Il existe, dans l’histoire des Beatles, une catégorie de personnages sur lesquels on dispose de tout : les carnets de séance de Mal Evans, les feuilles de présence d’EMI, les relevés de la BBC, les factures de Savile Row. Mark Lewisohn a bâti une œuvre sur cette abondance. Et puis il existe une autre catégorie, dont Maureen Cox est peut-être l’exemple le plus net : des personnages sur lesquels on ne dispose de presque rien de première main, alors même qu’ils étaient physiquement présents à certains des moments les plus filmés, les plus photographiés et les plus commentés du XXe siècle.
Maureen Starkey a vécu douze ans au centre exact du phénomène Beatles. Elle est sur le toit d’Apple le 30 janvier 1969. Elle est à Rishikesh en février 1968. Elle est à Caxton Hall en février 1965 quand la Beatlemania est à son sommet absolu. Elle est la mère de trois enfants d’un Beatle. Et pourtant, si l’on cherche ses propres mots, on trouve un désert. Elle n’a pas écrit de mémoires, contrairement à Cynthia Lennon (A Twist of Lennon, 1978, puis John, 2005) et à Pattie Boyd (Wonderful Tonight, 2007). Elle n’a pas donné d’entretien de fond. Dès février 1965, un porte-parole du groupe formulait la doctrine sans détour : elle ne souhaitait pas se mêler à la publicité, et Ringo ne le souhaitait pas non plus.
Cette phrase, apparemment anodine, décide de tout ce qui suivra. Maureen Cox est le seul membre du premier cercle des Beatles dont le portrait est intégralement rétrospectif, intégralement indirect et intégralement écrit par d’autres. Elle apparaît dans le livre de Tony Barrow, dans celui de Chris O’Dell, dans celui de Peter Brown et Steven Gaines, dans les biographies de Bob Spitz et Jonathan Gould, dans les carnets de Keith Badman — toujours vue de l’extérieur, souvent en trois lignes, parfois en anecdote. Elle est un personnage secondaire dans les livres consacrés à d’autres.
Le 4 août 2026, elle aurait eu quatre-vingts ans. C’est une bonne date pour tenter l’exercice inverse : la mettre au centre, et dire honnêtement ce que l’on sait, ce que l’on croit savoir, et ce que l’on répète depuis trente ans sans l’avoir vérifié.
« Elle ne veut pas être mêlée à la publicité, et Ringo ne le veut pas non plus. »
— Un porte-parole des Beatles, cité par la presse américaine en avril 1965
Sommaire
Liverpool, 4 août 1946 : la naissance de Mary Cox
Elle naît Mary Cox, le 4 août 1946 à Liverpool, alors dans le Lancashire — le Merseyside n’existera comme comté qu’en 1974. Elle est fille unique de Joseph Cox, steward de navire, et de Florence Cox, née Barrett.
Il faut s’arrêter une seconde sur le métier du père, parce qu’il n’est pas anecdotique dans le Liverpool de l’après-guerre. Un ship’s steward, c’est un homme du service à bord des paquebots et des cargos : un employé de la marine marchande, pas un docker, pas un officier. Liverpool en 1946 est un port bombardé, rationné, mais toujours l’un des grands terminus atlantiques du monde. Les hommes partent des semaines, reviennent avec des disques américains, des cigarettes, des bas nylon, des histoires. C’est exactement le milieu qui produira, quinze ans plus tard, le Merseybeat : une ville ouvrière dont les enfants entendent du rhythm and blues américain avant les enfants de Londres, parce que leurs pères le rapportent dans leur sac.
Autrement dit, Mary Cox et Richard Starkey — né six ans plus tôt, le 7 juillet 1940, au 9 Madryn Street dans le Dingle — sortent de la même matrice sociale. C’est un point que les récits romantiques négligent au profit de la fable de la coiffeuse et de la vedette. Ils étaient de la même ville, de la même classe, du même bassin de vies contraintes. Ringo, lui, sortait d’une enfance encore plus dure : une longue série d’hospitalisations, une scolarité en miettes, une mère employée dans une boulangerie puis serveuse.
De l’enfance de Mary, on connaît surtout deux détails, tous deux rapportés par Chris O’Dell dans Miss O’Dell (2010) et devenus canoniques parce que personne d’autre n’a rien de mieux : adolescente, elle retournait son uniforme scolaire pour lui donner l’allure d’une robe, et elle payait une camarade de classe dix cigarettes par jour pour lui apprendre à fumer « correctement ». Ces deux anecdotes ne sont pas des futilités. Elles décrivent un tempérament : une fille de couvent qui bricole sa propre modernité avec les moyens du bord, et qui considère que l’allure s’apprend.
Le couvent, et la sortie à quatorze ans
Elle est scolarisée dans une école de couvent — un détail répété par toutes les sources anglo-saxonnes, y compris la notice de casting publiée par Deadline en 2025 — et elle en sort à quatorze ans. Quatorze ans, c’est l’âge légal de fin de scolarité obligatoire pour sa génération dans beaucoup de trajectoires ouvrières britanniques ; ce n’est pas un décrochage spectaculaire, c’est la norme du milieu.
Ashley du Pre : devenir Maureen
À la sortie de l’école, elle entre en apprentissage chez Ashley du Pre, un salon de coiffure de Liverpool. Les sources divergent légèrement sur l’intitulé exact du poste — apprentie manucure ou apprentie coiffeuse, parfois les deux — ce qui, dans un salon de province au début des années 1960, revient au même : on commence par les shampooings, les balais et les mains des clientes.
C’est à ce moment-là qu’elle change de prénom. Mary devient Maureen. Ce n’est pas un pseudonyme d’artiste, c’est une décision d’adolescente qui construit un personnage : Mary est le prénom du certificat de baptême, Maureen est le prénom du samedi soir. Ses amis, eux, la réduiront encore : elle sera « Mo » pour le reste de sa vie, et c’est sous ce diminutif que Paul McCartney la remerciera sur un disque en 1970.
Il y a ici une symétrie qu’aucun biographe n’a vraiment exploitée. Richard Starkey devient Ringo Starr. Mary Cox devient Maureen, puis Mo. Deux gamins de Liverpool qui se rebaptisent avant de se rencontrer. On a beaucoup écrit sur les noms de scène des Beatles ; on n’a jamais remarqué que la femme que Ringo allait épouser avait accompli exactement le même geste, dans le même quartier, à la même époque, sans public.
Le look
Le physique de Maureen a durablement marqué les témoins : cheveux d’un noir intense, frange coupée au ras, silhouette menue. Dans un Liverpool où les coiffeuses en apprentissage étaient les premières prescriptrices de mode — elles voyaient les magazines avant les clientes, et elles s’entraînaient sur elles-mêmes —, ce n’est pas un hasard. Elle a construit son allure avec son métier. La photographie du mariage prise par Robert Freeman, le photographe attitré des pochettes des Beatles entre 1963 et 1966, la montre avec cette frange et un manteau clair : ce n’est pas une jeune fille intimidée, c’est quelqu’un qui sait de quoi elle a l’air.
Le Cavern, 1961-1962 : la fille du troisième rang
À quinze ans, elle est une habituée du Cavern Club, 10 Mathew Street. Il faut se représenter ce qu’était réellement ce lieu, parce que la mythologie l’a lissé : une cave d’entrepôt à trois nefs voûtées, sans ventilation, sans alcool à la licence, où la condensation coulait des murs, et où les sessions du midi permettaient aux employées de bureau et aux apprenties du centre-ville de venir en pause déjeuner.
Maureen a raconté — c’est l’un des rares éléments qui semblent lui revenir en propre, via Craig Cross — les files d’attente interminables et la compétition violente entre filles pour l’accès aux musiciens. Ce mot de « violente » n’est pas de la littérature. Les récits concordent : elle sera plus tard menacée, et griffée au visage par une rivale, épisode rapporté par Hunter Davies dans son reportage pour Life en septembre 1968. Les menaces l’obligeront à cesser d’exercer la coiffure.
C’est un point capital, et il est presque toujours escamoté. On présente Maureen Cox comme une coiffeuse qui a « abandonné son métier » en épousant une vedette. La réalité documentée est plus dure : elle a arrêté de travailler parce qu’elle était harcelée. La carrière n’a pas été échangée contre le confort ; elle a été rendue impossible par la célébrité d’un autre.
Ce que « fan » voulait dire en 1962
Le vocabulaire pose problème. Plusieurs textes anglo-saxons, y compris des sources par ailleurs sérieuses, emploient le mot groupie — un terme qui n’apparaîtra dans le langage courant qu’à la fin des années 1960 et qui charrie une connotation absente de la situation décrite. En 1962, au Cavern, il n’y a pas de tournées, pas d’hôtels, pas de circuit : il y a des adolescentes d’une même ville qui vont voir, à midi, des garçons de la même ville. Maureen Cox était une cliente du Cavern, comme des milliers d’autres, dans le seul lieu de sa ville où il se passait quelque chose.
Elle n’a pas quitté la coiffure pour épouser une vedette. Elle a quitté la coiffure parce qu’on la menaçait dans la rue.
Johnny Guitar, le baiser et la danse : anatomie d’une rencontre
Voici où les récits se contredisent le plus, et où le travail de vérification devient intéressant.
Le premier petit ami
Plusieurs sources indiquent qu’avant Ringo, Maureen fréquentait un musicien de Rory Storm and the Hurricanes — le groupe dont Ringo Starr fut le batteur jusqu’à son entrée chez les Beatles le 18 août 1962. Le nom est orthographié « John Brynne » sur plusieurs sites encyclopédiques collaboratifs, avec une rupture datée de 1962.
Il s’agit presque certainement d’une déformation. Le guitariste des Hurricanes s’appelait Johnny Byrne, universellement connu sous le surnom de scène « Johnny Guitar » — c’est lui qui tenait, avec Rory Storm, le journal du groupe, et c’est une figure documentée de la scène de Liverpool. La graphie « Brynne » est une inversion de lettres recopiée de site en site depuis une vingtaine d’années. Certaines sources anglo-saxonnes, du reste, écrivent correctement « Johnny Guitar ».
L’intérêt de ce détail n’est pas orthographique. Il dit quelque chose de sociologique : Maureen Cox appartenait au milieu avant d’appartenir à Ringo. Elle ne sort pas de nulle part pour tomber sur un Beatle ; elle fréquentait déjà l’entourage du groupe qui employait Ringo. Le Merseybeat était un village de quelques centaines de personnes.
Le baiser sur un pari
L’anecdote la plus racontée : un soir, sur un défi, elle aurait embrassé Paul McCartney et Ringo Starr après un concert. Ringo n’en aurait gardé aucun souvenir. Cette histoire circule depuis les années 1990 dans les forums spécialisés et a été reprise par des articles grand public. Elle est invérifiable : aucune des deux personnes concernées ne l’a confirmée publiquement, et elle porte toutes les marques de l’anecdote reconstruite après coup pour créer une symétrie narrative avec le futur mariage.
La danse
Le récit le plus stable est le plus modeste. Maureen demande un autographe à Ringo. Environ trois semaines plus tard, il la remarque et l’invite à danser au Cavern. On est en 1962, elle a quinze ans, il en a vingt-deux. La relation commence là.
Grèce 1963, îles Vierges 1964
Deux voyages jalonnent la période de fiançailles informelle, et ils sont beaucoup plus révélateurs que le baiser légendaire.
Septembre 1963 : Maureen part en Grèce avec Ringo, Paul McCartney et Jane Asher — avec l’autorisation de ses parents, précise Tony Barrow, qui était le chargé de presse du groupe et savait ce que ce genre d’autorisation coûtait à une famille catholique de Liverpool en 1963. C’est un voyage à quatre, structure sociale intéressante : les deux Beatles les plus discrets sur leur vie privée partent en couple, ensemble.
Mai 1964 : le voyage aux îles Vierges se fait, lui, sans prévenir les parents, qui l’apprendront par les journaux. On passe en quelques mois de l’autorisation parentale au fait accompli médiatique. C’est la Beatlemania qui a changé d’échelle entre-temps : A Hard Day’s Night est en tournage, le groupe a conquis les États-Unis en février.
Aimer un Beatle en clandestinité
Il faut nommer précisément la contrainte qui pèse sur Maureen Cox entre 1962 et 1965, parce qu’elle explique presque tout de son rapport ultérieur à la parole publique.
Doctrine officielle : les Beatles sont célibataires. Nicholas Schaffner l’a formulé dès 1980 : pour l’image, les quatre musiciens devaient être disponibles. John Lennon était marié à Cynthia Powell depuis le 23 août 1962 et père depuis le 8 avril 1963 — et ce mariage a été dissimulé, Cynthia étant maintenue hors champ, parfois logée séparément, tenue de nier. Ce n’est pas une légende de fans : c’est une politique de management, appliquée par NEMS.
Maureen Cox entre donc dans une structure qui a déjà été rodée sur une autre femme. La règle est simple : exister, mais pas publiquement. Se taire.
Quand on lit, en 1965, qu’elle « ne veut pas être mêlée à la publicité », il faut entendre cette phrase pour ce qu’elle est : la formulation polie d’une consigne intériorisée depuis trois ans. Que Maureen ait ensuite, toute sa vie, refusé les entretiens ne relève peut-être pas seulement de la timidité qu’on lui prête. C’est aussi un pli professionnel imposé à dix-sept ans.
Le prix physique
Les menaces sont réelles et documentées. Le visage griffé, rapporté par Life en 1968, est devenu l’illustration standard de la « folie des fans ». Mais du point de vue de la personne concernée, il s’agit d’une agression, à Liverpool, par une inconnue, à cause d’un homme. Elle a alors seize ou dix-sept ans.
Juin 1964 : l’hôpital qui change tout
Le tournant de la relation n’est pas romantique. Il est médical.
Le 3 juin 1964, à la veille de la tournée mondiale du groupe (Danemark, Pays-Bas, Hong Kong, Australie, Nouvelle-Zélande), Ringo Starr s’effondre lors d’une séance photo dans un studio de Barnes, au sud-ouest de Londres. Amygdalite aiguë, fièvre à 39 °C. Il est hospitalisé d’urgence. Le groupe part sans lui, avec Jimmie Nicol derrière la batterie pour dix concerts — l’un des épisodes les plus commentés de l’histoire des Beatles, et l’un des plus cruels pour Ringo, qui découvrira en rentrant que la machine avait continué sans lui.
Pendant cette hospitalisation, Maureen vient tous les jours. C’est après cet épisode, selon Kate Mulligan, que le couple devient exclusif.
Certaines sources — notamment des wikis collaboratifs — vont plus loin et situent la demande en mariage à l’hôpital, en 1964. Cette version est en contradiction avec la chronologie la mieux établie, qui place la demande en janvier 1965 à Londres. Il est possible que les deux coexistent (une promesse à l’hôpital, une demande formelle sept mois plus tard), mais rien ne le documente. Nous retenons la version datée, en signalant l’autre.
Ce qui est certain, c’est la mécanique : la maladie de Ringo a transformé une relation intermittente en engagement. Il a été, enfant et adolescent, un grand malade chronique — péritonite à six ans, tuberculose pulmonaire à treize ans, des années entières d’hôpital. Une femme qui vient tous les jours, quand la gloire vous laisse seul dans une chambre pendant que vos trois amis font le tour du monde sans vous, cela ne se compare à rien d’autre.
20 janvier 1965 : la demande en mariage de l’Ad Lib
Le 20 janvier 1965, Ringo Starr demande Maureen Cox en mariage à l’Ad Lib Club, au-dessus du Prince Charles Theatre, dans Leicester Place.
L’Ad Lib mérite une phrase. Ouvert en 1964, au dernier étage, accessible par un ascenseur tapissé, c’est le club du Swinging London naissant : les Beatles, les Stones, les Animals, les mannequins, les photographes. C’est là que John Lennon et George Harrison arriveront, quelques semaines plus tard, après le fameux dîner chez leur dentiste où ils ont ingéré du LSD à leur insu — épisode fondateur de l’histoire psychédélique du groupe, qui se termine précisément dans cet ascenseur.
Autrement dit, Ringo demande Maureen en mariage dans le lieu le plus mondain de Londres, à une jeune femme de dix-huit ans venue de Liverpool qui n’a pas le droit de parler à la presse.
Vingt-deux jours plus tard, ils sont mariés. La raison est simple et documentée : fin janvier 1965, Maureen découvre qu’elle est enceinte.
11 février 1965, huit heures du matin : Caxton Hall
Le mariage a lieu le jeudi 11 février 1965, à 8 heures du matin, au bureau d’état civil de Caxton Hall, Westminster. L’officier d’état civil s’appelle D. A. Boreham.
Huit heures du matin : ce n’est pas une heure de mariage, c’est une heure d’évasion. Brian Epstein a organisé la cérémonie en urgence et en secret, pour prendre la presse de vitesse. Il échouera : cent photographes finiront par cerner le lieu de la lune de miel dans la journée.
Qui était là
D’après les photographies de Robert Freeman et les légendes qui les accompagnent :
| Présent | Fonction |
|---|---|
| Brian Epstein | Manager, témoin principal (best man) |
| John Lennon | Beatle |
| Cynthia Lennon | Épouse de John |
| George Harrison | Beatle, arrivé à bicyclette selon Bob Spitz |
| Harry Graves | Beau-père de Ringo |
| Elsie Graves | Mère de Ringo |
| Joseph Cox | Père de Maureen |
| Florence Cox | Mère de Maureen |
| Absent : Paul McCartney | En vacances |
La réception se tient chez Brian Epstein. La lune de miel dure trois jours, à Hove, dans le Sussex, dans la maison de Princes Crescent appartenant à David Jacobs, l’avocat du groupe. Le jour même, assiégé, le couple donne une brève interview dans le jardin — l’une des très rares occasions où Maureen Cox parle devant des micros.
Le 22 février, onze jours après le mariage, Ringo s’envole pour les Bahamas : le tournage de Help! commence. Voilà, en une phrase, le programme des dix années suivantes.
La phrase de John, la phrase de George
Deux répliques ont survécu, et elles disent tout de l’ambiance.
John Lennon aurait prévenu la mariée qu’il ne fallait pas de larmes, faute de quoi elle ne ferait pas partie de « la bande ». La formule est rapportée par Kate Mulligan. Elle est parfaitement lennonienne : affectueuse et brutale dans le même mouvement, et elle énonce à la mariée de dix-huit ans le contrat social exact qu’on lui propose.
George Harrison, lui, lance après la cérémonie : « Deux de faits, deux à venir » — c’est-à-dire qu’il ne restait que lui et Paul de célibataires. Il épousera Pattie Boyd le 21 janvier 1966, onze mois plus tard.
Le mariage a eu lieu à huit heures du matin pour semer les journalistes. Ils ont été retrouvés dans l’après-midi. Cent photographes.
Correctif factuel n° 1 : ce que la presse raconte de travers sur ce mariage
Ce mariage est l’un des événements les plus mal rapportés de toute la sphère Beatles francophone et anglophone. Voici les cinq erreurs récurrentes.
1) « Ils se sont mariés en janvier 1965. » Faux. La demande est du 20 janvier 1965 ; le mariage est du 11 février 1965. La confusion vient de la compression des deux dates dans des articles de synthèse, notamment sur des sites de reprise d’actualité culturelle.
2) « George Harrison et le beau-père de Ringo étaient les témoins. » Attesté nulle part de façon fiable. Le rôle de best man revient sans ambiguïté à Brian Epstein, dans toutes les sources primaires et secondaires sérieuses. Certaines chroniques radiophoniques américaines de 2026 affirment que John Lennon et George Harrison ont signé comme témoins ; d’autres sources donnent Epstein et Harry Graves. Le registre d’état civil trancherait ; il n’a pas été publié. Nous signalons la divergence plutôt que de choisir.
3) « Paul McCartney était au Portugal. » C’est la version de la Beatles Bible. La majorité des sources, dont Kate Mulligan, indiquent la Tunisie. Barry Miles, dans Many Years From Now, documente précisément un séjour de McCartney et Jane Asher à Hammamet, en Tunisie, au début de 1965 — dans une villa mise à disposition par le gouvernement tunisien. Nous retenons la Tunisie, en notant que l’erreur « Portugal » circule sur une source par ailleurs très fiable, ce qui la rend particulièrement contagieuse.
4) « Maureen avait dix-neuf ans. » Non : née le 4 août 1946, elle a dix-huit ans au moment du mariage, et elle aura dix-neuf ans le 4 août 1965, cinq semaines avant la naissance de Zak.
5) « Elle a cousu elle-même les paillettes des costumes de Sgt. Pepper. » Cette affirmation, apparue sur des blogs et des plateformes de publication ouverte dans les années 2010, ne repose sur aucune source de première main. Les uniformes de Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band ont été confectionnés en 1967 par des costumiers de théâtre professionnels londoniens, d’après un dessin conçu pour la pochette de Peter Blake et Jann Haworth. Rien n’indique une intervention de Maureen Starkey. À écarter.
« I Want to Kiss Ringo Goodbye » : quand un mariage devient un 45 tours
Voici le genre de détail qui échappe même aux connaisseurs.
Le mariage de Ringo Starr a provoqué, aux États-Unis, la sortie d’un disque de circonstance : « I Want to Kiss Ringo Goodbye », interprété par Penny Valentine, publié en 1965, avec en face B « Show Me the Way to Love You », composé par Doug Goodwin et produit par Chuck Sagle.
Le texte est chanté du point de vue d’une adolescente désespérée par l’annonce du mariage de Ringo, jalouse de la femme qu’il épouse, et qui veut l’embrasser une dernière fois avant la cérémonie.
Ce disque n’est pas une curiosité isolée : l’industrie américaine de 1964-1965 a produit des dizaines de Beatle novelty records (« Ringo, I Love You », attribué à Bonnie Jo Mason — en réalité Cher, produite par Phil Spector —, « My Boyfriend Got a Beatle Haircut », et bien d’autres). Mais celui-ci a une particularité : il est déclenché par l’existence de Maureen Cox. C’est-à-dire par une femme dont personne, en Amérique, ne connaissait le visage, et dont le prénom n’apparaît même pas dans le titre. Elle est le hors-champ d’une chanson populaire.
C’est une bonne image de toute sa position dans l’histoire : présente partout, nommée nulle part.
Sunny Heights et le Flying Cow : la vie de château à Weybridge
Les jeunes mariés s’installent d’abord au 34 Montagu Square, Marylebone — appartement qui deviendra plus tard célèbre pour d’autres raisons (Jimi Hendrix y logera, puis John Lennon et Yoko Ono, qui y feront la photographie de couverture de Two Virgins et y seront arrêtés en octobre 1968).
Puis vient l’exode vers le Surrey. Le comptable de Brian Epstein conseille aux membres du groupe de s’installer près de chez lui, à Esher. Lennon achète Kenwood à St George’s Hill, Weybridge ; Harrison achète Kinfauns à Esher ; et le 24 juillet 1965, les Starkey achètent Sunny Heights, South Road, St George’s Hill, pour 30 000 livres.
L’inventaire d’une maison de Beatle
Sunny Heights est une maison de six chambres, dont l’intérieur est redessiné par Ken Partridge. Ce que Cynthia Lennon et Bob Spitz en rapportent tient de l’inventaire surréaliste :
- un pub privé aménagé au-dessus du garage, baptisé « The Flying Cow » ;
- dans ce pub : un bar à miroirs, un billard américain, un juke-box, et un portrait de Lennon et McCartney au mur ;
- un circuit de karting tracé dans le parc ;
- un téléviseur allumé, en général, dans chaque pièce.
Maureen cuisine pour la famille, mais il y a une nurse à demeure et une femme de ménage quotidienne.
Cette liste, qu’on lit d’ordinaire comme une anecdote pittoresque sur les excès de la Beatlemania, se lit aussi comme un diagnostic. Un pub privé chez soi, c’est une manière d’organiser architecturalement le fait que le maître de maison ne sortira plus — et boira à domicile. Ringo Starr a reconnu publiquement, des décennies plus tard, que les années 1970 et 1980 étaient « parties » pour lui, effacées par l’alcool, et il est sobre depuis 1988. Le Flying Cow, en 1965, n’est pas encore un symptôme. Il est un décor. Il deviendra un symptôme.
Puis Elstead, puis Highgate
La suite est un déménagement continu :
- Sunny Heights est revendue 50 000 livres après le départ de Lennon ;
- le couple achète un manoir du XVIe siècle à Elstead, racheté à Peter Sellers, puis le revend à Stephen Stills ;
- le 25 avril 1969, la famille s’installe à Roundhill, Compton Avenue, Highgate, à Londres.
Cinq adresses en quatre ans. Trois enfants en bas âge. Une famille qui n’habite nulle part.
Le club des épouses : Cynthia, Pattie, Maureen
C’est peut-être le chapitre le plus important de la vie de Maureen Starkey, et c’est celui qui n’a jamais de chapitre.
Elle est très proche de Cynthia Lennon et de Pattie Boyd. Elles partent en vacances ensemble, font les magasins ensemble, passent Noël ensemble. Cynthia Lennon en a laissé le récit le plus détaillé dans John (2005).
Le quotidien de ce trio est décrit par Tony Barrow, qui l’a observé de l’intérieur pendant des années :
- attendre dans les clubs — le Speakeasy, l’Ad Lib, le Scotch of St. James — pendant que les maris travaillent ou s’amusent ;
- veiller la nuit, avec un repas préparé, en attendant le retour d’une séance d’enregistrement qui s’est prolongée jusqu’à l’aube ;
- traiter le courrier des fans : on demande à Maureen de s’occuper d’une partie du volume considérable de lettres, et elle y répond personnellement.
Ce dernier point est extraordinaire et systématiquement traité comme une note de bas de page. Le fan-club des Beatles recevait des milliers de lettres par semaine. Une partie de ce travail — non payé, non crédité, invisible — a été effectuée par l’épouse du batteur, chez elle, à la main.
Le projet de salon avorté
Ringo avait promis à Maureen de lui monter une chaîne nationale de salons de coiffure. Le projet a été abandonné. Tony Barrow en donne la raison : elle devait s’occuper des enfants et assumer le rôle d’épouse de Beatle.
Autrement dit : la seule promesse d’autonomie professionnelle qui lui ait été faite a été annulée par les tâches domestiques qu’imposait la carrière de son mari. C’est, en une ligne, la condition des « Beatle wives » — et c’est aussi une condition parfaitement banale des femmes de sa génération, à ceci près qu’elle se déroulait dans une maison avec un pub au-dessus du garage.
Une note sur l’art
Un détail rarement cité, rapporté par Chris Ingham : les Starkey s’intéressaient tous deux aux arts plastiques et réalisaient ensemble des photomontages, des peintures et des sculptures simples. Ringo Starr exposera d’ailleurs son travail graphique des décennies plus tard. Maureen n’a jamais rien exposé.
Zak, Jason, Lee : la maternité comme métier à plein temps
Trois naissances, toutes au Queen Charlotte’s and Chelsea Hospital, à Hammersmith.
Zak Richard Starkey — 13 septembre 1965. Maureen a dix-neuf ans depuis cinq semaines. Coïncidence saisissante : c’est le jour de la sortie américaine du single « Yesterday ». Interrogée, la jeune mère déclare qu’elle aimerait que l’enfant ressemble à Ringo, mais qu’il n’est pas obligé de suivre les traces de son père. Ringo, lui, décrète : « Je ne laisserai pas Zak devenir batteur. »
L’histoire lui donnera doublement tort. Zak Starkey deviendra batteur de The Who (membre permanent de 1996 à 2025) et d’Oasis, et il aura été formé non par son père mais par son parrain : Keith Moon, qui lui offrit sa première batterie.
Jason Starkey — 19 août 1967. Il naît huit jours avant la mort de Brian Epstein (27 août 1967), c’est-à-dire à la charnière exacte où les Beatles perdent leur pilote.
Lee Parkin Starkey — 11 novembre 1970. Elle naît après la séparation officielle du groupe (annoncée par McCartney le 10 avril 1970). Le mariage est déjà en difficulté.
Attention : plusieurs sources francophones et anglophones donnent le 17 novembre 1970 pour la naissance de Lee. La date documentée par Craig Cross, reprise par les notices de référence, est le 11 novembre 1970.
Février 1968 : Rishikesh, les araignées et la fuite
Le 19 février 1968, les Starkey s’envolent pour Rishikesh, en Inde, avec Paul McCartney et Jane Asher. Ils rejoignent les Lennon et les Harrison, arrivés trois jours plus tôt, à l’ashram du Maharishi Mahesh Yogi.
C’est l’un des séjours les plus productifs de l’histoire du groupe : une trentaine de chansons y sont écrites, dont l’essentiel de l’Album blanc.
Pour Maureen Starkey, c’est un échec immédiat. Elle déteste les araignées, les moustiques et les mouches omniprésents. Le couple repart dès le 1er mars 1968, après une dizaine de jours à peine, invoquant une nourriture qui ne leur convenait pas et leurs enfants qui leur manquaient.
Ringo Starr a livré à ce sujet l’une des formules les plus citées de sa carrière : il aurait comparé le séjour à un camp de vacances britannique. Et l’on rapporte qu’il avait emporté une valise de conserves.
La ligne de partage des sexes
Kate Mulligan a décrit ce que faisaient les femmes à Rishikesh pendant que les hommes composaient : les musiciens s’installaient dehors le soir pour écrire, tandis que leurs compagnes se réunissaient dans l’une de leurs chambres, et parlaient — souvent de ce que c’était que d’être la femme d’un Beatle.
Cette phrase est la meilleure description du sujet qui existe. Le grand récit musical de 1968 s’est écrit sur les marches, dehors, entre hommes. À dix mètres de là, dans une chambre, quatre femmes tenaient le seul forum où leur condition pouvait être formulée — et de ce forum, il ne reste évidemment aucune trace.
Une chronique de The Observer en 2004 a exhumé une carte postale envoyée depuis l’Inde, dont le ton résume le décalage : il y fait chaud, tu me manques. Prosaïque, drôle, minuscule. C’est à peu près tout ce qui subsiste de la voix de Maureen Starkey sur le plus mythifié des voyages des Beatles.
« The Continuing Story of Bungalow Bill » : la voix de Maureen sur un disque des Beatles
Rishikesh a directement produit la chanson dans laquelle on entend Maureen Starkey.
« The Continuing Story of Bungalow Bill », sur l’Album blanc (novembre 1968), est née d’un fait réel à l’ashram : un séjournant américain était parti chasser le tigre avec sa mère, puis revenu demander au Maharishi si l’acte était compatible avec la méditation. Lennon en a tiré une charge féroce.
L’enregistrement, réalisé au Studio Two d’Abbey Road en octobre 1968, est le plus collectif de tout l’album : le refrain est chanté en chœur par un groupe élargi, où figurent Maureen Starkey, Pattie Boyd et Yoko Ono — cette dernière chantant en outre un vers en solo, ce qui en fait la seule femme à disposer d’une ligne de chant principale sur un disque des Beatles.
Trois observations utiles :
- C’est la seule apparition musicale documentée de Maureen sur un disque officiel du groupe. Elle n’est pas créditée nominativement sur la pochette originale — comme aucun des participants de circonstance.
- La chanson est, pour cette raison, une capsule sociologique : on y entend, sur la même bande, deux Beatles, deux épouses et une compagne, dans un moment où le groupe se fissure précisément sur la question de la présence des femmes en studio.
- Le titre est enregistré à quelques semaines d’un anniversaire décisif — celui du 4 août 1968.
4 août 1968 : Frank Sinatra chante pour ses vingt-deux ans
C’est l’histoire la plus incroyable de sa vie, et elle est vraie.
Pour les vingt-deux ans de Maureen, le 4 août 1968, Ringo Starr fait enregistrer par Frank Sinatra une version personnalisée de « The Lady Is a Tramp » (Rodgers et Hart, 1937), rebaptisée « The Lady Is a Champ ».
Le mécanisme :
- Sammy Cahn, parolier attitré de Sinatra, réécrit intégralement le texte pour Maureen. Selon Peter Brown, interrogé par une radio de Philadelphie en 2005, Cahn tient aussi le piano sur l’enregistrement.
- La séance a lieu aux studios Capitol de Los Angeles.
- Le disque est pressé à Los Angeles et noté « Apple 1 ».
- Ringo l’offre à sa femme le jour de son anniversaire.
- Le master est détruit après le pressage.
Les paroles réécrites plaisantent sur le fait qu’elle a épousé Ringo alors qu’elle aurait pu avoir Paul, et Sinatra y adresse un toast direct à la destinataire. C’est un objet d’une intimité stupéfiante : la plus grande voix populaire du siècle chantant, pour une seule auditrice, un texte qui la nomme.
Le disque le plus rare du monde ?
En avril 2009, le journaliste Daniel Finkelstein a soutenu dans The Times qu’il s’agissait peut-être du disque le plus rare jamais fabriqué. L’argument est solide : un pressage minuscule, un master détruit, et la conjonction de deux des noms les plus recherchés du marché du collection.
Un report de qualité médiocre circule depuis les années 2000 sur des bootlegs et, depuis janvier 2010, en ligne. Aucune édition légitime n’a jamais existé.
Correctif factuel n° 2 : la vérité sur « Apple 1 »
Voici l’un des grands malentendus discographiques, très répandu chez les collectionneurs francophones.
Ce que l’on lit partout : « Le premier disque du catalogue Apple est un Sinatra privé offert à Maureen Starkey. »
Ce qui est exact : le numéro de catalogue APPLE 1 a effectivement été attribué à ce pressage privé, et le premier 45 tours commercialisé sous ce catalogue est « Those Were the Days » de Mary Hopkin, numéroté APPLE 2 (sorti le 30 août 1968).
Ce qui doit être précisé, et ne l’est jamais :
- « Hey Jude » n’est pas dans cette série. Le single « Hey Jude » / « Revolution », publié le même jour que le Mary Hopkin au Royaume-Uni, porte une étiquette Apple mais conserve le numéro de catalogue Parlophone R 5722. Le passage à l’habillage Apple est un changement de design, pas un changement de série de catalogue — un point que nous avons déjà documenté dans notre étude de la discographie britannique originale.
- Par conséquent, dire que le Sinatra est « le premier disque Apple » est vrai au sens du numéro, faux au sens de la publication. C’est un objet de catalogue, pas un disque édité.
- Le nombre d’exemplaires n’est pas établi. Les articles de presse répètent « un seul exemplaire » ; les notices encyclopédiques et Finkelstein écrivent « quelques exemplaires ». Non tranché.
- L’initiative n’est pas attribuée de façon stable. Peter Brown, alors bras droit du management, s’attribue la démarche auprès de Sinatra. Tony Bramwell, dans Magical Mystery Tours, l’attribue à Ron Kass, patron d’Apple Records, passant par Sammy Cahn. Deux versions concurrentes, aucune arbitrable en l’état.
- Le titre lui-même circule sous trois formes : « The Lady Is a Champ », « Maureen Is a Champ », « Miss Maureen ». La forme retenue par la majorité des sources est la première.
30 janvier 1969 : « Thanks, Mo »
Le 30 janvier 1969, sur le toit du 3 Savile Row, les Beatles donnent leur dernier concert public. Quarante-deux minutes, une température glaciale, cinq titres, la police qui monte.
Maureen Starkey est là. Les images de Let It Be (1970) puis de The Beatles: Get Back (2021) la montrent assise près de la souche de cheminée, avec Yoko Ono, pour s’abriter du vent. Linda McCartney est également présente.
À la fin de l’ultime reprise de « Get Back », on entend distinctement, sur le disque Let It Be publié en mai 1970, Paul McCartney lancer : « Thanks, Mo » — en réponse aux applaudissements enthousiastes de Maureen. Puis vient la réplique de John Lennon, l’une des plus célèbres du rock : il remercie l’assistance au nom du groupe et espère qu’ils ont réussi l’audition.
Pourquoi ce moment compte
Il faut mesurer la singularité de la chose. Sur le dernier disque publié des Beatles, à la fin du dernier morceau du dernier concert, la dernière parole de Paul McCartney avant la conclusion de John Lennon s’adresse à Maureen Starkey, par son diminutif.
Ce n’est pas de la galanterie. C’est un fait acoustique : elle applaudissait plus fort que tout le monde. Sur le toit, il n’y avait qu’une poignée de personnes ; la ferveur d’une seule spectatrice était audible sur la bande. Doug Sulpy et Ray Schweighardt, dans leur chronique jour par jour des séances Get Back, ont documenté ce passage précisément.
Et il y a mieux : Maureen Starkey était, de l’aveu général, restée une fan. Après six ans de mariage, trois maisons et deux enfants, la fille du Cavern applaudissait encore.
> Sur le dernier morceau du dernier concert, la dernière chose que dit McCartney avant la phrase la plus célèbre de Lennon, c’est le surnom d’une coiffeuse de Liverpool.
1970-1973 : le lent naufrage
Les Beatles se dissolvent en 1970 ; le mariage suit le même calendrier. Chris O’Dell, qui travaillait pour Apple et vivait dans l’entourage immédiat, donne les deux causes, dans cet ordre : les infidélités de Ringo, de plus en plus fréquentes, et son alcoolisme, qui s’aggrave.
Il faut être précis, et honnête, sur ce point, parce que c’est le seul endroit de cet article où l’on met en cause un homme vivant.
Ringo Starr a lui-même reconnu publiquement l’essentiel. Il a déclaré au Times de Londres en 2015 : « J’étais ivre. Certaines de ces années sont totalement disparues. » Il a expliqué être entré en cure de désintoxication parce qu’il ne se traitait, ni ne traitait personne autour de lui, avec le moindre respect. Il est sobre depuis 1988, après un séjour de cinq semaines en établissement spécialisé avec son épouse Barbara Bach.
Une phrase plus dure encore lui est attribuée par la presse britannique — un aveu en trois termes, où il se décrit comme un homme qui buvait, frappait sa femme et n’était pas là pour ses enfants. Cette citation doit être maniée avec précaution : elle circule massivement, elle est reprise par des articles sérieux, mais la période exacte à laquelle elle se rapporte n’est pas établie par les sources accessibles, et elle a parfois été rapportée dans le contexte de son second mariage. Nous la mentionnons parce qu’elle fait partie du dossier public ; nous refusons de l’attribuer à une période précise sans document.
Ce qui, en revanche, est parfaitement documenté et non contesté par l’intéressé : il était absent, et il buvait.
Tittenhurst Park : habiter la maison de John Lennon
Le 18 septembre 1973, les Starkey achètent Tittenhurst Park, à Sunninghill dans le Berkshire, à John Lennon, qui vient de s’installer définitivement à New York.
Il faut réaliser ce que cela signifie. Tittenhurst n’est pas une maison ordinaire : c’est le domaine de vingt-six hectares où Lennon et Ono ont vécu de 1969 à 1971, où a été tourné le film Imagine, où se trouve la pièce blanche au piano blanc de la séquence la plus reproduite de l’histoire du rock, et où a été prise, le 22 août 1969, la dernière séance photographique réunissant les quatre Beatles.
Autrement dit : au moment précis où le mariage de Maureen se désintègre, elle emménage dans la maison-musée du groupe qui a organisé toute sa vie adulte. Elle dort dans le décor d’Imagine.
Ringo y installera son studio, Startling Studios. Le couple n’y vivra ensemble que moins de deux ans.
L’affaire George Harrison
C’est l’épisode qui a fait entrer Maureen Starkey dans la mythologie, et c’est celui sur lequel il faut être le plus prudent.
Les faits que les sources convergentes établissent :
- Lors d’une visite des Harrison chez les Starkey, George Harrison déclare devant témoins l’amour qu’il porte à Maureen (Keith Badman, The Beatles Diary Volume 2).
- Une liaison s’ensuit.
- Pattie Boyd découvre la situation et en informe Ringo Starr, qui menace de divorcer.
- John Lennon, mis au courant, qualifie l’affaire d’« inceste virtuel » (rapporté par Mikal Gilmore).
Ce que les sources n’établissent pas, et qu’il faut refuser :
- La légende de l’échange d’épouses. On lit régulièrement que Ringo aurait proposé un échange de partenaires, ou que les deux couples se seraient réorganisés d’un commun accord. Aucune source primaire ne l’atteste. Les récits qui la propagent la présentent d’ailleurs eux-mêmes comme une rumeur.
- La chronologie exacte. Les dates avancées vont de 1972 à 1974 selon les auteurs. Il n’existe pas de datation fiable.
- La symétrie morale. Il est tentant, et faux, de présenter l’affaire comme une réponse de Maureen aux infidélités de son mari. C’est peut-être vrai. Ce n’est pas documenté, et elle n’a jamais eu l’occasion de le dire.
Ce que l’expression de Lennon révèle
« Inceste virtuel » est une formule à retenir, parce qu’elle décrit avec exactitude la structure sociale des Beatles à ce moment-là. Ces quatre hommes et leurs compagnes formaient un groupe endogame, vivant à quelques kilomètres les uns des autres, partant en vacances ensemble, passant Noël ensemble. Une liaison à l’intérieur d’un tel groupe n’était pas un adultère ordinaire : c’était une rupture du pacte de clan.
Il est frappant que Lennon — dont la vie sentimentale n’avait rien d’exemplaire, et qui vivait alors lui-même sa séparation d’avec Yoko Ono, l’épisode dit du Lost Week-end — se soit érigé en gardien du tabou. Cela dit combien la famille élargie des Beatles fonctionnait comme une parenté fictive.
Et cela dit autre chose, plus sombre : dans cette affaire, George Harrison a été blâmé, et Maureen Cox a été jugée. Il est resté un Beatle. Elle est devenue, pour cinquante ans de littérature de fans, « la femme qui a couché avec le beau-frère ».
17 juillet 1975 : le divorce et ses chiffres
Le divorce est prononcé le 17 juillet 1975 (Jonathan Gould), aux torts de Ringo Starr, pour sa liaison avec le mannequin américain Nancy Lee Andrews.
Point de vocabulaire, souvent fautif : plusieurs magazines grand public, y compris américains, écrivent « Nancy Lee Adams ». Le nom exact est Andrews — photographe et mannequin, elle a partagé la vie de Ringo Starr de 1974 à 1980 et publié en 2008 un livre de photographies, A Dose of Rock ‘n’ Roll.
Le règlement financier, tel que la presse britannique l’a exposé lors du procès de 1987 :
| Élément | Montant (livres, 1975) |
|---|---|
| Versement unique | 125 000 |
| Pension annuelle | 23 000 |
| Pension par enfant, par an | 2 500 |
| Garde des trois enfants | Attribuée à Maureen |
Ringo Starr obtient un droit de visite.
Important : Maureen ne voulait pas divorcer. Toutes les sources concordent — malgré les infidélités et les difficultés, c’est elle qui a résisté à la rupture. Elle avait vingt-huit ans, trois enfants, aucune qualification exercée depuis dix ans, et treize années de vie entièrement organisées autour d’un homme.
L’année noire
La fin du mariage la plonge dans une dépression grave. La presse britannique et les biographies documentent une tentative de suicide dans cette période.
Nous ne détaillerons pas les circonstances. Il suffit de dire ceci : la femme dont on écrit depuis cinquante ans qu’elle était « la plus discrète des épouses de Beatles » a traversé, à moins de trente ans, un effondrement qui a failli lui coûter la vie, et il n’existe pas une ligne écrite de sa main pour l’expliquer.
C’est le point où l’historiographie des Beatles devrait s’arrêter et se poser une question qu’elle ne se pose jamais : à quoi ressemblait cette histoire de son point de vue à elle ?
1976-1989 : Isaac Tigrett, le Hard Rock et une seconde vie
En 1976, un an après le divorce, Maureen commence à vivre avec Isaac Tigrett.
Tigrett est un personnage. Américain du Tennessee, il a cofondé à Londres, en juin 1971, avec Peter Morton, le Hard Rock Cafe — le premier, à Old Park Lane. Il fondera ensuite, en 1992, le House of Blues. C’est un collectionneur compulsif de mémorabilia rock, l’homme qui a inventé le principe même d’accrocher des guitares de stars aux murs d’un restaurant.
Il a déclaré un jour que Maureen était sa « pièce de collection ultime ». La phrase est odieuse et il faut la citer, parce qu’elle éclaire brutalement le statut d’objet qui a été assigné à cette femme par presque tous les hommes de son existence publique. Elle avait vécu treize ans comme épouse d’un Beatle ; elle épousait le roi mondial de la muséographie du rock.
Il faut cependant lui rendre justice sur un point : Maureen elle-même a résumé cette période par une formule répétée et parfaitement assumée, sur le mode de la provocation joyeuse — donnez-moi les fourrures, les bijoux et l’immobilier, merci. Chris O’Dell la rapporte. Ce n’est pas la phrase d’une victime. C’est la phrase d’une femme de quarante ans qui a compris comment le monde l’évaluait et qui a décidé d’en tirer le meilleur parti, avec humour.
Chronologie de la seconde vie :
- 1976 : début de la vie commune avec Isaac Tigrett.
- 4 janvier 1987 : naissance de leur fille, Augusta King Tigrett, à Dallas (Texas).
- 27 mai 1989 : mariage à Monaco.
- Le couple s’installe ensuite à Los Angeles, où il vivra plusieurs années.
Elle a donc quatre enfants : Zak, Jason, Lee, Augusta.
13 septembre 1978 : les funérailles de Keith Moon
Détail biographique qui n’en est pas un : Maureen assiste, le 13 septembre 1978, aux obsèques de Keith Moon au crématorium de Golders Green, parmi cent vingt personnes dont Eric Clapton, Bill Wyman et Charlie Watts.
Moon était le parrain de Zak et lui avait offert sa première batterie. Il meurt à trente-deux ans. Le fils de Maureen a alors presque treize ans, et il vient de perdre son mentor. Dix-huit ans plus tard, il occupera le tabouret de Keith Moon chez The Who.
Novembre 1987 : les trois semaines où Maureen a parlé
C’est le seul épisode de toute son existence où Maureen Starkey s’exprime publiquement, longuement, sous serment. Et personne ne le raconte jamais.
En novembre 1987, elle attaque en justice Withers, le cabinet d’avocats londonien qui avait négocié son divorce douze ans plus tôt. Son conseil est Thayne Forbes QC. Le grief : rupture de contrat et négligence. Elle reproche à l’associé chargé du dossier, Charles Doughty, de n’avoir pas suffisamment investigué la fortune réelle de Ringo Starr en 1975, et de n’avoir pas assez pesé le montant du règlement au regard de ses besoins.
Elle assiste à chacun des jours des trois semaines d’audience.
Appelée à la barre, elle se décrit elle-même — la formule fera les gros titres du Daily Mirror du 3 novembre 1987 — comme quelqu’un de « bête comme ses pieds », et qualifie son ex-mari de grand Andy Capp, du nom du personnage de bande dessinée britannique, ivrogne, oisif et coureur.
Elle perd. Le juge Bush tranche en faveur de Doughty et du cabinet, estime que Ringo Starr s’était montré « généreux » puisqu’il avait relevé deux fois la pension depuis le divorce, et la condamne à l’intégralité des dépens, estimés à plus de 200 000 livres.
Pourquoi il faut lire cet épisode autrement
La lecture spontanée est cruelle : l’ex-femme du Beatle réclame plus d’argent et se ridiculise. C’est ainsi que les tabloïds l’ont raconté en 1987, et c’est ainsi que les rares synthèses le reprennent.
Une autre lecture est possible, et probablement plus juste.
Cette femme a signé, en 1975, un accord dont elle a compris, plus tard, qu’il avait été négocié pour elle par des professionnels qui n’avaient peut-être pas mesuré ce que valait réellement le catalogue et le patrimoine d’un ancien Beatle. Elle a alors fait ce qu’aucune autre épouse de Beatle n’a fait : elle est allée devant un tribunal, seule, contre son propre ancien cabinet d’avocats, et elle a tenu trois semaines d’audience publique dans un climat de dérision.
Sa formule sur elle-même — « bête comme mes pieds » — n’est pas un aveu de sottise. C’est la description exacte de ce qu’on lui avait fait croire d’elle-même depuis l’âge de quinze ans : la petite coiffeuse, la fille du Cavern, celle qui ne parle pas, celle dont l’avis n’est pas requis. Elle le dit sous serment, dans une salle de la High Court, à quarante et un ans.
Et elle perd, avec 200 000 livres de frais à sa charge.
Le seul jour où l’on dispose enfin de ses paroles, c’est un tribunal qui les enregistre, et un tabloïd qui les vend.
8 décembre 1980 : le coup de téléphone
Une nuit, entre deux vies, qui appartient à sa biographie autant qu’à celle des autres.
Cynthia Lennon séjournait chez Maureen, à Londres, le 8 décembre 1980, lorsque le téléphone a sonné : c’était Ringo Starr, appelant pour annoncer que John Lennon venait d’être assassiné à New York (Keith Badman).
Les deux premières épouses de Beatles, celles que le management avait dissimulées au public dans les années 1960, apprennent ensemble la mort de l’un d’eux. Cinq ans après leurs divorces respectifs, elles étaient encore l’une chez l’autre.
C’est peut-être la meilleure preuve qui existe de la solidité de ce « club des épouses » que personne n’a jamais pris au sérieux.
Octobre-décembre 1994 : Seattle
La fin est rapide et documentée avec précision, parce qu’elle a fait l’objet d’une dépêche d’agence.
Le récit convergent des sources : Maureen s’évanouit lors d’une cérémonie d’ouverture d’un House of Blues. Les médecins diagnostiquent d’abord une anémie légère, avant d’identifier une pathologie de la moelle osseuse.
- 20 octobre 1994 : elle est admise au Fred Hutchinson Cancer Research Center de Seattle, l’un des tout premiers centres mondiaux de greffe de moelle osseuse. Le diagnostic donné à l’agence AP par le porte-parole de l’établissement, Jerry Vanderwood : syndrome myélodysplasique, décrit comme une affection pré-leucémique.
- Elle reçoit une greffe de moelle osseuse de son fils Zak, qui donne ensuite plaquettes et globules blancs.
- Des complications surviennent après la greffe.
- Vendredi 30 décembre 1994 : elle meurt. Elle a 48 ans.
Étaient à son chevet : ses quatre enfants, sa mère âgée de 82 ans, son mari Isaac Tigrett, et son ex-mari Ringo Starr.
Un service commémoratif est organisé à Los Angeles la semaine suivante.
Sur le geste de Zak Starkey
Il faut s’arrêter là-dessus, parce que c’est l’élément le plus lourd de toute cette biographie et qu’il est traité partout en une demi-phrase.
Zak Starkey a vingt-neuf ans en 1994. Il donne sa moelle osseuse à sa mère. La greffe échoue. Il est à son chevet quand elle meurt.
Trois ans plus tard, il devient batteur permanent de The Who. Il tiendra ce poste pendant vingt-neuf ans, jusqu’en 2025. On l’a rarement interrogé sur 1994.
Correctif factuel n° 3 : la maladie, l’âge, le lieu
Trois erreurs sont recopiées depuis trente ans, et elles proviennent toutes de la même source : la dépêche AP du 31 décembre 1994, publiée par le Seattle Times le 1er janvier 1995.
1) L’âge. Elle avait 48 ans, pas 47. La dépêche AP indique « 47 ans ». C’est arithmétiquement faux : née le 4 août 1946, morte le 30 décembre 1994, elle avait 48 ans révolus depuis presque cinq mois. L’erreur a été reprise telle quelle par une bonne partie de la presse anglophone, y compris par des sites de référence en 2024 et 2025. Les notices encyclopédiques actuelles corrigent à 48.
2) La maladie. « Leucémie » est un raccourci. Le diagnostic communiqué par l’hôpital est un syndrome myélodysplasique (SMD) — un groupe d’affections de la moelle osseuse, considéré comme pré-leucémique, qui peut évoluer en leucémie aiguë. La formulation officielle du décès est d’ailleurs « complications d’un traitement de leucémie », ce qui est encore différent de « morte d’une leucémie ». La distinction n’est pas cosmétique : elle explique pourquoi une greffe de moelle était le traitement indiqué.
3) Le lieu. Elle est morte à Seattle, pas à Los Angeles. Elle résidait à Los Angeles ; elle est décédée au Fred Hutchinson Cancer Research Center de Seattle, où elle avait été transférée pour la greffe. Plusieurs notices francophones intervertissent les deux.
Bonus — une rumeur à écarter : on a longtemps lu, sur les forums anglophones des années 1990 et 2000, que Ringo Starr n’aurait ni rendu visite à Maureen pendant sa maladie ni assisté à ses obsèques. La dépêche AP, source de première main, indique explicitement qu’il était présent à son chevet au moment du décès. L’affirmation contraire est fausse.
« Little Willow » : ce que McCartney a fait de sa mort
Début 1995, quelques semaines après le décès, Paul McCartney écrit « Little Willow ». La chanson paraîtra le 5 mai 1997 sur Flaming Pie, son dixième album solo, en onzième position, coproduite avec Jeff Lynne.
Les circonstances, telles que McCartney les a exposées dans le fanzine Club Sandwich en 1997 puis dans les notes de l’édition Archive de 2020 :
- Les McCartney étaient restés proches de Maureen et de ses enfants ; ils lui ont rendu visite à l’hôpital et sont restés en contact jusqu’à la fin.
- Il a écrit la chanson pour les enfants, comme substitut à une lettre.
- Sa méthode explicite : voiler le sujet. « Si je veux écrire sur la solitude, c’est Eleanor Rigby qui portera le chapeau. » La chanson ne s’appelle pas « Maureen », elle s’appelle « Little Willow » — le saule — parce qu’un titre voilé la rend disponible pour tout le monde.
Le clip a été réalisé par John Schlesinger (le cinéaste de Macadam Cowboy et Marathon Man), tourné en septembre 1997, et diffusé pour la première fois aux États-Unis dans The Oprah Winfrey Show le 14 décembre 1997. La chanson figurera ensuite sur un disque hommage à Diana Spencer, et sera reprise dans la compilation Pure McCartney (2016).
Le détail qui referme la boucle
Sur le même album figure « Really Love You » — la première chanson jamais cosignée Paul McCartney / Richard Starkey, née d’une improvisation en studio entre les deux hommes.
Autrement dit, Flaming Pie contient, à deux plages d’écart, l’élégie pour l’ex-femme de Ringo et la première signature commune de Paul et Ringo. En 1997, trente-cinq ans après le Cavern, la fille qui applaudissait au troisième rang était devenue le sujet d’une des chansons les plus tendres du répertoire de McCartney.
Sur ce point, on notera aussi le miroir avec « Hey Jude » : en 1968, McCartney écrivait une chanson pour consoler l’enfant d’un ami en plein divorce ; en 1995, il en écrit une pour consoler les enfants d’une amie qui vient de mourir. C’est exactement la même fonction sociale, à vingt-sept ans de distance.
Les enfants : Zak, Jason, Lee, Augusta
Zak Starkey (né le 13 septembre 1965). Batteur. Formé par Keith Moon, son parrain, et non par son père. Batteur de The Who de 1996 à 2025, d’Oasis, de Johnny Marr, de Paul Weller, des Lightning Seeds. Il a joué avec le All-Starr Band de son père en 1992 et 1995. Il a raconté avoir longtemps tenu les Beatles à distance : petit, dit-il, le groupe de son père lui « barrait la route », parce que la presse ne s’intéressait qu’à lui et jamais à ses camarades de groupe. Il n’a vraiment écouté les Beatles que vers vingt-cinq ans.
Sa fille Tatia Jayne Starkey, née le 7 septembre 1985, a fait de Ringo Starr le premier Beatle grand-père. Il avait quarante-cinq ans. Maureen, elle, était grand-mère à trente-neuf ans.
Jason Starkey (né le 19 août 1967). Batteur également, puis photographe et road manager. Trajectoire volontairement discrète.
Lee Parkin Starkey (née le 11 novembre 1970). Styliste et créatrice de mode. Elle a été elle-même confrontée à la maladie.
Augusta King Tigrett (née le 4 janvier 1987). Fille d’Isaac Tigrett. Elle avait sept ans à la mort de sa mère.
2025-2028 : Maureen Cox entre au cinéma
Et voici pourquoi cet anniversaire n’est pas seulement commémoratif.
En octobre 2025, Sony Pictures a officialisé le casting féminin de « The Beatles — A Four-Film Cinematic Event », le projet de Sam Mendes : quatre longs métrages, un par Beatle, tournés simultanément, produits par Neal Street en association avec Apple Corps, écrits par Jez Butterworth, Peter Straughan et Jack Thorne, et attendus en salles en avril 2028.
Mia McKenna-Bruce — révélée par How to Have Sex (Prix Un Certain Regard à Cannes en 2023), lauréate du BAFTA Rising Star — y incarnera Maureen Cox Starkey, face à Barry Keoghan en Ringo Starr.
Le reste de la distribution : Paul Mescal (McCartney), Harris Dickinson (Lennon), Joseph Quinn (Harrison), Saoirse Ronan (Linda McCartney), Anna Sawai (Yoko Ono), Aimee Lou Wood (Pattie Boyd), Lucy Boynton (Jane Asher), Morfydd Clark (Cynthia Lennon), James Norton (Brian Epstein), Harry Lloyd (George Martin).
C’est la première fois que les Beatles et Apple Corps autorisent l’usage des biographies et de la musique dans des longs métrages de fiction.
L’intervention de Ringo Starr
Voici le fait le plus remarquable, révélé par Ringo Starr lui-même au New York Times en juillet 2025.
En avril 2025, il s’est rendu à Londres et a passé deux jours entiers avec Sam Mendes à reprendre le scénario ligne par ligne. Il a exigé des réécritures. Et l’essentiel de ses objections portait sur les scènes le montrant avec Maureen.
Ses mots : le scénariste était excellent, le texte était bien écrit, mais cela n’avait rien à voir avec Maureen et lui. « Ce n’est pas comme ça que nous étions. Je disais : nous n’aurions jamais fait ça. »
Il s’est déclaré ensuite « bien plus satisfait » du résultat, tout en restant sceptique sur la capacité de Mendes à tourner quatre films de front — et il lui envoie, selon sa formule rituelle, « paix et amour ».
Ce que cela signifie
À quatre-vingt-cinq ans, le dernier témoin direct de ce mariage a consacré deux jours de sa vie à corriger la manière dont une femme morte en 1994 apparaîtra devant des dizaines de millions de spectateurs en 2028.
C’est, en un sens, le premier acte de protection publique dont Maureen Cox ait jamais bénéficié. Et c’est aussi, en un autre sens, la confirmation du problème posé au début de cet article : il a fallu qu’un homme parle pour elle, une fois de plus. Elle n’a laissé ni mémoires, ni entretiens, ni journal. Le portrait qui l’emportera en 2028 sera celui qu’auront négocié un cinéaste, trois scénaristes, une actrice de vingt-huit ans et un ancien Beatle.
Que reste-t-il d’une femme qui n’a jamais parlé ?
Il faut conclure sur le problème de méthode, parce qu’il est le vrai sujet.
Comparons. Cynthia Lennon a écrit deux livres. Pattie Boyd a écrit ses mémoires, vendu ses archives chez Christie’s, exposé ses photographies. Yoko Ono est une artiste dont l’œuvre précède et excède les Beatles. Linda McCartney a laissé un corpus photographique de premier plan et une œuvre discographique avec les Wings.
Maureen Cox n’a rien laissé. Pas un livre, pas une exposition, pas une interview de fond, pas un disque à son nom. Ce que nous savons d’elle provient de :
- livres écrits par des hommes de l’entourage professionnel (Barrow, Brown et Gaines, Bramwell) ;
- livres écrits par d’autres femmes du cercle (Cynthia Lennon, Pattie Boyd, Chris O’Dell) ;
- biographies de synthèse (Spitz, Gould, Harry, Cross, Badman) ;
- coupures de presse : trois articles de tabloïds en 1987, une dépêche AP en 1994 ;
- deux phrases sur des disques : un chœur en 1968, un « Thanks, Mo » en 1969.
C’est peu. Et c’est précisément pour cela qu’il faut écrire cet article avec des pincettes plutôt qu’avec des certitudes.
Trois choses qu’on peut affirmer sans risque
Elle était de la maison. Pas une pièce rapportée : une fille de Liverpool, du même milieu que Ringo, qui fréquentait l’entourage du groupe avant de fréquenter un Beatle. Quand McCartney la remercie par son surnom sur le dernier disque, il ne remercie pas la femme du batteur. Il remercie Mo.
Elle est restée une fan. C’est le trait que tous les témoins soulignent, et le plus touchant. Après le Cavern, les hurlements, les maisons, les enfants, l’Inde et le divorce, elle applaudissait toujours. Sur le toit du 3 Savile Row, en janvier 1969, alors que le groupe était en train de mourir sous ses yeux, elle applaudissait assez fort pour qu’on l’entende sur le disque.
Elle a payé le prix fort. Griffée au visage à seize ans. Contrainte d’abandonner son métier. Privée du projet professionnel qu’on lui avait promis. Mariée à dix-huit ans en urgence à huit heures du matin. Mère à dix-neuf ans. Divorcée à vingt-huit. Ridiculisée par la presse à quarante et un. Morte à quarante-huit, avec la moelle de son fils dans le corps.
La question que personne ne pose
Dans toute la bibliographie des Beatles, il existe des centaines de pages sur les guitares de George Harrison, sur les micros d’Abbey Road, sur les inversions de bande de « Rain ». Il n’existe pas un chapitre sérieux sur ce que fut, concrètement, la vie des quatre femmes qui ont tenu ces maisons entre 1963 et 1970 — le courrier de fans traité à la main, les nuits d’attente avec un repas au chaud, les heures dans les clubs, l’organisation matérielle de vies d’hommes en tournée.
Le 4 août 2026, la meilleure façon de souhaiter un bon anniversaire à Maureen Cox n’est pas de republier la photo de son mariage. C’est de reconnaître que l’histoire des Beatles a été écrite comme si la moitié de ses acteurs n’y était pas.
> Elle a traversé quinze ans au centre du plus grand phénomène culturel du XXe siècle, et elle n’a pas laissé une seule page.
Guide : où voir et entendre Maureen Starkey
Pour les lecteurs qui voudraient sortir des photographies de mariage, voici l’inventaire complet des traces accessibles.
La voir
| Source | Ce qu’on y trouve |
|---|---|
| Let It Be (film, 1970) | Assise près de la cheminée sur le toit du 3 Savile Row, 30 janvier 1969 |
| The Beatles: Get Back (Peter Jackson, 2021) | Beaucoup plus de plans, en meilleure définition ; on la voit réagir aux morceaux |
| Photographies de Robert Freeman | Le mariage du 11 février 1965, Caxton Hall |
| Reportage de Hunter Davies, Life, septembre 1968 | Vie domestique à Sunny Heights |
| Photographies de Rishikesh, février 1968 | Groupe des Beatles et de leurs compagnes à l’ashram |
L’entendre
| Enregistrement | Nature |
|---|---|
| « The Continuing Story of Bungalow Bill », The Beatles (1968) | Chœur collectif, avec Pattie Boyd et Yoko Ono |
| « Get Back » (version toit), Let It Be (1970) | Ce sont ses applaudissements ; McCartney lui répond |
| « The Lady Is a Champ », Frank Sinatra (1968) | Disque privé, jamais édité, circule en bootleg |
Les chansons qui parlent d’elle
| Titre | Auteur | Année |
|---|---|---|
| « The Lady Is a Champ » | Rodgers-Hart, texte réécrit par Sammy Cahn | 1968 |
| « I Want to Kiss Ringo Goodbye » | Interprété par Penny Valentine | 1965 |
| « Little Willow » | Paul McCartney | 1997 |
Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 4 août 1946 | Naissance de Mary Cox à Liverpool, fille unique de Joseph et Florence Cox |
| vers 1960 | Sortie de l’école de couvent à 14 ans ; apprentissage chez Ashley du Pre ; devient « Maureen », puis « Mo » |
| 1961-1962 | Habituée du Cavern Club ; fréquente un musicien de Rory Storm and the Hurricanes |
| 18 août 1962 | Ringo Starr rejoint les Beatles |
| 1962 | Rencontre avec Ringo Starr au Cavern ; elle a 15 ans |
| Septembre 1963 | Voyage en Grèce avec Ringo, Paul McCartney et Jane Asher |
| Mai 1964 | Voyage aux îles Vierges, à l’insu de ses parents |
| 3 juin 1964 | Ringo s’effondre à Barnes (amygdalite) ; Jimmie Nicol le remplace en tournée ; Maureen le visite chaque jour |
| 20 janvier 1965 | Demande en mariage à l’Ad Lib Club, Londres |
| Fin janvier 1965 | Elle apprend qu’elle est enceinte |
| 11 février 1965 | Mariage à 8 h à Caxton Hall ; Brian Epstein témoin principal ; Paul McCartney absent |
| 11-14 février 1965 | Lune de miel à Hove, chez David Jacobs |
| 22 février 1965 | Ringo part aux Bahamas tourner Help! |
| 24 juillet 1965 | Achat de Sunny Heights, Weybridge, 30 000 £ |
| 13 septembre 1965 | Naissance de Zak Starkey, jour de la sortie américaine de « Yesterday » |
| 19 août 1967 | Naissance de Jason Starkey |
| 27 août 1967 | Mort de Brian Epstein |
| 19 février 1968 | Départ pour Rishikesh avec McCartney et Jane Asher |
| 1er mars 1968 | Départ anticipé de l’ashram |
| 4 août 1968 | 22e anniversaire : Ringo lui offre le 45 tours privé de Frank Sinatra, « The Lady Is a Champ », noté Apple 1 |
| Octobre 1968 | Chœurs sur « The Continuing Story of Bungalow Bill » |
| 30 janvier 1969 | Concert sur le toit du 3 Savile Row ; ses applaudissements et le « Thanks, Mo » de McCartney |
| 25 avril 1969 | Emménagement à Roundhill, Highgate |
| 10 avril 1970 | Annonce du départ de McCartney ; fin des Beatles |
| 8 mai 1970 | Le couple assiste à un concert de Sinatra à Londres |
| 11 novembre 1970 | Naissance de Lee Parkin Starkey |
| 18 septembre 1973 | Achat de Tittenhurst Park à John Lennon |
| 1973-1974 | Liaison avec George Harrison ; réaction de Pattie Boyd, de Ringo et de John Lennon |
| 17 juillet 1975 | Divorce prononcé aux torts de Ringo Starr (liaison avec Nancy Lee Andrews) |
| 1975 | Dépression grave ; tentative de suicide |
| 1976 | Début de la vie commune avec Isaac Tigrett |
| 13 septembre 1978 | Obsèques de Keith Moon, parrain de Zak |
| 8 décembre 1980 | Cynthia Lennon chez elle quand Ringo appelle pour annoncer la mort de John Lennon |
| 7 septembre 1985 | Naissance de Tatia Jayne Starkey : Maureen est grand-mère à 39 ans |
| 4 janvier 1987 | Naissance d’Augusta King Tigrett, à Dallas |
| Novembre 1987 | Procès contre le cabinet Withers : trois semaines d’audience, perdu, plus de 200 000 £ de dépens |
| 27 mai 1989 | Mariage avec Isaac Tigrett à Monaco |
| 1994 | Malaise lors d’une ouverture de House of Blues ; diagnostic |
| 20 octobre 1994 | Admission au Fred Hutchinson Cancer Research Center, Seattle ; greffe de moelle de Zak |
| 30 décembre 1994 | Décès à 48 ans, entourée de ses quatre enfants, de sa mère, d’Isaac Tigrett et de Ringo Starr |
| 5 mai 1997 | Sortie de Flaming Pie et de « Little Willow » |
| 14 décembre 1997 | Première du clip de « Little Willow » réalisé par John Schlesinger |
| Novembre 2021 | The Beatles: Get Back : nouvelles images d’elle sur le toit |
| Avril 2025 | Ringo Starr passe deux jours à réécrire avec Sam Mendes les scènes la concernant |
| Octobre 2025 | Mia McKenna-Bruce officiellement engagée pour l’incarner |
| 4 août 2026 | 80e anniversaire de sa naissance |
| Avril 2028 | Sortie annoncée des quatre films de Sam Mendes |
Foire aux questions
Qui était Maureen Starkey ?
Née Mary Cox le 4 août 1946 à Liverpool, apprentie coiffeuse et habituée du Cavern Club, elle fut la première épouse de Ringo Starr, batteur des Beatles, de 1965 à 1975, et la mère de Zak, Jason et Lee Starkey. Elle est morte le 30 décembre 1994 à Seattle, à 48 ans.
Quel âge aurait Maureen Starkey en 2026 ?
Quatre-vingts ans, jour pour jour, le 4 août 2026.
Quand et où Maureen Cox a-t-elle rencontré Ringo Starr ?
Au Cavern Club de Liverpool, en 1962. Elle avait quinze ans, il en avait vingt-deux et venait de rejoindre les Beatles. Elle lui a d’abord demandé un autographe ; environ trois semaines plus tard, il l’a invitée à danser.
Quand se sont-ils mariés ?
Le 11 février 1965, à 8 heures du matin, au bureau d’état civil de Caxton Hall à Londres. Brian Epstein était le témoin principal. Paul McCartney, en vacances, était absent. Attention : la demande en mariage, souvent confondue avec le mariage, date du 20 janvier 1965.
Combien d’enfants a-t-elle eus ?
Quatre. Trois avec Ringo Starr — Zak (1965), Jason (1967) et Lee (1970) — et une avec Isaac Tigrett, Augusta (1987).
Est-il vrai que Frank Sinatra a enregistré une chanson pour elle ?
Oui. Pour ses vingt-deux ans, le 4 août 1968, Sinatra a enregistré aux studios Capitol de Los Angeles une version personnalisée de « The Lady Is a Tramp », rebaptisée « The Lady Is a Champ », dont Sammy Cahn avait réécrit les paroles. Le pressage privé fut noté Apple 1, et le master détruit. Le disque n’a jamais été édité commercialement.
Ce disque de Sinatra est-il vraiment le premier disque Apple ?
Au sens du numéro de catalogue, oui. Au sens de la publication, non : le premier 45 tours effectivement commercialisé sous ce catalogue est « Those Were the Days » de Mary Hopkin (APPLE 2), et « Hey Jude » a conservé un numéro Parlophone (R 5722) malgré son étiquette Apple.
Que signifie le « Thanks, Mo » à la fin de « Get Back » ?
Sur le disque Let It Be, après la version enregistrée sur le toit d’Apple le 30 janvier 1969, Paul McCartney remercie Maureen Starkey par son surnom pour ses applaudissements enthousiastes, juste avant la réplique de John Lennon sur l’audition.
Chante-t-elle sur un disque des Beatles ?
Oui, dans le chœur collectif de « The Continuing Story of Bungalow Bill » sur l’Album blanc (1968), aux côtés notamment de Pattie Boyd et Yoko Ono.
Que s’est-il passé avec George Harrison ?
Au début des années 1970, Harrison a déclaré chez les Starkey l’amour qu’il portait à Maureen, et une liaison s’est ensuivie. Pattie Boyd l’a découverte et en a informé Ringo. John Lennon a qualifié l’affaire d’« inceste virtuel ». La rumeur d’un échange d’épouses proposé par Ringo n’est étayée par aucune source primaire.
De quoi est-elle morte ?
D’un syndrome myélodysplasique — une affection de la moelle osseuse considérée comme pré-leucémique —, plus précisément de complications survenues après le traitement, dont une greffe de moelle osseuse donnée par son fils Zak. « Leucémie » est le raccourci usuel, mais le diagnostic communiqué par l’hôpital était plus précis.
Avait-elle 47 ou 48 ans à sa mort ?
- La dépêche d’agence de décembre 1994 indiquait 47 ans, et cette erreur a été recopiée pendant trente ans. Née le 4 août 1946, elle avait 48 ans révolus au 30 décembre 1994.
Qui l’incarnera dans les films de Sam Mendes ?
L’actrice britannique Mia McKenna-Bruce, face à Barry Keoghan en Ringo Starr, dans « The Beatles — A Four-Film Cinematic Event », annoncé pour avril 2028. Ringo Starr a personnellement fait réécrire les scènes du couple.
Quelle chanson lui est dédiée ?
« Little Willow », de Paul McCartney, sur Flaming Pie (1997), écrite au début de 1995 à l’intention de ses enfants.
Glossaire
Ad Lib Club — Club londonien de Leicester Place, au-dessus du Prince Charles Theatre, épicentre du Swinging London en 1964-1965. Lieu de la demande en mariage du 20 janvier 1965.
Apple 1 — Numéro de catalogue attribué au pressage privé de Frank Sinatra offert à Maureen Starkey en 1968. À distinguer d’APPLE 2 (« Those Were the Days » de Mary Hopkin), premier 45 tours commercialisé de la série.
Beatle wives — Expression consacrée par la presse anglo-saxonne pour désigner Cynthia Lennon, Maureen Starkey, Pattie Boyd, puis Yoko Ono et Linda McCartney. Elle recouvre une réalité sociale précise : un statut sans fonction officielle, sans rémunération et sans droit de parole publique jusqu’à la fin des années 1960.
Caxton Hall — Bâtiment municipal de Westminster abritant l’un des bureaux d’état civil les plus utilisés de Londres au XXe siècle. Lieu du mariage du 11 février 1965.
Cavern Club — Cave voûtée du 10 Mathew Street, Liverpool, où les Beatles se produisirent près de trois cents fois entre 1961 et 1963. Les sessions du midi permettaient aux employées et apprenties du centre-ville d’y venir en pause déjeuner.
Fred Hutchinson Cancer Research Center — Centre de recherche et de soins de Seattle, pionnier mondial de la greffe de moelle osseuse. Lieu du décès, le 30 décembre 1994.
Merseybeat — Scène musicale de Liverpool au tournant des années 1960, née de la circulation des disques américains via le port. Rory Storm and the Hurricanes, groupe de Ringo Starr jusqu’en août 1962, en était l’une des formations majeures.
NEMS — North End Music Stores, société de Brian Epstein qui gérait les Beatles, et par extension leur image — y compris la doctrine du célibat officiel des membres du groupe.
Rory Storm and the Hurricanes — Groupe de Liverpool dont Ringo Starr fut le batteur jusqu’au 18 août 1962. Son guitariste, Johnny Byrne, dit « Johnny Guitar », est le musicien que Maureen Cox fréquentait avant Ringo.
Syndrome myélodysplasique (SMD) — Groupe d’affections de la moelle osseuse caractérisées par une production défectueuse de cellules sanguines, considérées comme un état pré-leucémique susceptible d’évoluer vers une leucémie aiguë. Diagnostic communiqué par l’hôpital de Seattle en octobre 1994.
Sunny Heights — Maison de six chambres de South Road, St George’s Hill, Weybridge, achetée par les Starkey le 24 juillet 1965 pour 30 000 livres, dotée d’un pub privé baptisé « The Flying Cow ».
Tittenhurst Park — Domaine du Berkshire acquis par John Lennon en 1969, où fut tourné le film Imagine et prise la dernière séance photo des quatre Beatles (22 août 1969). Racheté par les Starkey le 18 septembre 1973.
Bibliographie et sources
Ouvrages de référence
- Keith Badman, The Beatles Diary Volume 2: After the Break-Up 1970-2001, Omnibus Press, 2001.
- Tony Barrow, John, Paul, George, Ringo and Me, Thunder’s Mouth Press, 2006.
- Tony Bramwell, Magical Mystery Tours: My Life with the Beatles, 2005.
- Peter Brown et Steven Gaines, The Love You Make: An Insider’s Story of the Beatles, 1983.
- Craig Cross, The Beatles: Day-By-Day, Song-By-Song, Record-By-Record, iUniverse, 2004.
- Hunter Davies, The Beatles: The Authorised Biography, 1968, et son reportage pour Life, septembre 1968.
- Mikal Gilmore, Stories Done: Writings on the 1960s and Its Discontents, Free Press, 2009.
- Jonathan Gould, Can’t Buy Me Love: The Beatles, Britain and America, Piatkus, 2008.
- Bill Harry, The Ringo Starr Encyclopedia, Virgin Books, 2004.
- Chris Ingham, The Rough Guide to the Beatles, Rough Guides, 2003.
- Cynthia Lennon, John, Hodder & Stoughton, 2005.
- Mark Lewisohn, The Complete Beatles Chronicle et Tune In.
- Barry Miles, Many Years From Now, Vintage-Random House, 1997.
- Kate Siobhan Mulligan, The Beatles: A Musical Biography, Greenwood Press, 2010.
- Chris O’Dell et Katherine Ketcham, Miss O’Dell, Simon & Schuster, 2010.
- Nicholas Schaffner, The Boys from Liverpool, 1980.
- Bob Spitz, The Beatles: The Biography, Little, Brown, 2005.
- Doug Sulpy et Ray Schweighardt, Get Back: The Unauthorized Chronicle of the Beatles’ Let It Be Disaster, 1997.
Presse et sources primaires
- « Ringo Marries a Hairdresser Yet », Daily News (New York), 12 février 1965.
- « Ringo Starr-y Eyed About Tender Trap », The Windsor Star, 7 février 1965.
- « A Starr is Born, Ringo’s a Pop », The Miami News, 14 septembre 1965.
- « Beatles Break Up; Seek New Homes », Press-Courier, 5 janvier 1969.
- « Ringo’s ex-wife « simple » », Evening Times, 4 novembre 1987.
- « Ex-wife Maureen lifts the lid on superstar — RINGO CAPP! », Daily Mirror, 3 novembre 1987.
- « £200,000 legal bill for Ringo Starr’s ex-wife », The Glasgow Herald, 20 novembre 1987.
- « Former Wife of Ringo Starr Dies in Seattle », dépêche Associated Press, The Seattle Times, 1er janvier 1995.
- « Drummer’s Girl », People, 16 janvier 1995.
- Daniel Finkelstein, « Is this the rarest record ever made? », The Times, 28 avril 2009.
- Tim Walker, « A hard day’s wife — The fab four wives’ club », The Independent, 22 mars 2008.
- Sean O’Hagan, « Dear Ringo. It’s hot. Wish you were here », The Observer, 25 avril 2004.
- Entretien de Ringo Starr au New York Times, juillet 2025 (réécriture du scénario de Sam Mendes).
- Communiqués et dépêches de casting Sony Pictures / Neal Street, octobre 2025.
- Notes de pochette de Flaming Pie (1997) et de son édition Archive (2020) ; Club Sandwich, 1997.














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