« George et moi rivalisions pour la meilleure parole » : enquête sur le pont de Free as a Bird, écrit à quatre mains en 1994 par McCartney et Harrison — et sur les tensions que la formule dissimule.
De « Wah-Wah » (1970) à « Marwa Blues » (2002) : 15 chansons pour traverser 31 ans de carrière solo de George Harrison. Enregistrements, classements, le procès My Sweet Lord et correctifs factuels.
Il y a toujours eu chez George Harrison une manière de se tenir légèrement à l’écart de sa propre légende. Même lorsqu’il écrivait des chansons immortelles, même lorsqu’il remplissait les stades avec les Beatles, même lorsqu’il publiait All Things Must Pass comme on ouvre enfin les vannes d’une vie trop longtemps contenue, George semblait déjà regarder ailleurs. C’est précisément ce qui rend cette nouvelle salve japonaise si troublante : treize albums réédités en SHM-CD, avec pochettes mini-LP, livrets, traductions et ce soin presque liturgique que le Japon réserve aux grands objets musicaux. Le prétexte est double — les soixante ans de la venue des Beatles au Budokan en 1966, les trente-cinq ans de la tournée japonaise de George avec Eric Clapton en 1991 — mais l’enjeu dépasse largement la commémoration. De All Things Must Pass à Brainwashed, de Cloud Nine aux Traveling Wilburys, de la prière pop au retrait tropical, c’est toute une vie de passages que ces rééditions permettent de traverser à nouveau. Non pas le parcours lisse d’un ancien Beatle enfin réhabilité, mais le chemin plus cabossé, plus attachant, d’un musicien qui a cherché la lumière dans les marges, les guitares slide, les silences et les contradictions.
De Murray the K à Billy Preston, d’Epstein à un logiciel nommé MAL : enquête sur l’origine, la mécanique et la nécessité du mythe du cinquième Beatle.
Sans l’effondrement de HandMade Films et l’affaire Denis O’Brien, George Harrison n’aurait jamais accepté The Beatles Anthology. Chronologie complète, jugement, 9 correctifs factuels.
L’information est tombée le mercredi 22 juillet 2026, relayée en quelques heures par l’ensemble de la presse musicale anglo-saxonne, de Rolling Stone à Stereogum, de Consequence au Line of Best Fit, en passant par SPIN, Glide Magazine, Far Out et Rock Cellar. Deux noms, une association que personne n’attendait : Dhani Harrison, fils unique de George Harrison, musicien, compositeur et patron de Dark Horse Records ; et Nigel Godrich, producteur britannique dont le nom est indissociable de Radiohead depuis OK Computer. Le projet s’appelle Dragonflies. Il ne s’agit pas d’un album solo de l’un produit par l’autre — configuration qui aurait été prévisible et, disons-le, un peu attendue — mais d’un groupe, avec un nom propre, une identité graphique, et un premier disque éponyme.
34 ans après sa sortie, retour sur Live in Japan, la tournée japonaise de 1991 avec Eric Clapton, la voix de Harrison et les rééditions de ce disque testamentaire.
Après la séparation des Beatles, George Harrison s’émancipe en lançant All Things Must Pass. Son parcours solo, entre spiritualité, engagements humanitaires et musique sincère, le consacre comme une conscience du rock. Loin des projecteurs, il construit une œuvre lumineuse et apaisée, jusqu’à son dernier souffle.
Brainwashed, ultime album de George Harrison sorti en 2002, est un disque posthume pensé et presque finalisé par l’ex-Beatle avant sa disparition. Achevé par son fils Dhani et Jeff Lynne, il incarne un testament musical empreint de spiritualité, d’humilité et d’élégance. Sa production sobre, ses compositions cohérentes et sa slide reconnaissable font de cet album un adieu apaisé et profondément humain, salué par la critique et aimé du public.
Il y a des albums posthumes qui donnent l’impression de classer les affaires d’un mort, et d’autres qui réussissent, par miracle ou par pudeur, à laisser une pièce encore habitée. Brainwashed, publié en novembre 2002 presque un an après la disparition de George Harrison, appartient à cette seconde catégorie. Terminé par Dhani Harrison et Jeff Lynne à partir des indications, des carnets et des chansons laissés par George, le disque ne ressemble ni à un mausolée ni à une opération patrimoniale. Il respire au contraire comme une maison ouverte, traversée par la voix fragile, l’humour sec, la colère spirituelle et la tendresse domestique de l’ex-Beatle. Au cœur de cet album d’adieu qui refuse obstinément de se prendre pour un tombeau, une reprise presque modeste déplace tout : Between The Devil And The Deep Blue Sea. Pour Dhani, ce vieux standard au ukulélé était le morceau qui « sentait » le plus son père. Une formule magnifique, parce qu’elle ramène George Harrison à ce qu’il fut aussi, loin des mythes et des biographies : un homme dans sa maison, jouant de vieilles chansons avec un sourire de biais. C’est peut-être là que Brainwashed trouve son secret le plus bouleversant.












