Il y a une phrase de Paul McCartney qui résume mieux que toute analyse ce qui s’est joué en janvier 1969 : ils ne se rendaient pas compte, sur le moment, qu’ils étaient en train de se séparer. C’est là toute l’étrangeté de Let It Be — un disque conçu comme un retour aux sources, filmé de bout en bout, et devenu par accident le document le plus complet jamais réalisé sur la désagrégation d’un groupe de rock. Le projet s’appelait Get Back. L’idée tenait en une ligne : quatre musiciens, une pièce, pas d’artifices, pas de superpositions, un retour à la scène filmé pour la télévision.
On lui a collé une étiquette dont il n’a jamais voulu — “le cinquième Beatle” — et cette étiquette a produit un effet pervers : elle a réduit soixante ans de travail à huit années de collaboration. Comme si George Martin était né en juin 1962 dans le studio deux d’Abbey Road et mort en avril 1970 avec le medley d’Abbey Road. C’est faux dans les deux sens. Avant les Beatles, Martin dirigeait depuis sept ans un label et avait déjà inventé, dans le laboratoire improbable du disque comique, la moitié des procédés qui feraient plus tard la réputation de Revolver et de Sgt.
Il y a quarante ans jour pour jour, le 25 août 1986, paraissait aux États-Unis un disque que la plupart des discographies de Paul McCartney franchissent en courant. Press to Play : dix titres sur vinyle, treize sur compact disc, une pochette en noir et blanc léchée comme un portrait de studio hollywoodien, et un producteur star chargé de faire entrer le plus célèbre mélodiste vivant dans la décennie du réverbe numérique et de la boîte à rythmes. L’affaire s’est mal passée. Press to Play est le plus mauvais vendeur de la carrière solo de McCartney à cette date : 250 000 exemplaires aux États-Unis, une trentième place au Billboard 200, un huitième rang britannique sans durée, un disque d’or de la BPI et rien d’autre.
On raconte volontiers l’histoire des Beatles comme celle d’une génération spontanée : deux adolescents de Liverpool se rencontrent lors d’une fête paroissiale, décident d’écrire des chansons, et le vingtième siècle musical bascule. C’est une belle histoire. C’est aussi une histoire fausse — ou plutôt, une histoire amputée de sa première moitié. Avant d’être des auteurs, John Lennon et Paul McCartney ont été des lecteurs.
Pire classement de sa carrière, seize titres, deux semaines d’enregistrement : pourquoi Driving Rain de Paul McCartney mérite d’être réécouté en 2026.
Née le 4 août 1946, Maureen Starkey aurait eu 80 ans. Cavern, mariage de 1965, Rishikesh, « Thanks Mo », divorce, Seattle 1994 : sa biographie complète et vérifiée.
Il faut commencer par écarter le récit le plus répandu, celui selon lequel les Beatles auraient « inventé » quelque chose de technique en 1965. Ils n’ont rien inventé cette année-là. Le matériel dont ils disposent à l’automne 1965 est exactement celui qui a servi à Help! six mois plus tôt, et pour l’essentiel celui qui a servi à Please Please Me en 1963.
Séparé de Yoko, John Lennon vécut 18 mois d’exil avec May Pang : Los Angeles, sessions Spector, Troubadour, trois albums et la réconciliation. L’histoire complète.
Sabotée par Lennon en 1969, retirée de Get Back, « Teddy Boy » renaît sur l’album McCartney en 1970. Histoire complète, correctifs et guide d’écoute.












