, une peinture créée avec des outils logiciels ou un assemblage de plusieurs sources. Sans accès aux fichiers et au processus de fabrication, le rendu coloré d’une reproduction ne permet pas de choisir définitivement entre ces catégories. Les sites de Ringo parlent d’computer art et de médias modernes, formule générale qu’il faut conserver lorsque les données techniques ne sont pas publiées.

Une deuxième confusion concerne l’objet final. Une composition numérique n’est pas identique à son impression sur papier, à sa reproduction sur une toile, à une sérigraphie réalisée d’après elle ou à une édition signée. Le fichier est un état créatif ; l’impression est un objet matériel avec un support, une technique et parfois un numéro. Une œuvre peut connaître plusieurs formes de diffusion. Pour cette raison, le catalogue de Ringo sera structuré autour de la composition et de ses éditions, et non uniquement autour des titres commerciaux.

2005 : un premier corpus d’images identifiable

La galerie officielle de Ringo classe ses œuvres par années. Celle de 2005 répertorie notamment Help, Bad Finger, OOO Man Too, New Too OK, Three Faces, Night Boy, Oky Doky, Zak, Yer Baby, No No No, Krayzee 101 et Is It Time. La liste représente un point de départ bibliographique bien plus précis que la formule selon laquelle Ringo se serait simplement lancé dans le dessin après les Beatles.

Il faut cependant examiner la manière dont la galerie classe ses œuvres. La même page contient Hat Man accompagné de la date 2008 dans son titre de fiche, alors qu’il apparaît dans la galerie « 2005 ». Nous ne corrigerons pas ce conflit en déplaçant arbitrairement l’œuvre ni en prétendant que toutes les entrées d’une galerie annuelle ont été effectivement créées cette année-là. L’année de classement n’est pas toujours un substitut suffisant à la date de l’objet.

La première exposition de Ringo, intitulée My Faces, est située par l’artiste et ses galeries en 2005. La coexistence de cette manifestation et d’un premier ensemble d’images publiquement référencées permet de parler d’une pratique désormais visible. Mais nous ne disposons pas encore d’un programme permettant de certifier que chaque titre présenté sur le site actuel figurait bien dans l’accrochage initial de 2005.

Les portraits : figures, têtes et humour graphique

De nombreux titres de la période renvoient aux visages, à des personnages ou à des déformations de la figure humaine : Three Faces, Night Boy, Oky Doky, Zak ou Bad Finger. Ce vocabulaire donne un axe d’étude à la première production numérique : elle s’éloigne de la documentation réaliste pour explorer des silhouettes facilement identifiables et parfois humoristiques.

L’intérêt pour la figure ne doit pas conduire à attribuer aux images des personnages déterminés lorsque leur titre ne le permet pas. Zak peut renvoyer au prénom d’un proche, mais la description documentaire exige de distinguer un titre propre de l’identité attestée du modèle. La même prudence s’impose pour les figures abstraites ou les visages dont aucune notice n’explicite la source.

À partir de plusieurs galeries, on peut suivre le développement d’une esthétique de la répétition : une figure est reprise sous différentes couleurs, certains personnages deviennent des familles d’images et la silhouette acquiert une fonction de signature. Cette observation doit être confrontée à des reproductions autorisées ; ce n’est pas la preuve automatique d’une influence directe de Warhol, même lorsque les biographies commerciales évoquent le pop art.

Du dessin numérique à l’estampe signée

Le produit Bad Finger, donné pour 2005 par la boutique Ringo Starr Art, constitue un exemple documenté. Sa notice précise giclée sur papier, format de 23 × 29 pouces et édition de 100 exemplaires, signés et datés au marqueur puis numérotés au crayon. Le titre du motif et le nombre d’estampes commercialisées sont donc deux données séparées. On peut disposer de cent exemplaires d’un même motif sans qu’il existe cent compositions originales distinctes.

La fiche de Yer Baby annonce également une giclée sur papier, en édition de cent exemplaires, mais avec un format de 36 × 48 pouces. Cela montre qu’une même période d’activité peut produire des estampes d’échelles différentes. Les dimensions doivent être relevées dans la fiche de chaque édition ; elles ne peuvent pas être extrapolées de l’œuvre précédente.

Lorsqu’un site marchand parle de « première édition », il faut conserver les indications complémentaires : date, support, numérotation, éventuelle épreuve d’artiste, signature, dimensions et certificat. Une authentification écrite ne dispense pas de comparer les caractéristiques matérielles de l’exemplaire proposé à celles du tirage enregistré par la galerie.

2007–2008 : apparition de la sérigraphie dans les catalogues

Les galeries recensent plusieurs sérigraphies datées de 2007 et 2008, notamment Whot $50, Big Close Up, Green Man, Eye Lidded Man, Man In Blue Hat ou Why Eye. Une sérigraphie est produite par le transfert de l’encre à travers une matrice-écran ; elle ne peut pas être décrite simplement comme une impression à jet d’encre. Cette différence explique pourquoi il serait trompeur de classer tout le catalogue sous la rubrique uniforme « art numérique imprimé ».

La notice de Big Close Up publiée sur le site Ringo Starr Art indique une sérigraphie sur papier, un format de 21 × 26 pouces et cinquante exemplaires numérotés. Pourtant, la section « Additional information » de la même fiche utilise le libellé Giclée on Paper. Il existe donc une divergence interne entre la description détaillée et un champ de commerce électronique. Le catalogue d’Animazing indique de son côté « Serigraph on paper ». L’étiquette sérigraphie est ici mieux corroborée, mais l’examen matériel d’une épreuve reste nécessaire pour trancher une fiche technique définitive.

Une démarche encyclopédique doit rendre ces contradictions visibles. Les fiches produits sont des outils de vente, parfois modifiés au fil du temps ; elles peuvent comporter des métadonnées normalisées impropres à un objet particulier. L’énoncé « telle galerie dit ceci » n’équivaut pas à une expertise indépendante, mais permet de préciser la qualité et l’origine de la preuve.

Ringo Starr — photographie d'ambiance pour le dossier sur ses collaborations musicales

Les années 2010 : paix, graphisme et diffusion populaire

Les notices de 2010 à 2015 accordent une place importante aux signes de paix, aux figures répétées et aux emblèmes visuels. On trouve par exemple Starr Art (2010), Peace Three (2012), Pink Peace (2013), Peace and Love (2014), 4 Ringos (2014), Peace Flag (2015) et Blue Bandana Man (2015). Les mots « peace » et « love », déjà au centre de la communication personnelle de Ringo, apparaissent ici comme des motifs graphiques commercialisés en éditions identifiables.

Le support varie : certaines références sont des giclées sur papier, d’autres sont imprimées sur toile. Blue Bandana Man, présenté par Animazing pour 2015, est catalogué comme lithographie sur papier japonais, en cinquante exemplaires. Peace Flag est proposé comme giclée sur toile, tirée à dix exemplaires dans une dimension de 22 × 27 pouces. Il faut préserver ces différences plutôt que de construire une fausse continuité technique fondée uniquement sur la répétition du signe de paix.

La présence de motifs pacifistes peut être reliée à l’engagement public de Ringo, mais cette lecture ne suffit pas à établir la signification de chaque forme. Certaines œuvres utilisent des mots, d’autres des mains, des drapeaux ou des signes conventionnels. Il faudra analyser les images concernées une par une, dans la mesure où les droits de reproduction et les sources le permettent.

2011 : un iPad, un projet de non-violence et un assistant peintre

Un témoignage contemporain de The Independent offre un rare aperçu du processus exact de Ringo. En décembre 2011, il participe au projet de la Non-Violence Foundation autour d’une sculpture représentant un revolver noué, devenu symbole de refus de la violence. La réalisation rend hommage à John Lennon et à l’idée de paix qu’il défendait.

Ringo explique avoir dessiné son intervention à l’aide d’un iPad, l’avoir transférée sur son ordinateur, puis sur papier pour en préparer l’application à la sculpture. Le quotidien précise que la peinture matérielle a finalement été exécutée par Charlie Anderson, jeune artiste chargé de mettre en œuvre le projet à partir du dessin de Ringo. Ce partage du travail est capital : on peut créditer Ringo de la conception graphique, mais il serait inexact d’affirmer sans nuance qu’il a personnellement peint chaque partie de la statue.

Cet épisode est l’un des meilleurs exemples concrets permettant d’étudier sa méthode. Il révèle une chaîne de production : idée, création numérique, transfert sur papier, adaptation à un volume, intervention d’un exécutant spécialisé. Dans l’histoire de l’art contemporain, les projets conçus par un artiste et réalisés avec des assistants sont nombreux. L’essentiel est de rendre les crédits explicites plutôt que d’opposer artificiellement l’inspiration d’un musicien au travail de ceux qui la matérialisent.

Des estampes aux objets : vêtements, bottes et instruments

Le site Ringo Starr Art évoque plusieurs usages dérivés : une intervention sur des bottes Timberland, des créations utilisées pour des vêtements de la marque Robert Graham, ainsi que des graphismes de la série Hard Rock. Cette circulation d’une image hors du papier est caractéristique de la culture pop. Une composition peut être imprimée sur toile, apposée sur un vêtement, transformée en motif publicitaire ou liée à une campagne caritative.

Mais la présence d’un dessin sur une paire de bottes ne signifie pas que Ringo ait fabriqué ou peint personnellement chaque exemplaire. Il faut séparer le créateur du motif, le fabricant de l’objet, le responsable de la licence et le bénéficiaire éventuel d’une vente. La réutilisation commerciale d’une image peut élargir sa réception, sans modifier la date ni le support de la création originale.

Les tirages sur peaux de tambour proposés dans le catalogue d’Animazing relèvent d’un autre déplacement de support. L’instrument devient surface d’exposition graphique. À moins d’une documentation spécifique, le support ne prouve aucun usage musical effectif en concert ou en studio. On peut ainsi étudier une œuvre « sur peau de batterie » sans la confondre avec un instrument historique joué par les Beatles.

2017–2024 : le catalogue permet de suivre la continuité de l’œuvre

La galerie C. Parker recense notamment Caveman, Octopus’ Garden, Spacemen, Tittenhurst Man et Double Peace Gun dans la période 2017–2018. Certaines pièces reprennent des titres ou des motifs associés au répertoire des Beatles et à la culture populaire. Il faut toutefois éviter de conclure que leur sens iconographique se réduit automatiquement à une chanson du même nom.

Le catalogue commercial Starr Art d’Animazing répertorie Peace Tower en 2023 : une giclée sur toile en vingt exemplaires. Mais une seconde page du même marchand, Beyond the Stage, commercialise sous ce titre une giclée sur papier, datée de 2024, en dix-huit exemplaires. Les deux notices partagent des dimensions proches (18 × 8¾ pouces) sans décrire le même support ni le même tirage. Il peut s’agir de deux éditions distinctes d’une composition apparentée ou d’une divergence de catalogue : sans comparaison visuelle des tirages et de leurs certificats, il serait incorrect de trancher. Notre catalogue critique des estampes de Ringo Starr conserve les deux notices et leurs sources. Le site officiel Ringo Starr Art propose aussi une galerie « 2024 » où figure Peace (Handle With Care) : il ne faut pas confondre cette œuvre avec Peace Tower sur la seule base du vocabulaire pacifiste.

Une année de galerie est une unité éditoriale pratique, pas un dossier de conservation complet. Certaines œuvres peuvent y être regroupées par première publication, thème ou date commerciale. Pour produire un catalogue raisonné, il faudra croiser ces entrées avec les certificats, les archives d’atelier et les notices d’exposition.

Chronologie de références matérielles : quelques œuvres vérifiables

Année Œuvre Support indiqué Tirage documenté
2005 Bad Finger Giclée sur papier 100 ex., 23 × 29 pouces
2005 Yer Baby Giclée sur papier 100 ex., 36 × 48 pouces
2007 Whot $50 Sérigraphie sur papier 150 ex.
2008 Big Close Up Sérigraphie sur papier selon la description principale 50 ex.
2012 Peace Three Giclée sur toile 20 ex.
2014 Peace and Love Giclée sur toile 40 ex.
2015 Blue Bandana Man Lithographie sur papier japonais 50 ex.
2017 Caveman Giclée sur papier 30 ex.
2023 Peace Tower Giclée sur toile 20 ex.
2024 Peace Tower — autre notice du marchand Giclée sur papier 18 ex. annoncés ; concordance des images à établir

2022 : Ringo entre dans l’art animé et les NFT avec Julien’s Auctions

Un dossier consacré à l’art numérique de Ringo Starr ne serait pas complet sans l’événement de 2022. Le 24 mai, Julien’s Auctions annonce Ringo Starr NFT Collection — The Creative Mind of a Beatle, une vente programmée pour le 13 juin 2022. L’opération réunit des animations numériques créées à partir de peintures de Ringo, chacune accompagnée d’une composition originale de batterie enregistrée par le musicien. Contrairement à une image numérique fixe, l’œuvre proposée associe mouvement, son et une édition certifiée par blockchain.

La maison de vente annonce cinq compositions distinctes, éditées chacune à quatre exemplaires, pour un total de vingt lots numériques. À chaque NFT s’ajoute une impression sur toile de 25 × 25 pouces, signée par Ringo. La même offre comprend l’accès à une visite de l’espace virtuel RingoLand, présenté comme un environnement conçu avec Spatial, accessible sur navigateur, appareils mobiles ou réalité virtuelle. Ces trois éléments — jeton numérique, reproduction physique et expérience virtuelle — ne doivent pas être confondus dans l’inventaire.

Les cinq compositions de The Creative Mind of a Beatle

Œuvre NFT Édition Trait distinctif indiqué par Julien’s Auctions
Galaxy One 4 exemplaires Animation de couleurs en cascade, associée à une partie de batterie composée pour l’œuvre
Galaxy Two 4 exemplaires Formes tournoyantes autour d’un cercle lumineux, avec bande sonore
Bandana Man 4 exemplaires Autoportrait ancien animé par de discrètes modifications du visage et du regard
Starr Art 4 exemplaires Autoportrait au bonnet étoilé, devant une composition circulaire en mouvement
Crash 4 exemplaires Autoportrait animé avec effets visuels et sonorités de cymbales

Les cinq noms sont présents dans le communiqué intégral diffusé par le site officiel de Ringo. Les œuvres sont décrites comme des NFT sur la blockchain Ethereum, mais la documentation n’établit pas ici la conservation à long terme de chaque fichier audiovisuel. Pour un historien de l’art numérique, la distinction entre le jeton inscrit dans la blockchain et les contenus visuels hébergés ailleurs est essentielle : la présence d’un identifiant pérenne ne garantit pas, à elle seule, l’accessibilité future des animations, du son ou de l’environnement de réalité virtuelle.

RingoLand : une extension de l’œuvre hors de l’objet

La visite virtuelle annoncée aux acquéreurs ajoute une dimension collective au projet. Il ne s’agit pas seulement de vendre une image animée, mais de proposer une rencontre dans une galerie numérique. L’accès était présenté comme une invitation privée pour les adjudicataires, organisée après la vente. La documentation contemporaine est suffisante pour établir l’intention et les conditions annoncées ; elle ne permet pas de décrire sans preuve tous les détails de la rencontre ni de prétendre que l’espace virtuel est encore aujourd’hui ouvert sous les mêmes modalités.

L’opération possède également une importance musicale. Les enregistrements de batterie associés aux images ne sont pas de simples chansons préexistantes ajoutées comme musique de fond dans le discours commercial : Julien’s parle de compositions exécutées pour l’occasion par Ringo. On retrouve ainsi la rencontre de deux disciplines pratiquées par le même auteur, avec une dimension audiovisuelle explicite. Il serait cependant abusif de traiter ces courtes pistes comme un nouvel album studio officiel : elles doivent être cataloguées comme composantes sonores d’éditions numériques.

Résultats commerciaux : distinguer l’offre et la vente

Un reportage du 14 juin 2022, reprenant des informations attribuées à Julien’s Auctions, indique que les vingt lots auraient trouvé acquéreur pour un total de 127 360 dollars, avec des adjudications individuelles comprises entre 5 760 et 10 240 dollars. Ce chiffre constitue une information rapportée par la presse spécialisée le lendemain de la vente ; il ne remplace pas le catalogue d’adjudication lot par lot. L’analyse financière doit notamment préciser si le total inclut les frais d’acheteur et, pour les dons, le montant exact ayant bénéficié à la Lotus Foundation.

Le communiqué d’origine parlait d’une partie des recettes destinée à la fondation, formule différente des engagements annoncés pour certaines ventes d’œuvres plastiques en 2025. Nous ne devons ni fusionner ces deux mécanismes de collecte, ni leur attribuer le même pourcentage de reversement. L’intérêt patrimonial de l’événement réside avant tout dans la combinaison documentée d’une œuvre numérique animée, d’une performance de batterie, d’une édition limitée et d’un imprimé signé.

Précaution sur les NFT : un NFT n’accorde pas automatiquement à son acquéreur les droits d’auteur sur l’image ou la musique sous-jacentes. Il atteste un actif numérique selon des règles techniques et contractuelles particulières, qui doivent être lues dans les conditions de la vente. Il ne doit pas être décrit comme la propriété des négatifs, des dessins ou des enregistrements maîtres de Ringo.

2025 : retour à la peinture physique et extension des matériaux

L’exposition Starr Art annoncée pour septembre et octobre 2025 est un jalon important parce qu’elle présente des originaux en technique mixte sur panneau. Ringo parle alors du spin art, dans lequel la rotation d’un support projette de la peinture et détermine des formes partiellement imprévisibles. L’œuvre peut même se prolonger sur les panneaux voisins recevant les éclaboussures de la pièce centrale.

Cette évolution ne marque pas une « fin de l’art numérique ». Elle montre plutôt que les outils coexistent. La carrière plastique de Ringo ne peut être découpée en périodes totalement étanches : huile puis ordinateur puis peinture centrifuge. Le récit officiel met en avant des méthodes dominantes et des découvertes, mais n’établit pas que chacune aurait définitivement remplacé la précédente.

Photographie d’ambiance du dossier encyclopédique Ringo Starr et ses collaborations musicales

Un langage graphique marqué par la culture populaire

Le discours promotionnel rapproche souvent Ringo Starr d’Andy Warhol et de Keith Haring. Ces références sont commodes : couleurs franches, lisibilité immédiate, formes simplifiées et proximité avec la circulation commerciale des images. Mais il s’agit d’analogies stylistiques avancées par les galeries. Elles ne suffisent pas à établir une filiation directe, une méthode commune ou une influence explicitement revendiquée pour chaque œuvre.

L’analyse devra donc s’appuyer sur des observations précises : travail du contour, aplats, effets de symétrie, personnages répétitifs, usage de mots, variations d’échelle et reproduction en édition. L’intérêt de Ringo n’est pas d’être « un nouveau Warhol », mais d’avoir développé, parallèlement à sa carrière musicale, une activité graphique dont les thèmes, les moyens et les circuits de diffusion peuvent désormais être étudiés.

Comment établir la fiche d’une composition numérique ?

Titre et variantes
Intitulé d’origine, graphie exacte, titres commerciaux divergents et éventuels sous-titres.
Date de création
Année attestée de l’image, distincte de la date de la mise en vente ou de la première exposition.
Moyen de conception
Ordinateur, tablette, peinture, assemblage photographique ou procédé mixte lorsque les données sont disponibles.
Fichier source
Format, dimensions numériques, logiciel et état de conservation uniquement si documentés, jamais inventés.
Éditions
Support, technique d’impression, nombre d’exemplaires, numérotation, signatures et certificats.
Intervenants
Ringo concepteur, éventuel assistant, imprimeur ou artiste exécutant identifié par les sources.
Diffusion
Exposition, commercialisation, licence textile, sculpture ou autre adaptation sur objet.
Droits
Reproduction autorisée, propriétaire du fichier et droits de l’édition.

Les limites du savoir actuellement public

Les galeries donnent des informations matérielles précieuses, mais un véritable inventaire de l’œuvre numérique demanderait accès aux fichiers sources et aux archives d’atelier. Nous ne connaissons pas les logiciels employés pour chaque image, les versions intermédiaires ni les essais abandonnés. Les ventes en cours fournissent parfois des caractéristiques divergentes ; une photographie commerciale n’est pas un document technique complet.

Le rôle de cette encyclopédie consiste à établir un socle vérifiable. Nous pouvons dater certains projets, identifier leurs éditions et suivre l’évolution des supports sans prétendre consulter des archives privées auxquelles nous n’avons pas accès. Cette méthode permet d’aborder Ringo Starr comme un créateur à part entière, sans reproduire le langage publicitaire des galeries et sans nier l’importance des collaborations techniques dans la réalisation matérielle de son art.

Des images de style ukiyo-e ne constituent pas nécessairement de l’art numérique de Ringo

En juin 2026, deux illustrations réalisées au Japon d’après l’esthétique de Kuniyoshi ont été publiées à l’occasion de Long Long Road. Universal Music Japan donne des crédits de création distincts de Ringo Starr. Ces œuvres appartiennent donc d’abord à l’histoire des représentations visuelles du musicien au Japon, pas au catalogue de ses compositions numériques autographes. Le fait qu’une image soit diffusée sous forme numérique ne prouve pas que sa réalisation repose sur un dessin informatique, une gravure sur bois ou une autre méthode particulière : seule une documentation d’atelier permettrait de trancher.

Pour approfondir l’inventaire des NFT de 2022

Une étude autonome complète désormais cette chronologie : The Creative Mind of a Beatle, catalogue critique des cinq œuvres et des vingt lots vendus en 2022. Elle rassemble les références de Julien’s Auctions pour Crash, Bandana Man, Galaxy One, Galaxy Two et Starr Art, distingue leurs tirages physiques des jetons Ethereum et explique les limites documentaires des adjudications. Il importe notamment de ne pas attribuer un montant précis à un exemplaire tant que le résultat de son lot n’a pas été directement vérifié.

Sources et bibliographie

  1. RingoStarr.com / Julien’s Auctions, communiqué du 24 mai 2022, The Creative Mind of a Beatle, titres des cinq NFT et modalités de la vente — https://www.ringostarr.com/juliens-auctions-presents-ringo-starr-nft-collection-the-creative-mind-of-a-beatle/
  2. The Beatles, annonce de l’exposition numérique RingoLand et de la collection du 24 mai 2022 — https://www.thebeatles.com/ringo-starr-nft-collection-creative-mind-beatle
  3. Actualité de la vente du 14 juin 2022, résultats publiés et montants rapportés — https://wrhn.com/2022/06/14/ringo-starrs-nft-collection-sells-for-over-120000/
  4. Ringo Starr Art, témoignage de l’artiste sur le début des créations informatiques et son parcours pictural — https://ringostarrart.com/about-ringos-work/
  5. Ringo Starr Art, galerie consacrée à l’année 2005 — https://ringostarrart.com/gallery/artwork-2005/
  6. Ringo Starr Art, notices Bad Finger et Yer Baby — https://ringostarrart.com/product/bad-finger/ et https://ringostarrart.com/product/yer-baby/
  7. Ringo Starr Art, notice Big Close Up, description et métadonnées commerciales — https://ringostarrart.com/product/big-close-up-2/
  8. The Independent, reportage de décembre 2011 sur Ringo Starr et le projet de la Non-Violence Foundation — https://www.independent.co.uk/arts-entertainment/art/features/and-then-there-were-four-ringo-picks-up-his-paintbrush-6274451.html
  9. Animazing Gallery, catalogue Starr Art, techniques et éditions — https://www.animazing.com/starr-art
  10. Animazing Gallery, page Beyond the Stage, seconde fiche Peace Tower (2024) : giclée sur papier, édition de 18 épreuves — https://www.animazing.com/ringo-starr-beyond-the-stage
  11. C. Parker Gallery, notice d’artiste et inventaire de références — https://cparkergallery.com/artists/73-ringo-starr/
  12. Ringo Starr Art, œuvres classées en 2024 — https://ringostarrart.com/gallery/artwork-2024/

Yellow-Sub · Encyclopédie Ringo Starr

L’artiste au-delà des Beatles

← Présentation du dossier

  1. 01Présentation du dossier
  2. 02Photographe des Beatles
  3. 03Archives photographiques
  4. 04Postcards from the Boys
  5. 05Photograph (2013–2015)
  6. 06Another Day in the Life
  7. 07Peintre et artiste numérique
  8. 08Art numérique et NFT
  9. 09Starr Art : expositions
  10. 10Tirages et collection
  11. 11Lotus Foundation
  12. 12Catalogue des œuvres
  13. 13Pochettes (1970–1981)
  14. 14Pochettes (1983–2026)
  15. 15My Faces : les œuvres de 2005
  16. 16Les douze peintures originales de 2025
  17. 17Sculptures : Drums for Peace et Peace and Love
  18. 18Estampes et œuvres graphiques (2007–2024)
  19. 19Peaux de batterie, guitares et objets signés
  20. 20Painting Is My Madness : les livres d’art
  21. 21Photographie : expositions et réception critique
  22. 22Catalogue des 32 tirages photographiques
  23. 23Photograph Portfolio 2018
  24. 24Photograph Portfolio 2017 : les douze clichés
  25. 25Tobago 1966 : photographies et archives
  26. 26Lifted (2022) : photographies retrouvées
  27. 27Beats & Threads (2023) : instruments et costumes
  28. 28Catalogue raisonné : 52 références (2013–2024)
  29. 29Ringo cinéaste : Born to Boogie (1972)
  30. 30Ringo et Barbara Bach : vente Julien’s Auctions (2015)
  31. 31Octopus’s Garden : livre illustré (2013–2014)
  32. 32Clips et films promotionnels (1970–2026)
  33. 33Ringo: Peace & Love, GRAMMY Museum (2013–2014)
  34. 34Ringo en ukiyo-e au Japon (2026)
  35. 35Ringo photographié : les grands portraitistes
  36. 36Cinq NFT et vingt lots : 2022
  37. 37Ringo animé : de 1965 à Rock Band (2009)
  38. 38Thomas : pilote de 1983 retrouvé en 2025