YELLOW-SUB.NET / RINGO ARTISTE / ŒUVRES GRAPHIQUES 2005–2008 · NOTICE 243
Hat Man (2005–2008) : l’œuvre de Ringo Starr qui défie les dates du catalogue
Un dessin connu au plus tard en juin 2007, mais attribué à trois chronologies commerciales
Hat Man figure dans les catalogues d’œuvres visuelles de Ringo Starr autour de 2005–2008. Cette notice étudie séparément l’identification du motif, le titre, la technique de reproduction et les exemplaires numérotés. L’objectif n’est pas seulement de présenter une image créée par un ancien Beatle : il est d’établir une description critique utilisable pour la recherche, la collection et l’histoire de l’art populaire.
Sommaire de cette étude (6 sections)
- Chronologie, titre et nature de la pièce
- Une signature de Ringo, entre langage parlé et image
- Support et technique : l’édition n’est pas le fichier source
- Données d’édition, dimensions et comparaison des catalogues
- Provenance et éléments à contrôler sur les exemplaires
- Ce que la notice apporte à l’histoire de Ringo artiste
Chronologie, titre et nature de la pièce
Les catalogues ne racontent pas la même histoire de Hat Man. La galerie Ringo Starr Art place le titre dans sa rubrique « Artwork 2005 » tout en légendant l’image « Hat Man, 2008 ». D’autres fiches commerciales, dont MutualArt, indiquent 2005, giclée sur papier de 23 × 29 pouces, édition signée de cent feuilles. Cette contradiction ne porte pas seulement sur une erreur typographique éventuelle : elle pourrait confondre la conception du fichier, la mise sur le marché d’une première édition et un reclassement ultérieur du site marchand. Le répertoire doit conserver ces trois possibilités tant que les archives de fabrication ne sont pas disponibles.
Ringo Starr avait commencé ses expériences informatiques à la fin des années 1990, lors de ses déplacements, avant de rendre cette pratique visible dans les galeries à partir de My Faces en 2005. L’existence d’une rubrique annuelle sur le site de l’artiste est un point d’entrée solide pour situer Hat Man ; elle ne donne pas automatiquement le jour de conception de son fichier, ni la date de fabrication de chaque feuille. Cette différence est fondamentale pour les créations numériques devenues éditions signées.
Une signature de Ringo, entre langage parlé et image
La Harvard Gazette donne le repère chronologique le plus solide. Dans l’entretien publié le 7 juin 2007, Ringo cite explicitement Hat Man, avec Three Faces, pour illustrer sa manière de nommer les œuvres lorsqu’il enregistre leurs fichiers informatiques. Il ne s’agit donc pas d’un titre né en 2008 au sens strict ; sa présence est déjà attestée par une source contemporaine indépendante en juin 2007. Cela n’établit pas pour autant la date du premier exemplaire imprimé ou la date d’achèvement du fichier.
L’entretien avec Andrew Brooks publié par la Harvard Gazette le 7 juin 2007 explique que Ringo invente souvent les noms de ses images pour pouvoir les retrouver dans son ordinateur. Les titres peuvent ainsi relever d’une logique très pratique et non d’une intention autobiographique systématique. Le nom de Hat Man doit être décrit et étudié, mais aucune identité de modèle, citation de chanson ou référence artistique précise ne peut lui être assignée sans déclaration documentaire.
Support et technique : l’édition n’est pas le fichier source
Le personnage coiffé intéresse la méthode d’attribution. Le titre permet de parler d’un « homme au chapeau », mais il ne fournit aucune identité civile et n’autorise pas l’hypothèse d’un portrait d’un partenaire musical. L’entretien de Harvard dévoile un mode de dénomination très pratique : Ringo enregistre ses fichiers en leur donnant des noms qu’il pourra reconnaître ensuite. L’historien ne doit pas traiter ces légendes comme des programmes iconographiques élaborés après coup.
À l’échelle de l’histoire de l’estampe, les techniques d’impression ne sont pas des synonymes : la sérigraphie suppose une préparation d’écrans pour transférer les encres, tandis que la giclée relève de l’impression numérique. Dans les deux cas, la création du motif peut être distincte de sa traduction sur un support. Il convient donc de séparer l’artiste auteur de la composition, les étapes de production matérielle et la commercialisation par la galerie. Une signature ne remplace jamais un descriptif du procédé.
Données d’édition, dimensions et comparaison des catalogues
Il convient également de distinguer « œuvre en 2005 » et « exemplaire daté 2005 ». Une notice de marchand peut reprendre le millésime du motif alors qu’une impression numérotée a été produite plus tard ; l’inverse est possible lorsqu’une œuvre ancienne revient dans une nouvelle édition. La divergence de datation ne peut être résolue par le seul millésime d’une fiche de marchand : les inscriptions recto verso, les certificats des exemplaires et les premiers catalogues de Pop International Galleries permettraient seuls de distinguer la date du dessin de celle de l’impression.
Le récolement retient Giclée sur papier, 23 × 29 pouces selon les notices de giclée et 100 exemplaires annoncés comme données déclarées par les catalogues ; ces nombres n’affirment pas combien d’exemplaires sont aujourd’hui conservés. Le format n’indique pas toujours si l’on mesure la feuille ou la surface imprimée, et les épreuves d’artiste doivent être dénombrées séparément lorsqu’elles sont effectivement attestées. Une fiche de marché secondaire n’est pas un document de fabrication.
Les exemplaires connus et leur provenance
Le dossier enregistre donc une formule exigeante, mais vérifiable : intitulé documenté en 2007 ; attribution de catalogue à 2005 ; légende concurrente 2008 ; chronologie précise de conception et d’impression non résolue. C’est moins commode qu’une date unique, mais bien plus utile pour les collectionneurs, bibliothécaires et chercheurs.
Une authentification sérieuse appelle des photographies de l’avers et du revers, le numéro manuscrit, la signature, les éventuelles marques de l’éditeur et la chaîne documentaire de possession. Une notice ancienne de marchand peut aider à retracer un exemplaire, mais elle ne reconstitue pas toute sa provenance. L’absence de certificat visible ne démontre pas la fausseté d’une pièce ; sa présence annoncée ne doit pas être prise pour un examen contradictoire de l’objet.
Ce que la notice apporte à l’histoire de Ringo artiste
La période 2005–2008 correspond à une phase décisive de la reconnaissance de Ringo comme créateur visuel autonome. Sa célébrité Beatles attire des regards, mais elle ne dispense pas de considérer chaque composition comme une œuvre susceptible d’être décrite selon les méthodes de l’histoire de l’art. L’art numérique, les estampes signées, l’exposition et la destination philanthropique des recettes via la Lotus Foundation constituent des niveaux de documentation complémentaires, jamais interchangeables.
Sources historiques et catalogues des éditions
- Ringo Starr Art, galerie 2005
- Ringo Starr Art, galerie 2007
- Harvard Gazette, Andrew Brooks, 7 juin 2007
- Yellow-Sub, catalogue critique 2007–2024
- Notice ou galerie de référence
Les dates commerciales, les dates d’exposition et les dates de création ne sont pas confondues ; les informations manquantes sont indiquées plutôt que reconstruites.












