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Le Merseybeat : l’histoire complète du son de Liverpool, de la Cavern à Hambourg, des Beatles à Gerry and the Pacemakers

Le Merseybeat : histoire complète du son de Liverpool (Cavern, Hambourg, groupes)

Le mercredi 7 août 1957, un groupe de skiffle de Woolton, dans la banlieue sud de Liverpool, descend les dix-huit marches d’un ancien entrepôt de fruits du 10 Mathew Street. Le club s’appelle la Cavern. Il a ouvert sept mois plus tôt et ne programme que du jazz, avec une tolérance pour le skiffle, cette musique de guitares bon marché et de planches à laver que les jeunes Anglais jouent par milliers. Le chanteur du groupe, un garçon de seize ans nommé John Lennon, se met à chanter du rock’n’roll, du Elvis Presley. Le propriétaire, Alan Sytner, lui fait passer un mot sur scène : qu’il arrête ce fichu rock’n’roll. Six ans plus tard, ce même rock’n’roll, joué dans cette même cave par des centaines de groupes de Liverpool, aura conquis la Grande-Bretagne, puis le monde, sous un nom tiré du fleuve qui baigne la ville : le Merseybeat.

On réduit souvent le Merseybeat aux Beatles. C’est une erreur double. D’abord parce que les Beatles n’ont pas inventé ce son : ils sont nés au sein d’une scène foisonnante, qui comptait plusieurs centaines de groupes, des dizaines de clubs, un journal, des promoteurs, des disc-jockeys et un public d’adolescents d’une ferveur unique. Ensuite parce que les Beatles ont très vite dépassé cette scène, au point de la rendre obsolète. Entre les deux, pendant quelques années, de 1961 à 1965, Liverpool a été le centre du monde de la musique populaire.

Ce dossier raconte l’histoire complète du Merseybeat : l’origine du mot et du journal qui l’a popularisé, les racines musicales de ce son, les clubs et la Cavern, le lien avec Hambourg, la conquête des classements britanniques en 1963, les portraits des principaux groupes, le déclin et la renaissance de la Cavern, et la place exacte des Beatles dans ce mouvement. Il rétablit aussi un certain nombre de faits que la légende a déformés.

En bref

  • Le Merseybeat désigne la scène de groupes de rock de Liverpool et de ses environs (Birkenhead, Wallasey, Bootle) au début des années 1960, du nom de la Mersey, le fleuve de la ville. Le terme a été popularisé par le journal Mersey Beat, fondé par Bill Harry en juillet 1961.
  • Le son du Merseybeat mêle le skiffle, le rock’n’roll américain, le rhythm and blues, la soul naissante des girl groups et de Motown, et une forte culture de l’harmonie vocale. On estime que Liverpool comptait alors plusieurs centaines de groupes.
  • La Cavern, ouverte le 16 janvier 1957 comme club de jazz, devient à partir de 1960-1961 le temple de cette scène. Les Beatles y jouent environ 292 fois entre février 1961 et août 1963.
  • En 1963, grâce à Brian Epstein et au producteur George Martin, les groupes de Liverpool dominent les classements britanniques : les Beatles, Gerry and the Pacemakers, Billy J. Kramer and the Dakotas, les Searchers, puis Cilla Black.
  • Le mouvement s’essouffle à partir de 1965. La Cavern ferme en 1966, rouvre la même année, ferme de nouveau en 1973, est reconstruite en 1984 et vit depuis 1991 une seconde existence. Paul McCartney y rejoue en 1999 et en 2018.

Le mot Merseybeat : un fleuve, un rythme et un journal

La Mersey et le beat

Liverpool est bâtie sur la rive est de l’estuaire de la Mersey, qui se jette dans la mer d’Irlande. Le fleuve sépare la ville de la péninsule de Wirral, où se trouvent Birkenhead et Wallasey, reliées à Liverpool par les célèbres ferries que chantera Gerry Marsden. Le mot beat, lui, désigne dans l’Angleterre de 1960 la musique jouée par les groupes à guitares électriques, par opposition au jazz traditionnel, au skiffle acoustique ou aux chanteurs de variétés. Les groupes de cette génération s’appellent des beat groups, et leurs concerts des beat sessions.

Le Merseybeat est donc le beat de la Mersey, celui de Liverpool. On parle aussi de Mersey sound, le son de la Mersey, expression qui deviendra le titre d’un documentaire célèbre de la BBC en 1963, ou plus largement de Liverpool sound. Toutes ces expressions désignent la même réalité : une scène locale, d’une densité exceptionnelle, qui a produit en quelques années une génération entière de musiciens et une manière de jouer reconnaissable entre toutes.

Bill Harry et le journal Mersey Beat

Le mot doit beaucoup à un homme : Bill Harry. Étudiant au Liverpool College of Art, où il fréquente John Lennon et Stuart Sutcliffe, il rêve de créer un journal consacré à la scène musicale de la ville. Avec sa compagne, Virginia, et un prêt de cinquante livres, il lance le premier numéro de Mersey Beat le 6 juillet 1961. Le titre lui est venu en imaginant la ronde d’un policier, le beat, qui couvrirait tout le territoire de la Mersey. Le journal, bimensuel, est vendu dans les magasins de disques, les clubs et les kiosques de Liverpool et des environs.

Dès le premier numéro, les Beatles y occupent une place à part. Bill Harry publie un texte humoristique de John Lennon, Being a Short Diversion on the Dubious Origins of Beatles, dans lequel Lennon raconte avec un humour absurde l’origine du nom du groupe : un homme serait apparu sur une tarte enflammée pour leur dire qu’ils s’appelleraient Beatles, avec un “a”. La formule de la tarte enflammée deviendra une plaisanterie rituelle des Beatles et Paul McCartney en fera, en 1997, le titre d’un album, Flaming Pie. Dans les numéros suivants, Lennon publie d’autres textes et dessins, sous le pseudonyme de Beatcomber, préfigurant ses livres In His Own Write et A Spaniard in the Works.

Le disquaire Brian Epstein, qui dirige le rayon disques des magasins NEMS de Whitechapel, vend le journal dans sa boutique et y tient bientôt une chronique de critiques de disques. C’est en partie à travers Mersey Beat qu’il entend parler des Beatles, qui font régulièrement la une. Au début de 1962, le journal publie les résultats d’un référendum auprès de ses lecteurs : les Beatles arrivent en tête, devant Gerry and the Pacemakers. Le journal, qui disparaît au milieu des années 1960 après avoir été absorbé par un autre titre, a joué un rôle décisif dans la constitution d’une conscience collective de la scène de Liverpool. Notre dossier sur le magasin NEMS de Whitechapel raconte le rôle de cette boutique dans l’histoire.

Correctif : les Beatles n’ont pas inventé le Merseybeat

Il faut commencer par corriger un mythe tenace : les Beatles n’ont pas inventé le Merseybeat. Ils en ont été l’un des groupes, le plus talentueux et le plus populaire, et ont largement contribué à le faire connaître au monde entier. Mais la scène existait avant eux et sans eux : des groupes comme Rory Storm and the Hurricanes, Gerry and the Pacemakers, les Remo Four ou Cass and the Cassanovas, futurs Big Three, étaient au moins aussi connus qu’eux à Liverpool en 1960. Ce sont aussi les Beatles qui, par leur évolution rapide à partir de 1964-1965, ont rendu ce son démodé et précipité son déclin. Le paradoxe est complet : le groupe qui a fait connaître le Merseybeat est aussi celui qui l’a dépassé.

Les racines du Merseybeat : un port tourné vers l’Amérique

Liverpool, porte de l’Atlantique

Pour comprendre le Merseybeat, il faut partir du port. Au milieu du vingtième siècle, Liverpool est l’un des grands ports du monde, la porte de la Grande-Bretagne vers l’Amérique. Les paquebots de la Cunard relient la ville à New York. Les marins qui travaillent sur ces lignes, surnommés les Cunard Yanks, rapportent de leurs escales des vêtements, des disques et des magazines introuvables en Angleterre. Une légende, souvent répétée, veut que ce soient eux qui aient fait découvrir aux jeunes de Liverpool les disques de rhythm and blues et de country qui nourriront le Merseybeat.

La réalité est plus nuancée. Les Cunard Yanks ont sans doute contribué à faire circuler des disques rares, mais les jeunes musiciens de Liverpool découvraient surtout la musique américaine comme tous les Britanniques : par la radio, notamment Radio Luxembourg, par les disques importés vendus dans les boutiques spécialisées comme NEMS, et par les tournées des vedettes américaines. Ce qui distingue Liverpool, c’est moins un accès privilégié aux disques qu’une culture locale du chant, de la fête et du spectacle, nourrie par l’importante population d’origine irlandaise, par les pubs, les salles de danse et les clubs ouvriers. Liverpool se surnommait d’ailleurs le Nashville du Nord, tant la country y était populaire.

Du skiffle au rock’n’roll

Le déclencheur, comme partout en Grande-Bretagne, est le skiffle. En janvier 1956, Lonnie Donegan entre dans les classements britanniques avec Rock Island Line, une chanson de chemin de fer popularisée par Lead Belly. Le skiffle est une musique de pauvres, accessible à tous : une guitare acoustique, une planche à laver frottée avec des dés à coudre en guise de batterie, et une basse fabriquée avec une caisse à thé, un manche à balai et une corde. Des milliers d’adolescents britanniques forment des groupes de skiffle. À Liverpool, ils sont des centaines. En France, on connaîtra une petite vague skiffle avec Hugues Aufray et son Skiffle Group, qui enregistre notamment Santiano au début des années 1960.

John Lennon fonde les Quarrymen en 1956, dans ce mouvement. Le 6 juillet 1957, à la fête paroissiale de Woolton, il rencontre Paul McCartney. George Harrison les rejoint en 1958. Notre dossier sur le blues et les Beatles raconte comment le skiffle a servi de porte d’entrée vers le répertoire afro-américain. Mais le skiffle s’essouffle aussi vite qu’il est apparu. Vers 1958-1959, les groupes de Liverpool troquent leurs guitares acoustiques contre des guitares électriques et se tournent vers le rock’n’roll américain : Elvis Presley, Chuck Berry, Little Richard, Buddy Holly, Carl Perkins, Gene Vincent, Eddie Cochran. Nos portraits de Buddy Holly et de Chuck Berry racontent ce que les Beatles leur doivent.

Le rhythm and blues, les girl groups et Motown

Ce qui donne au Merseybeat son caractère propre, c’est la manière dont ces groupes mêlent le rock’n’roll à d’autres influences américaines, moins connues en Grande-Bretagne. Les groupes de Liverpool puisent abondamment dans le rhythm and blues mélodique et dansant de la fin des années 1950 et du début des années 1960 : Ray Charles, les Coasters, les Isley Brothers, Arthur Alexander, Barrett Strong, les Shirelles, les Marvelettes, les Cookies, et les premiers disques de la Tamla Motown de Detroit. Ces disques, souvent des faces B ou des succès mineurs aux États-Unis, deviennent à Liverpool des standards que tous les groupes jouent.

Il en résulte un son particulier : des guitares électriques claires, une batterie énergique, une basse qui pousse, et surtout des harmonies vocales à deux ou trois voix, héritées des girl groups et des groupes vocaux noirs américains, que les groupes de Liverpool chantent avec un accent et une énergie bien à eux. Le répertoire des Beatles au début de 1963, avec Twist and Shout, Boys, Chains, Anna et Baby It’s You, est un parfait échantillon de ce répertoire. Notre fiche sur Twist and Shout raconte l’histoire de l’un de ces standards.

Une scène d’une densité exceptionnelle

Au début des années 1960, Liverpool et ses environs comptent plusieurs centaines de groupes de beat, peut-être trois cents à quatre cents selon les estimations de Bill Harry et des historiens de la scène. Ils jouent partout : dans les clubs du centre-ville, les salles paroissiales, les salles de bal de banlieue, les mairies de quartier, les salons de thé, les clubs ouvriers. Les noms de lieux font partie de la légende : le Jacaranda d’Allan Williams, le Casbah Coffee Club de Mona Best à West Derby, le Blue Angel, l’Iron Door, la mairie de Litherland, l’Aintree Institute, le Grosvenor Ballroom de Wallasey, le Tower Ballroom de New Brighton et, bien sûr, la Cavern.

Des promoteurs locaux comme Brian Kelly ou Sam Leach organisent des soirées où se succèdent cinq ou six groupes. Des disc-jockeys et animateurs comme Bob Wooler, qui deviendra la voix de la Cavern, présentent les groupes et font la promotion de la scène. Notre portrait de Bob Wooler retrace le rôle de cet homme clé, et celui du Casbah Club raconte la cave de la famille Best où les Beatles ont appris leur métier. La concurrence est féroce, les cachets dérisoires, mais l’émulation est extraordinaire. Les groupes se connaissent tous, s’échangent des musiciens, se prêtent du matériel, se disputent les meilleures chansons américaines.

Correctif : le Merseybeat n’est pas le mélange du skiffle, du blues et du jazz

On lit parfois que le Merseybeat serait né d’un mélange de rock’n’roll, de blues, de jazz et de skiffle. Cette présentation mérite d’être nuancée. Le jazz, dans le Liverpool de 1960, est plutôt l’adversaire du Merseybeat que l’un de ses ingrédients : les clubs de jazz traditionnel comme la Cavern ont longtemps refusé les groupes de rock, et les amateurs de jazz méprisaient les guitares électriques. Le blues de Chicago, lui, est surtout la référence des groupes londoniens du British blues boom, comme les Rolling Stones ou les Yardbirds. Les ingrédients du Merseybeat sont plutôt le skiffle, le rock’n’roll américain, le rhythm and blues mélodique, les girl groups, Motown et la country, sans oublier la tradition du chant populaire de Liverpool.

La Cavern, du jazz au beat (1957-1963)

Un club de jazz inspiré de Paris

La Cavern ouvre ses portes le 16 janvier 1957, au 10 Mathew Street, dans les caves voûtées d’un ancien entrepôt. Son fondateur, Alan Sytner, fils d’un médecin de Liverpool, a découvert à Paris les caves de jazz de Saint-Germain-des-Prés, et notamment le Caveau de la Huchette, dont il s’inspire pour le nom et l’atmosphère. Le premier groupe à s’y produire est le Merseysippi Jazz Band, l’une des formations de jazz traditionnel les plus populaires de la ville. Pendant trois ans, la Cavern reste avant tout un club de jazz, avec une soirée hebdomadaire de skiffle.

C’est lors de l’une de ces soirées que les Quarrymen y jouent, le 7 août 1957, avec l’épisode du mot d’Alan Sytner. Paul McCartney, en camp scout ce jour-là, n’est pas présent ; sa première apparition à la Cavern avec les Quarrymen date du 24 janvier 1958. Notre dossier sur le premier enregistrement des Quarrymen raconte la suite de cette histoire.

Ray McFall et la première soirée beat

En octobre 1959, Alan Sytner, endetté, vend la Cavern à son comptable, Ray McFall. Celui-ci maintient d’abord la programmation jazz, mais constate rapidement que les soirées de rock’n’roll organisées ailleurs attirent bien plus de monde. Le 25 mai 1960, il organise la première soirée beat de la Cavern, avec Rory Storm and the Hurricanes, dont le batteur s’appelle Ringo Starr, et Cass and the Cassanovas. Le succès est immédiat. Notre dossier sur Rory Storm and the Hurricanes raconte l’histoire de ce groupe qui a fabriqué Ringo Starr avant les Beatles.

Ray McFall développe alors une formule qui fera la renommée du club : les lunchtime sessions, des concerts à l’heure du déjeuner, de midi à deux heures, pour les employés de bureau et les vendeuses du centre-ville, qui descendent dans la cave pour manger un sandwich en écoutant des groupes. Les soirées sont réservées aux têtes d’affiche. Le jazz recule progressivement, au grand dam de ses amateurs, qui voient d’un mauvais œil ces jeunes à guitares électriques. En 1961-1962, la Cavern est devenue le temple du beat de Liverpool, sous la houlette de Bob Wooler, qui présente les groupes et passe des disques entre les concerts.

Les Beatles à la Cavern : 292 concerts

Les Beatles jouent pour la première fois à la Cavern sous ce nom le jeudi 9 février 1961, lors d’une séance de midi. Leur première soirée date du 21 mars 1961. Entre deux séjours à Hambourg, ils y deviennent le groupe résident, jouant parfois deux fois par jour, à midi et le soir. Au total, on estime qu’ils y ont donné environ 292 concerts, entre février 1961 et le 3 août 1963, date de leur dernier passage. C’est là qu’ils rodent leur répertoire, leur jeu de scène, leur humour, et qu’ils se constituent leur premier public fidèle.

Le 9 novembre 1961, Brian Epstein, intrigué par les demandes de ses clients qui réclament un disque des Beatles enregistré à Hambourg avec Tony Sheridan, descend à la Cavern à l’heure du déjeuner avec son assistant, Alistair Taylor. Il découvrira plus tard, dans son autobiographie A Cellarful of Noise (1964), qu’il avait été frappé par leur présence, leur humour et leur musique, malgré leur tenue négligée. Quelques semaines plus tard, il devient leur manager. Nos dossiers sur Brian Epstein, le vrai cinquième Beatle, et sur l’audition Decca du 1er janvier 1962 racontent la suite.

Le 15 août 1962, Pete Best joue son dernier concert avec les Beatles à la Cavern ; il est congédié le lendemain et remplacé par Ringo Starr. Le 22 août 1962, une équipe de la télévision Granada filme les Beatles à la Cavern pour l’émission Know the North. C’est le plus ancien film connu du groupe sur scène. On les voit jouer Some Other Guy, un rhythm and blues de Richie Barrett qui était alors l’un des hymnes de toute la scène de Liverpool, et l’on entend sur la bande un spectateur réclamer Pete Best. Voici ce document exceptionnel :

Correctif : quelques dates et noms de la Cavern

Plusieurs chronologies de la Cavern qui circulent contiennent des erreurs. Le fondateur du club s’appelait Alan Sytner (et non Styner), et le premier groupe à s’y produire était le Merseysippi Jazz Band. La première soirée beat date du 25 mai 1960. La première apparition des Beatles sous ce nom date du 9 février 1961 (et non du 21 février), et la première visite de Brian Epstein du 9 novembre 1961. Par ailleurs, plusieurs concerts souvent attribués à la Cavern se sont en réalité déroulés au Tower Ballroom de New Brighton, sur l’autre rive de la Mersey : c’est là que les Beatles assurent la première partie de Bruce Channel le 21 juin 1962 et de Little Richard le 12 octobre 1962. Enfin, la liste des 292 concerts des Beatles à la Cavern, souvent reproduite, comporte des doublons et des incertitudes : les historiens eux-mêmes parlent d’environ 292 apparitions, chiffre qui reste une estimation.

La Cavern, laboratoire de la scène

Pendant ces années, la Cavern accueille la quasi-totalité des groupes de Liverpool : Gerry and the Pacemakers, les Searchers, les Swinging Blue Jeans, les Big Three, les Merseybeats, les Fourmost, les Remo Four, Kingsize Taylor and the Dominoes, les Undertakers. La jeune préposée au vestiaire s’appelle Priscilla White ; elle monte parfois sur scène pour chanter avec les groupes, sous le surnom de Swinging Cilla, avant de devenir Cilla Black. Des groupes d’autres villes viennent aussi s’y produire, comme les Hollies de Manchester en 1963, puis les Rolling Stones le 5 novembre 1963. Des vedettes américaines y passent, comme Gene Vincent le 1er juillet 1962.

Le club est exigu, mal ventilé, humide. La condensation ruisselle sur les murs, l’électricité saute régulièrement, et l’odeur est restée légendaire, mêlant la sueur, le désinfectant et les fruits pourris des entrepôts voisins. Mais c’est précisément cette atmosphère de cave surpeuplée, où le public est collé aux musiciens, qui crée l’énergie du Merseybeat. Pour une histoire détaillée du lieu, notre dossier consacré au Cavern Club de Mathew Street en retrace toutes les étapes.

Hambourg, l’école de la nuit (1960-1962)

Si la Cavern est le laboratoire du Merseybeat, Hambourg en est l’école de formation intensive. Aucun autre épisode n’explique aussi bien pourquoi les groupes de Liverpool, et les Beatles en tête, jouaient en 1963 avec une puissance, une endurance et une cohésion que leurs concurrents londoniens n’avaient pas. Entre 1960 et 1962, des dizaines de formations de la Mersey traversent la mer du Nord pour jouer dans les clubs du quartier de Sankt Pauli, sur la Reeperbahn et la Grosse Freiheit. Elles en reviennent transformées.

Allan Williams et Bruno Koschmider : le pont entre deux ports

L’histoire commence avec un petit entrepreneur de Liverpool, Allan Williams, patron du Jacaranda, un café de Slater Street où les jeunes musiciens traînent pendant des heures devant un seul café. Williams organise des concerts, joue les agents occasionnels et s’occupe brièvement des Beatles en 1960. C’est lui qui noue le contact avec Bruno Koschmider, propriétaire du Kaiserkeller, un club de la Grosse Freiheit à Hambourg, qui cherche des groupes anglais capables de jouer du rock’n’roll pendant des heures pour sa clientèle de marins, de noctambules et de jeunes Allemands.

Le premier groupe de Liverpool envoyé à Hambourg n’est pas les Beatles mais Derry and the Seniors, emmenés par le chanteur Derry Wilkie et le saxophoniste Howie Casey, qui s’installent au Kaiserkeller à l’été 1960. Leur succès pousse Koschmider à demander un second groupe pour son autre établissement, l’Indra, une ancienne boîte de strip-tease. Williams y envoie les Beatles, qui arrivent à Hambourg le 17 août 1960 avec Pete Best, recruté quelques jours plus tôt à la batterie, et Stuart Sutcliffe à la basse. Le musicien trinidadien Lord Woodbine, associé de Williams, fait partie du voyage dans la camionnette. Notre récit des nuits de Hambourg où les Beatles sont devenus inévitables détaille ce premier séjour.

Les conditions de vie sont misérables. Les Beatles dorment dans une réserve derrière l’écran du Bambi Kino, un cinéma appartenant à Koschmider, sans fenêtre et à côté des toilettes. Mais la contrainte musicale est le véritable choc : il faut jouer quatre à six heures par nuit, sept jours sur sept. Le répertoire de vingt minutes qui suffisait dans les salles paroissiales de Liverpool ne tient plus. Les groupes doivent apprendre des dizaines de morceaux, étirer les chansons, improviser, tenir une salle à moitié ivre jusqu’à l’aube.

“Mach Schau !” : naissance d’un style de scène

Koschmider répète une consigne aux musiciens anglais : “Mach Schau !”, faites le show. Les groupes, qui jouaient jusque-là de façon assez statique, se mettent à sauter, à crier, à taper du pied sur les planches, à provoquer le public. Lennon s’y montre particulièrement déchaîné. Ce jeu de scène physique, bruyant, parfois provocateur, devient une signature des groupes de Liverpool rentrés d’Allemagne.

Le rythme aussi change. Pour faire danser une salle pendant des heures, la batterie doit marquer fortement chaque temps, la basse doit pousser, les guitares doivent sonner plus fort que les conversations. Cette pulsation insistante, carrée, sans swing jazz, est précisément ce que l’on appellera ensuite le beat de la Mersey. À leur retour, les Beatles jouent le 27 décembre 1960 à la Litherland Town Hall ; une partie du public les croit allemands, tant leur son a changé. Bob Wooler, qui les présente ce soir-là, dira plus tard que cette soirée a marqué le vrai début de la Beatlemania locale.

La phrase que l’on prête à John Lennon résume l’importance de cette période : “Je suis né à Liverpool, mais j’ai grandi à Hambourg.” George Harrison, qui n’avait que dix-sept ans lors du premier voyage, est d’ailleurs expulsé fin 1960 parce qu’il était mineur et n’avait pas le droit de travailler dans un club après minuit ; Paul et Pete Best suivent peu après, et Lennon rentre seul en décembre, un épisode raconté dans notre article sur le retour solitaire de John Lennon.

Le Top Ten Club, Tony Sheridan et le premier disque

En 1961, les Beatles quittent l’orbite de Koschmider pour le Top Ten Club de Peter Eckhorn, sur la Reeperbahn, où ils accompagnent le chanteur anglais Tony Sheridan. C’est avec lui qu’ils enregistrent en juin 1961, sous la direction du chef d’orchestre et producteur Bert Kaempfert, “My Bonnie” pour Polydor, crédité à Tony Sheridan and the Beat Brothers. C’est ce disque qu’un client viendra demander chez NEMS à Liverpool en octobre 1961, déclenchant la curiosité de Brian Epstein, selon la version que celui-ci a toujours racontée.

À Hambourg, les Beatles rencontrent aussi un petit cercle d’étudiants en art, les “Exis” (pour existentialistes) : la photographe Astrid Kirchherr, le graphiste Klaus Voormann et Jürgen Vollmer. Leur esthétique, vêtements noirs, cuir, coiffure frangée, influence durablement l’image du groupe. Stuart Sutcliffe tombe amoureux d’Astrid, quitte le groupe pour reprendre la peinture à Hambourg et y meurt d’une hémorragie cérébrale le 10 avril 1962, trois jours avant l’ouverture du Star-Club.

Le Star-Club, temple du Merseybeat en exil

Le Star-Club ouvre le 13 avril 1962 au 39 de la Grosse Freiheit, à l’initiative de Manfred Weissleder, avec Horst Fascher comme homme de confiance. Le club devient en quelques mois la capitale continentale du rock anglais : les Beatles y jouent à plusieurs reprises en 1962, aux côtés de vedettes américaines comme Little Richard, Gene Vincent, Ray Charles ou Jerry Lee Lewis, qui y enregistrera en 1964 un album live resté légendaire. Le Star-Club restera, jusqu’à sa fermeture à la fin de 1969, l’un des hauts lieux du rock européen.

Presque tous les groupes du Merseybeat passent par la Grosse Freiheit : Gerry and the Pacemakers, Rory Storm and the Hurricanes, les Searchers, les Big Three, Kingsize Taylor and the Dominoes, les Undertakers, les Remo Four. Certains groupes de Liverpool deviennent même plus célèbres en Allemagne qu’en Angleterre, et quelques musiciens s’y installent durablement. Hambourg fonctionne comme une seconde scène de Liverpool, avec ses propres hiérarchies et ses propres légendes.

En décembre 1962, lors du dernier séjour des Beatles au Star-Club, Ted “Kingsize” Taylor enregistre plusieurs de leurs prestations sur un magnétophone amateur. Ces bandes, de qualité sonore médiocre, ressortiront en 1977 sous le titre Live! at the Star-Club in Hamburg, Germany; 1962, au terme de longues batailles juridiques. George Harrison et les autres Beatles obtiendront en 1998 que leur exploitation cesse. Elles restent un témoignage unique de ce que pouvait être le Merseybeat sur scène, brut, rapide et rugueux, juste avant que les studios ne le polissent.

Correctif : les clubs de Hambourg n’étaient pas des clubs pour soldats américains

On lit parfois que les groupes de Liverpool jouaient à Hambourg “pour les soldats américains”. C’est inexact. Hambourg se trouvait dans la zone d’occupation britannique, et il n’y avait pas de garnison américaine dans la ville. Le public des clubs de Sankt Pauli était composé de marins du monde entier, de noctambules du quartier, de prostituées et de leurs clients, de petits truands, mais aussi, de plus en plus, de jeunes Hambourgeois attirés par le rock’n’roll. Les clubs pour GI américains existaient dans d’autres villes allemandes, notamment dans le sud du pays, mais ce n’était pas le cas de la Reeperbahn. C’est justement ce public local et cosmopolite, exigeant et parfois violent, qui a forgé le style de scène des groupes de la Mersey.

Epstein, NEMS et la conquête des hit-parades (1962-1964)

À la fin de 1961, le Merseybeat reste un phénomène local, très vivant mais sans débouché national. Les grandes maisons de disques sont toutes à Londres, et aucune ne prend au sérieux les groupes du Nord. Il faudra un disquaire de vingt-sept ans, fils d’une famille de commerçants juifs de Liverpool, pour faire le lien entre la cave de Mathew Street et les studios d’Abbey Road.

Brian Epstein, le disquaire devenu manager

Brian Epstein dirige le rayon disques de NEMS (North End Music Stores), l’entreprise familiale, et se vante de pouvoir fournir n’importe quel disque à ses clients. Il tient une rubrique dans Mersey Beat, vend le journal de Bill Harry dans ses magasins, et ne peut donc ignorer complètement la scène locale. Le 9 novembre 1961, il descend à la Cavern à l’heure du déjeuner pour voir les Beatles. Dans son autobiographie A Cellarful of Noise, publiée en 1964, il décrit une cave sombre comme une tombe, humide et malodorante, et un groupe débraillé mais irrésistible, dont il est immédiatement captivé par la musique, l’humour et la présence.

Le contrat de management est signé au début de 1962. Epstein impose costumes, salut collectif à la fin des chansons, ponctualité, setlists préparées. Il essuie le refus de Decca après l’audition du 1er janvier 1962, puis obtient un rendez-vous chez EMI, où George Martin, patron du petit label Parlophone, accepte de faire passer une audition au groupe le 6 juin 1962. Pour le rôle déterminant de Martin, on se reportera à notre portrait de George Martin. Le premier single, “Love Me Do”, sort le 5 octobre 1962 et atteint la 17e place du classement britannique : modeste, mais suffisant pour ouvrir la porte.

L’écurie NEMS : la stratégie de la chaîne de montage

Epstein comprend très vite que le succès des Beatles peut servir de locomotive. Il fonde NEMS Enterprises et signe en quelques mois une série d’artistes de Liverpool : Gerry and the Pacemakers, Billy J. Kramer and the Dakotas, les Fourmost, les Big Three, Cilla Black, Tommy Quickly. Il les confie le plus souvent à George Martin chez Parlophone, leur fournit des chansons, parfois signées Lennon-McCartney, et les fait tourner avec les Beatles. Notre dossier sur l’écurie Brian Epstein détaille chacun de ces contrats, et le portrait de Tommy Quickly montre que la méthode ne fonctionnait pas à tous les coups.

Le procédé est d’une efficacité redoutable. En 1963, l’année où le mot Merseybeat devient national, les artistes d’Epstein occupent une place considérable au sommet du hit-parade britannique. Gerry and the Pacemakers placent leurs trois premiers singles à la première place, un record qui ne sera égalé qu’en 1984 par Frankie Goes to Hollywood, un autre groupe de Liverpool. Billy J. Kramer obtient un numéro un avec “Bad to Me”. Les Beatles enchaînent “From Me to You”, “She Loves You” et “I Want to Hold Your Hand”.

Le Liverpool Sound à la télévision et au cinéma

La presse nationale découvre la ville avec un mélange de fascination et de condescendance. Les journalistes londoniens descendent à Liverpool comme on part en expédition. En octobre 1963, la BBC diffuse le documentaire The Mersey Sound, réalisé par Don Haworth, qui montre les Beatles en concert et en coulisses, mais aussi les jeunes de Liverpool, leurs clubs et leurs groupes. C’est l’un des premiers documentaires télévisés consacrés à un phénomène de musique populaire en Grande-Bretagne.

Le phénomène se prolonge au cinéma. Après le triomphe de A Hard Day’s Night en 1964, Gerry and the Pacemakers tournent Ferry Cross the Mersey, sorti en 1965, avec Cilla Black et les Fourmost en invités. La chanson-titre, écrite par Gerry Marsden, atteint le top 10 britannique et devient l’hymne officieux de la ville. Elle connaîtra une seconde vie en 1989 : après la catastrophe de Hillsborough, une version caritative réunissant Gerry Marsden, Paul McCartney, Holly Johnson et les Christians se classe numéro un au Royaume-Uni.

Le poète américain Allen Ginsberg, de passage en Angleterre en 1965, résume l’engouement par une formule qui a fait le tour du monde : Liverpool serait “en ce moment le centre de la conscience de l’univers humain”. L’hyperbole fait sourire, mais elle dit bien la place que la ville occupe alors dans l’imaginaire de toute une génération.

Les grands noms du Merseybeat

Derrière les Beatles, la scène de Liverpool a produit une galerie d’artistes dont certains ont connu une gloire réelle, d’autres une carrière éclair, et beaucoup un simple passage dans les annales locales. Voici les principaux, avec leurs succès vérifiables et ce qu’ils sont devenus.

Gerry and the Pacemakers

Gerry Marsden, son frère Freddie à la batterie, Les Chadwick à la basse et Les Maguire au piano forment le principal rival des Beatles à Liverpool et à Hambourg. Les deux groupes partagent souvent l’affiche et, lors d’un concert célèbre à la Litherland Town Hall en octobre 1961, ils jouent ensemble sous le nom de “Beatmakers”. Signés par Epstein, produits par George Martin, ils enregistrent “How Do You Do It?”, une chanson de Mitch Murray que les Beatles avaient enregistrée puis refusé de sortir. Le titre atteint la première place en avril 1963. Suivent “I Like It” et une reprise de “You’ll Never Walk Alone” de Rodgers et Hammerstein, toutes deux numéro un.

“You’ll Never Walk Alone” est adoptée par les supporters de l’Anfield Road et devient l’hymne du Liverpool Football Club, chanté avant chaque match depuis plus de soixante ans. Gerry Marsden a poursuivi une longue carrière de scène, entre tournées de nostalgie et apparitions caritatives. Il est mort le 3 janvier 2021, à soixante-dix-huit ans. Notre fiche consacrée à Gerry and the Pacemakers revient en détail sur leur parcours.

Billy J. Kramer with the Dakotas

William Ashton, de Bootle, chante dans un groupe local quand Epstein le repère. Le manager le sépare de son groupe pour l’associer aux Dakotas, une formation de Manchester plus aguerrie. Le “J” de son nom de scène aurait été suggéré par John Lennon, pour donner du mordant au nom. Kramer bénéficie de chansons de Lennon et McCartney non utilisées par les Beatles : “Do You Want to Know a Secret” (numéro deux en 1963), “Bad to Me” (numéro un en 1963), “I’ll Keep You Satisfied” et “From a Window”. Son plus grand succès, “Little Children”, numéro un en 1964, n’est pourtant pas signé par les Beatles.

Kramer a reconnu dans plusieurs entretiens qu’il manquait de confiance en lui sur scène et en studio, et que le poids de chansons écrites par les Beatles avait fini par l’écraser. Son cas illustre la limite de la méthode Epstein : un répertoire prestigieux ne suffit pas à construire une identité artistique durable.

The Searchers

Les Searchers prennent leur nom du western de John Ford La Prisonnière du désert (The Searchers, 1956). Mike Pender, John McNally, Tony Jackson et Chris Curtis jouent longuement à Hambourg avant de signer chez Pye, sous la houlette du producteur Tony Hatch, sans passer par Epstein. Leur son est différent de celui des Beatles : plus aérien, fondé sur des harmonies vocales soignées et sur le carillon des guitares électriques, notamment la douze-cordes qui annonce le folk-rock des Byrds.

Leurs succès britanniques sont nombreux : “Sweets for My Sweet” (numéro un en 1963), “Sugar and Spice”, “Needles and Pins” (numéro un en 1964), “Don’t Throw Your Love Away” (numéro un en 1964), “When You Walk in the Room”. Chris Curtis quitte le groupe en 1966 et lance l’année suivante le projet Roundabout, avec l’organiste Jon Lord et le guitariste Ritchie Blackmore ; ce projet devient Deep Purple en 1968, sans Curtis. Les Searchers ont continué à tourner pendant des décennies, avec de nombreux changements de personnel.

Cilla Black

Priscilla White travaille au vestiaire de la Cavern et chante à l’occasion avec Rory Storm, Kingsize Taylor ou les Big Three. Repérée par Epstein, elle devient Cilla Black, la seule femme de l’écurie NEMS. Son premier single, “Love of the Loved”, une chanson de Lennon-McCartney, ne dépasse pas la 35e place. Mais sa reprise d’“Anyone Who Had a Heart” de Burt Bacharach et Hal David atteint la première place en février 1964, suivie de “You’re My World”, également numéro un.

McCartney lui écrit ensuite “It’s for You” (1964), puis “Step Inside Love” (1968), qui sert de générique à son émission sur la BBC. Cilla Black devient l’une des personnalités les plus populaires de la télévision britannique, avec des émissions comme Blind Date et Surprise Surprise. Elle meurt le 1er août 2015. Son parcours, de la cave de Mathew Street aux plateaux de grande écoute, est sans doute le plus spectaculaire de toute la génération Merseybeat après les Beatles.

The Swinging Blue Jeans

Emmenés par le chanteur et guitariste Ray Ennis, les Swinging Blue Jeans viennent de la scène skiffle et jazz traditionnel, sous le nom de Bluegenes, avant de passer au beat. Ils ont même leur propre soirée hebdomadaire à la Cavern, où les Beatles viennent parfois jouer en invités. Leur reprise endiablée de “Hippy Hippy Shake” de Chan Romero, un titre que les Beatles jouaient aussi sur scène, atteint la deuxième place au début de 1964. Suivent “Good Golly Miss Molly” et “You’re No Good”.

En 1966, le guitariste Terry Sylvester, venu des Escorts, autre groupe de Liverpool, rejoint les Swinging Blue Jeans. Trois ans plus tard, il remplace Graham Nash au sein des Hollies, preuve que les frontières entre Liverpool et Manchester étaient poreuses chez les musiciens, même si elles restaient nettes pour le public.

The Merseybeats, devenus The Merseys

Le groupe de Tony Crane et Billy Kinsley prend le nom du journal de Bill Harry, avec son autorisation. Contrairement à une idée parfois répandue, les Merseybeats ne sont pas restés sans succès : “It’s Love That Really Counts” se classe 24e en 1963, “I Think of You” atteint la cinquième place en 1964, et “Don’t Turn Around” et “Wishin’ and Hopin’” entrent également dans le classement. Réduit au duo Crane-Kinsley sous le nom de The Merseys, le groupe obtient en 1966 un quatrième rang avec “Sorrow”, une chanson que David Bowie reprendra en 1973 sur son album Pin Ups.

The Fourmost

Brian O’Hara, Mike Millward, Billy Hatton et Dave Lovelady forment un groupe connu pour son humour sur scène, mêlant rock, imitations et numéros comiques. Signés par Epstein, ils enregistrent deux chansons de Lennon-McCartney : “Hello Little Girl”, l’une des toutes premières compositions de Lennon, qui atteint la neuvième place en 1963, et “I’m in Love”. Leur plus grand succès, “A Little Loving”, se classe sixième en 1964. Le décès de Mike Millward, emporté par une leucémie en 1966, marque le début du déclin du groupe.

The Big Three

Avec Johnny Gustafson à la basse et au chant, Johnny Hutchinson à la batterie et Brian Griffiths à la guitare, les Big Three passent pour le groupe le plus puissant de Liverpool, capable de produire avec trois musiciens un volume sonore impressionnant grâce à des amplificateurs construits sur mesure, surnommés “coffins” (cercueils). Johnny Hutchinson avait dépanné les Silver Beetles à la batterie lors de l’audition organisée par l’impresario Larry Parnes en mai 1960.

Signés brièvement par Epstein, les Big Three s’accommodent mal du costume et du répertoire imposés. Leur version de “Some Other Guy”, le titre de Richie Barrett que les Beatles jouent aussi à la Cavern, ne dépasse pas la 37e place en 1963. Leur EP The Big Three at the Cavern, enregistré en public en 1963, est pourtant l’un des rares documents sonores qui restituent l’ambiance du club à son apogée. Johnny Gustafson jouera plus tard avec Roxy Music et dans l’enregistrement original de Jesus Christ Superstar.

Rory Storm and the Hurricanes

Alan Caldwell, alias Rory Storm, est la première grande vedette de la scène de Liverpool, bien avant les Beatles. Blond, athlétique, bègue en dehors de la scène mais flamboyant dessus, il grimpe aux structures des salles et se donne en spectacle. Ses Hurricanes comptent dans leurs rangs le guitariste Johnny Guitar et surtout un batteur nommé Richard Starkey, qui prend le nom de Ringo Starr pendant une saison au camp de vacances Butlin’s de Pwllheli. Les deux groupes se croisent à Hambourg à l’automne 1960, au Kaiserkeller.

Le départ de Ringo pour les Beatles en août 1962 prive Rory de son meilleur atout. Le groupe n’enregistre presque rien et ne décroche aucun succès national. Rory Storm meurt le 28 septembre 1972 à trente-quatre ans. Sa sœur, Iris Caldwell, a fréquenté George Harrison puis Paul McCartney.

The Undertakers et Jackie Lomax

Les Undertakers jouent sur scène en tenue de croque-morts, haut-de-forme et redingote noire, et leur répertoire est l’un des plus orientés vers le rhythm and blues de toute la scène. Leur chanteur et bassiste, Jackie Lomax, possède une voix rauque très admirée par les Beatles. En 1968, George Harrison le signe chez Apple et lui offre “Sour Milk Sea”, enregistrée avec Harrison, McCartney, Ringo et Eric Clapton. Le single n’obtient pas le succès espéré, mais il fait de Lomax l’un des rares musiciens de la scène Merseybeat à rejoindre l’aventure Apple.

Kingsize Taylor and the Dominoes

Ted Taylor, surnommé Kingsize en raison de sa carrure, dirige l’un des groupes les plus respectés de Liverpool, réputé pour la puissance de son rhythm and blues. Cilla Black chante parfois avec eux. Le groupe passe une grande partie de 1962 et 1963 à Hambourg, où il enregistre pour des labels allemands. Kingsize Taylor reste surtout dans l’histoire pour les fameuses bandes du Star-Club de décembre 1962. Après la fin du Merseybeat, il deviendra boucher, un détail que les biographes ne manquent jamais de rappeler.

The Remo Four

Groupe instrumental à l’origine, inspiré des Shadows, les Remo Four sont réputés pour la virtuosité de leur guitariste Colin Manley, ancien camarade d’école de Paul McCartney et George Harrison. Signés par Epstein, ils accompagnent Tommy Quickly en studio et en tournée. Leur lien avec les Beatles se prolonge bien après la fin du Merseybeat : ils jouent sur l’album Wonderwall Music de George Harrison, enregistré en 1968.

Pete Best après les Beatles

Remercié par les Beatles le 16 août 1962, au lendemain de son dernier concert à la Cavern, Pete Best ne quitte pas la scène. Il rejoint Lee Curtis and the All-Stars, puis forme le Pete Best Four et le Pete Best Combo, qui enregistrent quelques singles, dont “I’m Gonna Knock on Your Door” pour Decca en 1964, et un album aux États-Unis. Le succès n’est pas au rendez-vous et Best abandonne la musique pour devenir fonctionnaire. Deux membres de son Combo, Wayne Bickerton et Tony Waddington, deviennent ensuite des auteurs et producteurs à succès : ce sont eux qui écrivent et produisent “Sugar Baby Love”, numéro un des Rubettes en 1974. Pour l’histoire du club familial où tout a commencé, voir notre page consacrée au Casbah Coffee Club.

Correctif : ces groupes n’appartiennent pas au Merseybeat

Plusieurs listes de groupes “Merseybeat” incluent à tort des formations venues d’autres villes, simplement parce qu’elles ont connu le succès au même moment. Il faut rendre à chaque ville ce qui lui appartient :

  • Wayne Fontana and the Mindbenders sont de Manchester. Leur plus grand succès, “The Game of Love”, numéro deux au Royaume-Uni et numéro un aux États-Unis en 1965, est suivi, après le départ de Fontana, de “A Groovy Kind of Love” par les Mindbenders seuls (numéro deux en 1966). Leur guitariste Eric Stewart fondera ensuite 10cc.
  • Freddie and the Dreamers sont également de Manchester. Freddie Garrity et son groupe ont classé “If You Gotta Make a Fool of Somebody”, “I’m Telling You Now” (numéro un aux États-Unis en 1965) et “You Were Made for Me”. En France, ils sont restés célèbres pour “Susan’s Tuba”, un succès propre au marché français.
  • The Hollies, le groupe d’Allan Clarke et Graham Nash, sont eux aussi de Manchester, même s’ils sont venus jouer à la Cavern et ont été signés par EMI dans la foulée du boom de Liverpool.
  • Peter and Gordon sont de Londres. Peter Asher et Gordon Waller ont obtenu un numéro un des deux côtés de l’Atlantique en 1964 avec “A World Without Love”, une chanson de Paul McCartney, alors compagnon de Jane Asher, la sœur de Peter. Peter Asher deviendra ensuite directeur artistique chez Apple, où il découvre James Taylor (voir notre portrait de Peter Asher, des Beatles aux grands disques des années 1970). Il quittera la maison en 1969, au moment de la prise de pouvoir d’Allen Klein.

Le Merseybeat désigne les groupes de Liverpool et de sa région, la Mersey et la péninsule du Wirral. Manchester a eu sa propre scène, très riche, et Londres la sienne, avec par exemple le “Tottenham Sound” du Dave Clark Five, lancé par la presse comme une réponse directe au son de Liverpool.

Le déclin du Merseybeat (1964-1966)

Le triomphe est aussi bref qu’éclatant. Dès 1964, les signes d’essoufflement se multiplient. Les maisons de disques londoniennes, qui ignoraient Liverpool deux ans plus tôt, signent à tour de bras n’importe quel groupe portant un costume à col rond et une coupe au bol. Beaucoup de ces formations, enregistrées à la hâte avec des reprises de standards américains, ne dépassent pas un ou deux singles. Le public se lasse d’un son qui devient formule.

Les Beatles partent, la scène se vide

Le départ des Beatles pour Londres, au cours de l’année 1963, prive la ville de son moteur. Epstein installe lui aussi NEMS dans la capitale, et emmène avec lui l’essentiel de son écurie. Les groupes qui restent à Liverpool perdent leur meilleure vitrine. Dans le même temps, les goûts évoluent très vite : le rhythm and blues plus rugueux des Rolling Stones, des Animals de Newcastle ou des Yardbirds, puis le mod des Who et des Small Faces, rendent le Merseybeat soudain sage et daté. En 1965, avec Rubber Soul, les Beatles eux-mêmes ont déjà quitté le terrain du beat pur.

Les groupes qui survivent sont ceux qui savent changer : les Searchers en s’orientant vers le folk-rock, Cilla Black en devenant une chanteuse de variétés puis une animatrice, les Merseys en adoptant un son plus soul. La plupart des autres disparaissent ou retournent jouer dans les clubs locaux. Ironie de l’histoire, Liverpool donnera naissance quelques années plus tard à une scène poétique et satirique, celle des Liverpool Poets (Roger McGough, Adrian Henri, Brian Patten) et du trio The Scaffold, où joue Mike McGear, le frère de Paul McCartney, dont nous avons retracé la biographie complète.

La fermeture de la Cavern en 1966

Ray McFall, qui a investi lourdement dans la Cavern, notamment dans un studio d’enregistrement, accumule les dettes. Le 28 février 1966, les huissiers ferment le club. Des dizaines de fans s’y barricadent pour protester, avant d’être évacués par la police. L’événement fait la une de la presse locale : la fin de la Cavern sonne comme la fin d’une époque.

Le club rouvre pourtant le 23 juillet 1966 sous une nouvelle direction. L’inauguration est assurée par le Premier ministre Harold Wilson, député de la circonscription voisine de Huyton, qui avait fait décorer les Beatles de l’ordre de l’Empire britannique l’année précédente. Les Beatles envoient un télégramme de félicitations. Mais la Cavern n’est plus le centre du monde : elle redevient un club de Liverpool parmi d’autres.

Le comblement de 1973 et la reconstruction de 1984

En 1973, la Cavern ferme de nouveau, cette fois pour des raisons d’urbanisme. British Rail a besoin du terrain pour les travaux du réseau Merseyrail, et notamment pour un puits de ventilation. Les entrepôts de Mathew Street sont démolis et la cave est comblée. Une “New Cavern” s’installe de l’autre côté de la rue, mais ce n’est plus le même lieu.

Au début des années 1980, alors que l’assassinat de John Lennon en décembre 1980 a ravivé l’intérêt mondial pour les Beatles, un projet de reconstruction voit le jour. Le nouveau club ouvre en 1984 sur une grande partie de l’emplacement d’origine, réutilisant des briques récupérées du bâtiment initial et reproduisant son plan voûté. Fermé de nouveau à la fin des années 1980, il est repris en 1991 par Bill Heckle et Dave Jones, qui en font l’un des lieux touristiques les plus visités de Liverpool, tout en continuant d’y programmer des concerts.

McCartney de retour à la Cavern

Le 14 décembre 1999, Paul McCartney revient jouer dans la Cavern reconstruite pour présenter son album de reprises rock’n’roll Run Devil Run. Il est accompagné de David Gilmour et Mick Green aux guitares, Ian Paice à la batterie, Pete Wingfield aux claviers et Chris Hall à l’accordéon. Le concert est retransmis sur Internet et attire des millions de connexions, un record pour l’époque. Il reviendra pour un concert surprise le 26 juillet 2018, à l’occasion de la sortie de l’album Egypt Station.

Correctif : l’histoire de la Cavern après 1966

  • La Cavern n’a pas “survécu intacte” : elle a été fermée en 1973 et comblée lors des travaux du réseau ferroviaire Merseyrail. Le club actuel est une reconstruction de 1984, réalisée sur une grande partie du site d’origine avec des briques de l’ancien bâtiment.
  • La première fermeture date du 28 février 1966, pour cause de faillite. La réouverture du 23 juillet 1966 s’est faite en présence d’Harold Wilson.
  • Lors du concert de McCartney du 14 décembre 1999, le batteur était Ian Paice, de Deep Purple, et le claviériste Pete Wingfield, musicien de studio connu pour son succès “Eighteen with a Bullet” ; il n’a jamais fait partie des Housemartins.
  • Gerry Marsden ne “tourne plus” : il est mort le 3 janvier 2021.

Les Beatles et le Merseybeat : un rapport ambigu

Les Beatles sont à la fois le produit le plus pur du Merseybeat et ce qui l’a rendu obsolète. Leur histoire est inséparable de la scène : sans la Cavern, sans Hambourg, sans Mersey Beat, sans Epstein, sans la concurrence féroce de centaines de groupes, ils n’auraient pas développé ce mélange de puissance scénique, d’humour et d’ambition. Mais très vite, leur talent d’auteurs-compositeurs les place dans une autre catégorie.

Ce que les Beatles doivent à la scène

En août 1961, Bob Wooler publie dans Mersey Beat un article resté célèbre, dans lequel il explique pourquoi les Beatles sont selon lui le groupe numéro un de Liverpool : ils ont ressuscité le rock’n’roll originel, celui des pionniers noirs américains, au moment même où les hit-parades britanniques s’étaient assagis ; ils sont, écrit-il en substance, la chose qui fait sauter les gens et les sortir de leur torpeur. Pour Wooler, les Beatles incarnent une révolution rythmique. C’est la première analyse critique publiée sur le groupe.

Le texte humoristique de Lennon pour le premier numéro du journal, “Being a Short Diversion on the Dubious Origins of Beatles”, avec son homme apparu “sur une tarte enflammée” pour leur donner leur nom, rappelle aussi que l’humour absurde, si important plus tard dans les conférences de presse, est né dans ce milieu de fanzine local. Et le titre de l’autobiographie d’Epstein, A Cellarful of Noise, “une cave pleine de bruit”, résume mieux que tout la façon dont un disquaire bien élevé a vécu la découverte du Merseybeat.

Ce que les Beatles ont apporté au Merseybeat

En retour, les Beatles ont nourri la scène de leurs chansons. Lennon et McCartney ont offert ou cédé des titres à Billy J. Kramer, Cilla Black, les Fourmost, Tommy Quickly, sans compter Peter and Gordon ou les Rolling Stones (“I Wanna Be Your Man”). Ils ont imposé l’idée qu’un groupe pouvait écrire son propre répertoire au lieu de puiser dans les catalogues des éditeurs, un changement de modèle décisif pour toute la musique pop.

George Martin l’a souvent souligné : ce qui distinguait les Beatles des autres groupes de Liverpool qu’il produisait, ce n’était pas le son, à peu près comparable, mais l’écriture et la personnalité. Les autres groupes faisaient du Merseybeat ; les Beatles faisaient des Beatles. C’est aussi pour cela que l’étiquette a fini par les gêner : dès 1964, ils refusent d’être réduits à un “son de Liverpool” que l’industrie copie à la chaîne.

Un héritage durable

Le Merseybeat a laissé une empreinte bien au-delà de ses quelques années de gloire. Aux États-Unis, la British Invasion de 1964 a été en grande partie une invasion de Liverpool. Les harmonies et les guitares carillonnantes des Searchers ont influencé les Byrds et, à travers eux, tout le folk-rock et la power pop. Les groupes de la Britpop des années 1990 se sont réclamés de cette tradition, comme nous l’avons montré dans notre étude sur l’influence des Beatles sur la Britpop et dans notre histoire croisée de Liverpool, Manchester et Oasis.

D’autres groupes contemporains, venus d’ailleurs, ont développé leur propre voie en parallèle, comme les Zombies de Saint Albans. Et le pub rock des années 1970 et 1980 a souvent cherché à retrouver l’énergie brute des clubs de Liverpool et de Hambourg, à l’image des Inmates et de leur concert consacré aux Beatles en 1987. Quant à la parodie, elle a su saisir l’esprit de l’époque avec une précision troublante : les Rutles ont reconstitué jusqu’au moindre détail les débuts de leurs modèles à Liverpool et Hambourg.

Liverpool elle-même a fait du Merseybeat un pilier de son identité et de son économie touristique : statues sur le Pier Head et dans Mathew Street, musées, visites guidées, festival annuel International Beatleweek. La disparition récente de la statue de Brian Epstein du centre-ville, que nous avons racontée dans cet article, montre que la mémoire de cette époque reste un enjeu vivant.

Les dix titres essentiels du Merseybeat

Pour découvrir le Merseybeat au-delà des Beatles, voici une sélection de dix titres représentatifs, avec leur meilleur classement au hit-parade britannique.

Artiste Titre Année Meilleur classement UK
Gerry and the Pacemakers How Do You Do It? 1963 1
Gerry and the Pacemakers You’ll Never Walk Alone 1963 1
Billy J. Kramer with the Dakotas Bad to Me 1963 1
The Searchers Sweets for My Sweet 1963 1
The Searchers Needles and Pins 1964 1
Cilla Black Anyone Who Had a Heart 1964 1
The Swinging Blue Jeans Hippy Hippy Shake 1963-1964 2
The Merseybeats I Think of You 1964 5
The Fourmost A Little Loving 1964 6
The Big Three Some Other Guy 1963 37

Le dernier titre du tableau n’a pas été un grand succès, mais il mérite sa place : “Some Other Guy” est sans doute la chanson qui résume le mieux le son de la Cavern, au point que les Beatles la jouaient lors du tournage de Granada en août 1962 et que plusieurs groupes de Liverpool l’avaient à leur répertoire.

Pour aller plus loin

Livres

  • Bill Harry, Mersey Beat: The Beginnings of the Beatles : le fondateur du journal raconte la scène de l’intérieur, avec de nombreux fac-similés. Voir sur Amazon
  • Spencer Leigh, The Cavern: The Most Famous Club in the World : l’histoire complète du club par le grand spécialiste de la musique de Liverpool. Voir sur Amazon
  • Spencer Leigh, Twist and Shout! Merseybeat, the Cavern, the Star-Club and the Beatles : un panorama de toute la scène, nourri de centaines d’entretiens. Voir sur Amazon
  • Mark Lewisohn, Tune In (The Beatles: All These Years, volume 1) : la référence absolue sur les années Liverpool et Hambourg. Voir sur Amazon
  • Brian Epstein, A Cellarful of Noise : l’autobiographie du manager, publiée en 1964. Voir sur Amazon
  • Alan Clayson, Hamburg: The Cradle of British Rock : l’histoire des groupes anglais sur la Reeperbahn. Voir sur Amazon

Disques et vidéos

  • Les compilations consacrées au Merseybeat, qui rassemblent Gerry and the Pacemakers, les Searchers, Billy J. Kramer, les Swinging Blue Jeans ou les Merseybeats. Voir sur Amazon
  • The Searchers, les anthologies de la période Pye, pour mesurer la qualité de leurs harmonies. Voir sur Amazon
  • Gerry and the Pacemakers, les enregistrements EMI de 1963 à 1965. Voir sur Amazon
  • The Beatles, Live at the BBC, qui restitue fidèlement le répertoire de reprises joué à la Cavern. Voir sur Amazon
  • Paul McCartney, Live at the Cavern Club (concert du 14 décembre 1999) et l’album Run Devil Run. Voir sur Amazon

Sur Yellow-Sub.net

Sources et références

  • Bill Harry, Mersey Beat: The Beginnings of the Beatles, Omnibus Press, 1977.
  • Spencer Leigh, The Cavern: The Most Famous Club in the World, 2008.
  • Spencer Leigh, Twist and Shout! Merseybeat, the Cavern, the Star-Club and the Beatles, 2004.
  • Mark Lewisohn, The Beatles: All These Years, Volume 1, Tune In, Little, Brown, 2013.
  • Mark Lewisohn, The Complete Beatles Chronicle, Pyramid, 1992.
  • Brian Epstein, A Cellarful of Noise, Souvenir Press, 1964.
  • Alan Clayson, Hamburg: The Cradle of British Rock, Sanctuary, 1997.
  • Don Haworth (réal.), The Mersey Sound, BBC, 1963.
  • Official Charts Company, archives des classements britanniques 1963-1966.

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