Ringo Starr au-delà des Beatles : cinéma promotionnel, 1970

YELLOW-SUB.NET / RINGO ARTISTE / CATALOGUE RAISONNÉ 2007–2008 · NOTICE 264

Ringo Starr, sérigraphies 2007–2008 : vingt et une notices, éditions et conflits d’attribution

De la première exposition aux sérigraphies : une histoire technique, bibliographique et culturelle.

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Comment décrire avec rigueur les premières œuvres de Ringo Starr lorsque les titres se ressemblent, que les techniques se contredisent et que les dates changent selon les galeries ? De Hat Man aux sérigraphies de 2007–2008, le dossier Yellow-Sub rassemble ici vingt et une études individuelles, croisées avec la Harvard Gazette, le catalogue de l’artiste, Animazing et des archives d’enchères. Cette étude distingue les compositions, les éditions et les exemplaires, et expose clairement les divergences entre les documents historiques.

Sommaire de cette étude (8 sections)
  1. De My Faces au dessin imprimé : un changement de médium
  2. Hat Man et l’historien face à trois dates
  3. 2007 : cinq titres, mais pas cinq fiches également complètes
  4. 2008 : quatorze entrées annuelles et un Green Man complémentaire
  5. Les anomalies qui comptent : giclée, sérigraphie et titres voisins
  6. Deux ensembles d’objets : estampe sur papier et peau de batterie
  7. Un exemplaire 30/50 et le problème de la traçabilité des ventes
  8. Vingt et une notices pour une recherche ouverte

De My Faces au dessin imprimé : un changement de médium

Les œuvres visuelles de Ringo Starr ne commencent pas avec sa notoriété photographique des années 2010. À la fin des années 1990, il crée sur ordinateur pendant les tournées, une pratique dont il parle encore dans ses entretiens et que l’exposition My Faces rend publique en 2005. Les premières références commerciales concernent largement des giclées signées et numérotées. En 2007 et 2008, les catalogues présentent à côté de ces images un ensemble conséquent de sérigraphies sur papier. La différence est technique : elle affecte les méthodes d’impression, les inscriptions et la manière de comparer les exemplaires.

Le 7 juin 2007, Andrew Brooks publie dans la Harvard Gazette un portrait du musicien à l’occasion de la présentation de dix-sept œuvres dans le cadre du Ringo Starr Fine Art Show, organisé au 60 Church Street, Harvard Square, du 7 au 10 juin. Le journaliste rapporte que les pièces sont signées et numérotées et que le produit des ventes bénéficie à la Lotus Foundation. Le prix des exemplaires proposés à ce moment-là est annoncé entre 400 et 1 800 dollars. Ces prix sont une photographie du contexte commercial de 2007, non la cote contemporaine de tous les tirages. Les dix-sept pièces de cette exposition ne doivent pas non plus être assimilées aux cinq titres actuellement rangés par la galerie dans sa rubrique « Artwork 2007 » : une exposition peut rassembler des œuvres plus anciennes et plus récentes.

La présente livraison commence par Hat Man, puis examine les cinq intitulés du classement 2007 et quinze références de 2008 documentées par les catalogues Ringo Starr Art et Animazing Gallery. Il ne s’agit pas de vingt et un tableaux nouveaux exécutés chacun à une date exacte connue, mais de vingt et une entrées faisant l’objet de fiches indépendantes, dont certaines conservent des incertitudes de technique, de tirage ou de chronologie. Les incertitudes de technique, de tirage et de datation sont indiquées lorsqu’elles ressortent des documents de l’époque.

Hat Man et l’historien face à trois dates

Le problème de Hat Man résume les difficultés du corpus. Le motif apparaît dans la page « Gallery: 2005 » de Ringo Starr Art, mais la légende y affiche « Hat Man, 2008 ». Des fiches individuelles commercialisent cependant un objet daté de 2005, souvent décrit comme une giclée sur papier de 23 × 29 pouces, en édition de cent exemplaires. L’entretien de la Harvard Gazette du 7 juin 2007 cite déjà expressément Hat Man, parmi les noms simples que Ringo donne à ses fichiers. Cette source indépendante constitue un terminus ante quem : le nom de l’image existait publiquement à cette date.

En revanche, ce terminus ne documente pas automatiquement la date à laquelle le premier tirage commercial a été imprimé. Un éditeur peut vendre plusieurs états d’un même motif ; une boutique peut déplacer une entrée vers une nouvelle catégorie ; un texte ancien peut décrire un fichier sans fixer sa date d’impression. Il convient de mentionner 2005 comme une attribution de catalogue, 2007 comme une attestation publique et 2008 comme une légende discordante actuellement affichée. Seuls les certificats et les archives d’atelier permettraient de reconstruire précisément la première circulation matérielle.

Le cas est aussi exemplaire pour la lecture des titres. Ringo expliquait au journaliste qu’il nommait fréquemment les œuvres afin de les retrouver sur ordinateur. Un « homme au chapeau » doit pouvoir être recensé sous ce nom sans qu’on lui invente une identité cachée. L’erreur courante consistant à prendre Zak pour un portrait du fils du musicien est explicitement réfutée dans le même entretien : Ringo précise qu’il avait simplement écrit ces lettres sur le chapeau d’un personnage et qu’elles y étaient restées. Une œuvre graphique n’est donc pas une autobiographie dont chaque titre serait une clef sûre.

2007 : cinq titres, mais pas cinq fiches également complètes

La galerie officielle « Artwork 2007 » énumère Whot $50, Face & Flowers, Ringo Rama, Hold Me, Love Me et Snail’s Eye. Trois références possèdent des données d’édition particulièrement détaillées. Whot $50, code RS2007-1035, et Hold Me, Love Me, code RS2007-1034, sont décrites comme des sérigraphies sur papier de 27 × 31 pouces, chacune annoncée à 150 exemplaires. Leurs signatures et numérotations sont signalées au marqueur ou à l’encre selon les fiches. Le catalogue de Snail’s Eye, code RS2007-1031, décrit une sérigraphie de 14 × 18 pouces, en 100 exemplaires.

Ces informations montrent que l’année 2007 ne correspond pas à une série uniforme. Les dimensions et les tirages varient. Même lorsqu’un procédé commun est attesté, les titres doivent rester distincts : Whot $50 et Hold Me, Love Me ne sont pas deux couleurs d’un même motif par la seule proximité de leurs dimensions. Les codes d’éditeur servent à retrouver les fiches, mais ils ne prouvent pas dans quel ordre chronologique Ringo a créé les images.

Pour Face & Flowers et Ringo Rama, les informations techniques confrontées ici demeurent plus lacunaires. La présence de ces deux entrées dans la galerie officielle suffit à justifier leur mention, non à recopier une limite de tirage de 150 ou le format de leurs voisines. Le titre Ringo Rama ne doit pas non plus entraîner une fusion abusive avec l’album du même nom publié en 2003. La répétition d’un intitulé d’œuvre et de disque appelle une comparaison des images et des documents de création ; elle ne crée pas une identité iconographique par elle-même.

2008 : quatorze entrées annuelles et un Green Man complémentaire

La rubrique « Artwork 2008 » de Ringo Starr Art fournit quatorze titres distincts : Unytone Time, Good Guy One, Big H, Two Small Heads, New Pattern, Why Eye, Two Heads, Clown, Eye Lidded Man, Man In Blue Hat, Elaphant Foot, I Feel Blue, I Feel Hot, Big Close Up et Two Ye. Une répétition de Eye Lidded Man dans la présentation du site n’équivaut pas à une seconde composition.

Animazing Gallery documente parallèlement Green Man, attribué à 2008, en sérigraphie sur papier de 21 × 26 pouces, annoncée à 30 exemplaires. Cette pièce porte donc le corpus traité à quinze références pour l’année. L’absence d’un titre dans un menu ne prouve pas son inexistence ; elle montre que les vitrines de galeries peuvent être sélectives. Il faut conserver cette différence de sources au lieu de reconstituer artificiellement une rubrique officielle de quinze titres identiques.

Les sérigraphies les mieux décrites de 2008 se répartissent en plusieurs formats. Big H, Two Small Heads, Good Guy One, I Feel Blue, Eye Lidded Man, Elaphant Foot et Big Close Up sont annoncées à 21 × 26 pouces, généralement en éditions de cinquante. New Pattern, Why Eye, Man In Blue Hat et Two Ye sont données à 14 × 18 pouces, aussi en éditions de cinquante. I Feel Hot, plus grand, mesure 27 × 32 pouces et est annoncé à quarante. Une même année de catalogue peut donc recouvrir plusieurs pratiques d’édition.

Les anomalies qui comptent : giclée, sérigraphie et titres voisins

La plus nette contradiction technique de cette période concerne Big Close Up. La fiche individuelle de Ringo Starr Art, code RS2008-10311, donne dans son corps de texte « Serigraph on paper », tandis que la rubrique « Medium » indique « Gicleé on Paper ». Animazing et plusieurs notices d’enchères décrivent également une sérigraphie. La concordance des sources extérieures rend cette technique probable mais ne remplace pas une vérification sur la feuille ou sur le certificat d’édition. Le problème ne doit pas être corrigé sans commentaire : il révèle qu’une base commerciale peut contenir simultanément des champs incompatibles.

Les intitulés présentent d’autres pièges. Two Heads et Big H, Two Small Heads apparaissent comme deux entrées dans la sélection annuelle ; il serait inexact de les fusionner en « deux têtes » sans comparaison de reproductions. Hat Man et Man In Blue Hat possèdent des titres proches, mais leur édition et leur contexte documentaire diffèrent. Elaphant Foot, code RS2008-10313, doit rester sous cette graphie inhabituelle, sans normalisation automatique en « Elephant Foot ».

La prolifération des fiches de boutique et des résultats d’enchères accentue ce phénomène. Une traduction peut masquer le nom de catalogue ; un vendeur peut reprendre la taille d’un cadre au lieu de celle de la feuille ; la lettre « A.P. » peut désigner une épreuve d’artiste et non un nouveau tirage standard. Le rôle de l’encyclopédie consiste à enregistrer les graphies alternatives, mesurer les différences et distinguer les exemplaires documentés, non à lisser les divergences au profit d’un inventaire apparemment sans faille.

Deux ensembles d’objets : estampe sur papier et peau de batterie

I Feel Blue et I Feel Hot méritent une attention particulière parce que la boutique officielle de Ringo conserve des objets du même titre dans sa catégorie des drum heads, les peaux de batterie. En 2008, les éditions sur papier sont respectivement décrites comme sérigraphies de 21 × 26 pouces, tirées à cinquante, et de 27 × 32 pouces, tirées à quarante. Le réemploi éventuel du motif sur une peau ne transforme pas cette peau en simple exemplaire de l’édition papier.

La peau d’une batterie est un matériau signifiant dans le parcours de Ringo : elle appartient à l’instrument par lequel il est devenu connu, mais elle peut aussi servir de surface artistique autonome. La présence d’une œuvre sur ce support ne démontre toutefois pas qu’elle ait été jouée sur scène ou utilisée en studio. Le certificat, les marques de frappe, les inscriptions et la provenance doivent établir un éventuel usage musical. Sans ces éléments, l’objet doit être décrit comme une œuvre sur support instrumental, et non comme un élément historique de batterie des Beatles.

Le dossier doit aussi distinguer les revenus des ventes initiales, présentés par l’artiste comme destinés à la Lotus Foundation, des transactions de marché secondaire. Une vente aux enchères ne constitue pas automatiquement une opération caritative ; la valeur commerciale d’un objet n’est ni la mesure de sa qualité graphique ni une preuve de son rôle dans la carrière du musicien. Les créations de Ringo gagnent à être cataloguées d’abord comme œuvres d’art, ensuite comme objets de collection.

Un exemplaire 30/50 et le problème de la traçabilité des ventes

Eye Lidded Man fournit un point d’ancrage concret. Dans une vente organisée par Dane Fine Art le 20 août 2026 et relayée par Bidsquare, le lot 291 est annoncé comme sérigraphie de 21 × 26 pouces, signée et numérotée 30/50. Un lot portant le même titre et le même numéro figure dans les annonces d’octobre 2026 diffusées sur d’autres plateformes. Ces documents permettent de répertorier un exemplaire annoncé 30/50 ; ils ne prouvent pas qu’il a effectivement été vendu à chaque présentation.

Les annonces ne suffisent pas à établir s’il s’agit d’une même feuille remise plusieurs fois en vente ou de plusieurs exemplaires. Seule une comparaison de leurs photographies, de l’état du papier et des inscriptions permettrait de les distinguer. La mention d’un certificat fourni par le vendeur est un élément à conserver, non une authentification réalisée par Yellow-Sub. Le catalogue raisonné ne doit pas déclarer deux provenances distinctes à partir de deux annonces dont l’identité matérielle n’a pas été démontrée.

Les estimations de vente de 2026 peuvent éclairer le contexte du marché ; elles ne doivent pas être intégrées comme prix réalisés en l’absence de résultat fiable. La bonne unité de recensement reste la feuille, son numéro et ses marques. Ce travail de patience est ce qui permettra à terme de différencier les épreuves commercialisées en 2007–2008, les copies décoratives et les éditions originales signées.

Vingt et une notices pour suivre les éditions de 2007 et 2008

Le répertoire établi ci-dessous rassemble vingt et une études détaillées : le problème Hat Man, cinq œuvres de 2007 et quinze œuvres ou éditions associées à 2008. Cette quantité ne doit pas être confondue avec le total de toutes les œuvres produites par Ringo pendant la période. Les galeries publient des sélections, certaines fiches ont disparu et les éditions se multiplient. Le catalogue sera d’autant plus utile qu’il restera capable de signaler de nouveaux exemplaires sans créer d’emblée de fausses compositions.

  1. 243. Hat Man — dates 2005, 2007 et 2008
  2. 244. Whot $50 — 2007
  3. 245. Face & Flowers — 2007
  4. 246. Ringo Rama — 2007
  5. 247. Hold Me, Love Me — 2007
  6. 248. Snail’s Eye — 2007
  7. 249. Unytone Time — 2008
  8. 250. Good Guy One — 2008
  9. 251. Big H, Two Small Heads — 2008
  10. 252. New Pattern — 2008
  11. 253. Why Eye — 2008
  12. 254. Two Heads — 2008
  13. 255. Clown — 2008
  14. 256. Eye Lidded Man — 2008
  15. 257. Man In Blue Hat — 2008
  16. 258. Elaphant Foot — 2008
  17. 259. I Feel Blue — 2008
  18. 260. I Feel Hot — 2008
  19. 261. Big Close Up — 2008
  20. 262. Two Ye — 2008
  21. 263. Green Man — 2008

Le corpus permet d’identifier des permanences — visages stylisés, jeux sur les mots, couleur, humour — et des changements — giclées sur papier, sérigraphies de formats divers, signatures et numérotations variables, diffusion de motifs sur des supports instrumentaux. Ces caractéristiques ne constituent pas un jugement esthétique définitif. Elles forment le socle d’une histoire vérifiable de l’art de Ringo Starr au-delà des Beatles.

Pour chaque œuvre, une description matérielle fiable relève les numéros et inscriptions, photographie les marges, confronte les certificats aux premières fiches de galerie et date séparément fichier, exposition, édition et transactions. Le meilleur catalogue n’est pas celui qui contient le plus de certitudes proclamées, mais celui où chaque information est rattachée au bon document.

Du tableau personnel à l’estampe : une histoire plus ancienne que la galerie

La commercialisation des sérigraphies en 2007 et 2008 ne marque pas la naissance de l’activité picturale de Ringo Starr. Dans la présentation officielle de l’exposition Starr Art de 2025, son entourage rappelle qu’il a d’abord peint à l’acrylique et à l’huile, avant de développer des compositions informatiques à partir de la fin des années 1990. Sa première exposition, My Faces, est située en 2005. Ces jalons éclairent l’apparition, deux ans plus tard, de séries sérigraphiques signées : il s’agit d’une nouvelle forme de diffusion d’images déjà inscrites dans une pratique visuelle personnelle, et non d’une reconversion artistique survenue soudainement après les Beatles.

La distinction technique reste essentielle. Le fichier à l’origine d’un motif, une peinture éventuellement utilisée comme référence et une sérigraphie numérotée ne constituent pas le même objet. Une sérigraphie sur papier est produite au moyen d’écrans d’impression ; les giclées de certains catalogues postérieurs relèvent, elles, de l’impression à jet d’encre pigmentaire. La signature manuscrite ajoutée à une feuille confirme une intervention de Ringo sur l’exemplaire ainsi présenté, mais ne transforme pas matériellement l’estampe en peinture unique. Ces différences expliquent pourquoi les éditions de Snail’s Eye (cent exemplaires annoncés en 2007) et de Green Man (trente exemplaires annoncés en 2008) doivent être décrites avec leurs supports et leurs limites propres, même lorsqu’elles côtoient d’autres œuvres sous la même enseigne de galerie.

La chronologie officielle de la carrière artistique, publiée à l’occasion de Starr Art en août 2025, constitue à cet égard un témoignage rétrospectif utile ; les caractéristiques chiffrées de chaque estampe restent, quant à elles, celles indiquées par ses catalogues d’édition. Cette séparation entre récit d’artiste et fiche matérielle évite de donner au lecteur une histoire simplifiée de l’œuvre graphique. Annonce officielle de l’exposition Starr Art, 26 août 2025.

Bibliographie et documents vérifiés

Les informations sur les éditions et prix concernent les notices d’éditeur ou de marché explicitement désignées ; une description commerciale ne se substitue pas à l’examen matériel d’un exemplaire.