YELLOW-SUB.NET / RINGO ARTISTE / ŒUVRE GRAPHIQUE 2008 · NOTICE 256
Eye Lidded Man (2008) : Ringo Starr, la sérigraphie et l’exemplaire 30/50 retrouvé
Étude de la création, de l’édition et des documents d’authenticité.
Eye Lidded Man figure dans le corpus graphique de 2008 de Ringo Starr. L’œuvre doit être étudiée au croisement de son langage de formes, de son support d’édition et des références disponibles dans les galeries et les archives de ventes. Les données documentées sont : sérigraphie sur papier, 21 × 26 pouces, 50 exemplaires annoncés ; n° 30/50 repéré en vente. Toute interprétation iconographique est distinguée des informations d’édition.
Sommaire de l’étude (6 sections)
- La référence de galerie et les documents qui l’identifient
- Un personnage ou un signe : ce que le titre permet de dire
- La création numérique et le langage des formes
- Le passage à l’estampe : support et édition
- Collections, archives de ventes et variantes matérielles
- La place de l’œuvre dans le parcours visuel de Ringo
La référence de galerie et les documents qui l’identifient
Eye Lidded Man apparaît dans la galerie officielle de 2008, où le titre se trouve également répété dans le dispositif de présentation. Ce doublon d’affichage ne constitue pas deux œuvres distinctes. Animazing en donne les caractéristiques principales : sérigraphie sur papier de 21 × 26 pouces, signée au marqueur et numérotée au crayon, édition annoncée de cinquante exemplaires.
Le classement par année des galeries aide à établir le contexte mais ne remplace pas une date de création attestée. Ringo a développé ses images informatiques dès la fin des années 1990 et les a rendues publiques à partir de l’exposition My Faces en 2005. Une entrée de 2008 peut donc recouvrir une composition initiale plus ancienne, un tirage ultérieur ou une mise en vente : chaque possibilité doit être documentée par son support propre.
Un personnage ou un signe : ce que le titre permet de dire
La documentation secondaire permet d’aller plus loin. Dans une vente organisée par Dane Fine Art sur Bidsquare le 20 août 2026, le lot 291 est décrit comme une sérigraphie signée, au format 21 × 26 pouces, portant le numéro 30/50. Une vente publiée pour le 8 octobre 2026 sur LiveAuctioneers contient une fiche au même nom et à la même numérotation. Ces annonces témoignent d’un exemplaire déclaré 30/50 ; elles ne démontrent pas, sans provenance photographique comparée, qu’il s’agit de deux papiers différents.
L’entretien réalisé par la Harvard Gazette en 2007 a une valeur capitale : Ringo y explique que les noms de ses œuvres lui servent souvent à retrouver des fichiers. Ce témoignage doit tempérer les interprétations surchargées de références aux Beatles. Un titre apparemment autobiographique ou humoristique n’autorise pas, à lui seul, l’identification d’un modèle ni l’affirmation d’une intention symbolique.
La création numérique et le langage des formes
Le titre évoque directement les paupières. Ce vocabulaire suggère une attention à l’œil et aux expressions du visage, thème récurrent de la période. L’image reproduite dans des catalogues d’enchères présente des aplats vifs et un visage stylisé ; il convient de distinguer cette observation de toute identification d’un modèle réel. Le nom « Eye Lidded Man » n’autorise pas à attribuer le portrait à un membre de la famille Starkey.
Le vocabulaire de figures exagérées et de contours synthétiques s’inscrit dans la culture pop sans réduire l’œuvre à une illustration de la carrière musicale. Les images de Ringo sont créées avec des moyens numériques puis peuvent être éditées sous différentes formes. Pour établir ce qui est montré par une œuvre particulière, il faut une reproduction de qualité et une description du tirage, pas seulement une miniature commerciale.
Le passage à l’estampe : support et édition
Dans une sérigraphie, le dépôt d’encre permet d’obtenir de larges zones de couleur. L’aspect spontané du dessin ne signifie donc pas que chaque feuille ait été peinte individuellement. Cette nuance compte pour un collectionneur : le prix, le tirage et la signature caractérisent une estampe, non une peinture unique sortie directement de l’atelier de Ringo.
La sérigraphie et la giclée appartiennent à des procédés différents. L’une utilise des écrans pour déposer les encres ; l’autre l’impression numérique. L’étiquette « originale » d’une maison de ventes peut s’appliquer à une estampe signée sans signifier que chaque feuille est une peinture unique. Les chiffres d’édition doivent être lus comme des limites annoncées et non des recensements physiques.
Collections, archives de ventes et variantes matérielles
Une référence d’enchères mérite également d’être lue selon ses limites. L’estimation de 3 000 à 5 000 dollars relevée sur les annonces de 2026 ne représente ni un prix de vente confirmé, ni une valeur universelle. Le certificat annoncé par la maison de ventes constitue une information commerciale à vérifier, et non une authentification effectuée par la présente encyclopédie.
Le numéro d’une feuille identifie un exemplaire, alors que la date de galerie désigne une entrée éditoriale. Une preuve solide réunirait photographie intégrale, verso, signature et certificat. Une estimation commerciale n’est pas un prix réalisé ; une mise en vente ne prouve pas non plus que l’objet ait changé de propriétaire. Le catalogue a vocation à conserver ces distinctions.
La place de l’œuvre dans le parcours visuel de Ringo
Le cas 30/50 est une avancée pour le catalogue raisonné : il offre un numéro, un format, une technique et une période de circulation vérifiables dans une même documentation. L’identification complète exige de conserver la photographie entière de la feuille et les images de sa signature, puis à déterminer s’il s’agit du même exemplaire lors des annonces successives.
Le corpus d’art visuel permet de sortir d’une histoire où la créativité de Ringo après les Beatles ne serait mesurée qu’en albums et en concerts. Ses œuvres doivent être traitées avec les mêmes exigences d’authenticité, de description matérielle et de datation qu’un tirage d’un plasticien. La politique philanthropique liée à la Lotus Foundation éclaire leur première diffusion sans dispenser de documenter leurs circulations ultérieures.
Documents et références
- Ringo Starr Art, galerie 2008
- Animazing, catalogue des sérigraphies
- Harvard Gazette, entretien du 7 juin 2007
- Yellow-Sub, étude des éditions
- Notice complémentaire
Les références commerciales éclairent des éditions et des exemplaires ; elles ne constituent pas à elles seules des garanties d’authenticité ni la preuve de l’intention de l’artiste.












